14/04/2007

putain, deux ans....deux ans....bon anniversaire...

allez, ton émission radio fétiche, tu sais celle dont tu me disais tant de bien...maintenant, je comprends, c'est tout ce que tu aimes...« Pourquoi certains médias de merde ne provoquent-ils pas votre opprobre ? », nous écrivait récemment un lecteur. Question justifiée : Le Plan B n'avait pas encore analysé l'une des émissions phares de RMC, « Les grandes gueules ».Animée par Alain Marshall (passé par « Ciel mon mardi ! », « Combien ça coûte ? ») et par Olivier Truchot (ancien directeur d'Autoroute FM), l'émission se présente comme un « grand show » réunissant « une vraie bande qui ose tout dire » et qui affiche sa « liberté de ton, de conviction et d'expression (1) » . Le principe est simple : les deux animateurs placent devant un micro trois « grandes gueules » puisées au sein d'un vivier d'une vingtaine de braillards. Leur mission ? Commenter l'« actualité », c'est-à-dire répéter les calembredaines du Parisien ou du Monde, sans s'interdire de prolonger la soirée télévisée de la veille. Ainsi, quand Nicolas Sarkozy passe sur France 2, « Les grandes gueules » osent lancer un « débat » d'envergure le lendemain : « Sarkozy a-t-il été bon hier soir sur France 2 ? » (1.12.06). Quelques semaines plus tard, autre thème brûlant : « Sarkozy a-t-il été bon hier soir sur TF1 ? » (6.2.07). La veille, une question hantait déjà l'équipe : « Sarkozy ce soir sur TF1 : regarderez-vous ? »La « liberté de ton, de conviction et d'expression » ne concerne apparemment ni les employés ni les ouvriers : on n'en trouve aucun parmi les dix-sept intervenants présentés sur le site de l'émission (2). On compte en revanche trois chefs d'entreprise, ainsi que l'homme d'affaires Jacques Maillot (fondateur de Nouvelles Frontières, PDG de Témoignage chrétien), Jean-Claude Larue (ancien membre du CSA, à la tête du syndicat national des éditeurs de jeux vidéo) et Alain Marty, président du Wine and Business Club (3).Des jacasseurs calibrésLes militants de gauche, eux aussi absents, doivent laisser la parole à trois « personnalités » de droite : Mourad Ghazli (membre du comité exécutif du Parti radical, associé à l'UMP), Édouard Fillias (président d'Alternative libérale) et Frank Tapiro (publicitaire sarkozyste écarté par le candidat qui le trouvait trop à droite), sans compter Claire O'Petit, commerçante conseillère municipale UDF de Saint-Denis. Quant aux autres membres de l'équipe, leur condition sociale les incite peu à ouvrir leurs « grandes gueules » pour réciter des discours de Bakounine : deux médecins, un prêtre, une avocate au barreau de Paris et le président du l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Karim Zéribi (« conseiller Égalité des chances » à la SNCF) et Gaston Kelman (auteur de Je suis noir et je n'aime pas le manioc) s'emploient à donner un vernis « multiculturel » au caquetage patronal qui ébranle les murs du studio.La spécialité des « grandes gueules » consiste à poser une question déjà matraquée par tous les médias mais en la présentant comme une volonté courageuse de « briser un tabou » : Le dialogue social à la SNCF, c'est la guerre froide avant la chute du mur de Berlin ? (25.10.06), Faut-il supprimer le RMI au nom de ses effets pervers ? (7.11.06), SNCF : les syndicats savent-ils vraiment pourquoi ils font grève ? (8.11.06), Et si la suppression de la durée légale du travail était la solution pour l'emploi ? (26.1.07), etc. Mais les titres des émissions ne s'embarrassent pas systématiquement de la forme interrogative : SNCF : de la grève, encore et toujours ! (8.12.06), On n'a jamais autant fait la queue à la Poste ! (21.12.06), Malgré une revalorisation des salaires, les fonctionnaires seront en grève le 8 février ! (19.1.07). Sur tous ces sujets, il ruisselle du gosier des « grandes gueules » un jus de Jacques Marseille – sans le flacon universitaire. Une mine d'or pour qui cherche à répertorier sans se fatiguer les opinions véhiculées au jour le jour par le Parti de la presse et de l'argent (PPA).Traumatisme postalSitôt leurs majestueux fessiers calés sur les tabourets du studio, les Socrates de RMC lancent leurs thèmes favoris, soit à l'aide d'un article de presse, soit par le biais d'une anecdote. Un sujet sur la Poste commence par les pleurnicheries de Claire O'Petit, empêchée de récupérer un colis parce que les postiers étaient en grève. « Y-en-a-ma-rre ! » vagit-elle (21.12.06). Alain Marshall se garde de la contredire : il a lui-même fait la queue à la Poste quelques jours plus tôt ! Réagissant à ces récits d'épouvante, Olivier Truchot glapit en agitant Le Parisien qui publie une « étude » sur l'augmentation du temps d'attente des usagers. Le « débat » est lancé, les « tabous » sont « brisés » ! Franck Tapiro souligne le fond du problème : « Le temps qu'on passe à la Poste est à mon avis supérieur au temps qu'on passait à la Poste dans les années soixante. Avec Internet et les nouveaux médias, je trouve ça to-ta-le-ment ha-llu-ci-nant ! »On l'a compris : « Les grandes gueules » adorent les fonctionnaires. Alain Marty hurle à ceux qui envisageaient de manifester le 8 février : « Devenez plombiers ! Y a plein de métiers pour gagner de l'argent ! » Plus à gauche, l'avocate Anna Salabi compare les grèves à « un folklore » susceptible de rapporter de l'argent : « ... y a le “Da Vinci Tour” pour les touristes, on pourrait faire : “Venez en période de grève en France, venez voir comment ça se passe” » (19.1.07). Faisant souffler sur le cloaque un trop bref appel d'air, les propos d'auditeurs (récompensés par un T-shirt des « GG ») sont là pour donner l'illusion que RMC est « une radio où tout le monde s'exprime ». Ainsi, une malheureuse fonctionnaire du ministère des Finances est houspillée au téléphone. « Vous êtes prête, vous, à travailler plus pour gagner plus ? », « Est-ce que vous êtes trop nombreux à l'endroit où vous êtes ? », « Y en a combien à peu près qui bossent comme vous ? » On frémit à l'idée que « Les grandes gueules » aient un jour à répondre à de telles interpellations...Les chômeurs occupent une place à part dans le cœur de RMC. Pour le plus grand bonheur des intervenants, le président du parti social-démocrate allemand a rabroué un sans-emploi en lui conseillant : « Lavez-vous, rasez-vous et vous trouverez du travail en trois semaines ! » Aussitôt, la chef d'entreprise Sophie de Menthon explique à Leïla, « militante dans le mouvement des stagiaires », qu'« il faut surtout penser justement parce qu'y a pas de croissance que c'est une compèt'de chercher du boulot. [...] Pardon, mais t'es un produit parmi d'autres !... Donc c'est le meilleur brushing qui l'emporte ! » L'animateur conclut : « En tout cas, on peut saluer le courage du président du parti social-démocrate, qui, vraiment, a joué les grandes gueules dans cette affaire » (19.12.06).Notes :1) www.rmcinfo.fr(2) Exception faite de Mourad Ghazli, présenté comme « syndicaliste RATP » et « gestionnaire de biens ».(3) Le Wine and Business Club s'enorgueillit d'avoir « animé depuis 1991 plus de 500 débats en présence de personnalités du monde de l'entreprise (Patrick Ricard, Jacques Attali, Jean-Claude Trichet, Jean Peyrelevade, Olivier Dassault, Michèle Cotta, Pierre Cardin, Jean-Cyril Spinetta, Michel Pébereau, Claude Bébéar, Bertrand Collomb, Daniel Bouton, Nicolas de Tavernost, Henri de Castries, Alain Prost, Thierry Morin, Charles Beigbeder, Henri Giscard d'Estaing...) » (www.winebusinessclub.fr).

23:39 Écrit par eric blair dans Général | Lien permanent | Commentaires (257) |  Facebook |

Commentaires

quaeps Analyse magnifique : il n'y a pas trois intervenants mais quatre en général (c'est dire si l'"analyste" n'arrive pas à faire la différence entre trois et quatre, ce que vaut le reste de l'article) .
Jacques Maillot l'homme d'affaires est surtout un socialiste pur jus (pro-Ségo, pro-Mitterand,...).
Dire que les militants de gauche sont absents est évidemment un mensonge (mais bon ça donne au gros con qui a écrit l'article l'impression d'exister); Zeribi est l'ancien conseiller de Chevènement , Alain Soral était des grandes gueules quand il était communiste, Constance Blanchard l'était également , Alain Riou idem (on aura du mal à le faire revenir), Eric Alphen ... Bref ton article anonyme (ah le plan B)est bourré d'approximations volontaires et de mensonges crapuleux , tout toi quoi...

Choisir 12 thèmes choisis sur 2 ans (avec 3 ou 4 sujets par jour) pour faire le procès d'une émission est aussi très honnète(d'autant que la réponse ne préjuge pas de la réponse)... . L'"auteur" courageusement anonyme de ce torche-cul fait aussi l'impasse sur 1/3 de l'émission , encore un acte montrant une éthique admirable .

Malhonnête, incomplet, préjugé sont des qualificatifs assez doux pour cet "article", quant à toi tu te fies à l'avis de tes maîtres plutot que de te faire un avis par toi-même . Rien de nouveau sous le soleil (et quel soleil) quoi .

Écrit par : jean | 16/04/2007

quaeps "Choisir 12 thèmes choisis" restera gravé dans ma mémoire à jamais .

Écrit par : jean | 16/04/2007

jean je sais, ça fait mal...après la meuse, les grandes gueules, mais rassures-toi, il te restera toujours Cronin...
beaucoup de gesticulations pour te défendre, comme d'hab, mais pas de fond, comme d'hab....allez, encore une fois:"Sur tous ces sujets, il ruisselle du gosier des « grandes gueules » un jus de Jacques Marseille – sans le flacon universitaire. Une mine d'or pour qui cherche à répertorier sans se fatiguer les opinions véhiculées au jour le jour par le Parti de la presse et de l'argent (PPA)"

Écrit par : quaeps | 16/04/2007

quaeps Aucune gesticulation , ton article est un tissu de mensonges (prouvés dans mon post précédent)) , d'erreurs et d'omissions (carrément 1/3 de l'émission c'est trop drôle, il est d'ailleurs à lire ce torche-cul probable que le courageux anonyme n'a jamais écouté l'émission); et comme d'habitude tu fais tienne cette "opinion" , car tu es bien incapable de te la faire toi-même . Rien ne t'oblige à aimer cette émission , mais au moins que ce soit toi qui le décide pas un imbécile anonyme .
J'ajoute que "les grandes gueules" n'a pas prétention à avoir une portée philosophique , c'est du "café du commerce" (tu sais avec des gens qui ont des opinions que tu aimes , d'autres que tu n'aimes pas , des gens qui se disputent ,...) mais au moins ça le sait ; contrairement à toi...

Écrit par : jean | 16/04/2007

jean alzheimer pauvre Jean, décidément, ta mémoire est de plus en plus sélective...deux ans et du vide...ça m'apprendra tiens...

Écrit par : quaeps | 16/04/2007

quaeps Et hop une petite fuite, de plus en plus lâche quand on te met devant le support aveugle que tu apportes à un texte imbécile (car complètement à côté de la plaque) et mensonger . Tu es tellement incapable de te faire une opinion par toi-même que tu es obligé de te fier à des corbeaux , pauvre de toi .

Écrit par : jean | 17/04/2007

jean je ne fuis JAMAIS, je t'évite simplement d'être encore et toujours ridicule, ce serait trop facile et trop amusant de te retourner comme je le fait d'habitude, mais j'ai peur d'y prendre goût et de perdre de trop de temps pour, en plus, aggraver ton cas...

PS: allez, juste pour le fun...

Jacques Maillot l'homme d'affaires est surtout un SOCIALISTE PUR JUS (pro-Ségo, pro-Mitterand,...).

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

jean fantomas ah oui, tu avais oublié de poster sur ton blog pendant ton séjour à la mer, et quoi, pas d'internet à la Panne...

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

quaeps 1. Maillot : c'est pas moi qui le dit, c'est lui ; si tu n'es pas d'accord avec lui sur la terminologie , contacte-le .
2. tu ne m'as jamais retourné, tu dis des trucs tellement bêtes qu'au bout du bout je laisse tomber et tu as l'impression que tu as gagné (rien que le terme en dit long sur ce que tu es : un petit Sarkozy en plus agressif et plus limité) .
3. Quand je pars et que le fameux blog est augmenté tu en vois la preuve absolue qu'il est de moi , quand il n'est pas augmenté tu en vois la preuve abosule que c'est moi ; ça aussi ça en dit long sur le manque de connexions entre tes deux oreilles .
4.tiens aujourd'hui dans l'équipe des grandes gueules Leila Chaibi (encore une amie du Parti du Pouvoir et de l'Argent sans doute...) . Allez, continue de défendre ton mensonge anonyme...c'est tellement toi...

Écrit par : jean | 17/04/2007

jean lqr 1 oui, et Blair est socialiste, puisqu'il le dit...encore merci d'utiliser la terminologie qu'on t'impose...comme d'hab....
2 Sarkozy, celui qui fait ce qu'il dit...hi, hi...
3 la preuve absolue, c'est ta tête devant "overblog" chez toi...pas mieux...
4 oui, et quand ils recoivent Besancennot, ils deviennent Troskyste...évidemment....

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

jean le compte est bon Analyse magnifique : il n'y a pas trois intervenants mais quatre en général (c'est dire si l'"analyste" n'arrive pas à faire la différence entre trois et quatre, ce que vaut le reste de l'article) .

TU NE SAIS PAS COMPTER...sur le site de l'émission, il y a bien TROIS intervenants et PAS QUATRE..."c'est dire si l'"analyste" n'arrive pas à faire la différence entre trois et quatre, ce que vaut le reste de l'article"...comme tu le dis si bien....

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

quaeps 1. Prenons les deux dernières émissions :
lundi : 4 intervenants (Gourier, Maillot, De Menton,Perri).
mardi : 4 intervenants (De Menton, Maillot, Chaibi, Perri) . Je crois que je ne vais pas en dire plus...pauvre petit quaeps...

Pauvre de toi .
2. Ce n'est pas un problème qui me concerne , c'est entre toi et ceux qui , d'après toi toujours, se disent socialistes sans l'être (entre parenthèses, je voudrais que tu me donnes un texte où Blair se dit texto socialiste) . Donc comme je te l'ai déjà conseillé, écris leur, téléphone leur pour leur expliquer que la légitimité de se dire socialiste t'appartient (tu peux contacter Maillot via le site de RMC info je suppose, pour Jospin, lang et c° débrouille-toi).
3. Pour la 398754589756854eme fois, si ça t'aide à surmonter tes angoisses , libre à toi de faire et de vivre dans l'idée que ce fameux blog est de moi , je n'ai aucun soucis avec ça (tant que tu ne me demandes pas d'y jeter un coup d'oeil) .
4. ah voilà, c'est celà que ton courageux ami anonyme (il était anonyme aussi quand il dénonçait les juifs ou les gens d'Outreau je suppose) leur demande ? Je te signale que l'article reproche l'absence de gens de "gauche", le mensonge est là , insidieux et toi prêt à le défendre , comme tu défends toute crapulerie dès qu'elle se dit de gauche "vraie" .

Écrit par : jean | 17/04/2007

jean 1 et prenons, plein, plein, d'émissions....http://lesgrandesgueules.rmc.fr/Les_coulisses_des_GG-777/4.php

pauvre de toi...

2 non, évidement, que tu relaies la propagande standard, ce n'est pas ton problème, c'est ton passe temps...et évidement, le meilleur "Donc comme je te l'ai déjà conseillé, écris leur, téléphone leur pour leur expliquer que la légitimité de se dire socialiste t'appartient"....parce que pour toi, si ils se disent socialiste, ça te suffit, tu relaies, comme d'hab...même ton avis ne t'appartient plus...tu l'as vendu ou quoi....
3 tu sais, je sais et tu sais que je sais et que je trouve PATHETIQUE le temps que tu prends à alimenter un blog que personne ne lit, juste pour ne pas perdre une face que tu as perdu il y deux ans déjà...

4 pas anonymes, neu-neu, les articles sont COLLECTIFS...je sais, c'est un mot qui te dépasse...
et bien sûr, ils dénoncent les juifs, quoi d'autre...FORMIDABLE....deux ans...putain...
il n'y a pas de gens de gauche dans les grandes gueules...AUCUN, sauf évidement, si Royal et DSK sont de gauche, ce qui n'est ni l'avis du plan B, ni le mien....savoir d'où les gens parlent, c'est le minimum pour les comprendrent....

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

quaeps 1. oui vendredi dernier : 4 intervenats, jeudi dernier : 4 intervenants,...
2. Si pour toi et tes maîtres être de gauche est être communiste ou anarchiste ou ce que tu désires ; que vous ne reconnaissiez pas les socialistes (càd parti socialiste), les radicaux de gauche, ou les verts ou que sais-je encore comme de gauche est un problème qui vous défrise vous , pas moi .
3. la face perdue il y a deux ans, ce ne serait pas toi par hasard ; l'homme éclairé "à qui on ne la fait pas" et qui a été ridiculisé par un faux blog (au point d'en faire une paranoïa aigue) ? N'oublie JAMAIS que c'est moi qui t'ai mené en bateau et ridiculisé pendants des semaines, avant de par pitié mettre fin à la supercherie .
4. Anonymes (collectif c'est juste pour se cacher derrière une fausse cause sans se dévoiler réellement, bref de l'anonymat à la puissance mille : anonymat + hypocrisie) .
Bien sûr , et Chaibi elle est de droite ? Alphen aussi tant que tu y es (il fait carrément partie du mouvement de l'handicapé mental Castro) .

Maintenant , comme je te l'ai déjà dit ; personne n'est obligé d'apprécier l'émission (je l'écoute d'ailleurs beaucoup moins qu'avant car je trouve que sans Zeribi l'émission perd le ton qui me fait l'apprécier); mais pas sans l'avoir écoutée , pas pour de faux prétextes et surtout pas parce que le maître au chienchienquaeps lui a dit qu'il ne pouvait pas l'écouter...

Écrit par : jean | 17/04/2007

jean val finkie 1 sur le blog officiel de l'émission dont je t'ai donné l'adresse, 3 intervenants pour tous les jours que j'ai vérifié, que ça ait changé depuis l'article, ou qu'à l'occasion, un quatrième intervenants soit programmé ne change rien, il y a (ou avait au moment de l'article)TROIS intervenants, PAS QUATRE...perdu...

2 le parti socialiste français est de gauche...pas la peine d'en rajouter, même eux n'osent plus le crier trop fort....toi par contre....

3 1 il y a deux ans, nous ne discutions JAMAIS de politique, JAMAIS, à l'époque, j'étais déjà à fond dedans(depuis 2000 en fait) et je me régalais donc à écouter mes amis donner à l'occasion leur avis sur tel ou tel évènement....j'étais consterné, et c'est d'ailleurs pour ça que je ne faisais de prosélitisme(j'ai une fois prêté un michael moore à christian daneels, mais jamais je n'ai parlé de mes opinions et lectures avec toi ni avec qui que ce soit d'autres...)
je suis aller en ville avec toi des centaines de fois, et JAMAIS je ne t'ai vu acheter un livre, parcourir le rayon librairie de la FNAC(comme je m'amuse à te voir le faire maintenant...)

je me suis aussi beaucoup amusé, aux premiers jours de nos discutions, à te demander où et comment tu avais acquis toute ces belles certitudes, à te voir te retourner les méninges pour trouver le nom d'un auteur ou d'un livre qui ferait l'affaire, mais non, RIEN, enfin, si Cronin, j'en ris encore....

sans oublier tes favoris internet...VIDE, complètement vide, je l'ai vérifié moi-même, chez toi, le jour où tu m'as dis "j'ai trouvé la constitution, viens donc me dire ce que tu n'aimes pas..."....

quand je les vois maintenant, sous leur appelations "politique" et "culture"....j'en ris encore...

sans oublier, plaisir suprême, t'entendre parler de Chomsky, Said, Finkelstein, Vidal, Ramonet, Jennar, etc,etc...dont tu n'avais JAMAIS entendu parler il y deux ans(et pour cause, où et comment?)...je jubile...

un truc super aussi, c'était de te voir courrir à la fnac et revenir avec une série de livre...arrabal(bon, Cuba, c'est fait...), barnier(l'Europe, c'est fait...), un livre sur les Khmers(le communisme, c'est fait...), un chomsky(histoire de savoir qui est ce monsieur)...livre qui ont en commun plusieurs chose, ils sont court (donc vite lu, genre "prêt à penser) et leur titre sont souvent évocateur, une presque constante dans tes futures lectures (la maladie de l'islam, lettre à franco, etc...), ce qui te vaudra une bonne leçon...humm.."logique du terrorisme", "c'est bon, c'est court, j'espère que ça parle des arabes"...et boum, jean vient d'acheter un livre qui explique le 11/09 sous l'angle du complot et qui acrédite la thèse de Meyssan sur les attentats du 11/09...un complot(d'ailleurs, pour bounan, tout est complot...), et il s'en rends à peine compte...c'est pas formidable ça....

sans oublier ton flair légendaire....un livre d'histoire, je prends Remond (l'historien officiel de la droite, et sans le savoir en plus...chapeau..), un Revel (Monsieur anticommunisme...LE maître), etc...

parfois, les erreurs arrivent...mais bon, il suffit de :"Bruno Etienne raconte n'importe quoi, "la france est le seul pays laic d'europe"(ou je ne sais plus quoi)...etc...

que de moment de bonheur...

puis ton blog, sur lequel tu m'as bien piégé je l'avoue, qui t'a permit de discuter avec moi en te donnant l'épaisseur dont tu manquais(c'est une image...):et une étudiante en histoire parente avec des ex-communistes, et un chauffeur du tec(utile dans une conversation sur le sujet

ton second blog, ridicule, vraiment, décevant même, tu t'es sûrement dis, je vais lui refaire, il sera consterné....

un libanais, anglophone(Bakunin), pas religieux(voir ses liens Jihad), le nom de son blog(un anarchiste, tiens, tiens...), la devise(celle de l'Huma...pour un anarchiste, pas mal...), son blog est sur overblog, il arrive sur mon blog(skynetblog), le JOUR même où il débute le sien...et il m'aime, et il me trouve(alors que jusqu'ici...pas grand monde...), et TU parles sans arrêt de chose qu'IL poste(encore hier, le protocole, hier finkelstein, etc...), et tu le mets DIRECTEMENT en lien...et il se sert du MEMRI, du reseau voltaire, de rezo, etc...

par pitié, tu sais, je sais, tu sais que je le sais...

mais malgré tout ça, tu n'as pas changé:il y a deux an, tu étais: anticommuniste, anticastriste, groupie de l'Europe, attaché à la "sécurité" d'Israel, libéral tendance bolkenstein, prêt à débusquer ces islamistes qui veulent "nous imposer leur islam de cinglé"...hier, tu ne savais pas POURQUOI tu pensais ça, c'était naturel(TINA), depuis deux ans, tu as du justifier tes prises de positions(les changer aurait été bien trop humiliant...), et pour ça, pas trente-six solutions, il faut aller chercher les justifications chez ceux qui tirent avantages de la situation actuelle...cfr. tes maîtres...

4 pour la différence entre collectif et anonyme, voir dico, je sais tu as une assez mauvaise expérience...mais bon...
Chaibi n'est pas dans l'article du plan b,donc hors sujet, connais pas en plus, sûrement autant de gauche que Royal....
Alphen, comme Soral, n'est pas resté très longtemps...je me demande pourquoi...

tu n'as AUCUNE mémoire, je l'ai écouté PLUSIEURS FOIS ET NOUS EN AVONS DISCUTE...bon, c'était au moment du référendum, mais quand même, pauvre jean, après la vue, la mémoire...

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

jean jean tu vois même Chomsky parle des grandes gueules....

Democratic societies can't really work like that, because the state can't control behavior by force. It can to some extent, but it's much more limited in its capacity to control by force. Therefore, it has to control what you think. And again, democratic theorists have understood this for 50 or 60 years and have been very articulate about it. If the voice of the people is heard, you'd better control what that voice says, meaning you have to control what they think. The method Otero mentions there is one of the major methods. One of the ways you control what people think is by creating the ILLUSION that there's a DEBATE going on, but making sure that that debate stays within very NARROWS margins. Namely, you have to make sure that both sides in the debate accept certain ASSUMPTIONS, and those assumptions turn out to be the PROPAGANDA system. As long as everyone accepts the propaganda system, then you can have a debate.

et toi, tu ne te contentes pas de l'accepter, tu en redemandes....

Écrit par : quaeps | 17/04/2007

quaeps Comme je te l'ai déjà dit prendre l'émission pour un débat de "penseurs" et la critiquer comme telle est une erreur (en plus d'un malhonnêteté infinie), ce n'est pas le propos ; qui est le "café du commerce" entre...grandes gueules . Mais comment le saurais-tu ? Tes maitres à chienquaepsgentiltoutou te l'interdisent (pas assez fat mon fils) .

1. je n'ai pas dit qu'il n'y a jamais eu trois intervenants (de fait ça arrive, et même plus souvent que j'en avais l'impression); ce qui est clair c'est que l'anonyme (ah le bon vieux temps de la dénonciation anonyme, nostalgie nostalgie)ignore tellement tout de l'émission qu'il ne s'agit pas d'une généralité .
2. c'est un problème entre les gens de gauche, démerdez-vous entre vous ; je te l'ai dit si ça ne te plaît pas arrange toi avec Arena , Fabius et Mélenchon .
3. t'inquiète, toi tu nous fait toujours rire avec tes idées débiles et yaquaesques...et ce n'est pas prêt de s'arrêter . Les prétentieux fautquons de ton espèce feront toujours rire , petit fat .
4. Alphen était encore là il y a peu de temps (et apparemment est parti quand il est retourné à la magistrature, ce qui semble pour le moins logique) .
Chaibi : enfin un peu d'honnêteté de ta part (tu avoues juger sans connaître, systématique chez toi) . Ton regret de ne plus voir ton Lainlain (comme tu l'appelles avec la conviction qu'il est ton ami) prouve bien qu'entre toi et Lepen il n'y a que l'arrêtducrime .

Soyons clairs , tu n'avais à ce jour JAMAIS écouté l'émission (mais va vite podcaster , pour faire semblant de...) , tu me l'as encore dit il n'y a pas si longtemps (quand je t'ai parlé de l'infâme Sophie); bref un mensonge de plus . Mais comme dit plusieurs fois (et ne dis pas que je ne te l'ai jamais dit), tu as le droit de ne pas apprécier l'émission que tu n'a jamais écoutée (tu serais puni par tes maîtres, pauvre toutouquaeps); ce n'est pas une raison pour verser dessus un tas de vomi mensonger .

Écrit par : jean | 17/04/2007

quaeps Voilà , pour les GG c'est bon comme ça, tu as pris assez , j'ai pitié de toi (une fois de plus) et j'arrête là (ton aveu de jugement préalable me donne jeu-set et match une fois de plus) . Je suis vraiment désolé pour toi , tu mériterais un cerveau connecté .

Écrit par : jean | 17/04/2007

petit jean Tu ne sais pas lire, où le plan b ou moi avons-nous prétendu que l'émission était un débat de "penseurs"...quand tu n'as plus rien, tu inventes....comme d'hab...
"l'émission se présente comme un « grand show » réunissant « une vraie bande qui ose tout dire » et qui affiche sa « liberté de ton, de conviction et d'expression (1)"

1 "il n'y a pas trois intervenants mais quatre en général" J. Tilkin
"je n'ai pas dit qu'il n'y a jamais eu trois intervenants (de fait ça arrive, et même plus souvent que j'en avais l'impression)" J. Tilkin

Conclusion: en général, il y a trois intervenants (cfr. le blog de l'émission, compte, tu verras...ah, mais oui, toi et les chiffres...), comme le dit l'article...

2 c'est un problème simple, j'accepte ce qu'on m'apprends sans discuter (bon chien Jean, Jean...), ou je réfléchis et je décide si ça correspond à la réalité....non, je déconne, laisse tomber et attends que ça passe....

3 prétentieux, c'est quand on s'invente une culture qu'on n'a pas, quand on évite les sujets sensibles avec des amis incultes, c'est de la modestie, bon, j'ai craqué il y a deux ans, mais vu les rigolades que j'ai eu depuis, j'avoue que je regrette pas...

4 Alphen n'y était plus quand l'article est sorti...désolé, hors sujet....
Chaibi:"SUREMENT autant de gauche que Royal...", tu vois, moi, je ne juge pas, je pronostique...mais avec toi, il faut dire que c'est facile et tentant....

Lepeniste...parfait, je le range avec antisémite ou soutien de dictateur....?

Soyons clair, tu n'as AUCUNE MEMOIRE (cfr."la preuve ultime étant sans doute le fait que je ne t'en parle JAMAIS" J. Tilkin
"la dernière fois remontant à quelques jours après mon retour de Pologne (il y a donc plus d'un an) si je ne m'abuse " J. Tilkin
"J'adooore Chavez, MAIS il doit sûrement détourner une partie de la rente pétrolière, sinon, les vénézuéliens seraient plus riche....." J.T.
"Je déteste Sarkozy, mais il faut avouer qu'il fait ce qu'il dit...." J. T.
"Mais pourquoi les défenseurs de la cause palestinienne en reviennent-ils toujours à la seconde guerre mondiale (autrement dit, la Shoah...)?" J. T.
En parlant du soldat israélien enlevé: "Tu voudrais qu'il meure, je sais, tu voudrais sa mort hein, toi tu préférerais qu'on le tue, mais dis-le que tu préfèrerais qu'on le tue...." J. T.
"Norman Finkelstein, celui qui dit que les juifs n'ont jamais mis d'argent dans les banques suisses..." J.T. (cfr. article sur ton blog "je suis ridicule, mais je m'obstine")

Désolé, mais il m'étais impossible de ne pas consigner ces petits chefs-d'oeuvres...attention, ça empire...

posté le 03/07....largement après ton voyage en Pologne.), sans oublier la pétition nominative dont tu avais "oublié" que nous avions déjà débatu sur nos blogs....
j'ai l'ai écouté PLUSIEURS fois (et c'est toi qui m'avais dit d'aller sur le site de rmc pour écouter comme je n'avais pas de radio au bureau), je t'ai même dit qu'ils étaient quasiment tous pour le "oui" au tec....tu mens tellement, comme pour ton blog bis que ça en devient inquiétant....
tu as pris assez, et j'ai pitié de toi, donc continue la meuse et les grandes gueules, le reste, ça va te donner mal à la tête....


Écrit par : quaeps | 17/04/2007

quaeps Bon une dernière fois et par pitié , et aussi parce qu'après hier soir je suis tu te doutes d'excellente humeur, je te réponds (après si tu veux tu fais une copie du torche-cul anonyme et on le reprend point par point) .
1. En général il y a quatre intervenants , comme je te l'ai prouvé avec la composition de la dernière semaine (5 émissions, 5 fois 4 intervenants...) .
2. Si tu appelles "de gauche" ce que toi et tes amis hystéro-frustrés sont , et que les socialistes type Royal, Fabius, Mélenchon (pour rester en France) tu les estimes de droite ; c'est un problème entre eux et ta bande de vaches beuglantes .
Maintenant , pour moi, vous êtes l'extrême-gauche (pas la gauche de la gauche (terme utilisé par Besancenot, Bové,...)comme vous essayez d'imposer le terme actuellement); il est clair que le terme n'est pas très agréable, mais il est mérité (et perçu par trop de façon péjorative) .
3. comme je te l'ai déjà dit, cher Noiraud, être un âne savant c'est d'abord être un âne (désolé pour toi, tu auras beau faire, beau lire,...) .
4. Tu ne juges pas , tu préjuges en suspectant d'infamie (ce qui pour toi correspond à ne pas partager toutes tes idées fumo-yaquaesques), merci de persister et signer la preuve de ta malhonnêteté et de ton idiotie .

Tu peux le mettre avec admirateur de Soral (c'est déjà pas mal) .

Tu MENS, tu n'as JAMAIS écouté l'émission, tu me l'as dit PLUSIEURS fois . De plus si tu l'as réellement écoutée et que tu as attendu d'avoir l'avis du Plan B pour pouvoir dire ce que tu en penses, c'est encore pire que ce que je pouvais croire (et crois-moi Médoràsonmaimaitre c'est pas facile)...

Pour te résumer (la culture incarnée et l'honnêteté incarnée); il y a deux phrases :
"Bien sûr que la Norvège fait partie de l'Union Européenne" (après avoir, en plus , prétendu que la Norvège avait rejeté par référendum le TCE...) .
"L'URSS est 9eme au classement des vetos à l'ONU", magnifique quand on sait que ; elle est première et que 6 pays ont le droit de veto (9eme sur 6, pas mal pour un cheval) .
Elles sont très drôles et parfaitement représentatives de ta façon de faire ; malhonnête sous un vernis de culture qui cache mal une arrogance et une bêtise crasse .


N'oublie pas d'imprimer le texte (j'ai pas envie de le toucher, il doit puer la merde de corbeau) .

Écrit par : jean | 18/04/2007

jean la trouille... bon, par plaisir sadique, encore une fois...

1 en général, il y a trois intervenants, je viens de faire quatre pages du blog de l'émission au hasard, 17 fois trois intervenants 3 fois quatres...si tu veux on compte ensemble sur le blog chez toi et tu vas bafouiller, comme d'hab....
2 que tu acceptes la terminologie qu'on t'impose est démontré depuis deux ans, tu peux remuer, ça ne fera que sentir mauvais....bizarement, tu refuses de contester le "socialisme" de Fabius (si il le dit, c'est qu'il l'est...), mais pour nous qualifier, "nous", tu n'hésites pas à te lancer dans une de tes "réflexions" fumeuses.... deux poids, deux mesures...
3 désolé, je sais, ça fait mal, mais me qualifier de prétentieux alors qu'il y a deux ans, je ne te PARLAIS JAMAIS de mes lectures, alors que toi, tu me bassinais une fois par an, au moins(déjà, ta mémoire....), avec ton "J'ai lu Légendes d'automne de Jim Harrison, tu sais, le film, ce n'est qu'une des nouvelles..."...le nombre de fois où je me suis retenu de te répondre "oui, et moi je viens de lire Céline, Dostoievski, Miller, Tolstoi, etc...etc....", mais NON, je me disais; "pauvre garçon, ne l'humilie pas, sois modeste, ne dis rien..."...
depuis, j'ai eu droit au légendaire "je suis en lire TOUT Zola....".....marque indélébile d'un inculte qui veut se donner une crédibilité qu'il sait pourtant à jamais perdue...merci Cronin....

4 pour quelqu'un qui trouve antisémite Finkelstein, Shamir, etc...sans avoir lu AUCUN de leurs ouvrages....toi, tu ne t'embarrassent même pas d'un "sûrement", si on te le dit...comme d'hab....et évidement, l'auteur de l'article "était anonyme aussi quand il dénonçait les juifs "....merci de persister et signer la preuve de ta malhonnêteté et de ton idiotie .

Tu mens ou tu n'as aucune mémoire, comme je l'ai démontré sur le blog...imparable....je sais, ça fait mal....je t'ai déjà dis PLUSIEURS fois ce que j'en pensait...mais évidement, avec l'âge...j'ai profité de cet article pour te souhaiter bon anniversaire, enfin à ton blog, j'aurais pu en prendre plein d'autres...je savais que celui-ci te ferait mal, c'est réussi....

les DEUX phrases ont déjà été discutée plein de fois, j'ai reconnu INSTANTANEMENT mes ERREURS, alors que tes MENSONGES couvriraient des pages et des pages....

PS: c'est amusant de voir à quel point le fait que l'auteur de l'article soit "anonyme" te préoccupe, alors que tu tiens un blog POUR MOI (tu aurais d'ailleurs du poster un peu plus de commentaires, vraiment, un blog sur lequel PERSONNE ne va jamais, c'est suspect...) de manière ANONYME depuis bientôt un an....vraiment...PATHETIQUE....

après avoir tenu Arrabal, Revel, Barnier, Besançon, etc...etc...tes mains ne craignent rien....

Écrit par : quaeps | 18/04/2007

jean "je suis en train de lire TOUT Zola..."

Écrit par : quaeps | 18/04/2007

quaeps 1. Le sort s'acharne ; aujourd'hui encore une fois 4 intervenants , pauvre de toi .
2. Qui est "on" , toi et tes maîtresàquaeps ?
3. Bien sûr que tu te rengorgeais déjà de tes lectures (la façon dont tes livres sont dans la ligne droite et bien visibles en arrivant chez toi montre bien que tu ne veux cacher à personne le fait que tu lis beaucoup pour masquer ton intelligence défaillante) . C'est marrant que tu parles de Dostoïevski , je me rappelle ta tête déconfite quand tu m'en a parlé et que je t'ai dit en avoir lu ; quelle détresse dans tes yeux à ce moment...Mais bon tu lis beaucoup, c'est un fait mais comme je te l'ai déjà dit Noireaud, ça ne change rien...
4. Shamir ton ami pseudo Russe Israelien, c'est ça ? Je me suis certainement plus renseigné sur lui que toi sur Chaibi (pour ça il m'aurait suffit de lire un mot de lui) . Mais bon , ce maître de ta pensée est très loin du sujet de discussion (à t'en aller comme ça, tu seras bientot sur la lune) .
Je me doute bien que le courageux corbeau n'a pas dénoncé de juifs (ou de gens d'Outreau, bizarre cette omission), c'est juste pour situer le genre de personnages (même si caché derrière une façade de collectif) .
Quand tu dis 9eme place , ce n'est pas une erreur, c'est un mensonge (désolé c'est indiscutable) . Comme quand tu dis avoir déjà écouté les GG .

Ils ont au moins le courage de signer leur prose , eux .

Écrit par : jean | 18/04/2007

jean la grosse poisse... 1 et il y en aurait même quatre tous les jours à partir d'aujourd'hui, ça ne changerait, l'article est du moi de mars...perdu...encore....va voir le blog, tu vas pleurer....

2 non, les maîtresàjeanjean....

3 FAUX, je ne t'ai JAMAIS parlé de mes lectures, JAMAIS...tu es d'ailleurs tombé des nues il y a deux ans et tu ne t'en est JAMAIS remit....
ma bibliothèque est dans un couloir, d'habitude, les gens qui veulent la montrer la mettent dans leur salon...inculte....
quand je t'ai parlé de dostoiveski (et c'était APRES le début de nos discutions...), j'ai effectivement du réprimer un fou rire, car tu m'as dis avoir lu "Le joueur", un de ses moins bon livre, les moins connu, mais, comme par hasard, il était justement donné avec un quotidien (Le Soir) la SEMAINE PRECEDENTE...incroyable...non...évidement, tu ne l'as pas plus lu que "Le parfum"...dont tu as "oublié" la fin quand je t'ai demandé de me la raconter...PATHETIQUE...et VAIN....

4 effectivement, Saibi s'exprime tellement sur des sujets brulant, qu'elle n'existe pas, tout le monde n'a pas la chance de se frotter à un des lobby les plus puissant du monde, en plus Shamir écris dans "Counterpunch"(au côté de Chomsky, Said, Finkelstein, et autres antisémite notoire...), et évidement, tous ceux qui écrivent là dedans sont considérés comme antisémite(ou négationniste, etc...)...tu as bien appris tes leçons, le maître sera fier de toi....
après un petite recherche, Chaibi est bien une neu neu jetable, avant hier,c'était la pouf de ni putes, ni soumises, hier l'étudiante anti-cpe, demain le ppa aura un autre jouet et le donnera aux grandes gueules, et tu vas adorer, comme d'hab....

tu te doute bien qu'il n'a pas dénoncé de juifs, mais tu l'écris quand même, à force de répéter un mensonge....tu as bien appris les leçon de tonton joseph...comme d'hab....

le courage de signer leur prose....A MOURRIR DE RIRE...les auteurs du plan b (Halimi, Ballastre, Accardo, les gens d'acrimed, etc...voir le site)....ont bien, entendu, très peur de critiquer les médias, tu immagines, si ça se savait....AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH....pauvre Halimi, il doit crever de trouille.....tu es FORMIDABLE....

non, toi tu mens, comme d'hab...mon erreur n'est pas la neuvième place, comme je l'ai déjà écris de nombreuse fois (décidément, cette mémoire...), mais d'avoir confondu l'assemblée générale avec le conseil de sécurité...mensonges, sur mensonges....

pauvre petit jean, je suis certain que depuis il s'est souvenu en avoir parler avec moi (tu disais déjà beaucoup de bien de zeribi, que je trouvais fadasse...), mais voilà, comme d'habitude, pas moyen de faire marche arrière sans perdre la face....comme pour Bakounine....malheureusement pour toi, c'est pire....

Écrit par : quaeps | 18/04/2007

jean l'enc..de mouche... et ne me dis pas que la ni pute ni soumise n'a jamais été une grande gueule, c'était pour l'exemple....
ah oui, une grande gueule, c'est ça:"Pour le plus grand bonheur des intervenants, le président du parti social-démocrate allemand a rabroué un sans-emploi en lui conseillant : « Lavez-vous, rasez-vous et vous trouverez du travail en trois semaines ! "
"En tout cas, on peut saluer le courage du président du parti social-démocrate, qui, vraiment, a joué les grandes gueules dans cette affaire "....

tu aurais pu TOUT dire, vraiment, c'est ton émission....

Écrit par : quaeps | 18/04/2007

quaeps 1. Bon il a du se faire une idée en février alors , voyons :
29/02 : 4 (Maillot, Remy, O'Petit, Zeribi)
28/02 : 4 (Maillot, Menthon, Zeribi, Salabi)
27/02 : 4 (Gourrier, de Menthon, Zeribi, Alzarecca)
26/02 : 4 (Gourrier, de Menthon, Ghazli, Perri)
23/02 : 4 (Larue, Debre, Maillot, Larue)
Le 24 et le 25, 3 intervenants alors ? Ben non, pas d'émission . Le sort s'acharne mon pauvre .
2. t'es dans les choux, point 2 fini .
3. A mourir de rire "Le joueur" je l'ai lu il y a presque 20 ans (ta pseudo-anecdote reflète ton personnage, tellement fat et complexé...) . Pour le reste, pauvre petit ; mais on s'éloigne on s'éloigne .
4. Shamir est ton maître , mais uniquement de ma faute (le jour où tu as posté un de ses articles sans connaître le personnage, tu as eu un bref moment de honte , puis tu y es retourné tête baissée, désolé...) .

Ben oui quand un intervenant n'arrange pas la prose vomitive de ton anonyme adoré et de son chien , il devient un "alibi" ou un "vernis"...symptomatique...

Ne fais pas semblant de ne pas comprendre , il y a assez de choses à côté desquelles tu passes involontairement , pas besoin d'en rajouter .

Courageux signataires anonymes .

Faux, car tu as parlé de "veto" , aucune confusion possible (d'autant qu'on en parlait depuis des jours) .

Faux et archi-faux, tu n'as JAMAIS écouté (d'ailleurs tu ne peux pas l'écouter à l'étude, ni pendant le temps de midi ou pendant ton heure de table, pas chez toi tu n'avais pas internet et il n'y avait pas de podcast rmc il y a 2 ans), pauvre petit .

Écrit par : jean | 18/04/2007

jean 1 voir le blog de l'émission, tu vas pleurer, encore une fois....de plus, les dates des émissions écoutées sont dans l'article...apprends à lire.....
2 non, il est fini depuis "Maillot : c'est pas moi qui le dit, c'est lui"....Maillot le dit, Jean le redit....
3 il y a presque 20 ans, tu veux dire l'année où tu devais aller au Standard...AHHHHHHHHHHHH.....
pour le reste, on se rapproche, et tu fuis, comme d'hab....
4 ni dieu, ni maître....comme d'hab...mais il est vrai que je ne me suis pas laisser abuser par la propagande comme toi, même si j'ai mis, il est vrai, quelques minutes avant de reprendre mes esprits devant "antisémite", tu vois, même avec quelqu'un comme moi, ça marche encore un peu, du moins quelques minutes, mais je me soigne, rassures-toi....
les articles de lui que tu as posté sur ton blog Bakounine sont excellents, tu as plus de goût en imposteur....

"Ne fais pas semblant de ne pas comprendre , il y a assez de choses à côté desquelles tu passes involontairement , pas besoin d'en rajouter ."....pas mieux...

pas anonyme...collectif...tu es ridicule, n'en rajoute pas....

et pourtant confusion il y a eu, comme je l'ai expliqué en long et en large sur mon blog(relis), et la conclusion est la même, mon ERREUR ne remettait en rien mon raisonnement, contrairement à tes 49% de l'extrême droite au "non" ou tes calculs savants sur les 99% cubains...mensonges NECESSAIRES à tes raisonements, alors que mon erreur n'a RIEN changé au mien....

incroyable...il y a deux ans, comme maintenant, je ne faisait RIEN de 11h à 12h et RIEN de 12h45 à 13h30, si ce n'est justement surfer sur le net, et monsieur Jean m'explique que j'aurais eu besoin d'un podcast pour écouter(sur le site de rmc) une émission...désolé, mais j'ai bien écouté ton émission, impossible de résister, tu m'en parlait tous le temps...tu m'as même EXHORTER à l'écouter....je sais, tu sais, et tu sais que je le sais et que je prends soin de me moquer de toutes tes NOUVELLES sources d'informations...parce qu'il y a deux ans, évidemment, c'était juste la meuse....

Écrit par : quaeps | 18/04/2007

quaeps 1. il n'a pas écouté les émissions , il (elle?, eux? , cheval?, non cafard!) s'est contenté de tirer une dizaine de titres sur plus ou moins 6 mois (donc sur plus de 300 possibles) pour échafauder un article délirant et mensonger . Tu hurles , je prouve date et composition , un monde nous sépare...
2. Il est fini depuis que tu imagines (enfin pas toi tes maîtres, cher toutou) que pour être de gauche il faut la permission de tes machines anonymes à vomir .
3. Petit fat , tellement complexé...mais comme je l'ai dit je n'ai pas à me justifier par rapport à toi . De plus , contrairement à toi je ne tire aucune fierté à avoir lu un livre , si je l'ai fait c'est pour moi pas pour essayer de me sortir de mes complexes .
4. Des maîtres , tu en as plusieurs ; mais bon si tu admires Shamir, c'est ton problème , tu es bien fan de Thierry Meyssan...

Anonyme (le "collectif" n'est jamais qu'une couche de vernis , bien mince certes, sur la pratique que tu approuves tant) .

Non, il y a eu mensonge que tu as voulu travestir en confusion en fournissant des explications vaseuses .

Si tu ne faisais rien entre 12h45 et 13h30 tu saurais de quoi était faite la troisième partie de l'émission , dont tu ignores tout (comme le cafard anonyme d'ailleurs), allez vite sur le site de RMC pour savoir et dire que "évidemment je savais..." . Encore menti, encore pris !!!

Écrit par : jean | 18/04/2007

jean fat finkie 1 ils ont écoutés les émissions (cfr. les phrases légendaires tirées de celle-ci), tirés les titres les plus ridicules (et ils devaient avoir le choix...), bref, démontés ton émission fétiche, et tu pleures, comme d'hab...délirant et mensonger, tu veux dire comme Arrabal ou Revel?

OK, je prouve...fastoche...

voyons mars...
05/03-4 invités
06/03-3 invités
07/03-3
08/03-4
09/03-3
12/03-4
13/03-3
14/03-3
15/03-3
16/03-4
19/03-3
20/03-4
21/03-3
23/03-3
26/03-3
27/03-3
28/03-3
29/03-3

donc, sur 18 émissions, 5 fois quatres invités et 13 fois 3 invités....pour les compositions, voir le blog...et encore dans l'eau....merci qui?

2 il est fini depuis que tu utilises les termes qu'on t'impose sans jamais les mettre en question, bref, tu avales et tu régurgites, comme le bon chien de garde que tu es....et si quelqu'un a l'audace de contester ou de révéler l'imposture, tu aboies...rien de neuf quoi...

3 Fat ? alors, on joue au jeune en employant des termes branchés, décidément, la quarantaine se profile mal...on dirait mes élèves...en plus bon, fat...je sais pas si c'est bon pour ce que tu as.....
les gens complexé s'INVENTENT des lectures, des transferts bidond, des blogs impostures, etc...ils ne gardent pas pour eux leur lecture pour éviter à leurs amis des complexes d'infériorités gros comme le plus gros des fats....bon, évidement, il y a deux ans, j'ai craqué, mais je ne le ferais plus, j'ai peur de mourrir de rire....
depuis deux ans, tu ne lis QUE POUR MOI ET GRACE A MOI....je sais, tu sais, et tu sais que je le sais...et ça fait mal....

4 aucun maître, mais un disciple...malheureusement....

Collectif...tu sais ce truc infâme, à ranger juste à côté de goulag...bien mon chien...

non, il y a eu confusion, tu sais comme quand on jongle avec une grande quantité d'information et qu'on est fatigué de devoir expliquer des choses compliquées à un enfant de 4 ans...ah, oui...non, tu sais pas...

perdu, la troisième partie est beaucoup plus dépendante de l'invité...donc beaucoup moins révélatrice...inculte...je te rappelle que j'ai écouté l'émission où dieudonné était invité et que nous en avons discuté....décidément cette mémoire...un peu comme chez mon frère:"tu n'avais jamais parlé des dangers d'une guerre nucléaire, tu parlais des centrales...", et bien sûr ta tête quand je t'ai montré le blog.....vraiment, tu devrais consulter...

bon, j'ai bien donné, tu es fou de rage pour ton émission fétiche, désolé, mais bon anniversaire quand même....deux ans...putain deux ans....

allez, c'était mon der...à la niche...mais pour le plaisir "Alain Marty hurle à ceux qui envisageaient de manifester le 8 février : « Devenez plombiers ! Y a plein de métiers pour gagner de l'argent ! »....

Écrit par : quaeps | 18/04/2007

quaeps 1. déjà , avec le résultat que tu obtiens (merci) on peut dire qu'il n'y a pas 3 intervenants (comme le corbeau l'écrit) .mais 3 ou 4 ; pour être complet en mars tu as "omis" le 1, le2 et le 30 (1 fois 3 et 2 fois 4) . Mais comme tu l'as très bien dit l'article ayant été publié en mars , le cafard n'a pas pu tenir compte de ces constatations .
Voyons février : oublie ce que j'ai écrit hier le 29/02 (en fait c'est le 01/03 j'ai été induit en erreur par le blog).
Le 1 et le 2 : tour de Gaules donc hors-sujet . Il reste donc 18 possibilités d'émission ; les 9, 15, 19, 20, 21, 22, 23, 26, 27 et 28 ; il y a eu 4 intervenants (10fois) .
On peut donc encore une fois dire que prétendre "3 invités" est une ignorance crasse , digne du ver misérable qui a déféqué ton torche-cul adoré .
2. Que pour toi, le parti socialiste ne soit pas un parti de gauche, c'est encore une fois ton problème . Ce que tu voudrais c'est que les gens d'extrême-gauche aient le monopole du terme "gauche"; désolé non Mélenchon est à gauche, Voynet est à gauche, Laguilier à l'extrême gauche (pas la gauche de lagauche comme certains (Bové notamment le disent, mais bon le terme qu'ils emploient induit bien un PS à gauche) . Mais bon, comme je te le dis , c'est ton problème et ce n'est pas du tout ce qu'a menti ton ami le charognard .
3. Fat , un terme branché ; grâce à moi alors, ça fait deux ans que je te le sers sans que tu le comprenne . C'est plus un terme désuet que les incultes dans ton style (les vrais incultes , ceux qui n'ont pas la base) ne comprennent pas (vite quaeps un dico pour dire que "bien sûr je comprenais") .
4. Je n'ai rien contre les collectifs (ça nous ramène à Leila, ça) , si t'as des couilles tu mets ton nom en dessous de ce que tu écris , sinon tu es une merde .

Des maîtres , tu en as pas mal (la preuve tu n'as pas pu donner un avis sur les GG (comment l'aurais-tu fait tu ne l'as jamais écoutée) sans l'autorisation du Plan B (avis merdique et mensonger que tu as ait instantanément tien après avoir lu l'étron)) . Si ça c'est pas être un chienchien...

Faux et archi-faux, tu as menti , on parlait de veto ; aucune confusion possible sauf pour un triple idiot (et tu es simple idiot) .

Et hop , on balaye d'un revers de la main 1/3 du contenu d'une émission (dont tu ignorais tout évidemment) parce qu'elle n'entre pas dans le cadre mensonger d'une imbécilité anonyme que tu fais tienne . Pathétique .

Tu n'as jamais écouté l'émission (c'est moi qui t'ai téléphoné un jour pour te dire que Dieudonné qui était banni de tous les médias dits classiques était l'invité de l'émission) , tu mens .

Comme je te l'ai déjà dit on peut détester cette émission, je m'en fous ; on peut avoir envie de ne jamais l'écouter , ce n'est pas mon problème ; ce que je ne supporte pas c'est la façon mensongère dont le corbeau s'est servie pour la démolir et la présenter sous un jour totalement faux .

Encore une fois tu confonds écoute (ou lecture) et adhésion automatique (obligatoire dans ton cas) .


Écrit par : jean | 19/04/2007

quaeps tu le comprenneS...
que tu as Fait...(tu auras rectifié)

Écrit par : jean | 19/04/2007

jean la rage le CAFARD n'a pas pu tenir compte de ces constatations

digne du ver misérable qui a déféqué ton torche-cul adoré .

ton ami le charognard .

si t'as des couilles tu mets ton nom en dessous de ce que tu écris , sinon tu es une merde ....comme BAKOUNINE....

avis merdique et mensonger que tu as ait instantanément tien après avoir lu l'étron

pour un triple idiot (et tu es simple idiot) .

le cadre mensonger d'une imbécilité anonyme que tu fais tienne

parfait, il ne manque que la bave...échec et mat...

Écrit par : quaeps | 19/04/2007

jean alzheimer et ne me dis pas que tu te souviens de quoi que ce soit....tu n'as AUCUNE mémoire(comme je l'ai MAINTE FOIS démontré, par des CITATIONS ECRITES sur le blog...)....et comme tu viens ENCORE de me le confirmer par téléphone...il te manque les BASsES....

Écrit par : quaeps | 19/04/2007

jean fat slim comme pour fat, (décidément tu aimes aller dans mon sens), que "ça fait deux ans que je te le sers", allez...montre moi donc UNE SEULE FOIS où tu a écris "fat" sur le blog il y a plus d'un an...perdu, perdu et reperdu....

Écrit par : quaeps | 19/04/2007

encore bravo, te voilà maintenant ENCORE une fois en compagnie de tes maîtres à....pleurer....





Communiqué de l’Internationale sardonique
« L’offensive d’hiver du parti de la presse et de l’argent »


Mise en ligne : 31 décembre 2003




L’Internationale sardonique nous a fait parvenir le communiqué suivant, paru sur le site du journal PLPL (Pour Lire Pas Lu) le 30 décembre 2003 [1].




" Si nous sommes attaqués par l’ennemi, c’est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligne de démarcation bien nette entre l’ennemi et nous. Et si celui-ci nous attaque avec violence, nous peignant sous les couleurs les plus sombres et dénigrant tout ce que nous faisons, c’est encore mieux, car cela prouve non seulement que nous avons établi une ligne de démarcation nette entre l’ennemi et nous, mais encore que nous avons remporté des succès remarquables dans notre travail. " (Mao Tsé-Toung)

Le parti de la presse et de l’argent (PPA) a lancé son offensive d’hiver contre la Sardonie libre : l’existence d’une critique radicale des médias lui est insupportable. En l’espace de cinq semaines, La Peste France Inter, le Quotidien vespéral des marchés [ex-Le Monde], Bernard-Henri Lévy et Philippe Val ont attaqué et diffamé PLPL [2]. Il leur faut détruire la Sardonie avant que la Sardonie ne les ait détruits. Autant dire que le compte à rebours est déclenché.

Ces piqûres d’insectes ont trempé la détermination des Sardons. L’afflux d’abonnements et de messages de soutien a même temporairement submergé nos services administratifs. Profitant d’un instant de répit, l’Internationale sardonique livre le récit de ces escarmouches et en analyse la portée.

L’offensive d’hiver du PPA

Le 18 novembre 2003, sur France Inter, dans l’émission de Pascale Clark, Nicolas Poincaré, pigiste à TF1 et grand reporter à France-Info promené par l’OTAN au moment de la guerre du Kosovo, consacre plusieurs minutes à notre journal [3] qu’il a découvert en surfant sur internet entre deux safaris : " Maintenant, avec la mondialisation, on peut être à Abidjan et s’intéresser aux médias locaux de la haine, et puis faire un tour sur Internet et découvrir qu’on a aussi nos petits médias de la haine... " Naturellement, cette grande enquête, payée par la redevance du contribuable, ne lui a pas permis de découvrir que PLPL est un journal papier dont seule une partie des articles se trouve en ligne. La présentation de PLPL par Poincaré fait penser à une enquête de Bernard-Henri Lévy : " C’est très personnalisé et, euh..., très haineux. Bah euh, euh, le combat principal c’est contre la presse donc euh...mais au-delà effectivement il y a un anti-américanisme qui frise le racisme. " Du " combat principal contre la presse ", Poincaré ne soufflera mot. Il bafouillera en revanche la liste des surnoms attribués par PLPL aux roitelets du PPA devant une Pascale Clark ravie. L’homme que Jean-Marie Cavada a nommé à la direction de France Inter, Jean-Luc Hees, sera satisfait. Lauréat de la seizième Laisse d’Or de PLPL (septembre 2003) pour avoir comblé les laboratoires pharmaceutiques en licenciant le chroniqueur Martin Winkler, Hees avait en effet juré de se venger.

Le 9 décembre 2003, Le Monde s’engouffre dans la brèche. Il publie un article mensonger affirmant que les membres fondateurs de l’Observatoire français des médias seraient déchirés entre les adeptes des " attaques personnelles contre les journalistes " et " les professionnels de l’information " [4]. Ce débat n’a jamais eu lieu que dans l’imagination moustachue d’Edwy Plenel, mais peu importe. Un encadré titré " Les attaques de ’Pour lire pas lu’ " permettait aux quelques lecteurs que Le Monde a conservés d’identifier les méchants :

" Les attaques de "Pour lire, pas lu"
Fondé en juin 2000 par le journaliste Pierre Carles et animé par Serge Halimi, membre de l’Observatoire français des médias et journaliste au Monde diplomatique, le journal bimestriel Pour lire, pas lu (PLPL) attaque régulièrement tous les organes de presse et se livre à des charges personnelles à l’encontre des journalistes, et particulièrement les dirigeants du Monde. Ainsi, dans chaque numéro, Jean-Marie Colombani est surnommé "Raminagrobis", Edwy Plenel "le roi du téléachat" et Alain Minc "le nabot malfaisant". Pour PLPL, Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, est un "mouchard", et l’éditorialiste Alexandre Adler est surnommé "triple crème".
PLPL attribue régulièrement "la laisse d’or" à un journaliste qu’il considère comme servile. A l’été 2002, cette "distinction" a été attribuée à notre confrère Nicolas Weill pour son "sionisme militant". En septembre, Jean-Luc Hees, directeur de France-Inter - surnommé "la peste" -, était cité pour avoir écarté de l’antenne le romancier Martin Winkler. Les journalistes de la radio publique étaient traités de "policiers heesiens". "

Ce texte non signé comporte plusieurs erreurs qui suffiraient à disqualifier n’importe quel journaliste sardon, mais qui au Monde garantissent une promotion rapide. L’actuel directeur adjoint de la rédaction, Jean-Paul Besset, n’est-il pas monté en grade quelques semaines après un article racoleur et bourré d’erreurs sur l’" affaire Alègre " [5] ? Comme France Inter, Le Monde n’évoque de PLPL que les surnoms dont la Sardonie affuble les outres vaniteuses du PPA. Du contenu du journal, les lecteurs du Monde ne sauront rien. Dans son édition du 26 février 2003, le Quotidien vespéral des marchés avait usé du même procédé en publiant un encadré presque identique, à l’époque destiné à discréditer les auteurs de La Face cachée du Monde (lire PLPL n°14). Avec, déjà, les mêmes inexactitudes. Par exemple, Alain Minc n’est plus appelé depuis deux ans " le nabot malfaisant ", une expression d’ailleurs empruntée à notre ami Karl Marx qui l’employa contre Adolphe Thiers, massacreur de la Commune de Paris (deuxième essai de rédaction de La Guerre civile en France, Editions sociales, 1972, pp. 244-45). Un arrêt historique du Tribunal de grande Instance de Paris (28 novembre 2001, publié par PLPL n°8) ayant jugé Minc coupable de " plagiat " pour des propos " servilement reproduits ", notre journal a rebaptisé le président du conseil de surveillance du Monde " le plagiaire servile ". Le Monde, incapable d’offrir une promotion à Alain Minc pour le féliciter d’un arrêt aussi infamant puisque le plagiaire dirige de fait le journal, contesterait-il " l’autorité de la chose jugée " ? Enfin, la " Laisse d’or " n’a pas été attribuée à Nicolas Weill pour son seul " sionisme militant " (une option politique que Weill revendique dans son livre Une histoire personnelle de l’antisémitisme paru en 2003), mais aussi pour son " balladurisme intellectuel ", son adoration de Luc Ferry, son aversion pour Noam Chomsky et, plus généralement, pour sa " haine de l’intelligence " (PLPL n° 10, juin-août 2002).

Non content d’avoir limité son enquête sur PLPL à un vieux glossaire, le QVM le falsifie [6]. Ainsi, selon Le Monde, PLPL aurait qualifié Laurent Joffrin de " mouchard ". C’est un mensonge. Laurent Mouchard est simplement le nom d’état civil du directeur de la rédaction du Nouvel Observateur. Joffrin est un pseudonyme, comme pourra le vérifier sans peine quiconque consulte un Who’s Who ? ou un annuaire des biographies de la presse. Ce tripatouillage policier (un de plus) est d’autant plus réjouissant que le médiateur du Monde alerté deux semaines plus tôt par la récurrence des malversations de Plenel et de ses sbires, rappelait que les guillemets c’était sacré... En passant sous silence les analyses documentées et sourcées de PLPL, en réduisant notre journal a un glossaire satirique de quelque lignes, puis en suggérant que l’Observatoire français des médias est la proie de PLPL (qui n’en est pas membre...), c’est l’ensemble de la critique des médias que le PPA entend disqualifier.

Contrairement à ce qu’affirme le QVM, PLPL n’est pas " animé par Serge Halimi ", mais par une dizaine de personnes parmi lesquelles figure Serge Halimi. La personnalisation de l’action collective signe le mépris des roitelets de la presse qui s’attribuent en permanence le travail d’autrui. Mais cette fois, elle n’est pas innocente : le directeur de la rédaction du Monde voue à l’auteur des Nouveaux chiens de garde une haine tenace depuis que ce dernier a eu l’indélicatesse de le citer dans son chenil. En associant sous n’importe quel prétexte un auteur qu’il redoute à une publication présentée comme dégradante, le Roi du téléachat Edwy Plenel et son compère Ramina espéraient discréditer notre camarade. Nouvel échec.

Furieux, les chefs du Monde font alors appel à leur " grand reporter " Bernard-Henri Lévy. Celui-ci vient d’être ridiculisé par une enquête accablante de la New York Review of Books (traduite et publiée par Le Monde diplomatique de décembre 2003, voir Le scandale BHL, PLPL 17, décembre 2003), qui révèle les falsifications de son livre Qui a tué Daniel Pearl ? Un ouvrage encensé à de nombreuses reprises par Plenel et Colombani. BHL est pourpre de fureur. Invité par Libération à publier son " journal de la semaine " (20.12.03), il fulmine : " Si je pense, aujourd’hui, à Serge Halimi, ce n’est pas seulement à cause du tombereau d’injures qu’il me déverse sur la tête dans le dernier Monde diplo. Ce n’est même pas à causer de la façon, contraire à toutes les règles du métier, dont il lui arrive de traiter les éminences de la maison sœur : Colombani en " Raminagrobis ", Minc en " nabot malfaisant ", Plenel rebaptisé " téléachat ". " Edwy Plenel est ainsi privé du titre de noblesse auquel il a consacré la dernière partie de sa vie (" Roi du téléachat " et non pas " téléachat "). À cette erreur, qui lui garantira un poste de directeur adjoint de la rédaction du Monde s’il le réclame, Béachèle ajoute l’aveu de son exquise modestie. Il révèle qu’il pense à Serge Halimi à cause de " la singulière déchéance " du Monde diplomatique qui, depuis 1975, serait devenu " la version chic de nos populismes ". Pourquoi 1975 ? Parce qu’à cette date, Le Monde diplomatique cessera de publier des textes de... BHL. Lequel Béachèle oriente désormais le jet de ses incontinences littéraires vers Le Monde et le Point.

La Saint Sylvestre approchait. PLPL, qui n’avait rien demandé de tel dans sa lettre au Père-noël, se voit gratifié d’un éditorial acrimonieux signé Philippe Val dans le Non-Evénement du mercredi (NEM, ex-Charlie Hebdo) du 24 décembre 2003 [7]. Le troubadour qui chantait avec Patrick Font pour les dépossédés a bien changé. Depuis 1999, le voici élevé au rang des éditorialistes en vue. Val discute philosophie avec Laurent Mouchard, " débat " avec Jean-Marie Messier, caquette avec Jean-Luc Hees, badine avec Franz-Olivier Giesbert, qui trouve ses éditos « passionnants » [8]. Il célèbre l’ordre qui l’a consacré. Mais " l’ambition souvent fait accepter les postures les plus basses : c’est ainsi qu’on grimpe dans la même posture que l’on rampe " (Swift). Purgé de ses éléments réfractaires, Charlie Hebdo est aussi aseptisé qu’un bloc opératoire. Val y déploie sans entrave son exécration la gauche radicale, qu’il compare sans cesse au fascisme ; le linguiste américain Noam Chomsky, coupable de n’avoir jamais remarqué son existence intellectuelle, y est qualifié de négationniste [9]. Pour la baudruche prétentieuse qui signe les interminables éditos du NEM sans soupçonner que les lecteurs n’achètent ce journal que pour lire " Maurice et Patapon ", le style pamphlétaire " est organiquement raciste " et " s’est rendu activement complice de crimes contre l’humanité " (NEM, 13.8.03). Une telle ânerie laisse pantois : Voltaire était donc " raciste " et Paul Nizan, l’auteur des Chiens de garde abattu par les nazis, était " complice de crimes contre l’humanité ".

L’origine de l’éditorial anti-sardon du 24 décembre remonte à un cocktail dînatoire donné à Radio France : Val avait promis de venger son patron Jean-Luc Hees, bouleversé d’avoir reçu la Laisse d’Or de PLPL après sa rivale de France Culture Laure Adler (PLPL, n°4). Val rédige alors un rapport de police qui le place dans les starting-blocks pour la succession de Nicolas Sarkozy. En bon analphabète historique et mondain, Val compare notre publication délicieuse aux " feuilles d’extrême droite des années trente " (NEM, 24.12.03). Puis, comme France Inter, comme Le Monde, comme BHL, il récite l’index des surnoms utilisés par PLPL. Val juge " honteux et dégueulasse " que Laurent Mouchard s’appelle Laurent Mouchard. Il se révolte contre l’appellation de " nabot malfaisant " (naguère) attribuée à Alain Minc car ce dernier " n’a pas choisi sa taille et la forme de son corps ". C’est exact. Mais n’est-ce pas la même verve satirique qui pousse Philippe Val à écrire : " c’est à ses oreilles qu’on devinait que Peyrefitte était un homme d’envergure " (NEM, 1.12.99) ? Lui non plus n’avait pas choisi la forme de ses oreilles ; pas plus qu’Edouard Balladur, surnommé " le goitreux " par Charlie Hebdo, n’a choisi celle de sa gorge ; pas plus que Raffarin ou Kessler, régulièrement caricaturés par un profil moins que svelte, celle de leur tour de taille ; pas plus Claude Allègre ses " sourcils de géants " qui, selon Val, " l’empêchent de penser " (22.03.00), etc. S’astreindre aux canons moraux du rédacteur en chef de Charlie Hebdo impose-t-il en revanche de publier des odes au " courage intellectuel " d’Oriana Fallaci après qu’elle ait comparé les Arabes à des " rats " (NEM, 23.10.02) ? Ou d’assimiler les électeurs d’Arlette Laguiller à des " chimpanzés au Congo " (France Culture, 25.6.02) ?

Ce 24 décembre, la casuistique valienne réservait au lecteur bien d’autres trésors de rigueur. Serge Halimi est accusé de " rédige[r], sans les signer, la plupart des articles " de PLPL, ce qui est faux ; notre camarade est également présenté comme le " fondateur " d’un journal créé en réalité à l’initiative de Pierre Carles. Puis, sous couvert de dénoncer Halimi, Val rédige en creux son autoportrait : " Ses [Mes] petits fusibles ont fondu. [...] Le malheureux s’est [Je me suis] mis à se vautrer dans la dénonciation, usant de procédés révélant une déchéance morale qui fait pitié ". Mieux : en critiquant la presse sans en démissionner, les journalistes sardons se condamneraient au " destin lamentable de parasite dans la charpente ". A Charlie Hebdo, un hebdomadaire balayé par les purges, un salarié démissionne ou se soumet. Depuis trois ans, c’est d’ailleurs le calme plat. Plus rien ne bouge, sauf les lecteurs qui par milliers abandonnent ce journal et s’abonnent à PLPL.

En dévorant le NEM, Jean-Luc Hees trépigne sur son fauteuil en cuir : il appelle Val pour le féliciter de son éditorial et lui suggère aussitôt d’en décupler l’écho grâce à sa chronique sur France Inter [10]. Le lundi 29 décembre, c’était chose faite : le rédacteur en chef de Charlie Hebdo relisait son éditorial à l’antenne et célébrait au passage l’indépendance d’esprit de Hees [11].

Le sens de ces attaques

Au delà des calomnies (qui nous honorent), la direction des coups indique la stratégie du PPA contre la Sardonie (qui l’assaille).

En premier lieu, le PPA entend conserver le monopole de la critique des médias que lui contestent PLPL, sa vitrine universitaire Acrimed (www.acrimed.org) ou la création d’un Observatoire français des médias. Or les barons du journalisme entendent accréditer l’idée que toute critique extérieure serait porteuse d’un nouveau totalitarisme. Cette ligne de défense a été théorisée par Colombani : " La presse se voit demander quel contre-pouvoir vient équilibrer celui qu’elle exerce. Le risque existe donc que la presse libre soit tenue pour un pouvoir d’influence. " Or, selon Ramina, il est " impossible de réguler, contrôler ou discipliner la presse du dehors sans remettre en cause ce qui fonde le principe même de la liberté d’expression. L’Histoire permet hélas de le vérifier constamment : dès que surgit une tentation autoritaire, la liberté de la presse est atteinte " [12]. En somme : certains nous disent qu’il faut critiquer la presse, mais le faire c’est favoriser la tyrannie. Donc, s’il faut malgré tout critiquer la presse, ce doit être le travail exclusif des journalistes : " Chaque rédaction doit défendre elle-même l’éthique de son métier, la garantir, la réguler " [13]. On imagine le monde merveilleux dans lequel nous vivrions si seuls les militaires pouvaient critiquer l’armée et seuls les matons les prisons....

Malgré sa haine du Monde, uniquement liée au fait que ce journal l’avait égratigné et n’annonce pas tous ses tours de chant, Philippe Val a applaudi ce credo partagé par tous les patrons de presse. Dans son éditorial anti-PLPL, il prétend qu’une critique du journalisme réalisée par des non-journalistes ne se justifie plus car " ce travail d’analyse [est] devenu la routine d’à peu près tous les débats sur les médias et de toutes les pages médias " (Charlie Hebdo, 24.12.03). Toute intrusion extérieure s’assimilerait à une " milice de la presse " et déboucherait sur une dictature, puisque " chacun sait que dans une dictature on peut faire le bonheur du peuple sans être emmerdé par des journalistes ". PLPL doit s’incliner sur ce point : Val est un grand spécialiste des dictatures et la sienne est l’une des mieux tenues.

Les journalistes, seuls autorisés à critiquer les médias ? L’idée est d’autant plus avantageuse qu’elle garantit une vie paisible aux monarques du PPA. Au moment de licencier Daniel Schneidermann, coupable d’avoir écorné Le Monde dans un livre, le directeur Jean-Marie Colombani a expliqué : « Un journaliste n’a pas le droit d’écrire contre son entreprise ! ». Même son de cloche du côté de Val : un journaliste qui critique son employeur est un " parasite dans la charpente " qui doit démissionner pour échapper à son " destin lamentable " (NEM, 24.12.03). A moins qu’il ne rampe aux pieds du patron en psalmodiant des excuses. Pour laver l’affront sardon infligé à Jean-Luc Hees par PLPL Daniel Mermet est ainsi sommé par Val de " protester véhémentement de l’honnêteté jamais prise en défaut de Hees, sous la direction duquel il s’honore de faire son travail librement " [14] (NEM, 24.12.03). Ce ne serait plus " Là bas si j’y suis " mais " Merci patron ! ".

Puisque, pour le PPA, la critique des médias doit être réservée aux seuls journalistes qui s’interdiront de critiquer les médias s’ils veulent rester journalistes, tout va bien. Mais tout irait mieux encore si le PPA pouvait préventivement purger l’Observatoire français des médias (OFM) de la chienlit radicale et sardone [15]. Alors même qu’il n’a pas encore produit la moindre analyse, cet Observatoire inquiète : ses instances ne sont pas polluées par le caquetage des dirigeants de la presse parisienne. L’article et le petit encadré du Monde contre PLPL et l’OFM (9 décembre) avaient pour perspective de trier le bon grain " les professionnels de l’information " de l’ivraie (Acrimed et PLPL).

Cette tentative de maintien de l’ordre médiatique a mobilisé le soldat Philippe Val qui se languit des guerres depuis la fin de celle du Kosovo. Lui aussi célèbre la présence " parmi les actuels participants de l’OFM [...] des journalistes comme Jean-Marie Vadrot, Marc Lecarpentier ou Marcel Trillat ". Mais il déplore aussitôt la présence d’Ignacio Ramonet et le fait " que Serge Halimi soit un des initiateurs de l’OFM ". Redoutant que des experts radicaux lancent une commission d’enquête pour examiner la manière dont Charlie Hebdo est dirigé depuis quelques années, Val lance l’inquisition : " Si l’Observatoire français des médias sert à insulter et diffamer en priorité ceux qui se font la plus haute idée de leur métier, alors ce n’est pas la corruption et la collusion qu’il combat, c’est le journalisme libre, en tant qu’il est un élément déterminant de la démocratie ". Parce que PLPL a critiqué le patron de France Inter, celui du Nouvel Observateur et le président du Conseil de surveillance du Monde, Val-Torquemada met en demeure les fondateurs de l’OFM d’élaguer ses rangs. Et profère cette terrible menace : " Tant que l’OFM ne se désolidarisera pas publiquement de ces propos [ceux de PLPL], et ne leur demandera pas de s’excuser clairement ou de quitter l’OFM, je demande que mon nom soit retiré de la liste des membres fondateurs d’ATTAC, qui est à l’origine du projet. " Bon vent !

La mise en œuvre de cette stratégie pépéiste [du PPA] exigeait de disqualifier personnellement les critiques radicaux des médias. C’est le sens des attaques de France Inter, du Monde, de BHL et de Philippe Val contre PLPL, contre Acrimed, contre Noam Chomsky et contre Serge Halimi. Les dénoncer publiquement comme des chiens enragés, occulter leurs travaux ou les ramener à la formulation narquoise de quelques surnoms, tout cela vise un triple objectif. Il s’agit d’abord de déconsidérer l’analyse radicale des médias auprès des radicaux eux-mêmes, en la dépeignant comme ignominieuse. Les lecteurs jugeront. Ensuite, de fragiliser la position des auteurs critiques en incitant diverses institutions à se désolidariser d’eux, voire en enjoignant leurs employeurs à les licencier. Les syndicats de journalistes apprécieront. Enfin, les prélats du PPA espéraient isoler les libres penseurs en décourageant les journalistes indépendants et les intellectuels engagés de s’afficher à leurs côtés. Croient-ils vraiment qu’ils se soumettront ?

Après avoir analysé la situation en dégustant une dinde aux marrons, le conseil scientifique sardon a fait une déclaration : l’offensive d’hiver du PPA annonce sa retraite de Russie et les conquêtes de printemps de la Sardonie.

Vive la Sardonie libre !

Vive PLPL ! !




--------------------------------------------------------------------------------


[1] Titre et chapô : Acrimed.

[2] En temps ordinaires, les médias présentent toujours PLPL sous un jour extrêmement favorable : dans Le Monde du 29-30.01.2001, Ariane Chemin et Nicolas Weill fulminent contre l’"intolérance verbale ou intellectuelle " de la Sardonie. Quelques semaines plus tard, un encadré non signé attribue à PLPL la paternité de la thèse centrale du livre de Pierre Péan et Philippe Cohen La Face cachée du Monde (" Le précédent "Pour Lire Pas Lu" ", QVM, 26 février 2003). Dans Le Monde du 30 mai 2003, Nicolas Weill révèle que " M. Corcuff craint par ailleurs qu’une conception " conspirationniste " des médias, telle qu’elle a cours dans des publications se réclamant de l’œuvre de Pierre Bourdieu comme PLPL serve, de façon simpliste, de " bouc émissaire " à la critique de la mondialisation. "
Au printemps 2001, la revue Mouvements (15/16 mai-juin, juillet-août 2001) recueille les incontinences du mirliflore suceur de micros Cyril Lemieux. Il peste contre " la rumination, le nihilisme mâtiné de haine et de désespoir " de notre critique des médias. Lemieux récidive dans la revue alain-juppiste Esprit (novembre 2001) dénonçant "quelque chose d’un peu malhonnête et même peut-être parfois de politiquement visqueux (pour ne pas dire plus) " dans nos colonnes. Puis il se soulage à nouveau dans Mouvements (n°24, novembre décembre 2002) pour insulter les lecteurs de PLPL, insuffisamment diplômés à son goût et coupables de lire " ce genre de niaiserie sociologique [qui] ne flatte à vrai dire que l’ignorance des demi-habiles ". Son frère Emmanuel Lemieux prendra le relais en publiant plusieurs pages pleines de fadaises anti-sardones dans un livre médiocre et comportant plusieurs erreurs par page, Pouvoir Intellectuel (Denoël).
De son côté, l’hebdomadaire des vieux rockers en loden Les Inrockuptibles (5 février 2003) ordonne à notre camarade François Ruffin, auteur du livre sardon Les Petits soldats du journalisme, d’interrompre ses " mauvaises fréquentations " [sic] et de se départir " des méthodes Halimi (diamétralement opposées mais aussi caricaturales que celles du CFJ) ". Deux mois plus tard, Les Inrockuptibles (5 mars 2003) aboient contre le " fanzine haineux PLPL ". Et le 23 avril 2003, l’opportuniste mondain recruté par Laure Adler à France Culture Sylvain Bourmeau stigmatise "la critique des médias par PLPL [...] nourrie de violentes dénonciations ad hominem et de mauvaise foi vindicative à l’encontre des médias dits dominants. "
Tel est aussi l’avis de Philippe Corcuff, auteur d’un pensum contre PLPL intitulé " De quelques problèmes des nouvelles radicalités en général et de PLPL en particulier " dans Le Passant ordinaire (n° 36, septembre-octobre 2001). Corcuff durcira le ton dans Charlie Hebdo du 17 octobre 2001, en rédigeant une chronique à la gloire d’un livre d’Edwy Plenel et en défendant Le Monde contre "les critiques bulldozer de la presse", "les ayatollahs de la ligne pure de LO à PLPL ". Rebelote dans Charlie Hebdo du 6 novembre 2002 où il bave cette fois contre " la critique de caniveaux promue par PLPL " (délicatement rebaptisé PQPQ dans le journal du lettré Philippe Val...). Corcuff confiera également à Libération (23 avril 2003, le même jour que Bourmeau dans Les Inrockuptibles !) son inquiétude sur la " vulgate conspirationniste " qu’il croit détecter dans nos colonnes. L’infirmier en chef Philippe Val avait diagnostiqué depuis le 8 novembre 2000, sur les ondes bruxelloises de Radio Campus, que la Sardonie, " ca relève de la psychiatrie ".
A l’exception du texte de Philippe Corcuff dans Le Passant ordinaire, aucun article consacré à PLPL n’a jugé utile d’aborder le contenu du journal au-delà de son glossaire... Tous se sont contentés de jugements moralisants, de procès d’intention et de criailleries de benêts portant sur la forme et le style. Mais le sociologue sardon Pierre Bourdieu nous avait avertis : " En passant la ligne sacrée de la bienséance, on donne des armes à ceux qui n’ont pour eux que le respect de la bienséance, qui fait la dignité du corps des professionnels. Tous ces dignes dignitaires, ils ont ça : leur petit corset de vertu négative. " (Pierre Bourdieu, in Yvette Delsaut et Marie-Christine Rivière, Bibliographie des travaux de Pierre Bourdieu, Le Temps des Cerises, 2002)

[3] Lire ici-même " France Inter assainit la critique des médias " (note d’Acrimed).

[4] Lire ici même : « Les tripatouillages du Monde contre Acrimed et l’Observatoire français des médias » et « Les tripatouillages du Monde (2) : Réflexions sur un journalisme ordinaire » (note d’Acrimed).

[5] " Affaire Alègre : les enquêteurs reconstituent l’histoire de "la maison du lac de Noé" ", Le Monde, 17 juin 2003.

[6] Cette accumulation d’erreurs évoque irrésistiblement une sentence de Jean-Marie Colombani : " Une enquête, dans notre métier, suppose des règles : de rigueur, de froideur, d’exactitude, de précision, de recoupement, de confrontation, etc. Quand, qui plus est, elle se veut décisive, mettant en cause des responsables dans le but explicite de mettre fin à leurs agissements, elle n’a pas droit à l’erreur : si elle se trompe en détail, comment pourrait-elle prétendre avoir raison en général ? " (Le Monde, 07.03.03).

[7] Lire ici même : « Philippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias » et « Droit de réponse à Philippe Val, psychiatre et historien et patron de presse » (note d’Acrimed).

[8] Giesbert, ancien directeur du Figaro, adore inviter Val pour maintenir l’ordre conservateur sur les plateaux de télévision : " Si on vous a invité, Philippe Val, c’est parce qu’on lit depuis très longtemps vos éditoriaux dans Charlie Hebdo, qui sont passionnants parce que vous avez une réputation d’intelligence et de modération. Très bon papier, d’ailleurs, sur Noam Chomsky, dans Charlie Hebdo , sous la signature de Philippe Val " (’Culture et dépendances’, France 3, 26 novembre 2003).

[9] Charlie Hebdo des 31.10.01, 19.6.02, 26.6.02, 3.7.02, 30.7.03, etc.

[10] Signe de la normalisation du NEM, un nombre croissant d’auteurs de Charlie Hebdo exportent leur subversion dans les médias révolutionnaires : Wolinski dessine pour Paris Match et le Journal du Dimanche, Cabu œuvre pour A Paris. Le magazine d’information de la Ville de Paris, Polac jabote sur France Inter, Bernard Maris est employé à Marianne et intervient fréquemment sur France Inter, Charb a dessiné pour Capital et Canal Plus, etc.

[11] Lire ici-même : « Philippe Val recycle son éditorial purificateur sur France Inter » (note d’Acrimed).

[12] Cette profession de foi constitue un non-sens historique : Le Monde lui-même a été créé en 1944 par De Gaulle, au moment où le gouvernement provisoire rétablissait la liberté d’expression en promulguant les ordonnances du 26 août destinées précisément à réguler, contrôler et protéger la presse contre les appétits des industriels. Colombani est aussi bon historien que Philippe Val.

[13] Supplément au Monde du 5 décembre 2003 " Un tour du monde en 80 journaux ". Lire ici même : « Critique des médias : les lamentations de Jean-Marie Colombani » (Précision d’Acrimed).

[14] Tellement librement que Mermet fut interdit d’antenne et son émission suspendue pendant la semaine qui suivit le 11 septembre 2001.

[15] Lire sur le site de notre superbe vitrine universitaire : " Philippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias ", Acrimed, www.acrimed.org, mise en ligne le 24 décembre 2003.




Source : acrimed | action critique médias
http://www.acrimed.org/article.php3?id_article=1425








Écrit par : quaeps | 19/04/2007

quaeps 1. je comprends que tu sois choqué que quelqu'un serve à tes maîtres le même ton méprisant pour ceux qui ne partagent pas leurs idées fumeuses . A la différence près que je ne me prends pas au sérieux , contrairement à eux et surtout toi . Le ton jusitifie la réponse .
2. Un an si tu veux (je n'ai pas envie de passer compulsivement mon temps à vérifier) , de toutes façons ce très vieux mot de la langue française (oui française, vite quaeps un dico)te qualifie très bien et je ne vois absolument pas en quoi l'employer est une tentative de parler branché .
3. tu n'as jamais écouté les GG , tu revomis simplement la bouse que ton cafard scribouillard a déversé dans ton cerveau (et que tu as instantanément transformé en ton avis personnel depuis toujours) .
4. l'article que tu as posté je l'avais déjà vu , il est assez intéressant . Surtout par son bandeau , on voit à quel personnage tes plumitifs font référence pour (tenter de) se donner une légitimité . Bravo Mao n'est pas mort , il a encore au moins un fan à Glons . Mais bon, ce texte ne m'intéresse pas du tout et nous éloigne du sujet (tu vas arriver sur Jupiter) .

A l'oral, ce sera trop drôle de rire de ton torche-fondement .

Écrit par : jean | 19/04/2007

jean val bhl 1 non, ce qui me fait rire, c'est, qu'encore une fois, les mêmes causes produisant les mêmes effets, tu rejoints tes maîtres habituels(ET ENCORE UN VAL, UN....) dans leur haine de tout ceux qui ose toucher au ppa, que tu apprécies tant...
2 oui, quelques mois au plus, DECIDEMENT CETTE MEMOIRE...
autant pour moi, n'ayant pas grandi 1 mois par an en Provence, je ne connaissais pas ce mot, mais, comme par hasard, il t'es revenu récemment(alors que vaniteux, tu me le sert depuis deux ans...), au même moment que le fat anglais des rappeurs...bizzare, non?

3 mon avis personnel, je me le fais seul, depuis longtemps, et je n'ai pas attendu qu'un ami me force à en trouver un...que tu cherches toujours...Cronin....

ta mémoire défaillante ne te permet pas, pas une seconde, d'affirmer que nous n'avons jamais parlé des GG...tu n'a AUCUNE MEMOIRE...cfr. nos blogs...

4 très bonne citation de Mao (on a aussi "je préfère être détesté par les cons"...mais plpl sait comment taquiner nos anti-communistes primaire...), INDISCUTABLE....

cet article ne nous approche pas du sujet, en effet, C'EST LE SUJET....après Chomsky, le Diplo, Finkelstein ,l'Islam, Castro, le communisme, l'Europe, etc...etc...et etc...JEAN VA-T-IL ENCORE UNE FOIS FAIRE AUSSI BIEN QUE SES MAITRES....ET LA REPONSE EST OUUUUUUUIIIIIIIIII......

à l'oral, tu baffouilles, comme à chaque fois....

Écrit par : quaeps | 19/04/2007

quaeps 1. complètement à côté de la plaque, évidemment ; je te l'ai dit à maintes reprises : on peut détester l'émission , c'est la répétition de mensonges qui est méprisable .
2. ri-di-du-le , le fat anglais des rappeurs à mourir de rire (jamais entendu parler) , pourquoi pas à cause de fatboyslim tant que tu y es...c'est x-files...
3. tu n'as aucun avis personnel , tu fais tiens les avis de tes maîmaîtres, pauvre chienchien .
tu n'as jamais écouté les grandes gueules; preuve absolue ton ignorance totale de l'invité de l'émission jusqu'à ce que je t'en parle hier !!!
4. Mao ta référence indiscutable, ben oui que veux-tu , à chacun sa conscience (je suppose que tu vas venir avec une sorte de droit d'inventaire) .

Le sujet , c'est que le corbeau a présenté l'émission d'une façon infamante sans la connaître et que tu as englouti et régurgité sa prose en en faisant ton avis depuis le début , rien d'autre .

Petit fat .

Écrit par : jean | 19/04/2007

jean val jean 1 AUCUN mensonge, comme d'hab...juste toi qui ne comprends rien...comme d'hab....
ce qui te rends fou, c'est que quoi que tu essayes de faire passer pour des "sources neutres"....te revient dans le nez au galop....et du coup, tu réagis comme tes maîtres...comme d'hab....
2 RIDICULE...il y a plein de rappeurs avec fat...autant que de bluesmen avec blind...
3 j'ai évidement écouté les GG, aussi sûrement que j'avais parlé de guerre nucléaire sur mon blog, aussi sûrement que tu parlais souvent de gens que tu postais sur ton blog bis, aussi sûrement que ta basse a été vendue à JL Kepenne, etc...etc....tu peux remuer, tu t'enfonces.....
mais je ne suis, évidement, pas aussi consciencieux que le plan b, j'ai écouté quelques fois, pas les émissions en entier (je bosse un peu quand même...), et j'ai trouvé les débats, insipides, vides, ET JE TE L'AI DIT...alzheimer...en plus, je ne supporte pas la pub radio, ça me rends littérallement fou...que le plan b ait écouté PLEIN d'émission et ait relevé les perles(ce que je ne pouvais et ne voulais pas faire...), c'est tant mieux, ça me permet juste d'argumenter ce que j'avais déjà constaté...je ne bosse pas seul, heureusement....
l'invité je le savait, au moins depuis le jour où tu m'as dit "demain, c'est dieudonné dans les grandes gueules...alzheimer....

4 Mao, ma référence indiscutable...évidement...je parlais de la citation évidement, mais bon, je le met à côté de Staline, Castro, Pol pot, et les autres, je les échangerais avec Chomsky....

le sujet, c'est que tu es INCAPABLE de penser autres choses que ce que t'impose l'orthodoxie libérale...d'où les convergences NOMBREUSES, DEMONTREES et SYSTEMATIQUES avec les voix de tes maîtres...


Écrit par : quaeps | 19/04/2007

jean jean décidement, le sort s'acharne, trouvé sur le net....

radio RMC


Le concept des auditeurs ont la parole est passionnant ...

Même si quelque fois les commentaires rigoristes, partisans sont excessifs.

Les auditeurs parlent de sujets souvent, qu’ils ne connaissent pas.
Mais répète comme des perroquets les formulations journalistiques.

Une grève des transports : « Ils sont pris en otages ! »

Ce qui est surprenant dans les commentaires des auditeurs :

« C’est qui ont les mêmes avis, que les chroniqueurs des médias ! »

« C’est presque comme une clameur, un écho dans la montage. »
La boucle est bouclée dans le mimétisme collectif.

Si d’aventure un auditeur est un peu long dans
des propos intéressant on lui demande de faire court.

Conclusion: la communication zapping des idées est aussi
une mascarade.

Alors pourquoi j’écoute ?

Je suis fasciné de constater comme on peu si facilement
manipuler l’émotionnel des auditeurs pour des impératifs
d’audimat et commerciaux.

Cela fait des années que j’écoute RTL et aujourd’hui RMC…
Alors moi non plus, on ne me la fait pas dans le basic people.

Le Pen sur RMC…

Pour faire court…
Le Pen a légèrement adouci son discours.

En une formule :
« Il est pour, pour tout ce que les français sont contre ! »

C’est un démagogue qui flatte « la tranche des électeurs »
qui sont de mauvais poils et qui broient du noir !

Bah, une fois, j'ai écouté cette radio, pendant ma tournée. L'émission qui passait s'appelait : les grandes gueules... En fait, le titre véritable, ce doit être "les grandes gueules poujadistes". Le jour ou je l'ai écoutée, les animateurs vomissaient sur les "salauds de fonctionnaires en grève". J'ai cru que j'allais acheter un fusil à pompe et tirer à bout portant sur mon auto-radio. Non, j'ai simplement mis une radio musicale. Ah, la musique qui adoucit les moeurs...

Censure à répétition sur RMC

Censuré un dessin ou deux ce n’est pas grave !
Voila l’histoire, comment cela c’est passé !

Un internaute Beatnik60 répondait une interrogation
d'un post:
« Comment trouvez-vous les émissions
en directe des grandes gueules ? »

Beatnik60 explique en détail dans son post,
toutes les contraintes inquisitrices
et le filtrage policier du standard,
extrèment désagréable.

Pour avoir le privilège de passer à
l’antenne de RMC…

Réponse a son poste, d’autres internautes
ont confirmés sur le forum les propos
et les critiques de Beatnik60.

Les modérateurs du forum RMC
ont fait disparaître des paquets
messages, donc mon dessin d’humour.

A la suite de ces censures à répétition,
l’émotion fut grande parmi les membres
qui s’expriment sur le forum RMC.
oscar

Un auditeur, internaute de RMC
critique sur leur site la ligne éditorialiste
de cette station radio, voila ce qu’il écrit :

La question se pose, tant les propos
vont dans le même sens.

Dire que les violences dans les
manifestations des pompiers ont
été orchestrées par le syndicat CGT
et sud manque réellement de discernement.

Faire passer à l'antenne un responsable
du Figaro pour soi-disant dévoiler
les passes droit des pompiers est honteux.

A t'on déjà dévoilé les fameux passe
droit du personnel à Bercy ?

L'on ne connaît même pas le nombre
d'employés, les primes et les revenus
y sont exorbitants.
La présentatrice intervenant n'est elle
pas une ex dirigeante d'entreprise
ayant externalisé son personnel tout en créant
la fête de l'entreprise, quel hypocrisie !

RMC est donc sponsorisé par Monaco ?

Le scandale de ce soi-disant pays n'est
il pas son existence ?

A redondance par des spots et des
interventions d'auditeurs vos
émissions populistes manquent
cruellement d'interlocuteur de terrain,
qui malheureusement est de plus en
plus à vivre sous le seuil de pauvreté.

Vous participez chers animateurs
de radio à mettre en place un populiste,
que je n'oserais traiter de facho pour faire
une rime, mais qui ressemble de par
ses interventions à des personnages de
notre histoire bien sombre.

Vous me faites peur, mais sachez que je combattrais
toujours l'obscurantisme que vous propagez.
Je ne suis pas dupe
c'était : Un auditeur de RMC!

t en parlant de RMC radio et les grandes gueules, ils ne sont pas trop à prendre au sérieux car pour moi ils se sont discrédité il y a pas longtemps avec cet histoire d'islamisation de Roissy... pour des journalistes ils ont été bêtes (pour ne pas dire autre chose) à gober tout ce que leur disait De Villiers avec ses soit-disant papiers et chiffres alors que ce n'était que de la contrefaçon..

il y en a plein, (il y a aussi évidement des sourds comme toi), mais apparement, ceux là ont bien écouté la même émission que le plan b...même reproche, voire pire....

Écrit par : quaeps | 19/04/2007

quaeps 1. rempli de mensonges , à l'oral quand tu veux , je te l'ai dit mille fois .
2. ma connaissance du rap est limitée à BennyB, Eminem, Fatal Bazooka et 2 , 3 autres (faut voir le dossier Rap dans mon fichier musical) . Mais encore une fois hors sujet , je te servais un mot français un peu désuet mais ignoré de peu (dont toi évidemment) , quand je te dis que tu n'as pas la base...on dirait un sapin qui se pare de (petites) boules et de guirlandes mais qui n'a ni racines, ni tronc .
3. tu n'as JAMAIS écouté l'émission (je l'ai prouvé, t'es mort) . Si tu l'avais écoutée et trouvée insipide il n'y aurait aucun problème; de plus ce n'est pas du tout ce que le vomisseur prétend dans sa fange ; quand je te dis que tu as besoin de l'autorisation de tes maîtres je suis bien en-dessous de la vérité , pauvre de toi .
4. citer un tel personnage , ça pose un homme...

Le sujet c'est , tu as posté une merde mensongère, que vas-tu inventer pour essayer de sortir de la gadoue . Je te regarde te débattre(toi tu crois évidemment philosopher et donner d'impérissables leçons, petit fat) et je m'amuse...


PS : je ne sais pas si le fait que tu aies maintenant internet chez toi va vraiment arranger nos femmes .

Écrit par : jean | 19/04/2007

jean perdu 1 vu comme tu rames déjà à l'écris, à l'oral, ça va être PATHETIQUE...
2 c'est vrai, tu connais un mot que je ne connais pas...pour jean hip hip hourra....trouves-en un deuxième et je t'offre une semaine à Lourdes, à pieds, où tu pourras réciter tes FORMIDABLES métaphores...."on dirait un sapin qui se pare de (petites) boules et de guirlandes mais qui n'a ni racines, ni tronc . "...c'est beau comme du Val....

3 toi pas comprendre, si ça s'est passé il y a plus de quelques mois, toi te souvenir de rien...et ça, je l'ai prouvé PAR ECRIT....perdu...
effectivement, je n'ai JAMAIS CONTESTE le fait que je ne SAVAIS PAS l'émission aussi pathétique, aussi minable(je ne l'ai écouté que quelquefois aussi...j'aime bien te faire plaisir, mais il y a des limites...), et je suis le premier à remercier le plan b de m'en avoir appris un peu plus sur ce chef d'oeuvre...

4 oui, tu l'as dit...petit Cronin...

le sujet est le même depuis deux ans....et c'est MOI qui m'amuse, toi tu souffres....cfr...Bakounine...

ma femme, non, ma xbox, elle, me réclame à grand cri...dont acte...game over...

Écrit par : quaeps | 19/04/2007

quaeps 1. blablabla
2. ce n'est pas une métaphore : C'est une comparaison sans comparé ni outil de comparaison. Si la métaphore est développée par plusieurs termes, on parle alors de métaphore filée.
Exemples de métaphores : "gagner du temps", "avoir une taille de guêpe", "jouer avec le feu", et évidemment je ne peux pas résister : Attention! J'ai le glaive vengeur et le bras séculier! L'aigle va fondre sur la vieille buse!... - - Un peu chouette comme métaphore, non? - - C'est pas une métaphore, c'est une périphrase. - - Fais pas chier!... - - Ca, c'est une métaphore.
Un autre mot que tu ne connais pas , plein : marteau, bêche , tournevis (je ne t'en veux pas , moi non plus je connais pas) .
3. JAMAIS écoutée , et évidemment tu remercies le Plan B de t'avoir rééduqué (ou éduqué) .
4. Cronin ou Mao , j'ai choisi, toi aussi ; en fait tu méprises Cronin parce que tu ne le connaissais pas (ne t'en veux pas on ne peut pas connaître tout le monde) .

Ah oui , mon fameux deuxième blog ; pauvre de toi .

Ce sera plus facile quand on combinera réellement internet et consoles , on n'a pas fini .

Écrit par : jean | 20/04/2007

quaeps le livre dont je te parlais hier c'est "Un mouton dans la baignoire" et le ministre c'est Azouz Begag , toi tu parlais Serge Portelli .

Écrit par : jean | 20/04/2007

jean jaures oui, mais MOI je parlais d'un livre CENSURE (celui de Portelli), alors que celui, de Begag est sorti...à côté, comme d'hab....

1 tu me l'as déjà dit hier...
2 à l'oral, tu faisais BEAUCOUP moins le malin (sans le net, tu es tellement plus drôle...), comme d'hab...mais c'est faux, c'est une métaphore....une périphrase, c'est pour un mot simple (la ville lumière pour Paris...par exemple...), ton sapin sans tronc, c'est une image, une métaphore...mais bon après les et des...tu ne feras jamais mieux...sans oublier les synonymes...
je sais ce qu'est un tournevis, enfin, je crois...

3 toi pas comprendre, si ça s'est passé il y a plus de quelques mois, toi te souvenir de rien...et ça, je l'ai prouvé PAR ECRIT....perdu...

4 oui, j'avoue, je connais très mal les auteurs de livre pour ado, ce n'est pas mon truc...

ton fameux deuxième blog, oui, pauvre de toi...on ne le dira jamais assez...

j'espère bien qu'on a pas fini, après Hiroshima en 46 (alors que N'IMPORTE QUEL ELEVE DE CINQUIEME PRIMAIRE SAIT QUE LA SECONDE GUERRE C'EST 39-45....INCROYABLE, ET TU AS PARIE EN PLUS, SUR DE TOI QUE TU ETAIS...), hier la bourgeoisie à droite pendant la révolution française (FORMIDABLE...) et en plus, LE TOP, INCAPABLE D'EXPLIQUER LA DUALITE FONDAMENTALE ET CONSTITUVE de la gauche et de la droite, termes que tu emploies depuis deux ans sans en comprendre leurs signifactions premières...G-R-A-N-D-I-O-S-E......

Écrit par : quaeps | 20/04/2007

quaeps on avait compris hier soir qu'on ne parlait pas du même livre (enfin apparemment j'étais le seul à avoir compris), comme tu n'as pas pu me donner le nom de l'auteur ni moi celui du ministre démissionaire , j'ai tenu à apporter cette précision .
Le livre de Portelli n'est pas censuré , il n'est pas publié (actuellement) mais si il lui prenait l'envie de le publier à compte d'auteurs , il ne serait pas interdit . Etant donné que ce n'est pas le premier livre de Portelli , il apparaît clairement que sa non-publication est due à la trouille de déplaîre à Sarkodenagyetcetera .

1. comme tu mets longtemps à comprendre, je préfère répéter .
2. ce n'est en aucun cas une métaphore ; une autre définition illustrée pour te faire comprendre :
La métaphore remplace un mot A par un mot (ou une courte expression) B :
- A et B ont un point commun
- mais A n'est pas explicité (A a disparu : il est remplacé par B)
- le point commun entre A et B n'est pas explicité
- il n'y a aucun mot-outil signalant la comparaison.
La métaphore n'est donc pas toujours immédiatement compréhensible : le lecteur doit deviner la relation que l'auteur a établie ; du coup, le lecteur découvre la manière de voir de l'auteur.

En raison du remplacement qui caractérise la métaphore, elle peut servir de substitut (à utiliser avec prudence dans ce but, car elle suppose que le lecteur soit capable de l'interpréter).

Exemples
Face à la situation, l'enfant ne put que rugir d'une terrible colère.
(rugir : pousser un hurlement ou des cris comme un lion qui rugit)
La voie ferrée glisse le long du Rhône ses quatre couleuvres d'acier. (B. Clavel)
(glisser ses quatre couleuvres d'acier : étalait ses quatre rails comme elle aurait fait glisser quatre couleuvres d'acier)
La mer démontée secouait furieusement ses noires collines.
(ses noires collines : ses vagues aux couleurs sombres, à l'aspect semblable à des collines noires)

La périphrase ce n'est pas pour les mots simples (c'est quoi d'ailleurs un mot simple ?) comme tu le dis si faussement ; c'est remplacer un mot par une expression de sens équivalent faite de plusieurs mot (l'aigle remplace "je" , la vieille buse remplace "Léontine") .
Tu t'enfonces mon pauvre fat .
3. j'ai surtout prouvé que tu ne connaissais rien de l'émission (cfr. l'invité) .
4. je l'ai lu à 17 ans , et rien n'empêche de pouvoir apprécier la simplicité (tu sais ce mot qui est ton antithèse) .

Allez va, je ne dirai rien (attention figure de style, je corrige) .

Le fait constitutif est qu'il a bien fallu s'asseoir quelque part . NB : les Etats membres de l'Union Européenne aussi ça s'apprend en cinquième primaire .

Finalement je serai chez moi à partir de 20h45, 21 heures si tu veux passer comme tu l'as suggéré hier .

Écrit par : jean | 20/04/2007

jean wiki oui, toi tu parlais d'un livre inoffensif dont la presse généraliste a largement rendu compte...publié sans trop de souci...et moi, d'un livre VRAIMENT embêtant pour Sarko, dont il a vraiment empêché la parution, et dont la presse généraliste a beaucoup moins parlé (d'où ton ignorance de son existence...)....

1 longtemps, comme pour la phrase de Chavez.....?

2 alors, là, deux solutions s'offrent à moi:

-la tienne, nier en bloc ("ils ne sont PAS synonymes"...."les=la totalité"...ce n'est pas mon blog......etc...) devant l'évidence(les dictionnaires des synonymes, les recherches internets que tu as, bien sûr, effectués, ton cours de 2ème primaire....ta tête devant overblog....etc...), au risque de se couvrir de ridicule....

-la mienne, accepter, de bonne fois, le fait que ta recherche wiki (et uniquement ta recherche wiki, hier, tu ne savais rien de tout ça et tu n'as d'ailleurs RIEN dit du tout pour me prouver que ce n'était pas une métaphore) NOUS en ait appris un peu plus sur les métaphores...c'est déjà ça...

3 prouvé????
ah oui, quand j'ai écris "je te rappelle que j'ai écouté l'émission où dieudonné était invité et que nous en avons discuté."....non...où alors ?

4 oui, moi aussi, je garde des souvenirs émus de martine à la plage (ce slip de bain...hummm...), mais depuis, je suis passé à hustler....désolé...
simple, court, prémaché, merci, je sais comment tu aimes tes livres....

ne dis rien, poste...BAKOUNINE....

ben voyons, ils avaient mal aux jambes, ça doit être ça...

RIDICULE....je te parie 1000 euros, qu'on interroge au hasard 10 personnes entre 30 et 40 ans (au pif..)en villes, sur la date du bombardement d'hiroshima et sur les pays membres de l'europe, il y aura BEAUCOUP plus de personne qui répondront 45 (voire aucune 46 en tout les cas...), que de personne qui connaissent les 27 ou 25 pays membres (de plus, contrairement à la seconde guerre, on m'a très peu parlé des 25 membres de l'Europe en primaire...neu-neu...) ou qui mettront pas la norvège dans l'UE....
si tu as des couilles, on rédige le pari par écrit(pour que les modalités soient claires et fixées) et on se prends une après-midi....
évidemment, tu n'OSERAS JAMAIS...grandes gueules, mais petite....

bon à ce soir....

Écrit par : quaeps | 20/04/2007

quaeps Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone, après qu'Azouz Begag a lancé lors d'une visite à Marseille : «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy». Nicolas Sarkozy lui aurait alors «passé un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».


Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! J'en ai rien à foutre de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule»,

Vraiment le genre de choses qui amusent Sarkozy .
Je ne dis pas que l'autre livre est (encore) plus gênant pour Sarko , je n'ai lu ni l'un ni l'autre .

1. Non des choses beaucoup plus simples , tu as du mal avec tout ce qui n'est pas ampoulé .
2. Je t'ai dit "ce n'est pas une métaphore" , tu m'as répondu "si c'en est une certain ,demande à ton père" et je me suis dit (en pensant à un de mes dialogues fétiche d'Audiard) demain je l'explose en lui prouvant par écrit (pour ne pas qu'il nie comme d'hab') ; ce qui fut fait . Merci d'avoir encore une fois bien voulu prouver ce que j'avançais .
3. tu as menti simplement (tu ignorais tout de la 3eme partie de l'émission il y a trois jours) .
4. quaeps , l'homme qui juge les livres au nombre de pages... pauvre petit ampoulé .

Oui mon chouchou (alors cette figure c'était quoi ?) .

Ton pari est gagné d'avance , pas besoin de le rédiger maintenant, je veux bien faire le pari qu'aucune personne qui dirait que la Norvège fait partie de la CE ne se dirait la "culture incarnée" ou "détenteur de la vérité" , ça aussi je veux bien faire le pari (comme pour l'inflation de 100% en un an par exemple) .

Écrit par : jean | 21/04/2007

jean boulay pauvre inculte, Sarkozy a juste eu à dire "il ment", comme il n'y a aucune preuve de leurs conversations, il a pu, en plus, se faire passer pour une victime...et tu penses que Begag va plus loin...neu-neu...de toute façon hors sujet, je parlais d'un livre vraiment documenté, victime de censure, et toi d'un ramassis de petite phrase...

1 ampoulé, comme Barnier..???
2 menteur, tu ne savais pas si c'en était une ou non (sinon, tu m'aurais expliqué TOI-MEME en quoi ce n'était pas une métaphore), d'ailleurs sans le "on dirait" (que j'avais oublié lors de notre conversation orale) "le sapin sans tronc" est une métaphore(comme "un puit sans fond", "une taille de guêpe", pour reprendre un de tes exemples...)...mais sans wiki, IMPOSSIBLE de me contredire, comme d'hab....
3 et où vois tu donc qu'il y a 3 jours, j'ignorais tout de la dernière partie....fais moi rire...encore...

4 petit, simple, prémaché...il reste deux termes...

de quoi parles-tu, tu es d'accord pour le pari proposés ou non...je salive d'avance...

Écrit par : quaeps | 21/04/2007

quaeps Quaeps ou l'art de monter une polémique à partir de rien (je passe évidemment sur la bêtise sans nom que de qualifier le livre d'un ministre de"non-documenté"(sans en avoir lu une ligne)), juste un peu te faire mousser .

1. Non comme toi , inutile d'aller chercher ailleurs ce que tu portes 24 heures sur 24 .
2. Quand tu as insisté, je me suis dit "laisse pisser, lamine le demain à l'écrit, sinon il va nier"; ce que j'ai fait ; le "on dirait" était écrit ta réponse aussi donc il est faux de dire que tu avais oublié . Ta tentative de remise à flot par la périphrase est un grand moment digne de Jack Lang en train d'expliquer la bravitude .
3. tu ignorais qu'il y avait un invité (en tous cas de la façon dont ça se passe) car dès le premier jour de l'article j'ai dit que le cafard ignorait un 1/3 de l'émission et qu'il a fallu que deux ou trois jours plus tard que je précise qu'il y avait un invité tous les jours pour que tu ailles regarder (sinon tu penses bien que tu aurai réagi de suite) . Tu n'as JAMAIS écouté .
4. Ce qui se consoit bien s'énonce clairement et...(simple c'est une qualité pas un défaut, neu-neu); prémaché c'est assez marrant pour un mec qui lit du Chomsky , si ça c'est pas du prémaché (et brillament il faut le dire) .

Comme d'habitude tu n'as pas compris une phrase simple .

Écrit par : jean | 21/04/2007

ma victime...pardon... "l'art de monter une polémique à partir de rien "....c'est la seule façon que tu as trouvé pour éviter les sujets importants pour lesquels tu sais parfaitemement que va te manger la pousière (danger du capitalisme, impérialisme américain, "la maladie" de l'Islam, l'Europe "démocratique", le conflit israélo-palestinien, etc...)...
contrairement à toi, j'ai lu les bonnes pages du begag, dans marianne ou le nouvel obs(enfin des journaux anarchistes quoi...), et seuls ses petites phrases ont retenus l'attention, et AUCUNE n'étaient DOCUMENTEES...neu-neu....

1 tu confonds, encore une fois, ampoules et lumières...

2 MENTEUR, il aurait suffit que tu me dise "non, ce n'est pas une métaphore, il a "on dirait", qui est un marqueur de comparaison, c'est donc une comparaison et pas une métaphore", seulement voilà....comme moi, tu te souvennais(enfin, tu ne te souvenais de rien, comme d'hab, comment veux-tu me faire croire que tu t'es souvenu de "on dirait", alors que tu ne sais plus où sont des clés deux minutes après les avoir déposées...) du "sapin sans tronc" mais pas du marqueur...d'où mon erreur...et ton silence...
"C'est pas une métaphore, c'est une périphrase." J. Tilkin...faux,

3 inculte, tu ne sais pas lire, j'ai seulement commencé à te ridiculiser quand tu as numéroté tes âneries, avant, je me tatais pour savoir si je devais encore te faire du mal...."je ne fuis JAMAIS, je t'évite simplement d'être encore et toujours ridicule, ce serait trop facile et trop amusant de te retourner comme je le fait d'habitude, mais j'ai peur d'y prendre goût et de perdre de trop de temps pour, en plus, aggraver ton cas... " Quaeps...
inculte...comme l'invité n'étais pas dans tes "numéros", je n'y ai répondus DIRECTEMENT QUE QUAND TU EN AS REPARLE...

4 oui, c'est simple...communisme, cuba,...caca, musulmans...mauvais, europe, capitalisme et usa...BIEEEEEENNN...bravo, allez, viens chercher....
chomsky...prémaché...venant d'un lecteur d'Arrabal, Barnier, Revel, Meddeb, Besançon, Barnavi, Oz, etc....c'est juste drôle, et en même temps, comme tu as "découvert" ces auteurs UNIQUEMENT A CAUSE de moi, je me sens coupable...vraiment...même toi tu peux le comprendre....adieu...vraiment...je m'en veut...pardon...

Écrit par : quaeps | 22/04/2007

PLAGIAIRE...et tu oses me parler d'Audiard après... PLAGIAIRE, et tu ose me dire "et je me suis dit (en pensant à un de mes dialogues fétiche d'Audiard"....ça, c'est VRAIMENT toi....MENTEUR, PLAGIAIRE, SERVILLE...

blog de pierre assouline....

Une dernière pour la route, qui aura peut-être échappé à Cédric Détienne car Michel Audiard, en tout cas celui de Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (Librairie philosophique J.Vrin) ne se trouve pas dans ses références :
“Attention ! J’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse !… Un peu chouette comme métaphore, non ?
- C’est pas une métaphore, c’est une périphrase.
- Fais pas chier !
- Ca, c’est une métaphore !”

Écrit par : quaeps | 22/04/2007

quaeps Si tu les as lu c'est DEPUIS notre conversation car jeudi tu ignorais jusqu'au fait qu'un ministre avait démissioné et publié un bouquin,...Ton avis ne vaut rien puisqu'établi avant d'avoir lu une ligne (si tu as réellement lu...).


1. si on peut te confondre avec une ampoule, il est clairement impossible de te prendre pour une lumière .
2. Uniquement pour te rétamer , ce qui fut fait clairement par écrit , après tu gesticules , tu hurles , tu essayes de justifier . Ben c'est raté, t'as été torché .
Je ne t'ai jamais dit que c'était une périphrase, crétin .
3. A posteriori, comme d'hab' ; désolé neuneu ça se voit maintenant...
4. Blablabla, petit fat .

Que veut dire ton dernier commentaire , il est totalement incompréhensible (à moins que tu ne penses que je me suis attribué le dialogue d'Audiard) . Mais bon tu es très bête, mais pas à ce point là j'espère .

Écrit par : jean | 23/04/2007

quaeps ...les a lues...

Écrit par : jean | 23/04/2007

jean wilmay le marianne de lundi dernier est chez mon frère...il pourra aisément te confirmer que je lui achète (ou emprunte quand je pense à le rendre...) CHAQUE SEMAINE...les déclarations de Begag sont dedans...
je n'ai parlé que d'un bouquin dont la mise en vente avait été empêchée par Sarko...le bouquin de Begag a tellement été médiatisé que je suis même surpris qu'un lecteur de la meuse comme toi ait pu lui échappé....

1 c'est celui qui le dit qu'il l'est....c'est tout ce que j'ai pu trouver pour m'ajuster au niveau de ta réponse...
2 uniquement parce que quand tu ne sais pas, sans wiki, tu es incapable de me répondre quoi que ce soit...si tu sais(ou pense savoir, quoi...), tu te fais un plaisir de hurler...nos femmes confirmerons...MENTEUR...
non, crétin, c'est moi qui l'ait dit...le soir où on en a discuté j'ai hésité quelques secondes entre métaphore et périphrase, puis j'ai tranché pour métaphore...
3 DES QUE J'AI COMMENCE A REPONDRE...apprends à lire...

4 fat, tiens, c'est très bizzare, il a des articles sur le site du plan b dont le titre est "ces fats qui nous informent" ou dans le genre....c'est dans le numéro de décembre...pour quelqu'un qui connaissait le terme fat depuis longtemps (si on te crois...) et qui m'as écris "prétentieux" au moins 50 fois sur nos blogs...je ne pense pas que tu ais utilisés le terme il y a plus de quelques mois...maaaisss, je peux tromper...allez cherche...

si on tape "métaphore périphrase" (ce que tu as probablement fait directement après que je sois sorti de chez toi...), la DEUXIEME source donne....le dialogue d'Audiard...coincidence quand tu nous tiens...BAKOUNINE...

pour ma conclusion, voir ton blog...tchaoo..

Écrit par : quaeps | 23/04/2007

quaeps Admettons que tu as lu des passages du livre de Begag (mais alors comment ne savais-tu pas qu'un ministre qui avait démissionné une semaine auparavant venait de sortir un livre qui parle de Sarko ?) ; ton avis ne vaut pas un clou de plus, car de toutes façons ton jugement était établi avant de lire une ligne (je voudrais que tu me développes le "non-documenté" concernant ce livre) .
Comme d'hab' tu polémiques sur que dalle .
1. Franchement tu oses tout .
2. Tu ne m'as jamais parlé de périphrase (tu m'as dit : "c'est une métaphore pas une comparaison", tu n'as pas parlé de périphrase) . Et tu as tranché entre deux erreurs...Comme je l'ai dit plusieurs fois , j'ai attendu pour que tu ne puisses pas nier...et tu as été tordu comme une serpillière .
3. tu n'en savais RIEN, il a fallu que je te le dise (que je te vende la mêche) pour que tu te rendes compte du fameux "l'impasse sur 1/3 de l'émission...".
4. et moi je lis le plan B ? C'est nouveau, ça vient de sortir...toi oui (quand je dis que tu ne comprends pas ce que tu lis...tu as cru qu'il parlait de rappeurs??? C'est trop bon) .

A mon avis si tu tapes la phrase entière la réplique cultissime arrivera en n°1, et comme étant donné son caractère hyper-connu (au moins autant que le fameux "-j'y trouve un gout de pomme-y en a")pas étonnant de la retrouver en deuxième position (j'ai vérifié ou tu as un google pour toi tout seul ou tu as encore menti...la deuxième position c'est fzpc.club.fr, rien à voir).

Tu me quitterais sur un dernier mensonge ? C'est une profession de foi .

Écrit par : jean | 23/04/2007

jean der non, je ne tape JAMAIS les accents dans une recherche google(perte de temps, les différences étant négligeables...)...il est bien deuxième...quatrième avec accent, donc première page, et visible directement par toi...pour trouver une réplique que tu as étét incapable de me sortir le soir même...ta culture internet instantanée et soluble est la seule chose qui t'ai permis de me contredire quelques fois (et UNIQUEMENT sur des détails, JAMAIS sur des raisonements...), si tu n'avais que ta culture ou tes lectures pour sources...tu serais aussi silencieux qu'un militant UMP de banlieues hier soir...

Écrit par : quaeps | 23/04/2007

quaeps car je voulais te laminer par écrit , tu as été torché et tu te ridiculises en essayant de masquer le fait que tu as insisté pour la métaphore (tu n'as jamais parlé de périphrase , du moins avant que je n'expédie le dialogue d'Audiard) . Tu te débats , tu t'enfonces , tu coules , t'es noyé .
"Faut pas pendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages" et étalage de culture , tu es la seule personne assez vaniteuse sur terre que pour faire la relation...et la prêter à un autre .

Écrit par : jean | 23/04/2007

jean faux, c'est pourtant simple ET ARGUMENTE , tu mens (comme pour les synonymes, comme pour les et des , comme pour les 49%, comme pour tes calculs cubains ET SURTOUT COMME POUR BAKOUNINE...les exemples ne manquent pas...) ET tu n'as aucune mémoire(cfr. mes démonstrations avec PREUVES ECRITES...ET ORALES...CONFONDANTES...)...tu ne coules pas, tu es au fond et tu y es resté...rien de neuf...

je suis désolé, mais je ne viendrais pas ce soir, j'avais promis à Tchan de l'aider à rèpéter les morceaux qu'il va jouer à la soirée de sa boîte...désolé...

c'est mon der, pour les cours de français, je sais me servir de wiki tout seul....

Écrit par : quaeps | 23/04/2007

quaeps rien d'argumenté, des élucubrations matamoresques , comme chaque fois que tu es confronté à ton niveau réel et non auto-proclamé ; vraiment tu oses tout !!!

Écrit par : jean | 23/04/2007

jean le cancre... "Maintenant pour "minimiser"-"sous-estimer", MOI je t'ai montré mon dico , en ai consulté d'autres et j'ai surtout interrogé le prof de français que j'ai à disposition . La réponse a été claire , ce ne sont pas des synonymes . "

"Ils ne sont PAS synonymes , le synonyme pur de sous-estimer étant sous-évaluer ; celui de minimiser étant minorer "

" L'usage courant de "les" c'est quand on parle de la totalité , pas de la majorité . "

trop tentant et trop vite fait...Grevisse...

Écrit par : quaeps | 23/04/2007

quaeps Je comprends que tu sois vert de rage , fat tu es , fat tu resteras (oui je sais ce sont les rappeurs du plan B qui m'ont appris ce mot le jour précis où tu l'as entendu de la bouche d'un élève..., schtroumpf) .
Pour le reste quand je dis que tu oses tout..., vraiment tout .

Petite pensée aux nombreux employés de chez Smirnoff qui vont perdre leur travail...

Écrit par : jean | 24/04/2007

jean de la meuse Je comprends que tu sois vert de rage, des énormités pareilles maintenues jusqu'au bout, c'est incomparable...sauf peut-être avec BAKOUNINE...you're the one for me fatty...
rien d'argumenté? apprends à (te) lire....

t'inquiète pour Smirnoff, depuis ses "réformes", les russes boivent de plus en plus...inculte...

bon, comme je vois que la lecture de tes âneries entraîne chez toi une série impressionnante d'arrêtducrime...je te laisse encore, et pour la dernière fois(je sais que tu considères comme un privilège le fait que je m'abaisse à discuter politique avec toi, tu t'immagines sans doute que je t'accorde ainsi un semblant de crédibilité, alors que je ne fais que me rire de toi...depuis deux ans...mais assez de ce plaisir sadique...j'ai été vilaine...) cette fois, méditer la-dessus....

"Maintenant pour "minimiser"-"sous-estimer", MOI je t'ai montré mon dico , en ai consulté d'autres et j'ai surtout interrogé le prof de français que j'ai à disposition . La réponse a été claire , ce ne sont pas des synonymes . "

"Ils ne sont PAS synonymes , le synonyme pur de sous-estimer étant sous-évaluer ; celui de minimiser étant minorer "

" L'usage courant de "les" c'est quand on parle de la totalité , pas de la majorité . "

Écrit par : quaeps | 24/04/2007

quaeps C'est sûr mais ils viennent de perdre un fameux client (en fait non pas du tout car Smirnoff n'est pas une vodka russe...inculte) ; c'était juste une petite boutade mais comme d'habitude il a fallu que tu essayes de te donner un air supérieur en assénant un truisme .

Si tu penses réellement que tu peux remplacer "minimiser" par "sous-estimer" sans changer le sens d'une phrase ; il n'y a pas que l'orthographe que tu dois réviser (mais commence quand même par là, pour avoir une base...)...
dans le cas précis tu sais très bien que ton "les" voulait dire "tous" (LES historiens disent que..., ce n'est pas la même chose que DES historiens...). Si tu n'arrives pas à faire la différence il doit rester de la place en classe avec Laura .

Je ne parle pas politique avec toi , je m'amuse de toi...fat (oui je sais tu as très très mal) .

Écrit par : jean | 24/04/2007

hgjh Frederick Douglass

Écrit par : hfgh | 06/05/2008

pour info 13.12.2006
VW Forest: accord sur les indemnités de licenciement



Les organisations syndicales ont obtenu des indemnités de licenciement pour les travailleurs. Elles comprennent le préavis légal, l’indemnité de dédommagement moral et l’indemnité de départ. Ouvriers et employés bénéficient de la même grille. Les intérimaires ne sont pas oubliés.


Chez Volkswagen Forest, les délégations syndicales de l’entreprise ont conclu avec la direction un accord sur les indemnités à verser aux travailleurs victimes de la restructuration. En effet, même si les perspectives d’avenir s’ébauchent doucement, même s’il est possible que l’usine de Forest devienne une usine Audi, rien n’est encore sûr ni concret. Et, de toute façon, une majorité d’emplois sont irrémédiablement perdus. La CSC, la FGTB et la CGSLB ont donc négocié des indemnités de départ pour les travailleurs.

Lundi matin, la presse affichait des titres sensationnels, citant des montants de 25.000 à 144.000 euros et parlant de "primes historiques". Il est vrai que les organisations syndicales ont bien négocié. Mais la situation de VW est assez différente de la situation de la plupart des entreprises qui doivent restructurer: en effet, VW se porte bien (le chiffre de ses ventes est en expansion) et dégage de plantureux bénéfices. De plus, l’usine de Forest qui était l’une des plus productives du groupe ne devrait pas fermer totalement. Il est donc normal que l’entreprise assume ses responsabilités sociales.

De plus, les montants des indemnités, s’ils sont plus élevés que la moyenne, ne constituent pas un "jackpot"; ce sont des indemnités pour des travailleurs qui perdent un emploi et un salaire. La presse a parlé d’indemnités de 25 à 144.000 euros selon l’ancienneté. Il s’agit là de montants bruts. Beaucoup de questions restent posées sur le montant net de chaque prime.

Une prime, trois volets

Enfin, même s’il subsiste encore certaines incertitudes, il semble vraisemblable que le montant total de la prime sera divisé en trois volets: une indemnité de préavis légal, un dédommagement moral et le solde comme prime de départ. Chacun des volets suppose des applications fiscales différentes qui dépendent de la situation familiale et du revenu total en 2006 et 2007.

Les deux points les plus remarquables de la négociation sont, d’une part, l’alignement des indemnités des ouvriers sur celles des employés et, d’autre part, l’attribution d’indemnités aux travailleurs intérimaires (ceux-ci étant parfois dans l’entreprise depuis un temps certain). Les indemnités dont il est question jusqu’ici concernent ce que l’on a appelé les "départs volontaires"; en réalité, le terme n’est pas tout à fait approprié. Si les travailleurs doivent partir, ce n’est pas un choix, mais le résultat d’une restructuration. Un nombre important des ouvriers et employés n’auront pas la possibilité de garder leur emploi, qu’ils le veuillent ou non.

Les entreprises leur paient donc ce qu’il est généralement convenu d’appeler une prime de départ volontaire. Tous les travailleurs n’ont pas droit à ces indemnités. Les ouvriers et employés qui se trouvent dans les conditions d’obtention de la prépension en sont exclus. Cette négociation n’a pas encore eu lieu.

VW avait limité ces indemnités à 1.500 travailleurs. La direction et les syndicats ont été surpris par le nombre de travailleurs d’accord pour être rangés dans cette catégorie. Pour les organisations syndicales, l’incertitude qui entoure l’avenir de VW Forest explique cette situation: "Certains travailleurs doutent. On leur a tellement répété qu’il n’y avait plus d’avenir, qu’ils ont peur. D’autres sont tout simplement épuisés par cette angoisse qui se répète d’année en année" a expliqué Claude Rolin après sa visite dans l’entreprise.

Cellule pour l’emploi

Comme le prévoit le Pacte de solidarité entre les générations, les travailleurs de plus de 45 ans auront droit à un "outplacement". Celui-ci sera organisé par la cellule pour l’emploi qui va se mettre en place, mais dont les règles de fonctionnement restent à déterminer; il s’agit en effet d’une cellule fédérale qui implique un accord entre les Régions bruxelloise, flamande et wallonne.

Les travailleurs âgés de moins de 45 ans ne sont pas obligés de s’inscrire à cette cellule, mais ils peuvent le faire. Cela peut aider notamment les travailleurs qui n’ont pas les qualifications nécessaires pour trouver un emploi dans d’autres entreprises.
A.M.P.





Écrit par : uohiloy | 26/06/2008

hggy Je ne sais pas jusqu’où nos journaleux iront, dans la stigmatisation maladive des mahométans (fanatiques), mais tout montre que, sur un tel sujet, ils n’ont pas vraiment de limites.

(Je te rassure : ça ne les empêchera pas (du tout) de continuer à se (et à nous) demander, à intervalle régulier de quatre ou six mois, s’il est encore permis de critiquer l’islam, ou si, ayé, on vit déjà sous le joug lourd des lois coraniques - mâme Dupont ?)

L’affaire du procès de Rennes, qui n’a pas (du tout) été renvoyé pour cause de ramadan, mais qui tout de même aurait pu l’être, et qui par conséquent vaut bien qu’on transige un peu avec la réalité factuelle, est à cet égard exemplaire d’une espèce de folie où le respect de la vérité ne doit surtout pas empêcher l’imputation - parce que bon, t’auras beau dire, t’auras beau faire : le musulman est flippant.

Je te rappelle ce qui s’est passé depuis deux jours, pour le cas (douteux) où tu n’aurais pas suivi, et, tu vas voir : c’est absolument ahurissant.

1. Hier matin, la nouvelle tombe, affligeante : à Rennes, le procès d’un braquage a été "renvoyé pour cause de ramadan", à la demande expresse des avocats d’un prévenu affaibli par son jeûne.

Aussitôt, la Chorale Des Sentinelles De La République (CDSDLR) entonne son coutumier chant de guerre, qui est que non, vraiment, il n’est plus (du tout) admissible que des muslims fanatisés nous chiffonnent si fort la fibre lâââââïque - trop, c’est trop, fait chier, merde.

Mâme Dupont.

Et vazi que je te sonne le tocsin, France, réveille-toi, les fils d’Allah te font dans les hauts de chausses !

Bon, finalement, hier après-midi, le procureur général de la cour d’appel de Rennes annonce que, non, désolé, pas du tout : le procès n’a pas du tout renvoyé pour cause de ramadan.

Ce n’est "en aucune façon le motif du ramadan qui a été retenu", explique-t-il - et il me semble que ça veut dire que ce n’est en aucune façon le motif du ramadan qui a été retenu (si du moins les mots ont un sens), et là, évidemment, c’est la fin de l’affaire qui toute la journée a mobilisé la presse et la CDSDLR.

Oui ?

Non.

Paaaaas.

Du.

Tout.

Ce n’est pas du tout ce qui se passe : loin de considérer que l’épisode est clos, voilà que ce matin nos vaillants journaleux, dignes toujours, énoncent (gravement) qu’en effet le procès n’a pas forcément été renvoyé pour cause de ramadan, mais que bon, il aurait pu l’être, et ça, n’est-ce pas ?

C’est vachement inquiétant.

(Rappelle-toi : ils nous ont déjà fait le coup, naguère, avec la triste "affaire du RER D", où finalement la jeune affabulatrice n’avait pas (du tout) été agressée par des jeunes sauvageons d’origine maghrébine - mais ça aurait pu, et il n’était par conséquent pas complètement con d’organiser une frappe (médiatique) préventive.)

2. C’est même si vachement inquiétant que, ce matin, Libération proclame que : "Le tribunal fait le ramadan".
JPG - 200.1 ko

Bon, ce n’est pas complètement exact, c’est même assez faux, puisque, ainsi que je disais, le procureur général a précisé que justement, "ce n’est en aucun cas le motif du ramadan qui a été retenu" pour justifier le renvoi du procès.

Mais on ne va pas non plus se brider l’inspiration unesque pour de telles broutilles, hein ?

Dans la vraie vie, donc : le tribunal ne fait pas (du tout) le ramadan.

Mais ça n’empêche pas Libé de nous asséner que le tribunal fait le ramadan.

J’insiste un peu lourdement, pour que tu mesures bien toute la rigueur qui a présidé à la confection de la une de notre fameux quotidien barbichu.

Et justement, à propos de barbiche : dans son éditorial du jour, Laurent Joffrin, boss de Libé, écrit que "la décision de la cour d’appel de Rennes", dont nous savons qu’elle n’a pas été motivée par le ramadan, est "au pire (…) une concession - ou une maladresse - qui doit rester l’exception".

Là encore, tu m’excuseras, mais je vais la refaire lentement : Laurent Joffrin, qui sait pertinemment que la décision de la cour d’appel n’a pas été motivée par des considérations religieuses (et, en l’occurrence, musulmanes), écrit quand même, très posément, que la décision de la cour d’appel est une concession à des considérations religieuses (et, en l’occurrence, musulmanes).

C’est à se les monter en porte-clés, mais (naturellement) ça n’empêche pas Laurent Joffrin, qui est au fond un humaniste poli, d’ajouter que : "Pour le reste (…), on aurait tort, sauf à vouloir stigmatiser l’islam, de crier haro sur le ramadan, rite privé et pacifique".

(Jamais Laurent Joffrin n’éprouve, tu l’auras sans doute relevé, un quelconque besoin de soulginer que la communion est un rite privé pacifique : ce genre de rappel vaut seulement pour l’islam, qui se trouve ainsi, par le biais d’une mièvre exhortation à la tolérance, de nouveau singularisé.)

Tu l’auras compris, Laurent Joffrin se gagne, par son édito de ce matin, son billet pour le prochain grand bal des faux-derches, parce qu’il faut quand même un souffle d’ouragan, pour oser caqueter que c’est pas gentil de crier haro sur le ramadan quand on vient de faire sa une avec le-tribunal-qui-ne-fait-pas-le-ramadan-mais-qui-le-fait-quand-même.

3. Et s’il te manque une preuve ultime de la gigantesque tartuferie de nos journaleux ?

Tu vas directement à la page 4 de Libé.

Là, tu lis, abasourdi, que dans les tribunaux les reports de procès "pour motifs religieux" n’ont "rien d’exceptionnel".

Aaaaah ouais ?

Ah ouais.

Une avocate parisienne raconte ceci : "J’ai déjà demandé plusieurs fois des renvois pour des fêtes religieuses, kippour par exemple ; on les obtient sans difficulté".

Et ça, t’es heureux de l’apprendre, au détour d’un tout petit papier - parce que si mes souvenirs sont bons, jamais Libé n’a déploré à la une, et en lettres de vingt mètres de haut, que le tribunal fasse kippour, ou que le tribunal fête la résurrection de notre ami Jésus - alors que, si j’ai bien compris, ce sont des pratiques très communément admises.

Par contre, quand le tribunal ne fait pas le ramadan, Libé s’empare de cette manifestation d’intransigeante laïcité pour t’annoncer que le tribunal fait le ramadan.

4. C’est marrant, hein, comme c’est à chaque fois sur la gueule des mêmes suspects que ça finit par tomber.

Ca doit vouloir dire quelque chose.

Mais quoi ?

Écrit par : gffty | 06/09/2008

jhhk http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7105

Écrit par : µp | 08/09/2008

mkll « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. » Arthur Schopenhauer

Écrit par : ooi | 12/09/2008

hg, PARIS (Reuters) - L'arrestation de six jeunes gens lundi à Paris dans l'enquête sur des violences commises contre trois jeunes juifs le 6 septembre dans le XIXe arrondissement de la ville met à mal la thèse de l'agression antisémite, soutenue par le gouvernement et l'opposition.

(Publicité)
L'usage d'un pistolet à billes par un jeune homme en direction d'un groupe d'autres jeunes passant dans la rue est à l'origine de l'incident, ont expliqué deux sources concordantes et proches de l'enquête.

La présence d'un suspect de confession juive parmi les agresseurs présumés arrêtés lundi affaiblit aussi, pour une de ces sources, la thèse d'une affaire antisémite défendue le 7 septembre par plusieurs associations de la communauté juive, le ministère de l'Intérieur et le porte-parole du Parti socialiste.

Selon les auditions et l'enquête, un des suspects a tiré une bille avec son pistolet, par jeu, vers un des trois jeunes juifs, ce qui a entrainé une riposte et une échauffourée, dit-on de même source. Il n'y a pas eu d'insultes antisémites.

La police va encore confronter les suspects et leurs victimes d'ici à la fin de la garde à vue, mercredi matin au plus tard, avant que la justice ne décide de la qualification à donner aux faits.

Le 7 septembre dans un communiqué, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait condamné "les violences antisémites" commises à l'encontre des trois jeunes gens.

Julien Dray, porte-parole du PS, avait également condamné ces faits dans un quartier "où les tensions sont très fortes et où des agressions antisémites répétées ont déjà eu lieu."

Le fait divers avait attiré l'attention car il survenait après les coups portés dans le même quartier à un jeune adolescent de confession juive, Rudy, le 21 juin.

Dans cette affaire, deux jeunes gens de 25 et 26 ans sont en détention provisoire depuis fin juillet pour "tentative de meurtre", avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme.

Le scénario alors retenu initialement, une agression antisémite déclenchée par le fait que Rudy portait une kippa, a été démenti par l'enquête. Les policiers parlent plutôt d'une bagarre entre deux bandes qualifiées de "communautaires", l'une formée de Juifs et l'autre de Noirs.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

Écrit par : µp | 16/09/2008

khjk Je vois, ici, que BHL est "en tournée américaine" - comme, récemment, les Sex Pistols, mais la comparaison, évidemment, s’arrête là, pour la simple et bonne raison que notre (plus) fameux romanquêteur n’est pas du tout du genre, quant à lui, à réclamer de quelconques "cheap holidays in other people’s misery" (quand rien n’est si facile que de rallier Tbilissi d’un coup d’ailes privées).

Il va de soi que la "tournée américaine" de BHL, où il présente l’ode ségolèneroyaliste qui a si fort commotionné la rue de Solférino, est en réalité une tournée aux Etats-Unis : on imagine bien qu’il ne va pas non plus aller promotionner sa "gauche" dans les contrées sauvages où règne Hugo Chavez - "dont l’épiscopat latino-américain lui même note que la rhétorique antilibérale rappelle celle "des régimes de type fasciste ou nazi !""

(J’aime bien ce "lui-même", qui suggère que "l’épiscopat latino-américain" est a priori un repaire de communistes.)

Au pays de Sam, donc, Bernard, ainsi que l’appellent ses potes (Philippe, notamment), veut par exemple "démontrer que l’antisémitisme en France (…) n’est pas pire qu’aux Etats-Unis".

Et bien sûr, il met dans l’exercice toute la rigueur (intransigeante) où se fonde sa légende : il soutient, notamment, qu’un "livre paru l’an dernier" à New York, " The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, écrit par deux universitaires américains", John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, "aurait été impubliable en France, où il serait tombé sous le coup de la loi".

Car cet ouvrage, qui "diabolise Israël", contient d’après Bernard, et "à peu de choses près, (…) ce qu’écrivait Louis-Ferdinand Céline dans L’Ecole des cadavres ".

Là, un (très) minuscule détail semble avoir échappé à la vigilance de notre "french philosopher and one of the most esteemed and bestselling writers in Europe" : c’est que ce livre a bel et bien été publié cette année en France, par le camarade François Gèze (dont j’ignorais quant à moi qu’il fût si perméable au venin célinien), à l’enseigne de La Découverte.


Et que, naturellement : il n’est pas "tombé sous le coup de la loi".

C’est un bouquin solidement documenté (plutôt qu’un romanquête), où Mearsheimer et Walt observent que "les Etats-Unis fournissent (…) un soutien matériel et diplomatique (…) considérable et (…) constant à Israël", qui "ne peut s’expliquer par des intérêts stratégiques communs ni par des impératifs moraux", mais qui "est surtout dû à l’influence politique d’un lobby qui travaille activement à l’orientation de la politique étrangère américaine dans un sens pro-israélien", et dans lequel s’agitent beaucoup de très hallucinés fondamentalistes chrétiens.

Il va de soi (mais ça va mieux en le disant) que la démonstration de Mearsheimer et Walt peut être mise en débat, lorsqu’ils énoncent ainsi, en des termes éventuellement assez vifs, qu’un groupe de pression pèse d’un poids considérable sur la politique étrangère américaine.

A titre de comparaison, et pour alimenter ce débat, on peut (notamment) relever qu’au mois de juillet dernier, Patrick Gaubert, "eurodéputé" UMP, "président de la Licra", dénonçait quant à lui, et en des termes également assez rugueux, "une structure toute dévouée à la cause palestinienne au sein du Parlement européen" [1].

Il précisait : "La mobilisation palestinienne est puissante, récurrente, organisée. Il y a un tombereau d’organisations pro-palestiniennes implantées au Parlement (…). Depuis des années, ces gens-là ont monté des structures (européennes, palestiniennes ou israéliennes (si on peut dire)). Ils organisent des voyages à Gaza, en Cisjordanie, dans les hôpitaux palestiniens. Ils vont voir des médecins, des assistantes sociales. Ils reviennent avec une argumentation forte, anti-israélienne. Ils ont l’intelligence de faire parler des personnes âgées, calmes, respectables qui profèrent des mensonges énormes sur Israël. Leïla Shahid (représentante de la Palestine auprès de l’UE) est derrière toutes ces opérations, sans apparaître souvent. Elle n’en fait pas plus que l’ambassadeur d’Israël, mais elle bénéficie d’une structure toute dévouée à la cause palestinienne, à travers des députés".

(Après avoir ainsi fustigé la toute-puissance de cette (énorme) "structure" acquise à l’injuste cause des Palestiniens, Patrick Gaubert ajoutait : "Nous avons réussi à monter un groupe assez informel de parlementaires amis d’Israël, réunissant des élus de tous partis et de tous pays. La plupart du temps, nous arrivons à éviter que soient votés des amendements hostiles à Israël".

La puissante "structure" propage les menteries propagandaires du troisième âge, mais le "groupe assez informel" déjoue ses viles manips.)

Bon : quel rapport entre le bouquin publié à La Découverte et L’Ecole des cadavres, immonde pamphlet antisémite ?

Aucun, évidemment.

Pas le moindre, évidemment.

D’où vient alors que BHL compare l’un à l’autre ?

Cela vient de ce qu’au fil des années, "on a très fréquemment, et souvent avec succès, eu recours à des accusations d’antisémitisme (…) afin de réduire au silence les critiques d’Israël", ainsi que Noam Chomsky l’a de longue date constaté.

Certes : c’est du chantage.

Non le moindre.

Non le moins stalinien.

Mais il permet de couper court à tout réel débat sur les choix du gouvernement israélien, dans son approche, un peu rustique, de la vie quotidienne des Palestiniens harassés.

Pour le dire autrement : Bernard, en suggérant que La Découverte a publié en France un livre antisémite, substitue l’anathème (le plus infamant) à la discussion argumentée.

Ce n’est bien sûr pas nouveau.

Mais ça n’empêchera pas, dès la semaine prochaine, ses fidèles ami(e)s de la presse de répéter, à la faveur de la publication de sa correspondance publique avec un autre haut penseur, que le gars est un "redoutable bretteur" [2]".

C’est marqué là, et l’important, n’est-ce pas, n’est pas tant d’y croire, que de faire en sorte que le bon peuple des librairies s’en convainque.

Écrit par : hjkh | 22/09/2008

;k omment la destruction de Gaz de France, contestée par la plupart des partis, des parlementaires et des usagers, a été adoptée par le Parlement pour combler des industriels.
En juillet 2004, le premier actionnaire de Suez, Albert Frère, convoque dans sa villa de Saint-Tropez le PDG de la multinationale, Gérard Mestrallet. Il lui remet sa feuille de route : s’emparer de Gaz de France (GDF), dont le gouvernement Raffarin prépare la privatisation partielle pour l’année suivante. Le service public est introduit en Bourse deux mois après le « non » français au référendum sur la Constitution européenne. Sitôt l’opération achevée, raconte le PDG de GDF, Jean-François Cirelli, « les banquiers d’affaires ont rappliqué ». Ces muses lui expliquent qu’« une seule alliance […] a vraiment du sens, c’est avec Suez » (Le Monde, 4.3.06). Cirelli acquiesce. Mais, quand des députés manifestent leur hostilité à la privatisation, il tape du poing : « Gaz de France souhaite que l’on cesse de faire sa stratégie à sa place (1).» À ce moment, l’État contrôle encore 80 % du capital de GDF ; plutôt que de muter le haut fonctionnaire Cirelli au service « surveillance des gazoducs » en Sibérie, la représentation nationale s’aplatit. Adoptée à l’Assemblée en première lecture le 3 octobre 2006 en vue de la fusion du gazier avec la multinationale Suez, la privatisation de Gaz de France constitue un cas d’école. Le PS, le PCF, l’UDF, les Verts et une partie de l’UMP s’y opposent ; les syndicats et les associations de consommateurs aussi. Enfin, une batterie de sondages indique que trois Français sur quatre refusent le démantèlement du service public (2). C’est pourtant la volonté des banquiers d’affaires qui l’emportera. Grâce à l’OPA hostile opportunément lancée le 22 février 2006 par le groupe italien Enel contre Suez, les actionnaires persuadent les pouvoirs publics de la nécessité d’agir rapidement. La mise en scène médiatique (3) de ce Monopoly financier dont les joueurs se nomment Jean Peyrelevade ou Alain Minc offre au gouvernement le prétexte à sa forfaiture. Le 28 juin 2006, le Conseil des ministres entérine le projet de loi.


C’est idiot, donc on vote
À l’Assemblée nationale, les parlementaires jouent un spectacle burlesque, multipliant les arguments contre un texte qu’ils voteront, ou laisseront voter, quelques semaines plus tard. Pendant que les journalistes batifolent à la buvette, Le Plan B assiste aux débats en séance et en commission. Jean-Claude Lenoir, rapporteur UMP de la loi permettant la privatisation de GDF, admet que « les entreprises ayant changé de fournisseur s’en mordent aujourd’hui les doigts » (8.9.06). Pierre Lellouche, député sarkozyste s’énerve : « Pourquoi avoir fait divorcer Gaz de France d’EDF il y a deux ans pour le marier maintenant avec Suez (4) ? » ; plus tard, il admettra que la fusion « ne préserv[era] pas GDF d’une OPA hostile » des Russes (5) ; puis il votera le projet. « Cela fait presque vingt ans que le patronat veut mettre la main sur la cagnotte d’EDF-GDF », résume le député PS Christian Bataille. Pendant que Daniel Paul (PC) conduit la charge antiprivatisation, François Brottes (PS) dénonce le « lobbying sans précédent [effectué] auprès des parlementaires et des chroniqueurs patentés de l’économie officielle » (7.10.06). N’ayant rien négligé, Suez a même invité un bataillon de parlementaires à la finale de la Coupe du monde de football à Berlin (Les Échos, 12.7.06). De leur côté, les administrateurs salariés CGT de GDF se contentent de stimuler l’esprit des parlementaires qui les auditionnent : « La fusion, analysent-ils, ne permettra pas au nouveau groupe de peser sur les prix d’achat du gaz, car dans ce domaine les contrats sont systématiquement conclus dans un cadre diplomatique, d’État à État .» D’où l’avantage de maintenir un pôle public fort, capable de rivaliser avec l’algérien Sonatrach ou le russe Gazprom, principaux fournisseurs de l’Europe en gaz. Aussi les syndicats proposent-ils de réunir EDF et GDF. Les banquiers objectent aussitôt que les contreparties exigées par la Commission européenne désosseraient le géant ainsi créé. Mais les syndicalistes ont anticipé le coup. Ils brandissent une étude sur la faisabilité juridique de leur projet réalisée par le cabinet d’avocats Levy-Gosselin. Ce rapport, passé sous silence par une presse inondée de publicité en faveur de la fusion Suez-GDF, conclut que, « n’étant pas de dimension communautaire, l’opération échapperait donc en principe à un contrôle des autorités communautaires de la concurrence, lesquelles ne pourraient par conséquent soumettre la fusion à aucune contrepartie ». En revanche, la fusion GDF-Suez implique d’énormes cessions d’actifs, la destitution d’une partie des infrastructures de transport, etc.


Chèque en blanc
Qu’importe la raison : effrayés par l’accusation médiatique d’obstruction parlementaire (6), les députés socialistes capitulent fin septembre. En votant la privatisation, l’Assemblée signe un chèque en blanc aux actionnaires de Suez. À ce moment, GDF est en effet censé leur verser sous forme de dividendes une somme – à négocier – comprise entre 1,2 et 6 milliards d’euros. Sachant que l’ex-groupe public fut entièrement financé par le contribuable, chaque ménage français aurait alors offert entre 47 et 233 euros aux nouveaux propiétaires du groupe privé. Sans compter les 3 milliards de dette d’impôts rayés d’un coup de crayon par le gouvernement en guise de cadeau de bienvenue : 116 euros supplémentaires par ménage. Et ce n’est pas tout : « Demain, lors du conseil d’administration de [GDF-Suez], les actionnaires auront la possibilité […] de fixer les prix, donc de prendre dans la poche des ménages français de façon illimitée », notait Henri Emmanuelli (7) (PS). D’ailleurs, dans sa lettre de griefs adressée le 18 août 2006 aux directions de Suez et de Gaz de France, la Commission européenne « considère que les prix réglementés en vigueur se caractérisent par un niveau inférieur au prix du marché et qu’ils empêchent de ce fait l’entrée des concurrents sur le marché » (cité dans L’Humanité, 7.9.06). Ces prix réglementés, Gérard Mestrallet avait scellé leur sort avant même que le Conseil constitutionnel ne les censure : « Je suis pour leur suppression au 1er juillet 2007 (8). » Date à laquelle les groupes privés pourront démarcher les particuliers. La saga de GDF, c’est le libéralisme en raccourci : en théorie, la concurrence fait baisser les prix ; en pratique il impose d’augmenter les prix pour faciliter la concurrence. En France, les factures de gaz ont déjà grimpé de 25 % pour les PME et de 16,7 à 23,5 % pour les HLM (9). Mais Albert Frère devra attendre un peu avant d’acheter une nouvelle villa à Saint-Tropez.




Notes:
1. Commission des affaires économiques de l’Assemblée, audition du 19.7.06.
2. À l’exception notable de ceux présentés par Suez et GDF.3 « Gaz de France-Suez : l’histoire secrète » (Les Échos, 10.3.06), « Les dessous d’une fusion » (Le Point, 2.3.06), « GDF-Suez : les coulisses d’une fusion » (Le Nouvel Observateur, 2.3.06).
4. Commission des affaires économiques de l’Assemblée, audition du 19.7.06
5. Le Figaro, 26.9.06.
6. « On a beau nous expliquer que la fusion Suez-GDF est le diable personnifié, l’avalanche d’amendements pour paralyser le projet de loi s’apparente au degré zéro de la politique, » couine entre mille Pierre Taribo, l’éditorialiste de L’Est républicain (7.9.06.)
7. Assemblée nationale, 8.9.06.
8. Le Monde, 25.11.05.
9. Le Figaro Économie, 19.10.06 et Le Monde, 9.11.05.

Écrit par : quaeps | 24/09/2008

hyth L’évocation de la grande crise de 1929 sème toujours l’effroi, tant dans les milieux financiers que dans l’opinion. Elle avait précipité des millions de femmes et d’hommes dans la misère, et favorisé indirectement l’avènement du fascisme en Europe. On ne peut donc guère imaginer calamité plus épouvantable. Et cependant la tourmente n’a pas emporté le système. Elle n’a même pas eu raison de l’idéologie qui le soutenait. Sans jouer les grands clercs, nous savons déjà que la crise actuelle – quels que soient ses prolongements – n’achèvera pas davantage le système capitaliste, ni même sa variante néolibérale. Il n’y a pas de dépassement mécanique du capitalisme, tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’erreurs qu’il faudrait corriger mais d’intérêts qui ne disparaissent pas avec les crises. Comme en 1929, ce sont donc les petites gens qui cette fois encore vont payer. Ce sont ceux qui sont les plus éloignés du monde de la finance, ceux qui ignorent tout des techniques spéculatives, ou qui, tout au plus, ont eu la naïveté d’acheter à crédit sans en avoir les moyens, ce sont ces citoyens à qui on va demander d’assurer la pérennité du système. La grande différence avec 1929, c’est que cette fois la catastrophe ne sera pas subie comme la conséquence du chaos ; elle sera anticipée et organisée. C’est ainsi que le président idéologiquement le plus hostile à l’intervention de l’État n’a pas hésité, jeudi, à prendre les mesures les plus antilibérales qui soient.

Deux jours après avoir décidé de nationaliser le géant des assurances AIG, promis sans cela à une faillite certaine, George W. Bush a annoncé le rachat par l’État fédéral de toutes les créances pourries. Ce gigantesque mistigri dont les financiers redoutent d’hériter au gré de transactions devenues par trop incertaines. En annonçant à la nation qu’il allait créer un organisme chargé de racheter les « actions toxiques », il a usé d’un argument stupéfiant : « Il s’agit, a-t-il dit, de protéger votre argent. » Dans le langage cru dont on use généralement de ce côté-là de l’Atlantique, le président américain n’a pas esquivé la vérité : « Nous allons engager une masse considérable de dollars du contribuable. » Entre parenthèses, si l’on doit trouver une vertu à ce discours, c’est aussi sa brutale franchise. Chez nous, jamais nos politiques n’auraient tenu ce langage de vérité. D’ailleurs, on nous raconte cette fois encore que la crise sera pour nous indolore (lire à cet égard la démonstration du contraire par Dominique Plihon). Mais laissons là cet hommage tout relatif à la tradition politique américaine. Car, sur le fond, les chiffres sont effrayants. On parle de mille milliards de dollars à la charge du contribuable pour réparer les frasques d’un système financier sans scrupules. Et de managers qui, eux, sortent de la crise indemnes, voir enrichis par de confortables « golden parachutes ». Ce sont donc les victimes de l’ultralibéralisme, celles qui paient déjà au quotidien la doctrine de l’effacement de l’État, par la destruction du système de santé, par les conséquences sociales des déréglementations et des privatisations, qui sont convoquées pour renflouer les banques.

Deux autres arguments iront droit au cœur du citoyen américain. Le secrétaire d’État au Trésor, Henry Paulson, a fait observer que cette saignée est moins préjudiciable pour le contribuable que ne l’aurait été l’effondrement de tout le système financier. Façon d’avouer que ce sont toujours les mêmes qui paient. Enfin, des commentateurs bien intentionnés ont noté que ces « mille milliards » de dollars ne représentaient jamais que huit années de guerre en Irak. On ne sait s’il s’agit, dans leur esprit, de critiquer la guerre ou au contraire de minimiser la ponction opérée par l’État sur les ménages américains. Quoi qu’il en soit, tous ces discours relèvent de la même vision du monde. Une vision qui ne peut pas se projeter hors d’un système perçu comme aussi immuable que la succession des jours et des nuits.

Ce qui nous ramène à notre point de départ. Un capitalisme qui se régénère sur le dos des peuples n’a guère de limites. La crise finale est une fable. Et, sans même parler ici de la chute du capitalisme (vaste sujet !), même le néolibéralisme a la vie dure. Il ne meurt ni de honte ni de la répétition de ses échecs. Il s’accommode parfaitement des interventions étatistes qui résolvent artificiellement ses crises sur le dos des gens. Seule la politique peut proposer d’autres solutions. Ce qui nous renvoie à des sujets qui nous sont familiers. Mais où est donc l’autre projet de société crédible ? Quelle force politique est susceptible de le faire entendre ? À part quelques aimables remarques sur la nécessité d’une « plus grande régulation », le silence de la gauche est assourdissant. Même cette critique destinée à banaliser le caractère systémique de la crise, c’est Nicolas Sarkozy qui l’a formulée. C’était mardi, à la tribune des Nations unies. Preuve par l’absurde que le discours de la gauche doit aller beaucoup plus loin. Et ouvrir de véritables alternatives.

Écrit par : hjkh | 25/09/2008

nnvb Le montant total de la dette du tiers-monde en 2005 s'élevait à 2600 milliards de dollars.
En 1980, le montant de cette dette était de 540 milliards. Entre 1980 et 2004, ces pays ont remboursé 5300 milliards. Comme le synthétise le CADTM, «les pays en voie de développement ont remboursé presque 10 fois ce qu'ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par presque 5». Il serait impossible d'annuler tout ou partie de cette dette sans faire s'effondrer l'économie mondiale. La dette des joueurs de la bourse, elle, sera épongée en quelques mois, pour des estimations de coût qui vont entre 1000 et 2000 milliards de dollars.

L'aide au développement s'élève à un peu plus de 100 milliards de dollars par an. Chiffre déjà dérisoire dans l'absolu (par exemple les transferts d'argent pratiqués par les immigrés vers leurs pays d'origine représentent, eux, 200 milliards), à comparer avec les 1000 milliards de dollars évoqués aujourd'hui.

Écrit par : hjkh | 25/09/2008

hfg On n’entend plus que ce mot là : « nationalisations ». Les Belges, nous dit-on, auraient nationalisé une grande banque, à l’imitation de ce qu’aurait fait le gouvernement des États-Unis. Ce mot, sorti par la porte du vocabulaire politique d’une gauche devenue sociale-libérale depuis 1983 revient ainsi par la fenêtre dans celui de la droite néo-libérale. Mais comme il se doit, c’est au prix d’un pervertissement complet de son sens.
ArticleSi les nationalisations ont trop souvent pris la forme de simples étatisations, leur vocation dans les politiques de gauche était de restituer à la collectivité nationale les moyens matériels, industriels ou financiers de la production et de l’organisation économique. Il s’agissait d’orienter l’économie dans un sens qui lui permette d’échapper à l’emprise du capital. La nationalisation, autrement dit, était un moyen de socialiser, de collectiviser certains secteurs de l’économie, pour déterminer de nouvelles logiques de production et de distribution.

De substituer à celle du profit, celle de l’intérêt public. De mettre en cause la domination privée de l’économie, le pouvoir de l’argent, le règne d’une jungle où les puissants se nourrissent aux dépens des petits.

Les nationalisations devaient ainsi concerner des secteurs sains, puissants, riches de l’économie, pour que cette richesse, cette puissance, cette santé économique cessent d’être orientées dans l’intérêt des boursicoteurs de tout poil, et puissent servir de levier à d’audacieuses politiques sociales et démocratiques, dans l’intérêt du plus grand nombre.

Il ne s’agit pas ici d’embellir le principe de ces nationalisations, ni de surestimer le potentiel qu’elles pouvaient représenter, non plus que les conceptions politiques générales qui y avaient présidé. La vérité est d’ailleurs qu’un tel programme n’a jamais été vraiment réalisé, faute sans doute d’un courage politique suffisant, faute par le gouvernement de la gauche, de 1981 à 1983 d’avoir su, voulu, cherché à s’appuyer sur un mouvement populaire actif, et sur une démocratisation radicale des secteurs économiques ainsi nationalisés.

Mais cela n’autorise pas à y assimiler la tentative de sauvetage d’un système financier prédateur par le renflouement sur le dos des contribuables – et donc au préjudice de toute politique sociale – des caisses des spéculateurs.

Les opérations en cours dans divers pays capitalistes n’ont rien à voir avec ce que l’on pourrait appeler des nationalisations : non seulement il n’est pas question de remettre à la collectivité les pôles les plus forts de l’économie, mais bien au contraire, on demande à la collectivité de mettre la main au portefeuille pour fournir des béquilles à un système bancaire et financier affaibli par la logique même de leur fonctionnement naturel ; de lui donner, en somme, un souffle nouveau pour pouvoir reprendre le cours de son règne sans partage sur le monde et sur la vie des plus humbles.

Loin de donner à un secteur public développé les moyens sur lesquels le capital assoit sa domination, il s’agit de donner au capital les moyens de la poursuivre. Ce n’est pas à la nationalisation des banques que l’on assiste, mais à la privatisation des fonds publics.

Écrit par : hjkh | 01/10/2008

sdc Et si la dégradation de l’environnement était intimement liée à la crise sociale dans le monde ? En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la terre passe par plus d’égalité.
Par Hervé KempfLes trois ou quatre générations situées à la charnière du troisième millénaire sont les premières dans l’histoire de l’humanité, depuis que les bipèdes arpentent la planète, à se heurter aux limites de la biosphère. Cette rencontre ne se fait pas sous le signe de l’harmonie, mais sous celui d’une crise écologique majeure.

Soulignons-en quelques aspects. Le premier d’entre eux est l’inquiétude nouvelle des climatologues : ils raisonnent depuis quelques années sur l’hypothèse d’une irréversibilité possible du changement climatique. Jusqu’à présent, on pensait qu’un réchauffement graduel interviendrait, mais que, quand l’humanité se rendrait compte de la gravité de la situation, il serait possible de revenir en arrière et de retrouver l’équilibre climatique. Les climatologues nous disent qu’il est possible qu’on atteigne un seuil tel que le système climatique dérape vers un désordre irréversible. Plusieurs séries d’observations nourrissent cette inquiétude : les glaciers du Groenland fondent bien plus vite que ne le prévoyaient les modélisateurs ; les océans pourraient pomper moins de gaz carbonique ; le réchauffement déjà à l’œuvre, accélérer la fonte du pergélisol, cette immense couche de terre gelée située en Sibérie et au Canada, qui de ce fait menacerait de relâcher les quantités énormes de gaz carbonique et de méthane qu’elle recèle.

Une deuxième observation est que la crise écologique ne se réduit pas au changement climatique. Celui-ci est le phénomène le mieux connu du grand public, il n’est cependant qu’un volet de la crise globale, dont un autre a une importance sans doute équivalente : l’érosion de la biodiversité, dont l’ampleur ne peut être mieux illustrée que par le fait que les spécialistes parlent de « sixième crise d’extinction » pour désigner la disparition accélérée d’espèces que notre époque expérimente. La cinquième crise d’extinction, il y a soixante-cinq millions d’années, avait vu la disparition des dinosaures.

Troisième volet, peut-être moins sensible ou moins bien synthétisé que la problématique du changement climatique : une contamination chimique généralisée de notre environnement, dont deux aspects sont particulièrement troublants. D’une part, les chaînes alimentaires sont contaminées, certes à des doses minimes, par des polluants chimiques. D’autre part, il apparaît de plus en plus clairement que le plus grand écosystème de la planète, l’ensemble des océans, que l’on pensait presque infini dans sa capacité de régénération, est de plus en plus affaibli, soit par la pollution, soit par la dégradation de tel ou tel de ses écosystèmes particuliers.

Cette entrée en matière définit l’urgence politique de notre époque. Cependant, ce n’est pas d’aujourd’hui, ni même d’hier, mais depuis plusieurs décennies que notre société est avertie du péril. Depuis que Rachel Carson a lancé l’alerte avec Le Printemps silencieux en 1962, depuis que, dans les années 1970, la question écologique a pénétré avec éclat le débat public, conférences internationales, articles scientifiques, luttes des écologistes ont depuis lors amassé une masse de connaissances confirmant toujours la tendance générale.

Pourquoi, alors, nos sociétés ne s’orientent-elles pas vraiment vers les politiques qui permettraient d’éviter l’approfondissement de la crise écologique ? C’est la question cruciale. Pour y répondre, il faut analyser les rapports de pouvoir dans nos sociétés. Elles sont en effet organisées pour bloquer ces politiques nécessaires.

Comment ? Depuis une vingtaine d’années, le capitalisme se caractérise par le retour de la pauvreté dans les pays riches. Le recul du taux de pauvreté, continu depuis la fin des années 1940, s’est interrompu dans les pays occidentaux voire, dans certains cas, s’est inversé. De même, le nombre de personnes en situation de précarité, c’est-à-dire légèrement au-dessus du seuil de pauvreté, augmente lui aussi de façon régulière. Par ailleurs, au niveau mondial, le nombre de personnes en situation de pauvreté absolue, c’est-à-dire disposant de moins de 2 dollars par jour, reste de l’ordre de 2 milliards, tandis que l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (en anglais, Food and Agricultural Organization, FAO) estime à 820 millions le nombre d’humains insuffisamment nourris.

L’augmentation des inégalités depuis une vingtaine d’années constitue un autre aspect de la crise sociale. De nombreuses études l’attestent. L’une d’entre elles, conduite par deux économistes de Harvard et du Federal Reserve Board, est des plus parlantes. Carola Frydman et Raven E. Saks ont comparé le rapport entre le salaire gagné par les trois premiers dirigeants des cinq cents plus grandes entreprises américaines et le salaire moyen de leurs employés. Cet indicateur de l’évolution des inégalités reste stable des années 1940, moment où commence l’observation, jusqu’aux années 1970 : les patrons des entreprises considérées gagnaient environ trente-cinq fois le salaire moyen de leurs employés. Puis se produit un décrochement à partir des années 1980, et le rapport monte de façon assez régulière jusqu’à atteindre environ cent trente dans les années 2000.

Ces études signifient qu’une rupture majeure est intervenue dans le fonctionnement du capitalisme depuis soixante ans. Durant ce que l’on a appelé les « trente glorieuses », l’enrichissement collectif permis par la hausse continue de la productivité était assez équitablement distribué entre capital et travail, si bien que les rapports d’inégalité demeuraient stables. A partir des années 1980, un ensemble de circonstances, qu’il n’est pas lieu d’analyser ici, a conduit à un décrochage de plus en plus prononcé entre les détenteurs du capital et la masse des citoyens. L’oligarchie accumule revenus et patrimoine à un degré jamais vu depuis un siècle.

Il est essentiel de s’intéresser à la façon concrète dont les hyper-riches utilisent leur argent. Celui-ci n’est plus caché comme au temps de l’austère bourgeoisie protestante décrite par Max Weber : il nourrit au contraire une consommation outrancière de yachts, d’avions privés, de résidences immenses, de bijoux, de montres, de voyages exotiques, d’un fatras clinquant de dilapidation somptuaire. Les Français découvrent avec M. Nicolas Sarkozy un exemple désolant de ce comportement tape-à-l’œil.

Pourquoi cela est-il un moteur de la crise écologique ? Pour le comprendre, il nous faut nous tourner vers le grand économiste Thorstein Veblen, dont la pensée était rangée par Raymond Aron au même niveau que celles de Carl von Clausewitz ou d’Alexis de Tocqueville. Bien oubliée aujourd’hui, elle n’en présente pas moins une saisissante pertinence.

Résumons-la à l’extrême. Que disait Veblen ? Que la tendance à rivaliser est inhérente à la nature humaine. Chacun d’entre nous a une propension à se comparer aux autres, et cherche à manifester par tel ou tel trait extérieur une petite supériorité, une différence symbolique par rapport aux personnes avec lesquelles il vit. Veblen ne prétendait pas que la nature humaine se réduit à ce trait, il ne le jugeait pas d’un point de vue moral, il le constatait. S’appuyant sur les nombreux témoignages des ethnographes de son époque, il constatait aussi que cette forme de rivalité symbolique s’observe dans toutes les sociétés.

De surcroît, poursuivait-il, toutes les sociétés produisent assez aisément la richesse nécessaire pour satisfaire leurs besoins de nourriture, de logement, d’éducation des enfants, de convivialité, etc. Pourtant, elles produisent généralement une quantité de richesses bien supérieure à la satisfaction de ces besoins. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de permettre à leurs membres de se distinguer les uns des autres.

Veblen constatait ensuite qu’existent le plus souvent plusieurs classes au sein de la société. Chacune d’entre elles est régie par le principe de la rivalité ostentatoire. Et, dans chaque classe, les individus prennent comme modèle le comportement en vigueur dans la couche sociale supérieure, qui montre ce qu’il est bien, ce qu’il est chic de faire. La couche sociale imitée prend elle-même exemple sur celle qui est située au-dessus d’elle dans l’échelle de la fortune. Cette imitation se reproduit de bas en haut, si bien que la classe située au sommet définit le modèle culturel général de ce qui est prestigieux, de ce qui en impose aux autres.

Que se passe-t-il dans une société très inégalitaire ? Elle génère un gaspillage énorme, parce que la dilapidation matérielle de l’oligarchie – elle-même en proie à la compétition ostentatoire – sert d’exemple à toute la société. Chacun à son niveau, dans la limite de ses revenus, cherche à acquérir les biens et les signes les plus valorisés. Médias, publicité, films, feuilletons, magazines « people » sont les outils de diffusion du modèle culturel dominant.

Comment alors l’oligarchie bloque-t-elle les évolutions nécessaires pour prévenir l’aggravation de la crise écologique ? Directement, bien sûr, par les puissants leviers – politiques, économiques et médiatiques – dont elle dispose et dont elle use afin de maintenir ses privilèges. Mais aussi indirectement, et c’est d’une importance équivalente, par ce modèle culturel de consommation qui imprègne toute la société et en définit la normalité.

Nous rebouclons maintenant avec l’écologie. Prévenir l’aggravation de la crise écologique, et même commencer à restaurer l’environnement, est dans le principe assez simple : il faut que l’humanité réduise son impact sur la biosphère. Y parvenir est également en principe assez simple : cela signifie réduire nos prélèvements de minerais, de bois, d’eau, d’or, de pétrole, etc., et réduire nos rejets de gaz à effet de serre, de déchets chimiques, de matières radioactives, d’emballages, etc. Ce qui signifie réduire la consommation matérielle globale de nos sociétés. Une telle réduction constitue le levier essentiel pour changer la donne écologique.

Qui va réduire sa consommation matérielle ? On estime que 20 à 30 % de la population mondiale consomme 70 à 80 % des ressources tirées chaque année de la biosphère. C’est donc de ces 20 à 30 % que le changement doit venir, c’est-à-dire, pour l’essentiel, des peuples d’Amérique du nord, d’Europe et du Japon. Au sein de ces sociétés surdéveloppées, ce n’est pas aux pauvres, aux RMIstes, aux salariés modestes que l’on va proposer de réduire la consommation matérielle. Mais ce n’est pas non plus seulement les hyper-riches qui doivent opérer cette réduction : car même si MM. Sarkozy, Vincent Bolloré, Alain Minc, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Jacques Attali et leur cortège d’oligarques se passent de limousines avec chauffeurs, de montres clinquantes, de shopping en 4 x 4 à Saint-Tropez, ils ne sont pas assez nombreux pour que cela change suffi- samment l’impact écologique collectif. C’est à l’ensemble des classes moyennes occidentales que doit être proposée la réduction de la consommation matérielle.

On voit ici que la question de l’inégalité est centrale : les classes moyennes n’accepteront pas d’aller dans la direction d’une moindre consommation matérielle si perdure la situation actuelle d’inégalité, si le changement nécessaire n’est pas équitablement adopté. Recréer le sentiment de solidarité essentiel pour parvenir à cette réorientation radicale de notre culture suppose évidemment que soit entrepris un resserrement rigoureux des inégalités – ce qui, par ailleurs, transformerait le modèle culturel existant.

La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd’hui, l’augmentation de la consommation matérielle globale n’est plus associée avec une augmentation du bien-être collectif – elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s’ouvrir la porte d’autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d’action importantes. Il s’agit de renouveler l’économie par l’idée de l’utilité humaine plutôt que par l’obsession de la production matérielle, de favoriser le lien social plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls.

Écrit par : hjkh | 01/10/2008

pùp On sait parfaitement, depuis maintenant pas mal de temps, que le musulman (agent de l’Inter-Services Intelligence) a remplacé le communiste (agent du Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti), dans le dispositif propagandaire de la droite régimaire [1] : de la même façon qu’elle agitait naguère l’épouvantail soviétique pour te convaincre de l’ontologique suavité du capitalisme [2], elle brandit aujourd’hui la menace d’un grave danger mahométan pour te maintenir dans l’asservissement au "néo"-libéralisme axelmillerisé [3].

(Depuis quelques années, une poignée de fins penseurs de régime a même fait la synthèse (idéale) de ces deux périls, en façonnant, par de globuleux amalgames, la figure (terrible) de l’"islamo-gauchiste" - qui est l’enfant naturel d’un couple diabolique, le trotskisme et le djihadisme.)

Ce glissement du rouge au vert [4], dans la forgerie d’une intimidation des masses, était hier condensé dans quelques mots de la très loufoque tribune, publiée par Le Monde, où Michèle Alliot-Marie nous exhortait, Européen(ne)s, à "renforcer nos actions contre l’islamisme" - et que voici : "A l’heure où le communisme s’efface, et avec lui une voie politique de contestation, l’intégrisme accueille des personnes frustrées, en quête d’identité, fragilisées, mais aussi, et c’est une nouveauté, des acteurs apparemment bien intégrés - voire occidentaux, mais sensibilisés par la propagande (…)".

Je ne m’étendrai pas (trop) sur la désolante (mais, je le crains, volontaire) cécité qui refuse de voir dans la réalité d’autres voies politiques pour la "contestation" (fussent-elles pénibles) que celle du "communisme" : c’est une manière, tu l’as compris, de nous redire, par exemple, que les Palestiniens, lorsqu’ils votent où il ne faut pas, seront punis - hors du champ (de la) politique.

Je ne m’étendrai pas non plus (trop) sur la curieuse idée que le monde se divise en deux, mon ami(e), entre d’une part "des personnes frustrées", dont l’inassouvissement a les parfums lourds de l’Orient, et d’autre part des gens "intégrés - voire occidentaux"…

(Hhhhh…)

Je veux juste souligner comme on passe, là, et par la seule magie du verbe (le mots changent, le procédé reste), du "communisme" à l’"intégrisme" - étant bien entendu que ce fondamentalisme n’est pas (du tout) celui des bigots du marché qui allaient proclamant, avant que la crise n’éclate, qu’"une économie qui ne s’endette pas suffisamment (…) est une économie qui ne croit pas en l’avenir" [5], mais (bel et) bien celui de l’inquiétant "monde musulman" [6].

Et certes : ce n’est pas d’aujourd’hui que MAM s’illustre par des propos un peu outrés.

(C’est elle qui, rappelle-toi, déplorant naguère la "médiatisation" d’une grosse descente policière sur Villiers-le-Bel, avait posément déclaré : "Rendez-vous compte, le jour où on lance des commandos contre les talibans, si on prévient la presse internationale"…

Rendez-vous compte…)

Mais elle y met, en ces temps où la crise financière inquiète le pékin, une singulière ténacité.

Ainsi, après avoir crié hier, dans les pages du Monde, que nous devions "renforcer nos actions contre l’islamisme", elle inaugurait aujourd’hui, et Le Monde, naturellement, a trompeté la nouvelle, un "séminaire" où de savants spécialistes se posaient la question suivante : "Comment reconnaître un prisonnier en voie de radicalisation islamique [7] ?"

Et, bon, c’est vrai qu’il y a en fait, et en tout et pour tout, "140 détenus prosélytes", sur les "64.000 personnes détenues dans les prisons françaises" - en sorte que cette microscopique "radicalisation" n’est sans doute pas ce qui se passe de plus terrifiant derrière les murailles des centrales.

Mais en temps de crise, n’est-ce pas ?

Durant qu’on fomente la ponction de ton Livret A pour éponger le guano des capital-risqueurs ?

Il n’est sans doute pas inutile que tu te focalises vers le péril mahométan (qui vient jusque dans nos prisons prosélytiser nos taulard(e)s), plutôt que sur ton pouvoir d’achat.


Notes
[1] Et de ses fidèles supplétifs de la presse qui ment.

[2] Entre ici, Jean-François Revel.

[3] Du nom d’Axel Miller, "président du directoire de la banque franco-belge" Dexia, qui "peut prétendre à une indemnisation de 3,7 millions d’euros", après que cet établissement vient de failliter velu.

[4] Où Pierre-André Taguieff, pour ne citer que lui, excelle à fustiger l’alliance du mollah Omar et de Noam Chosmsky.

[5] Nicolas Sarkozy, que cite ce matin Le Canard enchaîné.

[6] François Fillon, s’oubliant.

[7] C’est tous les deux ans, tu le sais, qu’on nous fait le coup désormais de l’islamisme-des-prisons.

Écrit par : hjkh | 02/10/2008

opùp Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde du 1er octobre, et intitulée « Les démocraties face au terrorisme », Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, développe sa pensée. Et, pourrait-on dire, tous les poncifs de la doxa sécuritaire face à l’islamisme et au terrorisme.

« Le terrorisme est l’ennemi commun des démocraties. L’islamisme radical n’est certes pas le seul en cause, il demeure toutefois une priorité. Depuis plus de six ans, comme ministre de la défense puis de l’intérieur, j’en ai suivi les modalités, les évolutions et hélas les manifestations. Certaines réalités ne sont pas inutiles à rappeler. »

Le terrorisme, « un ennemi commun » ? Qu’y a-t-il de commun entre Al-Qaida, l’ETA basque, les Tigres tamouls ? En réalité, le seul ennemi, dans l’esprit de la ministre, c’est bien l’islamisme radical.

« La première est que la France est une cible potentielle, car ses valeurs : liberté, tolérance, respect des femmes, laïcité, droits de l’homme, sont en opposition avec celles de l’intégrisme. Elle n’est pas plus menacée que d’autres : ces dernières années ont vu plus d’attentats dans les pays musulmans qu’en Europe. Elle ne l’est pas moins : le démantèlement de réseaux et les arrestations d’islamistes sur notre sol le montrent. »

C’est une reprise sans aucune nuance du discours du président Bush : « ils » nous haïssent non pas à cause de notre politique, mais à cause des valeurs que nous représentons. A quoi Oussama Ben Laden répondait en substance que, si sa haine était dirigée en priorité contre la démocratie et les libertés, son principal objectif serait la Suède, et non les Etats-Unis. Ce type de raisonnement américain, repris par la ministre, a pour avantage (si l’on peut dire) qu’il dispense de toute réflexion sur les effets de la politique américaine ou occidentale dans le monde musulman.

« La deuxième réalité est l’extension géographique du terrorisme islamiste. L’arc du terrorisme intégriste couvre l’Afghanistan, le Pakistan, la Malaisie, l’Indonésie, la Somalie, la péninsule Arabique, le Moyen-Orient, la zone subsaharienne et le Maghreb. De ces bases, il projette ses actions vers l’Europe. »

On pourrait inverser le raisonnement, et dire que ce qui est nouveau, c’est la présence massive de troupes occidentales en Irak, en Afghanistan, au Liban, sans parler des bases et des conseillers militaires ou de sécurité. C’est cet interventionnisme, sans précédent depuis la fin de l’époque coloniale, qui a contribué à créer cet arc de crise et cette internationale de la résistance (lire « Des frontières chamboulées par la guerre américaine » et voir la carte « Autoroute de “l’internationale insurgée” », Le Monde diplomatique, octobre-novembre 2007).

« Les conflits irakien, israélo-palestinien, afghan lui servent de terrain d’entraînement. Les zones grises où les Etats ne parviennent pas à imposer leur autorité abritent ses bases arrière et les trafics de drogue ou d’armes qui le financent. »

Qui a créé ces conflits qui servent de terrain d’entraînement ? En Irak comme en Afghanistan, nous avons une guerre occidentale et, en Palestine, le refus permanent d’Israël d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, refus qui bénéficie d’un soutien américain et de la complaisance européenne.

« La troisième réalité est l’évolution idéologique du terrorisme. Al-Qaida s’est d’abord identifiée à une radicalisation religieuse appelant à une guerre totale entre monde musulman et monde occidental. Cette motivation est encore mise en avant. Pourtant depuis trois ou quatre ans, l’idéologie l’emporte de plus en plus sur le religieux. »

C’est tout simplement faux. On sait depuis longtemps que nombre des adeptes d’Al-Qaida ou des groupes qui lui sont liés sont mus avant tout par des motifs politiques ou nationalistes (comme en Afghanistan). Al-Qaida dispose d’un prestige auprès de certains musulmans non parce que ceux-ci auraient envie de vivre sous un régime de type taliban, mais parce qu’ils veulent s’opposer aux Etats-Unis et à leur politique, et qu’Al-Qaida leur apparaît comme l’organisation qui lutte vraiment contre Washington.

« A l’heure où le communisme s’efface, et avec lui une voie politique de contestation, l’intégrisme accueille des personnes frustrées, en quête d’identité, fragilisées, mais aussi, et c’est une nouveauté, des acteurs apparemment bien intégrés - voire occidentaux, mais sensibilisés par la propagande, comme les médecins des attentats de Londres. »

Sont-ils sensibilisés seulement par la « propagande » ? Ou bien par ce qu’ils peuvent voir sur les écrans de télévision de massacres, d’oppression, d’invasion perpétrés par des troupes étrangères qui prétendent apporter aux pays « arriérés » la civilisation et la démocratie ?

« A ce titre, les Etats arabes ou musulmans et leurs dirigeants deviennent des cibles au même titre que les Occidentaux. »

Oui, cela est vrai... mais, depuis la naissance des groupes violents dans la région, cela l’a toujours été.

« La quatrième réalité, c’est la guerre de la communication. Les terroristes utilisent les images des populations victimes des affrontements au Liban, en Palestine, en Afghanistan, comme propagande contre l’Occident ; celles des otages ou des militaires occidentaux tués comme preuve de leur puissance. »

Les populations victimes « d’affrontements » ? Ou d’une politique d’agression soutenue par les Occidentaux ?

« Ils recherchent la symbolique pour créer la panique. Métros, gares, casernes, rencontres politiques, sportives, culturelles très médiatisées, constituent à ce titre autant de cibles potentielles. Devant cette recherche du toujours plus spectaculaire, l’utilisation d’armes chimiques ou bactériologiques sur des cibles comme les centrales nucléaires, les réservoirs d’eau ou les systèmes informatiques, est une crainte légitime. »

(...)

« Agir, c’est intervenir là où sont les organisations, les réseaux de financement, les camps d’entraînement, les écoles d’endoctrinement. C’est le sens profond de l’engagement de nos militaires en Afghanistan ou au Liban aux côtés de leurs camarades des autres pays, dans des missions aussi risquées qu’indispensables. L’ONU donne sa légitimité à cette action militaire, car ses décisions sont celles de la communauté internationale entière et non des seuls pays occidentaux. »

Quel rapport entre la présence française en Afghanistan et au Liban ? Dans ce deuxième pays, elle n’est présente que parce qu’il y a l’accord de toutes les forces politiques, y compris le Hezbollah. En Afghanistan, la France sert de supplétif aux Etats-Unis, et c’est pourquoi l’armée française doit se retirer de ce pays.

« Agir, c’est aussi contribuer à l’amélioration des conditions de vie et au retour à l’Etat de droit, dans des pays dont la situation politique et l’absence de valeurs démocratiques est de nature à favoriser l’émergence de groupes radicaux. »

Parler de l’Etat de droit pour l’Afghanistan (ou pour l’Irak) relève sans doute d’un sens de l’ironie très particulier...

(...)

« L’Europe ne saurait ignorer qu’elle partage les mêmes risques que l’Amérique. Il est temps de donner un contenu nouveau au dialogue transatlantique avec un cadre qui favorise les échanges d’informations pertinents et garantisse un niveau élevé de protection des droits individuels et des libertés. L’action policière nécessite une législation adaptée, mais qui ne renonce pas à nos valeurs de respect de la démocratie et des droits de l’homme. »

Mais si la politique américaine est l’une des causes essentielles du développement du terrorisme, de quoi allons-nous parler avec Washington ? De la création d’un Etat palestinien promis depuis des années ? Des bombardements de civils en Afghanistan ou en Irak ? Des droits de l’homme tels qu’ils sont interprétés à Guantanamo ou dans les prisons afghanes contrôlées par les Etats-Unis ?

Écrit par : hjkh | 02/10/2008

utu L’ouragan financier navre les barons de l’information : ils avaient placé leurs euros en Bourse. Et ceux qui, dix ans plus tôt, célébraient « la dure et juste loi des marchés financiers » (Le Monde, 17.9.98) pestent à présent contre le capitalisme « immoral ».«Depuis plus d’une décennie, les talibans du divin marché financier ont rejeté tous les avertissements, méprisé tous les contradicteurs et récusé toute tentative de régulation. Résultat : le divin marché a accouché d’un monstre comparable à la créature de Frankenstein, que personne ne parvient plus à maîtriser. » À la lecture de ces lignes signées Laurent Joffrin (Libération, 24.9.08), on se demande si leur auteur ne souffre pas du syndrome de Gilles de La Tourette, ce mal étrange qui pousse ses victimes à couvrir d’insanités leur entourage. En assimilant la finance à un procréateur de monstres, Joffrin injurie son papa spirituel, le banquier Édouard de Rothschild, qui l’a embauché avec amour en 2006, mais aussi Libération, dont il se vantait naguère d’avoir fait l’un des « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche (1) ». Hier encore, il réservait ses « avertissements » non pas au marché, mais à la « raideur anti-marché » des syndicats d’enseignants, accusés de vivre « dans la phobie du capitalisme et dans la détestation des valeurs de l’entreprise privée (2) ».
C’est l’un des effets les plus cocasses de la « crise financière mondiale » : les dindons du Parti de la presse et de l’argent (PPA), qui exaltaient la liberté du capital, s’insurgent à présent contre son manque de règles. Ainsi du Monde, qui dénonce les fonds spéculatifs dont la crise a rogné le rendement : « Les hedge funds sont le trou noir de la finance mondiale » (22.9.08). Le Plan B a immédiatement actionné sa base de données délicieuses (BDD) (3). Un an plus tôt, le même journal s’interrogeait dans son supplément « Argent » : « Faut-il avoir peur des hedge funds ? » Bien sûr que non, concluait alors Le Monde, puisque ces fonds – estimés à 1 760 milliards d’euros, soit une hausse de 700 % en dix ans – « sont indispensables au bon fonctionnement des marchés » (28.10.07).
La débâcle immobilière qui expulse des centaines de milliers d’Américains de leurs logements n’altère pas l’allant de la presse française. Comme en témoignent les archives du Monde sur cette période, les dindons ont continué de glousser joyeusement tant que leurs plumes restaient au sec. « Wall Stret bat un record, la crise semble déjà oubliée », titre ainsi Le Monde du 3 octobre 2007, avant d’annoncer : « Malgré la crise financière, les marchés émergents nagent dans l’euphorie » (14.10.07). Ils ne sont pas les seuls : « Les investisseurs ayant misé ces dernières années sur les fonds spécialisés dans le luxe ne l’ont pas regretté, tant le secteur affiche une santé éclatante » (9.12.07).

Le dindon qui pleure sa farce
Huit mois après le déclenchement de la crise des « subprimes », le quotidien vespéral s’inquiète de ce que « la récession américaine pourrait être l’une des plus graves depuis 1945 ». Mais il se rassure aussitôt puisque « les patrons du CAC 40 ne ressentent pas la crise » (21.3.08). Éric Le Boucher non plus, qui brame en tête de sa rubrique économique : « Non aux scénarios catastrophes ! » (23.3.08). À cette date, le coût de la crise s’élève à 945 milliards de dollars, selon une estimation du FMI que Le Monde, soucieux de « restaurer la confiance », évacue dans un articulet (8.4.08). En revanche, la proclamation par des experts surpayés de l’OCDE, au moment où la banque d’affaires Lehman Brothers entame sa descente vers la liquidation, que « le pire de la crise est sans doute passé » (4.6.08) bénéficie d’un gros article.
Car les économistes sont aussi nuls que les journaux qu’ils abreuvent. « Il n’y aura pas de krach en 2008 », assurait en janvier un expert de la Deutsche Bank, David Naud (Le Monde, 2.1.08). « Le pire est passé. C’est fini », tranchait quatre mois plus tard Patrick Artus, l’un des économistes chouchous du PPA (Challenges, 3.4.08). « Wall Street bien armée pour rebondir », titre au même moment La Tribune (3.4.08), tandis que La Vie financière pronostique un « redémarrage sur les chapeaux de roue » (4.4.08). Lorsque la dégringolade des banques américaines ne peut plus être ignorée, les calamars de l’économie ripostent en vaporisant un nuage d’encre : « La crise est l’une des conséquences des attentats du 11 Septembre », suppute Denis Kessler, PDG de Scor (Le Monde, 28.8.08), tandis qu’un économiste du Monde invite à « lire la crise actuelle à l’aune des cycles économiques », aussi naturels que les saisons.
Fin septembre, tandis que George Bush promettait 700 milliards de dollars à ses argentiers dans le besoin, les chaînes de radio et de télévision françaises – sans parler du Figaro et de L’Express – s’arrachaient George Soros, un richissime spéculateur américain qu’elles vénèrent pour son « franc-parler » et sa « clairvoyance ». « Vous aviez tout prévu ! » lui lance, admiratif, l’animateur « culturel » de France 3, Frédéric Taddei (18.9.08). Quatre mois plus tôt, l’homme qui avait tout prévu déclarait en effet : « La crainte que le système financier ne s’écroule n’a plus lieu d’être depuis le sauvetage de Bear Stearns et la capacité de se défendre qu’a démontrée Lehman Brothers » (Les Échos, 10.4.08).


Notes :
1. Dans Les années Libé, film de Michel Kaptur, France 2, 2 juin 1993.
2. La Gauche bécassine, Laurent Joffrin, Paris, Robert Laffond, 2007.
3. Certaines des perles qui suivent ont été dérobées dans la vitrine de notre bijouterie universitaire Acrimed (www.acrimed.org). Des centaines de fourmis sardones envahissent actuellement les bibliothèques pour relever les palinodies du PPA dans tous les journaux et magazine d’« information ».

Écrit par : hjkh | 03/10/2008

AMY GOODMAN: Joe Stiglitz, I wanted to play for you the proposal of Bruce Marks. We had him on the show the other day. He is the CEO of the Neighborhood Assistance Corporation of America in Boston.

BRUCE MARKS: The fact of the matter is, this thing should be killed. It should not happen at all. It does nothing, Amy, for the homeowners. And what we have to say to Congress, Amy, is we have to say, “It’s the foreclosures, stupid,” just like Bill Clinton said to the first George Bush, “It’s the economy, stupid.” We have to say to this Congress, “It’s the foreclosures, stupid.”

And they have to do three things: do a moratorium on foreclosures, stop the interest-rate increases, and restructure loans to make them affordable. That’s it, without one dollar of taxpayer money.


AMY GOODMAN: Joseph Stiglitz, what about what Bruce Marks proposes?

JOSEPH STIGLITZ: Well, I mean, he’s clearly right. This is the point I made before, that we’re having a massive blood transfusion without stopping the hemorrhaging at the bottom. Real estate prices are likely to continue to fall. And we need to do more. This proposal does very little to stem the underlying problem.

I would add to the list a couple things. I would, for instance, convert our current mortgage deduction into a cashable tax credit. The reality—you know, what we do for rich Americans is, in effect, through our tax system, in many states, are paying 50 percent of the housing costs, because the interest in real estate taxes are tax-deductible. For poor Americans, we do nothing, or much less. It’s inequitable. It’s inefficient. And a conversion from this tax deduction to tax credit would allow people to better be able to afford to stay in their homes.

Secondly, we do need a reform bankruptcy law to encourage restructuring of the mortgages. There was predatory lending. And even when it wasn’t predatory lending, the fact is that today a very large fraction of homes have mortgages that are—exceed the value of the house. The banks ought to recognize the loss, just write down the value of the mortgage to, say, 90 or 80 percent of the value of the property.

And finally, I think it may be desirable to have a government mortgage program taking advantage of our lower—government’s lower cost of capital, a better ability to collect, passing on some of those lower interest to homeowners. I don’t think it does any good to have these people evicted from their homes. So, that would allow people to have lower mortgage costs, allow them to stay in their homes, convert them—perhaps the non-recourse loans to a recourse loan, but only do it if there is this reduction in the value of the mortgage, so that the lenders take a haircut on those mortgages.

JUAN GONZALEZ: Yeah, I’d like to ask you, the impact, in two ways, of this enormous additional debt that the government is taking on: one, in terms of how this will affect the ability of the new president to implement whatever programs he is hoping to implement, and two, how it’s affecting the standing of—the financial standing of the United States in the world, in terms of its relative influence vis-a-vis other countries and governments, in essence, and banks in other countries that are now helping the United States get through this crisis?

JOSEPH STIGLITZ: Well, first, let me make an observation, that it wasn’t very long ago that the President vetoed a bill to provide healthcare, health insurance, to poor American children who otherwise would not get healthcare. Without that healthcare, they could be scarred for life. And he said—and this is a bill that costs a few billion a year—he said we could not afford it. We didn’t have the money. All the sudden, we found this $700 billion to help Wall Street. And that sort of shows you a sense of priorities, a sense of proportion.

The fact is that Americans are not saving. Household saving has been close to zero; some quarters, it’s been negative. One of the problems with the Bush administration is that it thinks that tax cuts are a solution to every problem, and the February stimulus package focused on encouraging even more consumption through the tax cut. So, what does that mean? That means to finance this money, we’re going to have to borrow money. But where are we going to borrow it from? America is not saving. So, most of this money, or at least a significant fraction, is going to come from abroad. And that means we are going to be more indebted to China and to other countries. Our living standards in the future are going to be lower. We’re going to be sending checks on interest, and banks will repay it, on principle, abroad, money that could have gone into improving our standard of living, a whole set—you know, education, technology, infrastructure, to make our economy more competitive.

The basic lesson of economics is there’s no such thing as a free lunch, and there’s no such thing as a free war, and there’s no such thing as a free bailout. Our resources are scarce, and we’re going to have to give up something. And the amount that we have to give up will depend, in the long run, on how well we protect taxpayers in this bailout. And that’s one of the main criticisms of the Paulson plan. It’s not as well designed as it should be to protect American taxpayers.

AMY GOODMAN: Finally, Joseph Stiglitz, you’re co-author of The Three Trillion Dollar War: The True Cost of the Iraq Conflict. How does the bailout connect to war?

JOSEPH STIGLITZ: Very much. Let me first explain a little bit how the current crisis connects with the war. One of the reasons that we have this crisis is that the Fed flooded the economy with liquidity and had lax regulations. Part of that was this ideology of regulations were bad, but part of the reason was that the economy was weak. And one of the reasons the economy was weak was oil prices were soaring, and part of the reason oil prices were soaring is the Iraq war. When we went to war in 2003, before we went, prices were $23 a barrel. Futures markets thought they would remain at that level. They anticipated the increase in demand, but they thought there would be a concomitant increase in supply from the low-cost providers, mainly in the Middle East. The war changed that equation, and we know what happened to the oil prices.

Well, why is that important? Well, we were spending—Americans were spending hundreds of millions—billions of dollars to buy—more, to buy imported oil. Normally, that would have had a very negative effect on our economy; we would have had a slowdown. Some people have said, you know, it’s a mystery why we aren’t having that slowdown; we repealed the laws of economics. Whenever anybody says that, you ought to be suspect.

It was actually very simple. The Fed engineered a bubble, a housing bubble to replace the tech bubble that it had engineered in the ’90s. The housing bubble facilitated people taking money out of their mortgages; in one year—out of their houses; in one year, there were more than $900 billion of mortgage equity withdrawals. And so, we had a consumption boom that was so strong that even though we were spending so much money abroad, we could keep the economy going. But it was so shortsighted. And it was so clear that we were living on borrowed money and borrowed time. And it was just a matter of time before, you know, the whole thing would start to unravel

Écrit par : quaeps | 03/10/2008

u(u Je hais les géraniums. Vous aussi, non ? Comme je vous comprends. Qui pourrait bien aimer les géraniums ? Parfois je me demande même si ce sont réellement des fleurs. Parce qu’une fleur, dans mon esprit à moi, ça évoque quelque chose de plutôt jolie et qui sent plutôt bon. Sur le plan esthétique et olfactif, on peut dire que le géranium est au monde végétal ce que l’hyène est au monde animal. J’affirmerais même que le géranium est au balcon ce que la tour Montparnasse est à Paris ou les Etats-Unis à la scène internationale : une insulte, une injure, un affront. Je ne connais d’ailleurs personne qui aime les géraniums. Personne, à part ma mère. Mais bon, là, ça ne compte pas parce que ma mère elle aime tout le monde. Elle aime tout et même n’importe quoi (comme les géraniums, par exemple).

Ma mère est une sainte enchâlée aux mains magiques qui vous tissent une nappe en dentelle blanche en moins de temps qu’il n’en faut à Sarko pour trahir une promesse électorale. Et si quelqu’un éternue, elle lui tricote une écharpe avant même qu’on n’ait eu le temps de prononcer « à tes souhaits ».

Ma mère a aussi des bras à faire passer un haltérophile bulgare pour un mannequin anorexique. Et ça, ça tombe plutôt mal, parce que ma mère a aussi un sens aigu, très aigu, extrêmement aigu, de la justice, du respect et de l’honnêteté. Et à la moindre violation des principes susmentionnés, une augmentation brutale de la pression atmosphérique se produit, provoquée par le déplacement dans l’air de ses fameux bras et annonçant l’imminence d’un choc. Et jamais le moindre abri en vue. Bref, ma mère avait toutes les qualités requises pour chambouler les affres existentialistes d’un adolescent un tantinet chenapan.

A vrai dire, des fessées, je n’en ai pas pris beaucoup. Mais les rares que j’ai prises, on peut dire que c’était pour de vrai. Des fessées d’une amplitude à faire recomposer ton ADN. Des fessées à chambouler ta perception de la vie. Ton autobiographie, qui avait pour titre provisoire « Ma Vie de Chenapan », s’intitulera désormais « Ma rencontre avec King Kong ».

Ma mère dispense la justice comme elle dispense l’amour : sans compter. Il faut l’avoir vue, au moins une fois dans sa vie, entourée d’un parterre d’une dizaine « d’éléments perturbateurs » de la cité HLM, en train de donner un cours de tricot. Ouais. De tricot. Tu m’étonnes après que même des géraniums aient pu trouver refuge sur notre balcon.

Discrets au début, ces machins ne tardèrent pas à réclamer des « soins ». Comme « être arrosés » par exemple. Tâche ingrate que j’exécutais volontiers à la demande de ma mère, toujours soucieux que j’étais, en bon fils modèle, de répondre aux moindres désirs de celle qui m’avait mis au monde, qui m’avait allaité, qui m’avait soigné, qui avait veillé sur toutes mes nuits enfiévrées, et qui avait aussi fini par céder à mon chantage et me promettre une petite pièce de monnaie en échange de ce geste désintéressé. Après avoir gaillardement rempli un seau, je le vidai prestement sur les pots suspendus dans le vide. Sans surprise, l’eau déborda et, sans surprise, s’en fut en cascades épancher quelques passants aux poings brandis et criant vengeance. L’espace vertical qui nous séparait me garantissait une impunité digne d’un banquier. J’étais en train de leur préparer quelques répliques salaces lorsque la première des plaies d’Égypte s’abattit sur moi. Paf ! « Mais qu’est-ce que tu as fait ? » Ben rien. « Rien ? Mais regarde ! ». Paf ! Deuxième plaie d’Egypte. Quoi ? « Tu arroses les fleurs ou tu arroses les gens ? ». Paf ! Paf ! Troisième et quatrième plaies. « Tu n’as donc aucun respect pour les gens ? ».

Elle décida de prendre les affaires en main et je la revois encore, avec son petit arrosoir, verser l’eau avec toutes les précautions du monde et toute la solennité d’un prêtre pendant un baptême. Par petites doses, avec une pause entre chaque, opération ponctuée de petits coups d’œil - pas inquiets, mais préoccupés quand même - vers le trottoir en dessous, car une goutte aurait pu échapper à sa vigilance… « Et tomber ? » Ben oui. « Sur quelqu’un ? » Possible. « Un…un passant ? » Tant qu’à faire. « un passant… INCONNU ?!? » Probablement. Et ça, c’est une chose que ma mère n’aurait jamais acceptée, ni admise, ni tolérée, ni avalisée, ni cautionnée, ni pardonnée.

Alors, sur le trottoir en dessous du balcon de ma mère, à l’ombre de ses géraniums, tout passant occasionnel, sans distinction de sexe, de religion ou d’opinion politique, pouvait se reposer, assuré d’y trouver un espace de tranquillité, un havre de paix, un lieu de méditation, que dis-je, un salon VIP en classe affaires (« avec une connexion Wifi ? ». Nan, pas encore inventé à l’époque). Simple question de respect pour l’autre, malgré tout ce qu’elle avait elle-même endurée.

Et alors, me demandez-vous ? Alors, rien.

Vous connaissez le boulevard de Courcelles à Paris ? Non ? Alors vous ne fréquentâtes pas les bonnes Grandes Ecoles mon pauvre ami(e). Le boulevard de Courcelles pourrait figurer dans un ancien jeu de Monopoly. A certaines intersections, le temps pour vous d’acheter à la pharmacie locale votre crème antirides « parce-que-vous-le-valez-largement », des voituriers se chargeront prestement de garer votre Maserati, votre Ferrari ou votre Hummer.

Dans les immeubles qui longent le boulevard de Courcelles, une certaine distinction est de rigueur. Ce jeune homme qui aujourd’hui cire le marbre du hall d’entrée, n’était-il point là hier à épousseter quelque statue ? Oui, il l’était. Et n’était-il point là avant-hier à astiquer les pièces en laiton des portes ? Oui, c’était bien lui. Et n’était-il point là avant-avant-hier…

On peut aussi croiser, au hasard, d’anciens premiers ministres, d’anciens chanteurs à succès, des journalistes, et même Dominique Strauss-Kahn (ancien d’un peu de tout, avant d’être appelé à de plus hautes besognes). Les hommes là-bas portent des costumes sombres et parlent à d’autres costumes sombres. Les « businessmen » portent le journal les Echos, les « politiques » portent le journal le Monde, les « un nom avec une particule mais j’hésite encore à vous dire laquelle » portent le Figaro.

Pour entrer dans l’immeuble, il faut pousser une porte lourde comme un pont-levis. Alors, disons que par politesse, il m’arrive de tenir cette porte ouverte à ceux et celles qui suivent.

Le modèle « businessman » réagira selon qu’il vient d’être viré, qu’il vient de signer un contrat ou que la CGT soit majoritaire. Ca sera donc, dans l’ordre, un sourire crispé, un hochement de tête, ou un « merci, oh merci » en présentant sa carte de visite.

Le modèle « politique » vous regardera avec hésitation, en essayant de se souvenir si nous sommes en période électorale ou pas. Si oui, il vous serrera chaleureusement la main et vous présentera à la ronde comme « un exemple pour la France ». Sinon, c’est plutôt le désormais classique « casse-toi pauv’con ».

Le modèle « avec particule », s’il est en « bonne compagnie », vous sourira de toutes ses couronnes et peut-être même vous aurait-il invité à monter boire un thé - s’il n’était pas aussi pressé. Sinon, il ne vous remarquera pas et ne s’étonnera qu’à peine de voir la porte rester ouverte par une sorte de miracle, le temps pour lui de se frayer un auguste passage.

Quant aux femmes, que vous dire ? Leur tenir la porte provoque ce regard qui dit « je ne souris qu’aux hedge funds, pas aux Livrets d’Epargne de l’écureuil »

Lorsque le temps est au beau, en passant sur le boulevard de Courcelles, là où vivent et travaillent moult décideurs et faiseurs d’opinion, vous aurez peut-être la chance en début de matinée d’assister à une scène réservée à quelques initiés : l’arrosage des plantes des balcons le matin. Sur plusieurs centaines de mètres, j’ai bien dit plusieurs centaines, comme si tout le monde s’était donné le mot en même temps, les trottoirs se retrouvent inondés et glissants. Levez les yeux et observez ces ruissellements qui tombent des balcons, les uns sur les autres, et ce jusqu’en bas. Tout passant tenant un tant soit peu à sa dignité se verra obligé de marcher sur la route ou, au mieux, au bord du trottoir.

Mais ce n’est pas que de l’eau qui coule, c’est aussi du mépris distillé, de l’indifférence qui dégouline pour tous les « autres ».

Et alors, me demandez-vous ? Alors, rien.

George W. Bush, en annonçant « son » méga plan de sauvetage de ces gens-là, n’a pas eu un seul mot pour leurs victimes. Ce plan de sauvetage (qui n’en est évidemment pas un), le « marché » vient de le saluer à sa manière : en plongeant.

« Il faut prendre des mesures contre la crise » disent ces gens-là. De quelle crise parlent-ils ?

- De la crise des plus de 20.000 personnes qui meurent de faim par jour ? « Une crise désigne une exception, or vous me parlez d’une règle. La faim, c’est plus compliqué que ça. ».

- De la pollution ? « C’est pas une crise ça, c’est un problème de mode de développement. L’écologie, c’est plus compliqué que ça. »

- La maladie ? « C’est pas une crise ! Sauf si c’est une crise de foie, évidemment. Oh, et puis, c’est plus compliqué que ça. »

- La misère ? « J’ai moi-même réussi à devenir milliardaire mais j’ai du bosser pour ça. Résoudre la misère, c’est plus compliqué que ça. »

- Le chômage ? « Dites-vous que si c’était simple, ça fait longtemps qu’on l’aurait réglé. Car, voyez-vous, c’est plus compliqué que ça. »

- Nous expliquer pourquoi un euro fort c’est bien pour notre économie, ou pas bien pour notre économie (ou l’inverse) selon la direction du vent ? « Vois-tu, mon petit, l’économie, c’est plus compliqué que ça. »

- Nous dire en mots clairs en quoi la baisse du CAC40 devrait provoquer autre chose que des fous rires chez les gens normaux ? « La bourse, c’est un peu comme le Casino, mais je dis ça j’ai rien dit parce qu’en fait, c’est plus compliqué que ça ».

- Nous expliquer pourquoi la France est en guerre ? « Sans entraînement, je ne suis pas certain… la politique, ah ça oui, c’est vachement compliqué. »

- le Rubik’s Cube ? « Fastoche. Tu le démontes, tu le remontes. Ni vu, ni connu. Ca c’est pas compliqué ». Ca s’appelle tricher. « Pas s’il n’y a pas une loi contre. Et encore… ».

Oui, je sais : « c’est plus compliqué que ça ».

- Pour résoudre la plus grave crise financière de l’histoire ?
- « Tu prends 700 milliards de dollars … »
- Tu les sors d’où, d’un seul coup comme ça ?
- « j’peux pas t’expliquer, c’est trop compliqué - et tu les donnes à … »
- à ceux qui en ont besoin ?
- « tu raisonnes vraiment en termes simplistes… parce que c’est … »
- je sais : « … plus compliqué que ça ».

Il n’aura pourtant fallu que quelques jours, à ces gens-là, pour se mobiliser et concocter des plans, pour trouver les sommes, des méga-sommes, destinés à sauver des riches, des méga-riches. Et là je sens poindre comme qui dirait une méga-colère contre ces méga-salauds. Alors, la prochaine fois qu’un de ces gens-là commencera une phrase par « c’est compliqué vous savez », allez-y, cédez à vos pulsions.

En marchant le long du Boulevard de Courcelles, lorsque le temps est au beau, je pense souvent à ma mère. Elle qui ne sait ni lire ni écrire n’aurait probablement pas « réussi » à Wall Street. Mais une chose est sûre, ses géraniums et ses fessées auraient été d’une beauté à vous faire chanter l’Internationale.

Écrit par : hjkh | 08/10/2008

jghj e sais pas si tu as noté comme, depuis quelques jours, on nous les brise avec les ""parachutes dorés" et autres rémunérations jugées injustes des grands patrons" ?

De tout côté on n’entend plus que ça (un air nouveau qui nous vient de là-bas), de tout côté on proclame qu’il-faut-qu’on-en-finisse-avec-les-golden-parachutes [1].

Laurence Parisot, qui depuis des années accepte en souriant que des dirigeants dont l’entreprise est en situation d’échec ou qui sont eux-mêmes en situation d’échec la quittent avec des indemnités astronomiques, juge soudain qu’"il n’est pas acceptable que des dirigeants dont l’entreprise est en situation d’échec ou qui sont eux-mêmes en situation d’échec la quittent avec des indemnités".

Oooooh.

Ben.

Non.

Alors.

Pour autant : Laurence Parisot ne souhaite pas (du tout) que le gouvernement "force" les patrons "à obtempérer par une loi", parce que bon, explique-t-elle (sans que nul(le) ne songe à lui soumettre l’idée qu’elle pourrait aussi ne pas se foutre si fort de notre gueule) : "Aux Etats-Unis, dans les années 1980, c’est une loi fiscale sévère sur les salaires qui avait provoqué le développement parfois fou des stock options".

(Je voulais pas de cet argent, monsieur l’agent : c’est le gouvernement qui m’a pour ainsi dire contraint à me gaver, par des lois scélérates.)

Plutôt que de leur infliger une législation inique, Laurence Parisot préfère proposer aux patrons un "code de gouvernance", qui dit que c’est pas joli, joli, de se voter un parachute à 15 millions d’euros quand on a une petite quéquette.

(On devine que les patrons l’entérineront d’enthousiasme : on sait que ces mecs-là ont la fibre citoyenne - c’est pas les millions salarié(e)s qu’ils ont plansocialisés qui me contrediront.)

Laurence Parisot t’annonce, en résumé, que tu vas pouvoir te baigner en toute sécurité : elle a demandé aux requins de ne pas te bouffer la jambe, et elle ne doute pas que les requins l’écouteront.

Le gouvernement, turellement, "se montre sensible aux arguments de Laurence Parisot", et renonce à légiférer - jugeant, lui aussi, que le gentil patronat s’auto-régulera.

(Si tu es un immigré, le régime va te faire une loi tous les six mois, pitoyable enculé.

Si tu es un patron ?

Le gouvernement va te voter sa confiance, plutôt qu’un texte liberticide.)

En somme : le message que t’envoient, en ces jours de crise, le patronat, le gouvernement, et la presse (qui ment) est que les capitaleux vont très fort se moraliser, et qu’on ne les y reprendra plus à se parachuter vers d’épais magots indemnitaires.

Mais, dans la vraie vie, la crise n’est pas née de la multiplication des golden parachutes, dont les montants cumulés, pour obscènes qu’ils soient, ne pèsent d’aucun poids dans les finances du monde.

Dans la vraie vie, la crise vient de ce que le capitalisme est une gigantesque machine à tronçonner-ceux-qui-n’ont-rien-pour-mieux-gaver-ceux-qui-ont-tout.

Dans la vraie vie, nos soucis ne viennent pas vraiment de ce que des patrons ou des banquiers (hallucinés) palpent de riches gratifications - mais bien plutôt de ce qu’ils broient quotidiennement des milliers de salariés, avant que de les surendetter.

Mais ça, n’est-ce pas ?

Ni le MEDEF, ni le gouvernement, ni le big boss de Charlie Hebdo ne vont l’admettre - puisque pour eux les marchés font la joie des familles : alors ils te fourguent ce blabla somnifère autour des ""parachutes dorés et autres rémunérations jugées excessives des grands patrons", histoire de te maintenir un peu loin du véritable enjeu de la crise.

Mettons que je veuille te fourguer une vieille Simca pourrie ?

Une épave dégueulasse ?

Je vais pas te dire, hey, teuma comment que la direction est faussée, teuma comment que ça freine pas, c’est vraiment une caisse de cauchemar.

Je vais plutôt lui mettre un vigoureux coup de Polish, et, surtout, je vais te montrer que j’ai refait la sellerie, agade, agaaaaade, c’est beau, c’est chaud, c’est assorti à ta nouvelle cravate.

Et là, tu l’as compris : le "code de gouvernance" de Laurence Parisot est le (vigoureux) coup de Polish qu’elle met au capitalisme, dans l’espoir qu’icelui fera encore illusion auprès de possibles acheteurs.

Elle veut que tu fasses encore des milliards de kilomètres dans sa vieille tire moisie - alors elle t’invite à relever qu’elle a changé le rétroviseur.

Mais si tu vérifies le châssis ?

Tout le truc est bon pour la casse

Écrit par : quaeps | 08/10/2008

jghj Comme beaucoup l'ont déjà noté, la gravissime crise qui paralyse les marchés de gros du crédit est moins une crise d'illiquidité qu'une crise de rétention des liquidités. D'une certaine manière, ça n'est pas moins grave puisque, si une pénurie objective de liquidité peut toujours être comblée par une banque centrale décidée à le faire, convaincre des agents de remettre les leurs en circulation est une tout autre affaire. C'est bien ce qui rend la crise présente insaisissable - en témoigne l'échec apparent du plan Paulson à peine voté -, à moins qu'on ne sache y reconnaître l'équivalent pour la finance d'une de ces situations que l'histoire monétaire a déjà présentées, situations d'effondrement monétaire en apparence irrattrapables, mais pourtant résolues avec une extrême soudaineté ! André Orléan, qui les a le plus profondément théorisées, parle de « miracle monétaire » à propos de ces dénouements stupéfiants, dont le passage au rentenmark de 1923 et le franc Poincaré de 1928 donnent de spectaculaires exemples.

Si cette référence monétaire vaut d'être évoquée à propos de l'embolie financière d'aujourd'hui, c'est parce que toutes ces situations ont formellement en commun de se présenter comme l'incapacité à extraire les agents de l'équilibre d'anticipations « vicieux » dans lequel ils ont basculé et où, en l'occurrence, l'incertitude de chacun quant à la situation des autres entraîne le refus de prêter qui entraîne la détérioration de la situation des autres, etc. Le « miracle » consiste alors dans la survenue d'un « événement », qui ne peut être le fait que de la puissance publique, extérieure au jeu des agents privés collectivement bloqués, événement capable d'inverser toutes les anticipations et de recoordonner les agents vers l'équilibre autoréalisateur, comme le précédent - mais vertueux ! -, où chacun acceptant de prêter contribue à la détente de la situation des autres, fournissant alors les raisons de prêter davantage, etc.

Quel peut être cet événement aujourd'hui ? Il faut s'interroger sur l'inquiétante incapacité du plan Paulson à dégeler les marchés du crédit en dépit de l'énormité de ses engagements. Mais c'est que le volume ne fait pas tout à l'affaire et qu'il y a bien des manières de dépenser 700 milliards de dollars ! Jouant des effets levier, la recapitalisation aurait sans doute été plus efficace. Mais moins que la solution consistant à en revenir aux origines véritables du problème, à savoir le surendettement immobilier des ménages. Sauver les ménages pour sauver les banques pourrait alors avoir de multiples avantages. D'abord celui de lisser la charge financière dans le temps, puisqu'au lieu d'une prise ferme en un coup de toute la masse des actifs dévalorisés le rétablissement des ménages dans leur situation d'emprunteur solvable moyennant une aide de l'Etat au remboursement répartit les concours à apporter tout au long des échéanciers nominaux, soit une vingtaine d'années. Ensuite parce que, rétablissant la continuité des flux de paiement sur la totalité des dettes hypothécaires, ce concours public restaure ipso facto la pleine valeur des ABS et des CDO qui en ont été dérivés par titrisation, effaçant instantanément les pertes et reconstituant les bases de capitaux propres, donc recréant toutes les conditions pour la reprise du crédit interbancaire. Enfin, parce que les ménages redevenus emprunteurs solvables redeviennent du même coup occupants de leurs logements, pour ceux d'entre eux au moins dont la maison n'a pas encore été vendue - les autres pouvant d'ailleurs être réinsérés dans la propriété au travers de programmes de construction dont il est inutile de souligner l'effet de relance.

Par là en tout cas, le plan public brise la scandaleuse asymétrie du « too big to fail » et du « too small to bail », et gagne une légitimité politique incontestable, celle-là même qui lui a tant fait défaut lors de son premier passage à la Chambre. Ce dernier élément que le point de vue économiciste tiendra spontanément pour parfaitement périphérique est en fait de première importance. Dès lors que l'essence même du « miracle » a pour objet de frapper les esprits afin de renverser et recoordonner les anticipations privées, le spectacle de la communauté nationale rassemblée derrière le plan de sauvetage ajoute considérablement à ses propriétés objectives. On juge du degré auquel le plan Paulson dans son état actuel est voué comparativement à une médiocre efficacité...

A la vérité, il était deux fois déficitaire du point de vue de la légitimité politique. Comme le demeure, quoique à un degré bien inférieur, le plan de « bail-out » des ménages. Car ce dernier, lui aussi, reste dans la logique du plan d'urgence et, tel quel, manque de son indispensable prolongement. Le nom qu'on peut donner à ce dernier est bien connu : la conditionnalité. Qu'il faille sauver la finance, sauf à ce qu'elle nous engloutisse tous avec elle, c'est une chose. Mais que cela soit accompli sans les plus sévères contreparties, ce serait proprement intolérable. Aussi, le véritable plan de sortie de crise ajoute immédiatement à la parade d'extrême urgence un schéma d'arraisonnement définitif de la finance libéralisée. Car seul le projet fermement affirmé d'empêcher à tout jamais ces agents de nuire à nouveau peut en définitive justifier pleinement qu'on vienne à leur secours.

Écrit par : quaeps | 08/10/2008

kjl En Juin, la FAO (ONU) a demandé aux leaders mondiaux 30 milliards de $ pour relancer l’agriculture et parer à la menace de lapénurie alimentaire. Elle n’a obtenu que 7.5 milliards, payables en 4 ans. Ceci contraste avec les 700 milliards du "Plan de sauvetage" US - sans tenir compte des milliards européens

7.5 milliards, payables en 4 ans, ça fait 1(UN !) milliard et 875 millions par an.

OR, dans la semaine du 30 Septembre au 8 Octobre, outre les 700 milliars du "plan de sauvetage" (des banquiers) US, l’Allemagne a "injecté" [c’était de la morphine?] 50 milliards d’Euros pour "sauver" une banque, et l’Angleterre a acheté pour 90 milliards de $ d’actions et mis 350 milliard de £ à la disposition des banques (-iers).

"Comment, dès lors, expliquer à une personne de bonne foi et pleine de bon sens qu’il est impossible de trouver 30 milliards de dollars par an pour permettre à 862 millions d’être humains qui ont faim de bénéficier du plus élémentaire des Droits de l’Homme, le droit à se nourrir."

Ce qui a été dépensé en une semaine en "injection" de capitaux aurait permis d’assurer la sécurité alimentaire pour à peu près 50 ans !

Et si ce constat n’était pas assez désolant, il faut ajouter qu’il se perd chaque année pour 100 milliards de $ de nourriture et que la sur-consommation des obèses atteint 20 autres milliards de $ au niveau mondial... !

Par ailleurs, l’industrie de la GUERRE a coûté l’an passé 1,2 billions de $, et cette année, ce chiffre asûrement augmenté.

Pour l’industrie de la GUERRE et le "sauvetage" des BANQUES, il y aura probablement toujours suffisemment d’argent, pendant qu’il est demandé aux gens de travailler plus, mais sans manger.

"L’aide alimentaire" n’arrive qua quand les exclus et les miséreux descendent dans la rue", a dit Jacques Diouf, Président de la FAO

http://www.aporrea.org/actualidad/n...

D’où la tenue de la Conférence Internationale des Réponses du Sud à la Crise Economique Mondiale les 8, 9 10 et 11 octobre 2008 à Caracas.

Quelques unes de ces réponses , rapportées par le journaliste Argentin Luis Bilbao :

L’ALBA est un bouclier contre la crise financière mondiale.

"Nous devons appeler tous les gouvernements à intégrer l’ALBA, et à dissoudre le MERCOSUR et la CAN"

"Il faut aussi proposer une Banque du Sud sans la présence des représentants du système financier international". (Suivez son regard...)

Il a aussi souligné la nécessité de créer une monnaie d’échange pour les pays du Sud.

http://www.abn.info.ve/noticia.php?...

Écrit par : quaeps | 12/10/2008

jthj Exposing the Un-Democratic Face of Capitalism

By NOAM CHOMSKY

The simultaneous unfolding of the US presidential campaign and unraveling of the financial markets presents one of those occasions where the political and economic systems starkly reveal their nature.

Passion about the campaign may not be universally shared but almost everybody can feel the anxiety from the foreclosure of a million homes, and concerns about jobs, savings and healthcare at risk.

The initial Bush proposals to deal with the crisis so reeked of totalitarianism that they were quickly modified. Under intense lobbyist pressure, they were reshaped as "a clear win for the largest institutions in the system . . . a way of dumping assets without having to fail or close", as described by James Rickards, who negotiated the federal bailout for the hedge fund Long Term Capital Management in 1998, reminding us that we are treading familiar turf. The immediate origins of the current meltdown lie in the collapse of the housing bubble supervised by Federal Reserve chairman Alan Greenspan, which sustained the struggling economy through the Bush years by debt-based consumer spending along with borrowing from abroad. But the roots are deeper. In part they lie in the triumph of financial liberalisation in the past 30 years - that is, freeing the markets as much as possible from government regulation.

These steps predictably increased the frequency and depth of severe reversals, which now threaten to bring about the worst crisis since the Great Depression.

Also predictably, the narrow sectors that reaped enormous profits from liberalisation are calling for massive state intervention to rescue collapsing financial institutions.

Such interventionism is a regular feature of state capitalism, though the scale today is unusual. A study by international economists Winfried Ruigrok and Rob van Tulder 15 years ago found that at least 20 companies in the Fortune 100 would not have survived if they had not been saved by their respective governments, and that many of the rest gained substantially by demanding that governments "socialise their losses," as in today's taxpayer-financed bailout. Such government intervention "has been the rule rather than the exception over the past two centuries", they conclude.

In a functioning democratic society, a political campaign would address such fundamental issues, looking into root causes and cures, and proposing the means by which people suffering the consequences can take effective control.

The financial market "underprices risk" and is "systematically inefficient", as economists John Eatwell and Lance Taylor wrote a decade ago, warning of the extreme dangers of financial liberalisation and reviewing the substantial costs already incurred - and proposing solutions, which have been ignored. One factor is failure to calculate the costs to those who do not participate in transactions. These "externalities" can be huge. Ignoring systemic risk leads to more risk-taking than would take place in an efficient economy, even by the narrowest measures.

The task of financial institutions is to take risks and, if well-managed, to ensure that potential losses to themselves will be covered. The emphasis is on "to themselves". Under state capitalist rules, it is not their business to consider the cost to others - the "externalities" of decent survival - if their practices lead to financial crisis, as they regularly do.

Financial liberalisation has effects well beyond the economy. It has long been understood that it is a powerful weapon against democracy. Free capital movement creates what some have called a "virtual parliament" of investors and lenders, who closely monitor government programmes and "vote" against them if they are considered irrational: for the benefit of people, rather than concentrated private power.

Investors and lenders can "vote" by capital flight, attacks on currencies and other devices offered by financial liberalisation. That is one reason why the Bretton Woods system established by the United States and Britain after the second World War instituted capital controls and regulated currencies.*

The Great Depression and the war had aroused powerful radical democratic currents, ranging from the anti-fascist resistance to working class organisation. These pressures made it necessary to permit social democratic policies. The Bretton Woods system was designed in part to create a space for government action responding to public will - for some measure of democracy.

John Maynard Keynes, the British negotiator, considered the most important achievement of Bretton Woods to be the establishment of the right of governments to restrict capital movement.

In dramatic contrast, in the neoliberal phase after the breakdown of the Bretton Woods system in the 1970s, the US treasury now regards free capital mobility as a "fundamental right", unlike such alleged "rights" as those guaranteed by the Universal Declaration of Human Rights: health, education, decent employment, security and other rights that the Reagan and Bush administrations have dismissed as "letters to Santa Claus", "preposterous", mere "myths".

In earlier years, the public had not been much of a problem. The reasons are reviewed by Barry Eichengreen in his standard scholarly history of the international monetary system. He explains that in the 19th century, governments had not yet been "politicised by universal male suffrage and the rise of trade unionism and parliamentary labour parties". Therefore, the severe costs imposed by the virtual parliament could be transferred to the general population.

But with the radicalisation of the general public during the Great Depression and the anti-fascist war, that luxury was no longer available to private power and wealth. Hence in the Bretton Woods system, "limits on capital mobility substituted for limits on democracy as a source of insulation from market pressures".

The obvious corollary is that after the dismantling of the postwar system, democracy is restricted. It has therefore become necessary to control and marginalise the public in some fashion, processes particularly evident in the more business-run societies like the United States. The management of electoral extravaganzas by the public relations industry is one illustration.

"Politics is the shadow cast on society by big business," concluded America's leading 20th century social philosopher John Dewey, and will remain so as long as power resides in "business for private profit through private control of banking, land, industry, reinforced by command of the press, press agents and other means of publicity and propaganda".

The United States effectively has a one-party system, the business party, with two factions, Republicans and Democrats. There are differences between them. In his study Unequal Democracy: The Political Economy of the New Gilded Age, Larry Bartels shows that during the past six decades "real incomes of middle-class families have grown twice as fast under Democrats as they have under Republicans, while the real incomes of working-poor families have grown six times as fast under Democrats as they have under Republicans".

Differences can be detected in the current election as well. Voters should consider them, but without illusions about the political parties, and with the recognition that consistently over the centuries, progressive legislation and social welfare have been won by popular struggles, not gifts from above.

Those struggles follow a cycle of success and setback. They must be waged every day, not just once every four years, always with the goal of creating a genuinely responsive democratic society, from the voting booth to the workplace.

Note

* The Bretton Woods system of global financial management was created by 730 delegates from all 44 Allied second World War nations who attended a UN-hosted Monetary and Financial Conference at the Mount Washington Hotel in Bretton Woods in New Hampshire in 1944.

Bretton Woods, which collapsed in 1971, was the system of rules, institutions, and procedures that regulated the international monetary system, under which were set up the International Bank for Reconstruction and Development (IBRD) (now one of five institutions in the World Bank Group) and the International Monetary Fund (IMF), which came into effect in 1945.

The chief feature of Bretton Woods was an obligation for each country to adopt a monetary policy that maintained the exchange rate of its currency within a fixed value.

The system collapsed when the US suspended convertibility from dollars to gold. This created the unique situation whereby the US dollar became the "reserve currency" for the other countries within Bretton Woods.

Écrit par : quaeps | 13/10/2008

fgh Il est triste de voir les deux partis se démener pour parapher un accord qui consiste à prendre 700 milliards de dollars au contribuable pour les injecter dans les circuits des énormes institutions financières, remarquables d’incompétence et d’ambition.

Il y a une bien meilleure solution pour la crise financière actuelle. Mais elle suppose d’écarter cette « sagesse » conventionnelle qui n’a que trop duré : celle qui considère que l’intervention du gouvernement dans l’économie (« beaucoup d’Etat ») doit être évitée comme la peste, parce que le "libre marché" est le meilleur guide qui soit vers la croissance et la justice. La vision d’un Wall Street qui supplie le gouvernement de l’aider est certes assez comique, surtout à la lumière de sa dévotion prolongée au « libre marché » dérégulé par le gouvernement.

Mais regardons une vérité historique : il n’y a jamais eu de « libre marché ». Nous avons toujours eu un gouvernement intervenant dans l’économie et, en fait, de telles interventions ont été bien reçues par les capitaines d’industrie et des finances. Ces titans de la richesse ne dénoncent le « beaucoup d’Etat » que lorsque le gouvernement menace de réguler leurs activités, ou quand ils se rendent compte qu’une partie de la richesse de la nation est destinée aux plus nécessiteux. Ils ne se sont en revanche jamais plaint du « beaucoup d’Etat » quand ça servait leurs intérêts.

Tout a commencé il y a bien longtemps quand les dits Pères Fondateurs se réunirent à Philadelphie, en 1787, pour rédiger la Constitution. Un an avant, dans l’ouest du Massachussets et dans d’autres états, des agriculteurs expropriés pour ne pas avoir payé l’impôt s’étaient rebellés (la Rébellion de Shays). Des milliers d’agriculteurs encerclèrent alors les propriétés en question pour empêcher qu’elles ne soient vendues aux enchères.

Les correspondances d’alors de ces premiers pères nous montrent clairement qu’ils avaient peur de ne plus pouvoir maîtriser de tels soulèvements. Le général Henry Knox écrivit à son frère d’armes, George Washington, en déplorant que le soldat ordinaire qui avait fait la révolution et participé à la défaite de l’Angleterre pensât avoir mérité sa part dans la richesse du pays ou que « la propriété des États-Unis dût être la propriété commune de tous ».

En fixant le cadre constitutionnel, les Pères Fondateurs créèrent un “beaucoup d’Etat” suffisamment puissant pour venir à bout de la rébellion paysanne, rendre les esclaves évadés à leurs maître et en finir avec la résistance indienne dans la conquête de l’Ouest.

Le premier grand sauvetage financier fut la décision de ce nouveau gouvernement de redonner toute leur valeur aux bons détenus par les spéculateurs. Ces bons furent payés en imposant les fermiers ordinaires, et en cas de résistance, il y avait une armée nationale pour les mater – et c’est précisément ce qui s’est passé lorsque les fermiers de Pennsylvanie se levèrent contre les lois fiscales.

Dès le début, durant les premières séances du premier Congrès, le gouvernement interféra avec le « libre marché » en instaurant des subventions aux entrepreneurs et en s’associant aux banques privées afin de créer une banque nationale.

Cette facette du « beaucoup d’Etat », celle du soutien des intérêts de la classe patronale, continua tout au long de l’histoire nationale. Ainsi, au 19ème siècle, le gouvernement subventionna des aqueducs et la marine marchande. Durant la décennie qui précéda la Guerre civile et pendant celle-ci, le gouvernement donna environ 40 millions 500 mille hectares de terre aux sociétés de chemin de fer, leur accordant également des prêts considérables pour les maintenir à flot. Quant aux dix mille Chinois et trois mille Irlandais ayant travaillé à la construction du chemin de fer transcontinental, ils ne reçurent aucune terre gratuite et n’eurent droit qu’aux journées harassantes mal payées, aux accidents et aux maladies.

Le principe qui consiste à faire des largesses aux grandes entreprises et à refuser la même générosité pour les pauvres est quelque chose de partagé par les deux partis : les républicains et les démocrates. Le président Grover Cleveland, un démocrate, mit son veto à un décret qui allait donner 10 mille dollars aux agriculteurs texans pour les aider à acheter du grain pendant une sécheresse, en disant : « l’aide fédérale dans de telles circonstances (…) encourage l’attente d’une providence paternaliste de la part du gouvernement et entame la robustesse de notre caractère national ». Mais la même année, il utilisa ses excédents d’or pour payer les bons des plus riches détenteurs 28 dollars au-dessus de leur valeur unitaire – un cadeau de 5 millions de dollars.

Cleveland défendait le principe de « l’individualisme rude » – celui qui impose de faire fortune par soi-même, sans l’aide du gouvernement. Dans son essai de 1931, "The Myth of Rugged American Individualism", paru dans Harper’s Magazine, l’historien Charles Beard recensa avec précision quinze interventions du gouvernement national dans l’économie au bénéfice des grandes entreprises. Beard écrivit : « en 40 ans ou plus il n’y a pas eu un président, qu’il soit républicain ou démocrate, qui n’ait fustigé l’interventionnisme pour ensuite appuyer des mesures qui ajoutent à l’interventionnisme ».

Après la seconde guerre mondiale, l’industrie de l’aviation dut être sauvée par l’argent du gouvernement. Des fonds publics ont ensuite été injectés pour compenser l’épuisement du pétrole pour les compagnies pétrolières et pour renflouer à grand frais l’entreprise Chrysler.

Dans les années 1980, le gouvernement a sauvé l’épargne et l’industrie du prêt avec des centaines de milliards de dollars et l’Institut de Cato rapporte qu’en 2006 des sociétés nécessiteuses comme Boeing, Xerox, Motorola, Dow Chemical et General Electric ont reçu $92 milliards du programme d’aides aux entreprises.

Une alternative simple et efficace serait de prendre cette énorme somme d’argent et de la donner directement aux gens qui en ont besoin. Que le gouvernement déclare un moratoire sur les saisies et aide les propriétaires à rembourser les hypothèques. Qu’il crée un programme fédéral de l’emploi pour garantir un travail aux gens qui le veulent et en ont besoin.

Nous avons un précédent historique qui a eu du succès. Dans les premiers jours du New Deal, le gouvernement a mis des millions de personnes au travail et a reconstruit l’infrastructure de la nation. Au lieu de partir pour l’armée pour échapper à la pauvreté, des centaines de milliers de jeunes gens ont rejoint le corps civil de conservation qui construisait des ponts et des routes, nettoyait des baies et des rivières. Des milliers d’artistes, de musiciens et d’écrivains ont été employés par le programme fédéral des arts pour peindre des fresques, produire des pièces de théâtre et écrire des symphonies.

Le New Deal (défiant ceux qui criaient au “socialisme“) instaura la sécurité sociale, qui avec le décret sur le droits des soldats, est devenue un modèle de ce que le gouvernement peut faire pour son peuple.

En la matière, nous pouvons aller plus loin, avec la “sécurité de la santé” – un système de soins gratuits, pour tous, administré par le gouvernement fédéral et payé par le trésor national, qui mettrait un terme aux compagnies d’assurance et autres sociétés privées de l’industrie de la santé. Cela fonctionne dans d’autres pays.

Tout cela représente plus de 700 milliards. Mais l’argent est là. Dans les 600 milliards du budget militaire, dès que nous aurons décidé de ne plus être une nation qui fait la guerre. Et sur les comptes en banque des super riches, dès que nous en aurons faits des riches ordinaires grâce à des impôts vigoureux sur leurs revenus et leur richesse.

Et si les voix républicaines ou démocrates s’élèvent contre ça sous prétexte que ça implique du “beaucoup d’Etat” (ce fut Bill Clinton qui promit une ère “dans laquelle il n’y aurait plus ce ‘beaucoup d’Etat’”), que les citoyens éclatent de rire. Et puis qu’ils se mobilisent et s’organisent pour les principes que la Déclaration d’Indépendance promettait : c’est la responsabilité du gouvernement que de garantir des droits égaux pour tous : “vie, liberté et la recherche du bonheur”.

En mettant sa devise de « changement » en application, Obama tient une occasion en or de se distinguer de McCain et donc de s’ouvrir un boulevard sur la présidence. Et s’il n’agit pas en ce sens, il sera de la responsabilité des gens, comme toujours, de faire gronder le monde pour forcer les hommes politiques à agir.

Écrit par : quaeps | 14/10/2008

htyh Il y a soixante-deux ans, le 16 octobre 1946, Julius Streicher fut pendu.

Streicher faisait partie d’un groupe de 10 Allemands exécutés au lendemain du premier procès du Tribunal de Nuremberg – un procès qui dura 40 semaines avec, au banc des accusés, 22 des nazis les plus importants. Chacun de ces accusés était jugé pour au moins deux des quatre crimes définis par la Charte de Nuremberg : crime contre la paix (agression), crime de guerre, crime contre l’humanité et conspiration.

Tous les condamnés à mort étaient d’importants officiels du gouvernement allemand ou des chefs militaires. Tous, sauf Streicher. Julius Streicher était journaliste.

Rédacteur de journal violemment antisémite, Der Stürmer, Streicher fut jugé coupable et, selon les termes du jugement, « l’incitation au meurtre et à l’extermination au moment où les Juifs en Europe de l’Est se faisaient tuer dans les plus horribles conditions constitue clairement un crime contre l’humanité. »

Dans son plaidoyer contre Streicher, le procureur britannique Lieutenant Colonel M.C. Griffith-Jones déclara : « Monsieur de juge, il se peut que l’accusé n’ai pas été directement impliqué dans les crimes contre les Juifs… Nous soutenons néanmoins que son crime n’en est pas moins grave parce qu’il a rendu ces actes possibles, rendu ces crimes possibles, crimes qui n’auraient jamais été commis sans son soutien et celui de ses semblables. Il a mené la propagande et l’éducation du peuple allemand à cette fin. »

A Nuremberg, le rôle primordial joué par la propagande fut confirmé, non seulement par l’accusation et le jugement rendu, mais aussi par le témoignage du plus célèbre des accusés Nazis, le Reichsmarshall Hermann Goering :

« Les guerres modernes et totales se déroulent, à mon avis, selon trois axes : la guerre des armes sur terre, dans l’air et sur mer ; la guerre économique, qui est devenue une partie intégrante à toute guerre moderne ; et, troisièmement, la guerre de propagande, qui est aussi un élément essential de la guerre. »

Deux mois après l’exécution des condamnés à Nuremberg, l’Assemblée Générale des Nations Unies vota la résolution 59(I) qui déclare :

« La liberté de l’information requiert un élément indispensable qui est la volonté et la capacité d’en user sans en abuser. Elle nécessite comme principe de base l’obligation morale de rechercher les faits sans préjugés et de diffuser l’information sans intention malveillante. »

L’année suivante, une nouvelle résolution de l’Assemblée Générale fut adoptée : résolution 110 qui « condamne toute forme de propagande, dans tous les pays, qui tente de provoquer ou d’encourager toute menace contre la paix, toute violation de la paix ou tout acte d’agression. »

Les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies n’ont pas force de loi, mais les résolutions 59 et 110 pèsent d’un poids moral considérable. Ceci parce que, comme l’ONU elle-même, ces résolutions constituent l’expression même d’une réaction à la brutalité et aux souffrances engendrées par deux guerres mondiales et le désir universel d’éviter de nouveaux massacres.

Crimes de propagande

La plupart des juridictions n’assimilent pas la propagande de guerre à un crime. Cependant, plusieurs journalistes ont récemment été condamnés pour incitation au génocide par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Les efforts déployés pour criminaliser la propagande de guerre se heurtent à une résistance déterminée, particulièrement celle des Etats-Unis, et le combat est loin d’être gagné. Pourtant, sur le terrain purement légal, les choses sont claires : si l’incitation au génocide est un crime, l’incitation à l’agression, autre crime défini par Nuremberg, pourrait et devrait l’être aussi. Après tout, l’agression – le déclenchement d’une guerre sans provocation – est « le crime international par excellence qui ne se distingue des autres crimes de guerre qu’en ce qu’il englobe à lui tout seul l’ensemble des autres crimes, » selon les termes du jugement rendu à Nuremberg. Criminelle ou pas, une bonne partie du monde considère l’incitation à la guerre comme un acte moralement indéfendable.

A la lumière de ce qui précède et de la recette de Goering (une guerre, c’est des armes, une guerre économique et de la propagande) il est instructif d’examiner le rôle joué par les journalistes et les propagandistes de guerre étatsuniens dans le déclenchement et le soutien à la guerre.

L’administration Bush a commencé à vendre l’invasion de l’Irak au peuple étatsunien peu après le 11 septembre 2001. Afin de coordonner les efforts, le chef de cabinet de George Bush, Andrew Cars, créa au cours de l’été 2002 un Groupe Irak de la Maison Blanche (White House Iraq Group – WHIG) dont l’objectif était expressément le « marketing » de l’invasion de l’Irak.

Parmi les membres de ce groupes, on trouvait les personnalités médiatiques/propagandistes Karen Hughes et Mary Matalin [toute ressemblance avec la France n’étant que… - ndt] Le groupe WHIG était remarquable non seulement pour son mépris à l’égard de la vérité mais aussi par la candeur avec laquelle il reconnaissait mener une campagne de publicité. Un article du New York Times du 7 septembre 2002, intitulé « la Terreur tracée : la stratégie ; les assistants de Bush définissent une stratégie pour vendre leur politique », révéla :

« selon des officiels de la Maison Blanche, l’administration suivait un plan méticuleusement préparé pour convaincre l’opinion publique, le Congrés et ses alliés de la nécessité d’affronter la menace posée par Saddam Hussein… »

« selon les lois du marketing, » a dit Andrew H. Cars Jr, chef de Cabinet à la Maison Blanche et coordinateur du projet, « on ne peut pas introduire de nouveaux produits en plein mois d’aout. » Comme si le « produit » - l’invasion injustifiée d’un état souverain – n’était qu’un bien de consommation, une voiture ou une émission de télé. L’argument de vente inventé fut « le danger imminent » posé par les armes de destruction massive irakiennes. En d’autres termes, le travail du groupe WHIG était avant tout l’incitation à une guerre d’agression par le biais d’une propagande de la peur.

Dans ce esprit, le membre le plus éminent du WHIG, la Conseillère en Sécurité Nationale Conoleezza Rice, lors d’une interview accordée à Wolf Blitzer de CNN, brandit le spectre d’un holocauste nucléaire déclenché par l’Irak,

« Nous savons qu’il y a eu des livraisons à l’Iran, par exemple, - à l’Irak, par exemple, de tubes d’aluminium qui ne peuvent server qu’à – des tubes d’aluminium de haute qualité qui ne peuvent server qu’à la création d’armes nucléaires, à l’enrichissement de l’uranium… Le problème est que nous ne saurons jamais exactement à quel moment (Saddam Hussein) pourra disposer d’armes nucléaires. Mais nous ne voulons pas voir ces soupçons se transformer en champignon atomique ».

Cette image de champignon atomique fut une des plus marquantes de toute la guerre de propagande de la Maison Blanche. Elle fut inventée par Michael Gerson quelques jours plus tôt lors d’une réunion du groupe WHIG. La présence d’armes de destruction massive en Irak constituait la clé de voute de la campagne de l’administration Bush. D’autres éléments importants étaient les liens entre Saddam Hussein et Al Qaeda et par conséquence l’implication de l’Irak dans les tragédies du 11 Septembre.

Tout était faux. Mais en termes de propagande, il y a vérité lorsqu’on réussit à vendre le produit.

SOUMISSION DES MEDIAS

Le rôle joué par les grands média US au cours des préparatifs de l’invasion contre l’Irak fut marqué par leur soumission généralisée à l’administration Bush et leur abandon des devoirs les plus fondamentaux quant à l’opinion publique. Cette responsabilité est affirmée non seulement par la résolution 59 mais aussi par le Code d’Etique de l’Ordre des Journalistes Professionnels, qui précise : « les journalistes doivent vérifier la véracité de l’information de toute source et doivent veiller à ne pas commettre une erreur involontaire. »

Judith Miller, journaliste influente au New York Times, en s’abstenant de vérifier l’information, a joué un rôle dans la campagne de l’administration Bush visant à convaincre l’opinion publique US d’attaquer un pays qui ne représentait aucune menace. Bien qu’elle n’ait pas été la seule, et loin de là, Miller a probablement eu une responsabilité plus grande que tout autre journaliste pour avoir distillé la peur devant des armes de destruction massive imaginaires. [ndt : le New York Times a finalement licencié Judith Miller pour non respect de la déontologie – pour l’affaire Valery Plame notamment. L’auteur de cet article semble sous-estimer le travail conscient et volontaire entrepris par Judith Miller dans la guerre contre l’Irak.] A cet égard, elle, comme d’autres journalistes influents qui faillirent, porte sa part de responsabilité morale, sinon pénale, pour les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés et tout le carnage, destruction et souffrances humaines de l’opération « Liberté pour l’Irak ».

Cela dit, certaines personnalités éminentes des medias étatsuniens ont fait beaucoup plus que d’omettre la vérification des sources. Certains ont activement et passionnément encouragé les étatsuniens à commettre et/ou approuver des crimes de guerre, avant et pendant l’agression contre l’Irak.

Parmi les plus connus, on trouve Bill O’Reilly de Fox News qui – à la fois pour l’Afghanistan et l’Irak – a soutenu des crimes interdits par la convention de Genève tels que les punitions collectives contre les civils (Gen. Con. IV, Art. 33) ; l’attaque de cibles civiles (Protocol I, Art. 51) ; la destruction des réserves d’eau (Protocol I Art. 54 Sec. 2) et même la famine (Protocol I, Art. 54 Sec. 1).

Le 17 septembre 2001 : « les Etats-Unis devraient bombarder les infrastructures de l’Afghanistan et les réduire en miettes : l’aéroport, les centrales électriques ; les réserves d’eau, les routes » s’ils refusent de livrer Ben Laden aux Etats-Unis. Plus tard, il ajouta : « Ce pays est très primitif. Et leur retirer la capacité d’exister au quotidien ne sera pas compliqué… Il ne faut pas viser les civils. Mais s’ils ne se soulèvement pas contre leur gouvernement criminel, ils crèveront de faim, point final ».

Le 26 mars 2003, quelques jours après le déclenchement de l’invasion de l’Irak, O’Reilly a déclaré : « Certains pensent que nous aurions du accorder aux habitants de Bagdad 48 heures pour évacuer la ville, les avertir en larguant des tracts et en diffusant des messages à la radio et tout ça. Vous avez 48 heures pour dégager, après nous rasons la ville. » [voir Peter Hart “O’Reilly’s War : Any rationale—or none—will do” chez Fairness & Accuracy in Reporting, Mai/Juin 2003]

Punition collective

Un autre journaliste très influent, lauréat du prix Pulitzer et ancien rédacteur en chef au New York Times, le feu A.M. Rosenthal, a aussi défendu les attaques contre des cibles civiles et les punitions collectives dans le cadre de la guerre contre les nations musulmanes du Moyen-Orient. Le 14 septembre 2001, dans un article intitulé « Comment les Etats-Unis peuvent gagner la guerre », Rosenthal écrivit que les Etats-Unis devraient laisser à l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, la Syrie et le Soudan trois jours pour réfléchir à un ultimatum leur enjoignant de livrer tous les documents et informations relatifs aux armes de destruction massive et les organisations terroristes. Pendant ces trois jours, « les habitants de ces pays seraient encouragés 24/24h par les Etats-Unis d’évacuer la capitale et les grandes villes, parce qu’à l’aube du quatrième jour, tout serait rasé. »

Figure médiatique de la droite, Anne Coulter, à l’émission Sean Hannity Show le 21 juillet 2006, appela à une autre guerre et à plus de représailles contre les civils, cette fois contre l’Iran. « Eh bien, je n’arrête pas d’entendre dire que nous ne trouvons pas le matériel nucléaire, et qu’il pourrait être enterré dans des grottes. Et si nous les bombardions de fond en comble jusqu’à qu’ils ne puissent même plus construire un poste de radio ? Alors ça n’aurait plus d’importance s’ils possèdent le matériel nucléaire. »

Cette pratique des personnalités des grands média US qui consiste à promouvoir des guerres d’agression date d’avant le 11 Septembre. Thomas Friedman, trois fois lauréat du prix Pulitzer, a publié un appel virulent en faveur de crimes de guerre, dont la punition collective des Serbes et la destruction de leurs réserves d’eau, au moment de la crise du Kosovo :

« Mais si la seule force de l’OTAN est celle de pouvoir bombarder sans fin, alors il faut en tirer le maximum. Passons à une vraie guerre aérienne. Que l’on puisse encore organiser des concerts de rock à Belgrade, ou faire des promenades du dimanche, tandis que d’autres Serbes « nettoient » le Kosovo, est scandaleux. Belgrade devrait être une ville plongée dans le noir : chaque centrale électrique, chaque aqueduc, chaque pont, chaque route et chaque usine en rapport avec la guerre doit être visée.

Que ça vous plaise ou non, nous sommes en guerre contre la nation Serbe (et les Serbes sont d’accord là-dessus), et les enjeux doivent être très clairs pour eux : pour chaque semaine que vous passez à ravager le Kosovo, nous vous pulvériserons dix ans en arrière. Vous voulez retourner à 1950 ? Nous pouvons vous faire retourner à 1950. Vous préférez 1389 ? Va pour 1389. » [New York Times, avril 1999]

Ces commentaires à l’emporte-pièce, parfois même sur le ton de la plaisanterie, sur l’imposition d’une guerre contre des pays relativement faibles, sont formulés par des journalistes et personnalités étatsuniens au sommet de la profession. Chacun touche un public de plusieurs millions. Il est difficile d’exagérer leur influence.

Pour ne parler que de ces dix dernières années, les destructions et les massacres engendrés par le « crime international par excellence » de l’agression US ont été facilités par cette influence insouciante, irresponsable et/ou malveillante. Malheureusement, les paroles du Procureur de Nuremberg Griffith-Jones sur la propagande du journaliste allemand Julius Streicher s’appliquent aujourd’hui pour certains des journalistes les plus influents d’un pays qui, il y a 60 ans, représentait un espoir à Nuremberg :

Streicher « a rendu ces actes possibles, rendu ces crimes possibles, crimes qui n’auraient jamais été commis sans son soutien et celui de ses semblables. »

En 1947, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopta la résolution 127 dans laquelle « l’Assemblée Générale … invite les gouvernement des états membres … à étudier les mesures à prendre au niveau national, dans le cadre de la légalité constitutionnelle, contre la diffusion d’informations fausses ou déformées qui seraient en mesure de porter atteinte aux relations d’amitié entre deux états. »

Malheureusement, 60 ans plus tard, peu de progrès ont été accomplis. La propagande de guerre est toujours légale et très vivante – florissante même, comme on peut le constater dans les appels réitérés à envahir un autre pays qui n’a jamais menacé les Etats-Unis : l’Iran.

Dans l’état actuel des choses, avec les Etats-Unis qui sont toujours la plus grande puissance militaire au monde, les propagandistes étatsuniens qui ont permis l’invasion de l’Irak et d’autres guerres d’agression n’ont pas de souci à se faire quant à leur responsabilité devant les principes de Nuremberg. Et pourtant, il serait difficile de nier qu’ils ont du sang sur les mains.

Peter Dyer

Traduction VD pour

Écrit par : hjkh | 16/10/2008

try Initiée à l’occasion de la « Journée Mondiale du Refus de la Misère » (célébrée le 17 octobre de chaque année), la « Déclaration de solidarité » adressée à « celles et ceux qui luttent, partout dans le monde, pour résister à la misère et l’éliminer » rassemble à ce jour près de 175000 signatures [1]. À l’occasion de l’édition 2008 de ladite Journée Mondiale, retour sur un texte emblématique, lourd d’implicites idéologiques pour le moins discutables...
Article

Everybody’s crying out for peace / None is crying out for justice (…) / Everybody’s talking about crime, crime, crime / But tell me : who are the criminals ? (Peter Tosh [2])

Il serait sans doute inutile de s’attarder ici sur le fait que l’expression anglaise « eradication of poverty » (selon les termes de l’ONU) soit traduite en français par : « refus de la misère ». Après tout, éradiquer est peut-être un mot trop fort, et la pauvreté n’est peut-être pas un si grand mal que cela. Des considérations de stratégie politique ont pu guider les traducteurs : peut-être ont-ils jugé qu’un programme aussi ambitieux que celui de l’ONU risquait d’en effrayer certains, tandis qu’inviter à « refuser la misère » permettrait à tous, « du simple citoyen au plus haut responsable » (selon ATD Quart-Monde) de se retrouver autour de cet appel.

Il semble bien, en tous cas, que beaucoup s’y retrouvent. Par exemple, Laurence Parisot refuse la misère. Comme Christine Boutin, qui elle aussi refuse la misère, la patronne du MEDEF figure en effet, avec Pierre Christian Taittinger, maire du 16e arrondissement de Paris, parmi les signataires-stars de la « Déclaration de solidarité » du 17 octobre.

Mais comment refuser de refuser la misère ? L’ONU définit celle-ci comme un état de pauvreté « chronique », ou « extrême », comme un état donc de toute évidence inacceptable. Comme le dit si justement Tristan Nitot, président de Mozilla Europe :

« Refuser la misère, c’est pour moi une évidence » [3]

L’intérêt de se rallier à une évidence est qu’on ne risque pas beaucoup d’être contredit, parce qu’on ne dit presque rien.

Refuser la misère, donc, c’est bien. Tout le monde en est d’accord, parce que personne n’a vraiment le choix de ne pas l’être. Mais qu’est-ce ça veut dire ? Que faut-il comprendre lorsque tous sont appelés à refuser la misère, c’est-à-dire aussi, par exemple, un habitant de Neuilly, autrement dit quelqu’un qui ne verrait pas le rapport entre la politique du logement menée par sa municipalité et la misère qu’il refuse ?

Si nul n’est soupçonnable d’hypocrisie lorsqu’il « refuse la misère », une chose au moins est certaine, c’est que la misère est un mal qui vient à la société de l’extérieur. Parce que la misère est une « fatalité » [4], son refus peut – et même doit – susciter l’authentique sympathie de tous. On aurait ainsi tort de croire que le slogan maintes fois repris de la Journée du 17 octobre – « La misère n’est pas une fatalité » [5] – signifie qu’il faut attribuer l’existence de la misère à la forme de l’organisation sociale plutôt qu’au destin, ou à la nature, ou à toute autre force impersonnelle et mystérieuse, non : pour qui le comprend bien, ce leitmotiv affirme simplement que la misère, qui est de l’ordre de la fatalité, du coup du sort, de la mauvaise fortune, ne devrait pas nous laisser sans réagir. Tous sont appelés à signer pour « refuser la misère » parce que l’essentiel est que l’on n’accuse personne d’être à l’origine du fléau.

Refuser la misère, c’est accepter la richesse…

Or, dès lors que la « fatalité » est rendue seule responsable de la misère, c’est que rien n’est dû à ceux qui en sont victimes. L’appel à « refuser la misère » du 17 octobre ne peut signifier, et ne signifie en effet, qu’un appel à donner, à se montrer généreux, à « ouvrir son cœur », mais à surtout rien de plus. Il ne s’agit en aucun cas d’un appel à rendre légalement un dû, encore moins d’un appel à prendre légitimement quelque chose qui serait détenu par la force. Appeler à autre chose qu’à un acte de charité serait en effet insinuer qu’il y ait eu une espèce de rupture de contrat entre les miséreux et le reste de la société. Il est ainsi impératif que malgré le flou sémantique de l’expression en elle-même, « refuser la misère » ne soit pas compris autrement que comme l’effectuation d’un acte gratuit – sinon, la question de la responsabilité, voire de la culpabilité, de certains pourrait tout à coup être posée.

Ce qui oblige par exemple Jacques Dermagne, président du conseil économique et social, à démontrer sa maîtrise du parler idéologique en exécutant une contorsion conceptuelle de très belle facture. M. Dermagne nous propose ainsi, dans le texte qui accompagne sa signature au bas de la « Déclaration de solidarité », l’idée d’une « dette » qui serait payée « au secours » du créditeur :

« Il faut toujours honorer ses dettes et prioritairement celles qui vont au secours des exclus et des plus pauvres » [6].

L’important est qu’il ne puisse jamais s’agir d’autre chose que d’aller « au secours » des miséreux.

Si donc l’on suit bien M. Dermagne, il est possible de revendiquer une redistribution de la richesse au nom d’une contrainte purement subjective (d’un impératif moral) qui laisse parfaitement intacte la structure objective du système social. Il est irrecevable, par contre, de revendiquer la mise en pratique d’une contrainte objective de redistribution de la richesse, c’est-à-dire de revendiquer une transformation de la structure objective du système social.

Autrement dit, on est libre de « refuser la misère » des miséreux tant que l’on ne touche pas à la richesse des riches, c’est-à-dire à la distribution existante de pouvoir et de fortune au sein de la société, et aux règles qui régissent cette distribution. S’il est permis de suggérer que les riches donnent, il est interdit de proposer qu’on leur prenne quoi que ce soit. « Refuser la misère » signifie donc avant tout : accepter la richesse.

Renoncer à remettre en cause le système social pour remédier aux problèmes chroniques qui le rongent, c’est se condamner cependant à n’avoir sur ceux-ci qu’une influence marginale. On comprend ainsi pourquoi les appels à la charité semblent toujours proposer aux grands maux de minuscules remèdes. Pour Zinedine Zidane, par exemple, « refuser la misère » consiste à

« organiser un match contre la pauvreté à Marseille » [7].

De toute façon, si la misère est par hypothèse, le résultat d’une espèce de fatalité naturelle sur laquelle la société n’a pas vraiment de prise, il faut se résigner à ce qu’elle perdure indéfiniment, puisqu’on ne peut lutter que contre les effets du mal sans jamais s’attaquer à ses causes, hors d’atteinte. Bref, « refuser la misère » en s’interdisant tout moyen sérieux de le faire, c’est tellement s’en accommoder que c’est, tout simplement, l’accepter.

… et donc accepter la misère !

« Refuser la misère » signifie donc « accepter la misère ». Ce qui n’a peut-être rien de surprenant au vu de la liste des signataires de l’appel. Plus profondément cependant, cela oblige à reconsidérer la véritable fonction des campagnes caritatives en général : elles ne visent manifestement pas à l’effectuation concrète d’une redistribution authentique de la richesse, puisque si redistribution charitable il y a, celle-ci ne sera jamais que négligeable. Elles n’ont donc pas une fonction économique de redistribution – celle qu’elles s’attribuent explicitement – mais plutôt une fonction politique, plus implicite, mais bien plus réelle : véhiculer un certain discours sur la nature des rapports sociaux.

A cet égard, le caractère strictement communicationnel de l’appel du 17 octobre est remarquable : ce n’est en effet rien d’autre qu’un appel – autrement dit, c’est une simple déclaration d’intention, sans engagement financier aucun, un engagement qui dans tous les sens du terme ne coûte rien (mais rapporte beaucoup). L’acte de charité est donc ici réduit à une épure de lui-même, à sa simple fonction propagandaire.

Le premier coup de force de ce discours – qui donne une idée de sa puissance de feu idéologique – est peut-être le fait qu’il parvienne à dissimuler le scandale qu’il constitue en lui-même : l’idée d’en appeler à la bonté des bénéficiaires du statu quo social pour réparer les dégâts chroniques que provoque ce système dont ils bénéficient. La signature de Mme Parisot, par exemple, a longtemps figuré en bonne place sur la page d’accueil du site officiel de la Journée du 17 octobre [8] : par la magie de la propagande, l’indécence absolue de cette signature s’était semble t-il muée en fort signe d’espoir, censé encourager de nouvelles signatures plutôt que dégoûter les nouveaux venus.

Construit pour être économiquement inefficace, l’acte de charité possède donc une réelle efficace idéologique – ce qu’avait bien compris Bernadette Chirac, à qui l’on reprochait de piocher dans les pièces jaunes qu’elle récoltait pour financer ses tournées promotionnelles . En un sens, ce reproche était injuste : une opération caritative n’est essentiellement rien d’autre qu’une campagne publicitaire. Les croisades caritatives sont ainsi l’équivalent pour le pouvoir politique des actions écologisantes initiées par les grands groupes industriels : ce sont des opérations de communication qui ne se soucient nullement de résoudre vraiment le problème mis en avant (la pollution, ou la misère), mais plutôt de diffuser une image positive des responsables du problème, c’est-à-dire, de faire comprendre que si problème il y a, c’est bien malgré eux.

La fonction authentique des campagnes de charité est ainsi de masquer la responsabilité réelle des décideurs politiques et économiques dans la misère qu’ils prétendent combattre de tout leur cœur. Il s’agit de présenter une lecture des malheurs sociaux comme étant des évènements naturels, qui échoiraient mystérieusement à la société de l’extérieur [9]. A l’inverse, la critique sociale consiste à révéler au grand jour les mécanismes réels d’exclusion et d’exploitation qui minent de l’intérieur le système social. Ces deux formes de parole politique ne sont donc en rien complémentaires, mais sont au contraire fondamentalement antithétiques.

Luttes sociales vs action caritative

Dès lors, on peut s’étonner du fait que Bernard Thibault appose sa signature au bas de la « Déclaration de solidarité » du 17 octobre, à côté de celles de Mme Parisot et consorts [10]. La patronne du MEDEF et M. Thibault partagent-ils vraiment une même intention de « refuser la misère », une même conception de ce que doit signifier ce « refus » ? Il semble que le Secrétaire Général de la CGT mesure mal à quel point cultiver l’amalgame entre action caritative et lutte sociale est politiquement dangereux pour cette dernière.

Que l’une ne soit que trop souvent assimilée à l’autre témoigne peut-être de l’impact des campagnes de charité sur l’inconscient collectif, via la lecture des rapports sociaux qu’elles véhiculent. Cette assimilation se fait d’autant plus facilement qu’elle découle presque automatiquement des principes de l’école économique dominante. Pour peu que l’on envisage – avec toute l’école libérale – l’égoïsme économique comme une « nature humaine » indépassable [11], qu’il serait toujours contre-productif de contraindre, alors en effet les désordres qu’engendre cet égoïsme débridé s’imposent à la société comme une fatalité, et les actions qui s’opposent à ce cours naturel du monde ne peuvent se prévaloir que d’une légitimité morale, compassionnelle. Typiquement, le leitmotiv libéral selon lequel « il faut produire avant de distribuer » [12] laisse entendre que les droits sociaux (la « distribution ») sont attribuables à des élans de générosité économiquement irrationnels (qui voudrait distribuer avant de produire ?) : à des actes de charité.

L’intérêt de cet amalgame pour les libéraux, et le danger qu’il présente par contre pour un représentant syndical, est qu’une demande de charité n’a pas la même légitimité politique qu’une revendication sociale. En cultivant l’ambiguïté sur le sujet, M. Thibault prend ainsi le risque de se voir consacrer chef d’une cour des miracles où siègeraient, non pas des êtres humains productifs s’opposant à une confiscation indue des fruits de leur activité, mais des « accidentés de la vie économique » réclamant un surcroît d’aumône. Autrement dit, il mine radicalement l’assise idéologique du syndicat qu’il est pourtant censé représenter.

Comprendre que lutte sociale et action caritative s’opposent de manière frontale, c’est donc comprendre qu’une campagne caritative a d’abord une fonction idéologique, et non une fonction économique [13]. Il n’y a qu’à suffit de remarquer la façon dont les campagnes caritatives reprennent en les parodiant le langage et les formes d’action des luttes sociales [14] pour se convaincre que leur ennemi n’est pas la misère mais bien un certain discours sur la misère, qui risquerait d’y voir autre chose que l’occasion d’un éphémère accès de compassion.

Toujours est-il que, dans la mesure où les inégalités sociales semblent devoir s’aggraver dans le futur proche, on peut raisonnablement s’attendre à une prolifération massive des appels à la charité : plus grande est l’injustice réelle, plus imposant doit être l’effort politique pour en absoudre les responsables. Les pays où les riches se montrent les plus charitables sont aussi ceux où ils sont les plus riches. Pour parodier l’expression précédemment citée (« il faut produire avant de distribuer »), on pourrait souligner qu’avant de donner, il faut prendre. Dans la clameur des remerciements qu’on adresse aux généreux donateurs, il semble qu’on oublie de leur demander d’où leur vient cet argent qu’ils distribuent de si bon cœur. Bref, quand la charité parle, la critique sociale se tait.

Écrit par : quaeps | 17/10/2008

hy Lors du dernier scrutin législatif, une chaîne câblée américaine a instauré un péage électoral en privant de débats télévisés les candidats insuffisamment riches.



Le véritable vainqueur des élections américaines de mi-mandat en novembre 2006 n'est pas le Parti démocrate : « Il s'agit des réseaux télévisés, des stations de radio et des groupes de presse », explique Le Figaro (6.11.06). En effet, les médias captent, sous forme de spots publicitaires, environ la moitié des dépenses de campagne. Et celles-ci ont explosé : 744 millions de dollars pour les représentants à la Chambre, 705 millions de dollars pour les sénateurs, et plus de 1 milliard pour les gouverneurs. Pas mal.
Mais pas assez pour le Parti de la presse et de l'argent, section américaine (PPA-USA), qui s'angoisse déjà en barbotant dans son bain moussant de dollars : et s'il prenait à un élu la fantaisie de vider la baignoire ?
Pour éliminer cette menace, très virtuelle, certains médias américains ont décidé de sélectionner eux-mêmes les candidats. Comment ? En imposant deux préalables à leur ambition électorale : être riche et être aimé des sondeurs. À défaut, les studios de télévision leur seront interdits. Contre un candidat sortant, en général connu et couvert de l'or des lobbies qu'il a assistés durant son mandat, un tel handicap pourrait se révéler fatal.
Cas d'école à New York, autour de la statue de la Liberté. Au cours de l'été 2006, la chaîne câblée NY1, propriété du groupe Time Warner, organise une série de rencontres télévisées entre candidats démocrates. Pour obtenir le droit d'y jacasser, les prétendants doivent remplir deux conditions imposées par la direction de NY1 : avoir obtenu un minimum de 5 % des intentions de vote dans les sondages, mais aussi avoir « levé » ou dépensé au moins 500000 dollars au cours de leur campagne. Cette dernière exigence interdisait à Jonathan Tasini, un démocrate antiguerre, de débattre sur NY1 pendant les élections primaires avec Hillary Clinton, sénatrice sortante pro guerre.

Triomphe de la démocratie
Les responsables de la station justifièrent ainsi leur position : « Bien que M. Tasini ait obtenu assez de signatures et totalise environ 13 % des intentions de vote, il a levé à peine
150000 dollars. C'est insuffisant pour une campagne sénatoriale. Pour le moment, avec l'argent dont il dispose, il ne représente pas le parti qu'il prétend représenter. » La représentativité démocratique indexée sur la quantité d'argent récoltée, était-ce un lapsus ?
Nullement. NY1 précisa : « Nous avons établi le seuil des 500000 dollars de la façon suivante. Il y a 5,5 millions de démocrates inscrits sur les listes électorales. Si 1 sur 10 envoie 1 dollar, cela fait 550000 dollars(1). »
Pour sa part, Hillary Clinton disposait d'un immense trésor de guerre, constitué non pas par des électeurs de base, mais avec les brouettes de dollars des lobbies industriels, qui, sachant pouvoir compter sur la sénatrice – demain présidente ? –, « investissaient » quelques lingots sur son nom. En 1996, l'administration Clinton avait déjà offert aux géants de la communication de nouvelles fréquences d'émission que l'État aurait pu leur vendre. Un cadeau estimé à 300 milliards de dollars. Comment les médias avaient-ils réagi à ce vol du bien public ? « Vous n'entendrez guère parler de cette affaire à la télévision ou à la radio, reconnut un sénateur, car cela les concerne directement. »
De fait, la déréglementation des communications n'occupa que dix-neuf minutes d'antenne sur les trois principaux réseaux de télévision pendant les neuf mois séparant le lancement du projet de son adoption définitive (2). Moins que la morsure d'un bébé (brailleur) par un chien (abonné au Plan B) en une seule journée. Et qui trouvait-on parmi les bénéficiaires de la loi de 1996 ? Time Warner et News Corporation (groupe Murdoch), deux des actuels bailleurs de fonds d'Hillary Clinton.
Quant au maire de New York, il se nomme Michæl Bloomberg. Républicain dans une ville massivement démocrate, il doit sa bonne fortune à sa fortune tout court. Fondateur de la chaîne de télévision qui porte son nom et dont le projet citoyen consiste à diffuser les cours de la Bourse, il a été élu en 2001 après avoir consacré 73 millions de dollars à sa campagne. Soit presque 100 dollars pour chacun des 744757 suffrages obtenus...
Philippe Val a conclu : « J'ai un sentiment de fraternité politique vis-à-vis de tous les pays où les Parlements et le pouvoir exécutif sont issus des urnes dans un processus au cours duquel l'information, l'éducation, la culture et les droits individuels ont été garantis par des institutions. » (Charlie Hebdo, 26.7.06)

Écrit par : quaeps | 17/10/2008

thrth http://peripheries.net/article95.html

Écrit par : quaeps | 18/10/2008

hrh
De quel réel cette crise est-elle le spectacle ?, par Alain Badiou
LE MONDE | 17.10.08 | 13h34 • Mis à jour le 17.10.08 | 15h12

elle qu'on nous la présente, la crise planétaire de la finance ressemble à un de ces mauvais films concoctés par l'usine à succès préformés qu'on appelle aujourd'hui le "cinéma". Rien n'y manque, y compris les rebondissements qui terrorisent : impossible d'empêcher le vendredi noir, tout s'écroule, tout va s'écrouler...

Mais l'espoir demeure. Sur le devant de la scène, hagards et concentrés comme dans un film catastrophe, la petite escouade des puissants, les pompiers du feu monétaire, les Sarkozy, Paulson, Merkel, Brown et autres Trichet, engouffrent dans le trou central des milliers de milliards. "Sauver les banques !" Ce noble cri humaniste et démocratique jaillit de toutes les poitrines politiques et médiatiques. Pour les acteurs directs du film, c'est-à-dire les riches, leurs servants, leurs parasites, ceux qui les envient et ceux qui les encensent, un happy end, je le crois, je le sens, est inévitable, compte tenu de ce que sont aujourd'hui et le monde, et les politiques qui s'y déploient.

Tournons-nous plutôt vers les spectateurs de ce show, la foule abasourdie qui entend comme un vacarme lointain l'hallali des banques aux abois, devine les week-ends harassants de la glorieuse petite troupe des chefs de gouvernement, voit passer des chiffres aussi gigantesques qu'obscurs, et y compare machinalement les ressources qui sont les siennes, ou même, pour une part très considérable de l'humanité, la pure et simple non-ressource qui fait le fond amer et courageux à la fois de sa vie. Je dis que là est le réel, et que nous n'y aurons accès qu'en nous détournant de l'écran du spectacle pour considérer la masse invisible de ceux pour qui le film catastrophe, dénouement à l'eau de rose compris (Sarkozy embrasse Merkel, et tout le monde pleure de joie), ne fut jamais qu'un théâtre d'ombres.

On a souvent parlé ces dernières semaines de "l'économie réelle" (la production des biens). On lui a opposé l'économie irréelle (la spéculation) d'où venait tout le mal, vu que ses agents étaient devenus "irresponsables", "irrationnels", et "prédateurs". Cette distinction est évidemment absurde. Le capitalisme financier est depuis cinq siècles une pièce majeure du capitalisme en général. Quant aux propriétaires et animateurs de ce système, ils ne sont, par définition, "responsables" que des profits, leur "rationalité" est mesurable aux gains, et prédateurs, non seulement ils le sont, mais ont le devoir de l'être.

Il n'y a donc rien de plus "réel" dans la soute de la production capitaliste que dans son étage marchand ou son compartiment spéculatif. Le retour au réel ne saurait être le mouvement qui conduit de la mauvaise spéculation "irrationnelle" à la saine production. Il est celui du retour à la vie, immédiate et réfléchie, de tous ceux qui habitent ce monde. C'est de là qu'on peut observer sans faiblir le capitalisme, y compris le film catastrophe qu'il nous impose ces temps-ci. Le réel n'est pas ce film, mais la salle.

Que voit-on, ainsi détourné, ou retourné ? On voit, ce qui s'appelle voir, des choses simples et connues de longue date : le capitalisme n'est qu'un banditisme, irrationnel dans son essence et dévastateur dans son devenir. Il a toujours fait payer quelques courtes décennies de prospérité sauvagement inégalitaires par des crises où disparaissaient des quantités astronomiques de valeurs, des expéditions punitives sanglantes dans toutes les zones jugées par lui stratégiques ou menaçantes, et des guerres mondiales où il se refaisait une santé.

Laissons au film-crise, ainsi revu, sa force didactique. Peut-on encore oser, face à la vie des gens qui le regardent, nous vanter un système qui remet l'organisation de la vie collective aux pulsions les plus basses, la cupidité, la rivalité, l'égoïsme machinal ? Faire l'éloge d'une "démocratie" où les dirigeants sont si impunément les servants de l'appropriation financière privée qu'ils étonneraient Marx lui-même, qui qualifiait pourtant déjà les gouvernements, il y a cent soixante ans, de "fondés de pouvoir du capital" ? Affirmer qu'il est impossible de boucher le trou de la "Sécu", mais qu'on doit boucher sans compter les milliards le trou des banques ?

La seule chose qu'on puisse désirer dans cette affaire est que ce pouvoir didactique se retrouve dans les leçons tirées par les peuples, et non par les banquiers, les gouvernements qui les servent et les journaux qui servent les gouvernements, de toute cette sombre scène. Je vois deux niveaux articulés de ce retour du réel. Le premier est clairement politique. Comme le film l'a montré, le fétiche "démocratique" n'est que service empressé des banques. Son vrai nom, son nom technique, je le propose depuis longtemps, est : capitalo-parlementarisme. Il convient donc, comme de multiples expériences depuis vingt ans ont commencé à le faire, d'organiser une politique d'une nature différente.

Elle est et sera sans doute longtemps très à distance du pouvoir d'Etat, mais peu importe. Elle commence au ras du réel, par l'alliance pratique des gens les plus immédiatement disponibles pour l'inventer : les prolétaires nouveaux venus, d'Afrique ou d'ailleurs, et les intellectuels héritiers des batailles politiques des dernières décennies. Elle s'élargira en fonction de ce qu'elle saura faire, point par point. Elle n'entretiendra aucune espèce de rapport organique avec les partis existants et le système, électoral et institutionnel, qui les fait vivre. Elle inventera la nouvelle discipline de ceux qui n'ont rien, leur capacité politique, la nouvelle idée de ce que serait leur victoire.

Le second niveau est idéologique. Il faut renverser le vieux verdict selon lequel nous serions dans "la fin des idéologies". Nous voyons très clairement aujourd'hui que cette prétendue fin n'a d'autre réalité que le mot d'ordre "sauvons les banques". Rien n'est plus important que de retrouver la passion des idées, et d'opposer au monde tel qu'il est une hypothèse générale, la certitude anticipée d'un tout autre cours des choses. Au spectacle malfaisant du capitalisme, nous opposons le réel des peuples, de l'existence de tous dans le mouvement propre des idées. Le motif d'une émancipation de l'humanité n'a rien perdu de sa puissance. Le mot "communisme", qui a longtemps nommé cette puissance, a certes été avili et prostitué.

Mais, aujourd'hui, sa disparition ne sert que les tenants de l'ordre, que les acteurs fébriles du film catastrophe. Nous allons le ressusciter, dans sa neuve clarté. Qui est aussi son ancienne vertu, quand Marx disait du communisme qu'il "rompait de la façon la plus radicale avec les idées traditionnelles" et qu'il faisait surgir "une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous".

Rupture totale avec le capitalo-parlementarisme, politique inventée au ras du réel populaire, souveraineté de l'idée : tout est là, qui nous déprend du film de la crise et nous rend à la fusion de la pensée vive et de l'action organisée.

Écrit par : quaeps | 18/10/2008

hrt « Le passé c’est le passé ! », « Laissons l’histoire aux historiens ! »… Derrière ces remontrances, aussi tautologiques que contestables, pointe la même arrogance, la même surdité volontaire, les mêmes implicites et les mêmes effets politiques : un verrouillage du débat public sur l’héritage colonial et esclavagiste de l’Europe, qui permet de réaffirmer une hiérarchie des mémoires – et, par métonymie, une hiérarchie des races et des peuples.
ArticleDepuis le mois de janvier 2005, « la mémoire » et « l’histoire » occupent périodiquement le devant de la scène médiatique française. De l’« affaire Dieudonné » aux polémiques qui ont accompagné la sortie du film Indigènes et des livres La tyrannie de la pénitence, Pour en finir avec la repentance coloniale ou encore Fier d’être français [1], en passant par « l’affaire Pétré-Grenouilleau », la constitution du CRAN (Conseil représentatif des associations noires), le lancement des collectifs « Devoirs de Mémoire », l’hystérie médiatique et politique qui a accueilli l’ « Appel des Indigènes de la République » ou encore les manifestations antillaises contre une loi célébrant le « rôle positif » de la colonisation, c’est en grande partie autour du rapport entre passé, présent, mémoire, histoire et politique que s’est cristallisé le débat public.

Une nouvelle vulgate s’est à cette occasion installée, à grands renforts de déclarations politiques et de publications journalistiques ou livresques, à propos des rapports entre passé et présent, mémoire et histoire – et plus précisément à propos du passé colonial et esclavagiste de la France, et de ses effets sur les formes contemporaines du racisme et sur la condition des descendants d’esclaves ou de colonisés.

Ce discours dominant n’est pas ouvertement raciste, mais il assume en revanche une posture professorale ou paternelle, en « rappelant à l’ordre » les personnes et en « remettant les choses en place ». À la confusion « mortifère » entre passé et présent, il oppose cette vérité apparemment frappée au coin du bon sens : « Le passé, c’est le passé ! ». Et à l’impertinente confusion entre mémoire et histoire, il oppose un rappel à l’ordre tout aussi tautologique : « C’est aux historiens de dire l’histoire ! ».

« Le passé, c’est le passé » ! »

L’unité et la cohésion nationale sont sans cesse invoquées, face à une menace d’« éclatement » incarnée par la « guerre des mémoires » et la « concurrence des victimes » [2]. Mais ce qu’on prétend défendre, c’est aussi, plus fondamentalement, un rapport positif, sain et dynamique de la collectivité nationale à elle-même, au présent dans lequel elle vit et au futur qui reste à construire. Un rapport au temps qui « ne laisse pas les morts enterrer les vivants », qui ne s’enferme pas dans les « passions tristes », le ressassement et la commémoration mélancolique des « pages sombres » de notre histoire : celle des offenses subies par les uns et commises par d’autres. Ainsi parle Nicolas Sarkozy :

« À tous les peuples de la Méditerranée qui passent leur temps à ressasser le passé et les vieilles haines de jadis, je veux dire que le temps est venu de regarder vers l’avenir » [3].

Mais ainsi parle aussi Daniel Bensaïd, figure historique de la Ligue Communiste Révolutionnaire, lorsque, réagissant à l’ « Appel des Indigènes de la république », il souligne « l’impossibilité de vivre sans oubli » et met en garde « nos sociétés » contre une mort par « overdose mémorielle ».

Ce qui pose problème, c’est que ce discours d’inspiration nietzschéenne sur la nécessité de l’oubli des offenses subies et le caractère mortifère du « ressentiment » [4] ne vaut en général que pour le passé colonial et esclavagiste. Nul n’ose, nul ne songe même à appeler les Juifs ou les Arméniens à l’oubli de ce qu’ont vécu leurs grands-parents ou leurs arrière-grands-parents. Nul ne leur reproche de s’enfermer dans le passé – du moins ceux qui le font sont-ils assez vite identifiés comme des extrémistes, des négationnistes voire des racistes. Une éloquence rare est même mobilisée dans leur cas pour rappeler – à juste titre – l’importance du passé, le caractère inoubliable des offenses subies, le caractère moralement coupable et politiquement irresponsable de l’oubli, et la nécessité impérieuse de la reconnaissance du tort commis pour que soient possibles le pardon et la réconciliation.

Lorsque, par exemple, Nicolas Sarkozy ordonne qu’on « laisse les historiens faire le travail de mémoire » qui s’impose sur le passé esclavagiste et colonial [5], les journalistes qui l’interrogent n’ont pas l’à-propos de lui demander s’il préconise la même retenue et le même silence des non-historiens en ce qui concerne la Shoah. Et lorsqu’il dénonce le fait de juger le passé « à l’aune des idées politiques d’aujourd’hui », les journalistes ne lui demandent pas non plus s’il préconise le même relativisme moral à l’égard de l’antisémitisme, s’il reproche par exemple aux associations communautaires juives et aux associations antiracistes de juger la politique anti-juive de Vichy « à l’aune des idées politiques d’aujourd’hui ».

Ce qui pose problème, ce n’est donc pas de critiquer l’hypothèse abstraite d’un « enfermement mémoriel », c’est plutôt l’inégalité de traitement des différentes « communautés » et de leurs différentes « mémoires ». C’est le fait que ce qui est nommé « enfermement mémoriel », « victimisation » ou « manie de la repentance », et à ce titre refusé aux descendants d’esclaves ou de colonisés, n’est rien d’autre que ce qui est désormais reconnu aux Juifs ou aux Arméniens de France, érigé même en « devoir de mémoire ».

Car si l’on fait preuve d’honnêteté, si l’on écoute et si l’on entend bien les « revendications mémorielles » qui émergent depuis plusieurs années, elles ne sont rien d’autre que cela : une reconnaissance officielle des faits, le déblocage de moyens pour la recherche historique, une place conséquente dans les manuels scolaires et les documentaires télévisés, une inscription matérielle – sous forme de monuments, de noms de rue ou de jours fériés – des événements, de leur réprobation par la « Nation française » et des « grands hommes » noirs, arabes ou asiatiques qui ont été les héros et martyrs de cette histoire.

Tout cela, qui est refusé aux descendants d’esclaves et de colonisés, est ce à quoi les Juifs et les Arméniens ont fini par avoir droit [6]. Sans parler des Français « ordinaires », ceux qui ne sont ni juifs, ni arméniens, ni noirs ni arabes, ni descendants d’« Indochinois », et qui croulent sous le poids d’un « patrimoine » glorifié et de « grands hommes » idéalisés, de Clovis et Jeanne d’Arc à de Gaulle, en passant par Voltaire, Danton, Napoléon ou Jules Ferry – même François Mitterrand a été célébré, dix ans à peine après sa mort.

Il y a là une violence symbolique inouïe : c’est toute une population qui se retrouve exclue en dehors de la « commune humanité », puisque désignée implicitement comme indigne de figurer dans l’Histoire avec un grand H, celle qui prétend retracer les bonheurs et les malheurs de l’Humanité. L’espèce humaine se définissant par son historicité, l’exclusion ou la relégation de l’histoire des Noirs, des Arabes ou des Asiatiques reproduit métaphoriquement l’exclusion (« ils ne sont pas humains, ils n’ont pas d’âme ») et la relégation (« ce sont des races humaines, mais des races inférieures ») qui ont servi dans le passé à justifier leur oppression. La dénégation des torts passés et l’injonction à l’oubli faite aux descendants de victimes constitue pour cette raison une violence symbolique qu’aucun bon républicain blanc n’accepterait pour lui-même.

« La culpabilité n’est pas héréditaire ! »

La séparation radicale entre le passé et le présent se décline aussi sous la forme d’un discours sur la non-hérédité des fautes : ni les Français blancs en général, ni même les descendants directs des esclavagistes, des colonisateurs ou des colons, ne sauraient être tenus responsables des fautes de leurs parents, grands-parents ou arrière grands parents. De Nicolas Sarkozy à Daniel Bensaïd là encore, en passant par Daniel Lefeuvre, Max Gallo et Pascal Bruckner, de nombreux acteurs, de toutes tendances politiques, ont adressé la même leçon aux Indigènes de la république – ou plus largement aux descendants d’esclaves ou de colonisés qui posaient la question de « l’héritage colonial » :

« Il n’y a pas plus de transmission du statut de victime qu’il n’y a de transmission du statut de bourreau. »

« [Selon les Indigènes], Il y aurait une sorte d’héritage héréditaire de l’oppression subie (et par contrecoup de la culpabilité des oppresseurs). Cette invocation du “nom du père” introduit une sorte de droit du sang dans le combat contre les discriminations et rejoint une quête à la mode des origines, qui tend à ethniciser ou confessionnaliser les conflits politiques. »

« De quel droit demandez vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères ? » [7]

Ainsi, par un retournement incroyable, et au fond assez odieux, le jeune noir ou arabe qui hérite, de par sa couleur de peau ou son patronyme, d’un stigmate qui sera pour lui synonyme d’humiliations et de discriminations, se retrouve mis sur le même plan que le dominant qui hérite, par le sang, d’un droit ou d’un privilège ; et c’est lui – le stigmatisé – qui, lorsqu’il s’élève contre la stigmatisation qu’il subit du fait de son origine ethnique, devient le responsable de l’ethnicisation !

Le sophisme est d’autant plus retors qu’il a l’apparence de l’évidence et de l’orthodoxie progressiste et antiraciste. Qui en effet irait contester que les enfants ne sont pas comptables des fautes de leurs parents ? N’est-ce pas précisément le propre du racisme que d’instaurer une responsabilité collective et héréditaire ? Pourtant, cet énoncé, bien qu’incontestable hors contexte (les enfants ne sont effectivement pas responsables de ce qu’ont fait les parents), perd toute pertinence lorsqu’on le rapporte à son contexte d’énonciation. D’abord parce que l’objection est hors de propos : aucun « activiste de la mémoire » ne pose la question en termes culpabilité héréditaire, de honte ou d’excuses à présenter. Ce n’est pas la population dans sa globalité qui est visée mais avant tout l’État et les institutions, et ce n’est pas un sentiment de honte qui est demandé mais une reconnaissance, s’enracinant dans un regard lucide sur le passé et s’incarnant dans des actes – et notamment une autre politique éducative, permettant de mener à l’école un travail plus exhaustif, moins superficiel et moins complaisant sur l’esclavage, le système colonial, et les représentations qu’ils ont produites.

D’autre part, plus profondément et plus gravement, la caricature est un moyen de disqualifier, faire taire, et ainsi occulter la véritable question que posent les Indigènes de la République et quelques autres : non pas la question morale de l’hérédité individuelle du statut de victime ou de bourreau, mais la question sociale et politique de l’héritage colonial, de la transmission des représentations racistes et de la reproduction des mécanismes discriminatoires.

Car s’il est vrai que le couple bourreau / victime n’est pas héréditaire, en revanche, les relations dominants / dominés, notamment celles qui sont fondées sur l’inégalité des ressources économiques et celles qui sont fondées sur un stigmate raciste, se transmettent et se reproduisent bel et bien de manière héréditaire, sans grande déperdition : de même que les pauvres font des enfants qui naissent pauvres, et le restent pour la plupart, les Noirs font des enfants noirs et les Arabes des enfants arabes, qui à leur tour subissent en tant que tels le racisme – à moins de supposer que celui-ci ait miraculeusement disparu « avec le temps », comme essaient de nous le faire croire certains discours iréniques.

Le racisme subi par les enfants n’est certes pas nécessairement identique à celui qu’ont vécu les parents ou les grands-parents : il peut être un peu moins radical, brutal et généralisé, comme il peut s’être aggravé – tout dépend de l’évolution des rapports sociaux. Mais ces évolutions se dessinent sur un fond de permanence et de reproduction des inégalités. Et ce qui est certain, c’est que pour qu’il y ait baisse d’intensité du racisme, l’écoulement du temps n’a jamais suffi : il faut que des acquis aient été gagnés par des luttes [8]. Bref : il faut que des descendants d’esclaves ou de colonisés aient commencé par dire et faire entendre qu’ils subissent le racisme – au risque de se voir répondre que « le statut de victime n’est pas plus héréditaire que le statut de bourreau »… Le discours contre « l’hérédité du statut de victime et de bourreau » apparaît dès lors sous un jour peu reluisant : il a pour fonction, ou en tout cas pour effet objectif, d’intimider, de disqualifier, et d’empêcher toute conscientisation, énonciation et émancipation des personnes « racisées ».

Aux antipodes de cette attitude hautaine, il existe une alternative : la pleine reconnaissance de l’oppression passée et de ses conséquences présentes, et la volonté de changer les choses. Il y a donc bien une « responsabilité blanche » : non pas à l’égard du passé, qui ne dépend pas de nous, mais à l’égard du présent. Les Français blancs ne sauraient être tenus responsables de ce qu’ont fait leurs ancêtres ou leurs dirigeants dans le passé, mais ils sont responsables de ce qu’ils font ou laissent faire au présent : choisissent-ils d’admettre l’évidence d’une transmission des stéréotypes esclavagistes et coloniaux, de la permanence des pratiques discriminatoires, et de l’ordre social injuste qui en découle, ou bien préfèrent-ils faire comme si de rien n’était, remiser « la colonisation » au rayon des « épisodes passés » – et par là même abandonner à leur sort leurs contemporains noirs et arabes, en leur laissant implicitement l’entière responsabilité de leur situation de relégation ? De ce choix présent nous avons tous à répondre – et de son second terme il y a bel et bien lieu d’avoir honte et de se repentir…

« Laissez l’histoire aux historiens ! »

À cette violence de la séparation passé / présent (« le passé c’est le passé », « ne laissons pas le passé hanter notre présent ») vient s’ajouter une seconde violence : celle de l’opposition mémoire / histoire. Il n’y a certes rien de violent ou d’illégitime dans le fait de distinguer la mémoire et l’histoire, l’une étant par nature subjective et sélective là où l’autre vise l’objectivité et l’exhaustivité. Ce qui est violent à l’égard des « discriminés de la mémoire » (c’est-à-dire de ceux dont la mémoire est reléguée dans les bas-fonds de la « mémoire collective » officielle), c’est d’opposer de manière absolue l’histoire à la mémoire comme le bien au mal, et de dénier aux mémoires minoritaires – en l’occurrence arabes, afro-antillaises ou asiatiques – toute contribution à la production du savoir historique. Ce qui est violent, c’est la manière dont « les historiens » sont purement et simplement identifiés à « l’histoire », comme si tous les historiens de métier étaient toujours à la hauteur de l’idéal d’impartialité et d’objectivité sur lequel est fondée leur discipline, comme si le champ institué de la recherche et de l’enseignement de l’histoire n’était pas déterminé, dans ses choix d’objets d’étude, par une mémoire particulière : celle des dominants, et comme si des non-professionnels ou des non-diplômés ne pouvaient jamais faire preuve d’impartialité et de rigueur historique.

Ce qui est violent, c’est en d’autres termes la monopolisation du discours légitime sur le passé par une corporation. Une corporation qui est très majoritairement blanche et qui – faut-il y voir un lien ? – n’a jamais brillé par sa curiosité pour l’esclavage et la colonisation, du moins pour ces processus historiques tels qu’ils ont été vécus par les esclaves et les colonisés.

Cette monopolisation du discours légitime sur le passé est d’autant plus malvenue que le militantisme « mémoriel » des dominés – qu’il s’agisse des Noirs, des Arabes, des femmes, des homosexuels ou des ouvriers – a toujours produit des effets de vérité et fait avancer la recherche historique, en posant à l’histoire académique des questions qu’elle avait omis de se poser, en ouvrant des champs d’investigation qui avaient été délaissés, en permettant un rééquilibrage des points de vue et un gain d’objectivité, parfois même en fournissant un véritable travail de recherche et d’archive [9].

Au bout du compte, derrière cette double dichotomie explicite, passé / présent et mémoire / histoire, c’est une autre dichotomie, implicite, qui surdétermine tout le « débat » : la dichotomie bien connue entre eux et nous. Il y a « nous », Français « de souche », qui incarnons l’objectivité et donc « l’histoire », et il y a « eux », Noirs, Arabes, musulmans et autres descendants de colonisés, qui ne dépassent pas le stade de la « mémoire », avec tout ce que celle-ci a de subjectif et d’auto-centré, bref : d’insuffisant. Il y a « nous » qui avons un passé objectivement glorieux et des malheurs objectivement dignes d’être racontés, et « eux » dont la moindre revendication « mémorielle » ne peut apparaître que comme excessive, outrancière ou « pleurnicharde ». Une telle opposition entre « eux » et « nous », débouchant sur une inégalité de traitement, porte un nom : le racisme.

Écrit par : hjkh | 20/10/2008

hgfh On ne saurait le contester : dans la crise, Nicolas Sarkozy fait preuve d’une grande habileté. Il est ces jours-ci l’homme de trois illusions. La première consiste à nous faire croire qu’il veut et surtout qu’il peut « refonder le capitalisme ». La deuxième, que le président de l’Union européenne – qu’il est pour deux mois encore – dicterait leur conduite aux États-Unis. La troisième, qu’il y aurait une cohérence entre un affichage antilibéral sur la scène internationale et sa politique économique et sociale en France. Le premier tour de passe-passe est une œuvre collective à laquelle participent tous ceux (Medef et dirigeants socialistes compris…) qui veulent nous faire croire que la crise résulte des excès de capitalistes encanaillés. Nous avons déjà eu l’occasion de le dire ici ces dernières semaines : le caractère immoral du système réside moins dans la pratique du « parachute doré » que dans le transfert des richesses, massif et silencieux, du travail vers le capital. Le capitalisme, autant qu’il nous en souvienne, est un rapport de production. C’est le rapport capital-travail. Ce n’est pas « le marché », et encore moins… la démocratie. Or, à ce rapport, il n’est évidemment pas question de toucher. L’idée de « refondation » suggère que l’on pourrait revenir à une sorte de pureté originelle du système en remontant le fil de l’histoire. Rejouer Bretton Woods. Ou, pour aller plus loin encore, réinventer l’étalon-or. C’est oublier que chacun de ces accords correspondait à des situations. Pour en arriver à Bretton Woods, en 1944, le capitalisme en est passé par la Deuxième Guerre mondiale et par le développement de l’industrie d’armement aux États-Unis… Fâcheux oubli ? Ou funeste perspective ?

La deuxième imposture est européenne. Le seul acte authentiquement antilibéral qui pourrait être convaincant, ce serait la remise en cause du traité de Lisbonne. Car ce texte, qui fait loi dans l’Europe actuelle, est d’essence ultralibérale. Au nom de la libre concurrence, il interdit toute harmonisation sociale ou fiscale. Il encourage les privatisations. Il déréglemente le travail. Le meilleur exemple, et le plus récent, est celui du temps de travail « plafonné », si l’on ose dire, à 65 heures hebdomadaires. Et le corollaire de cette Europe antisociale est le déni de démocratie qui caractérise toutes les étapes de sa construction. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy n’est-il pas le premier à souhaiter que l’Irlande revote jusqu’à ce que le « oui » l’emporte ? Comme il a contourné l’opinion publique française en se gardant de soumettre ledit traité à un nouveau référendum. Faute d’un tournant radical, il n’est donc pas sérieux de nous présenter le plan de sauvetage du système bancaire et la convocation d’un G8 à New York comme l’avènement d’un leadership européen original. En vérité, l’Europe de Nicolas Sarkozy ne fait, ces jours-ci, que se substituer à une Amérique momentanément aux abonnés absents, avec un président qui était calamiteux et qui n’est plus que fantomatique. L’Europe assure l’intérim en attendant la présidentielle. Mais, hormis quelques leçons de morale expéditive, c’est toujours bien du modèle américain dont on se rapproche à grands pas.

Pour s’en convaincre, il faut en venir à la troisième mystification. Celle-ci est hexagonale, mais elle est aussi européenne. Quel nom donner à une politique qui encourage toutes les privatisations, y compris celles des services publics, comme La Poste ou notre système de santé ? Comment qualifier la politique qui supprime massivement des postes d’enseignants, fait religion d’affaiblir la Fonction publique, rend inaccessible la retraite à taux plein pour mieux favoriser des systèmes assuranciels privés [1] ? Un seul adjectif convient : ultralibéral. Un ultralibéralisme en parfaite symbiose avec la politique européenne et la doctrine de l’administration Bush. Il y a une cohérence dans tout cela. Et c’est misère d’entendre le socialiste Manuel Valls dire qu’il y a « deux Sarkozy ». Il y en a deux si l’on croit à son affichage antilibéral de « refondateur du capitalisme ». Mais il n’y en a qu’un seul si l’on ne mord pas à l’hameçon. Tout de même, quelque chose est encourageant dans tout cela : si une partie de l’opinion est bluffée par l’agitation transatlantique de notre président, les salariés, eux, ne sont pas dupes. Ils se remobilisent de plus belle. En témoigne l’impressionnant succès de la manifestation d’enseignants, dimanche dernier. Le combat pour la défense de La Poste revient dans l’actualité, et les retraités ne sont pas en reste. La débauche de milliards pour sauver le système bancaire joue comme un aiguillon. Et notre société a les nerfs à fleur de peau.

Écrit par : hjkh | 23/10/2008

bdfbd Notre oligarchie est incompétente pour gouverner, pour gérer l’économie, pour réagir devant les catastrophes naturelles, pour éduquer notre jeunesse, pour gérer les affaires internationales, pour créer des services élémentaires tels que la santé ou la protection des individus. Qu’elle soit encore au pouvoir, et qu’elle le sera encore à l’issue des prochaines élections, prouve notre degré d’incapacité à faire la part des choses entre nos illusions et la réalité. Nous croyons encore les « experts » et ces derniers croient encore eux-mêmes. Ils tournent comme des mouches autour de John McCain et Barack Obama. Ce n’est que lorsque ces élites seront dénoncées comme des parasites incompétents et renversées que nous aurons un espoir de rétablir l’ordre social, économique et politique.

« Leur incapacité d’imaginer qu’un être humain puisse être motivé par autre chose que l’intérêt les rend incapables, ne serait-ce que d’imaginer, d’évoluer dans le cadre d’un désintéressement qu’on appelle l’intérêt public » a dit le philosophe canadien John Ralston Saul, dont les livres « La Civilisation inconsciente » et « Les Bâtards de Voltaire - La dictature de la raison en Occident » s’en prennent avec virulence à nos élites oligarchiques. « C’est comme si la révolution industrielle avait provoqué un traumatisme sévère, qui perdure encore et qui efface la mémoire chez certains. Pour eux, l’histoire moderne a jailli d’une explosion, la révolution industrielle. C’est la pensée idéologique standard : une étoile filante traverse le ciel, une météorite explose, et l’histoire démarre. »

Nos élites – ceux du Congrès, ceux de Wall Street et ceux qu’on nous prépare dans nos universités et écoles de commerce prestigieuses – n’ont pas les capacités pour réparer cette pagaille financière. En réalité, ils vont l’aggraver. A cause de l’éducation qu’ils ont reçue, ils n’ont aucune conception du « bien commun ». Ce sont des bureaucrates médiocres, timorés, sans imagination qui ont été formés à la gestion de systèmes. En guise de solutions, ils ne peuvent concevoir que des petites retouches qui feront plaisir aux milieux d’affaires. Ils ne pensent qu’en termes de chiffres, de profits et de promotions personnelles. Ils sont capables de refuser des soins médicaux aux malades pour augmenter les bénéfices d’une compagnie, tout comme ils sont capables de faire appel à l’argent des contribuables pour fourguer des systèmes d’armement couteux à quelques dictatures sanglantes. Les conséquences sur le plan humain ne figurent jamais dans leurs bilans. Le système démocratique, pensent-ils, est un effet collatéral du libéralisme économique. Et ils servent docilement le marché.

Andrew Lahde, de Santa Monica, Californie, est le gestionnaire de « hedge funds » qui a fait un profit de 870 pour cent l’année dernière en pariant sur un effondrement des « subprimes ». Il vient de fermer son fond de placement, pour cause d’affaires trop risqués avec des banques défaillantes. Dans sa lettre d’adieu à ses investisseurs (*), il s’en prend violemment aux élites.

Parlant de la classe oligarchique, il dit « Les fruits pendants, c’est-à-dire ces idiots dont les parents ont payé la prépa, Yale et le MBA d’Harvard, étaient à ramasser. Ces gens qui étaient la plupart du temps indignes de l’éducation qu’ils ont (supposément) reçue se sont élevés jusqu’aux sommets de firmes comme AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers et à tous les niveaux du gouvernement. Toutes ces choses qui soutiennent cette aristocratie n’ont abouti qu’à rendre plus facile pour moi de trouver des gens assez bêtes pour être de l’autre côté de mes transactions. Dieu bénisse l’Amérique ». (**)

« En ce qui concerne le gouvernement, j’aurais une modeste proposition à faire. » poursuivit-il. « D’abord, je voudrais souligner les failles les plus évidentes, où des propositions de lois ont sans cesse été présentées au Congrès ces huit dernières années, des lois qui permis de contrôler les pratiques de ces institutions qui sont pour la plupart aujourd’hui défuntes. Ces institutions ont régulièrement rempli les coffres-forts de tous les partis politiques en échange d’un rejet des ces projets de loi dont l’objectif était de protéger le citoyen de base. C’est un scandale, et pourtant personne n’a l’air de le remarquer ou de s’en préoccuper. Depuis la mort de Thomas Jefferson et Adam Smith, je dirais qu’il y a une pénurie de véritables philosophes dans ce pays, du moins de ceux qui se consacrent à améliorer le gouvernement. »

La démocratie n’est pas un produit des marchés libres. Démocratie et Capitalisme sont antagonistes. La Démocratie, comme la responsabilité individuelle, n’est pas basée sur la recherche d’un profit personnel mais sur l’abnégation. Une démocratie qui fonctionne doit, au nom des citoyens, défier les intérêts économiques des élites. Ce n’est pas le cas. Les patrons et les officiels du gouvernement qui tentent de réparer l’effondrement économique sont en train de consacrer de l’argent et des ressources au secteur financier parce que tout ce qu’ils savent faire, c’est gérer et maintenir des systèmes existants, pas les changer. Mais les systèmes financiers ne sont pas des abstractions scientifiques ou mathématiques qui existent indépendamment des êtres humains.

« Lorsque l’élite commence à croire à la réalité de l’argent, la crash n’est pas bien loin, » a dit Saul lors d’une interview téléphonique. « Ils ont abandonné toute réflexion. Ils se sont mis dans l’impossibilité de se regarder dans la glace et de réfléchir, de distinguer inflation, spéculation et simple esbroufe. Ils en sont incapables. Et lorsque vous leur dites, « hé, ceci n’est pas du réel », ils répondent, « oh, mais vous ne comprenez pas, vous êtes vieux jeu, vous en êtes encore à raisonner en termes de production » sans oublier le « c’est de l’économie élémentaire, voyons ». Ca ne rate jamais. »

« Le problème, c’est qu’il y a une crise, il y a une perte de repères chez tous ceux qui sont au pouvoir, et je ne parle pas que George Bush, c’est quelque chose de très, très profond » dit Saul. « Il y une nécessité de repenser l’économie et la politique. Il faut repenser toute la méthode d’analyse de la Banque Mondiale. Si j’étais le Secrétaire du Trésor - pas un type comme Henry Paulson, je veux parler d’un Secrétaire du Trésor ou d’un Ministre des Finances normal - et si je disais, « bon, les gars, on a un problème, on va réunir tous les fonctionnaires expérimentés. Messieurs, dames, nous avons un grave problème, il faut trouver quelque chose ». Eh bien, ces gens-là en seraient incapables parce qu’on en est déjà à la quatrième génération de ce qu’on pourrait appeler les gestionnaires globalistes néoconservateurs (en résumant un peu brutalement). Alors ils vont consulter leurs subalternes qui à leur tour vont consulter ceux en dessous et ainsi de suite. Et il n’y en aura pas un seul pour proposer une alternative. On entendra peut-être quelques petites variations, mais pas d’opinions divergentes. Il est donc très difficile de changer les choses parce qu’ils ont éliminé toute opposition interne. C’était le même problème en Union Soviétique, non ? »

Saul releva que, dans les années 20, en Allemagne, Italie et la France, les trois premiers objectifs du mouvement corporatiste, du moins pour ceux qui ont fini par rejoindre l’expérience fasciste, était « le transfert du pouvoir entre les mains de groupes d’intérêt économiques et sociaux, l’interférence du privé dans des domaines normalement réservés au public » et « la suppression des frontières entre l’intérêt privé et l’intérêt public – c’-est-à-dire la remise en cause de l’idée même d’intérêt pubic. »

On n’a pas déjà entendu ça quelque part ?

« Il existe une poignée de gens qui n’ont pas connu les honneurs des grands media, qui n’ont pas été écoutés, qui ont été marginalisés de toutes les manières possibles et imaginables, » dit Saul. « Il y en a quelques uns et on pourrait faire appel à eux. Mais ensuite, à qui transmettre les instructions ? Ceux à qui ils transmettraient les instructions ne vont pas comprendre les instructions parce que cela ne fait pas partie de leur éducation. C’est comme un général qui voudrait mener une guerre de guérilla et qui se rendrait soudainement compte que ses officiers ne savent que creuser des tranchées. Comment réussirait-il à leur faire faire quelque chose pour laquelle ils n’ont jamais été formés ? C’est ainsi que l’on aboutit à cette sorte de désarroi, de confusion interne, et la menace du populisme. Nous avons déjà connu le populisme, mais là ce serait bien plus fort, plus effrayant, plus violent. »

Nous avons beau élire des représentants pour mettre fin à la guerre, la guerre continue. Nous avons beau demander aux élus de faire interdire les écoutes téléphoniques illégales de Bush, les lobbyistes des compagnies de télécommunication font en sorte qu’elles continuent. Nous avons beau les supplier de ne pas faire un cadeau de 850 milliards de dollars d’argent des contribuables aux élites de Wall Street… Nous avons beau vouloir un vrai système de sécurité sociale, le sujet n’est même pas abordé lors des débats présidentiels. En tant qu’individus dans ce système, nous n’avons aucune importance.

« J’ai parlé à plusieurs juges de Cours Suprêmes, à plusieurs reprises dans différents pays, » m’a déclaré Saul, « et je leur demandais « écoutez, dans vos jugements, pouvez-vous distinguer les affaires relevant d’un contrat social de celles relevant d’un contrat commercial ? » et la réponse est toujours « nous ne pouvons plus faire la distinction ». C’est là le cœur du problème. On n’a plus le concept de l’autre, l’individu n’a plus de devoirs envers le collectif. Et on ne peut pas l’avoir puisque tout le système légal a glissé ces 50 dernières années vers une confusion croissante entre le contrat social et le contrat commercial. Ce sont pourtant deux choses totalement distinctes. Le contrat social lie les individus dans le cadre d’un intérêt collectif, il implique une responsabilité individuelle, la capacité de comprendre l’autre. Le contrat commercial n’est qu’un contrat commercial. On ne peut pas les confondre. En fait, ils ne sont pas faits l’un pour l’autre. Le contrat commercial ne fonctionne correctement que lorsque le contrat social fonctionne dans une démocratie. »

Ceux qui vivent du fruit de leur travail (« la classe ouvrière » dans le texte original – ndt) et qui ont désespérément emprunté de l’argent pour survivre lorsque leurs salaires réels ont dégringolé, devront désormais faire face à une stagnation ou même un déclin de leurs revenus au cours des prochaines années, peut-être même des prochaines décennies, sans pouvoir accéder à de nouveaux crédits. Pendant ce temps, le budget national est en train d’être asséché au profit d’intérêts commerciaux spéculateurs. Le gouvernement – seule institution que les citoyens ont qui soit assez puissante pour protéger leurs droits – a été affaiblie, devient anémique et de moins en moins capable de venir en aide à la masse de citoyens qui vont connaître une période de privations et de souffrances inconnues depuis les années 30. La consommation, ce moteur dispendieux de l’économie US, est en déclin. Les ventes au détail aux Etats-Unis ont chuté de 1,2 pour cent au mois de septembre. La baisse est pratiquement le double des 0,7 pourcent prévus par les analystes, et la consommation des ménages représente deux tiers de l’activité économique aux US. 160.000 emplois ont été perdus le mois dernier et 750.000 emplois ont été perdus l’année dernière. Les répercussions de l’effondrement économique ne font que commencer.

Je ne pense pas que George W. Bush ou Barack Obama ou John McCain ou Henry Paulson soient des fascistes. Je pense qu’ils font plutôt partie d’une cabale de capitalistes ingénus, médiocres et inconscients qui, petit à petit, sont en train d’affaiblir les structures politiques et économiques au point où notre démocratie deviendra si impuissante qu’elle en sera balayée, et probablement avec un fort soutien populaire. Le seule question est comment cela se produira. Le déclin sera-t-il lent et régulier comme à la fin de l’Empire Romain lorsque le Sénat n’était plus qu’une farce ? Y’aura-t-il une puissante réaction d’extrême-droite en provenance des cercles extérieurs au sérail politique traditionnel, comme en Yougoslavie, et la montée en puissance d’un fascisme chrétien ? Y’aura-t-il une crise nationale qui permettra à ceux au pouvoir de balayer les droits constitutionnels au nom de la sécurité nationale ?

Je ne sais pas. Mais je sais que tant que notre oligarchie sera au pouvoir, rien de bon ne nous attend. Soit nous réussissons à rétablir la notion de l’intérêt public, ce qui implique une révolte contre l’élite et le démantèlement des structures corporatistes, soit nous assisterons à l’agonie de la démocratie.

Écrit par : hjkh | 23/10/2008

k Les médias internationaux rendent compte en détail de la campagne présidentielle aux États-Unis. Il va de soi que ce pays est une démocratie, que McCain et Obama s’affrontent loyalement et que le choix des électeurs déterminera la politique future de Washington. Nous sommes donc invités à nous passionner pour ce feuilleton haut en couleurs avec ses conventions illuminées de stars, ses pluies de confettis, et ses clips TV assassins.

Pourtant, au cours des dernières années, les mêmes médias ont suggéré que le système ne fonctionne pas de cette manière. Ils observaient que la différence entre républicains et démocrates n’était guère plus évidente qu’entre Coca et Pepsi. Ils notaient que le président Bush n’avait pas l’envergure de la fonction et n’était au fond que la marionnette de puissants intérêts économiques. Ils s’étonnaient que des décisions aussi importantes que la guerre en Irak servent plus les intérêts de quelques multinationales et d’Israël que des États-Unis eux-mêmes.

D’où cette question faussement naïve : les États-Unis sont-ils vraiment la démocratie qu’ils prétendent être ?
Le peuple états-unien n’est pas souverain

On serait tenté de répondre « oui » sans réfléchir, d’autant que par le passé, la gauche ne les critiquait pas sur ce point, mais uniquement sur l’absence de droits sociaux. Pour répondre plus précisément, il convient de définir ce qu’est une démocratie, de vérifier si la Constitution et sa mise en pratique correspondent à cette définition.

Classiquement, on distingue trois types de régimes politiques : la monarchie (le pouvoir d’un seul), l’oligarchie (le pouvoir d’une élite) et la démocratie (le pouvoir du peuple). Par démocratie, on entend un régime dans lequel le peuple est souverain. Celui-ci décide de son destin, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants élus ou tirés au sort.

La Déclaration d’indépendance des États-Unis, principalement rédigée par Thomas Jefferson, est d’essence démocratique. Elle s’inspire de la philosophie des Lumières, notamment des œuvres de John Locke. Elle affirme que « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits [la vie, la liberté et la recherche du bonheur], et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. ».

Mais les élites, qui avaient besoin de lever des volontaires pour mener la guerre d’indépendance, changèrent de discours lorsqu’il s’agit de rédiger la Constitution. La Convention qui la rédigea fut surtout influencée par les « fédéralistes », au premier rang desquels Alexander Hamilton. Leur objectif était de rompre avec la naïveté bucolique de l’époque. Ils voulaient imposer un gouvernement central fort, adapté à l’ère industrielle, et tenir la « populace » à l’écart du pouvoir politique, car « Le peuple est turbulent et changeant, rarement il juge ou décide raisonnablement ».

Hamilton aurait souhaité la création d’une monarchie états-unienne mais, outre que cette formule n’était pas à la mode, ce projet était irréalisable en l’absence d’une classe aristocratique autochtone. Nourri des œuvres de Thomas Hobbes, il conçu donc, par défaut, un régime à la fois républicain et oligarchique. La Constitution est proclamée au nom du « peuple des États-unis », mais celui-ci n’est pas souverain pour autant. Le pouvoir appartient aux États fédérés, c’est-à-dire en pratique aux notables locaux.

Cet aspect essentiel du système politique US est aujourd’hui masqué par le recours au suffrage universel qui donne l’illusion de la souveraineté populaire. Cependant, on se souvient qu’en 2000, la Cour suprême considéra qu’elle n’avait pas à tenir compte du dépouillement du scrutin en Floride pour proclamer le résultat de l’élection présidentielle. Se fondant sur une épaisse jurisprudence, elle même basée sur la Bible et les Federalist Papers d’Hamilton, elle écarta la volonté des électeurs pour ne retenir que celle du gouverneur de Floride, en l’occurrence Jeb Bush. Ce basculement assura la victoire de George W. Bush, frère du précédent. Dans un système démocratique, la Cour suprême aurait attendu le résultat du dépouillement en Floride. Comme il s’avéra favorable à Albert Gore, celui-ci serait devenu le 43e président des États-Unis.

Les contradictions entre la Déclaration d’indépendance et la Constitution conduisirent trois membres de la Convention constituante à refuser de la signer. Pour sortir de la crise, un compromis fut trouvé sous la houlette du versatile James Madison : la Charte des droits. Dix amendements furent adoptés pour garantir les droits du justiciable face à l’arbitraire de l’État.

En définitive, les institutions tirent leur légitimité de leur origine populaire. Mais les citoyens n’ont pas vraiment leur mot à dire dans le choix de leurs dirigeants et des politiques mises en œuvres. À défaut, ils disposent de garanties judiciaires pour se protéger des excès de pouvoir.
Des primaires pour écarter les contestataires

Dans le spectacle de l’élection présidentielle que jouent actuellement les États-Unis, le premier acte fut les « primaires ». Une présentation superficielle laisse accroire que les deux grands partis politiques consultent leurs membres, État par État, pour choisir les délégués qui participeront aux conventions où ils désigneront leur candidat. C’est faux : d’une part, les primaires ne sont pas organisées par les partis, mais par les États, selon des règles propres à chacun d’eux ; d’autre part, dans la plupart des cas, ce ne sont pas les seuls adhérents du parti qui participent aux primaires.

Il y a six méthodes principales de primaires, plus des méthodes mixtes. Dans certains États, il faut être encarté au parti pour y participer, dans d’autres les sympathisants peuvent voter avec les militants, parfois tous les citoyens peuvent voter aux primaires des deux partis, parfois ils peuvent tous voter mais uniquement à la primaire du parti de leur choix, parfois les deux partis tiennent une primaire commune à un tour, d’autres fois encore à deux tours, Toutes les combinaisons de ces méthodes sont possibles. Chaque primaire, dans chaque État, a donc un sens différent.

Et puis il y a des États qui n’ont pas de primaires, mais des caucus. Par exemple, l’Iowa organise des scrutins distincts dans chacun de ses 99 comtés, qui élisent des délégués locaux, lesquels tiennent des primaires au second degré pour élire les délégués aux Conventions nationales.

Traditionnellement, ce cirque commence en février et dure six mois, mais cette année le Parti démocrate a modifié son calendrier. Il a avancé le début et voulu répartir les dates pour faire durer le plaisir presque une année complète.

À la fin, les délégués se retrouvent à la Convention de leur parti. Ils y sont rejoints par les super-délégués. Lesquels, contrairement à ce que leur dénomination laisse croire, ne sont délégués par personne. Ce sont des membres de droit, c’est-à-dire des notables et des apparatchiks. Les super-délégués représentent l’oligarchie et sont suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans un sens ou l’autre, en passant outre le résultat des primaires et des caucus. Ils sont environ 20 % à la convention démocrate et presque 25 % à la convention républicaine.

L’originalité du système, c’est que les délégués aux conventions étant majoritairement choisis par des gens extérieurs à leur parti, ils représentent à peu près la même sensibilité qu’ils soient démocrates ou républicains. Et comme si ce nivellement ne suffisait pas, les super-délégués —c’est-à-dire l’oligarchie— peuvent encore éliminer les originaux qui resteraient en lice. En définitive, les candidats désignés par les conventions seront absolument consensuels, pour ne pas dire « incolores, inodores et sans saveur ».

Alors que les médias US présentent ces primaires comme une extension du débat démocratique au sein des partis politiques, leur effet est inverse : elles visent à maintenir le statu quo en écartant tous les candidats qui ne soutiennent pas le système dans son ensemble.
Républicains et Démocrates : des partis jumeaux

Cet écrémage n’est possible que parce que les deux grands partis sont étroitement imbriqués dans l’appareil d’État. Pour toutes les décisions importantes, la Maison-Blanche recherche un « consensus bipartisan » en nommant une commission ad hoc composée à égalité de leaders des deux partis et co-présidée par un républicain et un démocrate, ce qui revient à toujours faire passer l’intérêt de l’oligarchie avant les choix politiques.

L’opposition entre les deux partis n’est qu’apparence puisqu’ils gèrent ensemble diverses institutions. Ainsi, la National Endowment for Democracy (NED) [1], sorte de vitrine légale de la CIA, est gérée paritairement par les Républicains, les Démocrates, la principale fédération syndicale ouvrière (AFL-CIO) et la Chambre patronale de commerce. Les crédits alloués à la corruption des institutions politiques et syndicales dans le monde sont approuvés de manière bipartisane avant d’être distribués soit par l’intermédiaire de l’International Republican Institute de John McCain, soit par le National Democratic Institute for Foreign Affairs de Madeleine Albright. Dans ce cas précis, il n’y a qu’une seule politique US mise en œuvre par deux organes distincts à l’extérieur. La différence entre républicains et démocrates est une fiction qui n’existe que lorsque l’appareil d’État US s’adresse à l’étranger.

John McCain et Barack Obama saisissent d’ailleurs toutes les occasions pour montrer leur proximité idéologique aux États-uniens. Par exemple, ils ont mis en scène leur participation commune à la commémoration des attentats du 11 septembre. Ou encore ils ont publié un communiqué commun de soutien au plan Paulson de sauvetage de l’économie.

En théorie, les contestataires peuvent créer de nouveaux partis et présenter d’autres candidats à l’élection présidentielle. Mais en pratique, c’est impossible. Les conditions pour fonder un parti sont différentes d’un État à l’autre et il est impossible de les satisfaire toutes à la fois. Le barrage le plus efficace est celui du New Jersey où il faut réunir 10 % des citoyens pour pouvoir créer une nouvelle formation politique. Cette condition est irréalisable au départ et interdit définitivement aux petits partis de disposer d’une section dans cet État.

Quoi qu’il en soit, de petits partis ont été légalisés dans certains États. Lorsqu’ils auront désigné leur candidat à l’issue de leur convention fédérale, celui-ci ne pourra pas se présenter dans tout le pays, mais uniquement dans ces États, de sorte qu’il n’aura aucun espoir de parvenir à la Maison-Blanche. Si les démocrates ont désigné Barack Obama et les républicains John McCain, l’avocat des consommateurs Ralph Nader se présente en indépendant et l’ex-représentant Bob Barr représentera les libertariens. Il y aura aussi quantité de candidats dont les scores ne devraient pas atteindre 1 % à l’échelle fédérale, comme l’ex-représentante Cynthia McKinney pour les écologistes, l’ambassadeur Alan Keyes pour le Parti indépendant de Californie, le pasteur Chuck Baldwin pour le parti de la Constitution, etc. sans parler des trois candidats trotskistes Roger Calero pour le Parti des travailleurs, Gloria La Riva pour les scissionnistes du Parti pour le Socialisme, et Brian Moore pour les Socialistes-USA abondamment financés par la CIA. Au total, il devrait y avoir 15 à 18 candidats alors que les médias internationaux ne parlent que des 2 principaux, tant ils sont convaincus que les autres ne sont tolérés que pour donner l’illusion du pluralisme.
Le président sera élu le 15 décembre par 638 personnes

Les règles électorales sont volontairement complexes. Leur opacité tient les citoyens à distance de la décision. Essayons néanmoins de les résumer le plus clairement possible.

Le 4 novembre prochain, chaque État appellera aux urnes les citoyens résidant sur son territoire. En fonction de leur souhait, le gouverneur local désignera les membres du « Collège électoral présidentiel » qui représenteront son État. Ce sont ces 538 électeurs qui éliront à la majorité absolue, le 15 décembre, les prochains président et vice-président des États-Unis. Leurs suffrages sous enveloppe seront solennellement dépouillés le 6 janvier par le vice-président sortant en qualité de président temporaire du Sénat. Ce n’est qu’à ce moment-là que le nom du vainqueur sera proclamé.

Chaque État dispose d’autant d’électeurs qu’il a de représentants et de sénateurs au Congrès. Or, le nombre de ses représentants est proportionnel à l’importance de sa population, tandis que le nombre de ses sénateurs est fixe. Il s’ensuit que les citoyens des petits États sont beaucoup mieux représentés au Collège électoral présidentiel que ceux des grands États. Le Wyoming qui n’a que 0,5 millions habitants dispose de 3 électeurs, tandis que la Californie avec 36,5 millions d’habitants n’en a que 55. Les habitants du Wyoming sont donc 4 fois mieux représentés que ceux de Californie. Ce système électoral à deux degrés est profondément inégalitaire. Techniquement, il est possible de disposer de la majorité du Collège électoral présidentiel en n’ayant qu’un tiers des voix des citoyens.

D’une manière générale, le parti qui arrive en tête lors de la consultation populaire rafle tous les sièges de l’État au Collège électoral présidentiel. Par exemple, selon les sondages, les citoyens de Floride seraient aujourd’hui hésitants. Le candidat qui l’emportera dans cet État n’aura qu’un très faible pourcentage de voix d’avance, mais il pourra compter sur les 27 électeurs représentant la Floride au Collège électoral présidentiel, tandis que son concurrent n’en aura aucun. Toutefois, le Maine et le Nebraska font exception : ils utilisent quant à eux un système semi-proportionnel.

Au cours des dernières années, les candidats ont pris l’habitude de concentrer leur campagne électorale sur les États les plus peuplés et de délaisser les autres. Il suffit en effet de l’emporter dans les 11 principaux États pour devenir président.

En principe, les 538 électeurs doivent voter au sein du Collège électoral présidentiel comme ils s’y sont engagés devant l’État qui les a mandaté. Mais leur mandat n’est « impératif » que dans 24 États. Les autres peuvent donc changer d’avis au mépris de la volonté populaire. Le cas est rare, mais en 1836, 23 électeurs racistes censés voter pour le candidat démocrate se ravisèrent après avoir appris que son vice-président avait eu une liaison avec une noire.
Machines à voter, machines à truquer

Bien que ce vote à deux degrés soit un moyen supplémentaire pour renforcer le contrôle oligarchique des résultats, ce n’est plus suffisant aujourd’hui où les médias de masse nuisent à l’opacité du système. La classe dirigeante, perdant confiance dans ses propres institutions, a imaginé un mode radical de trucage : les machines à voter [2]. Elles lui permettront d’éliminer les partis alternatifs et de choisir quelle équipe, républicaine ou démocrate, mettra en œuvre sa politique.

Dans les démocraties, le scrutin est l’affaire des citoyens. Généralement, des fonctionnaires communaux ou territoriaux tiennent le bureau de vote, mais ce sont les citoyens qui dépouillent les suffrages sous le regard de représentants des candidats. Aux États-Unis, la tenue des bureaux de vote est sous-traitée à des firmes privées. Pour réduire le personnel nécessaire au dépouillement, ces firmes peuvent avoir recours à des ordinateurs de vote. Leur usage est d’autant plus séduisant que souvent on procède à de nombreuses élections à la fois (président, parlementaires, maires, etc.) et que le dépouillement s’avère long et complexe.

Diverses études scientifiques sur ces machines, notamment celle du professeur Avi Rubin de la John Hopkins University, ont toutes conclues qu’elles n’offraient aucune garantie de sécurité. Il est enfantin et rapide de modifier les logiciels pour truquer les résultats sans laisser la moindre trace. La plupart des ordinateurs de vote utilisés aux USA ont été conçus par Global Election Systems (GES), sous l’autorité de Jeff Dean. Or cet informaticien a été condamné 23 fois pour avoir truqué des logiciels internet destinés à d’autres usages et avoir abusé de ses clients. L’usage de ce type de machine est incompatible avec le principe démocratique et il est surprenant que les citoyens US acceptent de participer à une telle mascarade.

Comme si cela ne suffisait pas, on a ajouté cette année une nouvelle occasion de trucage : le vote anticipé. Au lieu de tenir le scrutin en une journée, on l’a étalé sur un mois. Plus de 30 % des suffrages devraient ainsi être exprimés avant le 4 novembre, laissant tout le temps nécessaire pour procéder à des fraudes à grande échelle.
Choisir les citoyens

Malgré cette accumulation de manipulations, il reste cependant toujours une inconnue : la volonté des citoyens. La classe dirigeante WASP (White Anglo-Saxons Puritans) a donc à la fois créé des difficultés administratives pour s’inscrire sur les listes électorales et développé tout un arsenal juridique pour priver les pauvres de leurs droits civiques. Et souvent, dans un pays qui pratiquait il y a cinquante ans encore la discrimination raciale, les pauvres ce sont les gens de couleur.

À défaut de pouvoir organiser un suffrage censitaire, plusieurs États ont édicté des lois supprimant les droits civiques des personnes condamnées pénalement pour une période déterminée. Au Kentucky et en Virginie l’interdiction est prononcée à vie. Certains États ont étendu cette privation aux personnes verbalisées pour des infractions au code de la route. Sachant l’injustice qui caractérise la Justice US, les criminels condamnés sont presque exclusivement des pauvres de couleur. Au Michigan, le législateur vient d’étendre la privation des droits civiques aux familles victimes de la crise des subprimes, qui n’ont pas été en mesure de payer les traites de leurs emprunts et dont on a confisqué la maison. Ainsi, non seulement les citoyens ne choisissent pas leurs dirigeants, mais ce sont les dirigeants qui choisissent leurs électeurs.

Il n’existe pas de statistiques permettant de distinguer les citoyens qui ne souhaitent pas voter, ceux qui ne sont pas parvenus à s’inscrire sur les listes électorales, et ceux qui ont été privés de leurs droits civiques. Toutefois, le résultat est là : en 2004, sur 215 millions de citoyens en âge de voter, seuls 122 millions se sont déplacés aux urnes (soit 56 % de participation). George W. Bush avait été triomphalement élu par 286 membres du Collège électoral présidentiel, mais il n’avait obtenu que 62 millions de voix citoyennes, soit 28 % des citoyens en âge de voter.
Démocratie de marché

Venons-en au contenu de la campagne électorale. Dans la plupart des pays du monde, les campagnes permettent de développer une vision politique et de la placer en concurrence avec d’autres. Il n’en est pas de même aux États-Unis parce que, comme dans l’ensemble des pays anglo-saxons, il va culturellement de soi qu’il n’existe pas d’intérêt général. Aussi, bien que la Constitution soit d’esprit républicain, sa pratique ne l’est pas.

Chaque candidat tente d’agréger autour de lui la plus vaste coalition d’intérêts particuliers et se vante des soutiens qu’il a reçu comme autant de preuves de sa capacité à gouverner. Il n’y a pas de place pour le débat d’idées au sens européen du terme. Les candidats ne défendent pas une vision du monde et n’ont pas de programme exhaustif. Ils ont des positions sur des sujets précis en fonction des intérêts qu’ils coalisent. Ils présentent leurs actions passées sur chaque sujet abordé comme des échantillons de leur future politique.

John McCain ne diffuse pas de plaquette récapitulative de ses positions. Au contraire Barack Obama a fait imprimer une brochure The Blueprint for Change, qui liste 15 sujets différents, mêlant sans hiérarchie des mesures en faveur de groupes de population (les vieux, les femmes, les anciens combattants, les ruraux) ; des mesures face à des problèmes (la morale, la pauvreté) ; et des politiques sectorielles (économie, fiscalité, politique étrangères). Cette manière de faire évite bien des déconvenues, mais elle dissocie les problèmes et empêche toute réforme globale. Le pragmatisme s’avère être une autre manière de défendre le statu quo.

À Washington, on se méfie du mot « démocratie ». Pour se distinguer de certains de ses usages (comme dans « démocratie populaire »), on préfère l’expression « démocratie de marché ». On souligne de la sorte que l’on ne conçoit pas de démocratie politique sans « libre marché « . On admet aussi implicitement que la compétition électorale est comparable à la vente en supermarché : des marques s’affrontent à coup de publicité pour écouler des produits identiques. En choisissant des emballages différents, le citoyen-consommateur fait la fortune des uns ou des autres, mais ne change rien pour lui : il achète toujours le même produit.
* * *

Les Pères fondateurs des États-Unis voulaient à la fois que leurs institutions soient légitimées par le peuple, et que celui-ci soit tenu à l’écart des choix politiques. Non seulement le pays n’a jamais été une démocratie, mais avec le temps la classe dirigeante a sophistiqué un système où l’élection présidentielle ne vise pas à exprimer l’opinion populaire, mais à manifester l’adhésion populaire aux institutions et à les re-légitimer. Les primaires permettent de sélectionner les candidats les plus conformistes, tandis que les ordinateurs de vote et le vote anticipé garantissent la possibilité de rectifier les résultats des urnes.

Ce système n’est pas sans rappeler celui de l’ancienne Union soviétique. Les notables locaux remplacent l’avant-garde du prolétariat pour constituer une élite qui tire les ficelles. Le scrutin à deux degrés rappelle le « centralisme démocratique », etc. Force est de constater que la vie politique US est un archaïsme de la Guerre froide. Comme l’a observé l’ancien président Mikhail Gorbatchev, les États-Unis ont besoin de faire leur perestroika pour tourner la page du passé et entrer dans l’ère de la modernité démocratique.

Si ce show régénère la société tous les quatre ans, il sert aussi à nettoyer l’image des États-Unis dans le monde. L’opinion publique internationale est invitée à suivre un spectacle qui fasse oublier les crimes précédents et lui redonne espoir. Cette année le casting est particulièrement réussi : un sémillant jeune noir assisté d’un vieux briscard de la politique contre un ancien combattant épaulé par une femme sans complexes. Déjà, la presse mondiale titre sur l’après-Bush comme si les guerres en Afghanistan et en Irak étaient des erreurs passagères imputables à la seule Administration sortante.

Écrit par : quaeps | 29/10/2008

jfg Marco Van Hees (1964), est licencié en sciences politiques (ULB), fonctionnaire au SPF Finances et délégué syndical CGSP.
Il est nominé pour le « Prix Gros Sel 2008 », un prix littéraire soutenu par la Ministre F. Laanan, qui en disait ceci : « Le Prix Gros Sel offre, à côté des prix plus anciens, plus sérieux, l'alternative d'une nouvelle génération de prix littéraires plus cocasses, plus espiègles… » (Infos sur ce prix en fin d'article)

Comment trouvez-vous que le gouvernement belge, et plus particulièrement le ministre des Finances Didier Reynders, - « l’homme qui parle à l’oreille des riches », selon le titre de votre livre – gère la crise financière ?

Il ne faut pas être docteur en économétrie pour constater qu’une des causes de cette crise, c’est qu’on a laissé faire aux banques tout ce qu’elles voulaient dans leur quête immodérée du profit. Par rapport à ce constat, Reynders fait exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire : il renforce encore le pouvoir des banques, en particulier celui de la BNP Paribas.

Les autorités belges ont mis en tout 20,4 milliards € dans le capital de Fortis, Dexia, Ethias et KBC (en plus de l’intervention de la France, des Pays-Bas et du Luxembourg). Puis, elles ont revendu une partie importante de Fortis à BNP Paribas. Cette partenaire d’Albert Frère est la grande gagnante de l’opération Fortis. Elle bénéficie des plus beaux morceaux du groupe : 100 % de Fortis Assurance Belgique et 75 % de Fortis Banque (elle ne prend, par contre, que 10 % des actifs « toxiques »). Pour ce rachat, BNP Paribas débourse à peine 14,5 milliards €. Ce n’est même pas le bénéfice réalisé par Fortis ces quatre dernières années.

Reynders dit que l’intervention de l’Etat a permis de sauvegarder les intérêts des clients des banques, de la population donc…

Parlons-en, de la population. Les 20,4 milliards €, l’Etat les a empruntés. Le remboursement est évidemment à charge de la population. Pour établir son budget 2009, le gouvernement a ainsi prévu 240 millions € d’intérêts à payer. Mais si on prend un remboursement en 20 ans de 20,4 milliards € à un taux d’intérêt de 3 %, cela représente, capital + intérêts : 1,37 milliard par an. Soit, par ménage : 342 € par an, 6 850 € sur les vingt ans.

Les banques n’ont-elles pas été contrôlées d’assez près ?

Comme ministre des Finances, Didier Reynders a la responsabilité du secteur bancaire au sein de gouvernement. De plus, ses anciens chefs de cabinets quadrillent le monde financier belge : Bruno Colmant à la Bourse de Bruxelles, Peter Praet à la Banque nationale, Jean-Paul Servais à la CBFA, Koen Van Loo à la SFPI (holding de l’Etat). Ces trois derniers, ainsi que son actuel chef cab’ Olivier Henin, étaient d’ailleurs tous autour de la table durant les négociations pour sauver Dexia.

Remarquons que Colmant, Praet et Reynders lui-même ont été dirigeants de banque. Et le ministre a toujours défendu bec et ongle le secteur bancaire face aux (nombreuses) critiques qui lui étaient adressées. Le 21 septembre, à Mise au point (RTBF), Jean-Paul Servais déclarait que les banques belges n'avaient « aucun problème de solvabilité ni de liquidité ». Et Reynders lui-même comparait le risque de faillite d'une banque belge à « celui que le ciel nous tombe sur la tête ». Sept jours plus tard, il injectait des (nos) milliards pour sauver Fortis de la faillite et la céder peu après à BNP Paribas.

Incompétence ?

Non, tous ces gens sont bardés de diplômes et ont une grande maîtrise technique des dossiers. Mais il y a au minimum un aveuglement idéologique. Voire plus…

Plus ?

Maurice Lippens, président du conseil d’administration de Fortis jusqu’à sa démission forcée le 28 septembre, a toujours entretenu de bonnes relations avec Reynders. Le comte Lippens est l’auteur du code de bonne gouvernance des entreprises, plus connu sous l’appellation « code Lippens ». Dont un des principes est : « Tous les administrateurs font preuve d’intégrité. »

Intégrité ? La justice enquête aujourd’hui sur les dirigeants de Fortis qui ont délibérément menti en 2007 quant à l’exposition du groupe aux subprimes. On comprend que, pour continuer à faire croire aux capacités d’autorégulation du monde des affaires, certains songent à rebaptiser le code Lippens…

De plus, selon certaines sources, Reynders, Leterme et le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos auraient été au courant de la situation réelle de Fortis dès le mois d'août. Si cela se confirme, il faudrait voir dans quelle mesure il n’y a pas lieu de lever leur immunité pour pouvoir les poursuivre en justice.

Vous critiquez ce qui a été fait, mais quelle serait l’alternative ?

Avec tout l’argent que dégage l’Etat pour le secteur bancaire, créons une véritable banque publique. Une banque aux services des gens, pas au service du profit. En s’inspirant par exemple de la Kiwibank de Nouvelle-Zélande.

Ce pays était un pionnier en matière de privatisations tous azimuts. Il avait totalement supprimé les services financiers publics, y compris ceux de la poste. Il en est revenu…
En 2002, la poste et l’Etat ont créé cette Kiwibank. Les grandes banques étrangères (surtout australiennes) dominent le marché, mais elles délaissent les communautés rurales et les banlieues, pas assez rentables. La Kiwibank, par contre, s’y est implantée. Fin 2003, elle occupait déjà la première place en nombre d’agences.

Quels seraient les avantages d’une telle banque ?

Premier avantage, développer le réseau d’agences. A l’heure où, chez nous, toutes les banques ferment les leurs, ce serait aller positivement à contre-courant. D’autant que La Poste ferme aussi ses bureaux…

Deuxième avantage : redéfinir le rapport à la clientèle. Aujourd’hui, les banques méprisent les petits clients. Là où subsiste une agence, les guichets sont des forteresses imprenables, sauf s’il s’agit de vous fourguer des placements (à risque) ou des assurances. La Kiwibank, elle, a construit son image sur le thème « Nous ne traitons pas les gens comme des numéros, mais comme des personnes, avec lesquelles il faut négocier... ».

Troisième avantage : la politique tarifaire. Les tarifs de la Kiwibank sont de 50 % inférieurs à ceux des autres banques. Chez nous, on sait à quel point les banques ont de l’imagination pour monnayer le moindre service. Logique : lorsqu’une banque vise le profit maximum, tous les moyens sont bons. Sam Knowles, chef exécutif de la Kiwibank, constate que les quatre banques australiennes qui dominent le marché néo-zélandais ont des rendements sur fonds propres atteignant les 30 %. « Il n’y a aucune raison qu’un quelconque business affiche de tels rendements », estime-t-il. Il nous faut donc une Fritibank qui fasse passer les gens avant le profit.

Quatrième avantage : des placements sûrs. Du fait de ses modestes aspirations en matière de profits, la Kiwibank ne s’est pas aventurée sur les marchés internationaux des capitaux et n’a donc pas été touchée par la crise des subprimes, comme l’ont été la plupart des banques privées dans le monde.
Cinquième et dernier avantage – mais on pourrait en mentionner de nombreux autres – cette banque publique pourrait devenir le créancier privilégié de l’Etat et des communes. L’Etat emprunterait ainsi l’épargne de la population. Et sa dette ne servirait plus à enrichir les banques privées.

Écrit par : quaeps | 12/11/2008

h L'Aveuglement de l'Union Européenne Vis A Vis D'Israêl
Comment l'UE ignore le non respect par Israël de ses obligations dans le cadre des Accords UE Israël. Un document détaillé établi par David Morrison pour Ireland Palestine Solidarity Campaign (IPSC) , véritable réquisitoire mettant en lumière la complicité de l'UE à l'égard d'Israël volontairement entretenue et renforcée au fil des années.

L'IPSC a été crée en 2001 par des militants des droits de l'homme et des communautés, des universitaires, des journalistes, profondemment inquièts de la situation qui se développait dans les territoires occupés palestiniens. En partenariat avec des Palestiniens qui vivent en Irlande, l'IPSC donne la parole à la Palestine en Irlande et en Europe.

L'IPSC est une organisation politique indépendante de tout parti politique, gérée par des bénévoles qui soutiennent une paix juste et durable au Moyen Orient.

IPSC organise des campagnes pour que justice soit faite au peuple Palestinien en faisant prendre conscience au public des violations par Israël des droits de l'homme dans les territoires occupés, des violations du Droit International, et en informant sur les causes historiques des injustices commises à l'encontre des Palestiniens et qui sont au coeur du conflit israélo palestinien.

Extraits du document en pièce jointe dans sa version intégrale anglaise


Synthèse

Le 1er septembre 2008, l'UE a décidé que les réunions avec la Russie portant sur un nouvel accord de partenariat serait retardé "jusqu'à ce les troupes russes se retirent sur les positions tenues avant le 7 aôut", c'est à dire, jusqu'à ce que l' occupation par l'armée russe de la Georgie (au moins en dehors de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie) soit terminée.

Le 28 novembre 1995, l'UE a accepté qu'Israël devienne partenaire dans le cadre des Accords de Partenariat Euro Méditierranée avec les états riverains de la Méditerranée. A l'époque, les troupes israéliennes occupaient une partie du Liban et de la Syrie et les territoires occupés palestiniens ( la Cisjordanie et Gaza) qui l'étaient depuis de nombreuses années - le Liban depuis 1978 et le reste depuis 1967.

En fait, l'UE a appliqué des normes trés différentes dans ses relations avec Israël et la Russie. Si les conditions imposées à la Russie en Septembre 2008 l'avaient été à Israël en Novembre 1995, l'UE aurait refusé de démarrer des négociations avec Israël sur un partenariat jusqu'à ce que les troupes israéliennes aient quitté le Liban, la Syrie et les territoires occupés palestiniens.

IL Y A UN AUTRE aspect extraordinaire dans les relations UE Israël - l'UE s'est réjoui de signer des accords avec Israël bien qu'au moment même de la signature de ces accords Israël violaient les obligations contenues dans ses accords.

Par exemple, la Déclaration de Barcelone, qui a établi le partenariat Euro Méditerranée, oblige les signataires à "respecter l'intégrité et l'unité territoriale de chacun des autres partenaires" et toute une série d'autres règles de droit international.

Le Liban, la Syrie, et Israël ont signé la Déclaration de Barcelone et sont devenus des partenaires de l'UE en Novembre 1995. A ce moment là une partie du Liban, et de la Syrie étaient sous occupation militaire israélienne et les hauteurs du Golan avaient été annexées par Israël. En fait, Israël ne "respectait pas l'intégité et l'unité territoriale" de ses partenaires libanais et syrien en 1995, quand il a signé la Déclaration de Barcelone contenant cette obligation. Mais l'UE a fermé les yeux sur la violation par Israël de l'accord de partenariat lorsqu'il a signé cet accord - et l'a accepté comme partenaire.

Et l'UE a continué à fermer les yeux depuis en acceptant qu'Israël continue d'être un partenaire de l'UE, alors même qu'aujourd'hui une partie du territoire libanais et syrien continuent d'être sous occupation militaire israélienne et que l'aviation militaire israélienne viole fréquemment l'espace aérien libanais.

L'UE A SIGNE un certain nombre d'accords avec Israël, à commencer par le partenariat Euro Méditerranéen signé en novembre 1995. Ces accords font obligation aux parties, dont Israël, de respecter des principes généraux reconnus du droit international.

Nous affirmons qu'Israël a et continue d'être coupable de non respect de principes reconnus du droit international de différentes façons, contrairement à ses obligations dans le cadre des accords passés avec l'UE. Nous documentons certaines de ces violations dans ce rapport.Mais l'UE a continuellement fermé les yeux sur celles ci et malgré ces violations a continué a renforcé ses relations avec Israël le plus récemment étant le 16 Juin 2008.

Comme nous l'avons dit, Israël se doit dans le cadre du partenariat Euro Méditerranéen de "respecter l'intégrité et l'unité territoriale" de ses partenaires, ce qu'Israël n'a jamais fait pendant tout le partenariat en ce qui concerne le Liban et la Syrie - puisqu'il a occupé militairement une partie de leur territoire. Israel doit également dans le cadre du partenariat Euro Méditerranéen " agir en conformité avec la Charte des Nations Unies" ce qu' Israël n'a jamais fait tout au long du partenariat - puisqu'il continue de ne pas respecter plus de résolutions du CSONU qu'aucun autre état dans le monde. L'UE a fermé les yeux sur ce non respect par Israël et apprécie de continuer à accepter Israël comme partenaire.

L'ACCORD D'Association avec Israël dans le cadre du Partenariat Euro Méditerranéen, communément connu comme l'Accord Euro Med, offre à Israël un accés privilégié au marché de l'UE. Selon l'Article 2 de l'Accord, " le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques" est un "élément essentiel" - et non pas un élément optionnel, ni un élément souhaitable, mais un élément essentiel.

Pas le moindre doute qu'Israël n'a jamais respecté ses obligations, l'exemple le plus récent étant l'asphyxie économique des personnes à Gaza en 2007/08, que l'UE elle-même a décrit comme une "punition collective", contraire au droit international humanitaire. Mais de nouveau l'UE a fermé les yeux sur les violations du droit international humanitaire par Israël et a refusé d'envisager de suspendre l'Accord jusqu'à ce qu'Israël respecte ses obligations.

Depuis 1995, ISRAEL a été un partenaire de l'UE dans le cadre de la Politique de Voisinage (ENP). Là encore, Israël est supposé prendre des dispositions pour promouvoir et protéger les droits de la minorité arabe en Israël, et d'agir pour trouver un règlement raisonnable au conflit au Moyen Orient. Ci dessous les conclusions d'un rapport d'avril 2008 de la Commission Européenne portant sur les progrés d'Israël à ce sujet :

" Les problèmes soulevés dans le cadre du dialogue politique sont inclus inter alia : le processus de paix, la situation au Moyen Orient, la situation de la minortié arabe en Israël, les restrictions de mouvement en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, la construction du mur de séparation, les détentions administratives, le démantelement d'avant postes, l'expansion envisagée de certaines colonies israéliennes à Jérusalem Est, l'augmentation des checkspoints. En fait, il y a peu de progrès concret réalisés concernant de tels problèmes."

Écrit par : quaeps | 12/11/2008

La situation est à nouveau inquiétante dans la bande de Gaza. Israël impose un blocus complet au territoire palestinien. Les réserves alimentaires des Nations Unies sont vides….

La situation dans la bande de Gaza a une nouvelle fois dégénéré il y a dix jours. L'armée israélienne a tué 11 militants palestiniens au cours d'incursions et de raids aériens. Des groupes armés palestiniens ont tiré en riposte des dizaines de roquettes vers Israël, sans faire de blessé ni dégât. Le scénario s'est encore répété mercredi.

En rétorsion, Israël a rétabli un blocus complet sur Gaza. Un convoi d'aide humanitaire avait tout de même reçu l'autorisation d'amener des vivres ce jeudi, mais il a finalement dû rebrousser chemin. Les 30 camions affrétés par des organisations humanitaires apportaient des aliments de base, des médicaments et du matériel médical. Gaza connaît entre autres une pénurie de blé et de farine.

Les entrepôts de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens sont eux aussi vides. L'Unrwa a suspendu ce jeudi, ses livraisons de produits alimentaires. Elle fournissait des vivres à la moitié de la population de la bande de Gaza.

Israël a également bloqué les livraisons de fioul, payées par l'Union européenne, à l'unique centrale électrique de Gaza. Résultat : les coupures de courant se multiplient.

Mettre les gens au bord du désespoir ne sert ni la paix, ni la modération, ni la stabilité a déclaré l’Unrwa. La situation devient chaque jour de plus en plus précaire pour la population de Gaza qui a un besoin urgent de matériel médical", a de son côté déclaré le chef de mission du Comité international de la Croix Rouge.

Malgré la montée de tension, Israël a exprimé l'espoir que la trêve allait tenir.

Pour rappel, Israël impose à la bande de Gaza un blocus depuis que les islamistes du Hamas en ont pris le contrôle en juin 2007. Cette mesure était censée être allégée avec la trêve de six mois négociée, par l'entremise de l'Egypte, entre Israël et le Hamas, et entrée en vigueur en juin. L'Etat hébreu avait alors autorisé le passage des marchandises. Mais depuis le 4 novembre, le passage de l'aide humanitaire vers ce territoire est interdit.
En quoi La Haine de l’Occident que vous décrivez diffère-t-elle de l’anti-occidentalisme qui guida dès les années 1950 le mouvement des non-alignés et la décolonisation ?

Jean Ziegler : L’anticolonialisme des années 1950-1960 était une libération territoriale. Le combat opposait une puissance occupante et un peuple occupé. Aujourd’hui, le sujet collectif est le Sud ; paradoxalement, l’unité tricontinentale s’est réalisée sous l’effet du capitalisme de la jungle. A la lutte contre l’occupant s’est substitué un rejet du système de domination globalisé. Quand Sartre disait : « Pour aimer les hommes, il faut haïr ce qui les opprime », tout est dans le « ce ». La réaction n’est pas dirigée contre un groupe d’hommes ou des individus mais contre les mécanismes de l’oppression. C’est la différence entre la haine que j’appelle raisonnée et la haine pathologique véhiculée par certains groupes comme al-Qaida.

Quels sont les ressorts de cette « haine raisonnée » de l’Occident ?

Cette haine s’enracine dans le souvenir des systèmes d’oppression précédents - la conquête de l’Amérique latine, le commerce triangulaire, le colonialisme, le travail forcé, etc. Elle combine cette mémoire des souffrances passées, qui remonte à la surface et demande réparation et repentance, avec le rejet d’un système complètement nouveau, mais dont les racines plongent dans les systèmes d’oppression précédents : le capitalisme globalisé. Edgar Morin parle de « filiation abominable ». Les enfants ne meurent plus dans les bateaux transatlantiques ou sous les bombes de la légion étrangère, comme à Sétif2, ils meurent de faim. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans succombe.

Pourquoi cette mémoire ressurgit-elle aujourd’hui ?

C’est un grand mystère... La sociologie est incapable de saisir les méandres de la mémoire. Dans le livre, je prends l’exemple de la Shoah, qui a mis quarante ans avant de s’installer dans la conscience publique. Pour l’esclavage, il s’est passé cent vingt ans depuis son abolition au Brésil, dernier pays à l’avoir interdit. Quant à la décolonisation, elle était quasiment achevée dans les années 1960. Pourtant, c’est seulement aujourd’hui que cette mémoire devient force historique et riposte sociale...

Quels en sont les signes ?

Les exemples sont multiples. Regardez décembre 2007. Sarkozy arrive en Algérie pour signer des accords économiques. Avant qu’il ne s’assoie à la table, Bouteflika (le président algérien, ndlr) lui dit : « D’abord vous vous excusez pour Sétif. » La mémoire avant les affaires ! Ce à quoi Sarkozy répond : « Je ne suis pas venu pour la nostalgie. » Du coup, Bouteflika a refusé de négocier, au risque d’aller contre les intérêts matériels immédiats de l’Algérie ! L’élection d’Evo Morales, un cocalero aymara, pas un intellectuel urbain déguisé en Indien, est également un signal très clair. Il est arrivé au pouvoir en s’appuyant sur la mémoire historique de son peuple, cinq cents ans de massacres, de souffrances. Aimé Césaire disait : « J’habite un long silence, j’habite une blessure profonde. » Eh bien ce silence est terminé, la blessure s’est rouverte. Ce qu’a fait Evo - renégocier 222 contrats pétroliers en six mois, retrouver la souveraineté sur ses ressources, inverser le rapport entre rentrées fiscales et bénéfices privés - aurait été impossible sans cette mémoire historique devenue force sociale. Bien sûr, Evo peut être assassiné demain. Mais si ça devait arriver, plus aucun Occidental ne pourrait remettre les pieds en Bolivie avant trente ans ! La restauration n’est plus possible face à cette conscience.

Ne faut-il pas parler de fierté, indigène en l’occurrence, plutôt que de haine de l’Occident ?

Non. Le rejet est total, on le voit aux Nations Unies, dont les mécanismes sont totalement paralysés. Toute la superstructure qui légitimait la domination occidentale est emportée par cette haine. L’universalité des droits de l’homme est ainsi remise en cause, notamment du fait du double langage des Occidentaux, qui les invoquent à bien plaire et les appliquent de façon sélective. Quand un ambassadeur américain à l’ONU ouvre la bouche pour parler de la démocratie, il suscite de la haine ! De même que l’ambassadeur français lorsqu’il défend le droit à l’alimentation, alors même que la France est la force principale au sein de l’Union européenne qui organise le dumping des produits agricoles par les subventions à l’exportation. Sur n’importe quel marché africain, vous trouvez des produits français, espagnols ou portugais moitié moins cher que les locaux. Il est inacceptable d’entendre l’Europe prôner la lutte contre la faim quand elle la propage en détruisant l’agriculture africaine.

En tant que tiers-mondiste, vous devriez être heureux de voir le Sud entrer en action. Pourquoi lancer cet avertissement à l’Occident ?

Je suis frappé par l’extraordinaire aveuglement de l’Occident. Face à cette mémoire blessée, il oppose une mémoire arrogante. L’Occident pratique le négationnisme le plus total. Prenez Sarkozy qui va à Dakar justifier le colonialisme, car les Français ont construit des routes, des centres de santé, etc. Il y a une indécence à vouloir justifier les centaines de milliers de morts... C’est le dernier avatar du colonialisme : la colonisation de l’histoire coloniale ! Bien sûr, je suis également très heureux quand je vois ce que réalise le peuple bolivien. Normalement, les Aymaras, les Quechuas, après ce qu’ils ont subi, devraient être en miettes, liquidés, incapables d’une quelconque réaction. Or non seulement ils ont été capables de récupérer leur mémoire et d’affirmer leur identité, mais ils sont aussi parvenus à réaliser le plus incroyable transfert de richesses de ce siècle : les deuxièmes réserves gazières du continent retirées aux seigneurs transnationaux pour les confier au peuple ! Vous imaginez ce que ça demande comme force, comme capacité d’analyse et d’action. C’est un miracle absolu !

Que pourraient faire les démocraties occidentales pour atténuer cette haine et jeter des ponts vers le Sud ?

Cabral disait : « C’est seulement quand le nombre de cadavres de l’oppresseur est suffisamment grand qu’il commence à écouter... » Il n’y a pas de dialogue possible entre l’opprimé et l’oppresseur. Ce qu’il faut, c’est la justice ! La première chose à faire pour l’Occident, c’est de reconnaître les crimes commis, de s’excuser et de faire réparation, en démantelant les structures d’oppression. Par exemple, en revenant à la négociation des prix des matières premières.

Après l’Irak et la Palestine, l’ONU a-t-elle encore un rôle à jouer ?

Pour l’instant, sa crédibilité est ruinée. Je mets à part les institutions spécialisées qui ont leur utilité concrète. L’année dernière, le Programme alimentaire mondial a maintenu en vie 71 millions de personnes grâce à l’aide humanitaire. En revanche, l’ONU politique, le coeur du réacteur, a fondu. Les droits de l’homme sont un vaste champ de ruine. Les pires dictateurs du tiers monde se sentent légitimés. Si on leur reproche quelque chose, ils disent : « Et Guantanamo ? » A côté des droits humains, la Charte des Nations Unies a deux autres piliers. La sécurité collective : en cas d’agression armée, l’ensemble de la société planétaire doit réagir. Avec la guerre préventive pratiquée par les Américains, ce principe est par terre.

Le troisième - la justice sociale planétaire - ne se porte pas mieux. Avec une société internationale qui ne fonctionne plus, aucun des Objectifs du Millénaire ne pourra être atteint. Au contraire, les inégalités se creusent, plus d’un milliard de personnes vivent dans un bidonville. La malaria progresse, la faim aussi. Près d’un milliard d’humains sont gravement sous-alimentés ; chaque jour, 100 000 personnes meurent de faim ou de ses suites immédiates. La FAO (l’organisme spécialisé de l’ONU pour l’alimentation, ndlr) affirme pourtant que l’agriculture mondiale, dans son stade actuel de développement (sans OGM), pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains. Il n’y a aucune fatalité à ce massacre quotidien sauf cet ordre capitaliste du monde.

Comme critique du capitalisme, comment réagissez-vous à la crise financière actuelle ?

Alphonse Allais disait : « Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent. » Le Sud va souffrir infiniment plus. Sarkozy vient de supprimer 55% des programmes d’aide au développement. Au Darfour, l’ONU est contrainte de distribuer des rations quotidiennes de 1500 calories au lieu des 2200 minimales requises pour la survie, car les contributions des donateurs sont tombées. Il ne faut pas sous-estimer les souffrances de la classe travailleuse en Occident : le chômage de masse, les fonds de pension partis en fumée, des budgets étatiques qui vont baisser et la sécurité sociale s’affaiblir. Chaque semaine, des milliers d’Américains perdent leur logement.

En même temps, il y a une chose extrêmement positive : l’effondrement de l’obscurantisme néolibéral. La théorie légitimatrice de la sauvagerie capitaliste dominait les esprits, même à l’ONU. C’était une loi de la nature qui affirmait l’impuissance à lutter contre la faim, le chômage, etc. On nous disait : « On ne peut rien faire, c’est la loi du marché, la main invisible, il faut juste libérer les forces du marché, éliminer la force normative de l’Etat, privatiser, déréguler. » L’objectif était l’autorégulation du marché, la gouvernance mondiale sans l’Etat, sans contrat social, etc. Tout ça est par terre ; les masques sont tombés et qu’est-ce qui apparaît : la vrai gueule du capitalisme, sanglant, arrogant, obsédé, avide.

Sur quoi cela peut-il déboucher ?

La raison analytique qui était anesthésiée par cet obscurantisme, cet irrationalisme total, va retrouver sa place. Des gens vont souffrir, mais de la souffrance naît la connaissance. Et de la connaissance naît la révolte. Les choses vont bouger en Occident et la jonction pourra se faire avec ce mouvement de révolte qui vient du Sud. La rencontre entre cette force historique déjà constituée au Sud, et la révolte de l’Occident qui va naître. Quelle force sociale la portera ? C’est encore difficile à dire, mais cela émergera de la société civile, non des partis ou des syndicats. L’apparition du mouvement altermondialiste est un puissant signe avant-coureur.

Écrit par : quaeps | 13/11/2008

hjh My first visit to Texas was in 1968, on the fifth anniversary of the assassination of President John F Kennedy in Dallas. I drove south, following the line of telegraph poles to the small town of Midlothian, where I met Penn Jones Jr, editor of the Midlothian Mirror. Save for his drawl and fine boots, everything about Penn was the antithesis of the Texas stereotype. Having exposed the racists of the John Birch Society, his printing press had been repeatedly firebombed. Week after week, he painstakingly assembled evidence that all but demolished the official version of Kennedy's murder.

This was journalism as it had been before corporate journalism was invented, before the first schools of journalism were set up and a mythology of liberal neutrality was spun around those whose "professionalism" and "objectivity" carried an unspoken obligation to ensure that news and opinion were in tune with an establishment consensus, regardless of the truth. Journalists such as Penn Jones, independent of vested power, indefatigable and principled, often reflect ordinary American attitudes, which have seldom conformed to the stereotypes promoted by the corporate media on both sides of the Atlantic.

Read American Dreams: Lost and Found by the masterly Studs Terkel, who died on 31 October, or scan the surveys that unerringly attribute enlightened views to a majority who believe that "government should care for those who cannot care for themselves" and are prepared to pay higher taxes for universal health care, who support nuclear disarmament and want their troops out of other people's countries.

Returning to Texas, I am struck again by those so unlike the redneck stereotype, in spite of the burden of a form of brainwashing placed on most Americans from a tender age: that theirs is the most superior society in the world, and all means are justified, including the spilling of copious blood, in maintaining that superiority.

That is the subtext of Barack Obama's "oratory". He says he wants to build up US military power; and he threatens to ignite a new war in Pakistan, killing yet more brown-skinned people. That will bring tears, too. Unlike those on election night, these other tears will be unseen in Chicago and London. This is not to doubt the sincerity of much of the response to Obama's election, which happened not because of the unction that has passed for news reporting since 4 November (eg, "liberal Americans smiled and the world smiled with them"), but for the same reasons that millions of angry emails were sent to the White House and Congress when the "bailout" of Wall Street was revealed, and because most Americans are fed up with war.

Two years ago, this anti-war vote installed a Democratic majority in Congress, only to watch the Democrats hand over more money to George W Bush to continue his blood-fest. For his part, the "anti-war" Obama voted to give Bush what he wanted. Yes, Obama's election is historic, a symbol of great change to many. But it is equally true that the American elite has grown adept at using the black middle and management class. The courageous Martin Luther King recognised this when he linked the human rights of black Americans with the human rights of the Vietnamese, then being slaughtered by a "liberal" Democratic administration. And he was shot. In striking contrast, a young black major serving in Vietnam, Colin Powell, was used to "investigate" and whitewash the infamous My Lai massacre. As Bush's secretary of state, Powell was often described as a "liberal" and was considered ideal to lie to the United Nations about Iraq's non-existent weapons of mass destruction. Condaleezza Rice, lauded as a successful black woman, has worked assiduously to deny the Palestinians justice.

Obama's first two crucial appointments represent a denial of the wishes of his supporters on the principal issues on which they voted. The vice-president-elect, Joe Biden, is a proud warmaker and Zionist. Rahm Emanuel, who is to be the all-important White House chief of staff, is a fervent "neoliberal" devoted to the doctrine that led to the present economic collapse and impoverishment of millions. He is also an "Israel-first" Zionist who served in the Israeli army and opposes meaningful justice for the Palestinians - an injustice that is at the root of Muslim people's loathing of the US and the spawning of jihadism.

No serious scrutiny of this is permitted within the histrionics of Obama mania, just as no serious scrutiny of the betrayal of the majority of black South Africans was permitted within the "Mandela moment". This is especially marked in Britain, where America's divine right to "lead" is important to elite British interests. The Observer, which supported Bush's war in Iraq, echoing his fabricated evidence, now announces, without evidence, that "America has restored the world's faith in its ideals". These "ideals", which Obama will swear to uphold, have overseen, since 1945, the destruction of 50 governments, including democracies, and 30 popular liberation movements, causing the deaths of countless men, women and children.

None of this was uttered during the election campaign. Had that been allowed, there might even have been recognition that liberalism as a narrow, supremely arrogant, war-making ideology is destroying liberalism as a reality. Prior to Blair's criminal warmaking, ideology was denied by him and his media mystics. "Blair can be a beacon to the world," declared the Guardian in 1997. "[He is] turning leadership into an art form."

Today, merely insert "Obama". As for historic moments, there is another that has gone unreported but is well under way - liberal democracy's shift towards a corporate dictatorship, managed by people regardless of ethnicity, with the media as its clichéd façade. "True democracy," wrote Penn Jones Jr, the Texas truth-teller, "is constant vigilance: not thinking the way you're meant to think, and keeping your eyes wide open at all times.

Écrit par : quaeps | 13/11/2008

jtyj The more details emerge, the clearer it becomes that Washington's handling of the Wall Street bailout is not merely incompetent. It is borderline criminal.

Share this article

*
*
*
*
* Add to Mixx!
*
*

* Related
* Also By

*
Blogosphere Backlash to Barack?

Barack Obama Administration

MSNBC : The Nation's Ari Melber discusses why the progressive netroots are somewhat unhappy with Obama's cabinet picks to date.
*
Obama Faces Deflation Risk

U.S. Economy

Nicholas von Hoffman: Wall Street was buoyed by reports that Timothy Geithner will be the next Secretary of the Treasury. But that can't offset worries that deflation will compound our economic woes.
*
Time for a Bank Holiday

Banks & Banking

William Greider: No more free money from Washington. No more masters of the universe. No more business as usual.

» More

*
In Praise of a Rocky Transition

U.S. Economy

Naomi Klein: Every sweetheart deal the Bush administration makes threatens to hobble Obama's ability to deliver on his promise of change.
*
The Bailout: Bush's Final Pillage

Economic Policy

Naomi Klein: Brace yourself for a final, frantic stripping of public wealth as the Bush regime goes out the door.
*
New Orleans: The City That Won't Be Ignored

New Orleans

Naomi Klein: Hurricane Gustav should have been political rat poison for the GOP; instead, it became an argument for drilling.

In a moment of high panic in late September, the US Treasury unilaterally pushed through a radical change in how bank mergers are taxed--a change long sought by the industry. Despite the fact that this move will deprive the government of as much as $140 billion in tax revenue, lawmakers found out only after the fact. According to the Washington Post, more than a dozen tax attorneys agree that "Treasury had no authority to issue the [tax change] notice."

Of equally dubious legality are the equity deals Treasury has negotiated with many of the country's banks. According to Congressman Barney Frank, one of the architects of the legislation that enables the deals, "Any use of these funds for any purpose other than lending--for bonuses, for severance pay, for dividends, for acquisitions of other institutions, etc.--is a violation of the act." Yet this is exactly how the funds are being used.

Then there is the nearly $2 trillion the Federal Reserve has handed out in emergency loans. Incredibly, the Fed will not reveal which corporations have received these loans or what it has accepted as collateral. Bloomberg News believes that this secrecy violates the law and has filed a federal suit demanding full disclosure.

Despite all of this potential lawlessness, the Democrats are either openly defending the administration or refusing to intervene. "There is only one president at a time," we hear from Barack Obama. That's true. But every sweetheart deal the lame-duck Bush administration makes threatens to hobble Obama's ability to make good on his promise of change. To cite just one example, that $140 billion in missing tax revenue is almost the same sum as Obama's renewable energy program. Obama owes it to the people who elected him to call this what it is: an attempt to undermine the electoral process by stealth.

Yes, there is only one president at a time, but that president needed the support of powerful Democrats, including Obama, to get the bailout passed. Now that it is clear that the Bush administration is violating the terms to which both parties agreed, the Democrats have not just the right but a grave responsibility to intervene forcefully.

I suspect that the real reason the Democrats are so far failing to act has less to do with presidential protocol than with fear: fear that the stock market, which has the temperament of an overindulged 2-year-old, will throw one of its world-shaking tantrums. Disclosing the truth about who is receiving federal loans, we are told, could cause the cranky market to bet against those banks. Question the legality of equity deals and the same thing will happen. Challenge the $140 billion tax giveaway and mergers could fall through. "None of us wants to be blamed for ruining these mergers and creating a new Great Depression," explained one unnamed Congressional aide.

More than that, the Democrats, including Obama, appear to believe that the need to soothe the market should govern all key economic decisions in the transition period. Which is why, just days after a euphoric victory for "change," the mantra abruptly shifted to "smooth transition" and "continuity."

Take Obama's pick for chief of staff. Despite the Republican braying about his partisanship, Rahm Emanuel, the House Democrat who received the most donations from the financial sector, sends an unmistakably reassuring message to Wall Street. When asked on This Week With George Stephanopoulos whether Obama would be moving quickly to increase taxes on the wealthy, as promised, Emanuel pointedly did not answer the question.

This same market-coddling logic should, we are told, guide Obama's selection of treasury secretary. Fox News's Stuart Varney explained that Larry Summers, who held the post under Clinton, and former Fed chair Paul Volcker would both "give great confidence to the market." We learned from MSNBC's Joe Scarborough that Summers is the man "the Street would like the most."

Let's be clear about why. "The Street" would cheer a Summers appointment for exactly the same reason the rest of us should fear it: because traders will assume that Summers, champion of financial deregulation under Clinton, will offer a transition from Henry Paulson so smooth we will barely know it happened. Someone like FDIC chair Sheila Bair, on the other hand, would spark fear on the Street--for all the right reasons.

One thing we know for certain is that the market will react violently to any signal that there is a new sheriff in town who will impose serious regulation, invest in people and cut off the free money for corporations. In short, the markets can be relied on to vote in precisely the opposite way that Americans have just voted. (A recent USA Today/Gallup poll found that 60 percent of Americans strongly favor "stricter regulations on financial institutions," while just 21 percent support aid to financial companies.)

There is no way to reconcile the public's vote for change with the market's foot-stomping for more of the same. Any and all moves to change course will be met with short-term market shocks. The good news is that once it is clear that the new rules will be applied across the board and with fairness, the market will stabilize and adjust. Furthermore, the timing for this turbulence has never been better. Over the past three months, we've been shocked so frequently that market stability would come as more of a surprise. That gives Obama a window to disregard the calls for a seamless transition and do the hard stuff first. Few will be able to blame him for a crisis that clearly predates him, or fault him for honoring the clearly expressed wishes of the electorate. The longer he waits, however, the more memories fade.

When transferring power from a functional, trustworthy regime, everyone favors a smooth transition. When exiting an era marked by criminality and bankrupt ideology, a little rockiness at the start would be a very good sign.

Écrit par : quaeps | 23/11/2008

gjfg L’Assemblée générale de l’ONU a examiné les 24 et 25 novembre 2008 le rapport du Secrétaire général sur la situation en Palestine.

Le président de l’Assemblée, Miguel d’Escoto Brockmann (Nicaragua), a fait de ce débat une question de principes. Ouvrant la séance, il a déclaré :

« Je presse la communauté internationale d’élever sa voix contre la punition collective de la population de Gaza, une politique que nous ne pouvons pas tolérer. Nous exigeons la fin des violations massives des Droits de l’homme et appelons Israël, la Puissance occupante, à laisser entrer sans délai les ressources humanitaires et autres dans la Bande de Gaza. J’ai parlé ce matin de l’apartheid et de comment le comportement de la police israélienne dans les Territoires palestiniens occupés semble si proche de celui de l’apartheid, à une époque révolue, un continent plus loin. Je crois qu’il est très important que nous, aux nations Unies, employons ce terme. Nous ne devons pas être effrayés d’appeler les choses par leur nom. Ce sont les Nations Unies après tout qui ont élaboré la Convention internationale contre le crime d’apartheid, explicitant au monde entier que de telles pratiques de discrimination institutionnelle doivent être bannies lorsqu’elles sont pratiquées. Nous avons entendu aujourd’hui un représentant de la société civile sud-africaine. Nous savons que partout dans le monde des organisations de la société civile travaillent à défendre les Droits des Palestiniens, et tentent de protéger la population palestinienne que nous, Nations Unies, avons échoué à protéger. Il y a plus de 20 ans, nous, les Nations Unies, avons pris le relai de la société civile lorsque nous sommes convenus que des sanctions étaient nécessaires pour exercer une pression non-violente sur l’Afrique du Sud. Aujourd’hui peut être, nous les Nations Unies, devons envisager de suivre l’exemple d’une nouvelle génération dans la société civile, qui appelle à une campagne non violente similaire de boycott, de désinvestissement et de sanctions pour faire pression sur Israël. J’ai assisté à un grand nombre de réunions sur les Droits du Peuple palestinien. Je suis stupéfait que l’on continue d’insister sur la patience alors que nos frères et nos sœurs palestiniens sont crucifiés. La patience est une vertu à laquelle je crois. Mais il n’y a aucune vertu à être patient avec la souffrance des autres. Nous devons agir avec tout notre cœur pour mettre fin aux souffrances du Peuple palestinien (…) Je tiens également à rappeler à mes frères et sœurs israéliens que même s’ils ont le bouclier protecteur des États-Unis au Conseil de sécurité, aucun acte d’intimidation ne changera la résolution 181, adoptée il y a 61 ans, appelant à la création de deux États. Honteusement, il n’y a pas d’État palestinien que nous puissions célébrer aujourd’hui et cette perspective est plus lointaine que jamais. Quelque soient les explications, ce fait central tourne l’ONU en dérision et nuit gravement à son image et à son prestige. Comment pouvons-nous continuer ainsi ? ».

Rappelons que l’ambassadeur Miguel d’Escoto Brockmann est un prêtre catholique, théologien de la libération et membre du Comité politique du Front sandiniste de libération nationale (FSLN). Personnalité morale reconnue, il a été élu par acclamation, le 4 juin 2008, président de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies.

L’Anti-Defamation League (ADL) a été la première organisation sioniste à réagir. Elle a demandé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, de mettre fin à ce « cirque » ainsi qu’à « la prétendue journée de solidarité avec le peuple palestinien ». Enfin, elle a dénoncé le caractère selon elle « antisémite » des propos du président Miguel d’Escoto Brockmann qu’elle pense inspirés par un anti-judaïsme catholique séculaire.

Écrit par : quaeps | 26/11/2008

hf président des États-Unis, nomme une équipe économique profondément renouvelée afin de mettre en œuvre un New Deal. Obama allait changer le capitalisme, à défaut de l’abolir, et procéder à une nouvelle vague de régulation de l’économie. Mais en fait, Obama a choisi les plus conservateurs parmi les conseillers démocrates, ceux-là mêmes qui ont organisé la déréglementation forcenée quand Bill Clinton était président à la fin des années 1990. La cohérence de son choix, à travers trois noms emblématiques, est révélatrice.

Premier en piste, Robert Rubin est secrétaire au Trésor entre 1995 et 1999. Dès son arrivée, il est confronté à la crise financière au Mexique, premier grand échec du modèle néolibéral dans les années 1990. Par la suite, il impose avec le FMI un traitement de choc qui aggrave les crises survenues en Asie du Sud-Est en 1997-98, puis en Russie et en Amérique latine en 1999. Rubin ne doute toujours pas des bienfaits de la libéralisation et il contribue résolument à imposer aux populations des pays émergents des politiques qui dégradent leurs conditions de vie et augmentent les inégalités. Aux États-Unis, il pèse de tout son poids pour obtenir l’abrogation du Glass Steagall Act, ou Banking Act, en place depuis 1933, qui a notamment déclaré incompatibles les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement. La porte est alors grande ouverte pour toutes sortes d’excès de la part de financiers avides de profits maximums, rendant possible la crise internationale actuelle. Pour boucler la boucle, cette abrogation du Banking Act permet la fusion de Citicorp avec Travelers Group pour former le géant bancaire Citigroup. Par la suite, Robert Rubin devient l’un des principaux responsables de Citigroup… que le gouvernement des États-Unis vient de sauver dans l’urgence en novembre 2008 en garantissant pour plus de 300 milliards de dollars d’actifs ! Malgré cela, Rubin est l’un des principaux conseillers de Barack Obama.

Deuxième personnalité en scène, Lawrence Summers hérite pour sa part du poste de directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche. Son parcours comporte pourtant un certain nombre de taches qui auraient dû être indélébiles… En décembre 1991, alors économiste en chef de la Banque mondiale, Summers ose écrire dans une note interne : « Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. [...] L’inquiétude [à propos des agents toxiques] sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1 000 à cinq ans » [1]. Il ajoute même, toujours en 1991 : « Il n’y a pas de [...] limites à la capacité d’absorption de la planète susceptibles de nous bloquer dans un avenir prévisible. Le risque d’une apocalypse due au réchauffement du climat ou à toute autre cause est inexistant. L’idée que le monde court à sa perte est profondément fausse. L’idée que nous devrions imposer des limites à la croissance à cause de limites naturelles est une erreur profonde ; c’est en outre une idée dont le coût social serait stupéfiant si jamais elle était appliquée » [2]. Avec Summers aux commandes, le capitalisme productiviste a un bel avenir.

Devenu secrétaire au Trésor sous Clinton en 1999, il fait pression sur le président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, pour que celui-ci se débarrasse de Joseph Stiglitz qui lui a succédé au poste d’économiste en chef et qui est très critique sur les orientations néolibérales que Summers et Rubin mettent en œuvre aux quatre coins de la planète où s’allument des incendies financiers. Après l’arrivée de George W. Bush, il poursuit sa carrière en devenant président de l’université de Harvard en 2001, mais se signale particulièrement en février 2005 en se mettant à dos toute la communauté universitaire après une discussion au Bureau national de la recherche économique (NBER) [3]. Interrogé sur les raisons pour lesquelles on retrouve peu de femmes à un poste élevé dans le domaine scientifique, il affirme que celles-ci sont intrinsèquement moins douées que les hommes pour les sciences, en écartant comme explications possibles l’origine sociale et familiale ou une volonté de discrimination. Cela provoque une grande polémique [4] tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’université. Malgré ses excuses, les protestations d’une majorité de professeurs et d’étudiants de Harvard l’obligent à démissionner en 2006.

Si sa responsabilité dans la situation actuelle n’est pas encore avérée, sa biographie consultable sur le site de l’université de Harvard au moment de sa présidence affirme qu’il a « dirigé l’effort de mise en œuvre de la plus importante déréglementation financière de ces 60 dernières années ». On ne saurait être plus clair !
JPEG - 13.7 ko
« The Economist », l’hebdomadaire des spéculateurs de la City, appelait à voter Obama.

Troisième personnalité choisie par Obama, Timothy Geithner vient d’être nommé secrétaire au Trésor. Actuellement président de la Banque centrale de New York, il a été sous-secrétaire au Trésor chargé des Affaires internationales entre 1998 et 2001, adjoint successivement de Rubin et de Summers, et actif notamment au Brésil, au Mexique, en Indonésie, en Corée du Sud et en Thaïlande, autant de symboles des ravages de l’ultralibéralisme qui ont connu de graves crises durant cette période. Les mesures préconisées par ce trio infernal ont fait payer le coût de la crise aux populations de ces pays. Rubin et Summers sont les mentors de Geithner. Aujourd’hui, l’élève rejoint ses maîtres. Nul doute qu’il va continuer à défendre les grandes institutions financières privées, sourd aux droits humains fondamentaux, bafoués aux États-Unis comme ailleurs suite aux politiques économiques qu’il défend avec véhémence.

Prétendre re-réguler une économie mondiale déboussolée en donnant les leviers de décision à ceux qui l’ont dérégulée aux forceps revient à vouloir éteindre un incendie en faisant appel à des pyromanes.

Écrit par : quaeps | 01/12/2008

jhjghj Concernant le budget, le Parlement vote les grandes lignes de dépenses, mais il est seulement consulté pour l’adoption de nouvelles recettes qui relèvent d’une décision à l’unanimité du Conseil, qui, de fait, définit le budget (I-54-3) : « Le Conseil statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen ».

Un tel dispositif, du fait de l’unanimité requise, rend quasiment impossible la création d’un nouvel impôt, de nouvelles taxes, ainsi que l’augmentation significative du budget européen. La majeure partie de ce budget étant consacré à la politique agricole, il restera très peu pour les fonds structurels. Or ces fonds redistributifs ont pour fonction une harmonisation des territoires, qui seule permettrait une coopération au lieu de la concurrence par des différentiels de développement. Le plafonnement du budget rend également impossible un financement significatif de fonds sociaux européens. La mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières, Tobin ou autre, est quasiment impossible, et ceci d’autant plus que l’article III-156 indique : « (...) les restrictions tant aux mouvements des capitaux qu’aux paiements entre les états-membres et entre les états-membres et les pays tiers sont interdites ». Certes l’article III-157-3 prévoit des « dérogations », interprétées toutefois comme des « reculs » et exigeant l’unanimité du Conseil : « Par dérogation au §2, seule une loi ou une loi-cadre européenne du Conseil peut établir des mesures qui constituent un recul dans le droit de l’Union en ce qui concerne la libéralisation des mouvements de capitaux à destination ou en provenance de pays tiers. Le conseil statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen ». Une taxe Tobin ou des taxes globales seraient interprétées comme une restriction aux mouvements de capitaux et/ou aux paiements entre Etats. Ces contraintes existaient déjà mais elles ne font que se durcir avec l’obligation de l’unanimité à 25 ou plus par la suite.

L’impôt, tout comme les services publics, est donc considéré comme dérogation. Ce faisant la politique budgétaire de l’Union est réduite quasiment à néant : les ajustements doivent se faire par le Marché, selon les lois de la “concurrence libre et non faussée, exclusivement et selon le principe : « Le meilleur gouvernement, c’est le Marché ».

Écrit par : te | 02/12/2008

tyurty http://oumma.com/La-question-iranienne-politiques

Écrit par : quaeps | 03/12/2008

khk

Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont adopté, les 8 et 9 décembre, un texte intitulé « Council Conclusions Strengthening of the EU bilateral relations with its Mediterranean partners - upgrade with Israel ». Sous l’impulsion de la présidence française, le principe de rehausser les relations entre Israël et l’Union européenne a été accepté. Déjà, avant la tenue du sommet méditerranéen, Paris avait essayé de faire adopter cette mesure, mais avait dû reculer devant la levée de boucliers de certains régimes arabes, notamment l’Egypte (lire « Enquête sur le virage de la diplomatie française », Le Monde diplomatique, juin 2008).

Ce texte a été adopté après de nombreuses discussions. La première version présentée par la France faisait la part belle à Israël et a suscité des réserves chez certains des partenaires — notamment le Royaume-Uni et la Belgique — qui ont demandé un « rééquilibrage » du texte. Un comble, quand on pense qu’il y a quelques années encore, la France était accusée d’être pro-arabe.

Notons aussi que ce texte a été entériné le jour même où l’expert de l’ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens, Richard Falk, demandait la mise en œuvre de « la norme reconnue de la “responsabilité de protéger” une population civile punie collectivement par des politiques qui s’assimilent à un crime contre l’humanité ». Dans le même sens, ajoutait-il, « il semble que c’est le mandat de la Cour pénale internationale d’enquêter sur la situation, et de déterminer si les dirigeants politiques israéliens et les chefs militaires responsables du siège de Gaza doivent être inculpés et poursuivis pour violations du droit pénal international ».

Finalement, le texte adopté par l’Union européenne intègre des références à la politique de voisinage européenne, au Maroc, à la Tunisie, et à presque tous les Etats arabes, références purement formelles qui permettent de faire passer l’essentiel : le point 9, qui affirme la détermination du Conseil à rehausser les relations avec Israël. Il est toutefois souligné que ce rehaussement doit avoir lieu dans le contexte de « nos intérêts communs », qui incluent la résolution du conflit israélo-palestinien sur la base de la coexistence de deux Etats.

Une longue annexe comprend les lignes directrices pour renforcer les structures du dialogue politique avec Israël.

D’abord, la tenue régulière de réunions des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne et d’Israël, un privilège qui n’était accordé jusque-là qu’à quelques grands Etats, Chine, Russie, Inde, etc. La première réunion devrait avoir lieu sous la présidence de la République tchèque, pays qui, selon la formule d’un haut fonctionnaire à Bruxelles, « ne défend pas la politique du gouvernement israélien, mais celle du Likoud ».

Ensuite, la tenue régulière, au moins trois fois par an, de réunions entre ministres des affaires étrangères (ce qui n’est pas nouveau, et existait déjà de facto). De telles réunions sont étendues à d’autres secteurs que les affaires étrangères.

L’invitation régulière de responsables du ministère des affaires étrangères israélien aux comité pour la politique et la sécurité de l’Union. Inviter aussi plus systématiquement des experts israéliens dans les comités travaillant notamment sur le processus de paix, les droits humains, la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, etc.

Organiser des consultations informelles plus larges sur les problèmes stratégiques.

Intensifier les échanges sur des points précis, notamment les droits humains et l’antisémitisme.

Encourager Israël à s’associer aux politiques étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne.

Permettre la coopération sur le terrain dans le cadre des politiques de sécurité et de défense commune. Des experts israéliens pourront ainsi participer à des missions extérieures de l’Union, que ce soit en Afrique ou ailleurs.

Dans la mesure où Israël, aux Nations unies, ne peut participer au groupe Asie, l’Union européenne tentera de l’intégrer au groupe Western European and other groups (WEOG), une vieille demande de cet Etat qui lui permettrait d’être élu dans différentes instances, dont le Conseil de sécurité.

Intensifier le dialogue entre le Parlement européen et le parlement israélien.

Ces décisions de l’Union européenne ont été vivement critiquées par l’Autorité palestinienne et par l’Egypte.

Dans un article de Haaretz du 9 décembre, « EU votes to upgrade Israel relations despite Arab lobbying », Barak Ravid rapporte que la semaine précédente, « la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni s’est rendue à Bruxelles pour faire son propre lobbying auprès des ministres des affaires étrangères, et en premier lieu de Bernard Kouchner. A un moment de la rencontre, elle a demandé à le voir en tête à tête et à ce que les autres sortent de la salle. Durant cette conversation, les deux sont tombés d’accord sur le fait qu’il n’y aurait pas de “lien” (linkage) (entre le rehaussement des relations UE-Israël et les négociations de paix), mais que l’Union européenne publierait une déclaration séparée appelant à la poursuite de conversations de paix sur le statut final ».

Même si l’article est un peu à la gloire de Livni et note des « avancées » qui n’en sont pas – les réunions régulières des ministres des affaires étrangères avaient déjà lieu –, le texte est significatif de la victoire israélienne. D’autant plus que Livni a aussi empêché l’adoption d’un texte stratégique d’action qui rappellerait la position de l’Union européenne sur le conflit du Proche-Orient. Ce texte, préparé par la France, a été « retiré ».

On peut noter que toute la stratégie française (et européenne) de rapprochement avec Israël est justifiée par le fait qu’une amélioration des relations permettrait à l’Union européenne et à la France d’influer sur la politique israélienne. Il suffit de voir ce qui se passe à Gaza, l’extension des colonies, les pogroms anti-arabes, pour mesurer le succès de cette stratégie.

En revanche, Israël a subi une importante défaite au Parlement européen (lire « Israël devra attendre », La valise diplomatique, 5 décembre 2008). Ce refus du Parlement européen aura des conséquences concrètes sur un certain nombre de projets de coopération. Notons, pour l’anecdote, que le vote négatif a été provoqué à la fois par le lobbying d’un certain nombre de pays arabes et par l’arrogance et les pressions israéliennes, qui ont suscité le ras-le-bol d’un certain nombre de députés européens.

D’autre part, on lira deux textes intéressants sur le conflit, l’un de Barak Ravid et Anshel Pfeffer dans Haaretz du 4 novembre, « Britain to EU : Clamp down on imports from settlements », qui souligne la manière dont Israël tente d’exporter les produits des colonies vers l’Union européenne ; l’autre, d’Yves Aubin de La Messuzière, publié dans Le Monde (10 décembre) : « Pourquoi l’Europe doit parler au Hamas ».

Écrit par : hgj | 10/12/2008

ytuty For the purposes of foreign policy, the nuclear weapons of the United States of America are obsolete. This may seem like a truism to peace activists, which has been voiced for decades by unknown millions and by well-known personalities alike:

Mohandas K. Gandhi (1946): "I have no doubt, that unless big nations shed their desire of exploitation and the spirit of violence of which war is the natural expression and the atom bomb the inevitable consequence, there is no hope for peace in the world",

Bertrand Russell (1955): "In view of the fact that in any future world war nuclear weapons will certainly be employed, and that such weapons threaten the continued existence of mankind, we urge the governments of the world to realize, and to acknowledge publicly, that their purpose cannot be furthered by a world war, and we urge them, consequently, to find peaceful means for the settlement of all matters of dispute between them", (from the Russell-Einstein Manifesto),

Martin Luther King, Jr. (1967): "A nation that continues year after year to spend more money on military defense than on programs of social uplift is approaching spiritual death. America, the richest and most powerful nation in the world, can well lead the way in this revolution of values. There is nothing, except a tragic death wish, to prevent us from reordering our priorities, so that the pursuit of peace will take precedence over the pursuit of war. There is nothing to keep us from molding a recalcitrant status quo with bruised hands until we have fashioned it into a brotherhood. This kind of positive revolution of values is our best defense against communism. War is not the answer. Communism will never be defeated by the use of atomic bombs or nuclear weapons. Let us not join those who shout war and through their misguided passions urge the United States to relinquish its participation in the United Nations."

The policy-makers of the major atomic powers (the permanent members of the UN Security Council) viewed any "ban the bomb" unilateral nuclear disarmament sentimentality as foolishly naïve. However, after the Cuban Missile Crisis of 1962, they recognized the value of regulating their nuclear-armed Cold War and improving emergency communications between heads-of-state, to help prevent an accidental nuclear war. These "rules of the game" have been elaborated in three significant treaties.

The Limited Test Ban Treaty of 1963 banned above-ground nuclear explosions -- atmospheric weapons tests -- by the signatories. Most countries have signed and ratified this treaty; notable exceptions are the People's Republic of China, France and North Korea.

The Nuclear Nonproliferation Treaty of 1968 binds its nuclear-armed parties to refrain from transferring nuclear weapons technology to non-nuclear states; its non-nuclear parties agree not to acquire nuclear weapons; the right to develop civilian nuclear power is affirmed; and a vague commitment to eventual nuclear disarmament is also promised. All nations except four are parties to this treaty (189 parties), the exceptions being India, Pakistan, Israel and North Korea.

The Comprehensive Test Ban Treaty of 1996 bans all nuclear explosions, whether undersea, underground, above-ground, atmospheric or in space. There are 180 signatories to the CTBT (nuclear and non-nuclear states). This treaty will go into effect after nine more of 44 specifically named nuclear-capable states sign and ratify; the nine hold-outs include the United States, the People's Republic of China, India, Pakistan, Israel and North Korea.

Within the last two years a new chorus has added their voices to the call for "a world free of nuclear weapons":

"Nuclear weapons today present tremendous dangers, but also an historic opportunity. U.S. leadership will be required to take the world to the next stage -- to a solid consensus for reversing reliance on nuclear weapons globally as a vital contribution to preventing their proliferation into potentially dangerous hands, and ultimately ending them as a threat to the world... We endorse setting the goal of a world free of nuclear weapons and working energetically on the actions required to achieve that goal..." [1]

"Progress must be facilitated by a clear statement of our ultimate goal. Indeed, this is the only way to build the kind of international trust and broad cooperation that will be required to effectively address today's threats. Without the vision of moving toward zero, we will not find the essential cooperation required to stop our downward spiral... The U.S. and Russia, which possess close to 95% of the world's nuclear warheads, have a special responsibility, obligation and experience to demonstrate leadership, but other nations must join." [2]

These new converts to "nuclear weapons-zero" may surprise you: George P. Shultz (Reagan Administration secretary of state from 1982 to 1989), William J. Perry (Clinton Administration secretary of defense from 1994 to 1997), Henry A. Kissinger (Nixon Administration national security advisor and secretary of state from 1969 to 1973, then Ford Administration secretary of state from 1973 to 1977) and Sam Nunn (chairman of the Senate Armed Services Committee from 1987 to 1995). Their two Op Eds have many endorsements from former officials of the military-industrial-congressional complex, and even foreign ex-government officials.

Why are these elite former Cold Warriors now ready to ban the bomb? We can discount the possibility they've all experienced a "satori" for peace, or a sudden anti-imperial moral transformation like Saint Paul (more on this later). The new enthusiasm for nuclear weapons-zero must spring from two sources: the nature of reality and the nature of ego. First, consider reality.

The major nuclear powers could never use nuclear weapons in disputes among themselves. However you imagine such a scenario playing out, the "winner" would emerge with devastating damage, and very likely a permanent loss of political power and economic capability. The nuclear war would be an abrupt transition from a former level of "greatness" to a subsequent lesser state; an advantage to non-combatant rivals. Similarly, a war between major economic powers, one armed with nuclear weapons and the other conventionally, would still diminish the economic viability of the nuclear-armed victor because today's advanced economies are highly interdependent. Any nuclear war between advanced capitalist nations would damage capitalism generally -- that is, reduce wealth -- regardless of how it altered the relative balance of advantage between the combatants. In all these cases, non-combatant nations might shun nuclear armed combatants after the war, adding to the political and economic costs of causing a nuclear war.

No advanced nuclear power has any need to use its nuclear arms against a weak non-nuclear state that opposes its authority. The conventional military forces of the advanced nations are more than sufficient to overpower small, weak and poor states -- and such wars of the strong against the weak occur often enough without significant opprobrium. Using nuclear weapons in such wars would cause unnecessary fright to the "world community", and this global disapproval would unquestionably lead to a collective punitive response by economic and political measures.

In short, nuclear weapons are entirely obsolete as instruments of foreign policy by the advanced nations. The integration of world economies makes the use of nuclear weapons anywhere a net loss of power and wealth for world capitalism generally. Also, the combination of electronics, computer and space technologies has so improved the target detection and shooting accuracy of conventional military systems that large-area blasts are no longer needed; and modern conventional forces are more than adequate to exert authority over weak opponents, without the inconvenience of radioactive fallout. This is the significant news in the enthusiasm for nuclear weapons-zero by the Hoover Institute elders noted earlier.

People who are marginalized and exploited by world capitalism, and who despair over improving the lot of their communities, can see acquiring nuclear weapons as a useful means to revolution, for the exact same reasons the Hoover Institute elders see them as such a threat to the American Empire: sub-state insurgents -- "terrorists" -- with nuclear weapons could poke painful, bloody holes through the fabric of world capitalism, and exponentially enhance their own political power. Because this threat is so serious, and nuclear weapons are now obsolete for imperial control, the Hoover Institute elders urge a rapid convergence to nuclear weapons-zero.

To underscore the credibility of the threat (or, opportunity, depending on viewpoint), let me cite one observation. A recent study I read on the probability of smuggling nuclear material and components for a crude radioactive explosive device (or, anything) across the coastline into the United States concluded that there was only a 4 percent chance the Coast Guard would intercept any single shipment when carried by small craft (a boat). To minimize the loss from any single "pinch", the smugglers might plan to convey the consignment over several shipments. The odds of success for radioactive rum running are high. What has prevented the introduction of a terrorist nuclear device into the U.S. is the control over the radioactive source material here and abroad, not the security of the coastlines and land borders.

Taking nuclear weapons systems out of active deployment; removing nuclear warheads from missile bodies and munitions depots; disassembling warheads to store the nuclear material (e.g., uranium, plutonium) at remote high-security sites, destroying the warhead shell; and breaking fissile bomb parts into granular material for mixing into lower grade nuclear fuel, which would be "burned" in civilian nuclear power reactors to recover some of the costs sunk into the original weapons, is how nuclear weapons would physically be taken toward zero. Yes, there will still be the usual problem of reactor waste, but this has to be seen as a reasonable alternative to having finished warheads and even machined bomb parts of highly refined plutonium in circulation around the world. Reactor waste may be radioactive, thermally hot and toxic, but it cannot be compressed to criticality to produce nuclear yield -- no bomb.

So much for the realities, now for the psychology of nuclear weapons-zero's elite evangelists. Scanning the names of people endorsing the Hoover Institute elders' nuclear weapons-zero stance, I was struck by the many former government (or, military-industrial-congressional complex) officials I recall being on active duty before and during my career in one of the US nuclear weapons labs. Two of these individuals are former high-ranking nuclear weapons lab managers (Ray Juzaitis, whose career climb to a lab directorship was rumored to have collapsed before whispers of "is he safe?" by rival upper level back-stabbers, because Juzaitis had been the manager over Wen Ho Lee in 1999, [3]; and Siegfried Hecker, director of the Los Alamos lab from 1986 to 1997, who was replaced after a series of safety and security lapses, [4] and [5]).

While these former movers and shakers now enjoy lucrative sinecures, they can hardly find these activities sufficient, because they all have big egos and aggressive career drives. How else would they have risen as far as they did? Can they really be satisfied teaching BS courses on "policy" to spoiled, young patricians being trained for the imperial bureaucracy? Can they really retain their enthusiasm attending another droning symposium on knotty and speculative analyses of imperial fortunes? Can they really look forward to displaying themselves at another reception for the rich dull "donors", who want same face-time and flesh-press value for their impressive tax-deductable foundation donation, along with a trophy snapshot alongside the honored has-been? What these elite retirees really want is to be players again, authoring (usually plagiarizing) the compelling policy ideas of the day, directing the key actions that set the karmic wheels of nations a-spinning, focusing the attention of their peers and the wider public onto their renewed glory. It chafes to "sit on the bench", to be "passed over"; and it stings to watch the next generation -- the Obama generation -- briskly undo or recycle, as suits them, the elders' political legacies without acknowledgment. It is hard to accept that one is "finished". So, one finds a cause, something big, something that has the potential of erasing the often distasteful memory of an elder's past exploits, by bathing them in a new and holy aura they hope will elevate their pedestals in the necropolis of the nation's history. Other well-known examples of this psychology are: Jimmy Carter and Palestine, and Al Gore and climate change.

Like many former "spear carriers for empire" (to use Chalmers Johnson's phrase) I, too, might be a minor example of the psychology of post-career redemption. This prompts me keep an open mind and allow for the possibility that some of the former military-industrial-congressional complex leaders now committed to nuclear weapons-zero might really have matured to a new more humane identification with the rest of humanity. This is always something to welcome. Our lives, after all, can only be fashioned in the present; our past is set and our future is out of reach. We can express a new character or a new understanding of the world from any present moment. Reforming, becoming a "better person", "changing our ways" can be initiated at any instant, once we acquire the conception to do so. There may be some admixture of genuine feelings for peace and compassion in the participation of former government leaders who champion the elimination of nuclear weapons. Having extended this olive branch, let me confess that I do not believe this factor is significant among the retired military-industrial-congressional elite. So much for the psychology of the new nuclear weapons-zero evangelists.

The humanist "ban the bomb" sentiment is intrinsically anti-imperial and was summed up in the Russell-Einstein manifesto as: "We appeal as human beings to human beings: Remember your humanity, and forget the rest." Nuclear weapons would be eliminated by meeting human needs globally -- sharing (organized as an equitable U.N.) -- so strong and wealthy nations would refrain from using their power to exploit the weak; and poor, disadvantaged and under-developed populations would not seek nuclear weapons, nor resort to "terror" tactics, because they would have effective and non-violent avenues to advance their societies.

The new Hoover Institute-incubated nuclear weapons-zero evangelism is a pragmatic formulation aimed at preserving the American Empire by reducing one potential threat against it, which could be formed by combining the unrelieved resentments of the "service" and "waste" populations of world capitalism, and the terror potential of nuclear weapons and nuclear material.

Previously, the American situation was seen as a choice between: the absence of empire and nuclear weapons versus empire with nuclear weapons. Obviously, the first choice was forbidden. The new view states the alternatives as: empire with nuclear weapons versus empire without nuclear weapons. Note that absence of empire is not accepted as an option. The positive aspect here is that empire and capitalism without nuclear weapons, though far from our ideal, is still better than what we have today. If the Hoover Institute nuclear weapons-zero evangelism goes beyond the post-career narcissism of its clergy and actually accelerates nuclear disarmament, then it will have some value.

Notes

[1] full text of January 4, 2007 Op Ed

[2] full text of January 15, 2008 Op Ed

[3] NYT on WHL in 2001

[4] Hecker's 1997 testimony to congress:
"Although the [Los Alamos] Laboratory's long-term record for safety is impressive, in the last two years we have experienced a series of serious accidents, seemingly unrelated but suggesting weakness in the systems and structures that provide a safe working environment. On December 20, 1994, an employee of our contractor security force was killed during a training exercise when live ammunition was accidentally loaded into a weapon. On November 22, 1995, an employee lost control of a forklift and was severely injured when it rolled over. He subsequently recovered. On January 17, 1996, a contractor laborer received a severe shock when he jackhammered into a 13.5-kilovolt power line during an excavation project. He remains in a coma. On July 11, 1996, a graduate student working on energized, high-voltage equipment received a severe shock. He has recovered. As a result of these accidents, we have been subjected to intense scrutiny by DOE and the University of California."

[5] NYT on Hecker/WHL:
'Mr. Hecker was cited for failing to follow through on ''an express request by senior management to develop a plan for limiting the suspect's access, for failing to inform department's management that the plan had failed, and for failing to take alternative actions,'' according to a statement by Mr. Richardson. Though he did not name Mr. Hecker, other officials said his reference was to Mr. Hecker.'

and

Écrit par : hjkh | 11/12/2008

hjg PRIME MINISTER GORDON BROWN: I’ve told President Zardari that three-quarters of the most serious terrorist plots investigated by the British authorities have links to al-Qaeda in Pakistan. So I’ve proposed to President Zardari a new UK-Pakistan pact against terror. My discussions with President Zardari have reassured me that his authorities are determined to act against those who were behind the Mumbai attacks. We will continue to expand our terrorist—counterterrorism assistance program with Pakistan, and it will be more than ever the most comprehensive anti-terrorist program Britain has signed with any country.


AMY GOODMAN: The British premier was speaking at a news conference in the Pakistani capital of Islamabad Sunday, following a visit to India. Pakistani [President] Asif Ali Zardari said that India had yet to offer conclusive evidence of Lashkar’s involvement in last month’s terror attacks but emphasized Pakistan would take strong action against any groups found to be responsible. Over the past week, Pakistan has arrested a number of Islamist leaders and cracked down on both Lashkar-e-Taiba and a charity believed to be linked to the LeT, Jamaat-ud-Daawa.

PRESIDENT ASIF ALI ZARDARI: We want to have the best of relations with India. Terrorism and extremism are a common problem, which required cooperative efforts. Problems are not specific to a country, but are doable.


AMY GOODMAN: Meanwhile, the Indian Prime Minister Manmohan Singh, speaking in Kashmir Sunday, said he wanted India to “normalize” relations with Pakistan, provided Pakistan stops its support of terror attacks in India.

Senator John Kerry arrived in New Delhi today in a bid to calm tensions between the two countries and discuss counterterrorist cooperation between India and the incoming Obama administration. Senator Kerry is the third US official to visit India since the attacks and follows Secretary of State Condoleezza Rice and Deputy Secretary of State John Negroponte.

As comparisons between the attacks in Mumbai and the September 11th attacks continue to be made, Indian officials unveiled a massive revamp of the country’s security and anti-terror infrastructure last week.

Right now, I’m joined by someone who warns of the dangers of comparing the attacks in Mumbai to the attacks in New York and Washington: award-winning novelist, essayist, activist, Arundhati Roy. Her latest article is called "9 Is Not 11 (And November Isn’t September).” It was published in India’s Outlook magazine, Britain’s Guardian newspaper and on tomdispatch.com here in the United States. Arundhati Roy joins us now from her home in New Delhi.

Welcome to Democracy Now!, Arundhati.

ARUNDHATI ROY: Thanks, Amy.

AMY GOODMAN: It’s very good to have you with us. Can you start off by, well, beginning where you begin your piece “9 Is Not 11,” saying, “We’ve forfeited the rights to our own tragedies”? What do you mean?

ARUNDHATI ROY: Well, I think, you know, what I mean is that while the attacks in Mumbai may have a lot to do with the consequences of 9/11 and India positioning itself as a quote-unquote “natural ally” of Israel and the US, it has more to do with the history—a very troubled history here. And for us to try and reduce it into something like 9/11, as though, you know, we’ve not suffered a terrorist attack since Pearl Harbor, is to make this history a bit ridiculous and to not look things in the eye and to try and act as though we aren’t who we are and we don’t have the history that we do. And it doesn’t get anybody anywhere. It’s a very dishonest thing to do, in many ways, and also it paves the way towards people trying to behave—I mean, in any case, India—you know, the Indian establishment and the Indian elite are very delighted with the idea of pretending to be a superpower like America and wanting to act like a superpower like America and do all the stupid superpower things that America has done. So my point is that, you know, India isn’t America, and Pakistan isn’t Afghanistan, and we don’t have to look at this through borrowed lenses.

AMY GOODMAN: You write that if you were watching television, you wouldn’t realize that ordinary Indians died in the Mumbai attacks, and you talk about the places that were attacked.

ARUNDHATI ROY: Well, that and as well as the fact that the Mumbai attack was only the most recent of a whole state of attacks that has taken place just this year in India. And in Mumbai, they attacked two sort of five-star hotels and a small Chabad center, a small Jewish center. But many of the killings took place in a railway station, where just ordinary people were mowed down.

But the Indian media was just so fascinated by the fact that, you know, finally, this sort of last barricade, the barricade of super citizens in the superpower was somehow attacked and breached. And, of course, partly it had to do with the fact that the drama in these places went on and on, because the—it was like, you know, a siege that lasted many hours. But even now, you know, the television channels, which are behaving like—making Fox News look like radical and left-wing, are just going on and on and on with this elite coming out and making the most shocking suggestions and saying the most shocking things and acting as though it’s the first and only time that such a thing has happened in India.

AMY GOODMAN: Can you talk about the other attacks that we don’t hear about, this latest in Mumbai being, as you write, only the most recent?

ARUNDHATI ROY: Well, I mean, in the first—let’s say, in this period, you know, soon after September 11th, there was an attack in Kashmir on the parliament, and then there was a very obviously internationally read-about attack in 2001 on the Indian parliament, when six terrorists attacked Indian parliament and, you know, five of them—six of them were killed. And then India moved a half-a-million troops to the border with Pakistan and almost started a war, said the same thing, of course, that it was the Pakistan ISI behind this, and the Jaish-e-Mohammad and the LeT were the militant groups that were named.

And there was a trial that lasted many years. They arrested—the day after the attack, they arrested four people and a lecturer in Arabic called S.A.R. Geelani and said he was the mastermind. And there was this orgy of nationalism and what turned out to be complete lies that was planted in the press. And eventually, after the trial, three of the four were acquitted of the charges they had been convicted under. S.A.R. Geelani was let off by the Supreme Court. And the fourth person, Mohammad Afzal, has been sentenced to death, but the Supreme Court, in a written judgment, said that we have no evidence to prove that he belonged to any terrorist group, but in order to satisfy the collective conscience of society, we are sentencing him to death. And in the process of this trial, it was made clear that, you know, evidence had been fabricated, arrest memos had been fabricated, witnesses had lied. Everything was deeply suspect. So, today, we don’t know really who attacked parliament.

After that, of course, there was the burning of the Sabarmati Express in Gujarat, which led to the genocide against Gujarati Muslims. That, too, we don’t know, even today, who burned that train. You know, inquiries have been sort of sabotaged all the time. Subsequent to that, you know, for example, this year, there’s been a series of bombings. Last year, there was a bombing of—you know, Bombay was bombed, Bangalore was bombed, Ahmedabad, Gujarat. There was a bombing of this train called the Samjhauta Express going to Pakistan, and I think 150 people died. Once again, Pakistan was blamed. Then—but now, recently, the Anti-Terrorism Squad in Maharashtra arrested a serving army officer belonging to a Hindu supremacist group that they said they suspected of bombing the Samjhauta Express.

And then, there have been, this year, bombings in Jaipur, in Bangalore, in Delhi, in a small Muslim-dominated town called Malegaon, and in all these attacks—you know, some of them, the police have arrested Muslims, and some of them they’ve arrested Hindus, all Indian nationals. There’s been a lot of questioning of these arrests, too. There was a situation just in August, where the Special Cell of the Delhi police went and sort of shot dead two Muslim students in a place called Jamia Nagar. And this created a huge outcry in Delhi.

AMY GOODMAN: Arundhati Roy, we have to break for a minute, then we’re going to come back to this conversation.

ARUNDHATI ROY: OK.

AMY GOODMAN: Next up, after we finish talking to Arundhati Roy, we’ll be joined by the filmmaker, by the director and producer Ron Howard about this new film called Frost/Nixon. We’re talking to Arundhati Roy, the great Indian writer. Her novel The God of Small Things won the 1997 Booker Prize. Her latest essay is called “9 Is Not 11 (And November Isn’t September).” We’re speaking to her in New Delhi. Stay with us.

[break]

AMY GOODMAN: Our guest is Arundhati Roy, the great writer, speaking to us from New Delhi, India, from her home. She won the 1997 Booker Prize, the youngest person to win that prize, for her book The God of Small Things, has written a number of books of essays since, and her latest is called “9 Is Not 11 (And November Isn’t September).”

Arundhati, could you talk about the significance of the Indian prime minister saying—speaking, going to Kashmir this weekend?

ARUNDHATI ROY: Well, the significance is—I mean, it’s complex, but Kashmir is really the elephant in the room, you know, behind—or let’s say, one of the elephants in the room, behind all this talk of all this terrorism and all this militancy, because Kashmir is—you know, the people of Kashmir have been struggling for independence for decades. And, you know, while America has 150,000 troops in Iraq, India has more than 500,000 troops in Kashmir holding it down.

And right now, there are elections in Kashmir, you know, what are known as free and fair elections, except that they are taking place under the supervision of this incredible presence of security forces who, you know, now are so entrenched there. And it’s not—I’m not suggesting that, you know, they’re forcing people to vote, though they have in the past. Elections have been rigged, and people have been forced at gunpoint to vote. But this time it’s slightly more complicated than that.

And only in August, there was a massive uprising in Kashmir, completely nonviolent—I was there, in fact, and saw it—where hundreds of thousands of people chanting for freedom were out on the streets. And the response to that, of course, was a really cruel curfew for days and days and days, which broke the back of that.

So, he went there, because the elections are on, to speak, and also knowing that it is the flashpoint and it is the bone of contention. So often, when people say, let’s say, you know, militants or terrorists who attack targets in India are Pakistani, they’re often from Pakistan-occupied Kashmir, because in 1947, when India and Pakistan were partitioned, Kashmir, which was an independent kingdom, was just, you know, occupied, half by India and half by Pakistan. And that battle still wages.

AMY GOODMAN: You write, “On this nuclear subcontinent,” Arundhati Roy, “the context is Partition. The Radcliffe Line, which separated India and Pakistan and tore through [the] states, [the] districts, [the] villages…” I think people in the United States have very little understanding of the history of India and Pakistan and then how that is playing out today.

Actually, interestingly, when Barack Obama was running for president, in an interview, he talked, in talking about Afghanistan and the war on terror in Pakistan, said we have to go back to Kashmir, which fuels what is happening in Pakistan.

ARUNDHATI ROY: Well, basically—let me see if I can just explain it briefly. But, basically, you know, from the beginning, let’s say from the early 1920s, the fight for independence, even by somebody like Gandhi, did take on a sort of religious overtone, which Gandhi himself would, I suppose, have liked to say—call “spiritual.” But others did see it as more or less religious. And the fight for independence—alongside the fight for independence, there was an enormous amount of divisive and violent fighting between the two communities, Hindu and Muslim, which was, I would say, quite unwisely fomented by both Hindu and Muslim leaders and managed badly. And eventually, it came to a stage where the Muslims were demanding a separate homeland, because they were scared of being swamped by a Hindu majority.

And since the 1920s, there was this organization called the RSS, which is the Rashtriya Swayamsevak Sangh, which was founded along the lines of Italian fascism, which really admired Hitler and which believed that the Muslims were the Jews of India. And that organization, which is sort of the holding company of the right-wing Hindu political parties now, has grown and grown and grown and grown. And today, it has something like 45,000 branches and 700,000 volunteers. Among them are former Prime Minister Vajpayee; our aspiring prime minister, L.K. Advani; the chief minister of Gujarat, Narendra Modi, who sort of supervised the genocide against Muslims in 2002. So this is the RSS.

And, anyway, in 1947, along with independence came partition. And the British government, as it left, drew the Radcliffe Line, which was drawn almost overnight, and it sort of tore through states and villages and communities and water systems and post offices and file notings, and it triggered the movement—I think the biggest migration of a human population in modern history, where something like eight—well, the lowest estimate is eight, others say twelve—million people, Hindus fleeing the new Pakistan, Muslims fleeing the new India, sort of just by foot, you know, with the clothes on their back, were crossing each other. There was—a million people were killed. And this hatred continues to inform everything, in terms of this Hindu-Muslim divide.

So—and then Pakistan declared itself an Islamic republic and then soon became a violent military dictatorship. India declared herself a democratic secular republic, but the poison of the RSS was dripping fast into the veins, you know? And so, while India was and is a democracy and has a modern constitution, it’s also a very feudal society that has given up nothing of its social conditioning. It continues to hold onto the caste system. It continues to hold onto all kinds of prejudices. And so, these are the two nations that are facing each other now, you know? And each of them has at their heart a very troubled history and an inability to tear themselves apart from each other.

AMY GOODMAN: Arundhati Roy, you write in your piece in a sub-headline that says “Releasing Frankensteins,” “Thanks largely to the part it was forced to play as America’s ally, first in its war in support of the Afghan Islamists and then in its war against them, Pakistan, whose territory is reeling under these contradictions, is careening toward civil war.”

ARUNDHATI ROY: Yeah. Well, that obviously was the next big thing that happened in Pakistan, where it was the sort of crucible for America’s jihad against the Soviet Union. And today, I mean, I just heard what Gordon Brown said about Pakistan. And this is the thing, that Pakistan was the recruiting agent for this war. So the Pakistan government and the ISI and the Pakistan army were in charge of the funds and were in charge of really recruiting these foreign fighters, with CIA and Saudi money, from all across the Arab world to fight in Afghanistan. And they were in charge of indoctrinating them, setting up these madrasahs, and so on. And now, America wants—I mean, a little while earlier, expected it could just whistle them in like trained Mastiffs, but, of course, that didn’t happen, and they came calling in the homeland on September 11th.

And the point about these kind of battles is that they are—it’s not just that a gun was put in their hands and they were sent off to fight. It’s not just that they were equipped with Stinger missiles. They were indoctrinated. It was so they were turned into these kinds of people. Now, that has become something that you can’t just recall. And so, you have a situation in which you have, on the—I mean, so, to blame Pakistan for what’s happening now is a bit like trying to blame the crucible in which you conducted your experiments. Of course, the Pakistanis were also willing to do it, but there’s very little point in looking at it so simplistically.

And I think—I mean, the truth is now that the Pakistan government is not in full control of its own people, you know, as we know. So, how it’s all going to pan out is very difficult to say, because Afghanistan is out of control. The might of the US couldn’t control it or subdue it. And now that is spreading to regions in Pakistan and obviously filtering into India, as well. And then India is contributing to it with its own, you know, fascist pogroms that it’s conducted. So, all in all, it’s a very complex situation where flashcards won’t do.

AMY GOODMAN: You conclude, Arundhati Roy, by talking about “the Monster in the Mirror.” Explain.

ARUNDHATI ROY: Well, you know, obviously, when these attacks were happening, as I said earlier, one of the reasons why people kept saying “9/11” was that they wanted—I mean, the elite and the TV anchors of all our sixty-seven news channels were just baying for war, and they wanted, you know, the Indian government to go and bomb these so-called terrorist camps, which is a bit silly, because now Pakistan and India are both nuclear—have nuclear weapons, and obviously if India bombs anything, it’s going—Pakistan is going to retaliate, and it’s going to escalate.

And what I was saying is that, you know, to try and pin down the problems of a terrorist strike now and locate it within the boundaries of one country is like trying to pin down the provenance of corporate money. Already, we know that there are links. Sure, it might have begun in Pakistan, but there are links to the Muslim community in India, if what the police are saying is true, and we have our own homegrown Muslim, as well as Hindu, bomb attackers and terrorists on the loose.

So what I’m saying is that we have—India has something like 150 million Muslims, who have been shamefully persecuted, who have been targeted as a community, who have had genocide, who have had the oppression in Kashmir, who have had the destruction of the Babri Masjid. And so, you are creating conditions in which you may surely go after the ones that you catch, you know, but for every one that you catch, you’re manufacturing many. You’re creating a culture in which people, young people, are seeing no justice on the horizon. They just think, OK, let me go down and let me take you with me, you know? So you’re creating a situation which isn’t just a danger to yourself, but also to the whole world.

And according to me, the only way of addressing this situation is to make sure that people believe that they do have hope for justice, which means that you’ve got to go after the people who have come out on TV and boasted about how many Muslims they killed in the Gujarat pogrom. You have the biggest industrialists saying that Modi is the best investment—I mean, Modi’s Gujarat is the best investment destination. You have corporate spokesmen saying Modi is God. You have, when a thousand Muslims are slaughtered and raped and killed on the street, 300 people are arrested and 289—I mean, I’ve forgotten the exact figures, but I think 250 people were arrested under the terrorism law, and 249 were Muslims. So—and every day, more and more young men are being picked up on false charges, are being tortured. India has the highest number of custodial deaths in the world. It refuses to sign a covenant, international covenant, on torture.

So, this kind of situation is going to lead us to a very, very dark place. So what I said was, look at the monster in the mirror. And it’s standing at the crossroads, and one points to the path to justice, and the other points to civil war. And we’ve got to choose between one or the other, because there is no third sign, and there’s no going back.

Écrit par : hgj | 16/12/2008

hjgj A social movement has been growing in Spain, breaking the 30-year pact of silence on the enormous atrocities and genocide carried out during and after the fascist coup led by General Franco. The coup took place in 1936 with the active support of the Catholic Church and the Spanish Army, and made possible by the assistance of Hitler and Mussolini and the cowardice of the western democracies, including the U.S., which at that time did not dare to offend Hitler and Mussolini by sending arms to the democratically elected Spanish government. The coup was resisted, however, by the majority of Spain’s population, which is why it took three years for the fascists to succeed. They won by imposing extremely repressive measures on the population. Terror became an explicit policy of the new regime. General Franco and other generals spoke frequently of the need to kill everyone who had supported the Popular Front, the alliance of left-wing and center parties that had won by large majorities in the last elections in Spain. As part of that repression, more than 200,000 men and women were executed by the fascist regime, and another 200,000 died in the Army’s concentration camps and in the villages, subjected to hunger, disease, and other circumstances. And 114,266 people simply disappeared. They were killed by the Army and the fascist party, la Falange, and their bodies were abandoned or buried without being identified. These bodies were never found.

When democracy returned in 1978, an informal pact of silence was made – an agreement to cover over the enormous repression that had existed under the fascist dictator. The democratic transition took place under conditions that were highly favorable to the conservative forces that had controlled Francoist Spain. It became obvious to the leadership of the former fascist state, led by King Juan Carlos (appointed by General Franco), and Suarez, the head of the fascist movement (Movimiento Nacional), that the fascist regime could not continue as a dictatorship. It was a corrupt and highly unpopular apparatus, facing the largest labor agitation in Europe. In 1976, a critical year after the death of the dictator (the day he died, the country ran out of champagne), 2,085 workdays per 1,000 workers were lost to strikes (the average in Europe was 595 days). The dictator died in his bed, but the dictatorship died in the streets. The level of social agitation reached such a point that Franco’s appointed monarchy was in trouble, and the state leadership was forced to open itself up and establish a limited democracy, under the watchful eye of the Army (and the Church). The left was strong enough to force that opening, but it was not strong enough to break with the old state. The Amnesty Law was passed in 1977, which protected those who had committed politically motivated crimes (a law that was of much greater benefit to the right-wing than to the left-wing forces). The repression during the Franco years was enormous. Even in his bed just before he died (1975), Franco was signing death warrants for political prisoners.

This pact of silence continued until recently, when the grandchildren of those who had disappeared wanted to find out where they were buried. The young started asking questions. The right wing did not want people to ask questions. The Church, the Army, the Royal House, the conservative media (i.e., the majority of the media) said it was better for the country to forget the past. To look at the past, they said, would simply open old wounds – assuming, wrongly, that these wounds had ever closed. The leadership of the left-wing parties – the socialist and communists – had remained silent for all those years out of fear. They were afraid of antagonizing powerful forces, including the King. The Queen had actually defended Franco in a recent interview, denying that he was a bloody dictator. He was, she said, a soft, authoritarian figure, like a father to her husband, the King. And the King has repeatedly said that he would not allow any criticism of General Franco among his entourage.

The grandchildren of the disappeared, however, did not feel any commitment to this rule of silence. They started moving along the roadsides and valleys looking for the bodies of their disappeared love ones. More and more people joined them. And it soon became clear that there was an enormous popular sympathy for them. People helped them find the disappeared ones. Village by village, people began to speak about what they had never dared say: where the disappeared had been buried and abandoned. They even started identifying those who had done the killing. It soon became a popular movement, known as the “families and the friends of the disappeared ones,” forcing the socialist government to pass the Historical Memory Law. For the first time – 30 years after democracy was reestablished in Spain – the silence was broken. The law offered assistance to groups looking for the bodies of those who had disappeared. But, it did not make the state responsible for finding and burying them, as the U.N. Human Rights Commission repeatedly requested; the socialist governments ignored these requests. Eventually, the case of the “Spanish disappeared” gained international attention when several newspapers, including the Guardian in the U.K. and the New York Times in the U.S., wrote articles about it.

Many international and Spanish commentators also criticized several judges, including Judge Garzon, for trying to take the Argentinean and Chilean dictators to court over the disappeared in those countries while not doing anything about the disappeared at home, in Spain (where the numbers and the cruelty were even greater). Judge Garzon was asked repeatedly, why don’t you judge the violations of human rights that took place in your own country rather than in Argentina and Chile? The answer he and others gave was that the Amnesty Law of 1977 had closed that opportunity. But, the Spanish government has signed on to an international law that makes “crimes against humanity” a type of violation for which the opportunity for judgment in court cannot be closed. And the case of the disappeared was clearly a crime against humanity, as the U.N. Human Rights Commission had declared. The Amnesty Law was a poor excuse not to do anything. Finally, Judge Garzon found enough courage to call for a trial of the fascist leadership, instructing all the authorities to collaborate in finding the disappeared ones.

It was a bombshell! Within a few weeks, an enormous opposition had mobilized against him and against the case. This mobilization was led by Attorney General Zaragoza, appointed by the socialist government, who wanted to stop Garzon on the spot. The Amnesty Law had to be respected, he said, because it was the basis of “national reconciliation” between the winners and losers in the civil war. “Reconciliation” was a farce, however. It was not reconciliation but a forced acceptance by the losers of the power held by the winners of the Spanish Civil War. And the socialist government was still afraid to confront the Army and the Church (among other powerful groups), which had played a key role in repressing the democratic forces. The Church, for example, was responsible for taking babies and children away from mothers (“red mothers,” as they were called by the fascist forces, including the religious orders) who were jailed, exiled, or assassinated, and giving the children (without parents’ or families’ permission) to ­­­­­­­­families close to the fascist regime who wanted children or to religious institutions as recruits for their orders. All of these children were given new names and did not know their true ancestry. As Dr. Vallejo Najera, the ideologue of the Spanish Army, indicated, this state policy was “necessary to purify the Spanish race,” stopping the contamination of children with the pathological values of their red parents. Many of these parents were in the Army’s concentration camps, where prisoners were the subjects of biological and psychological experiments. These camps were supervised by the German Gestapo, which later developed and expanded such studies in the Nazi concentration camps.

Two years ago, a Catalan public television channel produced a documentary on children who had been stolen from their “red” mothers. It received a number of international awards. In Spain, it has been shown only in Catalonia, the Basque Country, and Andalusia (at 1 a.m. in the morning). Aznar (Bush’s friend) forbade its airing on Spanish television, and under the Zapatero government, it has been shown only once (in a brief, shortened version) on public television.

Fear continues to exist in Spain. And this fear explains why, two weeks ago, Garzon, under enormous pressure, withdrew the case. So, Spain remains the only country where genocide and crimes against humanity remain without sanction. The pact of silence continues. But for how long? At this very moment, there are young people still trying to find their grandparents and working to mobilize people. We will see who will win in the movement to recover the bodies of the disappeared and the history of Spain.

The Spanish establishment, including Zapatero’s government, does not want this public trial of General Franco and his comrades-in-arms in the genocide. The trial would have had an enormous impact, threatening the basis underlying the Monarchy and the way the transition from dictatorship to democracy has taken place. This explains the huge mobilization to stop any such trials. But the grandchildren of the disappeared have enormous popular sympathy. Finally, people are losing their fear and are uncovering and discovering the bodies of the disappeared ones, and in so doing they are rediscovering their own history – buried, too, for so many years. We will see what happens. The story has not ended yet.

Écrit par : hgj | 16/12/2008

hjgjg

mardi 16 décembre, nous sommes quatre philosophes français à prendre l’avion à Roissy pour Kinshasa [République démocratique du Congo, ndlr] afin d’y participer à un colloque avec des philosophes africains, intitulé «Culture du dialogue et passage des frontières». Avant que nous embarquions, un policier distribue une «notice d’information» de la Police aux frontières (PAF) mettant en garde contre les conséquences judiciaires de l’opposition à l’embarquement d’une personne expulsée de France : tous délits cumulés, huit ans d’emprisonnement et 70 000 euros d’amende ! Ainsi avertis, nous constatons qu’au fond de l’avion, un homme et une femme, d’origine africaine, sont assis, menottés, et entourés de plusieurs policiers en civil.

Pouvons-nous tranquillement nous asseoir pour aller en Afrique parler avec des Africains du dialogue, des droits de l’homme et de l’accueil des étrangers, alors que dans notre avion deux de ces «étrangers» sont menottés, escortés, expulsés ? Citoyens d’une démocratie dont la constitution est censément adossée à une charte des droits de l’homme, nous décidons d’aller demander à quel titre ces personnes sont expulsées. Les policiers et une hôtesse de l’air, très tendus, nous ordonnent de nous asseoir. Un policier finit par nous dire qu’il s’agit d’étrangers sans titre de séjour et que c’est la loi. Pendant ce temps, la cabine s’est transformée en un véritable forum où les passagers discutent, protestent, s’indignent, demandent qu’on enlève les menottes ou que la police descende de l’avion et refusent de s’asseoir.

L’agitation retombe au bout d’une vingtaine de minutes, le commandant de bord obtient que tous se rassoient afin que l’avion décolle. Nous regagnons nos places. Une passagère lasse et désolée nous explique qu’elle est d’accord avec nous, mais qu’elle va voir sa famille pour Noël, qu’elle est en transit et qu’hier l’avion n’a pas décollé à cause d’un incident similaire. L’hôtesse de l’air vient demander l’identité des trois «fauteurs de trouble». Pierre Lauret refuse.

Alors que le calme est revenu et que tout le monde attend le décollage, le commandant de bord vient lui annoncer qu’il exerce son pouvoir de le débarquer. Un instant plus tard, des policiers armés et bottés le somment de sortir, finissent par l’arracher à son siège et le sortent manu militari de l’appareil. Sur la passerelle, ils le plaquent au sol et le menottent avec brutalité, son visage éraflé est en sang. Ils débarquent ensuite violemment un jeune homme qui n’avait rigoureusement rien fait ! Pierre Lauret est libéré au bout de six heures de garde à vue, et convoqué au TGI de Bobigny pour «opposition à une mesure de reconduite frontières et entrave à la circulation d’un aéronef».

Dans l’avion, la discussion continue librement entre les passagers indignés et les deux «complices» restés à bord : un territoire est-il à considérer comme une propriété ? Les frontières en sont-elles les murs ? L’ordre public justifie-t-il tous types de mesure ? Et ce en dépit des intimidations des policiers, et du commandement de bord allant jusqu’à nous menacer de nous livrer à la police congolaise. A leur retour le 22 décembre, Sophie Foch-Rémusat et Yves Cusset sont appréhendés par la police au sortir de l’avion et passent onze heures en garde à vue pour «outrage, menace à agent de la force publique et opposition à mesure de reconduite frontières», en attendant leur convocation devant le procureur.

Ce qui frappe dans cette histoire, c’est la volonté de constituer un délit d’opinion. Nous avons seulement posé des questions, de manière calme et pacifique, sans jamais émettre ni slogan ni appel. Nous avons ainsi rendu visible et publique une situation qui a fait l’objet d’un débat d’opinion. Mais le seul fait de porter à la connaissance de l’opinion, et qu’elle s’en empare, l’action du gouvernement, est traité comme un grave délit. On vous avertit d’abord de tout ce que vous risquez, et si en dépit de cela vous vous exprimez en posant une question, on vous débarque, on vous brutalise, on vous place sans ménagement en garde à vue et on vous poursuit sur la base d’une qualification ubuesque des faits. Le gouvernement proclame la «légitimité» de ses lois et l’abus qu’il y a à s’insurger contre elles, mais il veille à ce qu’elles soient appliquées en catimini, et pour cela il est prêt à recourir à des sanctions et des brutalités extravagantes. Parce que son action suscite au fond la honte de tous, expulsés, citoyens, équipage, et même certains policiers, le gouvernement redoute l’opinion. Non pas celle qu’il peut manipuler par des fictions médiatiques et des fantasmes d’invasion, mais celle qui se forme publiquement et fait entendre sa voix, dans le débat, face à la réalité des situations humaines.

Ici, le dispositif d’expulsion des étrangers rencontre un problème : il est délicat d’expulser des Africains dans des avions remplis de passagers africains. Car ces derniers savent qui sont ces hommes qui voyagent en «classe prison». Ils savent qu’ils ont quitté leur pays à cause de la misère, ou de la tyrannie, ou de la guerre. Ils savent le courage dont ils ont dû faire preuve pour arriver en France, puis pour s’y maintenir. Ils savent enfin la honte sociale qui frappe ceux qui sont contraints de rentrer, privés de tous leurs biens et n’osant plus se présenter à leurs proches. Cette opinion est partagée par de nombreux citoyens pour qui ceux qu’on appelle les «immigrés» sont des voisins, des camarades de travail, les copains de leurs enfants.

C’est cette opinion éclairée que le gouvernement veut museler, avec dans bien des cas la complicité active d’Air France. Il s’agit d’empêcher par tous les moyens qu’on puisse voir les immigrés pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes qui vivent une histoire à la fois tragique et courageuse dans ce monde que nous partageons - si mal - avec eux. Il s’agit de les expulser sans que nul ne se demande ce qu’ils ont vécu avant, et ce qui va leur arriver après. L’important est que les avions décollent à l’heure. Dans l’indifférence au sort de ces hommes entravés qui sont nos compagnons de voyage.

L’Etat français espère nous conduire à cette docilité en multipliant les inculpations et les sanctions, sans oublier de citer Guy Môquet au passage. Il peut parvenir à ses fins : après tout, on a vu pire dans l’histoire. Dès lors, c’est notre responsabilité politique et morale, à l’heure où la crise financière va lourdement aggraver la situation des pays pauvres et des migrants dans le monde, de nous opposer aux projets dégradants du gouvernement du «pays des droits de l’homme», au sein d’une Europe transformée en forteresse.

Écrit par : hgj | 24/12/2008

jghj http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7666

Écrit par : hgj | 25/12/2008

jgh L’ex-Préfet pasquaïen Jean-Charles Marchiani, reconnu coupable de recel d’abus de biens sociaux – pour avoir touché illégalement des commissions à hauteur de 10 millions de francs – et mis en examen pour avoir pris part à un trafic d’armes avec l’Angola, vient d’être gracié par le président Sarkozy après seulement six mois d’emprisonnement, à l’heure où Julien Coupat croupit encore en prison sans jugement, sous prétexte qu’il est simplement soupçonné [1] d’avoir saboté des caténaires SNCF [2]. Seulement voilà, ce sabotage présumé est élevé par l’Etat sarkozyste au rang d’acte terroriste, qualification qui justifie – elle ne sert qu’à cela – toutes les mesures préventives et tous les traitements d’exception... Alain Badiou et Eric Hazan reviennent, dans le court texte qui suit, sur ce mot de plus en plus important, dont le rôle est décisif dans la pensée et la rhétorique d’État de nos sociétés dites démocratiques : le mot terrorisme.
Article

« Entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

C’est la définition du terrorisme dans le code pénal. Une telle entreprise, concertée et de grande ampleur, est menée sous nos yeux depuis des mois. Pour l’intimidation, les moyens sont nombreux et variés : contrôles au faciès dans la rue, rondes menaçantes des GPSR (Groupes de protection et de sécurisation des réseaux) avec leurs chiens d’attaque dans le métro, filtrage des issues des cités par la police, surveillance des banlieues depuis le ciel par des drones à vision nocturne. Sans compter l’intimidation des journalistes, menacés de perdre leur place sur appel téléphonique d’en haut.

Pour ce qui est de la terreur, la récente irruption des forces spéciales cagoulées et surarmées, à l’aube, dans un petit village de Corrèze a été filmée et photographiée, si bien que la France entière a pu imaginer l’effroi des enfants devant le surgissement de ces extra-terrestres.

On n’a pas oublié la mort de Chulan Zhang Liu, cette fillette chinoise qui s’est jetée par la fenêtre, l’an dernier, tant elle était terrorisée par un contrôle de police à la recherche de sans papiers.

Ni les adolescents qui poussent l’indiscipline jusqu’à se pendre dans leur prison.

Ni les fillettes du collège de Marciac terrorisées par les chiens renifleurs.

Sans oublier la terreur des malades mentaux qui peuplent les prisons et les bancs publics par grand froid, et auxquels le chef de l’État a promis des mesures techno-médicamenteuses appropriées à la menace qu’ils représentent.

La lutte antiterroriste, avec ses sœurs cadettes que sont la lutte contre l’immigration clandestine et la lutte contre la drogue, ces luttes n’ont rien à voir avec ce qu’elles prétendent combattre. Ce sont des moyens de gouvernement, des modes de contrôle des populations par l’intimidation et la terreur. Ceux qui tiennent aujourd’hui en mains l’appareil d’État ont conscience de l’impopularité sans précédent des mises à la casse qu’ils appellent des réformes. Ils savent qu’une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine. Ils mettent en place un système terroriste pour prévenir et traiter les troubles graves qu’ils prévoient. Les événements de Grèce viennent encore renforcer leurs craintes, dont on peut penser qu’elles sont assez fondées. Car, comme il est écrit à l’article 35 de la constitution de 1793,

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Écrit par : hgj | 26/12/2008

bn,b,

Samedi 27 décembre, l’aviation israélienne a mené des raids meurtriers contre Gaza. Selon les autorités israéliennes, les lieux visés étaient des centres de commandement du Hamas et de ses forces armées. Le bilan de cette journée s’élève à plus de 270 morts et plusieurs centaines de blessés. De nombreux civils ont été touchés, comme le rapporte le correspondant du New York Times à Gaza, Taghreed El-Khodary (« Israeli Attack Kills Scores Across Gaza ») :

« A l’hôpital de Shifa, de nombreux corps gisaient devant la morgue, attendant que leur famille vienne les identifier. Beaucoup étaient démembrés. A l’intérieur, la famille d’un bébé de cinq mois qui avait été grièvement blessé à la tête par un éclat d’obus. Débordé, le personnel de l’hôpital semblait incapable de fournir une aide. A la station de police de Gaza, au moins quinze agents de la circulation qui s’entraînaient ont été tués sur le coup. Tamer Kahrouf, 24 ans, un civil qui travaillait sur un site de construction à Jabaliya, dans le nord de Gaza, explique que ses deux frères et son oncle ont été tués sous ses yeux quand l’aviation israélienne a bombardé un poste de sécurité aux alentours. Kahrouf est blessé et saigne de la tête. »

Victime depuis plusieurs semaines d’un blocus total, Gaza (et ses médecins bien sûr) est dans l’impossibilité de soigner les blessés dans des conditions normales.

Le site Free Gaza a recueilli de nombreux témoignages d’étrangers et de Palestiniens sur place qui donnent une idée de l’ampleur des attaques.

Le Hamas a riposté en tirant plusieurs dizaines de roquettes sur Israël. Un Israélien a été tué et plusieurs ont été blessés à Netivot.

Le dimanche 28 au matin, les agences de presse annonçaient que l’armée israélienne massait ses troupes terrestres autour de Gaza. Les bombardements avaient repris, les raids israéliens ayant cette fois touché notamment une mosquée et une station de télévision. Selon le ministre de la défense Ehoud Barack, il ne saurait être question d’un cessez-le-feu : « Il faut changer les règles du jeu » (« Israel resumes Gaza bombardment », Al Jazeera English, 28 décembre).

Vendredi, Israël avait de manière exceptionnelle rouvert brièvement trois points de passage et laissé passer plusieurs dizaines de camions. Selon un commentateur israélien qui défend le point de vue de son gouvernement, cette ouverture faisait partie d’actes de « diversion et de camouflage mis en place par le gouvernement ces derniers jours » pour prendre le Hamas par surprise. Le choix d’un jour de shabbat aussi. Le même commentateur, Ron Ben-Yishal, explique le 27 décembre sur le site Ynet la stratégie israélienne : « Shock Tretment in Gaza ».

« Ce qui a commencé à Gaza samedi matin est apparemment une action limitée visant à obtenir un cessez-le-feu à long terme entre le Hamas et Israël selon des termes favorables à Israël. Ces termes comprendraient la fin des attaques au mortier et à la roquette ; la fin des attaques terroristes à travers la frontière de Gaza ; des négociations sérieuses pour la libération de Gilad Shalit ; et un arrêt du renforcement militaire du Hamas.

Le moyen pour garantir les objectifs mentionnés est, littéralement, un “traitement de choc”. Ainsi, le Hamas ne sera plus capable d’être à l’initiative, et c’est Israël qui prendra l’initiative et montrera au Hamas qu’il répondra de manière “disproportionnée” chaque fois que les résidents du Negev occidental seront frappés. A ce stade, nous ne parlons pas de renverser le régime du Hamas, mais plutôt de formuler de nouvelles règles du jeu et d’un effort pour pousser le Hamas à accepter un nouveau cessez-le-feu. »

Sur le site en ligne du quotidien Haaretz, Amos Harel signe un commentaire intitulé « IAF strike on Gaza is Israel’s version of ’shock and awe’ ».

« Les événements le long du front sud qui ont commencé à 11h30 samedi matin ressemblent fort à une guerre entre Israël et le Hamas. Il est difficile de dire où (géographiquement) et pour combien de temps la violence va se poursuivre avant une intervention de la communauté internationale pour l’arrêt des hostilités. Toutefois, la salve d’ouverture israélienne n’est pas une opération “chirurgicale” ou une frappe limitée. C’est l’assaut le plus violent sur Gaza depuis que ce territoire a été conquis en 1967. »

Cette offensive se place aussi dans le cadre, si l’on peut dire, de la campagne électorale israélienne. Des élections générales auront lieu le 10 février 2009 et chacun des candidats fait de la surenchère. Même le parti de gauche Meretz a appelé, avant le déclenchement de l’attaque israélienne, à une action de l’armée [1]. En revanche, Gush Shalom, l’organisation d’Uri Avnery, a fermement condamné l’action israélienne et les soi-disant partisans de la paix, comme Amos Oz, qui la soutiennent. Rappelons qu’en février 1996, le premier ministre d’alors, Shimon Pérès, avait lancé une offensive contre le Liban (« Raisins de la colère ») – restée célèbre pour le massacre de Cana, une centaine de réfugiés libanais tués – dans l’espoir de gagner les élections qui se préparaient. Résultat : Benyamin Netanyahou avait remporté le scrutin et était devenu premier ministre. Samedi soir, un millier de personnes ont manifesté à Tel-Aviv contre les attaques israéliennes.

Il est intéressant de noter que les commentateurs israéliens, comme la plupart des commentateurs de la presse occidentale, omettent de signaler la raison la plus importante de l’échec du cessez-le-feu de six mois, qui a duré du 19 juin au 19 décembre. Comme nous l’a confirmé Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas la semaine dernière, l’accord comprenait, outre le cessez-le-feu, la levée du blocus de Gaza et un engagement de l’Egypte d’ouvrir le passage de Rafah. Or, non seulement Israël a violé l’accord de cessez-le-feu en lançant une attaque qui a tué plusieurs personnes le 4 novembre, mais les points de passage n’ont été rouverts que très partiellement, et le blocus s’est même renforcé ces dernières semaines. La population, qui était largement favorable à l’accord en juin, exige aujourd’hui une clarification : ou la guerre, ou l’ouverture inconditionnelle des points de passage et l’arrêt du chantage permanent qui permet à Israël d’affamer à petit feu (et de priver de soins) la population. Celle-ci ne s’y trompe pas, qui accuse Israël, ainsi que le rapporte le site d’Al-Jazeera en anglais : « Gazans : Israel violated the truce » (Mohammed Ali).

Le président Nicolas Sarkozy a réagi par un communiqué. « Le président de la République exprime sa plus vive préoccupation devant l’escalade de la violence dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza. Il condamne fermement les provocations irresponsables qui ont conduit à cette situation, ainsi que l’usage disproportionné de la force. Le président de la République déplore les importantes pertes civiles et exprime ses condoléances aux victimes innocentes et à leurs familles. Il demande l’arrêt immédiat des tirs de roquettes sur Israël ainsi que des bombardements israéliens sur Gaza, et il appelle les parties à la retenue. Il rappelle qu’il n’existe pas de solution militaire à Gaza et demande l’instauration d’une trêve durable. »

Dans un communiqué publié à la suite de son entretien avec Aboul Gheit, ministre égyptien des affaires étrangères, Bernard Kouchner a réitéré les mêmes positions, ajoutant toutefois que la France demandait « la réouverture des points de passage », un point ignoré par M. Sarkozy.

La sénatrice Nathalie Goulet, membre de l’UMP, membre de la commisssion des affaires étrangères, a publié la déclaration suivante : « Comme toujours, Israël fait un usage excessif de la force dans l’indifférence de la communauté internationale, qui laisse se dégrader la situation à Gaza depuis des mois et des mois. Il ne faut blâmer ni l’Iran ni le Hamas, mais l’inertie de la communauté internationale, le soutien sans faille de la politique américaine à Israël et l’intolérable “double standard” des organisations internationales. Israël viole depuis quarante ans des dizaines de résolutions onusiennes, sans embargo, sans sanctions et en toute impunité.

La situation est insupportable pour les habitants civils de Gaza depuis des années. La situation n’a fait que se dégrader, avec son cortège d’humiliations et une soif de vengeance. Œil pour œil rendra le monde aveugle, disait Gandhi. Cela fait trop, trop longtemps que nous sommes aveugles et sourds aux souffrances du peuple palestinien. »

Les attaques ont aussi suscité les habituelles condamnations des pays arabes. Une réunion urgente de la Ligue arabe devrait avoir lieu dimanche. L’Egypte a déclaré qu’elle tenait Israël pour responsable ; cette affirmation est peut-être une réponse à des informations de la presse israélienne affirmant que Le Caire aurait donné son feu vert à une opération limitée à Gaza visant à renverser le Hamas (« Report : Egypt won’t object to short IDF offensive in Gaza », par Avi Issacharoff, Haaretz, 25 décembre). Un autre article de Haaretz publié le 28 décembre, et qui décrit la campagne de désinformation du gouvernement israélien avant l’offensive contre Gaza, explique que Mme Livni, la ministre des affaires étrangères, avait informé le président Moubarak de l’attaque (« Disinformation, secrecy and lies : How the Gaza offensive came about », par Barak Ravid). La complicité du Caire est confirmée par un rapport de Y-net, « Egypt lays blame on Hamas », par Yitzhak Benhorin (27 décembre), qui reprend les déclarations du ministre égyptien des affaires étrangères Aboul Gheit, expliquant que son gouvernement avait prévenu le Hamas et que ceux qui n’avaient pas écouté ces mises en garde portaient la responsabilité de la situation (sur les raisons de la politique égyptienne, lire sur ce blog l’entretien avec Khaled Mechaal).

Dans ces conditions, il est douteux que ces condamnations arabes aboutissent à des résultats. La seule initiative spectaculaire et efficace que Le Caire pourrait prendre serait de rouvrir le point de passage de Rafah, ce qu’elle ne veut faire à aucun prix – pour l’instant, elle s’est contentée d’ouvrir le passage aux blessés palestiniens. Et, selon l’agence de presse Maan, aucun blessé ne s’est présenté, les médecins palestiniens affirmant que le transport des blessés graves est impossible, à moins que l’Egypte n’envoie des hélicoptères (« Not one Gazan at Rafah crossing despite Egyptian promise to treat wounded, country to send medical supplies instead », 27 décembre).

Au-delà du blocus, il faut rappeler que :

- le refus de la communauté internationale de reconnaître le résultat des élections législatives de janvier 2006, qui ont vu la victoire des candidats du Hamas, a contribué à l’escalade israélienne ; ainsi que le refus d’entériner réellement l’accord de la Mecque entre le Fatah et le Hamas ;

- l’Union européenne et la France en particulier, quelles que soient leurs prises de position, encouragent concrètement la politique israélienne, notamment en récompensant Israël par le rehaussement des relations entre Israël et l’Union européenne, malgré les violations répétées par Israël de tous ses engagements (diminution du nombre de check-points, démantèlement des colonies « illégales », etc.)

- enfin, rappelons cette vérité d’évidence trop souvent occultée : la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est sont maintenant occupés depuis plus de quarante ans. C’est cette occupation qui est la source de toutes les violences au Proche-Orient.

Écrit par : hgj | 28/12/2008

fjfj Payer les passagers pour voyager

Janvier 2008. L’aéroport de Charleroi inaugure en grande pompe sa nouvelle aérogare. Au nom du redéploiement économique de la Wallonie, les ministres et autres responsables politiques se livrent, à cette occasion, à un assaut d’amabilités et de congratulations réciproques, sans lésiner sur les superlatifs... Avec 2,5 millions de passagers par an, Charleroi a connu ces dernières années un boom impressionnant.

Principal bénéficiaire de la nouvelle installation financée à 85 % par l’argent public ? Ryanair, qui transporte 85 % des passagers de cet aéroport, soit 2 millions de voyageurs, chiffre que la compagnie phare du transport aérien à bas prix — le low cost — se fait fort de doubler. Et ce bien qu’en 2004 la Commission européenne l’ait condamnée à rembourser environ 3,8 millions d’euros — un tiers des aides publiques indûment perçues à... Charleroi (1). Depuis, des enquêtes pour distorsion de concurrence et subventions illégales ont été lancées par cette même Commission dans plusieurs aéroports européens, tels Leipzig, Lübeck-Blankensee, Tampere-Pirkkala, Dortmund, Berlin-Schönefeld, Alghero, Pau-Béarn, Bratislava et Århus (2).

Les turbulences, les avions connaissent. Mais celles qui agitent le low cost sont plutôt terre à terre, et l’entreprise irlandaise Ryanair se trouve régulièrement au cœur de la tourmente. Motif : les aides publiques que son flamboyant dirigeant Michael O’Leary lève auprès des collectivités locales, tout en vantant les mérites... du libéralisme.

Ces pratiques concurrentielles d’un genre nouveau ont fait l’objet, en France, d’un rapport de la Cour des comptes, remis en juillet dernier (3). Pour les villes et les régions qui déroulaient jusqu’ici le tapis rouge au soldeur aérien dans l’espoir de doper leur développement économique, le constat est amer : la plupart des investissements réalisés ne sont pas rentables, voire largement déficitaires. Pis : les contrats qui lient les gestionnaires d’aéroport à cette compagnie aérienne sont léonins, voire illégaux (4). Ils laissent notamment au transporteur la liberté de fermer les lignes selon son bon vouloir, sans avoir à rembourser les aides perçues pour les ouvrir — alors que les gestionnaires, eux, s’engagent pour cinq, dix, voire quinze ans...

Ce sombre tableau prolonge une série de réquisitoires dressés par les chambres régionales des comptes. Elles aussi dénoncent depuis juillet 2007 les tombereaux d’argent public versés au profit des compagnies low cost. Et dévoilent les montants perçus par easyJet et Ryanair pour desservir quelques-uns des aéroports français « décentralisés » : 2,1 millions d’euros d’aides diverses en trois ans obtenus de la chambre de commerce de Tours ; 4 millions d’« aide marketing » à Carcassonne, rehaussés d’une participation au budget de l’aéroport de 3 millions d’euros. A Nîmes, ce sont 4 millions d’euros qui ont été versés à la compagnie irlandaise ; à Beauvais-Tillé, on cite le chiffre de 7,4 millions...

Mais ce n’est là qu’une partie de la manne publique qui alimente les réservoirs du low cost. Pour accueillir Ryanair, l’aéroport doit aussi subventionner chaque ouverture de ligne (entre 200 000 et 500 000 euros par an, dégressifs sur une durée maximale de trois ans) et réviser hardiment à la baisse ce qui constitue sa source de revenus : taxes d’atterrissage et d’embarquement, services au sol, bagages, personnel d’accueil, etc. Additionnées, les sommes expliquent l’insolente santé de ce type de compagnies — et la débâcle financière des aéroports.

En réalité, comme nous l’explique l’ancien responsable des relations publiques de Ryanair pour le Benelux, M. David Gering, désormais directeur du développement de l’aéroport de Charleroi, « l’objectif ultime pour les low cost serait de payer les passagers pour voyager ». Dans le budget des entreprises comme easyJet ou Ryanair, le prix des billets ne représente qu’un revenu marginal. En effet, le modèle économique des compagnies à bas coût diffère totalement de celui des compagnies classiques. Ces dernières vendent un service (le transport) à des passagers. Ici, le transporteur vend un produit (une quantité de voyageurs, exprimée en « unités ») aux gestionnaires d’aéroport — en général, des collectivités locales — en échange d’avantages financiers de diverses natures. Qu’importent donc les conditions de confort spartiates subies par les passagers dans les vols dits « no frills » (sans fioritures).

Si elle peut faire le bonheur des candidats peu fortunés au voyage, cette explosion de vols à prix cassés pose un défi à l’analyse économique, sociale et environnementale — trois piliers bien connus du développement durable.

En matière sociale, Ryanair n’est pas à proprement parler postée à l’avant-garde : personnel sous payé, syndicalisation interdite, horaires délirants... Selon l’European Cockpit Association (ECA) (5), le revenu brut annuel d’un pilote de court-courrier y est inférieur de 28 % à la moyenne, alors qu’il effectue 25 % d’heures de vol en plus !

Lorsque nous le rencontrons, voilà vingt et un mois que Johan, basé en Belgique, travaille comme steward chez Ryanair. « Quand j’ai été embauché, explique-t-il, j’ai signé un contrat à l’essai d’une durée de douze mois. A l’issue de cette période, un responsable m’a dit que j’étais embauché en contrat à durée indéterminée. Mais on ne m’a jamais fait signer aucun nouveau contrat. Et, dès que j’en parle trop, je subis des pressions. On me fait travailler sept à huit jours de suite, on me refuse des congés... »

A raison de cinquante à soixante heures par semaine en moyenne, soit quatre vols par jour, cinq jours par semaine, Johan perçoit un salaire mensuel fixe de 600 euros (6) versé sur un compte en Irlande, « ce qui m’oblige à payer des frais bancaires pour le faire virer en Belgique ». A cela s’ajoutent les primes (7 euros par vol) et les commissions sur les ventes (10 % à se partager entre les quatre employés de cabine), « payées de la main à la main, en chèque ou en liquide, sans qu’elles figurent sur le bulletin de salaire », soit de 1 000 à 1 500 euros par mois au total.

Une règle : un avion ne doit pas rester au sol plus d’une demi-heure entre deux vols. « On dispose de vingt-cinq minutes pour faire débarquer les passagers, nettoyer l’appareil et embarquer les nouveaux voyageurs, ce qui veut dire qu’on n’a jamais le temps de faire une pause, ne serait-ce que pour manger », témoigne Johan. Après avoir récuré l’appareil, les hôtesses les plus jolies sont invitées à poser en tenue légère pour les besoins du calendrier (caritatif) de la firme.

Quelle que soit leur nationalité, les salariés travaillent sous contrat irlandais (socialement light). On trouve parmi eux de nombreux ressortissants d’Europe de l’Est, notoirement moins exigeants. Quant à protester... En janvier, les cadres de Ryanair ont empêché, par des contorsions procédurières, une délégation syndicale de plaider la cause salariale des pilotes au tribunal du travail de Dublin.

En matière d’environnement, Ryanair se targue d’avoir le meilleur bilan carbone par passager. Il le doit certes à la modernité de sa flotte, mais aussi à la modicité de ses tarifs, qui lui valent un taux de remplissage supérieur à 80 %. Or cette politique n’est possible que grâce aux subventions — on y revient.

A l’heure de l’énergie chère et de la réduction des gaz à effet de serre, est-il encore raisonnable d’investir dans ce type de transport ? La concurrence effrénée entre aéroports créant une offre largement excédentaire, la tentation est forte de créer artificiellement la demande. Avec pour effet d’augmenter encore la pollution par le CO2... Une dynamique d’autant plus absurde que le low cost assure des vols sur des destinations desservies par le chemin de fer.

Chez Ryanair comme chez easyJet, on arguë que l’aviation ne représente que 5 % environ du total des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne. Mais cette part s’accroît rapidement : 87 % de hausse depuis 1990. Le transport aérien est devenu meilleur marché sans que ses coûts environnementaux n’aient été pris en compte.

Si la directive européenne COM (2006) 818 entend légiférer sur cette matière, en intégrant les émissions des avions aux quotas du protocole de Kyoto (7), cette mesure n’entrera en vigueur qu’en 2012. En attendant, les investissements aéroportuaires publics au profit des compagnies low cost privées se poursuivent allègrement. Cette politique favorisant les intérêts commerciaux à court terme correspond-elle à une quelconque rationalité ? Il est permis d’en douter.

Écrit par : hgj | 28/12/2008

yrtyr C'est pourquoi Tsahal met au point la deuxième phase de l'attaque. Les conditions météorologiques se prêtent mal, pour le moment, aux mouvements des chars et aux déplacements des fantassins sur un sol détrempé. Ehoud Barak, le ministre israélien de la défense, hésite. Il a donné, lundi, une dernière chance au Hamas, invitant cette organisation à cesser les tirs sinon : "Israël aura recours à tous les moyens et tous les types d'actions légaux dont il dispose pour faire en sorte que l'ennemi mette un terme à ses agressions illégales."

Écrit par : hgj | 30/12/2008

iyui L’historien Tom Segev rappelle à quel point sont vaines les justifications israéliennes pour le recours à la violence. Non, martèle-t-il, Israël ne parviendra pas à « renverser le Hamas, » et à installer par la force des dirigeants qui lui seront complaisants. Non, les frappes visant les Palestiniens ne leur donneront pas une « leçon », et aucune opération militaire n’a jamais permis d’avancer dans le dialogue, seule solution pour apporter la paix dans la région.

Par Tom Segev, Haaretz, 29 décembre 2008

La chaîne de télévision Channel 1 a diffusé un montage intéressant ce samedi matin : ses correspondants intervenaient depuis Sderot et Ashkelon, mais les images à l’écran provenaient de la bande de Gaza. Cette émission, quoique involontairement, donnait le bon message : Un enfant de Sderot est le même qu’un enfant de la bande de Gaza, et toute personne qui nuit à autrui commet le mal.

Mais l’assaut sur la bande de Gaza n’est pas redevable avant tout d’une condamnation morale : il exige quelques rappels historiques. La justification donnée pour cet assaut, tout comme ses objectifs, sont une répétition des mêmes hypothèses de base qui se sont avérées fausses à chaque fois. Pourtant, Israël les tire toujours de son chapeau, encore et encore, une guerre après l’autre.

Israël lance des frappes sur les Palestiniens pour « leur donner une leçon ». C’est une hypothèse de base qui a accompagné l’entreprise sioniste depuis sa création : Nous sommes les représentants du progrès et des lumières, évolués aux plans rationnel et moral, alors que les Arabes sont primitifs, foules violentes et enfants ignorants qui doivent être éduqués et se voir enseigner la sagesse. Bien entendu par la méthode de la carotte et du bâton, comme le charretier le fait avec son âne.

Le bombardement de la bande de Gaza est également censé « liquider le régime du Hamas, » en droite ligne avec une autre hypothèse qui a accompagné le mouvement sioniste depuis sa création : il est possible d’imposer un leadership « modéré » aux Palestiniens, leadership qui abandonnerait leurs aspirations nationales.

En conséquence, Israël a toujours pensé que causer des souffrances aux civils palestiniens les ferait se rebeller contre leurs dirigeants nationaux. Cette hypothèse s’est avérée fausse, encore et encore.

Toutes les guerres menées par Israël ont été basées sur une autre hypothèse, faite nôtre dès l’origine : nous ne faisons que nous défendre nous-mêmes. « Un demi-million d’Israéliens sont sous le feu », titrait la une de Yedioth Ahronoth sur cinq colonnes, ce dimanche - comme si la bande de Gaza n’avait pas été soumise à un long siège, qui a détruit pour toute une génération la chance de vivre une vie digne d’être vécue.

Il est certes impossible de vivre chaque jour sous le feu des missiles, même s’il n’existe pratiquement aucun lieu sur terre où le risque terroriste est nul. Mais le Hamas n’est pas une organisation terroriste qui prend en otage les habitants de Gaza : Il s’agit d’un mouvement nationaliste religieux, et une majorité des résidents de Gaza adhèrent à sa vision. On peut certainement l’attaquer, et avec la perspective des élections pour la Knesset, cette attaque pourrait même produire une sorte de cessez-le-feu. Mais il y a une autre vérité historique utile à rappeler dans ce contexte : Depuis l’aube de la présence sioniste sur la terre d’Israël, aucune opération militaire n’a jamais permis d’avancer dans le dialogue avec les Palestiniens.

Le plus dangereux de tous les clichés est celui disant qu’il n’existe pas d’interlocuteur à qui parler. Cela n’a jamais été vrai. Il existe même des façons de dialoguer avec le Hamas, et Israël a quelque chose à offrir à cette organisation. Mettre un terme au siège de Gaza et permettre la liberté de circulation entre Gaza et la Cisjordanie pourrait restaurer une vie normale dans la bande de Gaza.

Dans le même temps, il vaut la peine de dépoussiérer de vieux plans élaborés après la guerre des six jours, qui prévoyaient que des milliers de familles de la bande de Gaza seraient réinstallées en Cisjordanie. Ces plans n’ont jamais été appliqués car la Cisjordanie devait être utilisé pour les colonies juives. Et ce fut là la plus dommageable de toutes les hypothèses de travail.

Écrit par : quaeps | 30/12/2008

t l est évident qu’Israël n’aurait jamais pu lancer ses F 16 contre Gaza sans l’assurance d’une impunité internationale totale. Comme on s’y attendait, Washington a proclamé le « droit d’Israël à se défendre ». Plus hypocrites, le conseil de sécurité de l’ONU et l’UE ont appelé tous les protagonistes à cesser les hostilités, renvoyant dos à dos agresseur et agressé, colonisateur et colonisé, au mépris du droit international. Face à cette agression criminelle, les Etats arabes sont plus que jamais divisés entre la complicité des uns, à commencer par l’Egypte de Moubarak, et l’impuissance des autres qui se contentent de dénoncer une agression militaire par des communiqués de presse…

Si les retombées humaines et politiques de l’agression israélienne sont d’une gravité qui interpelle la conscience morale de tous les hommes libres, le rôle joué par les médias occidentaux dans la couverture de cette agression n’est pas moins abject. A défaut de pouvoir soutenir efficacement les vivants, nous insulterions la mémoire des morts de Gaza si nous ne démasquions pas la propagande sournoise des médias occidentaux dans cette bataille qui vise à asservir les esprits et à prévenir tout mouvement de solidarité avec le peuple palestinien en lutte pour ses droits nationaux légitimes.

Dès le lendemain des frappes israéliennes, tous les médias occidentaux ont repris la fable consistant à présenter l’agression israélienne comme une réponse au lancement des roquettes du Hamas ! La disproportion des deux types d’action suffirait à susciter le doute parmi des enfants mais qu’importe pour ces médias pro-israéliens ! Le plus important est qu’ils s’acquittent de la tâche qui leur a été confiée dans cette guerre et sans laquelle l’opération israélienne risquait de perdre ses dividendes politiques. En effet, l’essentiel est de cacher le fait capital que cette agression a été préméditée et préparée depuis six mois dans le cadre d’un agenda stratégique régional qui dépasse de loin le conflit israélo-palestinien, agenda qui a sans doute été précipité par la perspective de la prochaine élection législative israélienne et la perspective de l’investiture du nouveau président américain.

On peut toujours discuter des choix tactiques du Hamas et notamment de sa décision de ne pas reconduire une trêve qui s’est avérée un piège visant à étrangler la société palestinienne de Gaza en vue de neutraliser l’esprit de résistance de la population en recourant notamment à un embargo illégal et criminel. Mais il n’y a pas plus grand crime aujourd’hui que de chercher à faire endosser la responsabilité de l’agression israélienne par le Hamas comme tentent de le faire les régimes vendus de Moubarak et de Mahmoud Abbas. Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que l’agression israélienne contre Gaza, outre qu’elle était préméditée et préparée secrètement par l’état-major israélien depuis six mois, s’inscrit dans une logique stratégique bien définie, en concertation avec Washington, visant à imposer la « pax americana » dans la région du Moyen Orient.

Dans ce projet de « pax americana », les rôles des acteurs régionaux sont définis par avance. L’Iran et la Syrie doivent être neutralisés par la mise en œuvre d’une stratégie de la tension graduelle. Isolement diplomatique, embargo économique et guerre psychologique devraient préparer le terrain à une agression militaire le cas échéant. La guerre de l’été 2006 contre le Hezbollah s’inscrivait dans cette logique visant à la fois à précipiter l’effondrement du front intérieur libanais, à créer un conflit artificiel entre la Syrie et le Liban et à enlever à la Syrie et à l’Iran un allié aux capacités mobilisatrices certaines. L’agression israélienne contre le Liban a lamentablement échoué grâce à la résistance admirable du Hezbollah mais aussi grâce à la maturité de la société libanaise dans son ensemble qui a déjoué le plan israélo-américain qui escomptait un scénario de guerre civile.

L’évolution de la scène politique en Irak n’est pas pour rassurer les Américains et les Israéliens. Les actions suspectes de la soi-disant nébuleuse d’al Qaeda contre la population civile chiite n’ont pas donné le résultat escompté à savoir une guerre civile. Les forces de la résistance sunnite contre l’occupant américain ont compris le jeu américain et se sont retournés contre les groupes criminels d’al Qaeda et sont entrés dans une négociation intelligente avec le gouvernement irakien visant à redessiner la carte politique intérieure autour de la revendication majeure du retrait des forces d’occupation étrangère. La perspective d’une agression israélienne contre ses sites nucléaires a poussé, entre-temps, l’Iran à modérer son discours et sa politique à l’égard des Etats arabes voisins dans le but de leur enlever tout prétexte à une action hostile.

Dans ces conditions, il restait aux Américains et aux Israéliens de frapper le « maillon faible » de la résistance régionale qui se trouve être malheureusement Gaza. Pourquoi Gaza qui constitue pourtant un symbole de la résistance héroïque du peuple palestinien est-il devenu un « maillon faible » dans le dispositif de la résistance ? La densité démographique, la radicalisation politique de la population comme en témoigne la victoire électorale du Hamas de juin 2007 et l’existence d’une organisation paramilitaire aguerrie auraient milité pour une insertion autrement plus honorable de Gaza dans le dispositif de la résistance régionale à la « pax americana ». Mais c’était sans compter sur l’acharnement criminel d’acteurs internationaux et régionaux autrement plus puissants à commencer par Israël qui n’a pas cessé depuis 2007 de planifier et d’exécuter un embargo criminel visant la capitulation de Gaza.

Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que l’agression israélienne contre Gaza n’est que la continuation militaire de cette guerre qui ne dit pas son nom qui a commencé depuis juillet 2007. Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que cette guerre qui a déjà fait plus de 300 morts et un millier de blessés a commencé non pas le jour où les F 16 se sont lancés contre une ville sans défense aérienne mais bien le jour où Américains et Européens ont unanimement décidé de déclarer comme « terroriste » et de geler ses comptes bancaires une organisation qui vient de bénéficier de la majorité des suffrages de sa population !

La guerre médiatique occidentale a bien précédé la guerre tout court de l’aviation israélienne. L’isolement diplomatique de Gaza par les puissances occidentales qui a précédé et accompagné l’embargo économique et social exécuté par Israël a été facilité par la complicité des régimes arabes qui se sentaient politiquement menacés par la victoire électorale du Hamas. Cette complicité prend des formes variées. Le régime égyptien se charge d’enfermer la population de Gaza en faisant surveiller par son armée la seule porte d’entrée qui reste pour les habitants (Rafah).

La monarchie saoudienne contribue à financer la bureaucratie de l’autorité palestinienne vendue de Mahmoud Abbas pour lui permettre de jouer son rôle policier contre la résistance. Il faut savoir que sans la corruption de l’argent saoudien et européen, la pseudo-autorité palestinienne ne tiendrait pas un seul jour. Les bureaucrates et les politiques européens n’hésitent pas à justifier leur « aide » économique et humanitaire à la population de Gaza par leur volonté de diminuer l’influence du Hamas, et plus généralement des organisations islamistes, parmi la population palestinienne !

Au-delà des F 16 israéliens, le peuple palestinien de Gaza a affaire à une véritable conspiration criminelle internationale que les médias occidentaux cherchent à couvrir en se faisant les relais passifs de la propagande israélienne. Le peuple palestinien paie dans le sang et la douleur les frais de l’Après-11 septembre. Sinon comment expliquer l’aveuglement généralisé dont font preuve ces médias qui ne ratent pourtant aucune occasion de se lamenter sur les atteintes aux droits humains sous d’autres cieux ?

Mais ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que le Hamas palestinien est un mouvement de libération nationale dont les noyaux fondateurs appartiennent à une mouvance idéologique, les Frères Musulmans, qui, tout en soutenant la résistance armée légitime contre l’occupation étrangère en Palestine, en Afghanistan et en Irak, s’est démarquée depuis longtemps de la violence politique dans les pays arabes et musulmans comme moyen d’accès au pouvoir et ce, malgré la répression systématique des régimes autoritaires en place. Cette mouvance condamne périodiquement les attentats terroristes qui ciblent aveuglément les civils dans le monde et qui sont généralement revendiqués par des groupuscules dits « salafistes » sans aucun rapport avec les Frères Musulmans.

Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que l’agression israélienne censée contribuer à la « croisade » universelle contre le « terrorisme islamique », si elle réussissait à briser militairement et politiquement le Hamas à Gaza, risquerait de détruire le seul véritable rempart contre le « salafisme » armé. Ce n’est pas le pouvoir corrompu du Fatah de Mahmoud Abbas qui pourra endiguer la déferlante « salafiste » qui risque de trouver dans la tragédie de Gaza et la défaite du Hamas de quoi nourrir son discours apocalyptique et revanchard ! A moins que ce ne soit le but inavoué des stratèges de Washington et de Tel Aviv qui trouveraient ainsi dans le « choc des civilisations » un nouveau souffle dans cette période de morosité économique…

Le fait de dénoncer la propagande mensongère des médias occidentaux ne doit à aucun moment nous amener à occulter la responsabilité des mouvements de libération arabe.La douleur et l’émotion légitimes suscitées par les scènes d’horreur des corps palestiniens déchiquetés par les missiles de l’aviation et de la marine israéliennes ne devraient pas nous empêcher de réfléchir sérieusement sur les voies et moyens à mettre en œuvre en vue de faire face à la guerre médiatique qui cultive l’amalgame entre islamisme et terrorisme. La tragédie de Gaza montre que l’enjeu de cette guerre médiatique n’est plus seulement d’ordre stratégique mais conditionne jusqu’à la mobilisation pacifiste à court terme contre un massacre à huis clos.

Il n’est pas aisé de relever ce défi d’une guerre médiatique menée par des lobbies transnationaux possédant des ressources financières, technologiques et humaines sans commune mesure avec celles dont disposent les organisations militantes. Mais ce n’est pas une raison pour négliger cette bataille capitale. En fait, ce qui fait la force de frappe essentielle des médias occidentaux dans leur guerre mensongère contre la résistance du peuple palestinien, et des peuples musulmans en général, c’est la faiblesse idéologique et politique du front de résistance anti-impérialiste et anti-sioniste dans la région. Un des symptômes les plus évidents de cette faiblesse est l’incapacité à rendre plus visible aux yeux de l’opinion publique internationale et occidentale en particulier, sa nette démarcation de toutes les formes de terrorisme aveugle visant des populations civiles innocentes où que ce soit dans le monde.

La résistance à l’occupation étrangère et à la tyrannie politique de régimes dictatoriaux perdrait de son efficacité si elle était déconnectée de la lutte contre l’intégrisme religieux qui nourrit le terrorisme aveugle, divise le front intérieur sur des bases artificielles et affaiblit les chances d’une solidarité internationale conséquente. Aujourd’hui, même les acteurs stratégiques qui devraient compter parmi les alliés objectifs et naturels du mouvement de libération arabe, comme la Russie et la Chine, restent dans l’expectative. Et pour cause. Eux aussi ont affaire à des mouvements sécessionnistes d’obédience musulmane sunnite qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme une menace pour leur sécurité nationale. Ils craignent par-dessus tout que ces mouvements soient manipulés par les Américains directement ou indirectement via l’Arabie saoudite.

Même les syndicats européens semblent passifs face à la tragédie de Gaza, travaillés de l’intérieur par de puissants courants pro-israéliens, liés notamment à l’Internationale socialiste. Or ces courants n’auraient jamais influencé ces organisations avec l’aisance actuelle sans les provocations stupides des courants « salafistes » qui développent en Europe un discours réactionnaire qui se retourne finalement contre les peuples musulmans en butte au sous-développement et à la dictature et contre la communauté musulmane d’Europe qui souffre d’un climat de racisme et d’islamophobie croissant.

Nul n’est besoin de chercher à savoir si les groupuscules de la mouvance pseudo-salafiste sont ou non manipulés par le Mossad et la CIA même si plusieurs indices ont montré dans un passé récent que pareille hypothèse n’est pas une vue de l’esprit. Il suffit de savoir qu’ils font objectivement le jeu des stratèges américains et israéliens et constituent le pain quotidien de la propagande des médias occidentaux pour les dénoncer et les combattre ! Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza augure malheureusement de jours encore plus sombres pour toute la région. Si, en plus de notre incapacité à venir en aide à nos frères de Gaza, nous ne voulons pas insulter leur mémoire, ayons au moins le courage de comprendre d’où provient la force de nos adversaires, non pas pour capituler devant elle, mais pour mieux la démonter pierre après pierre.

Écrit par : quaeps | 31/12/2008

ghf L’actualité cinématographique alternative est marquée par la sortie de Chomsky & Cie. Considéré souvent comme l’intellectuel vivant le plus important et le plus populaire, Noam Chomsky, linguiste, est curieusement peu connu en France. Daniel Mermet dit qu’il a eu bien du mal à trouver des traces sur Chomsky dans les archives de Radio France. En quarante ans, son nom n’est apparu que cinq fois sur France Culture, et dans les années 70 ! Avant mai 2007, date de la diffusion des émissions de Là-bas si j’y suis consacrées à Chomsky, France Inter n’avait jamais parlé de lui ! Ses recherches et ses opinions libertaires dérangeraient-elles ? Qui a peur de Noam Chomsky en France ?

Normand Baillargeon : Jean Bricmont a écrit dans le Monde Diplomatique d’avril 2001 des pages très éclairantes sur le sujet et comme je partage son analyse, je me permettrai d’y renvoyer. Je voudrais seulement ajouter quelques petits éléments et insister sur certains autres. Pour commencer et c’est très frappant, s’il y a un grand nombre de personnes qui font du travail intellectuel et militant admirable en France, on y trouve aussi divers intellectuels médiatiques qui n’ont guère d’équivalent ailleurs dans le monde et qui semblent avoir un énorme pouvoir de censeurs de l’opinion. Ces gens sont singuliers notamment par leur profond conservatisme qui se donne en certains cas des apparences de radicalisme et par leur tendance à produire de grandes phrases d’une étonnante vacuité qui passent néanmoins (ou du moins qui ambitionnent de passer) pour de très profondes analyses intellectuelles. Le radicalisme de Chomsky, d’une part, son rationalisme et son souci de ne pas complexifier artificiellement ce qu’il a à dire sur le pan social et politique, de l’autre, tout cela ne pouvait manquer de le placer en situation très conflictuelle avec nombre de ces faiseurs d’opinion, qui ont pu, des années durant, à coups d’occultations, de mensonges et de travestissements vraiment honteux, interdire l’accès du grand public à une oeuvre majeure de notre temps. La série de Mermet et de son équipe, puis le film et enfin le Cahier de l’Herne de Bricmont et Franck, tout cela vient, fort heureusement, de commencer à réellement inverser ce déplorable état de fait. Il reste que, plus largement, la situation française, même sur un plan plus strictement intellectuel, est bien singulière : c’est ainsi que des œuvres importantes de philosophie, pour prendre cet exemple, y sont restées inconnues très longtemps — et en certains cas le restent encore. Mais je me réjouis que Chomsky soit de plus en plus lu et discuté chez vous. On pourra être en accord ou en désaccord avec lui, bien entendu, mais la conversation démocratique ne peut se permettre d’ignorer cette voix-là et de l’entendre réellement et non à travers les diffamantes déformations de quelques personnalités médiatiques. Un dernier mot : si Chomsky le libertaire et l’observateur de la scène politique est extrêmement intéressant, Chomsky le linguiste et le philosophe l’est également — à mon humble avis bien plus encore. Le premier ne complexifie pas inutilement ce qu’il a à dire, le deuxième apporte des contributions vraiment majeures à des débats scientifiques et philosophiques d’une grande complexité mais d’un intérêt immense. Le premier est très accessible, mais il faut de longs et patients efforts pour pleinement comprendre le deuxième : on est cependant largement payé de les avoir consentis.

J’imagine que des échos sur l’arrestation de supposés « ultra-anarcho-autonomes-radicaux » en France ont dû traverser l’Atlantique. Une fois encore les médias, éternels chiens de garde du pouvoir, ont accompli une bien sale besogne. Heureusement, il semble que l’intox prenne mal. Les ficelles du pouvoir et des médias sont un peu grosses. Toi qui as publié un utile Petit cours d’autodéfense intellectuelle, penses-tu que la machine à décerveler va pouvoir fonctionner encore longtemps, ici et ailleurs ?

Normand Baillargeon : Cette affaire a évidemment atteint ceux et celles qui, au Québec, s’intéressent à ces choses et qui ont le temps et l’énergie, d’abord de chercher à connaître leur existence puis de chercher à comprendre les faits en démêlant propagande et information véritable. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde et c’est déjà là un premier et parfois bien rude obstacle à franchir pour qui veut se « désintoxiquer », comme ta question le suggère. Ces arrestations sont survenues le 11 novembre et cette date est intéressante et permet de rappeler un autre aspect de la puissance du contrôle de l’opinion. Comme tu le sais, le 11 novembre 2008 marquait le 121e anniversaire de l’exécution des martyrs de Chicago (je réfère bien entendu à l’affaire du Haymarket). Les événements qui conduisirent à leur exécution sont survenus en mai 1886, dans le cadre de la lutte pour la journée de 8 heures et c’est pourquoi le 1er mai est la fête des travailleurs à peu près partout dans le monde. Mais pas en Amérique du Nord — aux États-Unis et au Canada — où on ne fête pas le 1er mai, mais le premier lundi de septembre : et où ce qu’on célèbre ce ne sont pas les travailleurs, mais le travail ! Comme occultation d’une page cruciale de l’histoire, c’est particulièrement réussi ! Pour en venir à ta question sur l’avenir de la machine à décerveler : je pense que l’ennemi est énorme et qu’il s’est singulièrement renforcé depuis une quinzaine d’années, notamment avec les deux phénomènes troublants que sont la concentration des médias et la convergence médiatique par laquelle des contenus identiques circulent d’un media à un autre appartenant à un même propriétaire. Mais, comme c’est souvent le cas, une résistance s’organise qui prend la forme de publications alternatives qu’il faut encourager de manière à contribuer à leur existence, mais aussi des formes nouvelles, en particulier grâce à Internet. Le pouvoir ne cède jamais rien de bonne grâce : il ne cède qu’à la pression qu’on exerce. Il en ira de même ici. Il me semble en ce moment percevoir une certaine sensibilité de l’opinion à toutes ces questions — endoctrinement, propagande, démocratie et information : le succès fait au Petit cours… s’explique peut-être en partie par là.

Tu vas offrir une chronique mensuelle au Monde libertaire. Ton premier envoi, pour l’édition du 27 novembre, était consacré à la victoire de Barack Obama. Peux-tu nous résumer ce que tu penses de « l’Obamarican dream » ?

Normand Baillargeon : Je pense que, pour l’essentiel, ce sera bientôt business as usual ; mais aussi que les groupes populaires, communautaires et autres peuvent exercer sur l’administration d’Obama une pression qui la forcera à poser quelques gestes plus conformes à ce que ces groupes entendaient quand Obama lançait ses grands discours et ses slogans largement vides, ou du moins interprétables d’une infinité de manières. Les premiers mois de son administration seront cruciaux pour cela. J’ai comme tu l’as dit écrit pour le Monde libertaire un texte sur le sujet et il se trouve désormais sur mon blogue, où on peut le lire.

Comment se porte l’anarchisme au Québec ? Tu es signataire de l’Appel à l’unité du mouvement libertaire qui a été lancé en 2001. Les « cousins » de la grande famille libertaire s’entendent-ils mieux au pays des « nègres blancs d’Amérique », comme disait Pierre Vallières, qu’en France où, hélas, certaines querelles demeurent ?

Normand Baillargeon : Je ne saurais répondre avec beaucoup d’assurance à cette question. J’ai cru observer — mais mon échantillon était réduit et j’aimerais vraiment me tromper sur ce point — que des querelles parfois très profondes divisaient le mouvement en France. Je suis pour ma part partisan d’une plus grande unité et j’aspire à un anarchisme rassembleur. Je suis convaincu que l’anarchisme porte des idées et des valeurs autour desquelles on peut construire un monde meilleur et sortir de l’impasse où nous nous trouvons. Il faut pour cela aller vers les gens, leur présenter ces idées, en débattre avec eux. J’essaie très modestement de le faire. Au Québec, il y a, me semble-t-il, un relativement grand intérêt pour ces idées et, au-delà de certaines querelles, bien des actions extrêmement stimulantes et encourageantes. Je citerai, parmi d’autres, le travail qu’accomplissent les gens réunis dans le projet La Pointe Libertaire, à Montréal.

Tu es un pédagogue dans ta vie professionnelle et dans ta vie militante. En écrivant L’Ordre moins le pouvoir, ton objectif était de faire un petit vade-mecum pour initier les jeunes à l’anarchisme. Au passage, il me semble que les « vieux » pourraient y trouver aussi de salutaires cours de rattrapage tant les idées reçues et les mensonges sur l’anarchisme ont toujours été très répandus. J’ai remarqué que lorsque l’on prend la peine d’expliquer ce qu’est vraiment l’anarchisme, certaines personnes découvrent qu’ils ne sont finalement pas si éloignés que ça de nous. Alors que les idées libertaires semblent avoir le vent en poupe, ne penses-tu pas qu’il serait temps que le mouvement anarchiste soit un peu plus « pédagogue », qu’il abandonne un peu de son purisme et de son dogmatisme pour répondre aux exigences d’aujourd’hui ? Un peu de pragmatisme peut-il nuire aux fondements de la pensée libertaire ?

Normand Baillargeon : Je suis très profondément en accord avec toi sur le fait que nous avons une sorte de « devoir de pédagogie ». Je pense que bien des gens sont anars sans le savoir tandis que beaucoup d’autres trouveront riches, stimulants et raisonnables bien des idéaux anarchistes. Ce sont vers eux que je cherche à aller. Pour le dire autrement : j’aimerais gagner, je veux dire vraiment voir implantés des changement radicaux, par exemple en économie, et je ne veux pas pratiquer un militantisme de désespoir ou de ressentiment ou un militantisme dont la principale vertu serait de m’apporter une bonne conscience. J’en suis ainsi venu à la conclusion que nous manquons cruellement, sur ce plan pédagogique, de modèles crédibles et viables en réponse à la question qu’on nous pose immanquablement de savoir ce que nous voulons vraiment. D’où mon intérêt pour le travail de quelqu’un comme Michael Albert sur l’économie participaliste, où on s’efforce justement de dire à quoi ressemblerait une économie qu’on trouve souhaitable et qui incarnerait les valeurs que nous défendons. Une dernière chose, qui est impliquée par ce que je soutiens : je veux aller vers les gens, mais aussi les écouter et les prendre au sérieux et je suis pleinement conscient que personne, et surtout pas moi, n’a de réponse définitive à bien des questions qui se posent et que les gens se posent et nous posent, à nous militantes et militants.

Dans L’Ordre moins le pouvoir, tu donnes le mot de la fin à Chomsky. Il dit : « Je veux croire que les êtres humains ont un instinct de liberté, qu’ils souhaitent véritablement avoir le contrôle de leurs affaires, qu’ils ne veulent ni être ni bousculés, ni opprimés, ni recevoir d’ordre et ainsi de suite… » C’est un point de vue bien optimiste quand on croise tous les jours des gens adeptes de la servitude volontaire. Qu’est-ce qui nourrit le bel espoir de Chomsky qui, à 80 ans, a pourtant dû déchanter pas mal de fois ?

Normand Baillargeon : Chomsky reprend ici une idée de Bakounine, et il n’est pas interdit d’y voir un de ces liens ténus qui existent entre d’une part la pensée du linguiste et du philosophe, qui dévoile et étudie un aspect de la nature humaine à travers le langage et ce qu’il nous apprend en particulier de la conscience et, d’autre part, le libertaire et son aspiration à une liberté qui se déploie au sein de structures non oppressives et non-autoritaristes. Chomsky aime cependant aussi placer ce genre de discussion comme s’il s’agissait de ce qu’il appelle un pari de Pascal, qui se formulerait en ces termes : si je ne fais rien, le pire va immanquablement survenir, cependant que si j’agis, je peux peut-être l’empêcher. La question de l’optimise ou du pessimisme, dès lors, ne présenterait guère plus qu’un très mince intérêt biographique. De mon côté, comme je l’ai dit, je pense que la construction et la défense de modèles et d’objectifs fixés par eux à l’action militante entretient l’espoir. Je citerais donc pour ma part mon cher Kropotkine, qui dit quelque part que c’est l’espoir et non le désespoir qui fait le succès des révolutions. Il reste que l’énergie déployée par Chomsky au cours de toutes ces années est aussi étonnante que remarquable.

Chomsky & Cie va provoquer pas mal de rencontres et de débats sur les connivences intello-médiatico-économico-politiques. Vas-tu venir en France pour accompagner le film ?

Normand Baillargeon : J’y étais en mars 2008 et il n’est pas exclu que j’y retourne. J’aimerais bien y aller en tout cas. J’ai en France plusieurs amis et connaissances que je reverrai avec plaisir. Et puis : c’est le pays de Prévert, mon écrivain préféré, auquel Paris consacre une exposition ces temps-ci.

Merci Normand, tu as le salut d’un Normand du Havre.

Normand Baillargeon : Ce fut un plaisir. Salutations d’un Normand du Québec à toi et à toutes vos lectrices et à tous vos lecteurs.

Écrit par : quaeps | 01/01/2009

jhg Nous sommes devenus tant habitués au carnage du Moyen-Orient que nous ne nous en soucions même plus - à condition de ne pas offenser les Israéliens. Ce n'est pas clair combien il y a de civils morts à Gaza, mais la réponse de l'administration de Bush, sans parler de la réaction pusillanime de Gordon Brown, réaffirme aux Arabes ce qu'ils savaient déjà depuis des décennies : alors qu'ils luttent contre leurs antagonistes, l'Ouest prendra le parti d'Israël. Comme d'habitude, le bain de sang était la faute des Arabes - qui, comme nous les savons tous, comprennent seulement le langage de la force.

Depuis 1948, nous avons entendu ces balivernes des Israéliens - de même que les nationalistes arabes et puis les Islamistes arabes ont colporté leurs propres mensonges : que la « charrette de la mort » Sioniste soit renversée, que tout Jérusalem sera « libéré ». Et toujours M. Bush (père) ou M. Clinton ou M. Bush Jr. ou M. Blair ou M. Brown ont demandé aux deux côtés d'exercer de "la retenue" - comme si Palestiniens et Israéliens ont chacun autant de F-18 et des chars Merkava et de l'artillerie de campagne. Les roquettes « faites maison » du Hamas ont tué exactement 20 Israéliens en huit ans, mais un bombardement aérien d'une journée de l'aviation israélienne qui tue près de 300 Palestiniens, c'est du pareil au même.

Le fait d'éclabousser avec du sang a sa propre routine. Oui, le Hamas a provoqué la colère d'Israël, de même qu'Israël a provoqué la colère d'Hamas, qui a été provoquée par Israël, qui a été provoquée par le Hamas, que... Voyez ce que je veux dire ? Le Hamas tire des roquettes sur Israël, Israël bombarde le Hamas, le Hamas tire plus de roquettes et Israël bombarde à nouveau et... Pigé ? Et nous demandons de la sécurité pour l'Israël - d'accord - mais nous passons sur ce massacre massif et complètement disproportionné d'Israël. C'était Madeleine Albright qui a dit une fois qu'Israël était « assiégé » - comme si les chars palestiniens étaient dans les rues de Tel-Aviv.

Mais, la nuit dernière, le taux de change s'est levé à 296 Palestiniens morts pour un Israélien mort. Revenons en 2006, c'étaient 10 morts libanais pour un mort israélien. Ce week-end a connu le taux de change le plus inflationniste en un seul jour depuis - la Guerre du Kippour de 1973 ? La guerre de Six jours en 1967 ? La Crise du canal de Suez de 1956 ? La guerre de l'Independence/Nakba de 1948 ? C'est obscène, un jeu affreux - qu'Ehud Barak, le Ministre de Défense israélien, a admis inconsciemment quand il s'est exprimé ce week-end chez Fox TV. « Notre intention est de complètement changer les règles du jeu », a dit Barak.

Exactement. Seulement les « règles » du jeu ne changent pas. C'est un dérapage de plus sur les échanges arabo-israélien, un glissement du pourcentage plus impressionnant que les crashs de Wall Street, bien que de pas beaucoup d'intérêt pour les Etats-Unis qui -laissez moi le rappeler- fabriquent les F-18 et les missiles Hellfire (feux de l'enfer) que l'administration Bush supplie Israël d'utiliser modérément.

Nombre de morts de cette fin de semaine ont semble-t-il été des membres du Hamas, mais qu'est-ce que cela est censé résoudre ? Est- ce que le Hamas va dire : "Ou la-la-la-la, ce bombardement aérien est impressionnant - nous ferions mieux de reconnaître l'Etat d'Israël, tomber d'accord avec l'Autorité palestinienne, déposer nos armes et prier pour que nous soyons fait prisonnier et enfermé à jamais et supporter un nouveau « processus de paix » des Etats-Unis au Moyen-Orient ! » Est-ce cela ce que les Israéliens et les Etasuniens et Gordon Brown croient que le Hamas va faire ?

Oui, souvenons-nous du cynisme du Hamas, le cynisme de tous les groupes Islamistes armés. Leur besoin de martyrs musulmans leur est aussi essentiel que le besoin d'Israël de les créer. La leçon qu'Israël croit enseigner - vient en enfer ou nous vous écraserons - n'est pas la leçon que le Hamas apprend. Le Hamas a besoin de la violence pour mettre l'accent sur l'oppression des Palestiniens - et compte sur Israël pour lui fournir. Quelques roquettes en Israël et Israël répond.

Pas un gémissement de Tony Blair, l'envoyé pour la paix au Moyen-Orient qui n'est jamais allé à Gaza dans son actuelle fonction. Pas un putain de mot.

Nous entendons la ligne israélienne ordinaire. Le Général Yaakov Amidror, ancien chef de la « de la division d'évaluation et recherche de l'armée israélienne » a annoncé qu' « aucun pays dans le monde ne permettrait à ses citoyens d'être pris pour cible d'attaques de roquettes sans prendre des mesures fortes pour les défendre ». Tout à fait. Mais quand l'IRA tirait des mortiers sur la frontière en Irlande du Nord, quand leurs militants passaient depuis la République pour attaquer des postes de police et des Protestants, la Grande-Bretagne a-t-elle lâché la RAF sur la République irlandaise ? La RAF a-t-elle bombardé des églises et des réservoirs et des postes de police et tué 300 civils pour faire la leçon aux Irlandais ? Non, elle ne l'a pas fait. Par ce que le monde l'aurait vu comme un comportement criminel. Nous n'avons pas voulu nous baisser au niveau de l'IRA.

Oui, Israël mérite la sécurité. Mais ces bains de sang ne lui apporteront pas. Depuis 1948 les raids aériens n'ont pas protégés Israël. Israël a bombardé des milliers de fois le Liban depuis 1975 et personne n'a éliminé le « terrorisme ». Alors quelle a était la réaction de la nuit dernière ? Les Israéliens menacent d'une offensive terrestre. Le Hamas s'attend à une autre bataille. Nos politiciens de l'Ouest s'accroupissent dans leurs trous de trouille. Et quelque part à l'est - dans une grotte ? Dans un sous-sol ? Sur un flanc de montagne ? - Un homme célèbre au turban sourit.

Écrit par : quaeps | 02/01/2009

gf Qu’elle était naïve, décidément, cette idée selon laquelle, avec l’expansion des moyens de communication, il ne serait plus possible de commettre une exaction sans que l’opinion internationale, aussitôt alertée, réagisse par une protestation unanime... Alors que, pour compenser ce rétrécissement spectaculaire de la planète, il suffisait d’intensifier en proportion les efforts de propagande. Les bombardements israéliens sur Gaza en offrent la démonstration la plus achevée. Vous croyez voir une population prise au piège, privée de tout par un blocus inhumain, se faire massacrer par un Etat qui, soutenu par la première puissance mondiale et assuré, quels que soient ses forfaits, de ne jamais être inquiété, occupe illégalement des territoires et opprime un peuple depuis quarante ans, en violant sans cesse ses engagements ? Abracadabra ! Mais non : vous voyez un pauvre petit Etat merveilleusement démocratique se défendre contre les méchants islamistes qui veulent sa perte. Et le pauvre petit Etat est vraiment désolé de devoir au passage réduire en charpie quelques gamins - les seuls Palestiniens que l’on daigne considérer comme « innocents », ce sont les enfants ; et encore... - pour parvenir à atteindre les fourbes activistes méritant mille fois la mort qui se cachent lâchement parmi eux.

« A partir du moment où l’autre est l’ennemi, il n’y a plus de problème. » On avait déjà eu l’occasion de citer ici cette phrase par laquelle, dans le roman de Stéphanie Benson Cavalier seul, un personnage explique comment on peut justifier les pires crimes. Croit-on vraiment qu’un seul massacre ait pu se commettre sans que ses auteurs se persuadent et persuadent les autres qu’ils y étaient obligés par le danger que représentaient leurs victimes ? Dans son livre La peur des barbares (Robert Laffont, 2008), Tzvetan Todorov rappelle : « Quand on demande aux policiers et aux militaires sud-africains pourquoi, au temps de l’apartheid, ils ont tué ou infligé des souffrances indicibles, ils répondent : pour nous protéger de la menace que les Noirs (et les communistes) faisaient peser sur notre communauté. "Nous n’avons pris aucun plaisir à faire cela, nous n’en avions aucune envie, mais il fallait les empêcher de tuer des femmes et des enfants innocents (1)." »
Transformer le faible en fort
et le fort en faible

Ainsi, le sort fait aujourd’hui aux Gazaouis a été permis par une longue et obstinée construction de l’ennemi. Depuis le mensonge fondateur d’Ehud Barak sur la prétendue « offre généreuse » qu’il aurait faite en 2000 à Camp David, et que les Palestiniens auraient refusée, les politiciens et les communicants israéliens s’y emploient avec zèle ; et, ces jours-ci, ils intensifient leurs efforts (lire par exemple « Internet, l’autre zone de guerre d’Israël », Le Figaro, 31 décembre 2008). Mais le 11 septembre 2001, en poussant l’Occident à la frilosité grégaire et au repli identitaire, leur a offert un terrain favorable en leur permettant de jouer sur la nécessaire solidarité des « civilisés » face aux « barbares » : innocence inconditionnelle pour les premiers, culpabilité tout aussi inconditionnelle pour les seconds. Dans son éditorial de Libération du 29 décembre, Laurent Joffrin met ingénument en garde Israël contre le risque de perdre sa « supériorité morale » : en effet, on frémit à cette hypothèse. Quant à Gilad Shalit, il n’est pas le soldat d’une armée d’occupation capturé par l’ennemi, ce qui fait quand même partie des risques du métier, mais un « otage » (2).

La focalisation hypnotique, obsessionnelle, sur l’« intégrisme musulman », relayée avec zèle par d’innombrables éditorialistes et tâcherons médiatiques, tous ces « meilleurs spécialistes de l’islam de tout leur immeuble » qui, conformément au désormais bien connu « théorème de Finkielkraut » (moins tu en sais sur le sujet dont tu causes, plus on t’écoute), y ont trouvé un fonds de commerce providentiel et l’occasion d’une gloire facile, est parvenue à persuader l’opinion occidentale que celui-ci représentait aujourd’hui le plus grand danger menaçant le monde. « Pour ma part, je soutiens Israël et les Etats-Unis. La menace islamiste est, à mes yeux, beaucoup plus terrifiante », ânonne ainsi un intervenant sur un forum - les forums constituant un témoignage accablant de l’ampleur et de la réussite du lavage de cerveau. Bassiner jour après jour des citoyens occidentaux désorientés par l’évolution du monde et peu sûrs d’eux-mêmes avec la « menace islamiste » a eu pour effet de faire disparaître tout le reste, et en particulier de gommer comme par magie tout rapport de forces objectif. Le résultat, c’est qu’un type qui insulte une femme voilée dans le métro parisien n’a pas l’impression de s’en prendre à plus faible que lui, mais de poser un acte de résistance héroïque (« M’agresser est quasiment vécu par l’agresseur comme de la légitime défense », observe Malika Latrèche dans Les filles voilées parlent). Et qu’Israël passe non pas pour l’agresseur, mais pour la victime : « Les Israéliens ont toute ma sympathie dans cette épreuve », lit-on sur les forums du Nouvel Observateur, alors que les Gazaouis pataugent dans le sang et les gravats.
Massacrer les Palestiniens
pour libérer leurs femmes

Le matraquage sur l’« islamisme » a été si efficace que l’occupation israélienne, qui constitue pourtant la donnée première de la situation au Proche-Orient, a tout simplement disparu des radars. Au mieux, quand on reste un peu sensible au malheur palestinien, on fait comme s’il était symétrique au malheur israélien - toujours cette « fausse symétrie » que pointaient Denis Sieffert et Joss Dray dans La guerre israélienne de l’information. Si d’aventure l’opinion occidentale est quand même prise d’un doute passager, « euh, vous êtes sûrs que vous n’y allez pas un peu fort, là, quand même ? », elle est aussitôt invitée à se rappeler que, de toute façon, ces gens-là ne sont que des bêtes malfaisantes qui détestent les juifs par pure méchanceté d’âme (eh bien oui, pour quelle autre raison cela pourrait-il bien être ?) et qui oppriment leurs femmes - on espère que les femmes palestiniennes seront au moins reconnaissantes à Israël de les débarrasser de tels monstres en tuant leurs maris, leurs pères, leurs frères, leurs fils. Faut-il en déduire que le machisme mérite la peine de mort ? Dans ce cas, suggérons que la sanction soit aussi appliquée en Occident : je sens qu’on va rigoler. Oh, mais pardon, bien sûr, j’oubliais : il n’y a pas de machos en Occident, où règne une égalité parfaite entre les sexes. Et il n’y a pas d’antisémitisme non plus. Six millions de morts, c’était avant le déluge, d’ailleurs nos grands-parents étaient tous résistants, et de plus ces salauds d’Arabes étaient pronazis, ce qui prouve quand même leur malfaisance foncière. Avoir été pronazi, c’est vachement plus grave que d’avoir été nazi ou collabo, non ?

Cette analyse faisant de l’intégrisme musulman le plus grand péril menaçant la planète est parfois posée au détriment du plus élémentaire bon sens, comme le montrait par exemple en 2004 Sadri Khiari dans sa lecture du livre de Caroline Fourest et Fiammetta Venner Tirs croisés. Il relevait la contradiction entre le tableau que peignaient les auteures de la puissance respective des différents intégrismes monothéistes et les conclusions qu’elles en tiraient, à savoir que l’islamisme était le plus redoutable : « Malgré ses bombes humaines, son argent sale, ses foules arabo-musulmanes fanatisées et impuissantes, l’islamisme semble bien inoffensif par rapport à la puissance des intégrismes chrétien et juifs, du moins tels qu’elles nous les présentent, influençant la politique des Etats les plus puissants du monde. Or, c’est à l’idée inverse qu’elles aboutissent : "A côté de l’intégrisme musulman, les intégrismes juifs et chrétien donnent l’impression de phénomènes marginaux plutôt folkloriques, en tous cas sans conséquences." »
Israël fera la paix...
« quand les Palestiniens
seront finlandais »

Mais surtout, cette focalisation sur l’« islamisme » est désastreuse parce qu’elle s’en prend à un phénomène de nature essentiellement réactive et défensive, qu’elle ne fait qu’alimenter encore davantage. La prise de pouvoir du Hamas est présentée comme une preuve de l’arriération et du caractère belliqueux des Palestiniens, alors qu’elle résulte de l’exaspération d’une population qui a vu l’occupant poursuivre inexorablement sa politique de terreur et de spoliation. « On nettoie, et ensuite, peut-être qu’on verra enfin émerger un partenaire palestinien raisonnable », disent en substance les autorités israéliennes aujourd’hui - comme si elles ne s’étaient pas acharnées auparavant à discréditer, à diaboliser, à éradiquer les partenaires raisonnables qu’elles avaient en face d’elles, assiégeant le quartier général de Yasser Arafat tandis que les infrastructures du Hamas et du Djihad islamique restaient debout. Selon toute vraisemblance, c’est plutôt les Palestiniens qu’il s’agit de « nettoyer ». « Sharon fera la paix... quand les Palestiniens seront finlandais », prédisait à juste titre Charles Enderlin (Libération, 20 octobre 2004). C’est tout aussi vrai d’Ehud Olmert. Et cela risque malheureusement d’être encore plus vrai de celui ou celle qui lui succédera en février.

Comment pourrait-il en être autrement ? C’est l’existence même des Palestiniens qui gêne. Dans un texte publié le 30 décembre, « On Gaza », l’activiste altermondialiste américaine Starhawk écrit : « Je suis juive, de naissance et d’éducation, née six ans après la fin de l’Holocauste, élevée dans le mythe et l’espoir d’Israël. Le mythe dit ceci : "Pendant deux mille ans nous avons erré en exil, nulle part chez nous, persécutés, presque détruits jusqu’au dernier par les nazis. Mais de toute cette souffrance est sortie au moins une bonne chose : la patrie à laquelle nous sommes revenus, enfin notre propre pays, où nous pouvons être en sécurité, et fiers, et forts." C’est une histoire puissante, émouvante. Elle ne présente qu’un seul défaut : elle oublie les Palestiniens. Elle doit les oublier, parce que, si nous devions admettre que notre patrie appartenait à un autre peuple, elle en serait gâchée. Le résultat est une sorte d’aveuglement psychique dès qu’il s’agit des Palestiniens. Si vous investissez réellement Israël comme la patrie des juifs, l’Etat juif, alors, vous ne pouvez pas laisser les Palestiniens avoir une réalité à vos yeux. Golda Meir disait : "Les Palestiniens, qui sont-ils ? Ils n’existent pas." Nous entendons aujourd’hui : "Il n’y a pas de partenaire pour la paix. Il n’y a personne à qui parler." » Face à cet aveuglement, une seule alternative s’offre à la communauté internationale, au sein de laquelle les leviers de décision sont encore occidentaux : soit obliger les Israéliens à voir les Palestiniens ; soit approuver cet aveuglement - « mais non, bien sûr, vous avez raison, ces gens n’existent pas, mais larguez donc encore quelques bombes pour vous en assurer, si cela peut vous soulager » - et cautionner, voire encourager, un sociocide. Il semble qu’elle ait fait son choix.
Se mettre à la place des dominés,
c’est trop fatigant

Ce choix a été largement facilité par la résurgence du mépris colonial le plus cru - élément que Starhawk néglige quelque peu. Pouvoir déchaîner son inconscient colonial à l’abri du noble combat pour ceux que l’on a autrefois si allègrement génocidés, avouons que c’est quand même une formidable aubaine. La propagande pro-israélienne compte sur l’imprégnation persistante des cerveaux par les vieux clichés coloniaux, qui empêche toute appréhension réelle du malheur des Palestiniens. Ensevelis sous les représentations racistes, parlant une langue dont les accents ont été moqués par des générations de comiques troupiers, ceux-ci inspirent toujours la méfiance et le soupçon : quand Arafat avait reconnu Israël, on était persuadé qu’il s’agissait d’une ruse. Leur douleur est toujours suspectée d’être une mise en scène, une fourberie destinée à abuser l’Occidental trop naïf (une militante féministe, citée dans Les filles voilées parlent, à une femme voilée qu’elle vient d’agresser : « Arrêtez avec vos larmes de crocodile »). La propagande pro-israélienne parie sur l’impossibilité d’une identification du pékin occidental avec les Palestiniens, comme en témoigne le succès de l’argument que l’on voit copié-collé ad nauseam sur tous les forums : « D’accord, mais mettez-vous à la place des malheureux Israéliens qui vivent sous les tirs de roquettes, quel Etat au monde accepterait cela », etc. Ce n’est jamais à la place des Palestiniens qu’on est invité à se mettre. Le fait de vivre sous la menace d’une mort violente, menace qui se concrétise rarement, est considéré comme plus intolérable que celui de vivre avec l’omniprésence de la mort effective, qui plus est dans des conditions matérielles et morales infernales, et de subir une occupation depuis des décennies.

L’obsession de l’islamisme et l’effacement du rapport de forces réel - son inversion, même - ont été d’autant plus faciles à installer qu’ils permettent de faire l’économie de toute identification aux dominés. Et cela tombe bien, parce que justement, de toute façon, en France ou ailleurs, on ne meurt pas d’envie de se mettre à la place des dominés, d’essayer de comprendre ce qu’ils vivent ou comment ils voient les choses. On laisse désormais cet exercice pénible à ceux qui ont, dit-on, la « haine de soi ». A propos d’Amira Hass, rare journaliste israélienne à travailler dans les territoires palestiniens, un intervenant ricane sur un forum : « Plutôt qu’Amira Hass, c’est Amira Selbsthass [« haine de soi » en allemand] qu’elle devrait se nommer ! » L’opinion majoritaire, c’est que les victimes nous emmerdent avec leurs pleurnicheries, qu’elles font un drame de tout - à preuve, les dénonciations très en vogue de la « victimisation ».

Cette profonde réticence, le refus de fournir cet effort d’identification - car cela demande bien un effort -, cet enfermement dans le confort de ses certitudes et de sa position dominante, produisent une sous-estimation permanente des souffrances de l’autre. On reste sans voix, par exemple, en entendant certains, en France, affirmer leur incrédulité quant au fait que l’histoire coloniale continuerait de produire des effets dans notre réalité présente : « C’était il y a longtemps », arguent-ils... Sous-estimation, aussi, dans tous ces discours qui affirment que l’ancien tiers-monde ne doit sa piètre situation qu’à lui-même, et non à l’héritage colonial. Pire : la possibilité même de l’existence d’un point de vue sur le monde autre que le point de vue blanc et occidental suscite le scepticisme. C’est peut-être bien cela que signifient les accusations de « relativisme culturel », si fréquentes ces dernières années à l’égard de tous ceux qui défendent encore la nécessité d’un décentrage : il n’y a au monde qu’un seul point de vue valide et respectable, c’est le point de vue occidental ; et la seule alternative offerte aux autres est soit de l’embrasser, soit de rester dans les ténèbres de leur sauvagerie.
« Les commentateurs occidentaux,
qui évoquent les "sanglants attentats-suicides",
ne parlent jamais de la "sanglante occupation" »

Cette sous-estimation du préjudice causé à l’autre, le journaliste néerlandais Joris Luyendijk la pointait en 2007 dans un article du Monde diplomatique intitulé « Les mots biaisés du Proche-Orient » : « Le mot "occupation" peut-il être, lui aussi, vide de sens pour les lecteurs et les téléspectateurs occidentaux ? Un tel vide expliquerait pourquoi on multiplie les pressions sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle prouve qu’elle "en fait assez contre la violence" alors qu’on ne demande presque jamais aux porte-parole du gouvernement israélien s’ils "en font assez contre l’occupation". Nul doute qu’en Occident le citoyen sait ce qu’est la menace terroriste, ne serait-ce que parce que les responsables politiques le lui rappellent régulièrement. Mais qui explique aux publics occidentaux la terreur qui se cache derrière le mot "occupation" ? Quelle que soit l’année à laquelle on se réfère, le nombre de civils palestiniens tués en raison de l’occupation israélienne est au moins trois fois supérieur à celui des civils israéliens morts à la suite d’attentats. Mais les correspondants et les commentateurs occidentaux, qui évoquent les "sanglants attentats-suicides", ne parlent jamais de la "sanglante occupation". » Et pourtant, imaginons un seul instant l’impact qu’aurait, par exemple, l’instauration d’un check-point tenu par des soldats hostiles dans les rues de Paris ou de New York...

Non seulement l’occupation reste une abstraction, mais on sent aussi percer l’idée qu’après tout, des métèques, semblables à ces colonisés et à ces immigrés que l’on tutoie avec mépris, ne devraient pas être aussi chatouilleux sur leur dignité ou sur les conditions de vie qu’on leur impose. N’est-ce pas leur destin naturel, après tout ? On détruit leur société ? Oui, bon, pour ce qu’elle vaut, leur société... De là à estimer que leur oppression par un peuple « civilisé » représente pour eux une chance, il n’y a qu’un pas - que Bernard-Henri Lévy, dialoguant en mars 2008 avec l’écrivain arabe israélien Sayed Kashua à l’occasion du Salon du livre de Paris, franchissait joyeusement : « Vous ne parleriez pas l’hébreu, et vous ne le parleriez pas si bien et avec tant de grâce et de talent, si l’Etat d’Israël n’existait pas », avait-il le culot prodigieux de lui dire (3)...

Non seulement la majorité des gens, biberonnés à la propagande télévisuelle, cramponnés à leurs « principes » comme à des bouées de sauvetage, ne veulent même plus essayer de comprendre ce que vivent et ressentent des non-Blancs ou des non-Occidentaux, ne veulent plus essayer de se mettre à leur place ne serait-ce qu’un instant, mais ceux qui en ont encore le désir deviennent suspects, comme si, ce faisant, ils choisissaient leur camp, ou posaient un acte criminel. Déplacer un tant soit peu la perspective revient à trahir sa communauté, à se ranger du côté des barbares, des terroristes. Lorsqu’on a rendu compte, sur ce site, du livre Les filles voilées parlent, les quelques mails scandalisés qu’on a reçus en retour ne disaient pas simplement, comme c’était encore le cas en 2003, quand le « débat » sur le sujet a été lancé : « Je ne suis pas d’accord avec vous. » Cette fois, ils disaient : « Je suis atterré, je suis abasourdi, moi qui aimais tant vos livres... » Autrement dit : « Je vous croyais du côté de la culture, et vous étiez du côté de la barbarie. »

La divergence des points de vue, s’agissant du Proche-Orient, est particulièrement exacerbée. D’un côté, des Occidentaux, profondément marqués par le génocide des juifs d’Europe, et que le double ressort d’une mauvaise conscience mal placée et d’un vieux complexe de supériorité raciste conduit à accorder à Israël un chèque en blanc moral. De l’autre, des pays, des communautés, des individus épars, marqués, ou non, par une tout autre histoire, qui ne comprennent pas pourquoi c’est aux Palestiniens de payer les crimes commis par des Européens ; qui sentent bien, pour certains d’entre eux, que, à travers l’abandon et l’écrasement de ce peuple, c’est leur vie à eux aussi que l’on insulte, que l’on traite pour rien ; et qui, voyant l’étau de la propagande se refermer sur eux, perdent peu à peu tout espoir de voir une issue à l’injustice. On leur souhaite de ne pas se laisser défigurer par la haine, de résister à ce que l’on veut faire d’eux. Mais il faut avouer qu’on a vu des années commencer sous des augures moins sinistres.

Écrit par : quaeps | 02/01/2009

j Extrait d'une dépêche de Ria Novosti du 5 novembre 2008:
«...
La nuit dernière [4 nov.], pour la première fois depuis l'instauration de la trêve, l'armée israélienne est entrée dans la bande de Gaza pour détruire un tunnel, destiné, selon les militaires, à enlever des soldats israéliens. Un activiste palestinien a été tué dans l'échange de tirs qui a suivi, et cinq autres sont morts, victimes de deux frappes aériennes.

Au matin, l'opération qui était, selon les Israéliens, ponctuelle et avait pour objectif de "supprimer une menace immédiate", a pris fin. L'armée a dit "n'avoir aucune intention de rompre la trêve".

Écrit par : quaeps | 02/01/2009

gdg Barak, Olmert, Livni et Ashkenazi auront un jour à répondre de crimes de guerre devant une cour de justice, comme d'autres criminels de guerre. En conséquence, notre devoir est d'informer sur leurs actes et déclarations de façon à nous assurer qu'ils payeront pour les massacres qu'ils ont ordonnés et commis.
Il y a cependant une seconde catégorie de criminels qui pourraient échapper aux tribunaux. Ils ne se salissent pas les mains avec le sang des civils, mais fournissent les justifications intellectuelles et pseudo morales des assassins. Ils constituent l'unité de propagande du gouvernement et de l'armée des tueurs.
Les écrivains israéliens Amos Oz, et A. B. Yehoshua sont les exemples type de tels misérables intellectuels, et ce n'est pas la première fois! A chaque guerre ils se portent volontaires pour l'effort de guerre israéliens, sans même avoir été officiellement désignés. Leur première fonction est d'apporter les justifications à l'offensive israélienne, puis, dans un second temps ils pleurent leur virginité perdue et accusent l'autre camp de nous avoir obligés à être brutaux.

La justification fournie par Oz dans Corriera de la Serra, et Yehoshua dans La Stampa est évidemment la nécessité de réagir aux rockets sur Sderot, comme si tout commençait avec ces rockets. « J'ai du expliquer aux Italiens écrit Yehoshua dans Haaretz 30 décembre 2008 , pourquoi l'action israélienne était nécessaire.... »

Yehoshua et Oz ont tous les deux oublié 18 mois de brutal siège israélien imposé à un millions et demi dêtres humains , les privant de nécessités les plus élémentaires. Ils ont oublié le boycott israélien et international desdu gouvernement palestinien démocratiquement élu. Ils ont oublié la séparation forcée de Gaza et de la Cisjordanie, séparation faite pour isoler et punir la population de Gaza de son choix démocratique incorrect.

Après avoir choisi de ré écrire la chronologie des événements, Oz et Yehoshua utilisent l'argument de la symétrie: La violence est utilisée des deux côtés et il y a des victimes innocentes à Gaza comme en Israël. En effet, chaque civil tué est une victime innocente. La chronologie et le nombre ne sont cependant pas sans rapport : 3 civils israéliens ont été tués dans le sud d'Israël, mais seulement après que l'aviation israélienne a commis son massacre planifié dans le centre de la ville de Gaza, en tuant plus de 300 .
Cette position des intellectuels les plus en vue d'Israël sert de justification morale au soutien que le parti de la gauche sioniste Meretz apporte à l'agression criminelle du ministre de la défense Barak. Meretz aussi exprimera en temps voulu son opposition aux meurtres, c'est à dire lorsque la communauté internationale exprimera sa préoccupation pour les fautes d'Israël. Pour l'instant cette communauté internationale demeure silencieuse et semble même heureuse de la contribution israélienne à sa sainte croisade contre la menace globale islamique.

Afin de montrer sa préoccupation, l'Europe envoie une assistance humanitaire (symbolique) à la population de Gaza. En entendant le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner soutenir l'action israélienne, en même temps qu'il annonce la décision d'envoyer des produits humanitaires à Gaza, je n'ai pu m'empêcher de me souvenir des informations sur les délégations de de la Croix Rouge Internationale qui venaient visiter les camps d'extermination nazi avec des chocolats et des biscuits.
Je sais que ce n'est pas la même chose, mais personne ne peut contrôler ses associations mentales.
Bernard Kouchner a cependant une circonstance atténuante: les régimes arabes, en particulier celui d'Hosni Mubarak, soutiennent aussi l'agression israélienne. Et ils vont aussi envoyer du chocolat et des biscuits aux enfants de Gaza, sauf bien sûr à ceux qui gisent morts à l'hôpital de Shifa .

Écrit par : quaeps | 02/01/2009

jhgj GAZA (AFP) — Israël a bombardé la bande de Gaza par les airs et par la mer, samedi, au début de la deuxième semaine de sa guerre contre le Hamas, dont le chef a prévenu qu'un "sombre destin" attendait les soldats israéliens en cas d'offensive terrestre.

Au moins 437 Palestiniens ont été tués dans l'offensive lancée par Israël le 27 décembre, dont 75 enfants et 21 femmes, et au moins 2.290 blessés, selon des sources médicales palestiniennes. "Il y a eu environ 750 raids", a déclaré à l'AFP un porte-parole militaire israélien.

Dans le même temps, quelque 500 roquettes palestiniennes tirées de la bande de Gaza ont fait quatre morts en Israël, dont un soldat, et une quinzaine de blessés, selon l'armée et la police israéliennes.

Alors que les conditions de vie de la population se dégradent, le Programme alimentaire mondial (Pam) a dénoncé une situation alimentaire "épouvantable" à Gaza.

Quelque 25 raids aériens ont été lancés contre la bande de Gaza depuis 00H00 samedi (vendredi 22H00 GMT) et au moins dix roquettes ont visé le sud d'Israël, a indiqué l'armée israélienne. Un de ces tirs a fait deux blessés légers à Ashdod, à environ 30 km de la bande de Gaza.

Un chef local de la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, Mohammad al-Jammal, 40 ans, a été tué dans une attaque israélienne.

Un porte-parole militaire israélien a affirmé que ce responsable était chargé de l'organisation des tirs de roquettes dans toute la ville de Gaza.

L'armée israélienne a par ailleurs visé un établissement scolaire à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, affirmant qu'il s'agissait d'un édifice utilisé "à des fins terroristes, une base de lancement de roquettes et une planque pour des chefs du Hamas".

Alors que les commentateurs israéliens spéculent ces derniers jours sur l'éventualité d'une opération terrestre, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, a assuré que son mouvement "ne capitulerait pas" et prévenu qu'un "sombre destin" attendait Israël s'il mettait le pied à Gaza.

"Si vous commettez la stupidité de lancer une offensive terrestre, un destin sombre vous attendra à Gaza. Ce sera là votre malédiction, la colère de Dieu tombera sur vous", a ajouté Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas, sur la télévision Al-Jazira.

Le président américain George W. Bush a exhorté tous ceux qui le peuvent à faire pression sur le Hamas pour que l'organisation cesse ses tirs sur Israël et permette un cessez-le-feu qui "signifie quelque chose".

Dans le même temps, son administration a dit laisser son allié israélien libre de décider de lancer ou non une offensive terrestre, se contentant de l'exhorter à éviter les victimes civiles.

L'Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec l'Etat hébreu, a annoncé avoir adressé une lettre à Israël lui demandant de renoncer à une telle opération.

La branche armée du mouvement islamiste a affirmé avoir repoussé une incursion menée par des membres des forces spéciales israéliennes dans la bande de Gaza.

Un porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam a indiqué à l'AFP que ses combattants avaient repéré des forces spéciales tentant de pénétrer la zone frontalière de Choujaïya, dans l'est de la bande de Gaza, vers 01H00 (23H00 GMT vendredi). Les combattants du Hamas ont tiré six salves de mortier contre les soldats israéliens qui ont répliqué à l'arme légère avant de battre en retraite, a-t-il précisé.

L'armée israélienne a dit n'avoir "pas connaissance de l'incident", ajoutant qu'aucun de ses soldats n'avait pénétré dans la bande de Gaza depuis le 27 décembre.

L'offensive d'Israël, déclenchée dans l'une des régions à la plus forte densité de population du monde, est menée principalement par des avions, des hélicoptères et avions sans pilote, mais aussi par la marine de guerre. Elle vise des objectifs du Hamas, des immeubles gouvernementaux, des mosquées où sont entreposées, selon l'armée israélienne, des roquettes, des tunnels de contrebande d'armes entre la bande de Gaza, sous blocus d'Israël, et l'Egypte.

Mais elle s'est traduite par une détérioration de la situation pour la population d'un territoire surpeuplé et pauvre même avant la guerre. "La situation actuelle à Gaza est épouvantable et de nombreux produits alimentaires de base ne sont plus disponibles", a déclaré Christine van Nieuwenhuyse, représentante du Pam dans les territoires palestiniens. "La situation dans la bande de Gaza tient de l'urgence critique désormais", a renchéri le coordinateur humanitaire de l'ONU pour les territoires palestiniens Max Gaylard.

"Les écoles sont fermées, la population reste cloîtrée à domicile (...) les hôpitaux et les cliniques sont absolument débordées", a-t-il dit.

Une mission de l'Union européenne est attendue au Proche-Orient de dimanche à mardi pour discuter d'un cessez-le-feu. Le président français Nicolas Sarkozy se rendra lundi en Egypte, Cisjordanie et Israël, et mardi en Syrie et au Liban.

Écrit par : quaeps | 03/01/2009

fgh ne M'Bala M'Bala en février 2005. (REUTERS)

* Agrandir la taille de police
* Réduire la taille de police
* Imprimer l'article
* Envoyer l'article à un ami
* Réagir

Dieudonné explique sa provocation par une autre provocation. Et ça donne toujours autant la nausée. Rappel des faits: vendredi 26 décembre, pour la dernière de son spectacle au Zénith, Dieudonné invite sur scène le négationniste Robert Faurisson. Polémique et indignation générale. Même Jean-Marie Le Pen trouve ça «un petit peu choquant», tout en estimant le spectacle «très intéressant».

Quelques jours après, c’est par la scène que Dieudonné revient sur l’événement. La vidéo du sketch est diffusée sur Internet depuis hier par labanlieuesexprime.org, site animé par Ahmed Moualek, un proche de Dieudonné.

Faurisson au Zénith ? «Une bombe médiatique artisanale, de ma fabrication, dit Dieudonné. Fallait que je trouve plus fort que Le Pen. Tu peux pas faire deux fois un coup avec le même personnage. Et puis moi je ne suis pas du Front national, j’en ai rien à foutre de ça. Bon le mec est sympa, on s’est bien amusé», ajoute-t-il.

Devant ses spectateurs, Dieudonné raconte que «ce n’était pas évident de trouver plus infréquentable que Le Pen». De Faurisson, il en parle comme «un poids lourd. Même moi il m’a choqué. (…) A côté Le Pen, c’est Casimir dans l’Île aux enfants. C’est Lorie.» Et d’ajouter: «Dans le métier, si tu sers la main à ce mec là, t’es grillé, t’es calciné. Vaut mieux avoir le Sida».

Dieudonné raconte sa rencontre avec le négationniste: «Il m’a dit "s’il faut taquiner, j’ai de quoi envoyer". (…) Sa spécialité, c’est la contestation. Il conteste, très très fort. (…) Je me suis dit, avec un mec comme ça, on va faire péter le compteur.» Très fier de l’indignation provoquée, il lance : «C’est nucléaire ce qui vient de se passer. J’ai fait mieux que Fourniret, Dutroux, tous les pédophiles. Pourquoi tu vas te faire chier à violer un enfant. T’invite Robert chez toi, t’es pénard»…

Écrit par : quaeps | 03/01/2009


Alerte info

La présidence de l'UE parle d'action "défensive" d'Israël à Gaza
La présidence de l'UE parle d'action "défensive" d'Israël à Gaza

il y a 2 heures 3 min
Reuters

* Imprimer

La nouvelle présidence tchèque de l'Union européenne a qualifié samedi l'opération terrestre d'Israël dans la bande de Gaza d'action "défensive, pas offensive". Lire la suite l'article
Photos/Vidéos liées
LA PRÉSIDENCE DE L'UE QUALIFIE L'OFFENSIVE D'ISRAËL DANS GAZA D'ACTION "DÉFENSIVE" Agrandir la photo
Articles liés

* La France condamne l'offensive terrestre israélienne
* Forte mobilisation à Paris contre les raids israéliens à Gaza
* Les troupes israéliennes entrent dans la bande de Gaza
* Plus d'articles sur : Israël-Palestine

Discussion: Israël-Palestine

"A l'heure actuelle et à la lumière des événements des jours derniers, nous estimons que cette mesure constitue une action défensive, et non offensive", a déclaré Jiri Putuznik, porte-parole de la présidence tchèque.

Le chef de la diplomatie de Prague, Karel Schwarzenberg, doit se rendre dimanche dans la région à la tête d'une délégation de l'UE.

Jiri Pootuznik a fait savoir que la présidence des Vingt-Sept attendrait le résultat de cette visite pour se prononcer plus avant.

Écrit par : quaeps | 03/01/2009

nhg Les raisons avancées par Israël pour justifier le bombardement de Gaza font l’impasse sur la réalité fondamentale de ce conflit. Israël ne désire pas la paix mais la défaite complète des Palestiniens et de leur revendication légitime du retour aux frontières de 1967. Clamant vouloir protéger les civils, Israël a pourtant soumis la population de Gaza à un blocus inhumain - punition collective pour cause de vote politiquement incorrect - cyniquement qualifiée de « mise au régime » par un conseiller de Sharon, et provoque aujourd’hui des centaines de victimes dans une population prise au piège. Comment ne pas voir, pourtant, que cet aveuglement qu’autorise la supériorité militaire et la complicité de l’occident ne conduira jamais à une paix durable, c’est à dire équitable, seule garante de la sécurité d’Israël ? Chaque jour qui passe, de nouveaux combattants Palestiniens se léveront, emplis du désir de revanche, prêts à tout pour faire reconnaitre un droit reconnu par l’ONU voilà 40 ans, mais qui reste en souffrance depuis lors. Et dans les circonstances actuelles, comment ne pas le comprendre ?

Par Johann Hari, The Independent, 29 décembre 2008

Le monde n’est seulement le spectateur d’un crime commis par le gouvernement israélien dans la bande de Gaza. Nous le voyons également se nuire à lui-même. Aujourd’hui, demain, et chaque jour jusqu’à ce que cesse cette violence punitive, les jeunes de la bande de Gaza seront encore plus emplis de haine, et plus déterminés à combattre, avec des pierres, des attentats suicides ou des roquettes. Les dirigeants israéliens se sont convaincus que plus on frappe durement les Palestiniens, plus doux ils deviendront. Mais lorsque tout ceci sera terminé, la rage contre les Israéliens se sera endurcie, et les compromis devront encore attendre, abandonnés en déshérence sur les bas côtés de la route de l’histoire.

Pour comprendre à quel point il est effrayant de vivre à Gaza aujourd’hui, il faut avoir séjourné sur cette petite parcelle de terre bétonnée le long de la Méditerranée et y avoir ressenti la claustrophobie. La bande de Gaza est plus petite que l’île de Wight, mais elle est surpeuplée, avec 1,5 millions de personnes qui ne peuvent jamais la quitter. Ils vivent leur vie les uns sur les autres, sans emploi et affamés, dans de grands immeubles délabrés. Des étages supérieurs, on peut souvent voir les frontières de leur monde : la Méditerranée, Israël et les fils de fer barbelé. Quand les bombes commencent à tomber - comme c’est le cas maintenant, avec plus de violence meurtrière qu’à aucun autre moment depuis 1967 - il n’y a nulle part où se cacher.

Une autre guerre va maintenant débuter. Elle portera sur l’histoire de cette guerre. Le gouvernement israélien déclare : « Nous nous sommes retirés de la bande de Gaza en 2005 et, en retour, nous avons eu le Hamas et une pluie de roquettes Qassam sur nos villes. Seize civils ont été assassinés. Combien d’autres vies devons-nous sacrifier ? » Il s’agit d’un récit plausible, et il comporte des fragments de vérité, mais il est aussi rempli de trous. Si on veut comprendre la réalité et mettre réellement un terme aux tirs de roquettes, il est nécessaire de revenir en arrière de quelques années et d’analyser la préparation de cette guerre sérénité.

Le gouvernement israélien s’est en effet retiré de la bande de Gaza en 2005 - afin d’être en mesure d’intensifier le contrôle de la Cisjordanie. Dov Weisglass, le principal conseiller d’Ariel Sharon avait été sans équivoque à ce sujet, expliquant : « Le désengagement, c’est du formol, en réalité. Il fournit la quantité de formol qui est nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus politique avec les Palestiniens ... l’ensemble de ce paquet que l’on appelle l’Etat palestinien a été retiré de notre ordre du jour indéfiniment. » [1]

Les Palestiniens ordinaires ont été horrifiés par ces paroles, et par la corruption de leurs dirigeants du Fatah, de sorte qu’ils ont voté pour le Hamas. Cela n’aurait certainement pas été mon choix - un parti islamiste est contraire à toutes mes convictions - mais nous devons être honnêtes. Le scrutin était libre et démocratique, et il n’exprimait pas un rejet de la solution des deux États. Le sondage le plus détaillé sur l’opinion des Palestiniens, réalisé par l’Université du Maryland, a révélé que 72% veulent une solution à deux États sur les frontières de 1967, alors que moins de 20% veulent récupérer l’ensemble de la Palestine historique. Ce qui explique que, en partie pour réponse à cette attente, le Hamas ait offert à Israël une longue, longue trêve et une acceptation de facto des deux Etats, à la seule condition qu’Israël retourne dans ses frontières légales.

Plutôt que de saisir cette occasion et de tester la sincérité du Hamas, le gouvernement israélien a réagi en punissant toute la population civile. Il a annoncé un blocus de la bande de Gaza afin de faire « pression » sur son peuple pour qu’il infirme le résultat du processus démocratique. Les Israéliens ont encerclé la bande de Gaza et refusé de laisser quiconque ou quoi que ce soit en sortir. Ils ont laissé entré un peu de nourriture, de carburant et de médicaments - mais pas suffisamment pour survivre. M. Weisglass avait alors déclaré que les habitants de Gaza avaient été « mis au régime ». Selon Oxfam, seuls 137 camions de vivres ont été autorisés à pénétrer dans la bande de Gaza le mois dernier pour nourrir 1,5 millions de personnes. Les Nations Unies indiquent que la pauvreté y a atteint un « niveau sans précédent ». Lors de mon dernier séjour dans la bande de Gaza assiégée, j’ai vu les hôpitaux refuser des malades parce qu’ils étaient à court de médicament et de matériel. J’ai rencontré des enfants souffrant de la faim chancelant dans les rues, fouillant les déchets à la recherche de nourriture.

C’est dans ce contexte - celui d’un châtiment collectif visant à renverser une démocratie - que certaines forces au sein de la bande de Gaza ont fait quelque chose d’immoral : ils ont tiré des roquettes Qassam à l’aveuglette sur les villes israéliennes. Ces roquettes ont tué 16 citoyens israéliens. C’est ignoble : prendre pour cible des civils est toujours un meurtre. Mais il a de l’hypocrisie de la part du gouvernement israélien quand il affirme se préoccuper de la sécurité des civils alors qu’il a pratiqué une politique consistant à terroriser des civils.

L’Amérique et les gouvernements européens réagissent avec une partialité qui ne tient pas compte de ces réalités. Ils déclarent qu’on ne peut s’attendre à voir Israël négocier sous les tire de roquettes, mais ils exigent que les Palestiniens le fassent alors que la bande de Gaza est en état de siège et que se poursuit l’occupation militaire violente de la Cisjordanie.

Avant que cela ne soit définitivement oublié, il convient de rappeler que la semaine dernière, le Hamas avait offert un cessez-le-feu en échange d’un compromis simple et réalisable. N’utilisons pas mes mots pour le dire. Selon la presse israélienne, Yuval Diskin, l’actuel chef du service de sécurité israélien Shin Bet, « a déclaré au Conseil des Ministres israélien [le 23 Décembre] que le Hamas est intéressé dans la poursuite de la trêve, mais veut améliorer ses conditions. » M. Diskin a expliqué que le Hamas demandait deux choses : la fin du blocus, et un cessez-le-feu israélien en Cisjordanie. Le Conseil des Ministres - saisi par la fièvre électorale et désireux d’apparaître intransigeant - a rejeté ces termes.

Le cœur du problème a été énoncé sans ambages par Ephraim Halevy, l’ancien chef du Mossad. Il a déclaré que bien que des militants du Hamas - comme nombre d’israéliens d’extrême-droite - rêvent de chasser leurs adversaires, « ils ont reconnu que cet objectif idéologique n’est pas atteignable et ne le sera pas dans un avenir prévisible. » Au lieu de cela, « ils sont prêts et disposés à envisager la création d’un Etat palestinien dans les frontières provisoires de 1967. » Ils sont conscients que cela signifie qu’ils « vont devoir adopter une voie qui pourrait les amener loin de leurs objectifs initiaux » - et vers une paix à long terme basée sur le compromis.

Le front du refus [2] des deux camps - de l’iranien Mahmoud Ahmadinejad d’Iran à l’israélien Bibi Netanyahou - serait alors marginalisés. C’est la seule voie qui peut encore conduire à la paix mais c’est celle que le gouvernement israélien se refuse à emprunter. M. Halevy, explique : « Israël, pour des raisons qui lui sont propres, n’a pas voulu transformer le cessez-le-feu en l’amorce d’un processus diplomatique avec le Hamas. »

Pourquoi Israël agit-il de cette façon ? Le gouvernement israélien veut la paix, mais seulement une paix imposée selon ses propres termes, fondée sur l’acceptation de la défaite par les Palestiniens. Cela signifie que les Israéliens peuvent conserver des portions de la Cisjordanie sur « leur » côté du mur. Cela veut dire qu’ils gardent les plus grandes des colonies de peuplement et le contrôle de l’approvisionnement en eau. Et cela signifie une Palestine divisée, avec la responsabilité sur Gaza confiée à l’Egypte, et une Cisjordanie séparée et isolée. Les négociations constituent une menace pour ce projet : elles nécessiteraient pour Israël de renoncer à plus que ce qu’il ne veut accorder. Mais une paix imposée ne sera pas une paix : elle ne mettra pas fin aux tirs de roquettes ou à la rage des palestiniens. Pour obtenir une sécurité réelle, Israël devra engager le dialogue et trouver un compromis avec le peuple qu’il soumet au blocus et bombarde aujourd’hui.

Les flammes qui brûlent Gaza pourraient être éteintes si l’on écoutait les mots de l’écrivain israélien Larry Derfner : « la guerre menée par Israël contre la bande de Gaza doit être la plus disproportionnée sur terre ... Si le but est d’y mettre fin, ou au moins de commencer à y mettre fin, la balle n’est pas dans le camp du Hamas - elle est dans le nôtre. »

Écrit par : quaeps | 03/01/2009

bhh Les champs de Gaza n’ont jamais existé.
DEDAJ Viktor

"C’est un cliché de journaliste que de souligner le caractère futile de lancer des pierres contre des tanks. Faux. Il est certain qu’il s’agit là d’un acte symbolique, mais pas futile. Il faut beaucoup de courage pour affronter une monstre d’acier de 60 tonnes avec des pierres ; l’impuissance du lanceur de pierres à arrêter le tank ne fait que souligner l’impuissance du tank à faire ce qu’il est censé faire : terroriser la population."
Gabriel Ash

Sionistes : ça faisait longtemps que j’avais envie de vous dire deux ou trois choses. Ca me démangeait depuis un certain temps déjà, mais allez savoir pourquoi... le temps, ou la fainéantise, ou peut-être les deux. Mais si c’est pas maintenant, alors quand ?

Sionistes : ça fait longtemps que vous me gonflez avec votre histoire de "terre promise". Que de contorsions sémantiques pour qualifier un vol en bonne et due forme.

Sionistes : ça fait longtemps que vous me gonflez avec votre histoire de "peuple élu". Que de beaux oripeaux pour camoufler votre racisme.

Sionistes : partout où je vous ai croisés, vous étiez du mauvais côté de la barrière. Aux côtés de l’Afrique du Sud de l’Apartheid, aux côtés de armées assassines du Guatemala... Je n’ai aucun souvenir de vous avoir vu du côté des exclus, des faibles. Pas une seule fois.

Sionistes : vos gesticulations outrées ne changeront rien au caractère assassin de cet état d’Israël. Et épargnez moi les discours sur la "démocratie israélienne". Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’Israël soit une démocratie (ou non), sinon que cela rend une majorité de ses habitants coupable ? Et de même que je ne juge pas un homme sur la façon dont il se traite lui-même, mais sur la façon dont il traite les autres, je ne vais pas applaudir à la "démocratie" israélienne sans considération pour ses actes.

Alors, Sionistes : je n’en ai rien à faire de vos opérations de relations publiques, de vos images d’une société "moderne" et d’une jeunesse "libre" qui se trémousse en bikini sur les plages de Tel Aviv (par opposition, bien sûr, aux matrones voilées de Gaza qui hurlent leur désespoir).

Sionistes : vous n’aimez pas que l’on vous rappelle qu’une Assemblée Générale des Nations Unies a déclaré que votre idéologie était une forme de racisme.

Sionistes : vous crevez d’envie de me voir prononcer le mot "juif" et vous donner ainsi l’occasion de grimper aux rideaux. Peine perdu car, contrairement à vous, je ne suis pas raciste.

Sionistes : la religion dont vous vous revendiquez est aussi débile qu’une autre.

Sionistes : je me souviens d’avoir vu interviewer deux de vos fameux "colons" fraîchement débarqués de Bordeaux. Un couple de médiocres qui avaient enfin trouvé quelqu’un à exploiter. Ici ils n’étaient manifestement rien, allez donc savoir pour qui ils se prenaient là-bas. Vos colons sont des caricatures de beaufs accomplis.

Sionistes : vous avez pompeusement donné un petit nom familier à votre armée d’assassins.

Sionistes : vous avez l’arme atomique en violation de toutes les conventions internationales.

Sionistes : à l’instar de vos amis néocons américains, vous avez violé par la même occasion toutes les autres conventions et lois internationales.

Sionistes : à l’instar de vos amis néocons américains, vous ne respectez aucune loi, aucun accord, aucune signature. Mais vous les invoquez tous lorsque cela vous arrange.

Sionistes : à l’instar de vos amis néocons américains, vous avez sciemment joué la carte des extrémismes pour mieux brouiller votre propre image.

Sionistes : à l’instar de vos amis néocons américains, vous couinez votre outrage à chaque acte de résistance qui vous est opposé. Vous prenez prétexte du "terrorisme" pour mener tranquillement votre entreprise d’extermination.

Sionistes : vous avez volé leurs biens, vous avez volé leurs terres. Vous avez volé leur eau. Vous avez méthodiquement assassiné par centaines leurs enfants, leurs femmes, leurs vieillards. Vous les avez affamés, détruits, volés encore, écrasés, persécutés. Vous leur avez refusé l’éducation, la santé. Vous avez empêché des pères de porter leurs enfants se faire soigner. Vous tirez sur des ambulances. Vous construisez vos routes de merde sur des oliveraies plus que centenaires.

Sionistes : vous les avez enfermés derrière des barbelés, derrière un mur. Vous avez appliqué un blocus. Vous les avez enfermés dans de gigantesques ghettos. Vous avez crée des camps d’extermination de basse intensité qui n’osent dire leur nom.

Sionistes : pendant encore combien de temps allez vous nous accabler avec votre sensiblerie sélective, vos références sempiternelles à la Shoah ? On n’a jamais rendu hommage à des victimes en adoptant les méthodes de leurs bourreaux.

Sionistes : vous avez du vous balancer une fois de trop et trop près d’un certain mur. Jusqu’à votre nom sonne désormais comme une insulte à l’intelligence et à la dignité humaine.

Sionistes : lorsque les digues des dernières réticences céderont, et que les protestations prendront l’ampleur et la forme que vos actes méritent, vous ne manquerez pas, et c’est à parier, de hurler à l’antisémitisme. Vous auriez tort de vous gêner car c’est, après tout, ce que vous faites de mieux - juste derrière la fabrication clandestine de bombes atomiques et le tir au canon sur des populations sans défense. Nous, nous assisterons goguenards à cette dernière cartouche tirée en l’air. Et se joindront à nous des camarades juifs ou pas, élus ou pas, autrement plus humains que vous ne l’avez jamais été.

Sionistes : jusqu’où irez vous pour faire aboutir votre fébrilité messianique ? Combien de bulldozers faudra-t-il encore faire passer pour donner un semblant de vérité à vos mensonges ? Ferez-vous des piles de leurs vêtements et de leurs chaussures ? Vos jolies soldates de Tsahal se fabriqueront-elles des bijoux avec leurs dents en or ? Répandrez-vous du sel sur leurs terres pour effacer toute trace ? Planterez vous un drapeau sur une cette "terra incognita" et "inhabitée" que vous revendiquerez au nom de la couronne de David, assortissant le tout de slogans débiles tels que "une terre sans peuple pour un peuple sans terre" ? Et sur qui tiriez vous donc ces 50 dernières années ? Sur des boites de conserve ?

Sionistes : dites-nous comment vous espérez conclure votre délire. Pour peu que vous en ayez la moindre idée.

Sentirez-vous le poids de vos actes envahir vos cellules grises ou vous réfugierez-vous dans l’autosuggestion collective ? Que raconterez-vous d’un air faussement naïf aux générations futures ? Que vous ne faisiez qu’obéir aux ordres ? Ou bien prononcerez-vous au contraire ces paroles fatidiques : "les champs de Gaza n’ont jamais existé" ?

Viktor Dedaj
"chaud devant"
juillet 2006

Écrit par : quaeps | 04/01/2009

ytry Si pour traduire l’émotion vécue après le choc du 11 septembre, l’expression « nous sommes tous américains [1] »est devenue l’emblème de la compassion et de l’identification avec la victime, qui hélas, son histoire passée et récente représente, pour beaucoup de peuples, le symbole de la domination ; que dire alors, de la population de Gaza, elle, qui n’a jamais chaussé les bottes de l’oppresseur ? Pourquoi le slogan « nous sommes tous des juifs allemands » de mai 68, symbole de lutte contre l’exclusion, support de toutes les métamorphoses (nous sommes tous des immigrés…) ne s’identifie pas aux victimes de Gaza ?

Comment expliquer, que des expressions aussi fortes, aussi chargés de sens, sont sourdes devant une tragédie orchestrée par une puissance militaire belliqueuse dont la volonté affichée est la mise à mort d’une population représentée par le Hamas, démocratiquement élu, et organisation enchâssée dans la société palestinienne ? A quoi est dû ce déficit intellectuel, cette cécité qui laisse entendre et voir qu’il y a les victimes et des victimes…. Quelqu’un et quelconque…

Est-ce la nature de la victime ? Ou la nature de l’oppresseur ?

La victime – le persécuté- l’image autour de laquelle se forge la conscience humaine est la traduction philosophique du concept de l’autre, de l’ouverture à l’autre dans la philosophie contemporaine. Ce tournant philosophique dans la pensée occidentale est la conséquence de la pensée totalitaire des années trente, accoucheuse de la terreur, de massacres et de génocide. Pour se dédouaner de sa culpabilité dans la souffrance et la persécution des juifs, l’Occident-la chrétienté en somme- a accompagné l’idée d’un foyer juif par la création de l’Etat d’Israël.

La victime, le persécuté, l’Autre a pris la figure du juif errant. Le juif est devenu la victime par excellence de l’histoire. L’Autre – la victime-, rappelle au bourreau qu’il est une face de son histoire, une partie intégrante de son identité. Ce rapport ne fait qu’instaurer un dialogue occidentalo-occidental. Si l’Allemagne Nazie, par qui le malheur est arrivé, voulait être la traductrice de la Grèce, la Nouvelle Athènes, l’Autre veut ajouter à la civilisation gréco-chrétienne son chaînon manquant : Jérusalem. Celle-ci a pour mission de pallier à la défaillance de l’Occident en l’amarrant à sa dimension éthique.

L’Etat d’Israël, produit du sionisme politique est le fruit de la modernité : il a fait de la possession de la terre la vérité de l’âme du judaïsme. La nation comme horizon politique de la modernité est entachée d’un mal incommensurable : le colonialisme.

C’est pour cette raison, que la naissance de l’Etat d’Israël, fondée sur l’expropriation et la persécution des palestiniens est un acte colonial pur.

L’Etat d’Israël, implanté en orient, reste un Etat occidental. Il porte en son sein, le mal radical des républiques occidentales : le colonialisme. Ni le poids de l’histoire, ni les traumatismes de la mémoire ne peuvent voiler ce qui est au cœur du conflit israélo-palestinien : la question coloniale. Ainsi, l’Etat d’Israël, cet enfant des lumières, en incarnant dans le proche orient la civilisation occidentale, symbolise la dernière figure de l’Occident colonial.

Comment expliquer, qu’en France, après avoir vécu dans un passé proche, l’insoutenable paradoxe entre la république et la colonisation, dans le cas d’Israël, le fait colonial est toujours évacué. Comment n’arrive-t-on pas à voir, dans l’armée israélienne, dans sa logique de légitime défense, la litanie de l’armée d’Afrique en Algérie : la « pacification ». Les massacres perpétrés depuis 1948 par l’armée israélienne ne sont que l’autre version des Enfumades du Dahra, la « pacification » meurtrière de l’Armée d’Afrique[2]. La logique de la puissance en se déployant dans l’espace est la proie de son ambition dévorante : la conquête. Et toute conquête est grosse d’une logique d’extermination.

Déjà, au lendemain de la guerre de 1967, De Gaulle, dans une conférence de presse, a tiré la sonnette d’alarme. En qualifiant le peuple juif, « d’un peuple d’élite, sûre de lui-même et dominateur, » en fondant un Etat, se transformera en nation guerrière et conquérante. Et comme force occupante, il sera confronté à une résistance qu’il qualifiera de terroriste. Au niveau conceptuel, des distances astronomiques séparent la France d’aujourd’hui, qui se réclame pourtant de l’héritage gaullien, de celle de son fondateur.

Cette image de la victimisation du juif a perduré presque un demi-siècle. Elle a volé en éclat dans la deuxième intifada d’El Aqsa en 2000 et, principalement, après le traumatisme de l’assassinat- filmé par l’équipe de France 2- du jeune Mohamed-Al-Dourra, âgé de 12 ans. Mohamed-Al-Dourra est l’image de l’Autre par excellence. Il parle une autre langue. Il porte un autre dictionnaire. Il est façonné par un autre imaginaire, emporté par un autre idéal. Ni Jérusalem, ni la Grèce, ni Rome ne sont ces capitales ontologiques.

La question palestinienne est une question nationale. Le conflit israélo-palestinien ne se réduit pas à l’équation terroriste-victime mais à celle de l’occupation-résistance. Ce prétendant victime, l’Etat d’Israël, sur la scène du monde, avance masqué. Ce qu’il masque fait sa vérité : sa nature coloniale.

A l’origine de la résistance-terrorisme, il y a l’occupation comme impasse politique à la possibilité de la naissance d’un état palestinien viable.

Comment expliquer, que la vague d’indignation qui s’est soulevée suite à la mort de Mohamed- Al-Dourra s’est vite estompée ? Le climat de suspicion qui a régné ses dernières années dans le débat intellectuel français, où toute critique de la politique d’Israël est assimilée à l’antisémitisme est la traduction politique du 11septembre. Un ennemi commun menace L’Occident et Israël : l’islamisme.

C’est pour cette raison, que l’agression israélienne, contre Gaza, où la victime, arabe, palestinienne et islamiste, vu les clichés que ces noms véhiculent depuis le Moyen-âge, ne peut être que coupable.

Mais l’histoire moderne atteste que la diabolisation de l’Autre n’a nullement pour cause sa religion ou son ethnie mais le programme politique qu’il défend. L’OLP (Organisation de la Libération de la Palestine) était bien considérée comme une organisation terroriste par Israël lorsque celle-ci incarnait les aspirations nationales des palestiniens.

Donc l’Autre n’a d’existence acceptable que comme entité soumise ou domestiquée. La logique de la puissance comme volonté de domination n’admis en face d’elle qu’une volonté serve.

Ce qui se joue à Gaza dépasse de loin l’équation israélo-palestinienne. Nous n’enterrons pas à Gaza les morts palestiniens car, de cette mort, fleurit l’esprit de la résistance. La terminologie utilisée dans la conscience arabe s’étale sur les bandes des chaînes satellitaires, et principalement celle d’El Jazira, est celle de martyr. Rappelons que l’opération « Paix en Galilée » en 1982 dont l’objectif était la destruction de la structure militaro- politique de l’O.L.P a donné naissance à une organisation pétrie d’une culture de résistance, plus forte et plus redoutable ; elle a infligé en 2006, une défaite à une Armée qui, se croyait jusqu’à présent, invincible : le Hezbollah.

Il s’agit, à partir de ce qui se passe à Gaza, de saisir ce qui se joue à Gaza : notre devenir-monde. Gaza est le théâtre de l’histoire. De la vérité de l’histoire. Car, ce que nous risquons d’enterrer à Gaza, c’est l’idée d’Occident même.

Ni l’opération « Rempart » de mars-avril 2002, destinée à détruire l’infrastructure de l’autorité palestinienne et avec elle l’offensive « Pluie d’été » de juin 2006, puis actuellement l’opération « Plomb durci » visant à anéantir le Hamas, n’atteindront l’objectif politique escompté : la domestication de l’Autre. Chaque opération militaire a contribué à vivifier l’esprit de résistance.

La rue arabe, ainsi surnommée pour son incapacité à traduire son émotion en action politique, est maintenant gagnée par la colère. Et la colère fait soulever le populaire. La rue arabe est devenue les peuples arabes. Et dans ce devenir, le sentiment d’injustice travaille les consciences. Elles deviendront, elles aussi, à leur tour des consciences insurrectionnelles. La rue arabe vit les moments de sa métamorphose en rue constituante. Les images révoltantes qui arrivent de Gaza, sous le regard bienveillant de la communauté internationale –en un mot l’Occident- et la complicité des régimes arabes qualifiés de modérés seront la frontière métaphysique, d’où le dialogue avec l’Autre sera difficile, voir presque impossible.

C’est pour cela qu’il ya urgence. Pour les juifs. Le Sionisme en donnant au Judaïsme une forme politique nationale l’a exposé au mal que l’idéologie nationale génère : l’occupation et l’oppression de l’Autre. Ainsi, il corrompt et pervertit ce qui fait l’essence du judaïsme : la justice. Il constitue une menace mortelle sur le message universel de la pensée juive.

Il suffit de rappeler le message de Martin Buber[3] « Seule une révolution intérieure donnera la force au peule juif pour sortir de sa folie meurtrière, basée sur une haine irrationnelle….Elle finira par nous détruire entièrement. Et seulement alors, les jeunes et les vieux de notre pays réaliseront combien fut immense notre responsabilité envers ces misérables réfugiés arabes ; envers ceux dont nous avons pris les villes pour y installer des Juifs qui furent amenés de très loin, dont nous avons hérités les maisons, dont nous labourons et récoltons les champs, dont nous ramassons les fruits de leurs jardins, de leurs vergers, de leurs vignes, et dont nous avons volé les villes pour y édifier des lieux d’éducation, de charité et de prière, alors que nous pérorons et nous enflammons sur le fait que nous sommes le « peuple élu » et « la Lumière des nations ».

Rappelons aussi, que la « révolution d’octobre de 1917 » dans laquelle on voyait la naissance d’un homme nouveau, symbole d’un idéal d’émancipation et d’une véritable fraternité universelle, a fini, quelques décennies plus tard, sous la plume des ses propres enfants, à nous livrer son visage criminel.

Pour la société civile occidentale.

Si hier, durant la guerre d’Algérie, seule une minorité avait choisi la justice contre sa mère ; par ce choix, elle a sauvé l’honneur de l’idée de l’homme qu’incarnait la France des lumières. Cette minorité avait raison. Son geste est gravé dans l’Histoire et dans la conscience des colonisés d’hier.

A Gaza, l’Occident est entrain de perdre son âme. Au lendemain de Noël et les fêtes de fin d’années, la compassion chrétienne et les vœux du bonheur doivent être dirigés aux nécessiteux, aux plus démunis, aux assiégés, aux persécutés dans une forme de prière en leur demandant pardon.

Dans « nous sommes tous américain », « nous sommes tous des juifs allemands », l’autre n’est qu’une autre manière de dire « je ». Il fait partie de la famille de pensée occidentale. C’est des occidentaux qui parlent à des occidentaux. Si l’émergence de la catégorie philosophique de l’Autre-en l’occurrence le juif-, conceptualise une réalité tragique, celle de la logique d’extermination que poursuivait une Allemagne Nazie dans sa quête mythique du règne de la race pure ; la scène historique de cette tragédie est l’Europe. La responsabilité incombe seulement, et seulement à la pensée occidentale. Elle portait en son sein le totalitarisme et de ce qui en découle : le mythe de l’origine. Alors que dans le cas de la Palestine, l’Occident, la conscience du monde à cette époque, est responsable de l’expérience tragique que les palestiniens endurent depuis 1948 : la Nakba. Cette tragédie a-t-elle sens et écho dans la conscience occidentale ?

La véritable ouverture à l’Autre est le respect de sa souveraineté. C’est accepter et admettre que l’Universel se parle aussi dans une autre langue que celle de l’Occident. Honneur aux victimes. Nous sommes tous palestiniens.

Écrit par : quaeps | 04/01/2009

ghf Hope is the fuel. Hope the feds will bail you out of your foreclosure, hope you’ll get a job, hope you don’t get sick and go bankrupt, hope your money manager didn’t give your trust fund to Mr Madoff. Bury 2008 and write its epitaph, "I question why I never questioned it. I believed it; it was an incredible, hope-filled story."

This was the forlorn wail of the literary agent who bought the latest fake memoir to have embarrassed the publishing industry – the story of Herman Rosenblat who claims in Angel at the Fence that he met Roma Radzicky, his wife of 50 years when he was a kid in a Nazi German concentration camp. He says a little Polish girl fed him apples through the barbed wire and that they met on a blind date in New York in the Fifties and fell in love.

Funny thing is, Herman WAS in a concentration camp and he did meet Roma on a blind date in New York. She had been a child in Germany, and had come to the States via Israel. They have been married for 50 years. So theirs is a truly a hope-filled story. But not hope-filled enough in today’s market. Not hope-filled enough for Berkley Books and Oprah. Some time in the 1990s Herman, a retired tv repairman living in Miami, began to improve on reality, to the the fury of his and also Roma’s family who knew perfectly well what he was up to. He decided he met Roma through the wire of Schlieben, a subcamp of Buchenwald. Berkley bought his book and Oprah had him on her show, twice. Investigators finally demolished Herman’s fantasy, saying the layout of the camp would have made it impossible for Roma to throw the apple that far. Herman, 79, has fallen back on the hope defense: "I wanted to bring happiness to people. I brought hope to a lot of people. My motivation was to make good in this world."

Kenneth Waltzer, director of Jewish studies at Michigan State University, who investigated and exposed Herman and Roma’s fables, told Wyatt Mason of Harpers on the last day of 2008:

“Herman erased his own compelling story. His three older brothers took an oath never to part from him. They fed him in the camp and they lied about his age to protect him. Herman wrote his brothers out and substituted a fantasy tale about meeting a young girl at the fence. Roma, the compliant wife, erased her own compelling story. She was part of a family group from Krosniewice that survived–and few survived from that town–by dint of special cunning, forged documents, and luck. She also reconstructed her family as a family of four when there were five. The third sister, too young, too dark, to pass in hiding as a Polish Catholic, was, sadly, left behind.”

So Herman and Roma decided, in evening of their lives, to repackage their survival as a love story of the death camps, “the single greatest love story... we've ever told on the air" Oprah Winfrey.)

As the late Raul Hilberg, great historian of the Nazi extermination of the European Jews wrote in his often acrid memoir, The Politics of Memory, published in 1996. “If counterfactual stories are frequent enough, kitsch is truly rampant… The philistines in my field are truly everywhere. I am surrounded by the commonplace, platitudes, and clichés….The first German publisher of a small volume, containing my introduction and documents about the railroads [viz. their role in the destruction of the Jews] inserted a poem for which, he said, he had paid good money, describing human beings in freight cars including children whose eyes glowed like coal… . The manipulation of history is a kind of spoilage and kitsch is debasement.”

Israel, Gaza and the U.S.

President-elect Obama is getting whacked by the left for declining comment on Israel’s onslaught on Gaza, but his prudent silence is just as discomfiting to the Israeli government and its allies here, in the United States. They wanted a ringing endorsement of their onslaught. There were also hints in their demeanor on television that Obama’s senior aides like David Axelrod were not overly delighted with Israel’s state propagandists for headlining Obama’s remarks on a visit to Israel in the summer that "If somebody shot rockets at my house where my two daughters were sleeping at night, I'd do everything in my power to stop them.”

On the campaign trail and, indeed, since he reached the U.S. Senate in 2005, no politician was more sedulous that Barack Obama in ensuring that the Israel lobby here had no cause for disquiet. On arrival in Washington, he instantly selected Joe Lieberman, known informally as the senator from Israel, as his mentor. At the annual conference this last summer of the American Israel Public Affairs Committee Obama drew criticism from across a broad political spectrum for his groveling.

“Israel should get whatever it wants and an undivided Jerusalem should be its capital,” Obama assured the American Jewish delegates, many of them influential Democrats from across the U.S. The next day, one of his foreign policy advisors hastily issued a clarification to the effect that Obama believes "Jerusalem is a final status issue, which means it has to be negotiated between the two parties" as part of "an agreement that they both can live with." The aide refused to rule out such possibilities as Jerusalem also serving as the capital of a Palestinian state or Palestinian sovereignty over Arab neighborhoods.

Noam Chomsky remarked recently. “With Obama, Israel and less than 2 per cent of the American population is now in full control of the American government.” So, is there any evidence that when he sits down in the Oval Office, Obama will try to set a new course?

It’s certainly true that the minute the new Obama administration made any move, however tentative, deemed “anti-Israel” by the massed legions of the Israel lobby – stretching from vice president Biden’s office, through Obama’s own Chief of Staff Rahm Emanuel to about 98 per cent of the U.S. Congress, the major newspapers and TV networks, the think tanks in Washington, the big Democratic Party funders – political mayhem would break loose. The White House would see its prime political enterprise, the economic recovery program, immediately held hostage.

It’s also true that both Obama and his Secretary of State Hillary Clinton have in the past evinced sympathy for Palestinian aspirations: the former was photographed with his wife Michelle in what was obviously an amiable meeting with the late Edward Said, America’s best known Palestinian, and Hillary Clinton publicly embraced Yasir Arafat. It seems safe to say that, unlike Bush Jr., neither Obama nor Mrs. Clinton have any rootedly ideological or religious commitment to the Zionist cause. Political self-preservation and advancement form the leaven in their loyalty to Israel and will remain predominant.

But if the power of the Isrel lobby , here in the U.S.A., is as obstructive as ever to the formation of any equitable U.S. policy to address Palestinian aspirations the international situation does offer opportunity. Although ruthless and horrifying Israel’s onslaughts on Gaza are evidently an expression of weakness, in a quest for military credibility forced by the imminence of elections in Israel, just as Shimon Peres, in similarly dire straits, launched Operation “Grapes of Wrath” against Lebanon before an election (which his party lost) in 1996. Bombardment, as always, unites the population on the receiving end and rallies it around its political leaders, assuming they don’t run away.

In the end, Israel will stop the bombing and what will it achieve beyond another exhibition of futile strategy, like the attack on Lebanon in 2006? The last time Israel had an effective military campaign that could be called a victory was 27 years ago, in the 1982 attack on Lebanon. Hamas has been greatly strengthened by the current attack and the status of President Abbas reaffirmed as a spineless collaborator with Israel,;Mubarak likewise; Syria and Turkey alienated from Western designs; Hezbollah and Iran vindicated by the world condemnation of Israel’s barbarous conduct. For months Israel besieged Gaza, starving its civilian inhabitants of essential supplies with no effective international reproach. It’s hard to take dramatic photographs of an empty medicine bottle, but easy to film a bombed out girl’s dorm or a Palestinian mother weeping over the bodies of her five dead daughters, featured on the front page of the Washington Post this week.

Israel’s current crop of leaders are second-raters, and conditions ripe for a forceful push from the U.S., assuming that the new administration has the requisite modicum of courage and ingenuity – a very, very long bet, as bitter experience for nearly forty years instructs us.

In the dying moments of his administration, Bill Clinton nearly brokered a deal between Barak government and Arafat. Hilary Clinton certainly knows that the story of Arafat walking away from “the best possible deal” is a myth fostered by Israel and that it was Barak, facing elections who collapsed the deal at the Taba summit. Everybody knows what the contours of a settlement should be. Olmert, on his way out, put it flatly in his famous October interview in Yediot Aharonot: "We must reach an agreement with the Palestinians, the essence of which is that we shall actually withdraw from almost all the territories, if not from all the territories … Anyone who wants to keep all the territory of [Jerusalem] will have to put 270,000 Arabs behind fences within sovereign Israel. That won't work."

In that same interview Olmert said of his previous 30 years as a politician, apropos the Palestinian question, “I was not ready to look into all the depths of reality." Will Obama and Clinton confront reality? America’s changing and weakening circumstances prompt them to do so. If Obama wants to be judged as anything more than a partisan of the Israel lobby, he will have to make the attempt. That said, no one who has followed US policy in the Middle East with any attention since the Six Day War in 1967 should discard profound pessimism as the anchor for all assessments.

For those who want to get a taste of Hamas’ outlook, where better to turn than to the interview in our latest newsletter with Hamas’s leader, the Damascus-based Khaled Meshal. Last May CounterPuncher Alya Rea and yours truly were among a party of Americans sitting down with Meshal and some aides in a house in the suburbs of Damascus. Meshal himself is an alert and humorous man who looks to be in his early 50s, born in a village not far from Ramallah. He was trained as a physicist, has visited the U.S. a number of times and speaks good English.

In this same bumper edition subscribers get the definitive rundown from the grerat Indian journalist P.Sainath on a prolonged spasm of terrorism which has probably claimed in total well over 200,000 lives. I refer to the neoliberal onslaught on Indian farmers which drove some 17,000 farmers to suicide last year alone, many of them not too far from Mumbai. In this instance the sponsors of terror are not to be found in Pakistan but in economics departments in Chicago, Harvard and Yale and the headquarters of the World Bank.

Talking of academe you’ll also find in the newsletter gratifying testimony to the vile conduct of Harvard Law School during the McCarthy witch-hunts as the School tried to force famed attorney Jonathan Lubell and his twin brother David to Name Names. Finally, in the newsletter There’s an excellent probe by Steve Higgs into the possible environmental causes of autism and a homage by yours truly to the late great English environmental writer Roger Deakin. Subscribe Now!

So let’s turn now to politics as kitsch, and the campaign year just concluded, with hope’s (and Oprah’s) candidate triumphant.

Écrit par : quaeps | 05/01/2009

hjhjh Ilan Pappé (né en 1954), citoyen israélien, est l'un des « nouveaux historiens » qui ont réexaminé de façon critique l'histoire d'Israël et du sionisme.
A la suite, l'an dernier, de son soutien au boycott des universités israéliennes par les pays étrangers, Ilan Pappe, ayant fait l'objet de menaces de mort, a été contraint de démissionner de son poste de professeur de sciences politiques à l'Université d'Haïfa et d'émigrer en Grande-Bretagne.
La vertu outragée d'Israël et ses victimes à Gaza.

(2 janvier 2009) - Mon retour en Galilée a coïncidé avec l'attaque génocidaire d'Israël sur Gaza. L'Etat, par l'intermédiaire de ses médias et de ses intellectuels, n'a parlé que d'une seule voix (encore plus sonore que celle qui s'était fait entendre contre le Liban à l'été 2006). Israël est une fois de plus submergée par sa vertu outragée qui se traduit par la politique de destruction dans la Bande de Gaza. L'autojustification effroyable de cette cruauté et de cette impunité n'est pas seulement exaspérante, c'est un sujet qui mérite que l'on s'y attarde, si on veut comprendre l'immunité internationale dont Israël bénéficie pour les massacres qui se poursuivent à Gaza.
Cette posture est fondée en tout premier lieu sur de purs mensonges débités en novlangue, qui rappellent les heures sombres des années 1930 en Europe. Toutes les demi-heures, un flash à la radio ou à la télévision fait passer les victimes de Gaza pour des terroristes et les massacres d'Israël pour des actes d'autodéfense. Israël se présente à son propre peuple comme la victime vertueuse qui se défend contre un terrible fléau. Le monde universitaire est rameuté pour expliquer combien est démoniaque et monstrueux le combat des Palestiniens dirigé par le Hamas. Ce sont les mêmes universitaires qui avaient diabolisé feu Yasser Arafat, dirigeant palestinien à une époque plus ancienne, et qui avaient décrété l'illégitimité du mouvement du Fatah au cours de la seconde intifada.
Mais les mensonges et les comptes-rendus déformés ne sont pas le pire. C'est l'attaque directe contre le peu qui reste d'humanité et de dignité au peuple palestinien qui est le plus irritant.
Les Palestiniens d'Israël ont exprimé leur solidarité avec le peuple de Gaza et sont désormais considérés comme la cinquième colonne dans l'Etat hébreu, leur droit de rester dans leur patrie étant remis en question, étant donné leur manque de soutien à l'agression israélienne. Ceux qui parmi eux acceptent (à tort, de mon point de vue) de passer dans les médias locaux subissent non pas une interview, mais un véritable interrogatoire, comme s'ils étaient des détenus de la prison de Shin Bet. Leur passage est précédé et suivi de commentaires racistes abjects et ils doivent nier leur appartenance à une cinquième colonne, qui rassemblerait des individus détraqués et fanatiques.
Et encore, ce n'est pas le plus odieux.
Quelques enfants palestiniens des Territoires Occupés sont traités pour des cancers dans les hôpitaux israéliens. Dieu seul sait combien ont dû débourser les familles pour qu'ils y soient admis. La station "Israël Radio" se rend tous les jours dans les hôpitaux pour exiger des malheureux parents qu'ils expliquent aux auditeurs qu'Israël a parfaitement raison d'attaquer la Palestine et que la riposte du Hamas est démoniaque.
Il n'y a pas de limites à l'hypocrisie, essence même de la vertu outragée. Le discours des généraux et des responsables politiques oscille, selon le cas, entre l'autocongratulation devant l'humanité que manifeste l'armée avec ses frappes "chirurgicales" d'une part, et, de l'autre, la nécessité de détruire Gaza une fois pour toutes, mais de façon humaine, bien entendu.
Cette vertu outragée est une constante dans le processus de dépossession, d'abord par les sionistes, puis par Israël. Toutes les opérations, qu'il se soit agi d'épuration ethnique, d'occupation, de massacres ou de destructions ont toujours été présentées comme des actions justes sur le plan moral et relevant de l'autodéfense, perpétrées à contrecœur par Israël dans sa guerre contre des êtres humains de la pire espèce.
Dans son excellent livre "The Returns of Zionism: Myths, Politics and Scholarship in Israel", Gabi Piterberg, analyse les origines idéologiques et les enchaînements historiques de cette vertu outragée.
Actuellement, en Israël, de la gauche à la droite, du Likud à Kadima, des universitaires aux médias, on entend s'exprimer cette vertu outragée d'un état qui est plus préoccupé que tout autre état dans le monde à détruire et à spolier une population autochtone.
Il est essentiel d'étudier les origines idéologiques de cette attitude et de tirer les conclusions politiques qui s'imposent à partir de cette dominante. C'est la vertu outragée qui protège la société et les responsables politiques de tout reproche ou de toute critique venant de l'extérieur.
Mais, pire encore, elle se traduit toujours par des mesures de destruction dirigées contre les Palestiniens. Sans opposition interne et sans pressions extérieures, il en résulte que tout Palestinien peut devenir la cible de cette fureur. Etant donné la puissance de feu de l'Etat hébreu, cela ne peut finir que par d'autres massacres, d'autres assassinats en masse et d'autres épurations ethniques.
Le pharisaïsme est un acte puissant d'abnégation et de défense. Il explique que la société juive israélienne ne se laisse pas impressionner par la voix de la sagesse, les arguments logiques ou le dialogue diplomatique.
Et si on refuse de cautionner la violence comme moyen de la combattre, il n'y a qu'une alternative: montrer que toute cette vertu est une idéologie malsaine destinée à couvrir des atrocités.
L'autre nom de cette idéologie, c'est le sionisme, et la réprobation internationale du sionisme, et pas simplement vis-à-vis des politiques spécifiques d'Israël, est la seule façon de combattre ce pharisaïsme.
Il nous faut tenter d'expliquer, et pas seulement au monde entier, mais aux Israéliens eux-mêmes que le sionisme est une idéologie qui cautionne l'épuration ethnique, l'occupation et aujourd'hui les massacres. Ce qu'il faut aujourd'hui, ce n'est pas seulement condamner les massacres qui ont lieu actuellement, mais également cesser de légitimer cette idéologie qui a engendré une telle politique et qui la justifie moralement et politiquement.
Espérons que des personnalités importantes au niveau international élèveront la voix pour dire à l'Etat hébreu que cette idéologie et l'attitude globale de l'état sont absolument inacceptables et que tant qu'ils persisteront dans cette attitude, Israël sera boycotté et passible de sanctions.
Mais je ne suis pas naïf, Je sais bien que même le massacre de centaines de Palestiniens innocents ne suffirait pas à provoquer un retournement de l'opinion occidentale. Il est encore plus improbable que les crimes commis à Gaza poussent les dirigeants européens à changer de politique vis-à-vis de la Palestine.
Et cependant, nous ne pouvons pas accepter que l'année 2009 ne soit qu'une année de plus, moins importante que 2008, année de la commémoration de la Nakba, qui n'a pas répondu aux grandes espérances que nous avions fondées sur la possibilité que cet événement incite le monde occidental à changer radicalement d'attitude envers la Palestine et les Palestiniens.
Même les crimes les plus abominables semble-t-il, comme le génocide à Gaza, sont traités comme des événements isolés, sans rapport avec d'autres qui se sont produits dans le passé, ni avec une quelconque idéologie.
Au cours de cette nouvelle année, il va falloir ré-expliquer à l'opinion publique l'histoire de la Palestine et la perversité de l'idéologie sioniste qui sert à la fois à justifier les tentatives de génocide, tel celui qui a lieu actuellement à Gaza, et à prendre des garanties sur des actes de barbarie futurs et encore plus barbares.
Au niveau de l'université, cela a déjà été fait. Notre difficulté principale est de trouver comment expliquer efficacement le rapport existant entre l'idéologie sioniste et les politiques de destruction passées, jusqu'à la crise actuelle. Il est peut-être plus facile de le faire maintenant, dans des circonstances aussi dramatiques, au moment où l'attention du monde est dirigée vers la Palestine une fois de plus. Ce serait bien plus difficile dans des périodes plus "calmes" et moins dramatiques.
Dans ces périodes "moins tendues", les médias occidentaux consacreraient peu d'espace au drame de la Palestine, le marginalisant une fois de plus car il serait occulté soit par des génocides abominables perpétrés en Afrique, soit par la crise économique ou par quelque catastrophe environnementale épouvantable ayant lieu quelque part ailleurs dans le monde.
Comme les médias occidentaux ne cherchent pas à accumuler la chronologie des événements, ce n'est que grâce aux travaux de recherche d'historiens que peut être dénoncée l'ampleur des crimes commis à l'encontre du peuple palestinien au cours de ces 60 dernières années.
Donc, c'est le rôle des intellectuels militants et des médias alternatifs d'insister sur le contexte historique. Ces véhicules de la pensée ne devraient pas oublier d'éduquer la population, voire, on l'espère, d'influencer les responsables politiques les plus honnêtes pour qu'ils apprécient les événements dans leur contexte historique.
De la même façon, peut-être saurons-nous comment expliquer clairement aux milieux populaires, par opposition à l'élite universitaire, que la politique d'Israël (au cours des 60 dernières années) est fondée sur une idéologie hégémonique raciste appelée le sionisme, protégée par d'innombrables couches de vertu outragée .
Malgré les accusations prévisibles d'antisémitisme et tout le reste, il est temps d'expliquer aux populations le rapport existant entre l'idéologie sioniste et les grandes dates de l'histoire de ce territoire, familières désormais: l'épuration ethnique de 1948, l'oppression des Palestiniens en Israël pendant la période de gouvernement militaire, l'occupation brutale de la Cisjordanie et aujourd'hui le massacre à Gaza. De même que le système d'apartheid témoignait de la politique oppressive du gouvernement d'Afrique du Sud, cette idéologie (sous sa forme plus consensuelle et simpliste) a permis à tous les gouvernements israéliens, passés et présents, de déshumaniser les Palestiniens, où qu'ils se trouvent, et de s'acharner à les détruire. Les moyens employés variaient selon les époques et selon les endroits, comme les discours pour couvrir les atrocités.
Mais il est clair que ce sujet ne peut être réservé exclusivement aux tours d'ivoire universitaires, et doit faire partie intégrante du discours politique sur les réalités du quotidien en Palestine aujourd'hui.
Certains d'entre nous, à savoir ceux qui militent pour la justice et la paix en Palestine, esquivent inconsciemment le débat en ne se cantonnant, et c'est compréhensible, qu'aux Territoires Occupés (la Cisjordanie et la Bande de Gaza). Si on veut lutter contre cette politique criminelle, il y a une mission urgente à accomplir. Mais cette lutte ne doit pas porter le message, soufflé par Israël et qu'ont allègrement intégré les pouvoirs en place dans le monde occidental, que la Palestine n'est constituée que de la Cisjordanie et la Bande de Gaza, et que les Palestiniens sont les seuls qui vivent sur ces territoires.
Il nous faut étendre la représentation de la Palestine sur le plan géographique et démographique en enseignant le déroulement des événements depuis 1948 jusqu'à nos jours et exiger les mêmes droits civiques et humains pour tous ceux qui vivent, ou vivaient, dans ce que sont aujourd'hui Israël et les Territoires Occupés.
En démontrant le rapport entre la doctrine sioniste, et la politique qui en a résulté, et les atrocités actuelles, nous pourrons offrir une explication claire et logique dans le cadre de la campagne de boycott, de sanctions et de retrait des investissements (dirigée contre Israël, NDT).
Lutter par des actions non violentes contre un état doctrinaire et arrogant qui se permet, aidé en cela par le mutisme des pays étrangers, de déposséder et de détruire les populations autochtones de la Palestine, est une cause juste et morale. C'est également un moyen efficace non seulement de faire prendre conscience des politiques génocidaires à Gaza, mais, espérons-le, d'empêcher que de telles atrocités se reproduisent.
Mais plus important que tout le reste, cela crèvera le ballon de cette vertu outragée qui asphyxie la Palestine chaque fois qu'il est regonflé. Cela contribuera à mettre un terme à l'immunité de l'Occident vis-à-vis de l'impunité d'Israël. Sans cette immunité, on espère que de plus en plus de gens en Israël prendront enfin conscience de la véritable nature des crimes commis en leur nom et, ainsi, leur fureur se retournerait contre ceux qui les ont pris au piège, eux et les Palestiniens, de ce cycle inutile de bain de sang et de violence.

Ilan Pappe est actuellement responsable du département d'Histoire à l'Université d'Exeter, en Grande-Bretagne.

Écrit par : quaeps | 07/01/2009

k Par Robert Fisk, The Independent, 7 janvier 2009

Une fois encore, Israël a ouvert les portes de l’enfer pour les Palestiniens. Quarante morts civils réfugiés dans une école des Nations Unies, et trois encore dans une autre école. Pas mal pour une nuit de travail dans la bande de Gaza pour l’armée qui croit en la « pureté des armes ». Mais pourquoi devrions-nous être surpris ?

Avons-nous oublié les 17500 morts - presque tous des civils, la plupart des enfants et des femmes - de l’invasion du Liban par Israël en 1982 ; les 1700 civils palestiniens morts dans le massacre de Sabra et Chatila ; le massacre à Qana en 1996 dans une base des Nations unies de 106 civils réfugiés libanais , dont plus de la moitié étaient des enfants ; le massacre des réfugiés de Marwahin en 2006, à qui Israël avait ordonné de fuir, et qui ont été tués par un hélicoptère israélien ; les 1000 morts de 2006 durant les bombardements et l’invasion du Liban, dont la quasi-totalité étaient des civils ?

Ce qui est étonnant, c’est que de nombreux dirigeants occidentaux, de nombreux présidents et premiers ministres et, je le crains, de nombreux rédacteurs en chefs et journalistes, ont cru à ce vieux mensonge qui dit que les Israéliens prennent grand soin d’éviter les pertes civiles. « Israël fait tous les efforts possibles pour éviter les pertes civiles », avait déclaré un ambassadeur d’Israël quelques heures seulement avant le massacre de Gaza. Et chaque président et Premier ministre qui a utilisé ce mensonge comme prétexte pour éviter un cessez-le-feu a désormais sur les mains le sang du massacre de la nuit dernière. Si George Bush avait eu le courage de demander un cessez-le-feu immédiat 48 heures plus tôt, ces 40 civils, personnes âgées, femmes et enfants, seraient en vie.

Ce qui s’est passé n’est pas seulement honteux. C’est une infamie. Est-il excessif de le qualifier de crime de guerre ? C’est pourtant ainsi ce que nous nommerions cette atrocité si elle avait été commise par le Hamas. C’est bien un crime de guerre, j’en ai peur. Après avoir rendu compte en tant que journaliste de tant de massacres perpétrés par les armées du Moyen-Orient - par les troupes syriennes, par les troupes irakiennes, par les troupes iraniennes, par des soldats israéliens - je suppose que ma réaction devrait être le cynisme. Mais Israël affirme qu’il mène notre guerre contre le « terrorisme international ». Les Israéliens prétendent qu’ils se battent dans la bande de Gaza pour nous, pour nos idéaux occidentaux, pour notre sécurité, pour nos valeurs. Et nous sommes également complices de cette barbarie qui s’est abattue sur Gaza.

J’ai déjà écrit que les excuses données par l’armée israélienne avaient déjà servi par le passé pour ces atrocités. Puisqu’elles pourraient bien resurgir dans les prochaines heures, en voici quelques-unes : ce sont les Palestiniens qui ont tué leur propre réfugiés ; les Palestiniens ont exhumé des corps de cimetières et les ont disposés dans les ruines ; en fin de compte ce sont les Palestiniens qui sont à blâmer car ils ont soutenu une faction armée ; les combattants Palestiniens utilisent délibérément des réfugiés innocents comme couverture.

Le massacre de Sabra et Chatila a été commis par les alliés d’Israël, l’extrême-droite phalangiste libanaise, sous les yeux des troupes israéliennes qui n’ont pas réagi pendant 48 heures, comme la commission d’enquête israélienne l’a révélé. Quand Israël en a été blâmé, le gouvernement de Menachem Begin a accusé le monde entier de diffamation. Quand l’artillerie israélienne a tiré des obus sur la base des Nations Unies à Qana en 1996, les Israéliens ont affirmé que des hommes en armes du Hezbollah avaient également trouvé refuge dans la base. C’était un mensonge. La responsabilité des 1000 victimes de la guerre de 2006 - qui a débuté lorsque le Hezbollah a capturé deux soldats israéliens à la frontière - a tout simplement été rejetée sur le Hezbollah. Israël a prétendu que les corps des enfants tués dans le deuxième massacre de Qana pouvaient avoir été exhumés d’un cimetière. Encore un mensonge. Le massacre de Marwahin n’a jamais fait l’objet d’excuse. Les gens du village ont reçu l’ordre de fuir, ont obéi aux ordres israéliens et ont ensuite été attaqués par un hélicoptère de combat Israélien. Les réfugiés ont pris leurs enfants et les ont installés autour du camion dans lequel ils voyageaient, pour que les pilotes israéliens puissent voir que c’étaient des civils innocents. Mais l’hélicoptère, volant très près, les a abattu. Seuls deux ont survécu, en simulant la mort. Israël ne s’est même pas excusé.

Douze ans plus tôt, un autre hélicoptère israélien a attaqué une ambulance transportant des civils d’un village voisin - de nouveau, après avoir reçu l’ordre par Israël de quitter les lieux - et a tué trois enfants et deux femmes. Les Israéliens ont affirmé qu’un combattant du Hezbollah se trouvait dans l’ambulance. C’est faux. J’ai couvert l’ensemble de ces atrocités, j’ai enquêté sur chacune d’entre elles et parlé aux survivants. De même qu’un certain nombre de mes collègues. Avec pour résultat, bien sûr, de se voir accusé du pire des crimes : l’antisémitisme.

Et j’écris ce qui suit sans éprouver le moindre doute : nous allons entendre une fois encore tous ces mensonges scandaleux. Nous blâmerons le Hamas - Dieu sait pourtant qu’il y a suffisamment de reproches à lui faire sans y ajouter ce crime. Nous entendrons peut-être aussi le mensonge des cadavres venant d’un cimetière. Nous aurons pratiquement à coup sûr le mensonge du Hamas qui était dans l’école de l’ONU. Et nous aurons très certainement le mensonge de l’accusation d’antisémitisme. Et les phrases creuses de nos dirigeants qui rappelleront au monde que c’est le Hamas qui à l’origine a rompu le cessez-le-feu. Ce n’est pas vrai. C’est Israël qui l’a rompu en premier le 4 novembre, lorsque ses bombardements ont tué six Palestiniens dans la bande de Gaza, puis de nouveau le 17 novembre quand un autre bombardement a tué quatre autres Palestiniens.

Oui, les Israéliens ont droit à la sécurité. Les vingt Israéliens qui sont morts en 10 ans à proximité de la bande de Gaza forment en effet une triste statistique. Mais 600 Palestiniens sont morts en un peu plus d’une semaine, des milliers au fil des ans depuis 1948 - lorsque le massacre israélien de Deir Yassin a contribué à mettre en branle l’exode des Palestiniens de cette partie de la Palestine qui est devenue Israël. Tout cela est d’une toute autre ampleur. Cela ne ressemble pas à un affrontement sanglant comme le Moyen Orient en est coutumier, mais à une atrocité de l’ampleur de celles des guerres des Balkans dans les années 1990.

Mais bien évidemment, lorsqu’un Arabe, en proie à une fureur totale, ressentira contre l’Occident une colère aveugle et incendiaire, nous dirons que cela n’a rien à voir avec nous. Pourquoi donc nous haïssent-ils, allons-nous nous demander ? Ne prétendons pas que nous ne connaissons pas la réponse.

Écrit par : quaeps | 07/01/2009

jkjh "Israel is leveling Gaza to strike at Hamas, just as they pulverized south Lebanon to strike at Hezbollah. Yet in both cases civilian populations were attacked, countless innocents killed or injured, infrastructure targeted and destroyed, and civil law enforcement negated. All this was, and is, disproportionate, indiscriminate mass violence in violation of international law. Israel is not exempt from international law and must be held accountable. It is time for the UN to not just call for a cease-fire, but for an inquiry as to Israel's illegal actions." – US Congressman Dennis Kucinich, 12/29/08

Typically, within the first ten days or so of enrolling in an American law school, in this observer's case, Boston University School of Law, a student will begin to receive from professors or seasoned upper classmates, plenty of gratuitous but well intentioned advice. One bit that still rattles around in my brain came from our Law School Librarian, Mr. Taylor.

More than once, during my three year stint, I heard the sometimes crotchety Mr. Taylor, a brilliant former Boston trial lawyer, intone, with sometimes lavish flair to law students in the Pappas Library trying to concentrate on writing their Briefs for the Homer Albers Moots Court Competition:

"Future lawyers! Remember well! If, God forbid, some miserable wretch on this green earth should have the misfortune or exceedingly poor judgment to hire you to represent them in Court, heed this!

“If you find yourself arguing a case before a skeptical judge or jury and the law is clearly against you, for Christ's sake jump up and down and argue all the facts you can think of in your client's favor!"

Then Mr. Taylor would invariably add, "On the other hand my dears, if the facts of the case are clearly against you, for Christ's sake jump up and down, but this time ignore or deny every single material fact and argue only the law. Look the judge or jury straight in the eye, with tears in yours, lower your voice and softly rant about the technicalities of the law and how the very survival of Western Civilization, which came to us, after all, with our mothers milk, depends on strictly applying it in your client’s favor".

Harvard Law Professor Alan Dershowitz, in his latest Arab-phobic, ultra-Zionist screed, in last week's Wall Street Journal in defense of Israel's ongoing slaughter in Gaza, having neither the law nor the facts in his favor, figuratively at least, just jumps up and down and rants.

In his January 2, 2009 article in the Wall Street Journal entitled 'Israel's Policy Is Perfectly Proportionate', Professor Dershowitz defends Israel's operation "Molten Lead" and while doing so consistently misstates the facts and the law.

Alan Dershowitz: "Hamas knew that Israel would never fire at a home with civilians in it"

Fact Check: On the contrary, Hamas and every person over 7 years old in the 1.5 million Palestinians in Gaza, as well as in Lebanon and Palestine know that Israel will for sure "fire at a home with civilians in it." And also ambulances, convoys fleeing a war zone with prior UN and IDF approval and waving white flags, homes with only five children and their mother inside as they did in Nabysheet, Lebanon on July 19, 2006, destroying the family of my friend Abu Mohammad Chokr. History has shown that is what Israel does regularly and why it is increasingly a pariah state.

Virtually every human rights organization including Human Rights Watch, Amnesty International and relevant UN Agencies, the European Union, objective Israeli and international investigative journalists digging beneath the mainstream media headlines has documented hundreds of cases of Israel targeting " a home with civilians in it". No fewer than 234 cases of firing on civilians in South Lebanon alone during 2006, and hundreds of others in Palestine. In the past week in Gaza (29 December 2008- 6 Jan 2009), Israel fired on more than 54 homes with civilians in them.

Alan Dershowitz: "Terrorists firing at Sderot are so proud of their actions that they sign their weapons".

Fact Check: Goodness Professor, since the days of cave men, the armies of Greece, Rome, Genghis Khan, to cowboys in the American west notching or 'signing' their six-guns and rifles, one imagines virtually every army in history has been done this. We do know the 'most moral', 'elite' and 'purity of arms' guys and gals in the Israeli Occupation Forces (IOF) do it as well. Yet it is a bit less sinister for lonely scared fighters to sign their weapons as a 'security blanket' than for the Public Information unit in the Israeli Ministry of Foreign Affairs to herd Israeli youngsters onto buses, as was done in 2006 in Lebanon, to visit IDF artillery bases and be given felt pens and told to sign the 155 mm cluster bomb rounds containing US supplied M-24, M-77 bomblets, before they are fired into South Lebanon in to kill and maim fellow school children.

And indeed, sorry to be indelicate, but it is also a bit more civilized to sign one's weapon than the traditional practice of the Israeli forces entering civilian houses in numerous villages in South Lebanon in 2006 (they did the same this in during their wars against Lebanon in1978, 1982, 1993, and 1996— and rubbing their faeces over walls, inside water tanks, in pillows, beds etc poisoning wells and booby trapping children's toys (apparently it's an Occupation thing that warrants psychological study).

Alan Dershowitz: "Since Israel ended its occupation of Gaza, Hamas has fired thousands of rockets"

Fact Check: Israel never ended its occupation of Gaza. Following the September 2005 dismantling of its illegal colony/settlements, Israel maintained nearly total control of Gaza's borders, airspace, territorial waters (preventing most fishing), electricity, life-lines and economy, turning it into a sealed prison resembling the Warsaw Ghetto, according to UN Special Rapporteur, Richard Falk.

Palestinians living in Gaza have not only the right but the obligation to resist Israel's continuing illegal occupation. Indeed, the very existence of Gaza is a historical reminder of those hundreds of thousands of Palestinians who lost their homes to Israel. Gaza is a Palestinian refugee camp—all of it. More than 80% of its inhabitants were victims of Zionist terrorism that pushed them off their land—many from Askalaan (Ashkelon), their heritage from that now Jewish town nearly erased.

Alan Dershowitz: "Barack Obama visited Sderot this summer and saw the remnants of these rockets, he reacted by saying that if his two daughters were exposed to rocket attacks in their home, he would do everything in his power to stop such attacks. He understands how the terrorists exploit the morality of democracies".

Fact Check: President-elect Obama feels the very same that every parent does including the parents of the 800,000 Palestinian children in Gaza including the parents of more than 147 children killed during the past seven days.

Alan Dershowitz's claim of Israel as a 'moral democracy' is not backed by the facts. The 20% of its population that are Arabs are not included in this myth. Countless studies by Israeli and international human rights organizations, researchers and on the scene journalists have painstakingly documented the apartheid nature of Israel. When it comes to education, housing, employments, medical services, government loans, travel, marriage, Israel's Arab population does not share in the "moral democracy" of Israel, only in its immoral, racist Apartheid system.

Alan Dershowitz: "Hamas knows from experience that even a small number of innocent Palestinian civilians killed inadvertently will result in bitter condemnation of Israel by many in the international community".

Fact Check: And well should such killings, even if inadvertent, be condemned. But Professor Dershowitz's 'small number' is not a small number for the rest of the World. During the July 2006 War (not the "Second Lebanon War" as Israeli apologists like to refer to it while overlooking the Israeli Wars against Lebanon in 1978, 1993, and 1996) an estimated 82% of those killed in Lebanon were civilians, more than one-third children under age of 15. A 'small number' only in Alan's World. In Gaza the same pattern may or may not hold. Either way, the World, and not just Hamas, is getting tired of Israel inadvertently killing 'small numbers' of those it occupies or attacks.

Alan Dershowitz: "Israel goes to enormous lengths to reduce the number of civilian casualties — even to the point of foregoing legitimate targets that are too close to civilians".

Fact Check: Nonsense, Professor. If the targets are "too close to civilians" such as their homes, schools, cars, places of worship, hospitals etc. they are, by definition, not legitimate. But there is no evidence that "enormous lengths to reduce the number of civilian casualties" have ever been taken by Israel when attacking its neighbors. The absence of Zionist concern for civilians has been the case going back more than 70 years, since the Zionist gangs in pre-Nakba Palestine, between December 12, 1947 at Haifa and Ramla to November 2, 1948 at Arab al-Mawasi, not quite one year, committed 27 massacres of civilians in Palestine. This practice continues until today in Gaza with the weekend's killing of three rescuers in an Israeli attack in Tal el-Hawa, killing two medics in an ambulance in Hay al Zaytoun, and five children from one family near al-Shifa Hospital.

Écrit par : quaeps | 07/01/2009

JERUSALEM, 12 jan 2009 (AFP) - La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a fait part lundi de l’inquiétude de son pays face à l’existence d’"une vague d’actes antisémites" à travers le monde, en rapport avec le conflit actuel dans la bande de Gaza.

Mme Livni a "exprimé l’inquiétude d’Israël concernant la vague actuelle d’attaques antisémites dans divers endroits du monde", rapporte son bureau dans un communiqué. "Nous avons recueilli avec une grande inquiétude et du dégoût de nombreux récits d’attaques physiques, morales, verbales et autres manifestations antisémites contre les juifs et les citoyens d’Israël à divers endroits du monde", est-il expliqué. "Quel que soit l’opinion de chacun sur l’opération (à Gaza), cela ne devrait jamais être un recours pour légitimer la haine et les incitations antisémites", ajoute le communiqué. L’offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza a fait depuis le 27 décembre plus de 900 morts palestiniens, entraînant de nombreuses manifestations à travers le monde. Des actes antisémites ont été rapportés dans plusieurs pays, notamment en France. "Israël invite les dirigeants internationaux à condamner (...) et combattre ces (actes) sous toutes leurs formes", souligne encore le communiqué du bureau de Mme Livni.

Écrit par : quaeps | 12/01/2009

gfhf La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a eu "honte" de devoir s'abstenir jeudi dernier lors du vote de la résolution du conseil de sécurité de l'ONU sur Gaza, sur ordre du président George W. Bush, a déclaré le premier ministre israélien Ehud Olmert.

M. Olmert a affirmé qu'il avait au préalable interrompu un discours de M. Bush pour lui expliquer par téléphone que les Etats-Unis ne pouvaient voter, en l'état, en faveur de cette résolution.

Mme Rice"a eu honte. (C'était) une résolution qu'elle avait préparée et au final elle a dû s'abstenir de voter pour", a déclaré Ehud Olmert lors d'un discours dans le sud d'Israël.
"Dans la nuit de jeudi à vendredi, quand la secrétaire d'Etat souhaitait soumettre le vote sur un cessez-le-feu au conseil de sécurité de l'ONU, nous ne voulions pas qu'elle vote en faveur du texte", a-t-il expliqué.

Écrit par : quaeps | 12/01/2009

es responsables israéliens en charge de l'organisation des élections ont interdit lundi aux partis politiques arabes de se présenter lors du scrutin anticipé du 10 février prochain. Lire la suite l'article
Articles liés

* L'ONU appelle les pays du Golfe à financer l'aide aux Palestiniens de Gaza
* Israël envoie les réservistes dans la Bande de Gaza et frappe de nouvelles cibles du Hamas
* Le gouvernement israélien préoccupé par l'augmentation des actes antisémites en Europe
* Plus d'articles sur : Israël-Palestine

Discussion: Israël-Palestine

La porte-parole du Parlement, Giora Pordes, a annoncé que le Comité électoral central avait voté à une majorité écrasante l'interdiction de deux blocs de partis arabes, estimant qu'ils étaient coupables d'incitation et de soutien au terrorisme.

Le Comité électoral est constitué de représentants des partis politiques d'Israël. Le parlementaire arabe Ahmed Tibi a qualifié cette décision de raciste, ajoutant qu'il allait faire appel auprès de la Cour suprême. Environ un cinquième des sept millions de citoyens israéliens sont arabes. A

Écrit par : quaeps | 12/01/2009

es responsables israéliens en charge de l'organisation des élections ont interdit lundi aux partis politiques arabes de se présenter lors du scrutin anticipé du 10 février prochain. Lire la suite l'article
Articles liés

* L'ONU appelle les pays du Golfe à financer l'aide aux Palestiniens de Gaza
* Israël envoie les réservistes dans la Bande de Gaza et frappe de nouvelles cibles du Hamas
* Le gouvernement israélien préoccupé par l'augmentation des actes antisémites en Europe
* Plus d'articles sur : Israël-Palestine

Discussion: Israël-Palestine

La porte-parole du Parlement, Giora Pordes, a annoncé que le Comité électoral central avait voté à une majorité écrasante l'interdiction de deux blocs de partis arabes, estimant qu'ils étaient coupables d'incitation et de soutien au terrorisme.

Le Comité électoral est constitué de représentants des partis politiques d'Israël. Le parlementaire arabe Ahmed Tibi a qualifié cette décision de raciste, ajoutant qu'il allait faire appel auprès de la Cour suprême. Environ un cinquième des sept millions de citoyens israéliens sont arabes. A

Écrit par : quaeps | 12/01/2009

hgj

Israel Is Committing War Crimes

01.10.2009 | The Wall Street Journal
By GEORGE E. BISHARAT
professor at Hastings College of the Law in San Francisco.

Hamas's violations are no justification for Israel's actions

Israel's current assault on the Gaza Strip cannot be justified by self-defense. Rather, it involves serious violations of international law, including war crimes. Senior Israeli political and military leaders may bear personal liability for their offenses, and they could be prosecuted by an international tribunal, or by nations practicing universal jurisdiction over grave international crimes. Hamas fighters have also violated the laws of warfare, but their misdeeds do not justify Israel's acts.

The United Nations charter preserved the customary right of a state to retaliate against an "armed attack" from another state. The right has evolved to cover nonstate actors operating beyond the borders of the state claiming self-defense, and arguably would apply to Hamas. However, an armed attack involves serious violations of the peace. Minor border skirmishes are common, and if all were considered armed attacks, states could easily exploit them -- as surrounding facts are often murky and unverifiable -- to launch wars of aggression. That is exactly what Israel seems to be currently attempting.

Israel had not suffered an "armed attack" immediately prior to its bombardment of the Gaza Strip. Since firing the first Kassam rocket into Israel in 2002, Hamas and other Palestinian groups have loosed thousands of rockets and mortar shells into Israel, causing about two dozen Israeli deaths and widespread fear. As indiscriminate attacks on civilians, these were war crimes. During roughly the same period, Israeli forces killed about 2,700 Palestinians in Gaza by targeted killings, aerial bombings, in raids, etc., according to the Israeli human rights group B'Tselem.

But on June 19, 2008, Hamas and Israel commenced a six-month truce. Neither side complied perfectly. Israel refused to substantially ease the suffocating siege of Gaza imposed in June 2007. Hamas permitted sporadic rocket fire -- typically after Israel killed or seized Hamas members in the West Bank, where the truce did not apply. Either one or no Israelis were killed (reports differ) by rockets in the half year leading up to the current attack.

Israel then broke the truce on Nov. 4, raiding the Gaza Strip and killing a Palestinian. Hamas retaliated with rocket fire; Israel then killed five more Palestinians. In the following days, Hamas continued rocket fire -- yet still no Israelis died. Israel cannot claim self-defense against this escalation, because it was provoked by Israel's own violation.

An armed attack that is not justified by self-defense is a war of aggression. Under the Nuremberg Principles affirmed by U.N. Resolution 95, aggression is a crime against peace.

Israel has also failed to adequately discriminate between military and nonmilitary targets. Israel's American-made F-16s and Apache helicopters have destroyed mosques, the education and justice ministries, a university, prisons, courts and police stations. These institutions were part of Gaza's civilian infrastructure. And when nonmilitary institutions are targeted, civilians die. Many killed in the last week were young police recruits with no military roles. Civilian employees in the Hamas-led government deserve the protections of international law like all others. Hamas's ideology -- which employees may or may not share -- is abhorrent, but civilized nations do not kill people merely for what they think.

Deliberate attacks on civilians that lack strict military necessity are war crimes. Israel's current violations of international law extend a long pattern of abuse of the rights of Gaza Palestinians. Eighty percent of Gaza's 1.5 million residents are Palestinian refugees who were forced from their homes or fled in fear of Jewish terrorist attacks in 1948. For 60 years, Israel has denied the internationally recognized rights of Palestinian refugees to return to their homes -- because they are not Jews.

Although Israel withdrew its settlers and soldiers from Gaza in 2005, it continues to tightly regulate Gaza's coast, airspace and borders. Thus, Israel remains an occupying power with a legal duty to protect Gaza's civilian population. But Israel's 18-month siege of the Gaza Strip preceding the current crisis violated this obligation egregiously. It brought economic activity to a near standstill, left children hungry and malnourished, and denied Palestinian students opportunities to study abroad.

Israel should be held accountable for its crimes, and the U.S. should stop abetting it with unconditional military and diplomatic support.

Écrit par : quaeps | 12/01/2009

jfgjhfg WASHINGTON — In an unusually public rebuke, Prime Minister Ehud Olmert of Israel said Monday that Secretary of State Condoleezza Rice had been forced to abstain from a United Nations resolution on Gaza that she helped draft, after Mr. Olmert placed a phone call to President Bush.

“I said, ‘Get me President Bush on the phone,’ ” Mr. Olmert said in a speech in the southern Israeli city of Ashkelon, according to The Associated Press. “They said he was in the middle of giving a speech in Philadelphia. I said I didn’t care: ‘I need to talk to him now,’ ” Mr. Olmert continued. “He got off the podium and spoke to me.”

Israel opposed the resolution, which called for a halt to the fighting in Gaza, because the government said it did not provide for Israel’s security. It passed 14 to 0, with the United States abstaining.

Mr. Olmert claimed that once he made his case to Mr. Bush, the president called Ms. Rice and told her to abstain. “She was left pretty embarrassed,” Mr. Olmert said, according to The A.P.

The State Department disputed Mr. Olmert’s account. “Her recommendation was to abstain; that was her recommendation all along,” said an official, speaking on condition of anonymity because of the delicate nature of the matter.

After the vote, Ms. Rice said the United States “fully supports” the resolution, which called for “an immediate, durable and fully respected cease-fire leading to the full withdrawal of Israeli forces from Gaza,” but opted to abstain to see the outcome of an Egyptian-French peace initiative.

Ms. Rice did not respond to Mr. Olmert’s remarks, which were unusual even in the context of the secretary’s occasionally bumpy relationship with the prime minister, according to the official.

Privately, Mr. Olmert has said Ms. Rice sometimes had to be reined in for getting ahead of the president on policy. “They have a good relationship, but there have been some ups and downs,” the State Department official said.

Écrit par : hjkh | 13/01/2009

utyu Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a raconté lundi soir avoir téléphoné en urgence à George Bush afin que celui-ci ordonne à la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice de ne pas voter en faveur de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza. "Il a donné un ordre à la secrétaire d'Etat et elle n'a pas voté en faveur de cette résolution qu'elle avait préparée, formulée, organisée et négociée. Elle a été plutôt humiliée et s'est abstenue sur une résolution qu'elle avait mise au point", a affirmé le Premier ministre israélien.

Écrit par : hjkh | 13/01/2009

jhgj JERUSALEM (Reuters) - Israeli Prime Minister Ehud Olmert said a telephone call he made to U.S. President George W. Bush last week forced Secretary of State Condoleezza Rice to abstain in a U.N. vote on the Gaza war, leaving her "shamed."

Pouring on political bravado in a speech late Monday, Olmert said he demanded to talk to Bush with only 10 minutes to spare before a U.N. Security Council vote Thursday on a resolution opposed by Israel calling for an immediate cease-fire.

"When we saw that the secretary of state, for reasons we did not really understand, wanted to vote in favour of the U.N. resolution ... I looked for President Bush and they told me he was in Philadelphia making a speech," Olmert said.

"I said, 'I don't care. I have to talk to him now,'" Olmert said, describing Bush, who leaves office on January 20, as "an unparalleled friend" of Israel.

"They got him off the podium, brought him to another room and I spoke to him. I told him, 'You can't vote in favour of this resolution.' He said, 'Listen, I don't know about it, I didn't see it, I'm not familiar with the phrasing.'"

Olmert said he then told Bush: "'I'm familiar with it. You can't vote in favour.'

"He gave an order to the secretary of state and she did not vote in favour of it -- a resolution she cooked up, phrased, organised and manoeuvred for. She was left pretty shamed and abstained on a resolution she arranged," Olmert said.

Fourteen of the Security Council's 15 members supported the resolution, which has failed to halt Israel's offensive in the Gaza Strip and Hamas's cross-border rocket fire.

Olmert, under police investigation over alleged corruption, resigned as prime minister in September but is serving in a caretaker capacity until a new government is formed after Israel's February 10 parliamentary election.

Écrit par : hjkh | 13/01/2009

ytty eux élèves du lycée Janson-de-Sailly (Paris 16e) ont été victimes d'une agression, jeudi 8 janvier, devant leur établissement. Les lycéens, âgés de 15 et 17 ans, d'origine maghrébine, ont été roués de coups par des jeunes gens venus distribuer des tracts pour La Ligue de défense juive (LDJ), une organisation extrémiste interdite aux Etats-Unis et en Israël. Les familles des victimes ont déposé plainte pour "violences volontaires en réunion à caractère raciste".




A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi.
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts

Sur le même sujet

Les faits
Actes antisémites : Nicolas Sarkozy condamne des "violences inadmissibles"
Les faits Une synagogue de Saint-Denis visée par un cocktail Molotov

Les faits "Quelle que soit la religion ou l'appartenance culturelle d'un élève, il est un petit Français"

Edition abonnés Archive : Une voiture incendiée près d'une synagogue de Toulouse
"J'attendais mon cousin devant le lycée, quand j'ai vu les jeunes lui donner un tract. Moi je l'ai refusé. Mon cousin l'a mis à la poubelle et ils lui ont demandé "Pourquoi tu le jettes ?"", explique M., l'un des deux lycéens agressés. "Et comme je m'approchais, ils m'ont mis un coup de genou au bas ventre et un coup à l'arcade sourcilière. Puis deux se sont attaqués à mon cousin. Après, quelqu'un a dit "Y'a les flics", et ils sont partis", poursuit-il. "Quand je suis arrivée au lycée, les policiers étaient sur place avec le tract en question", raconte sa mère. "Comme par hasard ce sont les deux jeunes un peu typés qui ont été tabassés", déplore-t-elle. Le tract signé LDJ appelle le "jeune juif à défendre la communauté juive face aux agressions antisémites".

Cet incident survenu deux jours avant les manifestations en faveur des Palestiniens "n'a toujours pas été condamné par les autorités", déplore le président de l'Association des victimes d'injustice, saisie par les parents des deux victimes. Cette association, présidée par Rachid Nekkaz, fugace candidat à la présidentielle de 2007, entend réclamer la poursuite des auteurs et l'interdiction de la LDJ. "Quand une synagogue est attaquée, tout le monde réagit, et c'est très bien. Les Français d'origine maghrébine doivent bénéficier du même traitement en termes politiques", juge-t-il.

A l'issue de la manifestation en soutien à Israël, le 4 janvier, huit personnes avaient été interpellées en possession illégale d'armes.

Écrit par : te | 13/01/2009

h JERUSALEM - Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a raconté lundi soir avoir téléphoné en urgence à George Bush afin qu'il ordonne à la secrétaire d'État Condoleezza Rice de ne pas voter en faveur de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza.



Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a raconté lundi soir avoir téléphoné en urgence à George Bush afin qu'il ordonne à la secrétaire d'État Condoleezza Rice (au centre) de ne pas voter en faveur de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza. À Washington, la Maison blanche a réagi en parlant d'"informations de presse inexactes". (Reuters/Jason Reed)

À Washington, la Maison blanche a réagi en parlant d'"informations de presse inexactes". Pour Sean McCormack, porte-parole du département d'État qui était aux côtés de Rice à l'Onu, les propos rapportés sont "totalement et à 100% faux".

"Plutôt humiliée", aux dires d'Ehud Olmert, la chef de la diplomatie américaine s'est finalement abstenue et la résolution a été adoptée le 8 janvier par les 14 autres membres du Conseil.

Lundi soir, dans un discours, Ehud Olmert s'est vanté d'avoir exigé de parler à George Bush à dix minutes du vote.

"Quand nous avons vu que la secrétaire d'Etat, pour des raisons que nous n'avons pas vraiment comprises, voulait voter en faveur de la résolution de l'Onu (...), j'ai cherché le président Bush et on m'a dit qu'il était en train de prononcer un discours à Philadelphie", a-t-il dit.

"J'ai dit : 'Tant pis, il faut que je lui parle maintenant'", a poursuivi Ehud Olmert, décrivant le président sortant américain comme un "ami sans égal" d'Israël.

"Ils l'ont fait descendre de la tribune, l'ont conduit dans une pièce à part et je lui ai parlé."

"Je lui ai dit : 'Vous ne pouvez pas voter en faveur de cette résolution.'"

"Il a dit : 'Ecoute, je ne suis pas au courant. Je ne l'ai pas vue. Je ne connais pas bien la formulation.'"

Ce à quoi Ehud Olmert a répondu: "'Moi, je la connais. Vous ne pouvez pas voter pour'."

"Il a donné un ordre à la secrétaire d'Etat et elle n'a pas voté en faveur de cette résolution qu'elle avait préparée, formulée, organisée et négociée. Elle a été plutôt humiliée et s'est abstenue sur une résolution qu'elle avait mise au point", a affirmé le Premier ministre israélien.

TRACTATIONS

Ehud Olmert, qui a démissionné de son poste en septembre, exerce les fonctions de Premier ministre par intérim jusqu'à la nomination d'un successeur après les élections législatives du 10 février.

Les ministres arabes présents lors des délibérations qui ont précédé le vote de la résolution ont indiqué que Condoleezza Rice leur avait promis l'appui des États-Unis, avant de faire apparemment volte-face après avoir parlé à George Bush.

Quelques minutes avant le vote, l'entourage de Rice a promis aux journalistes que cette dernière s'exprimerait brièvement sur le sujet. Mais il a soudainement annulé le rendez-vous, expliquant que la secrétaire d'État devait s'entretenir par téléphone avec le président américain.

Les autres ministres ont patienté le temps que Condoleezza Rice termine son entretien. Elle a ensuite regagné la salle du Conseil, s'est entretenue en petit comité avec les ministres arabes qui ont hoché la tête en l'écoutant.

Immédiatement après le scrutin, Condoleezza Rice est repartie pour Washington sans parler à la presse. Sa porte-parole n'a pas fait suite à des nombreux appels et courriels lui demandant pourquoi elle était revenue sur sa promesse de soutenir la résolution.

Rice avait joint ses efforts à ceux des ministres français et britannique des Affaires étrangères pour mettre au point le texte et les trois pays occidentaux avaient négocié pendant trois jours avec les pays arabes sur la formulation du document.

Jeffrey Heller, avec Tabassum Zakaria à Washington, version française Jean-Stéphane Brosse et Jean-Loup Fiévet

Écrit par : te | 14/01/2009

tyjt « Même après les Accords d’Oslo de 1993, Gaza est restée isolée d’Israël, et a été simplement utilisée comme une réservoir de travailleurs à bon marché ; pendant les années 1990, la « paix » a signifié pour Gaza sa transformation progressive en un ghetto. » L’universitaire Ilan Pappe replace les évènements actuels dans leur contexte historique, et rappelle que depuis la première Intifada, la bande de Gaza a peu à peu été transformée en prison isolée du monde, régulièrement visée par des raids de l’armée israélienne qui ont fait trois mille victimes dont plus de 600 enfants depuis l’année 2000.

Par Ilan Pappe, London Review of Books, 14 janvier 2009

En 2004, l’armée israélienne a commencé à construire une ville arabe factice dans le désert du Néguev. Elle a la taille d’une vraie ville, avec des rues (chacune portant un nom), des mosquées, des bâtiments publics et des voitures. Construite pour un coût de 45 millions de dollars, cette ville fantôme est devenue un Gaza factice durant l’hiver 2006, après que le Hezbollah ait combattu Israël au nord, pour que l’armée israélienne puissent se préparer à mener « une meilleure guerre » contre le Hamas au sud.

Quand le Chef d’Etat major israélien Dan Halutz a visité le site après la guerre du Liban, il a déclaré à la presse que les soldats « se préparaient au scénario qui se déroulera dans les quartiers densément peuplés de la Ville de Gaza ». Après une semaine de bombardement de Gaza, Ehud Barak a assisté a une répétition de la guerre terrestre. Les équipes étrangères de télévision l’ont filmé pendant qu’il observait l’armée de terre conquérir la ville factice, prendre d’assaut les maisons vides et tuant sans aucun doute les « terroristes » s’y cachant.

« le problème c’est Gaza, » déclarait au mois de juin 1967 Levy Eshkol, alors premier ministre d’Israël. « J’y ai été en 1956 et ai vu des serpents venimeux marcher dans les rues. Nous devrions refouler certains d’entre eux dans le Sinaï, et espérer que les autres immigreront. » Eshkol discutait du sort des territoires récemment occupés : lui et son cabinet voulaient la Bande de Gaza, mais pas les gens qui y habitent.

Les Israéliens se réfèrent souvent à Gaza comme « Me’arat Nachashim » une fosse de serpents. Avant la première Intifada, lorsque le territoire fournissait à Tel Aviv des salariés qui lavaient leurs plats et nettoyaient leurs rues, les Gazaouis ont été décrits plus humainement. La « lune de miel » s’est terminée pendant la première Intifada, après une série d’incidents dans lesquels quelques uns de ces employés ont poignardé leurs employeurs. La ferveur religieuse que l’on disait avoir inspiré ces attentats isolés a produit une vague de sentiment islamophobe en Israël, qui a mené au premier enfermement de Gaza et la construction d’une barrière électrifiée autour du territoire. Même après les Accords d’Oslo de 1993, Gaza est restée isolée d’Israël, et a été simplement utilisée comme réservoir de travailleurs à bon marché ; pendant les années 1990, la « paix » a signifié pour Gaza sa transformation progressive en un ghetto.

En 2000, Doron Almog, alors chef du Commandement militaire sud, a commencé à surveiller les frontières de Gaza : « Nous avons établi des points d’observation équipés avec la meilleure technologie et nos troupes ont été autorisées à faire feu sur quiconque atteignant la clôture, depuis une distance de six kilomètres, » se vantait-il, suggérant qu’une politique similaire devrait être adoptée pour la Cisjordanie. Durant ces deux dernières années, une centaine de Palestiniens ont été tués par les soldats simplement pour s’être trop approchés des clôtures. De 2000 jusqu’au déclenchement de la guerre actuelle, les forces israéliennes ont tué trois mille Palestiniens (dont 634 enfants) dans Gaza.

Entre 1967 et 2005, la terre et l’eau de Gaza ont été pillés par les colons juifs de Gush Katif au détriment de la population locale. Le prix à payer pou la paix et de la sécurité pour les Palestiniens vivant là était de se résoudre à l’emprisonnement et à la colonisation. Depuis 2000, les Gazaouis ont choisi au contraire de résister, en plus grand nombre et avec plus de force. Ce n’était pas le type de résistance que l’Occident approuve : elle était Islamique et armée. Elle s’est caractérisée par l’emploi de fusées Qassam rustiques, qui ont d’abord été lancées principalement en direction des colons de Katif. Pour l’armée israélienne la présence des colons rendait cependant difficile de réagir avec la brutalité qu’elle utilise contre les cibles purement palestiniennes. Par conséquent les colons ont été retirés, non pas en tant que partie d’un processus de paix unilatéral comme beaucoup l’ont affirmé a l’époque (au point de suggérer d’attribuer le prix Nobel de la paix à Ariel Sharon), mais plutôt pour faciliter toute action militaire ultérieure contre la Bande de Gaza et consolider le contrôle de la Cisjordanie.

Après le désengagement de Gaza, le Hamas a pris le dessus, tout d’abord par des élections démocratiques, puis ensuite lorsqu’a été mise en échec de façon préemptive une tentative de prise du pouvoir du Fatah soutenue par les Américains. Pendant ce temps, les gardes-frontière israéliens ont continué à tuer quiconque s’approchait de trop près, et un blocus économique a été imposé sur Gaza. Le Hamas a réagi en lançant des missiles vers Sderot, donnant a Israël un prétexte pour utiliser son armée de l’air, son artillerie et ses hélicoptères de combat. Israël a prétendu tirer sur « les aires de lancement de missiles », mais dans la pratique cela signifiait n’importe où et partout dans Gaza. Le nombre de blessés a été élevé : pour la seule année 2007 trois cent personnes ont été tuées dans Gaza, dont des dizaines d’enfants.

Israël justifie son action à Gaza comme faisant partie du combat contre le terrorisme, bien qu’il ait lui-même violé tous les lois internationales de la guerre. Les Palestiniens, semble-t-il, ne peuvent avoir leur place dans la Palestine historique à moins qu’ils n’acceptent de vivre privés des droits civiques et humains essentiels. Ils peuvent être soit des citoyens de seconde classe dans l’état d’Israël, soit des détenus dans les méga-prisons de Cisjordanie et de la bande de Gaza. S’ils résistent ils sont susceptibles d’être emprisonnés sans procès, ou tués. Tel est le message d’Israël.

La résistance en Palestine a toujours été basée dans les villages et les villes ; d’où aurait-elle pu venir d’autre ? C’est pourquoi les villes et les villages palestiniens, factices ou réels, ont été décrits depuis la révolte arabe de 1936 comme des « bases ennemies » dans les plans et les missions militaires. N’importe quelles représailles ou actions punitives ne peuvent que cibler des civils, parmi lesquels il peut y avoir une poignée de gens qui sont impliqués dans la résistance active contre Israël. Haifa a été traitée comme une base ennemie en 1948, comme l’a été Jénine en 2002 ; aujourd’hui Beit Hanoun, Rafah et Gaza sont considérés comme tels. Quand vous avez la puissance de feu, et aucune inhibition morale à massacrer des civils, vous obtenez la situation que nous observons aujourd’hui dans Gaza.

Mais ce n’est pas uniquement dans le discours des militaire que les Palestiniens sont déshumanisés. Un processus similaire est en cours dans la société civile juive en Israël, et il explique le soutien massif qui y existe en faveur du carnage de Gaza. Les Palestiniens ont été tellement déshumanisés par les juifs israéliens - que ce soit par les politiques, les soldats ou les citoyens ordinaires - que leur meurtre vient naturellement, tout comme le fait de les expulser en 1948, ou de les emprisonner dans les Territoires Occupés. La réponse occidentale actuelle indique que ses dirigeants politiques ne voient pas la connexion directe entre la déshumanisation sioniste des Palestiniens et les politiques barbares d’Israël dans Gaza. Il existe un grave danger que, à la conclusion de « l’Opération plomb durci », Gaza elle-même ne ressemble à la ville fantôme du Néguev.

Écrit par : quaeps | 18/01/2009

gfhf
Assainir les réserves naturelles, améliorer les systèmes d’épuration, engager une rénovation massive des canalisations : tels sont les chantiers gigantesques qui attendent la Confédération ces prochaines années pour se conformer à la Directive cadre de l’Union européenne sur l’eau. Le coût des travaux est estimé à quelques dizaines de milliards de francs. Qui passera à la caisse ? Au bout du robinet, ce sont les consommateurs qui verront leur facture exploser.

Lire dans le détail les réglementations de l’Union européenne est une tache ingrate. Les comprendre, un boulot de spécialiste. Voyons par exemple la Directive cadre de l’Union européenne sur l’eau (DCE), adoptée fin 2000 à Bruxelles et fixant des « objectifs environnementaux » pour « parvenir à un bon état écologique » des eaux avant décembre 2015. Volumineux et complexe, le document est imbuvable. Des experts et chercheurs universitaires ont pris le soin de l’étudier, pour traduire les enjeux en langage courant : l’Union européenne demande à tous les pays membres d’effectuer un recensement complet des réserves sur leur territoire ; d’assainir lacs et rivières ; d’améliorer les systèmes d’épuration ; enfin, d’engager une rénovation massive des canalisations. Le tout pour respecter de nouvelles normes, draconiennes, en matière de qualité et de gestion de l’eau. Le coût de ces chantiers gigantesques : entre 10 et 60milliards d’euros selon les pays, en fonction de leur écosystème et de leurs infrastructures.

Une occasion de privatiser

Un scénario de science-fiction, cette directive ? Au contraire. Bruxelles a même prévu des pénalités et des amendes salées pour les Etats qui ne se plieraient pas à ces exigences. Tout est inscrit dans -et entre- les lignes de la DCE, analyse en France Bernard Barraqué, directeur de recherche au CNRS (Centre national de recherches scientifiques, lire ci-dessous). Pour les gouvernements qui paniqueraient face aux investissements exorbitants à assurer sur ces prochaines années, l’UE donne une recette : partager les dépenses. Et la marche à suivre : confier les travaux et la gestion de l’eau à des multinationales expérimentées, privatiser tout ce qui est possible, et faire payer aux consommateurs « le juste prix de l’eau », toutes prestations incluses. Autant le savoir, la facture va exploser. A Paris, Jean-Luc Touly, président de l’Association pour un contrat mondial de l’eau (ACME-France), monte au créneau : « Les lobbyistes de Veolia (ex-Vivendi, groupe leader mondial de la gestion de « l’or bleu ») sont très implantés à Bruxelles, à Strasbourg et à l’Assemblée nationale. On estime qu’ils sont plus de 1500 à travailler à temps plein pour défendre les intérêts de la multinationale auprès des instances gouvernementales », françaises ou européennes. Pas étonnant, dès lors, si dans les textes de la DCE, « Veolia a obtenu des normes européennes sur mesure » qui lui ouvrent les plus grands marchés à venir dans le secteur : entre autres, l’épuration, la gestion et le remplacement des canalisations. Ce dernier chantier, colossal, sera incontournable ces prochaines années avec le vieillissement des anciens réseaux. Les nouvelles normes de la Directive cadre, très exigeantes et citant le « modèle français » en exemple, viennent accélérer et conditionner le processus. Elles favorisent des grosses entreprises qui ont les moyens de mener de front de nombreux travaux de grande envergure, garantissent des investissements considérables, disposent d’une haute technologie et d’une longue expérience dans la gestion des eaux. Comme l’expliquait dernièrement le professeur Riccardo Petrella, « la directive européenne sur l’eau a fixé des niveaux de qualité si élevés que l’eau potable ne pourra plus être fournie que par des sociétés disposant de capitaux énormes -elle a donc ouvert la porte à une privatisation massive ».

Cacophonie en Suisse

En Suisse, seuls de rares spécialistes se sont interrogés sur la dimension des travaux à entreprendre. Pour l’heure, entre l’insouciance affichée des autorités fédérales et l’attention extrême des responsables scientifiques de l’EAWAG (Institut fédéral de recherche pour l’aménagement) ou de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne), la cacophonie est totale. A Berne, certains responsables minimisent les enjeux. D’autres nient même les effets des directives européennes sur la Suisse. La plupart des chercheurs et des ingénieurs interrogés se montrent par contre très concernés, voire alarmistes. « A terme, cette Directive cadre aura d’importantes implications pour la Confédération, prévoit Matthias Finger, de l’EPFL. Rien que sur le plan de la gestion des bassins hydrographiques, on est particulièrement mal barrés : avec des cours d’eau transfrontaliers comme le Rhin et le Rhône, sans compter les lacs, le pays sera coupé en quatre, dépendant de nouvelles institutions européennes régionales. » Sur le plan de la gestion de l’eau courante, la situation n’est guère plus simple : « Les lois sont souvent cantonales, chaque commune fait ce qu’elle veut. Les comptabilités ne sont pas claires et personne n’a une vue d’ensemble. » « Surtout pas à Berne », ajoute un observateur. La Suisse peut néanmoins s’estimer bien préparée dans plusieurs domaines : la législation est déjà très sévère, les recensements effectués au niveau national seraient « presque complets ». Les multiples méthodes d’évaluation et analyses de qualité -obligatoires pour tous les pays d’Europe et très coûteuses- vont bon train, note un responsable de l’EAWAG. Le nombre de stations d’épurations présentes dans la plupart des localités représente un autre avantage, précise l’ingénieur Luca Rossi.

Nombreux défis

Il reste toutefois de nombreux défis à relever, confirme Alexander Zehnder, directeur à l’Ecole polytechnique fédérale (EPF). « La Suisse compte quelque 3000distributeurs d’eau, un morcellement qui nuit à un contrôle de qualité adéquat. A l’avenir, ce problème deviendra encore plus crucial. Ces prochaines décennies, il faudra renouveler l’ensemble des infrastructures servant à l’approvisionnement en eau potable ainsi qu’à l’évacuation et à l’épuration des eaux usées. Les risques économiques sont considérables. C’est d’autant plus vrai que le débat sur la privatisation est en train de se tourner vers le secteur de l’eau. » En attendant que la Directive cadre de l’UE soit adaptée en législation suisse, les experts romands planchent déjà sur les scénarios du futur. A l’EPFL, Matthias Finger et son collègue Jeremy Allouche ont dirigé une étude de cas sur la libéralisation du secteur de l’eau en Suisse -étude financée par Berne. Certains spécialistes de l’EAWAG poursuivent leurs recherches sur les techniques d’épuration, en partenariat avec la Générale des eaux- filiale de Veolia, qui les sponsorise. D’autres effectuent même des projections pour savoir combien le consommateur payera dorénavant « le juste prix de l’eau ». Selon des calculs très larges, les infrastructures d’épuration et de distribution d’eau du canton de Vaud représenteraient à elles seules un patrimoine équivalant à 10000 francs par habitant. La réfection et remise aux normes européennes de ces installations coûterait environ 2milliards, suivant d’autres estimations. Au final, qui passera à la caisse ?

Gilles Labarthe Source : Le Courrier, 15 mars 2005

Écrit par : quaeps | 18/01/2009

jjg Difficile d‘être Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires en ces temps de crise financière. Joaquin Almunia a la lourde tâche de veiller à la bonne santé de l’euro et de l‘économie des 27. euronews l’a rencontré ce mercredi juste après l’annonce de la baisse des taux directeurs par les banques centrales.

Sergio Cantone, correspondant d’euronews à Bruxelles : “Commissaire, bienvenue à euronews. Sept banques centrales, dont la BCE et la Fed ont décidé de baisser leurs taux directeurs. Quel impact cela peut-il avoir dans cette situation de crise, sur l‘économie en Europe et dans le monde ?”

Joaquin Almunia, Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires :
“D’une part, cela représente un soulagement pour les marchés financiers, j’espère qu’ils vont l’apprécier ainsi, d’autre part c’est une bonne nouvelle que les banques centrales des principales économies mondiales réagissent de façon coordonnée. C’est un signe positif pour les marchés ainsi qu’un bon exemple incitant les gouvernements à améliorer leur coordination.”

euronews : “Vous ne pensez pas qu’il aurait mieux valu prendre cette décision avant que la crise ne prenne ces proportions ?”

Joaquin Almunia : “Etudions les raisons qui nous ont amené à avoir ce trop plein de liquidités. Les risques ont été sous-estimés et cela a poussé beaucoup d’investisseurs à prendre des risques irraisonnés, à cause du bas niveau des taux d’intérêts avant 2007. A présent, au point où nous en sommes, cette mesure prise par les banques centrales est censée soulager le marché et alléger les difficultés rencontrées par ses acteurs”.

euronews : “Cette baisse des taux est-elle vraiment opportune vu l‘état de santé de l‘économie mondiale ?”

Joaquin Almunia : “Dans le contexte actuel, il est essentiel de recapitaliser les établissements financiers. Il faut leur permettre d’avoir suffisamment de capital pour revenir à la normale dans leurs opérations de crédit. Il est aussi primordial de redonner confiance aux établissements bancaires pour qu’ils recommencent à se prêter de l’argent et que le marché interbancaire fonctionne à nouveau”.

euronews : “Certains ont proposé de recapitaliser les banques en créant un fond commun au niveau européen, qu’en pensez-vous ?”

Joaquin Almunia : “Il y a des propositions pour coordonner l’action des gouvernements européens et pour que chacun crée un fond dans son propre pays, nous avons parlé de cette possibilité lors de la dernière réunion des ministres des Finances des 27. Mais personne n’a suggéré de mettre en place un fond européen”.

euronews : “Certains pays font tout de même pression dans ce sens….”

Joaquin Almunia : “La proposition des Pays-Bas et d’autres gouvernements a pu être interprétée comme une tentative de créer un fond centralisé ici à Bruxelles, mais en réalité personne n’a fait une telle proposition”.

euronews : “La création d’un fond unique européen n’est donc pas une bonne idée ?”

Joaquin Almunia : “J’insiste. Nous devons être réalistes, l’utopie n’a pas sa place aujourd’hui. La proposition la plus réaliste c’est que chaque pays mobilise des ressources publiques ou privées. Si, en plus, c’est fait de manière coordonnée, cela aidera à développer la confiance entre les établissements financiers sur les marchés intérieurs, comme au niveau interbancaire”.

euronews : “Les citoyens européens ont-ils raison de s’inquiéter pour leur épargne ? Quelle est votre analyse ?”

Joaquin Almunia : “Personne ne verra s’envoler ses économies. Certains établissements financiers ont des problèmes mais grâce aux nationalisations partielles ou à la reprise des banques en difficulté par d’autres établissements bancaires, personne n’a perdu son épargne”.

euronews : “Dispose-t-on d’assez de fonds pour garantir l’intégralité des économies des épargnants dans chaque pays, au niveau national ?”

Joaquin Almunia : “Nous disposons de suffisamment d’instruments pour éviter une crise comme celle de Lehman Brothers aux Etats-Unis. Nous ne voulons pas et nous n’aurons pas de cas équivalent à celui de Lehman Brothers en Europe. Aucune banque ne fera faillite et ne disparaîtra. Aucune.”

euronews : “Pourquoi les marchés tardent-ils à réagir après l’annonce de ces mesures prises par les banques centrales ?”

Joaquin Almunia : “Il y a vraiment un manque de confiance entre les établissements financiers, faute de transparence et de visibilité. Les banques hésitent encore à se prêter de l’argent parce qu’elles ont peur que les autres banques soient dans une situation plus critique que la leur. Les marchés financiers ne fonctionnent que sur la base de la confiance.”

euronews : “Pensez-vous que cette crise va diminuer le rôle de la sphère financière à l’avenir ?”

Joaquin Almunia : “Nous n’avons vraiment pas besoin que les acteurs du monde de la finance perdent le contact avec la réalité, perdent conscience des risques et oublient d’où vient le capital qui leur permet d’effectuer toutes ces opérations.”

euronews : “L’injection de liquidités par les états membres pour nationaliser en partie les banques ne risque-t-elle pas de mettre en danger le pacte de stabilité ?”

Joaquin Almunia : “Le pacte de stabilité fonctionne et continue à fonctionner. Quand il a été réformé en 2005, nous avons inclus des clauses pour permettre une certaine latitude d’action en cas de ralentissement de l‘économie. A l‘époque on ne s’attendait pas à vivre une période aussi difficile qu’aujourd’hui. Cette flexibilité va être utile, parce que je sais que certains déficits publics vont augmenter, certains d’ailleurs se sont déjà accru. Mais je peux vous dire qu’il y a un consensus général sur le besoin de respecter le plus possible les règles budgétaires, de stabilité et de croissance prévues par le pacte. Cela a été redit lors de la dernière réunion des ministres des Finances, en début de semaine, comme lors de la rencontre au sommet à Paris, à l’unanimité totale.”

Écrit par : quaeps | 20/01/2009

utyu By GABRIEL KOLKO

How will history describe the Israeli war against the Palestinians in Gaza? Another Holocaust, this time perpetrated by the descendants of the victims? An election ploy by ambitious Israeli politicians to win votes in the February 10 elections? A test range for new American weapons? Or an effort to lock in the new Obama Administration into an anti-Iranian position? An attempt to establish its military “credibility” after its disastrous defeat in the war with Hezbollah in Lebanon in 2006? Perhaps all of these…and more.

But one thing is certain. Israel has killed at least 100 Palestinians for each of its own claimed losses, a vast disproportion that has produced horror in much of the world, creating a new cause which has mobilized countless numbers of people—possibly as strong as the Vietnam war movement. It has made itself a pariah nation—save in the United States and a few other countries. Above all, it has enflamed the entire Muslim world

As Bruce Riedel, a “hawk” who has held senior posts in the CIA for nearly 30 years and is now one of President Obama’s many advisers, has just written: “…the Israeli-Palestinian conflict is the central all-consuming issue for al Quaeda,” and “Muslims feel a profound sense of wrong about the creation of Israel that infuses every aspect thinking and activities and has become the rallying cry used the convince the ummah of the righteousness of al Quaeda’s cause.” That was before Gaza. Much of the world now detests Israel but most it will live for many years to come with the consequences of Israel’s atrocities. Muslim extremists will now become much stronger.

Charges of war crimes are now being leveled—and justifiably so—at the Israelis, many of whom themselves come from families that suffered in the hands of the Nazis over 60 years ago and now claim that the Holocaust was the only tragedy—as if the far more numerous deaths of goyim throughout the world after 1945 count for nothing. The United Nations and human rights groups are demanding that Israel be brought to justice for what now amounts to having killed over 1300 Gazans with immense firepower, many of which, like phosphorous bombs, are illegal. Israel has already prepared its senior officers to be ready to defend themselves against war crimes charges and Israeli Attorney General Menahem Mazuz several weeks ago warned the government was expecting a “wave of international lawsuits.”

It will now have to live with the geo-political consequences in the region. Israel has, perhaps irreparably, imperiled its relations with the neighboring Arab states and other Muslim nations—Qatar and Mauritania have already suspended diplomatic relations with it—less because the ruling classes of these nations want to penalize it but because the Arab masses demand it, imperiling their own positions as rulers.

Even more important, although the United States has loyally supported Israel for decades, deluging it with the most modern arms and giving it diplomatic protection, it is now in an economic crisis and needs Arab money, not to mention oil imports, as never before. The stability of this crucial alliance will now be tested.

Since its inception, a cult of machismo—called self-defense—characterized much of Zionism, and although there were idealists like A. D. Gordon, the mainstream was more and more committed to a violent response to the Arabs who surrounded them. The military was increasing glorified, including by nominal Leftists like David Ben Gurion, so that today Israel is a regional Sparta armed with the most modern military and nuclear weapons, giving it a virtual monopoly in a vast region—one that will inevitably be challenged.

Uri Avnery, a leading Israeli anti-war activist, has just written that “… hundreds of millions of Arabs around us… will they see the Hamas fighters as the heroes of the Arab nation, but they will also see their own regimes in their nakedness: cringing, ignominious, corrupt and treacherous….In coming years it will become apparent that this war was sheer madness.”

We are living through yet another great tragedy, and tragedies have been the staple of world history for centuries. Now former victims and their descendants are the executioners.

Écrit par : quaeps | 21/01/2009

hgjgh Wall Street, combien de zombies ? Combien d’établissements seraient aujourd’hui en faillite sans l’apport répété de liquidités et les facilités mises en place par la Fed, qui leur permettent de continuer à exister alors que leur valeur liquidative est vraisemblablement largement dans le rouge ? Roubini estime que les pertes de l’ensemble du système financier US pourraient s’élever jusqu’à 3600 milliards, dont une moitié pour les banques. Or leur capitalisation agrégée n’est que 1400 milliards. Conclusion ? Le système bancaire US est virtuellement en faillite, avertit Roubini. Faut-il s’en étonner puisque les USA sont à l’épicentre de cette explosion de la bulle d’actifs douteux et de dettes irrécouvrables ? Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, Il n’y a pas lieu de croire que l’Europe serait à l’abri. La situation est la même de ce côté-ci de l’Atlantique, avertit Roubini, et les déboires récents des banques anglaises sont là pour confirmer ses dires.


Contre Info, 21 janvier 2009

Les pertes du secteur financier US pourraient atteindre 3600 milliards, selon Nouriel Roubini, qui estime que le système bancaire est « techniquement en état d’insolvabilité ».

« J’estime que les pertes pourraient atteindre 3600 milliards de dollars pour les établissements financiers américains, avec une moitié pour les banques, » a avertit Roubini lors d’une conférence qui se tenait à Dubaï.

« Si c’est le cas, cela signifie que le système bancaire US est effectivement insolvable, car il ne dispose que de 1400 milliards de capitalisation. C’est une crise bancaire systémique. »

Selon Bloomberg, le total des pertes constatées par le système financier avoisine les 1000 milliards de dollars.

Bank of America, qui a annoncé 1,8 milliards de pertes la semaine dernière, vient de recevoir 128 milliards en garanties et en capital, fournis par les autorités US. La banque Citigroup, avec 8,3 milliards de pertes au dernier trimestre, prévoit de se scinder en deux entités.

« Les problème de Citi, de Bank of America et d’autres, laissent penser que le système est en état de banqueroute, » précise M. Roubini, qui ajoute « c’est la même chose en Europe . »


--------------------------------------------------------------------------------

Écrit par : hjkh | 22/01/2009

cvxc On imagine la tête des passagers quand retentit dans la cabine l’injonction du commandant de bord : « Préparez-vous à l’impact ! » C’était la semaine dernière, et nous avons tous vu l’aéronef flottant sur Hudson River, sur fond de gratte-ciel, et portant sur ses ailes ses 155 occupants en l’attente des secours. On sait qu’il n’y eut point de dommages humains, hors une jambe cassée. Et que ce miracle n’en est pas un : c’est au sang-froid et à l’expérience du pilote (et de l’équipage avec lui) que tous ces voyageurs en péril doivent d’avoir eu la vie sauve. Puissent-ils s’en souvenir la prochaine fois que les compagnies aériennes mégoteront sur les salaires, la formation ou les temps de récupération du personnel navigant ; et plus généralement sur la sécurité au sol et en l’air : être transporté au bout du monde en quelques heures a un coût qui ne peut être réduit ad libitum. Tous ceux qui ont quelquefois frémi en prenant place dans un coucou hors d’âge aux pneus manifestement usés jusqu’à la corde comprendront de quoi je parle. Comme une médecine, il y a une aviation commerciale à deux vitesses.

Le rail aussi Comme il y a un transport ferroviaire : une SNCF qui met le paquet sur les lignes de TGV jugées rentables ; et abandonne peu ou prou à leur triste sort bien des dessertes régionales ou locales, quand elle ne les ferme pas tout bonnement. On comprend sans peine la fatigue et la colère de bien des usagers (pardon : il faut hélas dire maintenant des « clients »…) de la région parisienne qui subissent trop souvent retards et interruptions de trafic intempestifs, quand ils ne se heurtent pas aux grilles fermées d’une gare. On les comprend : qu’ils comprennent aussi le ras-le-bol de cheminots aux conditions de travail dégradées, agressés régulièrement pas des loubards, en butte à la mauvaise humeur des voyageurs et qu’une direction roublarde balade dans des négociations en trompe-l’œil. Pourtant, l’un dans l’autre, nous avons encore des trains qui nous transportent avec assez de fiabilité et de sécurité, et c’est aux cheminots qu’on le doit ; ça risque fort de ne pas durer encore longtemps et que nous connaissions un jour prochain le sort du rail britannique, privatisé par la droite, ce que le grand progressiste Tony Blair se garda bien de remettre en question : retards ubuesques, dysfonctionnements en série, dégradations innommables – et jusqu’aux catastrophes ferroviaires (plusieurs dizaines de morts) qui obligèrent l’État à se réengager en partie – toujours selon l’excellent principe de la socialisation des pertes après que la privatisation des profits eut joué son rôle nourricier auprès des actionnaires : le capitalisme est une grande chose ! Alors quand notre ridicule omniprésident ne trouve rien de mieux à dire que de déclarer la guerre au syndicat SUD-Rail (le plus combatif, de loin), on est tenté de lui rétorquer : « Préparez-vous à l’impact ! »

Répit à Gaza Les tracts balancés sur Gaza avant que ne s’abattent les bombes au phosphore ou à l’uranium appauvri (on sait depuis la première guerre du Golfe que celui-ci est utilisé pour accroître la pénétration des obus ; de là, peut-être, le nom de « plomb durci » ?), ces tracts donc, à leur cynique manière, ne disaient pas autre chose : « Préparez-vous à l’impact ! » Le prévenant message n’ayant d’autre but que d’affoler un peu plus une population civile qui n’avait nulle part où aller ! Voici donc venue la trêve, qui durera ce qu’elle durera, mais qui est toujours un répit bon à prendre pour la population exténuée de la bande de Gaza. Rien n’est réglé, évidemment : l’agression israélienne dans sa violence barbare n’aura réussi qu’à générer une nouvelle éclosion de « martyrs » prêts à se faire sauter pour la plus grande gloire d’Allah en entraînant le plus d’Israéliens (voire de juifs, les barbus ne sont pas regardants…) possible dans la mort. Qui peut douter de l’enchaînement des barbaries, qui peut croire à une paix durable et à la cohabitation paisible un jour prochain de deux peuples dotés d’États reconnus et viables sur la terre palestinienne ? Ce scénario bisounours auquel s’accrochent encore chez nous quelques fieffés hypocrites, qui entraîne bien des braves gens « à sauter sur leurs chaises comme des cabris » en clamant : « Genève, Genève », n’a pas une once de crédibilité. Israël ne veut pas la paix. Israël n’a jamais voulu la paix, pas plus le jour de sa création en 1948 que par la suite. Le projet sioniste est et a été depuis toujours l’installation d’un État juif, ouvert aux juifs du monde entier conviés à le rejoindre, sur cette terre dite promise que Jéhovah attribua jadis aux enfants de Jacob, et qui s’étend bien évidemment de la Méditerranée au Jourdain (voire au-delà, jusqu’à l’Euphrate, pour les plus cinglés), incluant ces territoires occupés qu’ils (les sionistes) appellent la Judée et la Samarie, du nom des provinces du mythique royaume. Dans cet État idéal, pas de place pour les Arabes, sinon comme citoyens de seconde zone, qu’on tolère parce qu’on ne peut tout de même pas tous les massacrer.

Langue fourchue Un projet : Eretz, le grand Israël ; un slogan : l’an prochain à Jérusalem ; une stratégie : faire croire par la voix de ses diplomates (comme ce sinistre Shek, qui se répand partout) qu’on est un État pacifique et de bonne volonté (outre une démocratie correcte : et c’est vrai qu’il existe en Israël des élections libres et une presse qui l’est aussi), et poursuivre dans le même temps et au moindre prétexte une politique d’agression et de colonisation visant à restreindre l’espace vital des populations autochtones jusqu’à une peau de chagrin qui ne leur laisse plus guère d’autre choix que de s’exiler (quand elles peuvent) ou de végéter (quand elles survivent). Et cela dure depuis Deir Yassine (avril 1948). Comme (presque) tout le monde, j’ai « marché » dans la propagande israélienne : j’ai cru à la fable du petit David se battant seul contre tous avec sa pauvre petite fronde ; ou (autre image moins biblique mais tout aussi valable pour ces admirateurs du Far West !), celle du chariot autour duquel les Peaux-Rouges arabes vociférants font la danse du scalp. J’avais des excuses, j’étais jeune… J’ai appris depuis à reconnaître l’agresseur de l’agressé, le bourreau des victimes. Comme (presque) tout le monde, j’ai cru, après Oslo (1993), à un possible accord de paix : l’assassinat de Rabin par un juif fanatique m’a guéri des illusions. J’ai compris qu’un pays qui, dans un même temps, négociait sur le thème « la paix contre les territoires », et truffait, mitait frénétiquement ces mêmes territoires de nouvelles colonies, de nouveaux contournements, de nouveaux murs, de nouvelles garnisons, que ce pays, décidément, avait la langue fourchue. Il n’est que de regarder les cartes, les vraies, celles où apparaissent les zones juives dans une Cisjordanie censée devenir le futur État palestinien : vous avez dit bantoustans, apartheid, réserves indiennes ? Sale antisémite que vous êtes !

En attendant Barack Alors on nous dit, avec l’apparence de la candeur : mais pourquoi vous focalisez-vous sur un conflit qui, au fond, fait bien moins de morts que tant d’autres – en Afrique ou ailleurs ? Certains font l’âne pour avoir du son : « Ah ! Un mort palestinien vaut plus à vos yeux qu’un mort darfourien, ou tutsi ! » Bien sûr que non. Mauvais procès. Chacun pèse le même poids de souffrance et d’injustice. Mais c’est l’affrontement israélo-arabe lui-même qui pèse plus que tout autre. Parce qu’il mêle tout à la fois la politique et la religion sur une zone de fracture qui est un baril de poudre ; parce qu’il est à l’épicentre de cette guerre des civilisations qui monte et qui va tous nous entraîner dans le désastre ; parce qu’il oppose des deux côtés des gens qui croient plus que tous autres dans l’Histoire qu’ils ont Dieu à leur côté ; parce que dans un monde qui a globalement liquidé (même mal, même très mal) ses guerres coloniales, c’est une ultime situation coloniale qui prévaut en Palestine ; parce qu’il y a l’arrogance d’un côté et l’humiliation de l’autre ; parce qu’Israël est une sorte de porte-avions occidental immobile fiché en terre arabe et musulmane, et que c’est une véritable provocation. Parce que… On n’en finirait pas de recenser tout ce qui fait de ce conflit en apparence limité LE conflit qui peut (qui va ?) entraîner le monde dans une belle guerre définitive. Ah, mais suis-je sot ! Tout va changer puisque saint Barack Obama prend enfin ses fonctions. Et il est vrai que (le petit président convulsif à nous qu’on a peut bien jouer les mouches du coche) seuls les États-Unis peuvent tenter de ramener à un peu d’ordre et de raison l’État voyou qu’ils protègent, arment et financent depuis si longtemps. Ah, Barack ! Que ne lui prête-t-on comme qualités, comme bonne volonté, comme pouvoirs ! Sur Israël, il serait surprenant qu’il change la donne, il est entouré de zélateurs de Tel-Aviv. Sur tout le reste, on l’attend sur tant de fronts, on l’appelle à tant d’urgences, on lui présente tant d’écrouelles à guérir que la déception générale est déjà programmée, et pire encore peut-être. Nous comprendrons quand nous l’entendrons dire : « Ici votre commandant de bord. Tous les moteurs sont en feu. Nous allons tenter un atterrissage de fortune. Préparez-vous à l’impact ! » En attendant, suivez mon conseil : essayez l’humour, pour ne pas tomber dans la déprime. En lisant par exemple la jubilatoire satire de Patrick Rambaud, qui, dans la veine de son presque homonyme Ribaud (lequel fit jadis les beaux jours du Canard avec son feuilleton « La Cour, chronique du Royaume »), narre aujourd’hui « les dérives monomaniaques de Notre Prince Indubitable », pour ne prendre qu’une appellation par lui imaginée, parmi des dizaines d’autres, pour qualifier le présent monarque [1]. Puis en vous régalant du dernier Plantu, pas moins talentueux, pas moins rosse [2]. Se dépêcher de rire, n’est-ce pas ? Avant que d’avoir à pleurer. De Beaumarchais, je crois, qui mettait si bien le conseil en pratique

Écrit par : hjkh | 22/01/2009

jfgj Henri Siegman, ancien directeur de l’American Jewish Congress, conteste la version israélienne des évènements qui ont précédé le conflit de Gaza, communément reprise par les médias Citations et témoignages de responsables de l’armée et du renseignement israélien à l’appui, il rappelle que l’accord de trêve prévoyait un allègement du blocus qui n’a jamais été appliqué, et que c’est Israël qui rompu la trêve le 4 novembre, au lieu de mettre à profit cette accalmie pour la consolider. D’autre part, note-t-il, la description du Hamas comme un mouvement terroriste ayant pour objectif la destruction d’Israël ne correspond pas à la réalité. Le Hamas est depuis plusieurs années entré dans le jeu politique, abandonnant le recours aux attentats terroristes, et il défend désormais la solution des deux états dans les frontières de 1967. Au delà de ces rappels factuels, Siegman juge que la politique de confrontation choisie par Israël, si elle peut amener des succès tactiques, aura sur le long terme l’effet inverse, en renforçant les tendances les plus radicales au détriment des perspectives de paix.

Par Henry Siegman, London Review of Books, 15 janvier 2009

Les gouvernements et la plupart des médias occidentaux ont accepté nombre d’assertions israéliennes justifiant l’assaut militaire sur Gaza : que le Hamas avait constamment violé puis ensuite refusé de prolonger la trêve de six mois qu’Israël avait respectée ; qu’Israël n’avait donc d’autre choix que de détruire la capacité du Hamas de lancer des missiles sur les villes israéliennes ; que le Hamas est une organisation terroriste, appartenant au réseau jihadiste mondial ; et qu’Israël a non seulement agi pour sa propre défense mais au nom de la lutte internationale que mènent les démocraties occidentales contre ce réseau.

Je n’ai connaissance d’aucun journal, station de radio ou de TV américains d’importance dont la couverture de l’assaut sur Gaza ait interrogé cette version des événements. Les critiques dirigées contre les actions d’Israël, si tant est qu’il y en ait eu (et il n’y en a eu aucune émanant de l’administration Bush), ont plutôt convergé sur le fait de savoir si le carnage des forces armées israéliennes est proportionnel à la menace qu’elles tentaient de contrer, et si elles prenaient des mesures suffisantes pour éviter les victimes civiles.

Les questions concernant la paix du Moyen-orient sont en général décrits en termes d’euphémismes trompeurs. Je voudrais au contraire déclarer ici sans ambages que chacune de ces assertions est un mensonge. C’est Israël, et non pas le Hamas, qui a violé la trêve : le Hamas avait accepté d’arrêter ses tirs de roquettes vers Israël ; en retour, Israël devait alléger sa pression sur Gaza. En fait, pendant la trêve, elle s’est accrue. Ceci a été confirmé non seulement par tous les observateurs et ONG internationaux neutres présents sur place mais aussi par le brigadier général de réserve Shmuel Zakai, un ancien commandant de la Division de Gaza des forces armées israéliennes. Dans un entretien accordé au Ha’aretz le 22 décembre, il a accusé le gouvernement d’Israël d’avoir fait une « erreur majeure » pendant la tahdiyeh, la période de six mois de trêve relative, en « empirant nettement la situation économique catastrophique des Palestiniens de la bande de Gaza, au lieu de profiter du calme pour l’améliorer. . . Quand on établit une tahdiyeh, et que la pression économique sur la Bande se poursuit, » déclarait le Général Zakai, « il est évident que le Hamas essaiera d’obtenir une tahdiyeh améliorée, et que leur façon de l’atteindre est la reprise des lancers de Qassam. . . On ne peut pas simplement donner des coups, maintenir les Palestiniens de Gaza dans leur détresse économique, et s’attendre à ce que le Hamas se contentera simplement de s’asseoir sans agir ».

La trêve, qui a commencé en juin l’an dernier et devait être renouvelée au mois de décembre, exigeait des deux parties qu’elles s’abstiennent de toute action violente l’une contre l’autre. Le Hamas devait cesser ses tirs de roquettes et empêcher les tirs des autres groupes comme le Djihad Islamique (même les agences de Renseignement d’Israël ont reconnu que ceci avait été exécuté avec une efficacité étonnante), et Israël devait mettre fin à ses assassinats ciblés et ses incursions militaires. Cette entente a été sérieusement violée le 4 novembre, quand les forces armées israéliennes sont entrées à Gaza et ont tué six membres du Hamas. Le Hamas a répondu en lançant des fusées Qassam et des missiles Grad. Même alors, il avait offert d’étendre la trêve, mais seulement à condition qu’Israël mette fin à son blocus. Israël a refusé. Il aurait pu remplir son devoir de protection de ses citoyens en consentant à alléger le blocus, mais il n’a même pas essayé. On ne peut affirmer qu’Israël ait lancé son attaque pour protéger ses citoyens des roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit à poursuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas avait déclaré mettre fin aux attaques suicide et aux lancers de roquettes lorsqu’il a décidé de se joindre au processus politique palestinien, et avait pour l’essentiel respecté ses engagements pendant plus d’un an. Bush avait publiquement bien accueilli cette décision, la citant comme un exemple du succès de sa campagne pour la démocratie au Moyen-orient. (Il n’en avait aucun autre à revendiquer). Quand le Hamas a surpris en gagnant les élections, Israël et les Etats-Unis ont immédiatement cherché à délégitimer le résultat et ont pris le parti de Mahmoud Abbas, le leader du Fatah, qui avait été jusque - là mis écarté par les dirigeants d’Israël qui le traitaient de « volaille plumée ». Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité pour renverser le Hamas ; et quand le Hamas a anticipé - brutalement, sans conteste - cette tentative de renversement par la violence du résultat de la première élection démocratique honnête au Moyen-orient, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à contredire ces faits indiscutables en maintenant qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon a offert au Hamas la chance de prendre le chemin de l’indépendance, une chance qu’il aurait refusé de saisir ; au lieu de cela il aurait transformé Gaza en un base de lancement de missiles sur la population civile d’Israël. L’accusation est doublement mensongère. D’abord, quelque soient ses défauts, le Hamas avait restauré à Gaza, pour la première fois depuis plusieurs années, un niveau de loi et d’ordre inconnu, et y avait réussi sans les grandes sommes d’argent que les donateurs ont fait pleuvoir sur l’Autorité palestinienne menée par le Fatah. Il a éliminé les bandes et les chefs militaires violents qui terrorisaient Gaza sous le règne du Fatah. Les musulmans non pratiquants, les chrétiens et les autres minorités ont une liberté religieuse sous la direction du Hamas plus grande qu’ils ne l’auraient en Arabie Saoudite, par exemple, ou dans beaucoup d’autres régimes arabes.

Le plus grand mensonge est que le retrait de Sharon de Gaza ait été voulu comme un prélude a de plus amples retraits et à un accord de paix. Voici comment le conseiller principal de Sharon, Dov Weisglass, qui était aussi son négociateur principal avec les Américains, avait décrit le retrait de Gaza, dans un entretien avec le Ha’aretz en août 2004 :

L’accord auquel je suis en réalité parvenu avec les Américains était qu’une partie des colonies [c-a-d les principaux blocs de colonies en Cisjordanie] ne ferait pas du tout partie d’éventuelles négociations, et que le reste ne serait traité que lorsque les Palestiniens deviendraient des Finlandais. . . La signification [de l’accord avec les Etats-Unis] est le gel du processus politique. Et quand vous gelez ce processus, vous empêchez l’établissement d’un état palestinien et vous empêchez une discussion sur les réfugiés, les frontières et Jérusalem. En réalité, la totalité de ce qui est appelé l’état palestinien, avec tout qu’il signifie, a été enlevé de notre programme indéfiniment. Et tout ceci avec l’autorité et la permission [du Président Bush]. . . Et la ratification des deux Chambres du Congrès.

Les Israéliens et les Américains pensent-ils que les Palestiniens ne lisent pas les journaux israéliens, ou que quand ils ont vu ce qui arrivait en Cisjordanie ils ne pourraient pas déchiffrer ce que Sharon préparait ?

Le gouvernement d’Israël aimerait que le monde croie que le Hamas a lancé ses roquettes Qassam parce que c’est ce que font les terroristes et que le Hamas est un groupe intrinsèquement terroriste. En fait, le Hamas n’est pas plus une « organisation de terreur » (le terme préféré d’Israël) que le mouvement sioniste ne l’a été pendant sa lutte pour une patrie juive. A la fin des années 1930 et dans les années 1940, les partis du mouvement sioniste ont recouru aux activités terroristes pour des raisons stratégiques. Selon Benny Morris, c’est l’Irgoun qui a le premier visé des civils. Il écrit dans les Righteous Victims qu’une vague de terrorisme arabe en 1937 « a déclenché une vague d’attentats à la bombe contre les foules et les autobus arabes par l’Irgoun, introduisant une nouvelle dimension au conflit ». Il documente aussi des atrocités commises pendant la guerre de 1948-49 par les forces armées israéliennes, admettant dans un entretien de 2004, publié dans le Ha’aretz, que le matériel déclassifié par le Ministère de la Défense d’Israël a montré que « il y avait eu beaucoup plus d’actes de massacre israéliens que je ne l’avais pensé auparavant. . . Dans les mois d’Avril-Mai 1948, il a été donné aux unités du Haganah des ordres d’action qui déclaraient explicitement qu’ils devaient déraciner les villageois, les expulser, et détruire les villages ». Dans un certain nombre de villages et de villes palestiniennes les forces armées israéliennes ont procédé à des exécutions organisées de civils. Interrogé par le Ha’aretz pour savoir s’il condamnait le nettoyage ethnique, Morris a répondu que ce n’était pas le cas :

« Il ne pouvait pas y avoir un Etat juif sans le déracinement de 700.000 Palestiniens. Il était donc nécessaire de les déraciner. Il n’y avait d’autre choix que celui d’expulser la population. Il était nécessaire de nettoyer l’arrière-pays et de nettoyer les secteurs frontaliers et de nettoyer les routes principales. Il était nécessaire de nettoyer les villages à partir d’où on faisait feu sur nos convois et nos colonies. »

En d’autres termes, quand les juifs ciblent et tuent des civils innocents pour faire avancer leur lutte nationale, ils sont des patriotes. Quand leurs adversaires le font, ce sont des terroristes.

Il est trop simple de décrire le Hamas simplement comme une « organisation de terreur ». C’est un mouvement nationaliste religieux qui recourt au terrorisme, comme le mouvement sioniste l’a fait pendant sa lutte pour l’indépendance, dans la conviction erronée que c’est le seul moyen de mettre fin à une occupation oppressive et entraîner la formation d’un état palestinien. Alors que l’idéologie du Hamas appelle formellement à établir un état palestinien sur les ruines de l’état d’Israël, ceci ne détermine pas les véritables politiques du Hamas aujourd’hui, pas plus que la même déclaration dans la charte de l’OLP ne déterminait les actions du Fatah.

Ce ne sont pas là les conclusions d’un apologiste du Hamas mais les opinions de l’ancien chef du Mossad et conseiller de sécurité nationale de Sharon, Ephraim Halevy. La direction de Hamas a connu un changement « sous notre nez même », écrivait récemment Halevy dans le Yedioth Ahronoth, en reconnaissant que « son objectif idéologique n’est pas réalisable et ne le sera pas dans l’avenir prévisible ». Il est maintenant prêt et désireux de voir l’établissement d’un état palestinien dans les frontières temporaires de 1967. Halevy notait alors que le Hamas n’a pas précisé à quel point ces frontières seraient « temporaires », « ils savent qu’à partir du moment ou un état palestinien est établi avec leur coopération, ils seront obligés de changer les règles du jeu : ils devront adopter une voie qui pourrait les mener loin de leurs objectifs idéologiques originaux ». Dans un article précédent, Halevy avait aussi insisté sur l’absurdité qu’il y a à relier le Hamas à al-Qaida.

Aux yeux d’al-Qaida, les membres du Hamas sont perçus comme des hérétiques en raison de leur désir affirmé de participer, même indirectement, aux processus de n’importe quel entente ou accord avec Israël. La déclaration [du chef du bureau politique du Hamas, Khaled] Mashaal contredit diamétralement l’approche d’al-Qaida, et fournit a Israël une occasion, peut-être historique, de l’utiliser pour le mieux.

Alors pourquoi les dirigeants d’Israël sont si déterminés à détruire le Hamas ? Parce qu’ils croient que sa direction, contrairement à celle du Fatah, ne peut pas être intimidée pour accepter un accord de paix qui établisse un « Etat » palestinien composé d’entités territorialement déconnectées sur lesquelles Israël pourrait garder un contrôle permanent. Le contrôle de la Cisjordanie a été l’objectif permanent de l’armée, du renseignement et des élites politiques d’Israël depuis la fin de la Guerre des Six-Jour.[*] Ils croient que le Hamas ne permettrait pas un tel cantonisation du territoire palestinien, quelque soit la durée de l’occupation. Ils peuvent avoir tort concernant Abbas et sa cohorte usée, mais ils ont tout à fait raison concernant le Hamas.

Les observateurs moyen-orientaux se demandent si l’assaut d’Israël contre le Hamas arrivera à détruire l’organisation ou a l’expulser de Gaza. Ceci est une question non pertinente. Si Israël a l’intention de garder le contrôle sur la future entité palestinienne, il ne trouvera jamais un partenaire palestinien, et même s’il arrive à démanteler le Hamas, le mouvement sera avec le temps remplacépar une opposition palestinienne bien plus radicale.

Si Barack Obama choisit un émissaire au Moyen-orient qui s’accroche à l’idée que les outsiders ne devraient pas présenter leurs propres propositions pour un accord de paix juste et viable, encourageant ainsi les parties a renforcer leurs différences au lieu de les résoudre, il rend assuré la naissance d’une future résistance palestinienne, de loin plus extrême que celle du Hamas -probablement alliée avec al-Qaida. Pour les Etats-Unis, l’Europe et la plupart du reste du monde, ceci serait la pire issue possible. Peut-être que quelques Israéliens, dont les leaders des colons, croient-ils que cela servirait leurs buts, puisque cela fournirait au gouvernement un prétexte irrésistible pour tenir toute la Palestine. Mais ceci est une illusion qui provoquerait la fin d’Israël en tant qu’état juif et démocratique.

Anthony Cordesman, un des analystes militaires les plus fiables du Moyen-orient, et un ami d’Israël, affirme dans un rapport publié le 9 janvier par le Center for Strategic and International Studies que les avantages tactiques d’une continuation de l’opération à Gaza étaient contrebalancés par le coût stratégique - et n’étaient probablement pas plus grands que n’importe quel gain qu’Israël aurait pu obtenir tôt dans la guerre grâce a des frappes sélectives sur des installations-clées du Hamas. « Israël s’est-il d’une manière ou d’une autre empêtré dans une guerre d’escalade sans un objectif stratégique clair, ou a t-il au moins un objectif qu’il puisse atteindre de façon crédible » ? s’interroge-t-il. « Israël finira-t-il par renforcer, politiquement, un ennemi qu’il aura battu en termes tactiques ? Les actions d’Israël compromettront-elles sérieusement la position des Etats-Unis dans la région, l’espoir de paix, de même que les régimes et les voix arabes modérés dans le processus ? Pour répondre sans ambages, la réponse jusqu’ici semble être oui ». Cordesman conclut que « n’importe quel dirigeant peut adopter une position intransigeante et proclamer que les gains tactiques représentent une victoire significative. Si c’est tout ce que Olmert, Livni et Barak ont pour réponse, alors ils se sont déshonorés et ont porté un coup à leur pays et leurs amis ».

Henri Siegman dirige le US Middle East Project, sis à New York. Il est professeur associé à la School of Oriental and African Studies de l’université de Londres. Par le passé, il a occupé le poste de directeur de l’American Jewish Congress et du Synagogue Council of America.

Écrit par : quaeps | 24/01/2009

nb Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, a lancé lundi à Gaza une virulente attaque contre le Hamas qui contrôle le territoire, lui imputant une "responsabilité écrasante" dans la guerre et excluant tout dialogue avec un mouvement qu'il a qualifié de "terroriste".

"Ce que j'ai vu est abominable, est injustifiable, est inacceptable", a-t-il dit lors d'une conférence de presse au siège de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Gaza, après avoir vu l'étendue des destructions dans le nord de la bande de Gaza suite à l'offensive israélienne.

"Il faut aussi rappeler quand même la responsabilité écrasante du Hamas. Je le dis ici à dessein, le Hamas est un mouvement terroriste et il faut le dénoncer comme tel", a-t-il dit plus tôt, lors d'une visite à Jabaliya (nord).

M. Michel, qui s'illustre d'habitude par ses critiques fermes envers la politique israélienne, est le premier responsable européen de ce rang à visiter la bande de Gaza depuis que le mouvement islamiste palestinien Hamas y a pris le pouvoir (juin 2007), au détriment de l'Autorité palestinienne.

Rappelant que l'UE avait proposé de dialoguer avec le Hamas après sa victoire électorale (janvier 2006) à condition qu'il reconnaisse le droit à l'existence d'Israël et abandonne la lutte armée, M. Michel a estimé que le mouvement avait "raté une opportunité d'être un interlocuteur de la communauté internationale".

"On ne peut pas discuter avec un mouvement terroriste qui utilise le terrorisme comme moyen. Nous ne pouvons accepter que la manière dont le Hamas se comporte soit confondue avec de la résistance. Quand on tue des civils innocents, ce n'est pas de la résistance, c'est du terrorisme", a-t-il martelé.

Le Hamas a dénoncé ces propos.

"Il s'agit de déclarations odieuses qui traduisent une partialité totale en faveur de l'ennemi qu'il cherche à exonérer des massacres atroces commis contre le peuple palestinien", a déclaré le porte-parole du gouvernement Hamas, Taher al-Nounou.

Il a accusé M. Michel de vouloir "faire plaisir à l'administration américaine et au lobby sioniste pour faire avancer sa carrière".

M. Michel a également dénoncé l'ampleur des destructions causées par l'offensive israélienne.

"Je sais que cela déplait quand je dis ça mais il faudra quand même que des responsabilités soient évoquées", a-t-il continué. "Il faudra que l'on définisse et identifie les responsabilités d'où qu'elles viennent", a-t-il dit.

Il a jugé que la reconstruction sera "extrêmement difficile", appelant Israël à ouvrir entièrement les points de passage pour laisser entrer les matériaux de construction.

Il a annoncé l'octroi d'une aide d'urgence de 58 millions d'euros de l'UE aux Palestiniens, tout en exprimant le "ras-le-bol" de l'opinion publique européenne de voir les aides partir souvent en fumée en raison des violences.

Après Gaza, il s'est rendu à Sdérot (sud d'Israël), où il a affirmé "très bien comprendre" le désarroi de la population, cible des tirs de roquettes de Gaza.

Il s'est entretenu avec le maire de Sdérot, David Bouskila, et le ministre israélien de l'Intérieur, Meir Sheetrit.

Dans des déclarations à la presse, M. Michel a condamné les tirs de roquettes palestiniennes mais aussi "les opérations militaires visant les civils". "Rien ne justifie le non respect du droit humanitaire internationale, et celui-ci n'a pas été respecté par les deux

Écrit par : quaeps | 26/01/2009

As deserving as Blair, Howard and Uribe are of the Bush freedom medal, others cry out for a place in their company. For its assault on Gaza, I nominate the state of Israel

Tony Blair (left) receives his medal and applause from the outgoing president George Bush

On 13 January, George W Bush presented presidential “medals of freedom”, said to be America’s highest recognition of devotion to freedom and peace. Among the recipients were Tony Blair, the epic liar who, with Bush, bears responsibility for the physical, social and cultural destruction of an ­entire nation; John Howard, the former prime minister of Australia and minor American vassal who led the most openly racist government in his country’s modern era; and Alvaro Uribe, the president of Colombia, whose government, according to the latest study of that murderous state, is “responsible for more than 90 per cent of all cases of torture”.

As satire was made redundant years ago when Henry Kissinger and Rupert Murdoch were ­honoured for their contributions to the betterment of humanity, Bush's ceremony was, at least, telling of a system of which he and his freshly minted successor are products. Although more spectacular in its choreographed histrionics, Barack Obama's inauguration carried a similar Orwellian message of inverted truth. The continuity between the two administrations has been as seamless as the transfer of the odious Bono's allegiance, symbolised by President Obama's oath-taking on the steps of Congress - where, only days earlier, the House of Representatives, dominated by the new president's party, the Democrats, voted 390-5 to back Israel's massacres in Gaza.

The supply of American weapons used in the massacres was authorised previously by such a margin. These included the Hellfire missile, which sucks the air out of lungs, ruptures livers and amputates arms and legs without the necessity of shrapnel: a "major advance", according to the specialist literature. As a senator, the then President-elect Obama raised no objection to these state-of-the-art [sic] weapons being rushed to Israel - worth $22bn in 2008 - in time for the long-planned assault on Gaza's fenced and helpless population. This is ­understandable; it is how the system works. On no other issue does Congress and the president, Republicans or Democrats, conservatives or liberals, give such absolute support. By comparison, the ­German Reichstag in the 1930s was a treasure of ­democratic and principled debate.

Listen to newsreaders use pejoratives for Palestinians, calling them militants when they are resisters to invasion

This is not to say that presidents and members of Congress fail to recognise the Israel "lobbyists" in their midst as thugs and political blackmailers, though they never say so in public, because they fear them. For their part, the Israelis' current, phoney "unilateral ceasefire" in Gaza is designed not to embarrass, not yet, its new man in the White House. Obama's single acknowledgement of the "suffering" of the Palestinians has been long eclipsed by his loyalty oaths to Tel Aviv (even promising Jerusalem as Israel's capital, which not even Bush did) and his appointment of probably the most pro-Zionist administration for a generation.

As deserving as Blair, Howard and Uribe are of the Bush freedom medal, others cry out for a place in their company. With the assault on Gaza a defining moment of truth and lies, principle and cowardice, peace and war, justice and injustice, I have two nominees. My first is the government and society of Israel. (I checked; the freedom medal can be awarded collectively.) "Few of us," wrote Arthur Miller, "can easily surrender our belief that society must somehow make sense. The thought that the state has lost its mind and is punishing so many innocent people is intolerable. And so the evidence has to be internally denied."

The bleak irony of this should be clear to all in Israel, yet its denial has emboldened a militarist, racist cult that uses every epithet against the Palestinians that was once directed at Jews, with the exception of extermination - and even that is not entirely excluded, as the deputy ­defence minister, Matan Vilnai, noted last year with his threat of a shoah (holocaust).

In 1948, the year Israel's right to exist was granted and Palestine's annulled, Albert Einstein, Hannah Arendt and other leading Jews in the United States warned the administration not to get involved with "fascists" such as Menachem Begin, who became an Israeli prime minister.

This fascism, which was not often flouted openly, was the harbinger of Likud and Kadima. These are today "mainstream" political parties, whose influence, in the treatment of the Palestinians, covers a national "consensus" - that is the source of the present terror in Palestine: the brutal dispossessions and perfidious controls, the humiliation and cruelty by statute. The mirror of this is domestic violence at home. Conscripted soldiers return from their "war" on Palestinian women and children and make war on their own. Young whites drafted into South Africa's apartheid army did the same. Inhumanity on such a scale cannot be buried indefinitely. When Desmond Tutu described his experience ?in Palestine and Israel as "worse than apartheid", he pointed out that not even in white supremacist South Africa were there the equivalent of "Jews only" roads. Uri Avnery, one of Israel's bravest dissidents, says his country's leaders suffer from "moral insanity": a prerequisite, I should add, for the award of a Bush freedom medal.

My other nominee for a Bush freedom medal is that amorphous group known as western­­ ­journalism, which has always made much of its freedom and impartiality. Listen to the way Israeli "spokespersons" and ambassadors are interviewed. How respectfully their official lies are received; how minimally they are challenged. They are one of us, you see: calm and western-sounding, even blonde, female and attractive. The frightened, jabbering voice on the line from Gaza is not one of us. That is the sub­liminal message. Listen to newsreaders use only the pejoratives for the Palestinians, describing them as "militants" when they are resisters to invasion, even heroes, a word never used.

Mark the timeless propaganda that suggests there are two equal powers fighting a "war", not a stricken people, attacked and starved by the world's fourth-largest military power and which ensures they have no places of refuge. And note the omissions - the BBC does not preface its reports with the warning that a foreign power controls its reporters' movements, as it did in Serbia and Argentina, neither does it explain why it shows only glimpses of the remarkable coverage of al-Jazeera from within Gaza.

There are, too, the ubiquitous myths: that Israel has suffered terribly from thousands of missiles fired from Gaza. In truth, the first homemade Qassam rocket was fired across the Israeli border in October 2001; the first fatality occurred in June 2004. Some 24 Israelis have been killed in this way, compared with 5,000 Palestinians killed, more than half of them in Gaza, at least a third of them children. Now imagine if the 1.5 million Gazans had been Jewish, or Kosovar refugees. "The only honorable course for Europe and America is to use military force to try to protect the people of Kosovo . . ." declared the Guardian on 23 March 1999. Inexplicably, the Guardian has yet to call for such "an honorable course" to protect the people of Gaza.

Such is the rule of acceptable victims and unacceptable victims. When reporters break this rule they are accused of "anti-Israel bias" and worse, and their life is made a misery by a hyperactive cyber-army that drafts complaints, provides generic material and coaches people all over the world on how to smear as "anti-Jewish" work they have not seen. These vociferous campaigns are complemented by anonymous death threats, which I and others have experienced. The latest tactic is malicious hacking into websites. But that is desperate, since the times are changing.

Across the world, people once indifferent to the arcane "conflict" in the Middle East now ask the question the BBC and CNN rarely ask: Why does Israel have a right to exist, but Palestine does not? They ask, too, why do the lawless enjoy such special immunity in the pristine world of balance and objectivity?

The perfectly spoken Israeli "spokesman" represents the most lawless regime on earth, ­exotic tyrannies included, according to a tally of United Nations resolutions defied and Geneva Conventions defiled. In France, 80 organisations are working to bring war crimes indictments against Israel's leaders. On 15 January, the fine ­Israeli reporter, Gideon Levy, wrote in Ha'aretz that Israeli generals "will not be the only ones to hide in El Al planes lest they be arrested [overseas]".

One day, other journalists and their editors and producers may be called on to not only explain why they did not tell the truth about these criminals but even to stand in the dock with them. No Bush freedom medal is worth that.

Écrit par : quaeps | 26/01/2009

fgh Le Hamas suscite, sur ce blog et ailleurs, bien des frayeurs et des fantasmes, fondés souvent sur une méconnaissance du mouvement, de son histoire et des ses évolutions. Avant d’en venir à cette réflexion sur le Hamas, signalons que Le Monde diplomatique de février, en vente dans les kiosques, consacre un dossier de six pages aux événements de Gaza et à leurs conséquences sur la région.

Notons aussi, certains contributeurs de ce blog l’on déjà fait, la tribune écrite par le prince saoudien Turki Al-Fayçal dans le quotidien britannique Financial Times et dont l’écho est important (« Saudi patience is running out », 22 janvier). Accusant le président Bush d’avoir laissé la région dans un état de désordre, il met en garde sur le fait que les initiatives de paix risquent de ne plus être à l’ordre du jour et que l’Arabie saoudite tournera alors le dos à l’Occident. Il révèle que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a écrit au souverain saoudien Abdallah une lettre reconnaissant le rôle dirigeant de l’Arabie dans le monde musulman et l’appelant à prendre une position plus ferme face aux massacres de Gaza.

Le prince précise que le royaume, « jusqu’à présent, a rejeté ces appels, mais que chaque jour qui passe rend cette réserve plus difficile à expliquer, quand Israël tue délibérément des Palestiniens, s’approprie leurs terres, détruit leurs maisons, déracine leurs fermes et impose un blocus inhumain. (...) Au final, le royaume ne sera plus capable d’empêcher ses citoyens de participer à la protestation mondiale contre Israël. »

Revenons maintenant au Hamas et rappelons quelques éléments de son histoire. Le Mouvement de la résistance islamique (dont l’acronyme en arabe donne « Hamas », qui signifie « zèle ») a été créé par la Société des Frères musulmans en décembre 1987, au lendemain du déclenchement de la première Intifada. Le Hamas se développe d’abord à Gaza, qui restera le principal de ses fiefs, avant d’étendre ses activités à la Cisjordanie.

Pourquoi les Frères musulmans ont-ils pris cette décision de créer une organisation de combat ? Après la défaite arabe de juin 1967, il a fallu plusieurs années aux Frères musulmans pour se réorganiser. Ils vont profiter de la vague islamiste qui monte dans toute la région. Dans les territoires occupés, la Société bâtit un réseau dense d’institutions sociales autour des mosquées : jardins d’enfants, bibliothèques, cliniques, clubs sportifs, etc. Entre 1967 et 1987, le nombre de mosquées passe de 400 à 750 en Cisjordanie, de 200 à 600 à Gaza. Créé en 1973, le Centre islamique de Gaza, dirigé par le cheikh Ahmed Yassine, devient le cœur battant de la Société. L’organisation reçoit un appui important de l’étranger, notamment de l’Arabie saoudite, qui lui donne des moyens considérables.

Néanmoins, malgré leurs moyens et leurs atouts, les Frères musulmans souffrent, dans les années 1970 et 1980, de leur quiétisme face à l’occupation. Si leur but final reste la libération de la Palestine, ils accordent la priorité à la réforme de la société — d’où leur relative inertie dans le combat nationaliste. Les services de renseignement israéliens le comprennent si bien qu’ils font preuve d’une réelle mansuétude à l’égard des Frères, considérés comme un utile contrepoids à l’OLP. En 1980, une scission frappe le mouvement : le djihad islamique reproche aux Frères musulmans leur trop grande passivité et se lance rapidement dans l’action violente.

La décision de créer le mouvement Hamas et de participer à l’Intifada témoigne d’une réelle évolution de la Société des Frères musulmans, au sein de laquelle des militants plus jeunes ont pris des responsabilités. Le Hamas se montrera très actif durant la « révolte des pierres », n’hésitant pas à rester à l’écart de la direction unifiée qui se réclame de l’OLP. Très bien structuré, proche des plus démunis, disposant d’une aura religieuse, le mouvement s’affirme comme un concurrent sérieux au Fatah et à l’OLP. Il crée une branche militaire, les brigades Ezzedine Al Kassam. Un épisode jouera un rôle important dans l’histoire du mouvement : en décembre 1991, le premier ministre israélien Itzhak Rabin expulse 415 militants vers le Liban. Ils finiront par rentrer, mais cette répression ne fait qu’accroître la popularité de l’organisation – et crée ses premiers contacts avec le Hezbollah.

Le Hamas adopte sa Charte, le 18 août 1988. Il reconnaît sa filiation avec l’organisation des Frères musulmans. Il « considère que la terre de Palestine est une terre islamique waqf [1] pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la résurrection ». Enfin, malgré les rivalités — et parfois les affrontements —, le Hamas déclare à propos de l’OLP : « Notre patrie est une, notre malheur est un, notre destin est un et notre ennemi est commun. » C’est pour l’essentiel sur le terrain politique, et non religieux, que le Hamas s’oppose à l’OLP : il reprend les thèses qui étaient dominantes dans l’OLP avant les années 1975, celles de la libération de toute la Palestine. Enfin, le texte de la Charte a des connotations antisémites, avec une référence au Protocole des sages de Sion (un faux créé par la police tsariste au début du XXe siècle) et aussi une dénonciation des « complots » des loges maçonniques, des clubs Rotary et Lyons…

Ces notations antisémites sont condamnables et condamnées largement. Il faut dire que ces délires, notamment sur Le Protocole des sages de Sion se retrouvent fréquemment dans certains livres et articles publiés dans le monde arabe. Interrogés là-dessus, les dirigeants du Hamas affirment qu’il ne faut tenir compte que de leur plate-forme défendue durant la campagne de 2006 (lire plus bas) – argument qui n’est pas recevable en ce qui concerne les références au protocole de Sion.

Une caractéristique du Hamas est soulignée par Jean-François Legrain :

« Un second contresens consiste à faire de Hamas un mouvement nationaliste au discours religieux quand il s’agit fondamentalement d’un mouvement de resocialisation religieuse, certes doté d’un agenda politique. (...) Hamas, même s’il avait quasi instantanément phagocyté l’Association des Frères musulmans dont il n’était à l’origine que le “bras”, avait pour raison d’être essentielle dans l’esprit de cheikh Yassine que sa mission de da’wa (prédication active de l’islam) à laquelle étaient strictement subordonnés le politique et le militaire. A plusieurs reprises, son appréhension des rapports de force avec Israël et l’Autorité palestinienne a ainsi conduit Hamas, aux antipodes de l’attitude de tout mouvement de libération nationale, à prendre ses distances tant avec le militaire (les différentes trêves de 1995, 1996 et des dernières années) qu’avec le politique (par exemple et de façon surprenante, au lendemain même de la tournée triomphale du cheikh Yassine dans le monde musulman à sa sortie de prison en 1998). Hamas s’est alors replié sur le tissu associatif assujetti à ses exigences de mobilisation morale, seules quelques cellules manifestant leur désapprobation par des initiatives militaires locales. »

Dans la logique de son programme politique, le Hamas condamne les accords d’Oslo signés le 13 septembre 1993. Mais l’installation de l’Autorité palestinienne à Gaza en 1994 pose de nouveaux défis à l’organisation, prise entre sa rhétorique de libération totale de la Palestine, sa volonté de ne pas provoquer une guerre civile inter-palestinienne et sa détermination à préserver son réseau associatif. Le Hamas engage un dialogue avec Yasser Arafat. Ce dernier joue à merveille de la carotte et du bâton, multipliant les arrestations et les intimidations tout en dialoguant avec l’organisation et en autorisant certains de ses organes de presse. Fin 1995, il paraît même sur le point d’obtenir la participation du mouvement aux élections du parlement palestinien de janvier 1996, mais cela n’aboutira pas.

L’assassinat d’Itzhak Rabin en novembre 1995, l’escalade entre les forces israéliennes et le Hamas – marquée par une vague d’attentats-suicides début 1996 –, l’extension permanente de la colonisation, la victoire de Benjamin Netanyahou aux élections législatives israéliennes vont changer la donne. Malgré la victoire d’Ehoud Barak aux élections de 1999, les négociations de paix échoueront (largement par la faute du gouvernement israélien — lire « Le “véritable visage” de M. Ehoud Barak, Le Monde diplomatique, juillet 2002) et éclate la seconde Intifada en septembre 2000.

La mort d’Arafat, l’élection de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité, la convocation de nouvelles élections législatives palestiniennes en janvier 2006, marquent une nouvelle étape dans les territoires occupés. Le scrutin va confirmer l’évolution du mouvement Hamas vers un plus grand pragmatisme. Alors qu’il avait refusé les accords d’Oslo et toutes les institutions qui lui étaient liées, le Hamas accepte de participer aux élections de janvier 2006. Plusieurs de ses dirigeants, dont le cheikh Ahmed Yassine, assassiné par l’armée israélienne en 2004, ont affirmé qu’ils acceptaient la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés de 1967. Le programme politique défendu durant la campagne électorale n’a rien à voir avec le contenu de la Charte de 1988 (lire Paul Delmotte, « Le Hamas et la reconnaissance d’Israël », Le Monde diplomatique, janvier 2007).

Il est important de rappeler les deux raisons qui ont amené les Palestiniens à voter pour le Hamas : la corruption de l’Autorité palestinienne (et donc du Fatah) et, surtout, le fait que la voie choisie par le Fatah à Oslo, celle de la négociation et de l’abandon de la lutte armée, avait échoué. Le Hamas n’est pas contre des négociations, mais pense que celles-ci doivent s’accompagner d’une pression militaire (c’était d’ailleurs la position défendue par une partie des dirigeants du Fatah au début de la seconde Intifada, notamment par Marwan Barghouti).

Le Hamas a multiplié les déclarations en ce sens depuis plusieurs mois. L’ancien président américain Jimmy Carter a rencontré les dirigeants du Hamas à Gaza ainsi que Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas à Damas. Carter écrit : Après de longues discussions avec les dirigeants de Gaza, ces dirigeants du Hamas (à Damas) ont affirmé qu’ils « accepteraient tout accord de paix qui serait négocié entre les Israéliens et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui dirige aussi l’OLP, à la condition que cet accord soit accepté par les Palestiniens par référendum ou par un gouvernement élu d’unité nationale ». « An Unnecessary War » (Washington Post, 8 janvier). Lors d’un entretien que j’ai réalisé à Damas en décembre, Khaled Mechaal a déclaré : « Le Hamas et les forces palestiniennes ont offert une occasion en or d’apporter une solution raisonnable au conflit israélo-arabe. Malheureusement, personne ne s’en est saisi, ni l’administration américaine, ni l’Europe, ni le Quartet. Notre bonne volonté s’est heurtée au refus israélien que personne n’a la capacité ou la volonté de surmonter. Dans le document d’entente nationale de 2006 signé avec toutes les forces palestiniennes (à l’exception du djihad islamique), nous affirmons notre acceptation d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem comme capitale, sans colonies et avec le sujet (mawdou’) du droit au retour. C’est le programme commun aux forces palestiniennes. Certaines veulent plus, d’autres moins. Ce programme date de trois ans. Les Arabes veulent quelque chose de similaire. Le problème est en Israël. Les Etats-Unis jouent un rôle de spectateur dans les négociations et ils appuient les réticences israéliennes. Le problème n’est donc pas le Hamas, ni les pays arabes : il est israélien. »

Pourquoi le Hamas prône-t-il la violence ? Son principal argument est que le chemin de la seule négociation adopté par l’OLP en 1993 n’a donné aucun résultat. On peut aussi remarquer que l’Autorité sous la direction de Mahmoud Abbas, qui négocie depuis 2005 un accord de paix n’a pas réussi à obtenir que le gouvernement israélien accepte la création d’un Etat palestinien sur tous les territoires occupés en 1967, avec Jérusalem-est comme capitale.

Enfin, une dernière remarque concernant la violence contre les civils. Toute mort de civil est une mort de trop. Mais si l’on condamne les tirs de roquettes du Hamas, ne faut-il pas d’abord condamner les crimes commis par un Etat organisé, membre des Nations unies ? Le terrorisme d’Etat n’est-il pas plus condamnable que tout terrorisme ? Je rappelle, encore une fois, ce qu’écrivait Nelson Mandela, évoquant ses négociations avec le gouvernement blanc sud-africain et ses demandes d’arrêter la violence, Nelson Mandela a écrit : « Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. »

Peut-on faire confiance au Hamas, alors que sa Charte n’a pas été abrogée ? Rappelons que la même question a été posée durant des années à l’OLP et à Yasser Arafat et que les accords d’Oslo ont été signés avant que cette charte n’ait été officiellement abrogée par le Conseil national palestinien. Pendant deux décennies, Israël et les Etats-Unis ont refusé tout contact avec l’organisation sous ce prétexte et sous le prétexte qu’elle était une organisation terroriste ; la France et nombre de pays européens avaient, à l’époque, refusé cet ostracisme.

L’Union européenne et les Etats-Unis posent trois conditions au dialogue avec le Hamas : qu’il reconnaisse l’Etat d’Israël ; qu’il renonce à la violence ; qu’il reconnaisse les accords d’Oslo. Deux points méritent d’être soulignés : pourquoi le dialogue avec le gouvernement israélien n’est-il pas soumis aux mêmes conditions ? Pourquoi Israël ne reconnaît-il pas un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ? Pourquoi ne renonce-t-il pas à la violence ? Pourquoi construit-il des colonies dans les territoires occupés en violation des accords d’Oslo (et du droit international) ?

D’autre part, si l’on pense qu’il faut faire évoluer le Hamas, comment le faire sans dialoguer avec lui ? N’est-ce pas le dialogue européen avec l’OLP qui a permis d’avancer ?
Pour aller plus loin Retour à la table des matières

Je voudrais renvoyer aux remarquables reportages faits dans Le Monde diplomatique depuis plus d’une quinzaine d’années sur cette organisation par Wendy Kristianasen, que l’on peut retrouver sur le cédérom du Monde diplomatique ; ainsi qu’aux analyses de Jean-François Legrain, notamment le texte distribué lors de son audition à la commission des affaires étrangères du Sénat, le 14 janvier, « Gaza : des guerres dans quelles perspectives ? ». On peut également lire un intéressant entretien avec Ali Jarbawi (PDF) sur le site de la revue Confluences Méditerranée.

Enfin, le livre de Khaled Hroub, Le Hamas (Démopolis) est le seul ouvrage sérieux en français sur l’organisation.

Écrit par : quaeps | 27/01/2009

Les experts du "Transport & Mobility Leuven" estiment que les volumes de trafic augmenteront sensiblement d'ici 10 ans: +26 % à Bruxelles en 2020. C'est le record, alors qu'on prévoit 16% d'augmentation en Flandre et 15% en Wallonie. Ecoutez le reportage de BelRTL.

Voici les conseils dont vous nous faites part. Judicieux ou pas ? A vous de juger…


Améliorer les transports en commun

Le développement des transports en commun est capital aux yeux de beaucoup d’entre vous. JJD’Ath estime qu’il faut améliorer la sécurité au sein des transports pour augmenter son succès auprès de la population. L’avis de yog s’en rapproche également : améliorer la fréquence, le confort et la sécurité.
Selon Véro améliorer la qualité, les horaires et le prix des transports est une chose, mais changer les mentalités en est une autre : elle soulève à ce propos le « confort » que beaucoup voient en la voiture et se plaignent de ne pas retrouver aux abribus...


Encourager le covoiturage et limiter les voitures de société

Vous êtes quelques uns à estimer qu’il faille favoriser le covoiturage pour résoudre le problème de congestion sur nos routes. Caramel mou propose de réserver de grands couloirs pour les voitures dans lesquelles se trouvent trois personnes minimum. LarryMax pense à décourager le mono voiturage et à imposer une fiscalité sévère sur les voitures de fonction. De plus le fait de bénéficier d’une voiture de société avec essence payée semble, selon Alfred, inciter à une consommation irréfléchie de ce moyen de transport.

Le télétravail vous séduit

Parmi les internautes qui ont réagi, nombreux sont ceux qui conseillent le télétravail dès que cela est possible: travailler de chez soi, via les nouveaux moyens de communication. C’est l'avis de pat, de Malaugrym, de tuuut, de Max et de Marre ! qui estime qu’il s’agit ici aussi d’une question de mentalité.


Quant à Leli, son conseil est "simple comme tout : passez-vous de votre voiture", dit-elle. "Je connais des gens qui n’ont jamais conduit un véhicule et qui ont toujours travaillé".

Écrit par : quaeps | 04/02/2009

bn http://www.bastamag.net/spip.php?article435

Écrit par : quaeps | 18/02/2009

ge J'aimerais pouvoir être dans votre confort intellectuel: "les musulmans n'ont aucune responsabilité dans les crimes d'aujourd'hui. La responsabilité vient de ceux qui dénoncent l'islamisme".

Écrit par : hjkh | 20/02/2009

Vedomosti : Aujourd’hui, l’idée principale de la société russe semble être de renouer avec le passé soviétique, lit-on mardi dans le quotidien Vedomosti.

Sur ces dernières 12 années, le sondage du Centre Levada a établi que le nombre des partisans d’un système fondé sur "la planification et la répartition gouvernementales" (58%) n’a jamais été aussi élevé, dépassant ceux d’un système basé sur "la propriété privée et l’économie de marché" (28%).

La recrudescence de l’esprit antibourgeois pourrait être expliquée par la crise, qui a compromis le système capitaliste. Toutefois, le nombre des partisans de ce système était plus important en décembre 1998 et n’a fait que croître au cours des deux années suivantes. Leur part n’a commencé à faiblir qu’avec l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Sa présidence a réduit le nombre des supporters de l’économie de marché à près d’un tiers des Russes, pendant que la majorité simple des partisans de la planification gouvernementale se convertissait en majorité absolue.

Les choix politiques ont connu une tendance similaire. A la fin de la présidence d’Eltsine, 43% des Russes étaient favorables à un système politique "soviétique", 32% à la "démocratie à l’occidentale" et 6% au système "actuel". La gestion de Poutine a apporté des modifications : les partisans du pouvoir soviétique sont tombés à moins de 24% et les "démocrates" à 15%, la majorité des citoyens (36%) soutenant le système "actuel". Le pays a donc trouvé au moins une voie de développement politique.

Se tenant à distance égale de la démocratie occidentale et du régime soviétique, ce système "actuel" a toutefois perdu aujourd’hui le soutien des masses : le nombre de ses partisans ne dépasse pas 25%.

44% des citoyens estiment qu’il "vaudrait mieux que la situation soit restée la même qu’avant la perestroïka". La plupart des sondés (38%, comme en 1996) reprend espoir dans le modèle soviétique, le nombre des partisans de la démocratie étant deux fois moins important.

Par Alexeï Levinson, chef du département des recherches socioculturelles du Centre Levada.

Écrit par : quaeps | 13/03/2009

http://www.counterpunch.org/avnery03162009.html

Écrit par : quaeps | 16/03/2009

hgjgh Le retrait de Charles (Chas) Freeman de la présidence du National Intelligence Council, au terme de deux semaines d’attaques injurieuses lancées contre lui par le chœur le plus ardent du lobby sioniste américain, est un mauvais point pour l’administration Obama.



Comme je l’écrivais il y a quinze jours, lorsque la campagne contre Freeman a débuté, si Barack Obama ne peut pas tenir tête à des gens comme Marty Peretz, Jonathan Chait, Steve Rosen et autres critiques irascibles et si la Maison Blanche ne peut pas défendre le gratin en matière d’intelligence critique quand cette personne est attaquée par des requins républicains flairant le sang dans l’eau, comment alors pouvons-nous attendre d’Obama qu’il tienne tête à Bibi Netanyahou et à son allier plus radical encore, Avigdor Lieberman, quand ils s’affronteront sur la politique du Proche-Orient ?



C’est triste et inquiétant.



Attendez-vous à de l’exultation dans les pages de The New Republic, de la National Review, de The Weekly Standard, sur Fox News, dans les couloirs de l’American Enterprise Institute et de l’AIPAC, ainsi que sur les blogs de droite et néo-cons.



Parmi ceux qui ont rejoint la campagne de diffamation visant Freeman, il y avait (voyons les choses comme elles sont) les Juifs intransigeants du Congrès démocrate, y compris le sénateur Charles Schumer de New York, le député Steve Israel (il se nomme vraiment « Israël ») de New York et bien sûr cet ancien démocrate, Joe Lieberman – tous pressés dans le coin des fidèles, avec l’AIPAC.



Le Post, écrivant ce matin à propos de l’opposition à Freeman de la part de sept membres républicains du Senate Select Committee on Intelligence, citait Freeman tel qu’il s’exprimait en 2007 : « L’oppression brutale des Palestiniens par l’occupation israélienne ne montre aucun signe d’un terme quelconque… L’identification américaine avec Israël est devenue complète. »



Vous pouvez apparemment tout croire, sauf cela.



Il y a près de quatre ans, j’ai interviewé Freeman à propos de la nomination désastreuse de Porter Goss au poste de directeur de la CIA ; celui-ci avait été affecté par le Président Bush à la surveillance politique d’une agence censée dire la vérité au pouvoir. Goss, m’avait alors dit Freeman, avait été envoyé à Langley pour « imposer une vision [de la CIA] que ses analystes et ses agents rejettent comme n’étant tout simplement pas basée sur la réalité ». « C’est totalitaire. On va finir par se retrouver avec une agence plus à droite, plus conformiste et moins portée à produire des gens ayant des idées originales et des dissidents. »



J’ai bien l’impression que nous savons maintenant qu’il n’y a plus de place pour des dissidents dans le monde du renseignement.



Ce mardi, tard, Freeman a publié cette déclaration :



A tous ceux qui m’ont soutenu ou m’ont adressé des paroles d’encouragement au cours de la controverse de ces deux dernières semaines, j’adresse ma gratitude et mon respect.



Vous aurez découvert la déclaration faite par le Director of National Intelligence, Dennis Blair, rapportant le fait que je suis revenu sur mon acceptation initiale de l’invitation qu’il m’avait faite d’occuper la présidence du National Intelligence Council.



Je suis arrivé à la conclusion que le déluge de distorsions diffamatoires de mes antécédents ne s’arrêterait pas avec mon entrée en fonction. Les efforts en vue de me calomnier et de détruire ma crédibilité se poursuivraient au contraire. Je ne crois pas que le National Intelligence Council pourrait fonctionner efficacement avec un président sous attaque permanente de la part de gens sans scrupules passionnément attachés aux vues d’une faction politique d’un pays étranger. J’étais d’accord de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre la politisation, et non pour l’exposer aux efforts d’un groupe d’intérêt particulier prétendant le contrôler par le biais d’une longue campagne politique.



Ceux qui me connaissent le savent bien : j’ai beaucoup profité de la vie depuis ma retraite. Rien n’était plus éloigné de mon esprit qu’un retour à la fonction publique. Lorsque l’amiral Blair m’a demandé de présider le NIC, je lui ai répondu que j’entendais qu’il me demandait « de renoncer à ma liberté de parole, à mes loisirs, la plus grande part de mes revenus, de me soumettre à la colonoscopie mentale d’un polygraphe, et de reprendre la navette quotidienne pour un job aux longues heures de travail et une ration quotidienne d’injures politiques ». J’ai ajouté que je me demandais « s’il n’y avait pas un côté négatif à cette offre ». J’étais pleinement conscient que nul n’est indispensable ; je ne fais pas exception. Il m’a fallu des semaines de réflexion pour conclure qu’étant donné les circonstances de défi sans précédant dans lesquelles notre pays se trouve actuellement à l’étranger et à l’intérieur, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter cet appel à revenir dans la fonction publique. J’ai donc démissionné de toutes les positions que j’avais et de toutes les activités dans lesquelles j’étais engagé. J’attends avec impatience de retourner à la vie privée, libéré de toutes les obligations antérieures.



Je ne pousse pas l’immodestie jusqu’à penser que cette controverse portait sur moi plutôt que sur des questions de politique publique. Ces questions avaient peu à voir avec le NIC et n’étaient pas au cœur de la contribution que j’espérais apporter à la qualité d’analyse offerte au Président Obama et à son administration. Néanmoins, je suis attristé par ce que la controverse et la manière avec laquelle le vitriol public de ses instigateurs dévoués s’est déversé ont révélé de l’état de notre société civile. Il est manifeste que nous, Américains, ne pouvons plus mener un débat public sérieux ni exercer un jugement indépendant sur des matières de grande importance pour notre pays ainsi que pour nos alliés et amis.



Les calomnies lancées contre moi et leurs courriels dont on peut aisément suivre la trace montrent de manière décisive qu’il y a un puissant Lobby décidé à empêcher toute autre vue que la sienne de s’exposer, moins encore s’agissant de la compréhension américaine des tendances et événements du Proche-Orient. La tactique du Lobby pro-Israël touche le fond du déshonneur et de l’indécence, et inclut l’assassinat moral, la citation sélective inexacte, la déformation délibérée des antécédents, la fabrication de mensonges et un mépris total de la vérité. L’objectif de ce Lobby est le contrôle du processus politique via l’exercice d’un veto sur la nomination de personnes qui contestent la sagesse de ses vues, le remplacement de l’analyse par la conformité politique, et l’exclusion pour les Américains et notre gouvernement de tout choix de décision autre que ceux qu’il prône.



Il y a une ironie toute spéciale à avoir été accusé de considération déplacée pour les opinions de gouvernements étrangers et de sociétés étrangères par un groupe aussi clairement déterminé à imposer l’adhésion à la politique d’un gouvernement étranger – dans ce cas-ci, le gouvernement d’Israël. Je crois que l’incapacité du public américain à débattre ou celle du gouvernement à envisager n’importe quel choix pour la politique US au Proche-Orient qui fasse l’objet d’une opposition de la part de la faction dirigeante dans la politique israélienne, a permis à cette faction d’adopter et de soutenir une politique qui menace en fin de compte l’existence de l’Etat d’Israël. Il n’est permis à personne aux Etats-Unis de le dire. Ce n’est pas seulement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Proche-Orient ; cela porte un préjudice grandissant à la sécurité nationale des Etats-Unis.



L’agitation scandaleuse qui a suivi la fuite concernant ma nomination en instance sera vue par beaucoup comme une raison de s’interroger sérieusement sur la capacité de l’administration Obama de prendre ses propres décisions à propos du Proche-Orient et des questions apparentées. Je regrette que ma volonté de servir la nouvelle administration ait abouti à jeter le doute sur sa capacité d’envisager et a fortiori de décider quelle politique est susceptible de servir au mieux les intérêts des Etats-Unis plutôt que ceux d’un Lobby résolu à imposer la volonté et les intérêts d’un gouvernement étranger.



Au tribunal de l’opinion publique, contrairement à une cour de justice, on est coupable jusqu’à preuve du contraire. Les discours à partir desquels des citations ont été tirées de leur contexte sont accessibles à toute personne intéressée par la vérité. L’injustice des accusations lancées contre moi était évidente pour ceux qui ont l’esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à attaquer ma réputation sont indifférents à toute réfutation que moi-même ou n’importe qui d‘autre pourrait avancer.



Mais tout de même, pour mémoire : je n’ai jamais cherché à être payé ni accepté de paiement de quelque gouvernement étranger que ce soit, en ce compris l’Arabie Saoudite ou la Chine, pour un service quelconque et jamais je n’ai parlé au nom d’un gouvernement étranger, au nom de ses intérêts ou de sa politique. Je n’ai jamais fait de lobbying auprès d’un quelconque département de notre gouvernement pour aucune cause, étrangère ou domestique. Je suis mon propre maître, je ne dépends de personne et en retournant à la vie privée, je vais une fois encore – pour mon plaisir – ne servir d’autre maître que moi-même. Je continuerai à m’exprimer comme il me plaira sur des sujets de préoccupation pour moi et pour d’autres Américains.



Je garde mon respect et ma confiance dans le Président Obama et le Director of National Intelligence Dennis Blair. Notre pays est actuellement confronté à de terribles défis, à l’étranger et à l’intérieur. Comme tout Américain patriote, je continue de prier pour que notre président puisse nous diriger avec succès afin de les surmonter.

Écrit par : quaeps | 21/03/2009

hfghf Alors que la coalition qui a porté Barack Obama à la Maison-Blanche s’entredéchire, le Lobby israélien (AIPAC) est parvenu à écarter l’ambassadeur Freeman de la présidence du Conseil du Renseignement national. C’est que, depuis plusieurs années, Chas Freeman est le leader d’un courant, au sein du département d’État et de la CIA, qui tente de recentrer la politique de Washington au Proche-Orient sur les intérêts nationaux US. Il a organisé la publicité autour du livre critique des professeurs John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, il a aidé à la conclusion des contrats pétroliers entre la Chine et l’Iran, il a organisé l’invitation du président Ahmadinejad à l’université de Columbia et, plus récemment, a apporté son soutien à l’envoyé spécial de l’ONU dans les Territoires palestiniens Richard Falk. Pour lui barrer la route, le Lobby israélien l’a accusé de servir les intérêts saoudiens et chinois ce qu’il ne pouvait démentir sauf à révéler son rôle exact au sein des services de renseignement US. Cependant, l’action trop visible du Lobby israélien contre un membre éminent de la Communauté du Renseignement US a eu pour effet de mobiliser celle-ci contre lui.



21 mars 2009

Depuis
Washington

Outils

Imprimer
Envoyer

Thèmes
« Administration Obama : le changement dans la continuité »


JPEG - 15.6 ko
Le professeur John J. Mearsheimer.

M. Freeman avait une remarquable carrière de trente années au service de la diplomatie et du ministère de la Défense, mais il a critiqué publiquement la politique israélienne et la relation spéciale que les États-Unis entretiennent avec ce pays, disant, par exemple, au cours d’un discours prononcé en 2005, qu’« aussi longtemps que les États-Unis continueraient à lui fournir de manière inconditionnelle les financements et la protection politique qui rendent l’occupation israélienne et la politique violente et autodestructrice [pour Israël ndt] que cette occupation génère, il y aura très peu de raisons, voire strictement aucune raison, d’espérer que quoi que ce soit qui pût ressembler au défunt processus de paix puisse être ressuscité ». Des mots tels que ceux-là sont rarement prononcés à Washington, et quiconque les utilise est quasi certain de ne pas accéder à une responsabilité gouvernementale de haut-niveau. Mais l’amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du Renseignement national, admire beaucoup Freeman, qu’il estimait être exactement le genre de personne capable de revitaliser les milieux du renseignement, qui avaient été extrêmement politisés, durant les années Bush.

Mis en émoi, comme c’était prévisible, le Lobby israélien a lancé une campagne de diffamation à l’encontre de Freeman, dans l’espoir que, soit il démissionnerait de lui-même, soit il serait renvoyé par Obama. Le Lobby tira sa première salve sous la forme de l’affichage d’un texte, sur un blog, par Steven Rosen, un ancien responsable de l’Aipac (American Israel Public Affairs Committee), aujourd’hui mis en examen pour avoir transmis des secrets à Israël. L’opinion de Freeman sur le Moyen-Orient, disait-il, « est celle que vous attendriez du ministre des Affaires étrangères saoudien, auquel il est, du reste, très lié ». Des journalistes pro-israéliens de grand renom, comme Jonathan Chait et Martin Peretz, du bimensuel The New Republic, et Jeffrey Goldberg du mensuel The Atlantic, se joignirent très vite à la meute, et Freeman fut pilonné par des publications qui défendent en permanence Israël, comme The National Review, The Wall Street Journal et le Weekly Standard.

Le véritable coup de chaud, toutefois, provint du Congrès, où l’Aipac (qui se qualifie lui-même de « Lobby pro-israélien de l’Amérique ») détient un pouvoir écrasant. Tous les membres républicains de la Commission sénatoriale du Renseignement sont tombés à bras raccourcis sur Freeman, comme l’ont fait des sénateurs démocrates tels que Joseph Lieberman et Charles Schumer. « J’ai exhorté je ne sais pas combien de fois la Maison-Blanche à l’écarter », a dit Schumer, « et je suis heureux qu’ils aient fini par faire la seule chose qu’il y avait à faire ». Même histoire à la Chambre des représentants, où la charge fut menée par le républicain Mark Kirk et le démocrate Steve Israel, qui poussa Blair à déclencher une enquête impitoyable au sujet des finances de Freeman. Finalement, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, déclara que la nomination de Freeman était abusive. Freeman aurait pu survivre à cette curée, si la Maison-Blanche l’avait soutenu. Mais les basses flatteries qu’avait faites Barack Obama au lobby israélien durant la campagne électorale et son silence assourdissant durant la guerre contre Gaza montrent que le Lobby n’est pas, pour lui, un opposant qu’il s’aviserait d’affronter. Donc, sans surprise, il resta silencieux, et Freeman n’eut d’autre choix que de se démettre.

Depuis lors, le Lobby a déployé d’énormes efforts pour dénier son rôle dans la démission de Freeman. Le porte-parole de l’Aipac, Josh Block, a dit que son organisation « n’avait pas pris position sur cette question et qu’elle n’avait exercé aucune action de lobbying auprès du Capitole à son sujet ». Le Washington Post, dont la page éditoriale est dirigée par Fred Hiatt, un homme totalement voué à la pérennisation de la « relation spéciale » [entre les États-Unis et Israël, ndt] a publié un éditorial affirmant que le fait de mettre en cause le Lobby dans la démission de Freeman relevait des seuls rêves « de M. Freeman et de théoriciens du complot du même acabit ».

En réalité, les preuves de la profonde implication de l’Aipac et d’autres partisans fanatiques d’Israël dans la campagne visant Freeman sont surabondantes. Block a reconnu avoir parlé de Freeman à des journalistes et à des bloggers, et leur avoir donné des informations, toujours après s’être mis d’accord avec eux afin que ses commentaires ne lui soient jamais attribués à lui personnellement, ni à l’Aipac. Jonathan Chait, qui a nié qu’Israël ait été à l’origine de la controverse, avant le limogeage de Freeman, a écrit, après coup : « Bien sûr, je reconnais que le lobby israélien est puissant et qu’il a été un élément clé dans la curée contre Freeman, et que ce lobby n’est pas toujours une puissance bénéfique ». Daniel Pipes, qui dirige le Middle East Forum, où Steven Rosen travaille aujourd’hui, a envoyé prestement une lettre circulaire par mél, portant aux nues le rôle joué par Rosen dans l’éviction de Freeman.

Le 12 mars, soit le jour où le Washington Post a publié son éditorial raillant quiconque ayant suggéré que c’était le lobby israélien qui avait grandement contribué à évincer Freeman, ce même journal a publié un article en première page, décrivant le rôle central que le Lobby avait joué, dans cette affaire. Il y avait aussi un commentaire d’un journaliste chevronné, David Broder, qui commençait ainsi : « L’administration Obama vient de subir une défaite embarrassante de la part de ces lobbyistes-mêmes que le président a juré de remettre à leur place. »

Les détracteurs de Freeman maintiennent que son opinion concernant Israël regardait d’autres que lui. On dit de lui qu’il a des relations particulièrement étroites, voire peut-être même inappropriées [pour un diplomate, ndt] avec l’Arabie saoudite, où il a été, par le passé, ambassadeur des États-Unis. Cette charge n’a pas porté, toutefois, car il n’existe aucune preuve pour l’étayer. Les supporters d’Israël ont dit, aussi, qu’il avait fait des remarques dépourvues de toute compassion à propos du sort qu’avaient connu les manifestants chinois sur la Place Tiananmen de Pékin [en 1989, ndt], mais cette accusation, que les défenseurs de Freeman contestent, a été tirée du sac uniquement parce que les détracteurs pro-israéliens de Freeman étaient en quête de n’importe quel argument leur permettant de salir sa réputation.

Pourquoi le Lobby se préoccupe-t-il à ce point d’une nomination à un poste, certes important, mais certainement pas suprême ? Voici une raison, parmi d’autres : Freeman aurait été responsable de la publication des évaluations des services de renseignement nationaux. Israël et ses partisans états-uniens ont été fous de rage après que le Conseil du Renseignement national eut conclu, en novembre 2007, que l’Iran ne construisait pas la bombe nucléaire, et ils avaient travaillé d’arrache-pied afin de saper ce rapport, ce qu’ils continuent à faire jusqu’à ce jour. Le Lobby veut s’assurer que la prochaine évaluation des capacités nucléaires de l’Iran [par les États-Unis, ndt] parvienne à la conclusion diamétralement opposée, et cela avait bien moins de chances d’arriver, avec Freeman aux manettes. Mieux vaut avoir quelqu’un qui soit dûment estampillé Aipac, pour mener la danse.

Une raison —encore plus importante—, pour le Lobby, de chasser Freeman de son poste, c’est la faiblesse de l’argumentation susceptible de justifier la politique actuelle de l’Amérique vis-à-vis d’Israël, qui rend impératif d’intimer le silence ou de marginaliser quiconque oserait critiquer la relation spéciale. N’eût Freeman été puni, d’autres auraient vu qu’on pouvait critiquer ouvertement Israël et faire carrière brillamment à Washington. Et aussi que, dès l’instant où quelqu’un obtiendrait qu’un débat ouvert et libre s’instaure autour d’Israël, la relation spéciale serait sérieusement compromise.

Un des aspects les plus remarquables de l’affaire Freeman, ce fut le fait que les médias consensuels lui ont accordé très peu d’attention. Ainsi, par exemple, le New York Times n’a pas publié le moindre article au sujet de Freeman jusqu’au lendemain de sa démission, alors qu’une bataille féroce autour de sa nomination avait commencé à faire rage dans la blogosphère, dès la date de ladite nomination. Mais quelque chose s’est produit, dans ladite blogosphère, qui ne se serait jamais produit dans les médias consensuels : le Lobby a été confronté à une réelle opposition. De fait, tout un éventail de bloggers, énergiques, bien informés et hautement respectés, défendit Freeman, dans toutes les péripéties, et ils auraient vraisemblablement emporté le morceau, si le Congrès n’avait pas pesé de tout son poids contre eux. Bref : Internet a permis un débat sérieux aux États-Unis, sur une question impliquant Israël : ce fut une première absolue. Le Lobby n’a jamais eu grand-mal à faire observer la ligne du parti par le New York Times et le Washington Post, mais il a peu de moyens de faire taire les critiques s’exprimant sur Internet.

Lorsque les forces pro-israéliennes étaient entrées en conflit avec une personnalité politique majeure, par le passé, cette personnalité, généralement, avait reculé. Jimmy Carter, traîné dans la boue après qu’il eut publié son livre Palestine : la Paix, pas l’apartheid, a été le premier États-unien éminent à tenir bon et à répliquer. Le Lobby n’a pas pu le faire taire, et ça n’est pas faute, pour lui, d’avoir essayé. Freeman marche dans les brisées de Carter, mais avec plus de pugnacité. Après s’être démis, il a publié une dénonciation au vitriol [1] de « gens dénués de scrupules entièrement dévoués à défendre les vues d’une faction politique d’un pays étranger » dont le but est « d’empêcher par tous les moyens que des opinions un tant soi peu différentes des leurs puissent être diffusées ». « Il y a », avait-il poursuivi, « une ironie particulière dans le fait de se voir accusé d’appréciation inappropriée au sujet des positions de gouvernements et de sociétés étrangers, par un clan si manifestement voué à imposer l’adhésion à la politique d’un gouvernement étranger » [en l’occurrence, le gouvernement israélien, ndt].

La remarquable déclaration de Freeman est parvenue au monde entier, elle a été lue par des personnes innombrables. Cela n’est pas bon, pour le lobby, qui aurait préféré briser dans l’œuf la nomination de Freeman sans laisser d’empreintes digitales. Mais Freeman continuera à s’exprimer au sujet d’Israël et du lobby pro-israélien, et peut-être que certains de ses alliés naturels, à l’intérieur du Beltway, finiront par le rejoindre.

Lentement, mais sûrement, un espace commence à s’ouvrir, aux États-Unis, où il sera possible de parler sérieusement d’Israël.
John J. Mearsheimer

Professeur de sciences politiques à l’université de Chicago. Dernier ouvrage publié : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy (version française : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine)

Écrit par : quaeps | 21/03/2009

hgj Deux mois après la fin de l'opération "Plomb durci" dans la bande de Gaza, qui a coûté la vie à plus de 1 300 Palestiniens, dont une majorité de civils, des soldats israéliens racontent comment certains d'entre eux ont été tués. C'est la première fois que ces témoignages sont publiés, notamment dans le quotidien Haaretz et le journal Maariv. Ils ont d'abord été diffusés dans une lettre d'information d'une académie militaire.
Sur le même sujet
Les faits Arrestations par Tsahal de dix membres du Hamas en Cisjordanie
Les faits Raid israélien sur Gaza, deux combattants palestiniens tués
Reportage A Jérusalem-Est, le quartier Al-Boustan s'organise contre sa destruction annoncée
Eclairage L'Union européenne manifeste sa désapprobation du projet israélien
Vidéo "Closed zone" : le blocus de Gaza en animation
Edition abonnés Thématique : Guerre de Gaza : à qui la faute ?

Un soldat raconte par exemple comment une mère de famille et ses deux enfants ont été tués par un sniper parce que cette femme n'avait pas compris qu'il fallait sortir de la maison en se dirigeant vers la droite plutôt que vers la gauche.

Un autre décrit comment une vieille dame est morte au milieu de la rue sous les projectiles de soldats embusqués dans une maison à 100 mètres, alors qu'elle ne présentait aucun danger. "La vie des Palestiniens est quelque chose de beaucoup, beaucoup moins important que la vie de nos soldats", raconte l'un d'eux ajoutant : "ce qui permet de justifier" ces morts.

Afin d'éviter au maximum les pertes parmi les soldats, les consignes de tirs données par les officiers étaient extrêmement souples. "Lorsque nous entrions dans une maison, nous étions supposés démolir la porte puis tirer à l'intérieur, et ainsi de suite dans tous les étages. Chaque fois que nous rencontrions une personne, nous lui tirions dessus. Pour moi, c'est un meurtre", explique le responsable d'un escadron. "Nous devions tuer tout le monde, car ce sont tous des terroristes", affirment certains soldats de l'unité d'élite Givati. Ces derniers racontent aussi que lorsqu'ils pénétraient dans une maison, ils passaient tout par la fenêtre : "réfrigérateur, vaisselle, mobilier. Les ordres étaient de faire le vide." Un chef de section parle "des inscriptions "Mort aux Arabes", des photos de famille sur lesquelles on crache tout simplement parce qu'on en a le pouvoir. Tout cela dénote à quel point le sens de l'éthique de Tsahal s'est dégradé".

"GUERRE SAINTE"

Danny Zamir, directeur de cette académie, a été surpris par "la dureté des témoignages sur des tirs injustifiés contre des civils, des destructions de biens qui dénotent une atmosphère dans laquelle on se croit permis d'utiliser la force sans restriction". L'influence des rabbins au sein de l'armée est soulignée. "Vous devez combattre pour vous débarrasser des gentils (non juifs) qui vous empêchent d'occuper la Terre sainte" : c'est la recommandation dont se souvient un militaire, qui ajoute : "Beaucoup de soldats avaient le sentiment qu'il s'agissait d'une guerre sainte."

Informé, Gaby Ashkenazi, le chef d'état-major, a estimé que, "pour le moment, les enquêtes n'ont pas démontré que de telles violations ont eu lieu". Le ministre de la défense, Ehoud Barak, reste convaincu que "l'armée israélienne est la plus morale du monde". "Bien sûr, il peut y avoir des exceptions et tout ce qui a pu être dit va être vérifié", a-t-il déclaré.

Une enquête officielle a été ordonnée. Les soldats se sont dits étonnés de la surprise créée par leurs témoignages. Pour eux, ce qui s'est passé dans la bande de Gaza est habituel. Pour le moment, les enquêtes promises sur le déroulement de certaines opérations de Tsahal au cours cette guerre n'ont toujours pas donné de résultats.

Écrit par : quaeps | 21/03/2009

hfh En l’espace de huit ans seulement, les conservateurs ont réussi à mettre en faillite de nombreux états et la banque fédérale en lambeaux. A présent les citoyens sont appelés à « prendre des mesures qui s’imposent » et en souffrir dans tous le pays (sauf, bien-sûr, pour ceux qui font partie des quelques chanceux qui ont été placés au gouvernement pour mieux servir… eux seront confortablement installés avec leurs comptes numérotés, leurs parachutes dorées et leurs exonérations fiscales).

Si vous êtes un instituteur chargé de l’éducation de nos futurs citoyens, pas de chance. Vous devrez vous serrer la ceinture et lâcher du lest. Vous êtes un ouvrier ? Désolé, mais votre travail rapportera plus aux actionnaires s’il est effectué quelque part en Micronésie. Besoin d’un diplôme universitaire ? Préparez-vous à une vie de servitude consacrée au remboursement de vos dettes. La Santé ? Ha ! Encore une arnaque imaginée par une bande de socialistes...

Vous êtes-vous déjà demandé comment les conservateurs ont réussi leur coup ? Et bien voici pour vous un petit guide sur comment vous débarrasser d’un gouvernement afin que vous et vos copains puissiez vous remplir les poches et bâtir un empire.

LECON 1 : TOUJOURS ACCUSER LES INDIVIDUS, JAMAIS LE SYSTEME

Dans chaque bataille, il y a deux camps. Il faut donc diviser les gens et les dresser les uns contre les autres. Pour cela, déclarez que « la société est un concept, elle n’existe pas » et concentrez tout le débat sur les individus et leurs défauts.

Enron a roulé tout un tas de gens ? Ca, c’est juste quelques individus qui ont mal tourné. Le milieu d’affaires fait du zèle ? Ca, c’est juste Jim Cramer (présentateur déjanté d’une émission économique déjantée de la chaine CNBC - NdT) qui fait son numéro habituel. L’économie est en ruines ? Oh ça c’est juste l’héritage de George W. Bush. Et, évidemment, la crise de l’immobilier, c’est la faute aux acheteurs inconscients. Si l’Industrie ne peut plus remplir son rôle c’est à cause de l’Etat-providence qui nous coûte si cher. Et si le gouvernement ne peut plus servir le peuple, c’est à cause de tel politicien corrompu.

Faites en sorte que les gens ne parlent que des individus et il vous sera ensuite facile de leur cacher le cadre dans lequel ils évoluent. Protégez-vous des regards indiscrets lorsque vous saboterez l’éducation et la fonction publique et lorsque vous viderez les caisses de l’état. Ces problèmes là seront laissés à la charge du premier Progressiste venu lorsque la véritable crise éclatera.

LECON 2 : REDUIRE LES IMPOTS

Maintenant que vous avez réussi à les dresser les uns contre les autres (et nous oublier), vous pouvez vous atteler à la tâche de démanteler le gouvernement. Tout ce que vous avez à faire c’est « réduire les impôts ». C’est aussi simple que ça. Avec cette seule mesure vous récolterez tous les bénéfices :

- une réduction de tous les programmes sociaux

- une dégradation des services publics

- la création d’un terrain propice aux critiques contre « le gaspillage » et « l’inefficacité » (cf Leçon 1, « accuser les individus »)

- des économies pour vos amis qui ne paieront plus pour toute l’infrastructure qu’ils utilisent pour gagner de l’argent.

- une neutralisation des organismes sociaux et des organisations progressistes trop occupés à tenter de joindre les deux bouts.

- une externalisation de certaines fonctions de l’état au profit de vos potes du Big Business

Cette mesure est d’une importance stratégique et sera votre principal outil pour réaliser vos objectifs.

Et lorsque la situation se dégradera, vous saisirez les nouvelles opportunités qui s’offriront à vous et dont vous n’osiez même pas rêver dans le cadre d’une démocratie.

LECON 3 – PROFITEZ DU DESASTRE

Si vous avez réussi à mettre en oeuvre les étapes 1 et 2, la panique s’installera. Et nous savons tous qu’une ambiance de panique n’est pas propice à la réflexion. C’est là que vous aurez l’occasion de mettre en oeuvre votre programme impopulaire – du capitalisme de choc à l’état pur !

Rappelez-vous les manœuvres pour envahir et occuper illégalement l’Irak et se saisir de son pétrole. L’opération n’aurait pas réussi si les gens n’avaient pas été paralysés par la menace du terrorisme. Vous croyez que les gens auraient approuvé les nouveaux programmes scolaires et accepté qu’on remplace un véritable enseignement par de simples tests ? Il nous a fallu provoquer une crise (et y travailler dur pendant des années) pour réussir à faire avaler cette mesure-là. Et vous savez aussi que nous n’aurions jamais réussi à imposer les nouvelles mesures de sécurité et de restrictions des droits civiques si elles avaient été soumises à un débat public.

Et voilà, en trois leçons, comment détruire un gouvernement.

Si vous êtes un perfectionniste, vous pourriez éventuellement tenter, au moment du sauve-qui-peut général, d’en profiter pour distribuer quelques milliards à vos copains de la finance. Pensez aussi à accorder, sans appel d’offres, des marchés à vos vieilles connaissances de l’industrie de l’énergie et de la défense, lorsque l’attention du public sera concentrée ailleurs.

Vous pourriez même, si vous êtes particulièrement doué, riposter à toute proposition « d’augmenter les salaires » en la qualifiant d’exemple type de toutes ces « dépenses inconsidérées » qui ont provoqué cette crise…

Écrit par : quaeps | 25/03/2009

fgjhfg C’est très souvent le cas effectivement. L’intelligence est roulée par les désirs ou par l’instinct. Je pense que l’agressivité a joué un rôle très utile tout au long de l’évolution animale : la loi de nature est une loi dure, qui exige le meurtre. Pour faut manger et de ne pas être mangés, nos ancêtres animaux avaient à se défendre. La vie tourne autour de cette loi. Et cette agressivité, cette violence, qui a joué un rôle très utile, on ne peut pas simplement la nier ou la mettre de côté, et passer à autre chose. La psychanalyse nous apprend jusqu’à quel point on ne peur pas écraser ses sentiments : si on essaie de le faire, ils ressortent ailleurs. Ce n’est pas astucieux. Il faut au contraire gérer les instincts. Et comment gérer les instincts? Comment amener l’être humain en conscience à changer son attitude vis-à-vis le fait de tuer, par exemple?

Je pense que nous devons tuer : nous mangeons de la viande, et si on ne mange pas de viande, on mange des plantes, et une plante c’est aussi quelque chose qu’on tue. Je pense que la version végétarienne n’est pas vraiment une bonne réponse. Mais tout est dans la façon de considérer l’acte de tuer : par exemple, le chasseur qui tue pour le plaisir de tuer, sans manger sa proie, celui qui tue des animaux pour en porter la fourrure alors qu’il pourrait très bien porter une fourrure synthétique aussi chaude... Il y a quelque chose qui doit changer, un peu dans le même sens où il y a eu une évolution de la sensibilité par rapport à tuer les êtres humains, entre les Romains de l’Antiquité et nous : les Romains allaient au cirque voir des meurtres, et c’était tout à fait bien vu dans la société. Je lisais l’autre jour comment on préférait y aller le midi parce que c’était plus sanglant que le soir! On a encore des matchs de boxe ou de lutte, mais personne ne va voir des hommes être mis à mort : il y a eu un progrès dans la sensibilité humaine. Par contre, par rapport aux animaux, ça n’est pas le cas.

On n’hésite pas à tuer les animaux et on n’hésite pas, souvent, à ridiculiser les gens qui prennent la part des animaux. Ou on prétend que si on ne tue pas les phoques, par exemple, ils vont proliférer et manger trop de poissons. Mais c’est très différent de tuer un animal pour garder l’équilibre de la nature et tuer pour un profit immédiat ou vénal. Je pense que, encore une fois, nous devons prendre l’exemple des Indiens d’Amérique, qui, avant de tuer un animal, lui disaient : " On regrette, on est désolé, mais c’est toi ou nous : on aimerait mieux ne pas te tuer mais on va te tuer parce qu’on a besoin de manger. " C’étaient des gens très sages…

La nature impose le meurtre, mais on peut le regretter. Une évolution dans ce sens pourrait avoir une importance très grande de l’humanité. On a du mal à penser, par exemple, qu’en tant de guerre, un militaire qui tire sur tout ce qui bouge, pourrait avoir un comportement différent : mais il faut qu’il y ait une sorte de résistance instinctive. C’est peut-être ça la civilisation? Une résistance instinctive à tuer un animal, une plante ou un être humain par plaisir, lorsque ce n’est pas nécessaire.

Écrit par : quaeps | 27/03/2009

bfdb I am travelling in Europe for three weeks to discuss the global financial crisis with government officials, politicians and labor leaders. What is most remarkable is how differently the financial problem is perceived over here. It’s like being in another economic universe, not just another continent.

The U.S. media are silent about the most important topic policy makers are discussing here (and I suspect in Asia too): how to protect their countries from three inter-related dynamics:

(1) the surplus dollars pouring into the rest of the world for yet further financial speculation and corporate takeovers;

(2) the fact that central banks are obliged to recycle these dollar inflows to buy U.S. Treasury bonds to finance the federal U.S. budget deficit; and most important (but most suppressed in the U.S. media,

(3) the military character of the U.S. payments deficit and the domestic federal budget deficit.

Strange as it may seem – and irrational as it would be in a more logical system of world diplomacy – the “dollar glut” is what finances America’s global military build-up. It forces foreign central banks to bear the costs of America’s expanding military empire – effective “taxation without representation.” Keeping international reserves in “dollars” means recycling their dollar inflows to buy U.S. Treasury bills – U.S. government debt issued largely to finance the military.

To date, countries have been as powerless to defend themselves against the fact that this compulsory financing of U.S. military spending is built into the global financial system. Neoliberal economists applaud this as “equilibrium,” as if it is part of economic nature and “free markets” rather than bare-knuckle diplomacy wielded with increasing aggressiveness by U.S. officials. The mass media chime in, pretending that recycling the dollar glut to finance U.S. military spending is “showing their faith in U.S. economic strength” by sending “their” dollars here to “invest.” It is as if a choice is involved, not financial and diplomatic compulsion to choose merely between “Yes” (from China, reluctantly), “Yes, please” (from Japan and the European Union) and “Yes, thank you” (Britain, Georgia and Australia).

It is not “foreign faith in the U.S. economy” that leads foreigners to “put their money here.” That’s a silly cartoon of a more sinister dynamic. The “foreigners” in question are not consumers buying U.S. exports, nor are they private-sector “investors” buying U.S. stocks and bonds. The largest and most important foreign entities putting “their money” here are central banks, and it is not “their money” at all. They are sending back the dollars that foreign exporters and other recipients turn over to their central banks for domestic currency.

When the U.S. payments deficit pumps dollars into foreign economies, these banks are being given little option except to buy U.S. Treasury bills and bonds – which the Treasury spends on financing an enormous, hostile military build-up to encircle the major dollar-recyclers – China, Japan and Arab OPEC oil producers. Yet these governments are forced to recycle dollar inflows in a way that funds U.S. military policies in which they have no say in formulating, and which threaten them more and more belligerently. That is why China and Russia took the lead in forming the Shanghai Cooperation Organization (SCO) a few years ago.

Here in Europe there is a clear awareness that the U.S. payments deficit is much larger than just the trade deficit. One need merely look at Table 5 of the U.S. balance-of-payments data compiled by the Bureau of Economic Analysis (BEA) and published by the Dept. of Commerce in its Survey of Current Business to see that the deficit does not stem merely from consumers buying more imports than the United States exports as the financial sector de-industrializes its economy. U.S. imports are now plunging as the economy shrinks and consumers are now finding themselves obliged to pay down the debts they have taken on.

Congress has told foreign investors in the largest dollar holder, China, not to buy anything except perhaps used-car dealerships and maybe more packaged mortgages and Fannie Mae stock – the equivalent of Japanese investors being steered into spending $1 billion for Rockefeller Center, on which they subsequently took a 100 per cent loss, and Saudi investment in Citigroup. That’s the kind of “international equilibrium” that U.S. officials love to see. “CNOOK go home” is the motto when it comes to serious attempts by foreign governments and their sovereign wealth funds (central bank departments trying to figure out what to do with their dollar glut) to make direct investments in American industry.

So we are left with the extent to which the U.S. payments deficit stems from military spending. The problem is not only the war in Iraq, now being extended to Afghanistan and Pakistan. It is the expensive build-up of U.S. military bases in Asian, European, post-Soviet and Third World countries. The Obama administration has promised to make the actual amount of this military spending more transparent. That presumably means publishing a revised set of balance of payments figures as well as domestic federal budget statistics.

The military overhead is much like a debt overhead, extracting revenue from the economy. In this case it is to pay the military-industrial complex, not merely Wall Street banks and other financial institutions. The domestic federal budget deficit does not stem only from “priming the pump” to give away enormous sums to create a new financial oligarchy. It contains an enormous and rapidly growing military component.

So Europeans and Asians see U.S. companies pumping more and more dollars into their economies. Not just to buy their exports in excess of providing them with goods and services in return; not just to buy their companies and “commanding heights” of privatized public enterprises without giving them reciprocal rights to buy important U.S. companies (remember the U.S. turn-down of China’s attempt to buy into the U.S. oil distribution business); not just to buy foreign stocks, bonds and real estate. The U.S. media somehow neglect to mention that the U.S. government is spending hundreds of billions of dollars abroad – not only in the Near East for direct combat, but to build enormous military bases to encircle the rest of the world, to install radar systems, guided missile systems and other forms of military coercion, including the “color revolutions” that have been funded – and are still being funded – all around the former Soviet Union.

Pallets of shrink-wrapped $100 bills adding up to tens of millions of the dollars at a time have become familiar “visuals” on some TV broadcasts, but the link is not made with U.S. military and diplomatic spending and foreign central-bank dollar holdings, which are reported simply as “wonderful faith in the U.S. economic recovery” and presumably the “monetary magic” being worked by Wall Street’s Tim Geithner at Treasury and Helicopter Ben Bernanke at the Federal Reserve.

Here’s the problem: The Coca Cola company recently tried to buy China’s largest fruit-juice producer and distributor. China already holds nearly $2 trillion in U.S. securities – way more than it needs or can use, inasmuch as the United States government refuses to let it buy meaningful U.S. companies. If the U.S. buyout would have been permitted to go through, this would have confronted China with a dilemma: Choice #1 would be to let the sale go through and accept payment in dollars, reinvesting them in what the U.S. Treasury tells it to do – U.S. Treasury bonds yielding about 1 per cent. China would take a capital loss on these when U.S. interest rates rise or when the dollar declines as the United States alone is pursuing expansionary Keynesian policies in an attempt to enable the U.S. economy to carry its debt overhead.

Choice #2 is not to recycle the dollar inflows. This would lead the renminbi to rise against the dollar, thereby eroding China’s export competitiveness in world markets. So China chose a third way, which brought U.S. protests. It turned the sale of its tangible company for merely “paper” U.S. dollars – which went with the “choice” to fund further U.S. military encirclement of the Shanghai Cooperative Agreement. The only people who seem not to be drawing this connection are the American mass media, and hence public. I can assure you from personal experience, it is being drawn here in Europe. (Here’s a good diplomatic question to discuss: Which will be the first European country besides Russia to join the S.C.O.?)

Academic textbooks have nothing to say about how “equilibrium” in foreign capital movements – speculative as well as for direct investment – is infinite as far as the U.S. economy is concerned. The U.S. economy can create dollars freely, now that they no longer are convertible into gold or even into purchases of U.S. companies, inasmuch as America remains the world’s most protected economy. It alone is permitted to protect its agriculture by import quotas, having “grandfathered” these into world trade rules half a century ago. Congress refuses to let “sovereign wealth” funds invest in important U.S. sectors.

So we are confronted with the fact that the U.S. Treasury prefers foreign central banks to keep on funding its domestic budget deficit, which means financing the cost of America’s war in the Near East and encirclement of foreign countries with rings of military bases. The more “capital outflows” U.S. investors spend to buy up foreign economies –the most profitable sectors, where the new U.S. owners can extract the highest monopoly rents – the more funds end up in foreign central banks to support America’s global military build-up. No textbook on political theory or international relations has suggested axioms to explain how nations act in a way so adverse to their own political, military and economic interests. Yet this is just what has been happening for the past generation.

So the ultimate question turns out to be what countries can do to counter this financial attack. A Basque labor union asked me whether I thought that controlling speculative capital movements would ensure that the financial system would act in the public interest. Or is outright nationalization necessary to better develop the real economy?

It is not simply a problem of “regulation” or “control of speculative capital movements.” The question is how nations can act as real nations, in their own interest rather than being roped into serving whatever the American government decides is in America’s interest.

Any country trying to do what the United States has done for the past 150 years is accused of being “socialist” – and this from the most anti-socialist economy in the world, except when it calls bailouts for its banks “socialism for the rich,” a.k.a. financial oligarchy. This rhetorical inflation almost leaves no alternative but outright nationalization of credit as a basic public utility.

Of course, the word “nationalization” has become a synonym for bailing out the largest and most reckless banks from their bad loans, and bailing out hedge funds and non-bank counterparties for losses on “casino capitalism,” gambling on derivatives that AIG and other insurers or players on the losing side of these gambles are unable to pay. Bailout in this form is not nationalization in the traditional sense of the term – bringing credit creation and other basic financial functions back into the public domain. It is the opposite. It prints new government bonds to turn over – along with self-regulatory power – to the financial sector, blocking the citizenry from taking back these functions.

Framing the issue as a choice between democracy and oligarchy turns the question into one of who will control the government doing the regulation and “nationalizing.” If it is done by a government whose central bank and major congressional committees dealing with finance are run by Wall Street, this will not help steer credit into productive uses. It will merely continue the Greenspan-Paulson-Geithner era of more and larger free lunches for their financial constituencies.

The financial oligarchy’s idea of “regulation” is to make sure that deregulators are installed in the key positions and given only a minimal skeleton staff and little funding. Despite Alan Greenspan’s announcement that he has come to see the light and realizes that self-regulation doesn’t work, the Treasury is still run by a Wall Street official and the Fed is run by a lobbyist for Wall Street. To lobbyists the real concern isn’t ideology as such – it’s naked self-interest for their clients. They may seek out well-meaning fools, especially prestigious figures from academia. But these are only front men, headed as they are by the followers of Milton Friedman at the University of Chicago. Such individuals are put in place as “gate-keepers” of the major academic journals to keep out ideas that do not well serve the financial lobbyists.

This pretence for excluding government from meaningful regulation is that finance is so technical that only someone from the financial “industry” is capable of regulating it. To add insult to injury, the additional counter-intuitive claim is made that a hallmark of democracy is to make the central bank “independent” of elected government. In reality, of course, that is just the opposite of democracy. Finance is the crux of the economic system. If it is not regulated democratically in the public interest, then it is “free” to be captured by special interests. So this becomes the oligarchic definition of “market freedom.”

The danger is that governments will let the financial sector determine how “regulation” will be applied. Special interests seek to make money from the economy, and the financial sector does this in an extractive way. That is its marketing plan. Finance today is acting in a way that de-industrializes economies, not builds them up. The “plan” is austerity for labor, industry and all sectors outside of finance, as in the IMF programs imposed on hapless Third World debtor countries. The experience of Iceland, Latvia and other “financialized” economies should be examined as object lessons, if only because they top the World Bank’s ranking of countries in terms of the “ease of doing business.”

The only meaningful regulation can come from outside the financial sector. Otherwise, countries will suffer what the Japanese call “descent from heaven”: regulators are selected from the ranks of bankers and their “useful idiots.” Upon retiring from government they return to the financial sector to receive lucrative jobs, “speaking engagements” and kindred paybacks. Knowing this, they regulate in favor of financial special interests, not that of the public at large.

The problem of speculative capital movements goes beyond drawing up a set of specific regulations. It concerns the scope of national government power. The International Monetary Fund’s Articles of Agreement prevent countries from restoring the “dual exchange rate” systems that many retained down through the 1950s and even into the ‘60s. It was widespread practice for countries to have one exchange rate for goods and services (sometimes various exchange rates for different import and export categories) and another for “capital movements.” Under American pressure, the IMF enforced the pretence that there is an “equilibrium” rate that just happens to be the same for goods and services as it is for capital movements. Governments that did not buy into this ideology were excluded from membership in the IMF and World Bank – or were overthrown.

The implication today is that the only way a nation can block capital movements is to withdraw from the IMF, the World Bank and the World Trade Organization (WTO). For the first time since the 1950s this looks like a real possibility, thanks to worldwide awareness of how the U.S. economy is glutting the global economy with surplus “paper” dollars – and U.S. intransigence at stopping its free ride. From the U.S. vantage point, this is nothing less than an attempt to curtail its international military program.

Écrit par : quaeps | 30/03/2009

fgh serait tenté de l’affirmer : Iran et Israël, même combat ! Tant les excès de langage des uns servent les intérêts des autres. Pour preuve, ce qui se passe depuis lundi à la conférence de l’ONU sur les droits de l’homme, où les débordements verbaux et les amalgames du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ont permis aux capitales occidentales d’esquiver tout examen critique de la politique israélienne à l’encontre de la population palestinienne. Grâce à Ahmadinejad, il n’y a plus d’Avigdor Lieberman. L’homme qui veut rayer Israël de la carte a réussi, par sa diatribe scandaleuse, à rayer des consciences celui qui veut « transférer » les Arabes hors d’Israël et réserver à Gaza le sort d’Hiroshima. Trois mois après les mille trois cents morts de Gaza, le sordide discours du président iranien a replacé Israël dans un rôle de victime. Et pourtant ! Si une conférence comme celle de Genève ne peut pas s’interroger sur l’attitude d’un pays qui perpétue une occupation militaire d’un autre âge, asphyxie physiquement un peuple voisin, et pratique une politique ouvertement discriminatoire à l’encontre d’une partie de sa propre population au seul prétexte qu’elle est arabe, alors à quoi sert-elle ? Puisqu’il s’agit ici de racisme et de discrimination, parlons au moins de la minorité arabe de nationalité israélienne, ce million deux cent mille âmes qui ont réussi à échapper à l’exode en 1947 et 1948.

Sait-on seulement que la Cour suprême d’Israël avait elle-même reconnu en février 2006, d’ailleurs sans effets concrets, les « discriminations » (c’était le mot utilisé) résultant de la création de zones dites « de priorité nationale » favorisant l’expropriation de propriétaires arabes, ou leur interdisant l’accès à la propriété ? Sait-on que 7 % seulement des budgets alloués en Israël aux infrastructures publiques vont aux communautés arabes ? Que des villages bédouins sont encore privés d’électricité ? Sait-on que les salaires arabes moyens n’atteignent pas, à qualification égale, 60 % des rémunérations versées aux Juifs israéliens ? Sait-on que les populations arabes perçoivent 35 % d’allocations en moins, à situation sociale et familiale équivalentes ? Que 8 % seulement des étudiants sont arabes pour une population qui représente 20 % de la population totale d’Israël ? Que l’âge d’accès à certaines études a été artificiellement relevé pour faire obstacle à des étudiants arabes qui, faute de bourses ou de moyens sociaux, sont contraints de s’engager sans attendre dans la vie active ? Que des tests psychométriques ont été imaginés pour faire chuter des jeunes Arabes aux examens en définissant des profils types qui réduisent leurs chances ? Sait-on qu’il est pratiquement impossible à une femme ou à un homme arabe israélien d’épouser un Palestinien ou une Palestinienne ? Et nous pourrions poursuivre cette litanie d’injustices, recensées notamment par Adalah, une remarquable association de juristes qui a déposé en janvier 2007 un rapport consignant toutes ces anomalies devant le Comité des Nations unies « pour l’élimination des discriminations raciales ».

J’ai déjà eu récemment l’occasion de m’exprimer sur ce « Durban II » (voir Politis n° 1045). Pour l’essentiel, mon propos se résumait en une idée simple : si Israël ne bénéficiait pas perpétuellement d’une impunité dans les grandes instances internationales, si les résolutions votées – quand elles ne se heurtent pas au veto américain – étaient appliquées, les conférences de l’ONU contre le racisme ne se transformeraient pas en exutoire, ni en théâtre de toutes les revanches. Si j’éprouve aujourd’hui le besoin d’y revenir, c’est parce qu’il est insupportable d’entendre ces commentateurs pousser des cris d’effraie quand on dénonce la politique de discrimination raciale pratiquée par Israël. Ces farouches oiseaux de nuit aiment à se faire peur en écoutant le président iranien. Mais ce n’est pas à Mahmoud Ahmadinejad qu’il faut répondre ; c’est à l’association Adalah. Ce n’est pas le délire d’un homme qui doit nous occuper, mais la réalité. Il n’est pas difficile ensuite d’établir une relation entre la posture coloniale d’Israël en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem, et le traitement infligé à ses citoyens palestiniens de nationalité israélienne. La question de savoir si le racisme est intrinsèque à Israël n’a que peu d’intérêt. Il suffit de comprendre que toute situation de domination coloniale engendre le racisme. En ce sens, la question palestinienne est bien un sujet pour la conférence de Genève. Pourquoi faudrait-il ensuite hiérarchiser les discriminations ? Il y a pire en Chine avec les Ouïgours et avec les Tibétains ? Au Sri Lanka avec les Tamouls ? En Russie avec les Caucasiens ? Et alors ? Cela n’autorise pas les puissances occidentales à surprotéger un allier encombrant qui ridiculise les idéaux et les principes qu’ils prétendent inculquer au reste du monde.

C’est entendu, il ne se décidera rien d’intéressant à Genève. Les boycotteurs sont dans la même logique que le président iranien : celle du choc des civilisations. Chacun défend sa « tribu » et ne supporte pas le moindre reproche pour ses protégés. Fort heureusement, et malgré la posture américaine dont on ne sait quelle est la part prise par Barack Obama, une vague espérance nous vient du sommet des Amériques qui se tenait récemment à Trinité-et-Tobago. Les mots prononcés à l’adresse de Cuba, le changement de ton à l’égard d’Hugo Chavez, tout cela n’est-il que faux-semblants ? Il nous plaît de croire le contraire. Le conflit israélo-palestinien pourrait alors évoluer dans le bon sens. Et Durban II ne serait plus qu’un mauvais écran de fumée.

Écrit par : hjkh | 23/04/2009

vbc
Assiéger l’Empire

Quand on parle d’Empire, de quoi s’agit- il exactement ? Du gouvernement des Etats-Unis et de ses satellites européens, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des firmes transnationales ? L’Empire n’est-il que cela ? N’a-t-il pas, dans de nombreux pays, engendré des excroissances subsidiaires, des sous-produits dangereux tels que le nationalisme, le fanatisme religieux, le fascisme et, bien sûr, le terrorisme, qui marchent la main dans la main avec le projet de mondialisation libérale ?

Pour illustrer mon propos, je vais prendre le cas de la plus grande démocratie du monde : l’Inde, actuellement à la pointe de l’offensive néolibérale. Son marché d’un milliard d’habitants a été ouvert au forceps par l’OMC. Le gouvernement et les élites du pays font leurs délices des privatisations et de la dictature des marchés et des entreprises géantes. Il n’est nullement fortuit que le premier ministre, le ministre de l’intérieur et le ministre du désinvestissement (c’est-à-dire des privatisations) - ceux-là mêmes qui avaient signé un accord avec Enron, qui bradent les infrastructures de l’Inde aux transnationales, qui veulent privatiser l’eau, l’électricité, le pétrole, le charbon, l’acier, la santé, l’éducation et les télécommunications - soient tous des membres ou partisans du Corps national des volontaires (RSS) (1), organisation hindoue de droite et ultra-nationaliste qui, dans le passé, n’a pas caché son admiration pour Hitler et ses méthodes.

En Inde, le démantèlement de la démocratie avance au même pas de charge et avec la même efficacité qu’un plan d’ajustement structurel. La mise en œuvre du projet néolibéral à l’échelle globale disloque l’existence des populations ; les privatisations massives et les « réformes » du travail chassent les paysans de leurs terres et les salariés de leurs emplois. Des milliers d’agriculteurs ruinés se suicident en absorbant des pesticides. De tout le pays parviennent des informations sur les famines mortelles. Pendant que l’élite poursuit son voyage vers une destination imaginaire, quelque part au sommet du monde, les pauvres sont pris dans la spirale du crime et du chaos. L’histoire nous enseigne que ce climat de frustration et de désillusion nationale constitue le terreau idéal du fascisme.

Les deux bras du gouvernement ont pris l’Inde en tenaille. Pendant que l’un s’affaire à mettre le pays à l’encan, morceau par morceau, l’autre, pour détourner l’attention, orchestre les hurlements du chœur du nationalisme hindou et du fascisme religieux. Il procède à des essais nucléaires, réécrit les livres d’histoire, brûle les églises et démolit les mosquées. La censure, la surveillance, la suspension des libertés civiles et des droits humains, les tentatives visant à définir qui est citoyen indien et qui ne l’est pas, en particulier en raison de son appartenance à une minorité religieuse, sont devenues autant de pratiques courantes.

En mars 2002, dans l’Etat du Gujarat, 2 000 musulmans ont été massacrés lors d’un pogrom organisé par les autorités. Les femmes ont été spécialement visées : déshabillées, violées en série avant d’être brûlées vives. Les émeutiers pillèrent les boutiques, les maisons, les ateliers de textile et les mosquées, puis les incendièrent. Plus de 150 000 musulmans ont été chassés de leurs foyers, et la base économique de leur communauté complètement détruite. Pendant que le Gujarat était mis à feu et à sang, le premier ministre de l’Inde faisait la promotion de ses nouveaux poèmes sur la chaîne MTV.

En janvier 2003, le gouvernement du Gujarat, qui avait orchestré le massacre, remporta les élections avec une confortable majorité. Personne n’a été puni pour ces atrocités. M. Narendra Modi, qui en avait été le concepteur, et qui revendique avec fierté son appartenance au RSS, a entamé son deuxième mandat de premier ministre de l’Etat. S’il s’était agi de M. Saddam Hussein, il va de soi que chacune des barbaries commises aurait fait l’ouverture du journal de CNN. Comme ce n’est pas le cas, et comme le « marché » indien est ouvert aux investisseurs internationaux, ce massacre ne constitue même pas un embarrassant fait divers. Pourtant, l’Inde compte plus de 100 millions de musulmans. L’horloge d’une bombe à retardement s’est mise en route sur notre terre millénaire.

Tout cela pour récuser le mythe selon lequel le marché sans entraves abolirait les barrières nationales : il ne menace pas la souveraineté des Etats, il détruit simplement la démocratie. Au fur et à mesure que s’accroissent les disparités entre riches et pauvres, la lutte pour l’accaparement des ressources s’intensifie. Pour que prospèrent les arrangements de copains et de coquins ; pour faire passer sous la coupe des grandes entreprises les champs que nous cultivons, l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons, la mondialisation libérale a besoin, dans les pays pauvres, d’une confédération de gouvernements autoritaires, corrompus et aux ordres, afin d’y imposer des « réformes » impopulaires et d’y tuer dans l’œuf les mutineries.

Pendant ce temps, les pays du Nord verrouillent leurs frontières et accumulent les armes de destruction massive. Après tout, il leur faut veiller à ce que soient uniquement globalisés le capital, les biens, les brevets et les services. Pas la libre circulation des personnes. Pas le respect des droits humains. Pas les traités internationaux contre la discrimination raciale, les armes chimiques et atomiques, l’effet de serre ou le changement climatique. Surtout pas, à Dieu ne plaise, la justice.

L’Empire, c’est tout cela : cette confédération aux ordres, cette obscène accumulation de pouvoir, cette distance considérablement accrue entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui les subissent. Notre combat, notre objectif, notre vision d’un autre monde possible passent par l’élimination de cette distance. Comment donc résister à l’Empire ?

Nous ne nous en tirons pas si mal. Nous avons remporté des victoires majeures, notamment en Amérique latine : à Cochabamba, en Bolivie (2) ; lors du soulèvement d’Arequipa (3), au Pérou ; au Venezuela, où le président Hugo Chávez tient bon malgré tous les efforts du gouvernement américain. M.Luiz Inacio « Lula » da Silva est devenu président du Brésil. Et le monde entier a les yeux tournés vers le peuple argentin, qui essaie de reconstruire un pays sur les décombres des ravages provoqués par le FMI. En Inde, le mouvement contre la mondialisation libérale monte en puissance, et il est en train de devenir la seule force politique susceptible de contrer le fascisme religieux.

Nous savons cependant que, sous le vaste dais de la « guerre contre le terrorisme », s’activent les hommes en complet gris. Pendant que les bombes s’abattent sur nous et que les missiles de croisière strient les cieux, des contrats sont en train d’être signés, des brevets déposés, des oléoducs installés, des ressources naturelles pillées, de l’eau privatisée.

Mais l’Empire est maintenant à découvert, et trop horrible pour se regarder lui-même dans un miroir. Avant le 11 septembre 2001, les Etats-Unis d’Amérique avaient une histoire secrète, surtout pour leurs propres citoyens. Mais, désormais, ces secrets font partie de l’histoire et sont dans le domaine public. Nous savons que chacun des arguments utilisés pour lancer la guerre contre Bagdad est un mensonge. Le plus grossier d’entre eux est le prétendu souci d’apporter la démocratie aux Irakiens. Tuer les gens pour les sauver de la dictature ou de la corruption idéologique est certes une vieille pratique du gouvernement américain.

Personne n’a le moindre doute sur le fait que M. Saddam Hussein est un impitoyable dictateur, un assassin dont les pires exactions ont, en leur temps, bénéficié de l’appui des gouvernements américain et britannique. Il est certain que les Irakiens auraient tout à gagner à s’en débarrasser. Mais, à ce compte, le monde aurait aussi tout à gagner à se débarrasser d’un certain M. Bush.

Que pouvons-nous faire ? Nous pouvons aiguiser notre mémoire, apprendre de notre histoire. Nous pouvons continuer à construire une opinion publique qui se fera entendre. Nous pouvons faire voir M. George Bush, M. Anthony Blair et leurs « alliés » pour ce qu’ils sont : de lâches assassins de bébés, des empoisonneurs d’eau potable, de pusillanimes lanceurs de bombes, mais à distance. Nous pouvons réinventer la désobéissance civile de mille manières. Quand M. Bush nous dit : « Vous êtes avec nous ou avec les terroristes », nous devons lui faire savoir que les peuples du monde n’ont pas à choisir entre un malfaisant Mickey Mouse et des mollahs fous.

Écrit par : quaeps | 26/04/2009

fghf Et voilà que l’on retrouve les contorsions de l’Occident et les droits de l’homme à géométrie variable !

Le Président Iranien, Mahmoud Ahmedinedjad, a, il est vrai, commis le crime de lèse-Israël. Il a eu l’outrecuidance de dénoncer le racisme de l’Etat d’Israël. Vous n’y pensez pas, Monsieur le Président !

Raciste, Raphaël Eytan, ex-chef d’état-major de l’armée d’Israël, qui compare les Palestiniens à des "cancrelats dans un bocal" ?
Raciste, Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères du gouvernement israélien, qui propose d’appliquer à Gaza "ce que les Etats-Unis ont fait au Japon à la fin de la seconde guerre mondiale", autrement dit d’y envoyer une bombe atomique ?
Raciste, David Ben Gurion qui déclare en 1937 : " Nous devons expulser les arabes et prendre leur place" ?
Raciste, Heilbrun, président du comité pour la réélection du général Shlomo Lehat, maire de Tel-Aviv, qui affirme en octobre 1987 : "Nous devons tuer tous les palestiniens à moins qu’ils ne soient résignés à vivre en tant qu’esclaves" ?
Raciste, Israël Koenig, principal auteur du fameux rapport Koenig, qui décrit en détail les moyens de discrimination à utiliser à l’encontre des citoyens Palestiniens Israéliens et dont chacun peut juger de l’humanité à travers cette citation : "Nous devons utiliser la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et l’arrêt de tous les programmes sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe" ?
Raciste, Joseph Weitz, directeur du Fond national juif, qui écrit en 1973 : "La seule solution est Eretz Israel [Grand Israël], ou au moins Eretz Israël Ouest [toutes les terres à l’ouest du Jourdain], sans les arabes. Il n’y a pas de place pour un compromis sur ce point. Nous ne devons pas laisser un seul village, pas une seule tribu" ?
Raciste, Golda Meïr, qui déclare, le 8 mars 1969 : "Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre" ?
Raciste, Yitzhak Shamir, premier ministre israélien qui, le 1er avril 1988, promet :"Les palestiniens » seront écrasés comme des sauterelles … leurs têtes éclatés contre les rochers et les murs" ?
Raciste, Théodore Herzl, fondateur de l’Organisation sioniste mondiale, qui préconise, le 12 juin 1895, de "chasser la population pauvre [les arabes] au-delà de la frontière en lui refusant du travail ?
Raciste, Ehud Barak qui, le 28 août 2000 (Jerusalem Post du 30 avril 2000), ose cette comparaison : "Les palestiniens sont comme les
crocodiles, plus vous leur donnez de viande, plus ils en veulent" ?
Raciste, Menahem Begin qui, dans un discours devant le Parlement israélien, assimile les Palestiniens à "des bêtes qui marchent sur
deux jambes" ? (Amnon Kapeliouk, « Begin and the beast » ("Begin et les bêtes"), New Statesman, 25 juin 1982).
Raciste, Moshe Katsav, ex-Président israélien déclarant au Jerusalem Post, le 10 mai 2001 : "Il y a une énorme différence entre nous [les juifs], et nos ennemis. Pas seulement dans la capacité, mais dans la morale, la culture, le caractère sacré de la vie et la conscience. Ils sont nos voisins ici, mais c’est comme si à quelques centaines de mètres, il y avait un peuple qui n’appartenait pas à notre continent, à notre monde, qui appartenait véritablement à une autre galaxie" ? (Ce
grand moraliste a quelques problèmes avec la justice de son pays où il est accusé de viol !)
Raciste, Netanyahu, actuel Premier Ministre d’Israël qui exprimait ainsi des regrets en novembre 1989 : "Israël aurait dû exploiter la
répression des manifestations en Chine lorsque l’attention du monde s’est focalisée sur ce pays, pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les arabes des territoires"?(journal israélien « Hotam », du 24 novembre 1989).
Racistes, ces milliers de jeunes soldats israéliens se promenant dans Tel Aviv avec des tee-shirts comportant l’image d’une femme palestinienne enceinte au centre d’une cible avec la légende "One shot, two kills" (Un tir, deux morts) ?

Oui, le racisme est consubstantiel à l’Etat d’Israël. Il l’accompagne depuis sa naissance. Est-ce tomber dans l’antisémitisme que de le dénoncer ?
Ecoutons les voix précieuses, celles de Laurent Schwarz, Stanislaw Tomkiewicz, Daniel Barenboïm, Edgar Morin, Harold Pinter, des voix juives, oui juives, qui n’ont cessé de condamner la politique israélienne au nom d’une morale universelle.
Ecoutons Albert Einstein exprimer l’"estime" qu’il avait pour Begin et Shamir : "Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre temps, il y a l’émergence, dans l’Etat nouvellement créé d’Israël, d’un parti de la Liberté (Herut), un parti politique très proche, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social, des nazis et des partis fascistes. Begin et Yitzhak Shamir qui étaient membres de ce parti sont devenus premiers ministres".
La grande philosophe juive Hanna Arendt, avec d’autres personnalités juives des Etats-Unis, avait élevé une vigoureuse protestation dans un numéro du New York Times de décembre 1948 contre la visite de Begin aux Etats-Unis.
Citons enfin la déclaration sans équivoque en décembre 1983 d’Israël Shahak, président de la Ligue israélienne pour les droits de l’homme et les droits civiques, survivant du camp de concentration de Bergen Belsen, commentant les lois d’urgence de l’armée israélienne suite à la guerre de 1967 : "Le pouvoir légal d’Hitler était basé sur le « décret de loi », qui était voté tout à fait légalement par le Reichstag et qui permettait au Führer et à ses représentants, en langage simple, de faire ce qu’ils voulaient, ou en langage juridique, de publier des décrets ayant pouvoir de loi. Exactement le même type de loi votée par la Knesset (le parlement israélien) juste après la conquête de 1967, accordant au gouvernement israélien, et à ses représentants le pouvoir d’Hitler, qu’ils utilisent de façon hitlérienne".

Alors, qu’elle apparaît misérable cette sortie indigne des représentants de l’Europe, cette fausse indignation, cette vraie hypocrisie ! Universels, les droits de l’Homme ?
Pensez-vous ! Ils s’arrêtent aux portes d’Israël, état moral par nature ou par onction divine. A propos d’onction, les télévisions occidentales ont fait plusieurs fois appel à une sorte de statue du commandeur, un vrai Prix Nobel de la Paix nommé Elie Wiesel. A titre anecdotique, ce Monsieur théoriquement paisible a appelé à torturer Madoff, le fameux escroc, qui a englouti l’argent de la fondation pour la Mémoire de la Shoah que préside Wiesel. Cet argent provient de donations. Le Prix Nobel de la Paix n’hésitait donc pas à l’utiliser à des fins spéculatives. Moins anecdotique, il y a sa fameuse déclaration sur le fait qu’"Israël ne doit pas être jugé selon la loi normale". Sur ce plan, on peut dire qu’il a été entendu !

par Brahim Senouci
Mercredi 22 avril 2009

Écrit par : quaeps | 27/04/2009

badge : "le pire dans la censure c’est..."
Dimanche 19 avril 2009, l’agence de presse Prensa Latina diffuse une dépêche sur le détournement samedi d’un avion de ligne d’Air France en vol pour le Nicaragua (1).

Dans la nuit de dimanche à lundi, le site Internet Le Grand Soir en publie une version traduite en français (2). S’y ajoute le lendemain un article de Maxime Vivas, un collaborateur régulier de ce site, avec la photo du journaliste (3). Puis, Calvo Ospina fait parvenir au Grand Soir le récit détaillé, minute par minute, de sa mésaventure qu’on peut également trouver sur son blog (4).

Il raconte notamment comment, avant d’être interrogé par les Mexicains, il a essayé de faire prévenir sa famille : « En un instant, j’inscrivis le numéro de téléphone de mon domicile sur deux bouts de papier que j’arrachai à un magazine et les remis à deux personnes avec lesquelles j’avais bavardé dans l’avion, en leur disant que c’était moi le « problème ». Ils m’assurèrent qu’ils appelleraient (ils ne l’ont pas fait, ou bien ils n’ont pas pu bien déchiffrer les numéros que j’avais inscrits) ». C’est dire qu’Hernando Calvo Ospina s’attendait au pire.

Le jeudi 23 avril à 13 heures 30, une journaliste du site Rue89, téléphone à Maxime Vivas qui l’a avertie par mails dont l’un précise que l’information est visible sur Le Grand Soir. Elle a vérifié auprès d’Air France qui a confirmé le déroutage de l’avion. A sa demande et après accord de l’intéressé, Vivas établit le contact entre elle et Hernando Calvo Ospina qui se trouve au Nicaragua.

Dans l’après-midi, on compte déjà près d’une vingtaine de sites Internet français qui reprennent la nouvelle révélée par le Grand Soir le 20 avril, dont Rue 89 et Bakchich.

Vendredi, en fin de matinée, la nouvelle commence à sortir dans la « grande presse » ou, plus souvent, sur les sites de Libération, le Nouvel-Obs, le Figaro, Europe 1, le JDD.

Libération cite ses sources : Rue89, qui avait cité ses sources : Maxime Vivas, qui avait cité ses sources : Le Grand Soir, qui avait cité ses sources : Prensa Latina. On voit que si Le Grand Soir n’avait pas déniché la nouvelle en espagnol et ne l’avait pas traduite, si la solidarité avec Hernando Calvo Ospina n’avait pas agi pour populariser la nouvelle, le déroutement de l’avion aurait été escamoté comme un accident de travail, la victoire de la gauche au Salvador, un discours intégral du Président iranien. Mais quand les médias sont dans l’obligation d’en parler (avec quatre à cinq jours de retard sur Le Grand Soir) ils le font d’abord sur leurs sites, à la remorque des sites alternatifs militants et libres et ils taisent l’origine de l’info si elle émane d’un de ceux-ci.

Pierre Haski, de Rue89, qualifie Calvo Ospina de « journaliste marxiste ». Un Internaute lui fait remarquer qu’il devrait aussi dorénavant préciser les opinions politiques supposées de tous les journalistes dont il parle. Et pourquoi pas les siennes ? On se souvient que, quand il était un des chefs de Libération, il avait soutenu sans faiblir et jusqu’au bout le faussaire Jean-Hébert Armangaud qui avait amputé une phrase de Hugo Chavez pour lui donner un sens antisémite qu’elle n’avait pas le moins du monde (5). La plupart des médias rendant compte de l’affaire ont choisi, dans les activités passées de Calvo Ospina, journaliste d’investigation (reportages, livres, conférences), de retenir surtout qu’il avait naguère interviewé le N° 2 des FARC. Un esprit cartésien dirait que cela lui a été plus aisé qu’à d’autres, puisqu’il est Colombien. Mais il s’agit-là de jeter un soupçon sur lui. Dans son édition datée du samedi 26 avril le Monde (qui se réveille enfin) parle du « chercheur et journaliste franco-colombien Hernando Calvo Ospina, spécialiste de Cuba et de la guérilla de gauche colombienne (FARC) ».

L’éventail des citoyens prêts à s’indigner du geste de mépris des USA pour la France devrait logiquement se fermer si la cause en est un « marxiste qui fréquente Cuba et les FARC ». Dans le même genre, le journaliste soudanais Sami Al Haj a croupi pendant 6 ans à Guantanamo avant d’être libéré, aucune charge ne pouvant être retenu contre lui. Innocent ! A ceux qui se scandalisaient de cet abus de pouvoir, il était insidieusement rappelé qu’il avait, dans le passé, interviewé Ben Laden. Reporters sans frontières, qui le fit disparaître pendant deux ans de sa liste de journalistes emprisonnés, ne manquait pas, dans ses communiqués, de rappeler ce fait.

Dimanche 26 avril, la page actualité de Google reprend enfin l’information. Le même jour, à 5 heures 19 du matin, dans une brève de 1 minute 58 secondes, France Info, une radio qui diffuse des scoops en temps réel et en boucle, informe pour la première fois ses auditeurs.

Peut-être que des organismes comme l’OFM (l’Observatoire français des médias) ou Acrimed (Action CRItique MEDia - http://www.acrimed.org/) pourront mieux cerner dans le détail chronologique la découverte tardive par les médias de cette information révélée par Le Grand Soir, site à l’affût des nouvelles du monde et disposant de traducteurs discrets et réactifs. D’ores et déjà, ce qui est patent, c’est que, sans sa diffusion par des dizaines de sites d’information Internet en France et dans le monde entier, nos médias payants, ceux qui occupent le haut du pavé auraient continué à taire un information qui n’est pas un fait divers, mais une manifestation de l’arrogance d’un pays envers un de ses alliés (qui vient de réintégrer pleinement l’OTAN).

Une fois de plus, les « grands médias » (sont désignés ainsi ceux qui prospèrent, non pas ceux qui crèvent et ne disposent pas d’envoyés spéciaux partout) apparaissent comme des filtres à trier les bonnes informations, celles qui sont utiles au triomphe de la pensée unique. Ils ne consentent à parler (et avec quelle modération, dans ce cas-là !) que si la nouvelle circule partout et s’ils s’exposent, en s’obstinant à regarder ailleurs, à l’accusation de censure. Quand j’écris que « la nouvelle circule partout », lisez : d’abord sur des médias gratuits et fiables à la fois.

Nous sommes tous les mécènes des autres médias ; les prix des produits de consommation que nous achetons sont majorés par la pub qu’ils reçoivent, nous payons une redevance audiovisuelle, il sont subventionnés par l’Etat (par nos impôts sur le revenu).

Mécènes ou rackettés ? En tout cas, ils nous doivent des comptes et cet article n’est rien d’autre que la réclamation d’un client forcé et mécontent de la marchandise.

Vladimir Marciac.

PS. Lundi 27 avril : la seule entité médiatique qui, disposant de bureaux d’information à travers le monde et de plus de cent correspondants à l’étranger, n’a toujours pas évoqué cette entrave à la liberté d’un journaliste en poste à Paris est…l’« ONG » parisienne Reporters sans frontières une organisation censée défendre les journalistes, mais dont on murmure qu’elle a pour les USA les yeux de Chimène et pour matelas des dollars d’organisations paravents de la CIA. CQFD.

Écrit par : hjkh | 28/04/2009

jkhk Officiellement absent de la Conférence de Genève sur les droits de l’homme, Israël a en réalité exercé sur cette manifestation un contrôle de tous les instants.

Nous avons décidé à quelques militants associatifs, de l’ AIC, ATMF, CCIPPP,CMF, FTCR, et UJFP (1) de nous rendre à la conférence de réexamen de Durban à Genève, unis par un sentiment mêlé d’inquiétude et de nécessité. Notre message commun était clair : le refus de l’exception. La Conférence de réexamen de Durban contre le racisme et pour le respect des droits de l’homme dans le monde ne pouvait faire l’impasse de ces violations, du racisme colonial, et ces discriminations légales contre les citoyens palestiniens d’Israël. Le dire ensemble nous semblait important. Mais perdus dans ce cadre immense, et en l’absence de la plupart des ONG et associations françaises du mouvement social qu’allions nous pouvoir y faire d’autre que constater et surtout, en témoignant, tenter de lutter contre la lourde artillerie médiatique qui conditionnait depuis des mois les esprits sur cet événement ?

Nous avons vite compris où nous étions : Dès le 19 avril, une Conférence alternative était organisée à Genève avec des invités de choix, dont Caroline Fourest, venue défendre les thèses du choc des civilisations, et désigner l’ennemi musulman. Puis une manifestation contre l’antisémitisme visant directement la Conférence suivie d’une veillée d’arme le 20 et d’un meeting le 22 devant le Palais des Nations avec Nathan Charanski, l’ex dissident soviétique passé à l’extrême droite israélienne, ministre des relations avec la Diaspora et Alan Dershovitz célèbre avocat américain aujourd’hui néo conservateur.

Mais c’est avec l’ouverture de la Conférence des États que nous avons mesuré l’ampleur de l’opération. Dès le matin des groupes sionistes manifestent devant les entrées du Palais des Nations, scotch noir sur la bouche, avec pancartes et tracts dénonçant une conférence conduite selon eux par les États racistes ne respectant pas les droits humains. Ils appellent à quitter la Conférence en soutien aux États luttant vraiment contre le racisme et pour ces droits, États-unis, Canada, Israël et quelques pays européens.

Israël bien qu’ officiellement absent de la Conférence y a assuré sa présence et son contrôle avec un lobby de près de 1500 personnes entourées et protégées par une forte présence de barbouzes israéliennes, et l’arrogance de colons en territoire conquis : l’Union des Étudiants Israéliens, l’ Union des Étudiants juifs de France, des groupes d’étudiants américains, anglais, et aussi des chrétiens sionistes.

L’accréditation a été retirée le 3e jour de la conférence à Coexist et l’UEJF en raison de leur comportement « délinquant » pour dénoncer le racisme de la conférence dans toutes les commissions susceptibles d’aborder le colonialisme israélien, les violations des droits humains en Palestine ou les discriminations et le racisme vis à vis des Palestiniens citoyens d’Israël. La méthode est binaire et mono thématique : chaque fois qu’il sera question de la Palestine, le lobby présent opposera une batterie de questions : Quid du Darfour, du Congo, du Sri Lanka, des Droits des femmes et des homosexuels en Iran etc... ? et quid de l’ Antisémitisme ?

Plus grave encore, le fruit d’un lobbying coordonné par UN Watch - ONG au service de la cause - auprès des groupes africains entre autres, les persuadant que ce sont les Palestiniens et leur problème qui veulent monopoliser l’attention et sont indifférents aux autres discriminations.

Pour comprendre ce qui se passe il faut obstinément déconstruire la massive propagande à l’œuvre, qui présente l’ensemble de l’opération comme l’attaque d’un Sud antisémite, essentiellement arabo-musulman, opposé à la liberté d’expression, et pour l’essentiel contre la démocratie qui est évidemment représentée par tous les pays absents. Or en réalité c’est l’inverse qui s’est passé. depuis le lendemain de Durban 1 jusqu’à Genève, la conférence contre le racisme a été soumise aux lignes rouges des démocraties du Nord : ne pas condamner Israël et ne pas évoquer la Palestine, quitte à imposer même pour y parvenir qu’aucun pays n’y soit nommément désigné.

Depuis Durban huit années ont passé, huit années d’ultra libéralisme néo conservateur qui ont imposé l’ unilatéralisme comme mode de négociation, la guerre préventive et la recolonisation comme modalité de pacification, laminé les droits civiques, le droit international, et les institutions de l’ONU, réuni dans l’OTAN la nouvelle direction mondiale, provoqué une crise économique mondiale majeure.

Genève est le sinistre reflet de cette période, et de la violence sans merci de la rencontre Nord Sud contemporaine. C’est la confiscation de cet espace d’expression des peuples du tiers monde, ceux qui souffrent jusque dans nos contrées, du racisme et des violations des droits humains. Dans le Forum de la société civile, ceux là ont demandé que des sanctions de ces violations visent aussi les pays d’accueil des millions de réfugiés. Mais au total l’imposture médiatique de Genève aura consisté à faire croire à un boycott d’Israël et d’un certain nombre d’Etats, alors que ceux-ci ont été omniprésents, qu’ils ont imposé un diktat préalable sur texte de la déclaration finale, vidant comme une coquille le cadre de travail, et exercé un contrôle permanent à l’intérieur comme à l’extérieur de la conférence.

Michèle Sibony UJFP -30 avril 2009 Politis

(1)Alternative Information Centre -jérusalem/Bethléem,

Écrit par : hjkh | 04/05/2009

rtur The End of Free Speech?
Criminalizing Criticism of Israel

By PAUL CRAIG ROBERTS

On October 16, 2004, President George W. Bush signed the Israel Lobby’s bill, the Global Anti-Semitism Review Act. This legislation requires the US Department of State to monitor anti-semitism world wide.

To monitor anti-semitism, it has to be defined. What is the definition? Basically, as defined by the Israel Lobby and Abe Foxman, it boils down to any criticism of Israel or Jews.

Rahm Israel Emanuel hasn’t been mopping floors at the White House.
As soon as he gets the Hate Crimes Prevention Act of 2009 passed, it will become a crime for any American to tell the truth about Israel’s treatment of Palestinians and theft of their lands.

It will be a crime for Christians to acknowledge the New Testament’s account of Jews demanding the crucifixion of Jesus.

It will be a crime to report the extraordinary influence of the Israel Lobby on the White House and Congress, such as the AIPAC-written resolutions praising Israel for its war crimes against the Palestinians in Gaza that were endorsed by 100 per cent of the US Senate and 99 per cent of the House of Representatives, while the rest of the world condemned Israel for its barbarity.

It will be a crime to doubt the Holocaust.

It will become a crime to note the disproportionate representation of Jews in the media, finance, and foreign policy.

In other words, it means the end of free speech, free inquiry, and the First Amendment to the Constitution. Any facts or truths that cast aspersion upon Israel will simply be banned.

Given the hubris of the US government, which leads Washington to apply US law to every country and organization, what will happen to the International Red Cross, the United Nations Commission on Human Rights, and the various human rights organizations that have demanded investigations of Israel’s military assault on Gaza’s civilian population? Will they all be arrested for the hate crime of “excessive” criticism of Israel?

This is a serious question.

A recent UN report, which is yet to be released in its entirety, blames Israel for the deaths and injuries that occurred within the United Nations premises in Gaza. The Israeli government has responded by charging that the UN report is “tendentious, patently biased,” which puts the UN report into the State Department’s category of excessive criticism and strong anti-Israel sentiment.

Israel is getting away with its blatant use of the American government to silence its critics despite the fact that the Israeli press and Israeli soldiers have exposed the Israeli atrocities in Gaza and the premeditated murder of women and children urged upon the Israeli invaders by rabbis. These acts are clearly war crimes.

It was the Israeli press that published the pictures of the Israeli soldiers’ T-shirts that indicate that the willful murder of women and children is now the culture of the Israeli army. The T-shirts are horrific expressions of barbarity. For example, one shows a pregnant Palestinian woman with a crosshairs over her stomach and the slogan, “One shot, two kills.” These T-shirts are an indication that Israel’s policy toward the Palestinians is one of extermination.

It has been true for years that the most potent criticism of Israel’s mistreatment of the Palestinians comes from the Israeli press and Israeli peace groups. For example, the Israeli newspaper Haaretz and Jeff Halper of ICAHD have shown a moral conscience that apparently does not exist in the Western democracies where Israel’s crimes are covered up and even praised.

Will the American hate crime bill be applied to Haaretz and Jeff Halper? Will American commentators who say nothing themselves but simply report what Haaretz and Halper have said be arrested for “spreading hatred of Israel, an anti-semitic act”?

Many Americans have been brainwashed by the propaganda that Palestinians are terrorists who threaten innocent Israel. These Americans will see the censorship as merely part of the necessary war on terror. They will accept the demonization of fellow citizens who report unpalatable facts about Israel and agree that such people should be punished for aiding and abetting terrorists.

A massive push is underway to criminalize criticism of Israel. American university professors have fallen victim to the well organized attempt to eliminate all criticism of Israel. Norman Finkelstein was denied tenure at a Catholic university because of the power of the Israel Lobby. Now the Israel Lobby is after University of California (at Santa Barbara,) professor Wiliam Robinson. Robinson’s crime: his course on global affairs included some reading assignments critical of Israel’s invasion of Gaza.

The Israel Lobby apparently succeeded in convincing the Obama Justice (sic) Department that it is anti-semitic to accuse two Jewish AIPAC officials, Steven Rosen and Keith Weissman, of spying. The Israel Lobby succeeded in getting their trial delayed for four years, and now Attorney General Eric Holder has dropped charges. Yet, Larry Franklin, the DOD official accused of giving secret material to Rosen and Weissman, is serving 12 years and 7 months in prison.

The absurdity is extraordinary. The two Israeli agents are not guilty of receiving secrets, but the American official is guilty of giving secrets to them! If there is no spy in the story, how was Franklin convicted of giving secrets to a spy?

Criminalizing criticism of Israel destroys any hope of America having an independent foreign policy in the Middle East that serves American rather than Israeli interests. It eliminates any prospect of Americans escaping from their enculturation with Israeli propaganda.

To keep American minds captive, the Lobby is working to ban as anti-semitic any truth or disagreeable fact that pertains to Israel. It is permissible to criticize every other country in the world, but it is anti-semitic to criticize Israel, and anti-semitism will soon be a universal hate-crime in the Western world.

Most of Europe has already criminalized doubting the Holocaust. It is a crime even to confirm that it happened but to conclude that less than 6 million Jews were murdered.

Why is the Holocaust a subject that is off limits to examination? How could a case buttressed by hard facts possibly be endangered by kooks and anti-semitics? Surely the case doesn’t need to be protected by thought control.

Imprisoning people for doubts is the antithesis of modernity.

Écrit par : quaeps | 07/05/2009

nfg Who Runs America?
The Impotent President

By PAUL CRAIG ROBERTS

What do you suppose it is like to be elected president of the United States only to find that your power is restricted to the service of powerful interest groups?

A president who does a good job for the ruling interest groups is paid off with remunerative corporate directorships, outrageous speaking fees, and a lucrative book contract. If he is young when he assumes office, like Bill Clinton and Obama, it means a long life of luxurious leisure.

Fighting the special interests doesn’t pay and doesn’t succeed. On April 30 the primacy of special over public interests was demonstrated yet again. The Democrats’ bill to prevent 1.7 million mortgage foreclosures and, thus, preserve $300 billion in home equity by permitting homeowners to renegotiate their mortgages, was defeated in the Senate, despite the 60-vote majority of the Democrats. The banksters were able to defeat the bill 51 to 45.

These are the same financial gangsters whose unbridled greed and utter irresponsibility have wiped out half of Americans’ retirement savings, sent the economy into a deep hole, and threatened the US dollar’s reserve currency role. It is difficult to imagine an interest group with a more damaged reputation. Yet, a majority of “the people’s representatives” voted as the discredited banksters instructed.

Hundreds of billions of public dollars have gone to bail out the banksters, but when some Democrats tried to get the Senate to do a mite for homeowners, the US Senate stuck with the banks. The Senate’s motto is: “Hundreds of billions for the banksters, not a dime for homeowners.”

If Obama was naive about well-intentioned change before the vote, he no longer has this political handicap.

Democratic Majority Whip Dick Durbin acknowledged the voters’ defeat by the discredited banksters. The banks, Durbin said, “frankly own the place.”

It is not difficult to understand why. Among those who defeated the homeowners bill are senators Jon Tester (Mont), Max Baucus (Mont), Blanche Lincoln (Ark), Ben Nelson (Neb), Many Landrieu (La), Tim Johnson (SD), and Arlan Specter (Pa). According to reports, the banksters have poured a half million dollars into Tester’s campaign funds. Baucus has received $3.5 million; Lincoln $1.3 million; Nelson $1.4 million; Landrieu $2 million; Johnson $2.5 million; Specter $4.5 million.

The same Congress that can’t find a dime for homeowners or health care appropriates hundreds of billions of dollars for the military/security complex. The week after the Senate foreclosed on American homeowners, the Obama “change” administration asked Congress for an additional $61 billion dollars for the neoconservatives’ war in Iraq and $65 billion more for the neoconservatives’ war in Afghanistan. Congress greeted this request with a rousing “Yes we can!”

The additional $126 billion comes on top of the $533.7 billion “defense” budget for this year. The $660 billion--probably a low-ball number--is ten times the military spending of China, the second most powerful country in the world.

How is it possible that “the world’s only superpower” is threatened by the likes of Iraq and Afghanistan? How can the US be a superpower if it is threatened by countries that have no military capability other than a guerilla capability to resist invaders?

These “wars” are a hoax designed to enrich the US armaments industry and to infuse the “security forces” with police powers over American citizenry.

Not a dime to prevent millions of Americans from losing their homes, but hundreds of billions of dollars to murder Muslim women and children and to create millions of refugees, many of whom will either sign up with insurgents or end up as the next wave of immigrants into America.

This is the way the American government works. And it thinks it is a “city on the hill, a light unto the world.”

Americans elected Obama because he said he would end the gratuitous criminal wars of the Bush brownshirts, wars that have destroyed America’s reputation and financial solvency and serve no public interest. But once in office Obama found that he was ruled by the military/security complex. War is not being ended, merely transferred from the unpopular war in Iraq to the more popular war in Afghanistan. Meanwhile, Obama, in violation of Pakistan’s sovereignty, continues to attack “targets” in Pakistan. In place of a war in Iraq, the military/security complex now has two wars going in much more difficult circumstances.

Viewing the promotion gravy train that results from decades of warfare, the US officer corps has responded to the “challenge to American security” from the Taliban. “We have to kill them over there before they come over here.” No member of the US government or its numerous well-paid agents has ever explained how the Taliban, which is focused on Afghanistan, could ever get to America. Yet this hyped fear is sufficient for the public to support the continuing enrichment of the military/security complex, while American homes are foreclosed by the banksters who have destroyed the retirement prospects of the US population..

According to Pentagon budget documents, by next year the cost of the war against Afghanistan will exceed the cost of the war against Iraq. According to a Nobel prize-winning economist and a budget expert at Harvard University, the war against Iraq has cost the American taxpayers $3 trillion, that is, $3,000 billion in out-of-pocket and already incurred future costs, such as caring for veterans.

If the Pentagon is correct, then by next year the US government will have squandered $6 trillion dollars on two wars, the only purpose of which is to enrich the munitions manufacturers and the “security” bureaucracy.

The human and social costs are dramatic as well and not only for the Iraqi, Afghan, and Pakistani populations ravaged by American bombs. Dahr Jamail reports that US Army psychiatrists have concluded that by their third deployment, 30 percent of American troops are mental wrecks. Among the costs that reverberate across generations of Americans are elevated rates of suicide, unemployment, divorce, child and spousal abuse, drug and alcohol addiction, homelessness and incarceration.

In the Afghan “desert of death” the Obama administration is constructing a giant military base. Why? What does the internal politics of Afghanistan have to do with the US?

What is this enormous waste of resources that America does not have accomplishing besides enriching the American munitions industry?

China and to some extent India are the rising powers in the world. Russia, the largest country on earth, is armed with a nuclear arsenal as terrifying as the American one. The US dollar’s role as reserve currency, the most important source of American power, is undermined by the budget deficits that result from the munition corporations’ wars and the bankster bailouts.

Why is the US making itself impotent fighting wars that have nothing whatsoever to do with is security, wars that are, in fact, threatening its security?

The answer is that the military/security lobby, the financial gangsters, and AIPAC rule. The American people be damned.

Écrit par : quaeps | 14/05/2009

oiuouyo En présence de son interlocuteur, le chef de la Maison blanche avait rappelé que la "feuille de route" internationale pour la paix de 2003 faisait obligation à l'Etat juif, qui l'a acceptée, de stopper toutes les activités de colonisation dans les territoires palestiniens.

"Nous n'avons pas l'intention de construire de nouvelles implantations, mais il ne serait pas équitable d'interdire les constructions répondant aux besoins d'expansion naturelle (de celles qui existent) et de bannir purement et simplement toute construction", a dit Netanyahu.

Le chef du Likoud a tenu ces propos, véritable camouflet pour Obama, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement de coalition, mis sur pied en mars grâce au concours des petits partis d'extrême droite ou ultra-orthodoxes.

Obama, qui doit recevoir à son tour la semaine prochaine à Washington le président palestinien Mahmoud Abbas, prévoit de prononcer le 4 juin au Caire un grand discours fondateur sur sa vision d'un règlement du conflit du Proche-Orient.

Le chef de la Maison blanche a promis avant son élection, et confirmé depuis, qu'il entendait s'attaquer au dossier "vigoureusement" - contrairement à son prédécesseur George Bush - et il prône avec insistance une solution "à deux Etats", que Netanyahu refuse de reprendre à son compte.

PAS DE GEL À JERUSALEM-EST

Abbas considère que la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue un obstacle au processus de paix, qu'il refuse de reprendre si le nouveau gouvernement israélien ne s'engage pas en faveur du principe d'un Etat palestinien indépendant et souverain.

"Ce qui nous intéresse, c'est de voir Israël se conformer à ses obligations en vertu de la feuille de route, ce qui implique la cessation des activités de colonisation et de leur expansion sous toutes les formes", a déclaré le ministre palestinien des Travaux publics et du bâtiment Mohammed Shatayyeh, en réaction aux propos de Netanyahu.

Il a invité le gouvernement israélien à manifester sa volonté de paix en interrompant les livraisons et le financement des colonies.

Un demi-million de colons juifs vivent au beau milieu de trois millions de Palestiniens dans une centaine d'implantations jugées illégales par la Cour internationale de justice mais dont Israël considère l'expansion démographique "naturelle".

On ignore le degré de pression qu'Obama, qui a surpris le gouvernement Netanyahu par son activisme nouveau sur cette question, est prêt à exercer sur le gouvernement israélien pour obtenir un gel total et immédiat de la colonisation, y compris des constructions dans les colonies existantes.

Mark Regev, porte-parole de Netanyahu, a reporté toute discussion sur le sort des colonies à de future négociations avec les Palestiniens. "Durant la période intérimaire, nous devons permettre qu'une vie normale se poursuive dans ces communautés".

Netanyahu exclut pour le moment de discuter, comme son prédécesseur Ehud Olmert, des questions territoriales avec les Palestiniens. Il s'est réservé dimanche le droit de continuer à construire dans le secteur de Jérusalem-Est.

Quatre jours plus tôt il avait affirmé qu'Israël ne restituerait jamais la partie orientale et arabe de Jérusalem conquise en 1967, site de lieux saints sacrés aux yeux de trois religions du Livre, et que les Palestiniens revendiquent comme la capitale de leur futur Etat indépendant.

ÉVACUER LES SEULES COLONIES SAUVAGES

Le gouvernement Netanyahu entendrait, pour atténuer aux pressions américaines, éradiquer les colonies "sauvages", au nombre de plus d'une vingtaine, construites sans l'autorisation des autorités et jusqu'à présent largement tolérées.

La police israélienne a ainsi détruit jeudi à la pelleteuse un de ces "avant-postes", composé de cabines métalliques abritant une trentaine de personnes, au sommet de la colline baptisée Maoz Esther, à environ 300 mètres de la colonie de Kokhav Hashahar, au nord-est de Ramallah.

Pour Yariv Oppenheimer, porte-parole du mouvement pacifiste israélien La Paix maintenant, cette évacuation n'a été qu'un "exercice de relations publiques".

"Agir contre ces avant-postes est relativement facile par rapport au gel des grandes colonies" réclamé par Obama mais qu'Israël entend conserver aux termes d'un futur accord de paix, conformément à un engagement qu'Olmert aurait obtenu par écrit de George Bush, fait-on valoir de source autorisée.

Depuis jeudi, des colons sont revenus sur le site de Maoz Esther mais, avant la réunion du gouvernement, le ministre de la Défense Ehud Barak a assuré que le gouvernement était décidé à chasser les occupants de toutes ces colonies sauvages de gré ou de force. Il n'a toutefois pas dit dans quel délai.

Écrit par : hjkh | 25/05/2009

Philippe Courroye, procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine) a été convié l’été dernier, comme l’a révélé le Monde (17 mai), à [une petite sauterie] un raffiné dîner d’une vingtaine de convives, avec vue « sur la baie de Saint-Tropez », qu’organisait François Pinault, et où se trouvaient aussi Jacques et Bernadette Chirac. Or, amusantes coïncidences, dûment relevées par le Canard enchaîné (20 mai) : Philippe Courroye est justement l’homme qui, lorsqu’il était juge d’instruction, et alors même que sa hiérarchie « lui avait expressément demandé d’enquêter sur d’éventuels abus de biens sociaux et abus de pouvoir commis par Pinault, nommément désigné [1] », avait (courageusement) pris le parti de ne pas même auditionner le milliardaire. (N’allons pas embêter le bon monsieur Pinault, qui a déjà tellement de soucis avec l’entretien de son pied-à-terre tropézien.) Surtout : le procureur de Nanterre a toujours la haute main sur la fameuse affaire des emplois fictifs du RPR, où Jacques Chirac est cité comme « témoin assisté [2] ».

En participant au chic dîner pinaultique de l’été dernier, Philippe Courroye s’est par conséquent affranchi de la [décence] prudence qui veut qu’un magistrat de son niveau évite, en général, de trop frayer avec des justiciables dont les affaires sont traitées par son parquet – et cela aurait pu, dans une démocratie moyenne, susciter, sinon une tempête de niveau 8, du moins quelque chose comme un léger friselis médiatico-judiciaire. Là, non. La presse, respectueusement, se tait – sans doute parce qu’elle a frénétiquement chanté naguère la louange du valeureux Courroye, magistrat de rêve, et de son fidèle Tornado [3]. Et personne, au sein de l’institution judiciaire, ne semble s’offusquer de l’ahurissant mélange des genres auquel ce héros s’adonne : le procureur général de Versailles, pour autant qu’on le sache, n’a pas adressé au dîneur le moindre avertissement – et Rachi2dati, garde des Sceaux, n’a pas (du tout) saisi le Conseil supérieur de la magistrature. Mon petit doigt me dit que si un magistrat pique-niquait impromptu avec un des « neuf de Tarnac », cela provoquerait de plus vifs remous : ce sont précisément ces toutes petites nuances qui font toute la différence entre une démocratie moyenne et une république bananière.

Écrit par : hjkh | 28/05/2009

hh Notre porte-parole a donné un entretien au journal algérien "Le Midi libre". Nous le reproduisons ci-dessous tel qu’il est paru. Signalons, cependant, une petite confusion compréhensible : le journaliste a confondu le MIR avec le futur Parti que nous espérons pouvoir constituer, le PIR.

Votre mouvement s’inspire des valeurs du 8 Mai 45 ; que signifie cette date pour vous ?

C’est une date politique parce qu’elle renvoie à la fin de la France de Vichy, le rétablissement de la République et l’Etat de droit, et c’est justement ce jour là que la France républicaine commet un massacre. La France qui a la prétention d’être égalitaire, républicaine, droitdelhommiste, (et là on ne peut pas dire que c’est la France de Vichy qui commet un massacre) envoie son armée massacrer des Algériens qui voulaient la même chose que les Français, c’est-à-dire leur liberté, c’est éminemment politique. Mais, finalement, rien n’a changé maintenant. 64 ans après, la France entretient toujours les mêmes contradictions, à savoir une France qui prétend être universaliste, droitdelhommiste alors qu’elle discrimine à grande échelle. Elle cultive toujours le même rapport impérialiste en Afrique et par rapport à Israël. On ne peut pas être le pays des droits de l’Homme et impérialiste à la fois. Ni être le pays des droits de l’Homme et discriminer les issus de l’immigration et les considérer comme des sous-citoyens, c’est-à-dire des indigènes. La date du 8 Mai 45 est intéressante du fait qu’elle montre que le racisme n’est pas du tout un accident de l’histoire de la France, mais il est inhérent à la République. Comme le massacre du 17 octobre 1961 à Paris n’est pas un accident. La France a fait la même chose avec les juifs. C’est pour cela que le mouvement des indigènes de la République est un mouvement politique qui a la prétention de vouloir réformer la France dans ses structures. Le Parti des indigènes de la république (PIR) existe depuis 2005. Sa création a provoqué un énorme tollé chez les intellectuels et dans la presse notamment de gauche parce que nous apportons un éclairage nouveau sur la société concernant les gens issus de l’immigration en France sur la base d’une idée selon laquelle la France reste un pays colonial. Ses institutions, ses lois, la manière dont elle perçoit les gens issus de l’immigration est un héritage colonial. A partir de là, nous considérons que le racisme en France est structurel, n’est pas du tout circonscrit au Front national (FN) de Jean Marie Le Pen. Il traverse la société de part en part. C’est justement cela qui n’a pas été dit par la gauche. Nous pensons que seuls les rapports de force peuvent changer la réalité sociale en France dans le sens d’un pays moins raciste.

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets qui décrivent la réalité néocoloniale en France ?

On a vu avec la Guadeloupe et la Martinique récemment. Quand on a lancé notre appel, les gens nous ont sous-estimés. Alors il se trouve qu’un mois après notre appel, il y a eu la fameuse loi du 23 février 2005 glorifiant le passé colonial. Sept mois après, il y a eu les émeutes en banlieue, ça nous donne une deuxième fois raison. Juste après, il y a eu la campagne de Sarkozy avec le discours sur le mouton égorgé dans la baignoire, ou encore la création du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Et là, il y a eu tout récemment la crise aux Antilles. Ce sont des éléments qui nous donnent raison une troisième fois. Sans oublier les positions de Sarkozy sur les conflits internationaux, notamment au Liban et en Palestine. Aussi, il y a eu le fait de promouvoir des personnalités issues de l’immigration comme Fadéla Amara, Rachida Dati et Rama Yade, c’est une attitude coloniale. La promotion qui est le fait du prince comme on faisait durant la colonisation avec les bachagas qui étaient considérés comme l’élite indigène qui devait discuter avec les autorités coloniales. Nous n’avons rien contre la promotion des gens issus de l’immigration et leur participation à la vie politique, à condition que cela soit le fruit d’un travail d’un mouvement politique.

Comment cette réalité néocoloniale joue-t-elle un rôle négatif sur la société française ?

Au lieu d’assumer son passé colonial, la France contre-attaque pour écarter toute possibilité de repentance. Elle est même fière de ce qu’elle a commis en Algérie. Nous ne demandons pas pour autant une repentance, mais juste une reconnaissance des massacres qui permettra de passer à autre chose. Comment peut-on dire à la population issue de l’immigration que le passé colonial était finalement une bonne chose. C’est justement ce déni de vérité qui accentue les discriminations raciales en France. En tous cas, la reconnaissance, c’est la base d’une réconciliation citoyenne réelle. Si on nous dit que la colonisation c’est bien, cela voudrait dire que la domination est légitime. Or, nous voulons être considérés comme des citoyens à part entière. Toutes les formes de domination culturelles, identitaires, elles existent actuellement. Dans cette société, si on est un Gaulois on est privilégié.

Mais le fait de revendiquer votre appartenance indigène de la République ne favorise-t-il pas à exacerber la fracture raciale ?

Nous constatons une réalité, celle d’être considéré toujours et quoi que l’on fasse comme des indigènes. Et si personne ne le dit, nous n’avancerons jamais. A partir du moment où le racisme est structurel, il signifie que nous sommes des sous-citoyens, on le dit pour pouvoir le dépasser. Si le constat n’est pas fait, on ne peut pas avancer.

L’idéal de l’intégration est une valeur que vous écartez ?

Absolument ! Nous refusons l’intégration ou l’assimilation qui sont des concepts identiques. Nous constatons que si on est intégré, on reste essentiellement dominé. Et donc, nous qui constatons cette forme d’indigénat, nous proposons à la place de l’intégration, la libération d’un statut. Cela fait 25 ans qu’on nous demande de nous intégrer et puis dans 50 ans on va toujours nous demander de nous intégrer à cause du racisme structurel. En France, on ne conçoit pas qu’un basané soit français. Nous qui sommes fiers d’être basanés, nous ne pouvons nous blanchir de l’intérieur. Chose que beaucoup font, du genre baisser la tête, dire qu’on est intégré, musulman modéré, qu’on fait la prière une fois sur deux, qu’on ne fait pas le Ramadhan tout le temps. Mais, même quand on devient blanc de l’intérieur, à leurs yeux, on n’est jamais suffisamment blanc.

Dans vos discours vous utilisez des termes qui peuvent choquer comme le concept d’ « éduquer les souchiens », en parlant des français blancs ; aussi, on vous accuse de racisme anti-blancs, qu’en pensez-vous ?

Par ce néologisme « souchien », nous avons voulu renvoyer au mot souche dans le sens de racine et race. Ils ont pris cela comme un jeu de mots, alors que l’on n’a jamais insulté personne. C’est vulgaire et ça ne fait pas avancer nos idées. Par contre, nous remettons en cause l’idée d’Etat-Nation qui institue l’unicité d’une race. Or, la France veut mettre en évidence l’Etat-Nation, avec les valeurs chrétiennes des blancs européens. L’Etat-Nation est la consécration même du racisme et la négation de la diversité en ce sens que tous ceux qui ne sont pas blancs, chrétiens et européens, sont exclus de la citoyenneté. Et c’est justement le concept de souche qu’on remet en cause. Et en ce qui concerne le fait de vouloir éduquer les souchiens, il faut dire qu’en France on considère qu’il faut éduquer les gens issus de l’immigration, il faut les intégrer de manière à ce qu’ils comprennent les valeurs de la France. Nous pensons qu’il faut au contraire éduquer les Français à cause de leur faux universalisme, à cause de leur égocentrisme du fait qu’ils regardent le monde à travers leur Histoire à eux. En fait, ils doivent être éduqués sur la vraie universalité, sur la diversité du monde, sur le fait qu’on pense ailleurs différemment. Et les éduquer sur leur propre histoire d’ailleurs. Les français pensent que leur histoire est valeureuse et ils se sont arrêtés à la Révolution française de 1789. C’est une manière ethnocentrique de voir l’histoire. Ils estiment que le monde entier doit se référer à leur révolution. Les Chinois avec leur histoire millénaire se fichent de Voltaire, mais nous, du fait que sommes aliénés, alors on se réfère à leurs valeurs. Nous pouvons très bien à partir de nos valeurs revendiquer nos identités sans se référer à Voltaire, Hugo ou Diderot.

On vous soupçonne d’être proche des islamistes ou que votre supposé racisme anti-blancs serve les idées islamistes, qu’en pensez vous ?

Dans nos discours, il n’y a rien d’islamiste, mais le fait de défendre les musulmans en France, c’est déjà considéré comme une attitude islamiste. Notre discours par rapport au voile n’a jamais été un discours théologique. On n’a jamais dit, c’est haram, c’est halal. On dit que les filles qui portent le voile doivent aller à l’école même s’il existe des pressions islamistes derrière. Même si nous considérons qu’il n’y a pas forcément le méchant barbu qui oblige les filles à porter le voile comme on voudrait bien le faire croire. Donc, nous voulons dire que même s’il y a des pressions islamistes derrière le fait de porter le voile, raison de plus pour ne pas les exclure des écoles. Et c’est justement contre productif puisque leur attitude pousse les musulmans vers les islamistes. Sauf que quand il s’agit d’islamophobie, on n’ose pas le dire. Quand il y a des filles voilées qui se font agresser par des bandes, on estime qu’elles le méritent bien. C’est ça qui est affligeant.

Quelle est votre position par rapport à l’instauration des statistiques ethniques proposées par Yazid Sabeg ?

Nous ne sommes pas opposés aux statistiques ethniques en ce sens qu’il faut quantifier l’état des discriminations en France qui est un phénomène massif. Maintenant, sur le plan de la méthode qui fait référence au fichage, je pense que c’est un faux débat puisque le fichage existe déjà sauf que ce n’est pas officiel.

Pensez-vous que le scénario d’une autre révolte des banlieues reste toujours imminent ?

C’est évident que le risque reste imminent compte tenu du contexte néocolonial qui prévaut encore. Il faut dire qu’il n’y a pas d’espoir en banlieue et ce n’est pas les politiques libérales et néocoloniales de Sarkozy qui vont arranger les choses. Nous ne comptons sur aucun parti de la classe politique qu’il soit de droite ou de gauche. Et même l’extrême gauche ne peut pas défendre nos valeurs, notamment concernant la question de l’Islam. L’extrême gauche de par ses valeurs anti cléricales confond son combat pour l’émancipation par rapport à une église omnipotente ultra politique mené le siècle dernier avec le combat contre l’Islam en France. Alors que l’Islam en France est un Islam de pauvres et de classes populaires, ce n’est pas un Islam de pouvoir. Donc, ils combattent les musulmans comme ils ont combattu le catholicisme avant. Ce qui reviendrait à dire que combattre l’Islam en France, c’est combattre les pauvres et les miséreux. Et c’est une chose qu’ils ne peuvent pas comprendre parce qu’ils sont imbibés de culture anticléricale mais aussi de racisme post-colonial.

Comptez-vous vous présenter à une échéance électorale ?

Ça dépend de l’évolution de notre mouvement. Nous recevons plein de témoignages de sympathie dans les milieux de l’immigration parce qu’on a pris des positions courageuses par rapport à l’Islam en France, à la Palestine et à la françafrique. Ça nous change des béni-oui-oui. Mais il reste à organiser ces milieux de l’immigration et c’est là notre challenge.

Écrit par : quaeps | 29/05/2009

fghf Sur cette carte, RSF dénonce les méchants censeurs de l’Internet. Une liste qui ne correspond pas à la réalité, mais sert à dénigrer des adversaires des États-Unis.

Le 20 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une déclaration sur Cuba dans laquelle elle affirme que « n’importe qui peut naviguer sur Internet… sauf s’il est Cubain ». Pour étayer son propos, RSF présente une vidéo filmée en caméra cachée d’une scène où un Cubain se voit interdire l’accès à Internet dans un hôtel [1]. L’organisation ajoute qu’un « internaute risque jusqu’à 20 ans de prison s’il publie un article ‘contre-révolutionnaire’ (article 91) sur des sites Internet et cinq ans s’il se connecte illégalement a Internet ». Enfin, RSF rappelle que « Cuba reste la deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine » en soulignant que « 24 professionnels des médias » sont « emprisonnés sous le prétexte fallacieux d’être ‘des mercenaires à la solde des Etats-Unis’ » [2].

Il est aisé de mettre RSF face à ses contradictions. En effet, alors que l’organisation parisienne affirme qu’aucun Cubain ne peut se connecter à Internet, elle met en lien… « le texte de la blogueuse Yoani Sanchez », qui vit à Cuba et qui se prononce ouvertement contre le gouvernement de La Havane à travers Internet. Comment Sanchez fait-elle pour s’exprimer si elle n’a pas accès à Internet ? Sa dernière intervention date du 27 mai 2009. Elle s’est également exprimée le 25 mai, le 23 mai, le 22 mai, le 19 mai, le 18 mai, le 16 mai, le 15 mai, le 13 mai, le 10 mai, le 9 mai, le 7 mai, le 6 mai, le 4 mai, le 2 mai, le 29 avril, 28 avril, 27 avril, 26 avril, 25 avril, 23 avril et 21 avril 2009. Ainsi, dans le mois précédant la publication de la déclaration de RSF sur Internet à Cuba, Yoani Sanchez a pu se connecter, depuis Cuba, au moins 18 fois à Internet [3].

RSF n’hésite pas à se contredire d’une publication à l’autre. Ainsi, dans un rapport de mars 2008 au sujet des journalistes indépendants à Cuba, l’entité parisienne souligne que « le blog de Yoani Sánchez s’inscrit dans un portail plus vaste, Consenso/Desdecuba.com, animé par cinq blogueurs et un conseil de rédaction de six personnes. Son objectif est essentiellement de commenter l’actualité politique du pays. Le site peut se targuer d’avoir franchi la barre de 1,5 million de clics en février dernier après un an d’existence, dont 800 000 vont au blog Generacion Y. Plus impressionnant encore, 26 % des visiteurs sont domiciliés à Cuba, en troisième position derrière les États-Unis et l’Espagne » [4]. Une simple question : Comment « 26 % de ses lecteurs qui sont Cubains » peuvent-ils consulter le blog de Sanchez si Internet leur est interdit ? [5]

RSF a utilisé ainsi un cas isolé d’un seul hôtel cubain par le biais d’une caméra cachée pour généraliser l’interdiction d’Internet à l’île tout entière et stigmatiser les autorités cubaines. Ironie de l’histoire, dans son intervention du 23 mai 2009, Yoani Sánchez affirme « que nous avons mené une enquête avec une douzaine de blogueurs dans plus de quarante hôtels de la ville. À l’exception de l’Occidental Miramar, tous ont affirmé ne pas avoir connaissance de la régulation qui interdisait l’accès des Cubains à Internet ». La bloggeuse favorite des médias occidentaux contredit ainsi de manière flagrante les allégations de RSF [6].

RSF affirme ensuite que toute personne publiant un article critique à l’égard du gouvernement cubain est passible de 20 ans de réclusion et cite en guise de support à ses propos l’article 91, sans fournir davantage de précisions. Que dit l’article 91 du Code pénal cubain ? Le voici dans son intégralité : « celui qui, au nom d’un État étranger, réalise un acte dans le but de porter atteinte à l’indépendance de l’État cubain ou à l’intégrité de son territoire, sera passible d’une privation de liberté de dix à vingt ans ou de la peine capitale ». Comme cela est aisément constatable, RSF n’hésite aucunement à mentir de manière éhontée. L’article en question n’interdit nullement la publication d’analyses au caractère hétérodoxe sur Internet. Il ne limite aucunement la liberté d’expression. Il sanctionne les actes de trahison à la patrie [7].

Cela reviendrait à utiliser l’article 411-2 du Code pénal français (« Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents soit des troupes appartenant aux forces armées françaises, soit tout ou partie du territoire national est puni de la détention criminelle à perpétuité et de 750 000 euros d’amende ») ou l’article 411-4 (« Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende. Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France ») pour accuser le gouvernement de Nicolas Sarkozy de répression contre les internautes [8].

Par ailleurs, il suffit de consulter le blog de Yoani Sánchez, extrêmement critique à l’égard des autorités cubaines ou de lire les écrits des opposants pour se rendre compte du manque de fondement de l’accusation portée par l’organisation parisienne.

RSF certifie également que tout Cubain est passible de « cinq ans s’il se connecte illégalement à Internet ». Ici, l’entité française se borne à émettre une affirmation péremptoire sans même prendre la peine de citer un texte de loi qui, bien évidemment, n’existe pas. Une nouvelle fois, RSF assène une contre-vérité.

Enfin, RSF réitère la même rengaine en assurant que « 24 professionnels des médias » sont « emprisonnés sous le prétexte fallacieux d’être ‘des mercenaires à la solde des États-Unis’ ». L’organisation est incapable de faire preuve de cohérence et de rigueur dans ses propres documents. En effet, dans la version espagnole de l’article, elle ne parle plus que de « 19 détenus » [9]. Mais les chiffres importent peu, la mystification est une nouvelle fois double. D’une part, sur les « 24 professionnels des médias » cités par l’organisation, un seul dispose d’une véritable formation de journaliste : Oscar Elias Biscet. Les autres n’avaient jamais exercé le métier avant d’intégrer l’univers de la dissidence. D’autre part, ces individus n’ont pas été condamnés pour avoir émis une production intellectuelle subversive mais pour avoir accepté les émoluments financiers offerts par Washington, passant ainsi du statut d’opposant à celui d’agent stipendié par une puissance étrangère, commettant par la même occasion un grave délit sanctionné non seulement par la loi cubaine, mais par le code pénal de n’importe quel pays du monde. Les preuves à cet égard sont multiples : les États-Unis reconnaissent financer l’opposition interne cubaine et leurs propres documents officiels l’attestent, les dissidents confessent recevoir une aide pécuniaire de la part de Washington et même Amnesty International avoue que les personnes emprisonnées ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba » [10].

RSF n’est pas une organisation digne de crédit car son agenda est avant tout politique et idéologique. Comme cela est constatable, il est aisé de mettre l’organisation parisienne face à ses contradictions et de dévoiler ses manipulations. Par ailleurs, RSF ne peut jouir d’aucune légitimité car elle reconnaît être financée par la National Endowment for Democracy (NED) [11]qui n’est rien d’autre que l’officine écran de la CIA selon le New York Times qui notait en mars 1997 que la NED « a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies » [12].

Écrit par : quaeps | 30/05/2009

jghj Je voudrais partager quelques questions qui me trottent dans la tête.

Elle est juste, la justice ? Elle tient debout, cette justice du monde à l’envers ?

Le zapatista [1] d’Irak, celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration ? Qui est le terroriste ? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé ? N’est-il pas coupable de terrorisme le tueur en série qui, en mentant, a inventé la guerre en Irak, assassiné une multitude, légalisé la torture et ordonné de l’appliquer ?

Sont-ils coupables les paysans d’Atenco au Mexique, ou les indigènes mapuches du Chili, ou les Kelchies du Guatemala, ou les paysans sans terre du Brésil, tous accusés de terrorisme pour défendre leur droit à la terre ? Si la terre est sacrée -même si la loi ne le dit pas-, ceux qui la défendent ne sont-ils pas sacrés aussi ?

Selon la revue Foreign Policy, la Somalie est le lieu le plus dangereux de tous. Mais, qui sont les pirates ? Les crève-la-faim qui attaquent des bateaux, ou les spéculateurs de Wall Street qui attaquent le monde depuis des années et reçoivent à présent des récompenses multimillionaires pour leurs efforts ? Pourquoi le monde récompense-t-il ceux qui le dévalisent ?

Pourquoi la justice ne voit-elle que d’un œil ? Wal Mart, l’entreprise la plus puissante de toutes, interdit les syndicats. McDonald’s aussi. Pourquoi ces entreprises violent-elles, avec une impunité coupable, la loi internationale ? Serait-ce parce que, dans le monde actuel, le travail vaut moins que rien, et que valent encore moins les droits des travailleurs ?

Où sont les justes, et où sont les injustes ? Si la justice internationale existait vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants ? Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison. Serait-ce parce que ce sont eux qui en détiennent les clés ?

Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d’origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d’armes ? Sans dédaigner les narcotrafiquants, ceci n’est-il pas aussi un cas de "crime organisé" ?

Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Il ne manquerait plus que ça ! Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles.

Et on se demande : si ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n’exigent-ils pas la peine de mort contre l’injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu’au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ? Contre qui s’arme jusqu’aux dents la soi-disant communauté internationale ? Contre la pauvreté, ou contre les pauvres ?

Pourquoi les fervents de la peine capitale n’exigent-ils pas la peine de mort contre les valeurs de la société de consommation qui portent atteinte, chaque jour, à la sécurité publique ? Ou peut-être ne pousse-t-il pas au crime, le bombardement de la publicité qui étourdit des millions et des millions de jeunes au chômage ou mal payés, leur répétant jour et nuit qu’être est avoir, avoir une automobile, avoir des chaussures de marque, avoir, avoir -et que celui qui n’a rien n’est rien ?

Et pourquoi n’introduit-on pas la peine de mort contre la mort ? Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l’industrie d’armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l’exercent. Et ce monopole de la violence se traduit par un fait inexplicable pour des extraterrestres, et aussi insupportable pour nous autres terriens qui voulons, contre toute évidence, survivre : nous les humains sommes les seuls animaux spécialisés dans l’extermination mutuelle, et nous avons développé une technologie de destruction qui est en train d’anéantir, au passage, la planète et tous ses habitants.

Cette technologie se nourrit de la peur. C’est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier. Et que penseriez-vous, tant qu’à appliquer la peine de mort, d’une condamnation à mort de la peur ? Ne serait-il pas sain de mettre un terme à cette dictature universelle des professionnels de la production d’angoisse ? Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l’œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d’enfant dissimule une bombe musulmane ; et si cette femme, cette voisine d’aspect inoffensif te regarde, c’est sûr qu’elle te transmet la peste porcine.

Dans ce monde à l’envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur. En entamant la refondation de la Bolivie pour que ce pays de majorité indigène cesse d’avoir honte en se regardant dans le miroir, le Président Evo Morales a provoqué la panique. Ce défi était une catastrophe en regard de l’ordre traditionnel raciste, prétendument le seul possible : Evo était et apportait le chaos et la violence et, par sa faute, l’unité nationale allait exploser, se briser en morceaux. Et quand le président équatorien Correa a annoncé qu’il se refusait à payer les dettes illégitimes, la nouvelle sema la terreur dans le monde financier, et l’Équateur fut menacé de punitions terribles pour avoir donné un si mauvais exemple. Si les dictateurs militaires et politiciens véreux ont toujours été dorlotés par la banque internationale, ne nous sommes-nous pas déjà habitués à accepter comme fatalité du destin le paiement par le peuple du gourdin qui le frappe, de la cupidité qui le pille ?

Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ? Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l’un à l’autre ?

Ne relève-t-elle pas du sens commun, mais aussi de la justice, cette devise des féministes qui disent que l’avortement serait libre si nous, les mâles, pouvions tomber enceints [2] ? Pourquoi ne légalise-t-on pas le droit à l’avortement ? Serait-ce parce qu’il cesserait alors d’être le privilège des femmes qui peuvent le payer et des médecins qui peuvent le faire payer ? La même chose se passe avec un autre cas scandaleux de négation de justice et de sens commun : pourquoi ne légalise-t-on pas la drogue ? Peut-être n’est-elle pas, comme l’avortement, un sujet de santé publique ? Et le pays qui contient le plus de toxicomanes, quelle autorité morale a-t-il pour condamner ceux qui approvisionnent leur demande ? Et pourquoi les grands médias, si voués à la guerre contre le fléau de la drogue, ne disent-ils jamais que presque toute l’héroïne consommée dans le monde provient d’Afghanistan ? Qui commande en Afghanistan ? N’est pas un pays militairement occupé par le pays messianique qui s’attribue la mission de nous sauver tous ? Pourquoi ne légalise-t-on pas les drogues une bonne fois pour toutes ? Ne serait-ce pas parce qu’elles fournissent le meilleur prétexte pour les invasions militaires, en plus d’offrir les profits les plus juteux aux grandes banques qui de nuit fonctionnent comme blanchisseries ?

Maintenant le monde est triste parce que moins de voitures se vendent. Une des conséquences de la crise mondiale est la chute de l’industrie prospère de l’automobile. Si nous avions quelque reste de sens commun, et un petit quelque chose de sens de la justice, ne devrions-nous pas fêter cette bonne nouvelle ? Ou peut-être la diminution des automobiles n’est-elle pas une bonne nouvelle pour la nature -qui sera un peu moins empoisonnée-, et pour les piétons -qui mourront un peu moins ?

La Reine a expliqué à Alice -celle de Lewis Carroll- comment fonctionnait la justice au Pays des Merveilles :

Voilà !- dit la Reine -. Il est en prison, à purger sa peine ; mais le jugement ne commencera pas avant mercredi prochain. Et évidemment, à la fin, le crime sera bien commis.

Au Salvador, l’Archevêque Oscar Arnulfo Romero a prouvé que la justice, comme le serpent, mordait seulement les va-nu-pieds. Il est mort par balles pour avoir dénoncé que, dans leur pays, les va-nu-pieds naissaient condamnés d’avance, par délit de naissance. Le résultat des élections récentes au Salvador n’est-il pas, d’une certaine manière, un hommage ? Un hommage à l’archevêque Romero et aux milliers comme lui qui sont morts en luttant pour une justice juste dans le royaume de l’injustice ?

Parfois les histoires de l’Histoire terminent mal ; mais l’Histoire, elle, ne termine pas. Quand elle dit adieu, ce n’est qu’un au revoir.

Eduardo GALEANO

Écrit par : quaeps | 02/06/2009

vv Les principales citations extraites du discours au monde musulman prononcé jeudi par le président américain Barack Obama à l'Université du Caire:

Un nouveau départ

"Je suis venu ici au Caire pour rechercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde, basé sur un intérêt commun et un respect mutuel, basé sur le fait avéré que l'Amérique et l'islam ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et n'ont pas besoin d'être concurrence."

"Ce cycle de la suspicion et de la discorde doit cesser"

Colonialisme

"Plus récemment, les tensions ont été alimentées par le colonialisme qui niait leurs droits et leurs chances à de nombreux musulmans et une Guerre froide au cours de laquelle les pays à majorité musulmane étaient trop souvent traités par procuration, sans tenir compte de leurs propres aspirations."

Stéréotypes négatifs

"Je considère qu'il est de ma responsabilité de président des Etats-Unis de lutter contre les stéréotypes négatifs sur l'islam, où qu'ils se manifestent."

"Tout comme les musulmans ne correspondent pas aux stéréotypes sommaires, l'Amérique n'est pas le stéréotype sommaire d'un empire uniquement préoccupé de ses intérêts."

Conflit israélo-palestinien

"Les liens forts de l'Amérique avec Israël sont bien connus. Ce lien est inaltérable. Il est fondé sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance de ce que l'aspiration à une patrie juive est enracinée dans une histoire tragique qui ne peut être niée."

"Le Hamas doit mettre un terme à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l'existence d'Israël."

"L'Autorité palestinienne doit développer sa capacité à gouverner, avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple."

"Israël doit reconnaître que, tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, celui de la Palestine non plus. Les Etats-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne. (...) Il est temps que cette colonisation cesse."

Afghanistan

"Ne vous y trompez pas, nous ne voulons pas maintenir nos troupes en Afghanistan. Nous ne cherchons à y installer aucune base militaire. (...) Il est difficile financièrement et politiquement de poursuivre ce conflit."

"Et, malgré les coûts, l'engagement de l'Amérique ne faiblira pas."

"Leurs actions (celles des extrémistes, NDLR) sont irréconciliables avec les droits des êtres humains, le progrès des nations et avec l'islam."

"Ceci dit, nous savons aussi que la puissance militaire ne va pas, à elle seule, résoudre les problèmes en Afghanistan et au Pakistan."

Irak, démocratie et unilatéralisme

"Même si je crois que le peuple irakien, en fin de compte, se porte mieux sans la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l'Amérique la nécessité d'avoir recours à la diplomatie et de bâtir un consensus international pour résoudre nos problèmes, chaque fois que cela est possible."

"Je sais qu'il y a eu une controverse concernant la promotion de la démocratie ces dernières années. Et, l'essentiel de cette controverse est lié à la guerre en Irak. Je veux donc être clair. Aucun système de gouvernement ne peut ou ne doit être imposé à un pays par tout autre pays. Cela ne réduit pas, pour autant, mon attachement aux gouvernements qui reflètent la volonté du peuple."

"L'Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour chacun, tout comme nous ne prétendrions pas choisir l'issue d'une élection pacifique."

Iran

"Plutôt que de rester prisonnier du passé, j'ai fait savoir clairement aux dirigeants et au peuple iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question, à présent, n'est pas de savoir ce contre quoi est l'Iran, mais plutôt l'avenir qu'il veut construire."

"Ce sera dur de surmonter des décennies de méfiance, mais nous avancerons avec courage, rectitude et détermination. (...) Mais, s'agissant des armes nucléaires, nous touchons à un point décisif. Il ne s'agit pas simplement des intérêts de l'Amérique. Il 's'agit de prévenir une course aux armes nucléaires au Moyen-Orient qui pourrait conduire cette région et le monde sur une voie extrêmement dangereuse."

"Tout pays, y compris l'Iran, doit avoir le droit d'accéder à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses responsabilités au terme du Traité de non-prolifération nucléaire. (...) J'espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif."

Écrit par : quaeps | 04/06/2009

Le peuple iranien s’exprime - (Washington Post)
DIVERS

Le résultat des élections en Iran est peut-être le reflet de la volonté du peuple iranien. De nombreux experts affirment que la marge de victoire du sortant, le Président Mahmoud Ahmadinejad, est le résultat d’une fraude électorale ou d’une manipulation, mais notre sondage de l’opinion publique iranienne effectué dans tout le pays trois semaines avant l’élection a montré qu’Ahmadinejad menait par une marge de 2 contre 1 – plus que celle sortie des urnes vendredi dernier.

Alors que les médias occidentaux signalaient depuis Téhéran, dans les jours qui ont précédé l’élection, une vague d’enthousiasme en faveur de Mir Hossein Mousavi, principal opposant d’Ahmadinejad, notre sondage scientifique effectué dans les 30 provinces du pays révélait une nette avance pour Ahmadinejad.

Les sondages indépendants et non censurés à l’échelle nationale sont rares en Iran. D’une manière générale, les sondages préélectoraux sont effectués ou contrôlés par le gouvernement et sont notoirement indignes de confiance. Par contraste, le sondage effectué par notre ONG du 11 au 20 mai était le troisième d’une série effectuée au cours de ces deux dernières années. Dirigé par téléphone à partir d’un pays voisin, le travail sur le terrain a été effectué en langue Farsi par un institut de sondage dont le travail dans la région pour ABC News et la BBC a reçu un prix Emmy Award. Notre sondage était financé par le Rockefeller Brothers Fund.

L’étendue du soutien à Ahmadinejad était perceptible dans notre enquête préélectorale. Par exemple, pendant la campagne, Mousavi a mis en avant ses origines Azéries, le deuxième groupe ethnique en Iran après les Perses, pour soudoyer les électeurs Azéris. Cependant, notre enquête a montré que les Azéris préféraient Ahmadinejad à Mousavi, à 2 contre 1.

De nombreux commentaires ont présenté la jeunesse iranienne et les internautes comme des partisans du changement dans cette élection. Mais notre sondage a montré que seul un tiers des Iraniens a accès à Internet et que la tranche d’âge des 18-24 ans constituait le groupe le plus favorable à Ahmadinejad parmi toutes les tranches d’âge de la population.

Selon notre sondage, les seuls groupes démographiques favorables à Mousavi ou divisés entre lui et Ahmadinejad étaient les étudiants et les diplômés ainsi que les Iraniens ayant les niveaux de revenus les plus élevés. Lorsque notre sondage fut effectué, presqu’un tiers des Iraniens se déclarait indécis. Néanmoins les chiffres obtenus par notre enquête reflètent les résultats annoncés par les autorités et semblent indiquer qu’il n’y a pas eu de fraude à grande échelle.

Certains pourraient nous opposer que le soutien déclaré à Ahmadinejad que nous avons trouvé n’était que le résultat de la réticence des sondés à répondre honnêtement. Mais l’intégrité de nos résultats est confirmée par les réponses politiquement risquées que les sondés ont bien voulu nous donner. Par exemple, prés de quatre Iraniens sur cinq – y compris une majorité de partisans d’Ahmadinejad – ont déclaré qu’ils souhaitaient un changement du système politique qui leur permettrait d’élire le Guide Suprême, qui n’est pas actuellement élu par suffrage universel. De même, les Iraniens ont déclaré que les élections libres et la liberté de la presse étaient leurs principales priorités pour leur gouvernement, pratiquement à égalité avec l’économie nationale. On ne peut pas dire que ces réponses étaient d’une nature « politiquement correcte » pouvant être exprimées à haute voix et en public dans une société largement autoritaire.

De fait, et cela a été confirmé par les trois enquêtes effectués ces deux dernières années, plus de 70 pour cent des Iraniens ont exprimé leur soutien à une totale liberté d’accès aux inspecteurs en armement et la garantie que l’Iran ne développera pas d’armes nucléaires, en échange d’une aide et des investissements étrangers. Et 77 pour cent des Iraniens se déclarent favorables à une normalisation des relations avec les Etats-Unis, autre résultat confirmé par nos précédents sondages. Les Iraniens considèrent leur soutien à un système plus démocratique et des relations normalisées avec les Etats-Unis est compatible avec leur soutien à Ahmadinejad. Ils ne veulent pas le voir maintenir une ligne dure mais le considèrent plutôt comme leur meilleur négociateur, la personne la mieux placée pour obtenir des conditions favorables – pas comme un Nixon version perse qui se rendrait en Chine.

Les accusations de fraude et de manipulation ne feront qu’isoler l’Iran un peu plus et probablement renforcer sa belligérance et son intransigeance envers le monde extérieur. Avant que des pays, y compris les Etats-Unis, ne tirent des conclusions hâtives sur les élections présidentielles en Iran, avec les graves conséquences que cela pourrait provoquer, ils feraient mieux d’examiner l’information indépendante. Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad.

par Ken Ballen et Patrick Doherty
15 Juin, 2009

Écrit par : quaeps | 18/06/2009

fg http://www.voltairenet.org/article160669.html

Écrit par : quaeps | 19/06/2009

gbfg Les brassées de louanges déversées sur le président Obama à propos de son discours au monde musulman par les écrivains de gauche, ici comme à l’étranger, sont inquiétantes. Je parle de gens dont il me semble qu’ils devraient savoir mieux, de gens qui ont choisi « Politique 101 » et qui sont capables de relever les hypocrisies dont ce texte est truffé, tout comme les distortions, les omissions et les contradictions, les remarques vraies mais hors de propos, les indiscutables mensonges, les déclarations d’optimisme qu’aucune action ne justifie, l’indifférence aux victimes. Pourtant, il est évident que ces commentateurs en ont été impressionnés, souvent très impressionnés. Où que ce soit dans le monde, ce genre d’état d’esprit confine à un culte.

Dans de tels cas, il faut aller voir au-delà de l’intellectuel et tenir compte de l’attrait émotionnel. Nous savons tous que le monde affronte en ce moment une terrible adversité - Trois Grands Problèmes : une violence universelle incessante, une crise financière qui provoque des souffrances économiques, la dégradation de l’environnement. Dans tous ces domaines, les États-Unis portent plus de responsabilité que n’importe quel autre pays. Quoi de mieux pour satisfaire l’intense désir de soulagement de l’humanité qu’un nouveau président américain qui, semble-t-il, comprend les problèmes, admet plus ou moins que son pays en est responsable à l’un ou l’autre degré et exprime « avec éloquence » son désir et sa détermination de changer la politique des États-Unis, tout en encourageant le reste du monde à suivre son stimulant exemple. Est-il surprenant que nous soyons en 1964, que les Beatles viennent de débarquer à New York, et que tout le monde se prenne pour une petite jeune fille ?

Je pourrais passer en revue le discours qu’Obama a donné au Caire et relever une par une les hypocrisies patentes, les platitudes, les couillonnades pures et simples et tout le reste (« J’ai interdit sans équivoque l’usage de la torture aux États-Unis » et pas un mot sur son transfert à l’étranger, à commencer par le pays même où il était en train de parler. « Aucune nation ne devrait choisir qui peut et qui ne peut pas posséder d’engins nucléaires », quand c’est précisément ce que les États-Unis sont en train de faire à propos de l’Iran et de la Corée du Nord.) Mais comme d’autres ont très bien su relever ces flagrantes effronteries, je voudrais m’y prendre d’une autre façon pour aborder le problème – le problème de gens éduqués et de gens un peu moins éduqués aux prises avec un politicien de carrière en train de dire « tout ce qui est juste », de gaver d’espoir des milliards qui en sont affamés et qui l’avalent comme s’ils étaient des nourrissons de la veille. Je voudrais ramener leur attention sur un autre personnage charismatique, Adolf Hitler, s’adressant aux Allemands deux ans et quatre mois après avoir été élu Chancelier du Reich, parlant à une Allemagne encore sonnée de l’humiliation d’avoir été La Nation Vaincue dans une guerre mondiale, d’y avoir perdu une énorme quantité de ses jeunes hommes, d’être toujours punie par le reste du monde pour son militarisme, de souffrir d’un chômage de masse et d’autres effets de la grande dépression. Voici quelques extraits de son discours du 21 mai 1935. Imaginez comme il dut nourrir les Allemands affamés.

Je considère qu’il est de mon devoir d’être parfaitement franc et ouvert quand je m’adresse à la Nation. J’entends souvent, de la part des tribus anglo-saxonnes, l’expression du regret que l’Allemagne se soit départie des principes de démocratie qui, dans ces pays, sont particulièrement tenus pour sacrés. Cette opinion est injustifiée. L’Allemagne aussi a une Constitution démocratique.

Notre amour de la paix est peut-être plus grand qu’il ne l’est chez d’autres, car nous avons davantage souffert de la guerre. Aucun de nous ne tient à menacer personne, mais nous sommes tous déterminés à obtenir la sécurité et l’égalité pour notre peuple.

La Guerre Mondiale devrait retentir comme un cri d’alarme. L’Europe n’est pas en état de survivre à une seconde catastrophe de ce genre.

L’Allemagne a solennellement garanti à la France ses frontières actuelles, se résignant à la perte définitive de l’Alsace-Lorraine. Elle a signé un traité avec la Pologne, et nous espérons qu’il sera renouvelé et renouvelé encore à chaque échéance.

Le Reich allemand, et particulièrement ce gouvernement allemand-ci, n’a d’autre désir que de vivre en paix et amitié avec tous les états voisins.

L’Allemagne n’a rien à gagner dans une guerre européenne. Ce que nous voulons, c’est la liberté et l’indépendance. À cause de ces intentions qui sont les nôtres, nous sommes prêts à négocier des pactes de non-agression avec les états voisins.

L’Allemagne n’a ni le désir ni l’intention de s’immiscer dans les affaires intérieures de l’Autriche, ni de l’annexer, ni d’en proclamer le rattachement.

Le gouvernement allemand est prêt, par principe, à conclure des pactes de non-agression avec chacun des états ses voisins et d’y ajouter ces dispositions qui ont pour but d’isoler les belligérents et de localiser les zones de guerre.

En limitant l’armement aéronautique de l’Allemagne à la parité avec celui des autres grandes nations occidentales, il rend possible qu’à tout moment son niveau maximal soit limité, limite que l’Allemagne considérera comme une obligation contraignante.

L’Allemagne est prête à participer activement à tous les efforts qui seront faits pour limiter la course aux armements. Elle n’en voit le moyen que dans un retour aux principes de la vieille convention de la Croix Rouge de Genève. Elle ne croit, pour commencer, qu’en la possibilité de l’abolition graduelle et de la mise hors la loi des méthodes de combat qui sont contraires à cette convention, telles que balles dum-dum et autres missiles, qui sont une menace mortelle pour les civils, les femmes et les enfants.

Abolir les champs de bataille mais laisser ouverte la question des bombardements nous paraît erroné et inefficace. Mais nous croyons dans la possibilité de bannir certaines armes comme contraires au droit international, et de mettre hors la loi ceux qui s’en servent. Mais cela aussi ne peut être fait que graduellement. Par conséquent, les gaz et les bombes incendiaires ou explosives peuvent être bannies du champ de bataille, et ce bannissement s’étendre plus tard à toutes les formes de bombardements. Aussi longtemps que la liberté de bombarder subsistera, la limitation du nombre des bombardiers est une proposition douteuse.

Tout comme la Croix Rouge a mis fin à la pratique d’exécuter les blessés et les prisonniers, il devrait être possible de mettre fin aux bombardements de civils. L’Allemagne voit, dans l’adoption de tels principes, de meilleurs moyens de pacification et de sécurité pour les peuples, que dans tous les pactes d’assistance et autres conventions militaires.

Le gouvernement allemand est prêt à donner son accord à toute limitation conduisant à l’abandon des armements les plus lourds, qui sont surtout adaptés aux guerres d’agression. Ceux-ci comprennent au premier chef l’artillerie lourde et les chars les plus lourds.

L’Allemagne se déclare prête à donner son accord sur la limitation du calibre de l’artillerie et des fusils sur les dreadnoughts, les croiseurs et les torpilleurs. De même, le gouvernement allemand est prêt à adopter toute limitation du tonnage naval, et en fin de compte à consentir à la limitation du tonnage des sous-marins ou même à leur suppression, à condition que les autres pays fassent de même.

L’opinion du gouvernement allemand est que toutes les tentatives faites pour diminuer la tension entre états individuels, par des accords internationaux ou des accords entre plusieurs états, sont condamnés à l’échec, à moins que des mesures adéquates soient prises pour prévenir l’empoisonnement de l’opinion publique par des individus irresponsables, au moyen du discours, de l’écrit, du cinéma ou du théâtre.

Le gouvernement allemand est prêt à tout instant à signer un accord international qui préviendra effectivement et rendra impossible toute tentative extérieure d’interférence dans les affaires intérieures d’autres États. La signification du terme « interférence » devrait être internationalement définie. Si les peuples veulent la paix, il doit être possible aux gouvernements de la maintenir. Nous croyons que la restauration de la force de défense allemande contribuera à cette paix, à cause du simple fait que son existence comble un vide dangereux en Europe.

Nous croyons que si tous les peuples du monde pouvaient se mettre d’accord pour détruire tous leurs gaz et toutes leurs bombes incendiaires et explosives, cela reviendrait moins cher que de les utiliser pour se détruire les uns les autres. En disant ceci, je ne parle plus en tant que représentant d’un État sans défense qui ne pourrait moissonner que des avantages et aucune obligation d’une action de ce genre entreprise par d’autres.

Je ne puis mieux conclure mon discours, chers collègues et mandataires de la Nation, qu’en répétant notre confession de foi dans la paix. Quiconque allumera la torche de la guerre en Europe ne doit rien espérer d’autre que le chaos. Nous, cependant, vivons dans la ferme conviction que notre temps verra non le déclin mais la renaissance de l’Occident. C’est notre fière espérance et notre inébranlable foi que l’Allemagne peut apporter une impérissable contribution à ce grand oeuvre.

Combien de gens dans le monde, y compris de nombreux Allemands très éduqués, en lisant ou entendant ce discours en 1935, ont douté qu’Adolf Hitler fût un homme sincère et un dirigeant visionnaire et stimulant ?

Écrit par : quaeps | 13/07/2009

fghg Alors que la ministre de la Justice s'est prononcée ce lundi matin en faveur d'un appel du procès de youssouf Fofana et de ses 26 co-accusés, une manifestation devant le Place Vendôme a eu lieu à l'initiative de l'UEJF. Son mot d'ordre ? Une justice plus sévère pour les complices de l'assassin d'Ilan Halimi, 23 ans, torturé à mort par une bande de jeunes cherchant à obtenir une rançon auprès de sa famille.

Ce faisant, Michèle Alliot-Marie entre de plain-pied dans le débat lancé par les avocats des parties civiles sur le respect de la procédure et la portée « pédagogique » de ce procès. « Erreur, estime l'avocate François Cotta, alors que ces gens sont dans une profonde misère sociale et intellectuelle, on veut faire un nouveau procès de Nuremberg, on se trompe. » Décryptage des arguments en présence.
Le huis clos partiel des mineurs

Avant l'audience, c'est le premier point sur lequel se sont opposés les protagonistes. D'un côté, une jeune fille mineure au moment des faits, devenu majeure, qui n'a pas souhaité la publicité des débats la concernant. De l'autre, l'avocat de la famille Halimi, pour qui ce huis-clos partiel est une première entorse au principe des débats contradictoires.

Le 23 mars 2009, Ruth Halimi, la mère de la victime, livrait sa vision du procès à venir, sur Europe 1 au micro de l'animateur Marc-Olivier Fogiel :

« Vous attendez quoi de ce procès, c'est un moment important pour vous ?

Très important, surtout pour la France. Parce qu'il y a quelque chose de terrible et d'inacceptable qui s'est passé en 2006 où un jeune homme, du fait de sa religion, a été tué et sauvagement torturé.

Vous voulez que la France reconnaisse ça pour que ça ne se reproduise pas…

Exactement, que la justice fasse son travail et qu'elle donne un exemple pour que plus jamais une horreur pareille ne puisse se répéter.

Une partie de ce procès aura probablement lieu à huis clos, parce que certains des accusés sont mineurs. Vous, vous souhaitez que ce soit public, pour que votre fils ne soit pas mort pour rien, Ruth Halimi ?

Absolument, il serait bien que ce soit public pour ce que l'on se rende compte de ce qu'on fait ces jeunes. C'était au-delà de l'imaginable. Il frappait Ilan, il le torturait, et arrivé 18 heures, 19 heures, un d'eux fait la remarque en disant : “ Moi, je vais me faire engueuler par ma mère, donc il faut que je rentre. ” Et donc, c'était comme un travail quotidien, une fois que la journée de travail était finie et bien, ils rentraient chez eux. »

Première incompréhension à l'ouverture de l'audience, où la Cour d'assises ne peut faire autrement que de prononcer le huis clos partiel. Tout simplement, parce que c'est la loi.

Réclamer à la fois la justice, sa vertu curative et ses bienfaits cathartiques, qui pourrait en vouloir à Ruth Halimi ? Personne ne songe à lui disputer cet impossible espoir… Et pourtant, chacun s'attache à le dépecer méthodiquement.

La pression populaire

Comme dans chaque procès, deux audiences s'ouvrent en parallèle au Palais de justice de Paris. L'audience de jour, celle de la Cour, de ses jurés et de son défilé d'experts. Et puis le débat de la nuit, celui que se livre les acteurs dans la salle des pas perdus : avocats, accusés, journalistes et tout ceux qui alimentent la passion populaire…

Mardi 5 mai, alors qu'elle doit évoquer à la barre la personnalité de son fils, la mère du principal accusée se fait porter pâle. Le jour de l'ouverture des débats, elle a été violemment prise à partie par une dizaines de jeunes militants juifs, contrainte de fuir le Palais sous la proctection d'une escouade de gendarmes.
Les réquisitions, toujours sujettes à caution… ?

Le 1er juillet 2009, la parole est à l'accusation. Cela vaut la peine de prendre cinq minutes (montre en main) pour lire ou relire le compte-rendu fait par les chroniqueurs judiciaires qui ont suivi le réqusitoire de quatre heures de l'avocat général, Philippe Bilger. J'aime bien le point de vue, à hauteur d'homme, que nous fait partager Elsa Vigoureux :

« Et puis Philippe Bilger plonge la cour dans la nuit du 12 au 13 février 2006. Il raconte le départ de Youssouf Fofana à cinq heures du matin, et Ilan Halimi recroquevillé dans le coffre. Il imagine la manière dont Fofana s'en est pris à Ilan Halimi, l'a brûlé vif. Philippe Bilger évoque toutes ces forces qu'Ilan Halimi a mises pour se traîner sur 160 mètres, jusqu'au pied d'un grillage. “Alors voilà pourquoi je requiers la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans pour Youssouf Fofana”. »

Dès la fin des réquisitions, l'avocat de la famille Halimi sonne la charge contre l'échelle des peines réclamées.
Les effets de manche de la défense

Voici les mots de maître Francis Szpiner, dans le Jerusalem Post, juste après le réquisitoire :

« L'Etat, par la voix du ministère public, n'a pas su répondre à la hauteur du défi que lui avait lancé ce crime. C'est une banalisation de cette affaire. »

Et sur Europe 1, le 1er juillet au matin, où il annonce la stratégie à venir :

« Ces réquisitions n'ont aucun sens, dit-il, le garde des Sceaux aurait dû donner des instructions pour que le parquet général adopte une position exemplaire et ça n'a manifestement pas été fait. (…) Les jurés ont le devoir d'aller au-delà. »

Le tournant politique des débats