06/03/2006

je me lasse, j'arrête, ça me fatigue...

et de un, trouvé sur oumma...un copain de val, ton meddeb....qui se ressemble....

 

« La guerre civile des années quatre vingt dix a fait plus de cent cinquante mille victimes, assassinées par les islamismes. Des journalistes, des artistes, des paysans, des juristes... Nombre d’Algériens, dont la vie était menacée, se sont exilés en France. On peut imaginer combien, à leurs yeux, la critique de la religion n’a rien à voir avec un quelconque racisme anti-arabe. » C’est là un extrait de l’éditorial de Philipe Val dans Charlie Hebdo.

Voilà en quelques mots déséquilibrés Philipe Val promu porte-parole de tous les Algériens, voyant à travers leurs yeux. Mais il n’allait pas s’en tenir là et le voilà derechef parti à l’assaut de tous les plateaux de télévision française pour faire la promotion de sa croisade. On le retrouve ainsi dans Ripostes le dimanche 19 février, où il coupe la parole à Fouad Alaoui (présent là au titre de représentant des musulmans, et par extension de tous les Maghrébins, titre qu’il a gagné grâce à la contribution de Nicolas Sarkozy à l’intégration de cette « communauté » dans la République) car, lui dit-il : « Vous ne représentez qu’une partie infime des musulmans ! ». Qui représente donc la partie majoritaire ? Philipe Val, bien sûr. Mais il ne néglige pas de chercher où il peut d’improbables soutiens.

Serge Moati (adepte de la non-ingérence étrangère dans les affaires franco-françaises) a ainsi fait venir d’Algérie Dilem (qui dit qu’avec les islamistes « c’est clair, il vous trouvent, ils vous zigouillent » avant d’affirmer naïvement : « Je vis tout à fait normalement ») et de Tunisie Abdelwahab Meddeb (qui pousse une gueulante à blanc contre le « fascisme » (1) ) pour faire chacun à sa façon un plaidoyer pour la dictature. Philipe Val est aussi la vedette de la soirée Théma d’Arte le 22 février, animée par Daniel Cohn-Bendit. Là encore, il n’a qu’un mot à la bouche, l’Algérie, l’Algérie, l’Algérie. Chaque fois, les Algériens présents, des républicains, des laïques, des féministes, ont beau affirmer qu’ils le réprouvent, lui n’en démord pas : il sait mieux qu’eux ce que pensent les Algériens. Comment ? Lui auraient-ils communiqué leurs plus intimes pensées par télépathie ? On n’en saura rien puisque personne n’a poussé le sacrilège jusqu’à lui contester ce pouvoir exorbitant.

 

 

et de deux...

 

Maladie de l’Islam

de Abdelwahab Meddeb, Paris, Seuil, 2002, 223 p.

En consacrant son dernier livre à l’intégrisme, la maladie supposée de

l’Islam, Abdelwahab Meddeb se pose, sans fausse modestie, en égal de Voltaire

et de Thomas Mann. En effet, si chacun de ses deux illustres prédécesseurs

s’est distingué par sa lucidité dans l’identification des causes réelles de

la maladie de sa communauté et par son courage et sa détermination dans la

dénonciation de celle-ci (voir de Voltaire, Traité sur la tolérance, Paris,

Garnier-Flammarion, 1989 et de Thomas Mann, Journal du « Docteur Faustus

», Paris, Christian Bourgeois, 1994), A. Meddeb, Tunisien d’origine

musulmane, a décidé, dans la foulée des attentats du 11 septembre contre les

Twin Towers, d’emprunter leur « technique » pour l’appliquer à la communauté

musulmane. Il précise en effet que : « si le fanatisme fut la maladie du

catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne, il est sûr que l’intégrisme

est la maladie de l’Islam » (p. 12). En soutenant d’emblée qu’« appeler

à conduire les affaires humaines au nom de Dieu ne peut qu’engendrer des

fanatiques capables de tous les désastres », il ne fait pas mystère de sa volonté

de s’inviter dans le club prestigieux des « anti-cléricaux » qui ont pavé, devant

leurs peuples, la voie d’une modernité jugée inéluctable. A. Meddeb paraît

convaincu que le déclencheur de l’intégrisme qu’il prend pour la maladie de

l’Islam est à rechercher essentiellement dans l’impasse, imposée de l’intérieur

du monde musulman, qu’on y fait sur le débat et la discussion, une impasse

ignorant, selon lui, la pluralité des opinions et ne ménageant aucune place au

désaccord et à la différence. Il ne semble pas sous-estimer pour autant les raisons

externes qui, dit-il, l’« entretiennent » et « participent à sa propagation »

(p. 14). Ces raisons externes, il les répertorie, selon leur importance, de la

manière suivante : « la non-reconnaissance de l’Islam par l’Occident, comme

représentant d’une altérité intérieure, la façon de le cantonner dans le statut de

l’exclu, la manière avec laquelle l’Occident renie ses propres principes dès

que l’intérêt le réclame [et enfin] la façon qu’a l’Occident (et, de nos jours,

sous la forme de l’Américain) d’exercer dans l’impunité son hégémonie selon

la politique dite de deux poids deux mesures » (p. 14).

Tordant le cou à un préjugé persistant selon lequel l’intégrisme serait l’apanage

exclusif des couches défavorisées et incultes, A. Meddeb relève que les

auteurs des attentats meurtriers du 11 septembre 2001 contre les États-Unis

« par-delà leur contamination par la maladie de l’Islam, […] sont les fils de leur

époque, le pur produit de l’américanisation du monde : ceux-là même qui firent

du digital leur jeu d’enfant, de la télévision leur mémoire, sans avoir eu besoin

de procéder à la transmutation de l’archaïsme qui habite leur esprit et leur âme »

(p. 16). A. Meddeb soutient que cet état d’esprit a fait naître chez « l’Arabe

comme chez le Musulman [face à l’Occident] le ressentiment » propre à

l’homme qui « reçoit sans avoir les moyens de donner ni d’être affirmatif »

Politique et Sociétés, vol. 21, no 3, 2002

(p. 19). D’aristocratique lorsqu’il était en position de force, « le sujet islamique

», poursuit l’auteur, qui, à défaut d’analyse cohérente, objective et convaincante,

n’hésite pas ici à puiser l’essentiel de son argumentation dans les manuels

à la mode décrivant le frustré-type, « devint peu à peu l’homme du ressentiment,

cet homme […] insatisfait, se pensant au-dessus des conditions qui lui sont faites

; comme tout semi-intellectuel, il s’avère (dans son refus et sa haine accumulés)

candidat à la vengeance, prédisposé à l’action insurrectionnelle et à ce

qu’elle comporte de dissimulation et sacrifice » (p. 22).

La propagation rapide de l’intégrisme islamique au cours des dernières

décennies est la conséquence logique,A. Meddeb en est convaincu, de la perte

d’attrait subi par le modèle européen. À celui-ci on a substitué le modèle américain

qui, parce qu’il repose, soutient-il, sur la croyance que « la religion […]

mène aux lumières [et] […] [que] l’observance des lois divines […] conduit à

la liberté », a permis « sur la scène du marché mondial [que] l’Américain double

le Wahhabite 1 et l’initie à la technique qui l’aide à respirer au rythme de

l’Amérique, où qu’il se trouve dans le monde. Dans ce compagnonnage, le

Wahhabite s’enrichit matériellement et investit dans la propagation de sa foi »

(p. 77).

Les relations privilégiées entretenues depuis des décennies par les États-

Unis et l’Arabie saoudite, pays que l’auteur considère comme le principal

foyer de l’intégrisme, ont connu, selon lui, un développement accéléré dans le

cadre de la lutte commune contre l’ex-Union soviétique, en Afghanistan, où

sous l’égide de la CIA, « l’âme archaïque et la richesse s’unissent pour assurer

aux intégristes l’initiation technique aux armes les plus sophistiquées »

(p. 142).

Relevant que les États-Unis ont continué jusqu’en août 2001 d’établir,

contre toute éthique et tout bon sens, des relations solides avec toutes les factions

intégristes et leurs mentors, et qu’ils se sont toujours accommodés de

leurs pratiques répréhensibles, l’auteur se montre très critique à l’égard de ce

qu’il appelle la politique impérialiste des États-Unis et du rôle de juge et partie

que ces derniers s’arrogent dans les conflits mondiaux : « la manière, ditil,

de lier la survie du principe à l’intérêt [risque de] ruine[r] le principe luimême

» (p. 148).

En conclusion l’auteur, tenant compte du fait que « c’est l’exercice de

l’injustice dans l’impunité qui nourrit la haine et le hideux terrorisme, lequel

reste l’arme du démuni, du faible, de celui qui a épuisé les ressources du

droit » (p. 213), recommande, pour guérir la religion musulmane de sa maladie

intégriste, que l’Islam s’intègre dans « la scène commune » au point de

vue tant culturel et que politique. Sur le plan culturel, A. Meddeb propose,

comme remède à la maladie de l’intégrisme musulman, d’en finir avec « le

mythe d’Ismaël » et avec le préjugé qu’il entretient quant à la supériorité

d’une descendance sur une autre et de réaliser « l’intégration du legs islamique

aux sources de la pensée et de la création (tout autant que le fonds grec,

164 RECENSIONS

1. Par «Wahhabite », l’auteur désigne ici le citoyen saoudien, en référence au père

spirituel de l’État saoudien, Ibnou Abdel-Wahhab.

latin, hébraïque, japonais, chinois, indien) » (p. 202). Sur le plan politique,

A. Meddeb souligne l’importance de mettre fin à l’embargo contre l’Irak, d’en

arriver à une solution du problème palestino-israélien sur la base de la reconnaissance

de deux États souverains, l’un pour le peuple juif et l’autre pour le

peuple palestinien, et de redéfinir les rapports entre les États-Unis et l’Arabie

Saoudite sur de nouvelles bases qui tiennent compte du devoir politique de

liberté et de démocratie.

Le livre de A. Meddeb, par ses nombreuses références à l’histoire musulmane,

peut piquer la curiosité du lecteur et l’inciter à vouloir connaître davantage

un monde musulman pluriel, riche et souvent complexe pour en découvrir

les véritables ressorts. Il n’en demeure pas moins vrai que le parti pris

sans nuance de l’auteur en faveur du modèle républicain français d’intégration

considéré, contre toute évidence 2 et à l’exclusion de tout autre, comme le

meilleur système en la matière, l’a empêché de bien saisir l’originalité et les

énormes qualités de ce qu’il appelle le système américain. Il convient de relever

également qu’en focalisant l’attention sur l’Arabie saoudite, présentée

comme la seule source de l’intégrisme, l’auteur donne l’impression de vouloir

absoudre les autres régimes arabes et musulmans qui, en refusant à leurs

citoyens tout espace de liberté où ils peuvent jouir d’un minimum de droits,

en leur imposant une modernité qui viole systématiquement les valeurs et les

principes de leur religion, assument une responsabilité écrasante dans la montée

et le développement de « la maladie de l’Islam ». Ce faisant, il diminue

considérablement la portée d’une étude qui aurait pu, sur un sujet aussi brûlant

et important que l’Islam, être plus solide et pertinente…

Sayed Baba

Université d’Ottawa

 

 

11:14 Écrit par eric blair | Lien permanent | Commentaires (43) |  Facebook |

Commentaires

quaeps Où vois-tu que c'est un copain de Val, t'es complètement à l'ouest, mon pauvre .
A part ça, l'analyse du livre n'est pas mauvaise, si ce n'est que l'auteur n'est passez aussi enthousiaste quant au modèle français .

Écrit par : jean | 06/03/2006

jean tu ne sais pas lire...je désespère...
"Qui représente donc la partie majoritaire ? Philipe Val, bien sûr. Mais il ne néglige pas de chercher où il peut d’improbables SOUTIENS."
" ....et de Tunisie Abdelwahab Meddeb (qui pousse une gueulante à blanc contre le « fascisme » "

pas mauvaise...orientée, juste comme je le prévoyais....
"A. Meddeb paraît convaincu que le déclencheur de l’intégrisme qu’il PREND pour la maladie de l’Islam est à rechercher ESSENTIELLEMENT dans l’impasse, imposée de l’INTERIEUR du monde musulman..."

"poursuit l’auteur, qui, à DEFAUT d’analyse COHERENTE, OBJECTIVE et convaincante, n’hésite pas ici à puiser l’ESSENTIEL de son argumentation dans les manuels à la mode décrivant le frustré-type"

"Il n’en demeure pas moins vrai que le parti pris sans nuance de l’auteur en faveur du modèle républicain français d’intégration considéré, contre toute évidence 2 et à l’exclusion de tout autre, comme le meilleur système en la matière, l’a empêché de bien saisir l’originalité et les énormes qualités de ce qu’il appelle le système américain. Il convient de relever également qu’en focalisant l’attention sur l’Arabie saoudite, présentée comme la SEULE source de l’intégrisme, l’auteur donne l’impression de vouloir ABSOUDRE les autres régimes arabes et musulmans qui, en refusant à leurs citoyens tout espace de liberté où ils peuvent jouir d’un minimum de droits, en leur imposant une modernité qui viole systématiquement les valeurs et les principes de leur religion, assument une responsabilité écrasante dans la montée et le développement de « la maladie de l’Islam ». Ce faisant, il DIMINUE
considérablement la portée d’une étude qui aurait pu, sur un sujet aussi brûlant et important que l’Islam, être plus SOLIDE et PERTINENTE…"

sans oublier, bien sûr, que ton cher meddeb anime une émission sur la radio la plus sioniste et anti-islamique de france ("radio tel-aviv" pour les intimes...) sur laquelle il croise tes amis et maîtres Finkelkrault et Adler...comme le monde est petit...



Écrit par : quaeps | 06/03/2006

quaeps bon déjà que ta source était à pisser de rire (Oumma.com, j'en ris encore , le reste...)
modernité qui viole systématiquement les valeurs et les principes de leur religion...Cette phrase là, elle ne te fait pas bondir ?

Écrit par : jean | 06/03/2006

jean source à pisser de rire en effet....

L’hebdomadaire allemand Die Zeit qui est un des plus gros tirage de la presse allemande a consacré un article sur Oumma qui fut repris dans son intégralité par l’hebdomadaire Courrier International. Cet article souligne :’’ses divers forums de discussion ont fait de oumma.com, un succès public sans pareil chez les jeunes musulmans français. Depuis septembre, il reçoit en moyenne 700 000 visites par mois - une pénétration du marché dont les autres médias ne peuvent que rêver. Car la population musulmane de France est estimée au maximum à 5 millions de personnes.’’


’’Le site de référence de l’Islam, joue la carte de l’information...’’ France-info


Pour le quotidien le Monde « les religions sont entrées en force sur Internet. » Pour illustrer leur étude relative à la religion musulmane, le quotidien cite en référence le site Oumma.com en insistant sur tous les services et les rubriques que comporte ce site.

Toujours dans le Journal le Monde ’’Parmi les adresses les plus fréquentées par les jeunes musulmans : www.oumma.com, "le site de référence de l’islam francophone".


Le grand quotidien espagnol El Païs : ’’ Le site Oumma.com est le bien site le site de référence de l’islam francophone".

Selon l’Express.fr : « Oumma.com , l’Islam ouvert sur le réseau » Ce site, prône un islam tolérant, diffuse reportages, conseils et interviews. Oumma com casse les clichés sur l’Islam en changeant le regard sur les musulmans


Le magazine VSD remarque que ’’Oumma.com est le site phare des musulmans francophones(...) plébiscité par les musulmans’’


Le quotidien Libération : ’’Le portail de L’Islam Oumma.com... Au sommaire des portraits de musulmans de tous bords, des reportages, interviews, articles, dossiers, des forums de discussions, ainsi que diverses infos pratiques’’


Le quotidien espagnol « La Vanguardia » (300.000 exemplaires) a repris et traduit à plusieurs reprises des textes publiés sur le site Oumma.com

Le plus grand journal grec Ta Nea a également repris et traduit des textes publiés sur le site Oumma.com

Le site Manara qui est un des sites Marocain les plus visité, souligne qu’ Oumma.com : ’’est l’un des sites les plus complet sur L’Islam. Oumma.com est structuré en plusieurs rubriques dont le leitmotiv est l’explication et la diffusion des principes d’un Islam tolérant. Son objectif est également de répondre aux besoin d’informations, d’échanges d’idées et d’expérience entre musulmans de tous les pays.’’


Le site Web Sélection qui est le guide des meilleurs sites internet francophones juge le site Oumma.com comme étant :’’ le site référence de l’Islam francophone où vous pourrez découvrir des articles publiés mais aussi des débats, une agence matrimoniale, un forum de discussion, des petites annonces, une aide à l’emploi, le témoignage de convertis ...’’


L’hebdomadaire Témoignage Chrétien évoque Oumma.com en insistant sur l’image d’un « Islam moderne » que renvoie ce site.


Interneto, le guide des programmes Internet, a recommandé le site Oumma.com, durant le mois de ramadan en ces termes : « Le site de référence de l’islam », vient de mettre en ligne un dossier consacré au Ramadan, évoquant les « aspects spirituels, sociaux et médicaux » de cette tradition musulmane. Vous pouvez aussi consulter les horaires de prières de votre ville. » (29/11/2000)


Le site de Microsoft (msn.fr) a également sélectionné le site Oumma.com en invitant tout ceux qui souhaitent’’ en savoir plus sur l’Islam à se connecter sur ce site très complet’’.


Le Journal du Net revient quant à lui, sur les tensions du « Proche-Orient qui gagnent l’Internet. » Evoquant les attaques informatiques dont fut victime le site du Ministère Israélien des Affaires étrangères, le Journal du Net poursuit en relatant l’attaque dont fut victime également le site du Hizbollah ; mais aussi le site francophone Oumma.com : ’’le site Oumma.com nettement plus modéré que celui du Hizbollah, a lui aussi été victime d’attaques pirates la semaine dernière. malgré ces tentatives, les responsables affirme avoir réussi pour l’instant à préserver le libre accès au site.’’


Pour l’hebdomadaire Liberté Dimanche : « Oumma.com est sans aucun doute le site de référence de L’Islam. Ses concepteurs ont voulu en effet y mettre tout ce qui concerne cette religion. Outre un fond de documentation extrêmement complet, le site Oumma.com propose un forum de discussion, la consultation d’articles, une bibliographie, des conférences, des formations, des annonces... »


Le magazine Transfert (200 000 exemplaires) qui traite des hautes technologies, note dans son édition de décembre 2000, que : « le site Oumma.com est le site de la voix d’un Islam tolérant et ouvert au débat (...) qui réagit à l’actualité de manière régulière. »


Le site Oingo.com diffusé aussi en anglais et qui traite également de haute technologie, écrit au sujet de Oumma.com : « Vous trouverez sur ce site 450 articles en français sur l’Islam, un forum de discussion, le CV des musulmans, le témoignage des convertis et pleins d’autres choses »


Il est à noter également que le site de la Bibliothèque Nationale et celui de l’Annuaire des Religions et le portail Aol, ainsi que plusieurs autres sites recommandent Oumma.com à leurs internautes qui souhaitent s’initier ou approfondir leurs connaissances de l’Islam.

en parlant de source...

Dans le même temps, ce texte attribué au cheik d’Al-Azhar est introuvable sur les sites Internet musulmans francophones. La conclusion s’impose donc : notre soi-disant "Internaute musulman" semble avoir puisé sa source religieuse d’un site pro-israélien [notamment celui du The Middle East Media Research Institute (MEMRI)] qui cherche à discréditer les musulmans de France et du monde entier, en les taxant d’antisémitisme viscéral.

désolé, mais c'était trop tenant, allez, je m'arrête....

Écrit par : quaeps | 08/03/2006

jean pas tenant, tentant...

Écrit par : quaeps | 08/03/2006

jean Aujourd'hui, deux photos dans France-Soir , lisiblement affichées comme venant de MEMRI et nous démontrant la fourberis antisémite des arabes .
A part que MEMRI est un Institut très particulier sur lequel Brian Whitaker journaliste au Guardian a enquêté: "La consultation de l'une des pages d'archives web désormais supprimée nous livre la liste du personnel de MEMRI. Parmi les six personnes nommées, trois -en incluant Carmon- sont décrites comme ayant travaillé dans les services secrets israeliens. Parmis les trois autres, l'un a servi dans le Commandement Nord du Corps d'Artilleriede l'Armée Israelienne, l'un a une carrière universitaire, et le sixième est un ancien comédien intermittent."


2 février 2004

FRANCE-SOIR RELAIE MEMRI DANS SA CAMPAGNE ANTIARABE-comme beaucoup de medias occidentaux

Ils sont infatigables les espions fondateurs de MEMRI .

La semaine dernière on leur devait la diffusion de la nouvelle que Saddam corrompait à coup de barils de pétrole 270 hommes politiques ( beaucoup de Français bien sur ! puisque nous étions opposés à la guerre en Irak) .

Aujourd'hui j'ouvre, par hasard dans un troquet, ce canard qu'est France -Soir et j'y trouve à l'intérieur deux photos, affichées en toute lettres comme provenant de MEMRI,- autrement dit du Middle East Media Research Institute-, vous démontrant combien les arabes sont méchants et antisémites .
La prochaine fois ils nous afficherons quelques saletés de notre extrême-droite et les diffuseront dans le monde entier en démontrant aussi combien tous les Français sont antisémites. (MEMRI a des bureaux à Washington , Londres , Berlin, Jérusalem et arrose toutes les agences de presse occidentales de ses articles et photos en provenance des pays arabes : les pires s'entend ).

Informé par un article écrit le 12-08-2002 par un journaliste du Guardian, -Brian Whitaker-, j'en ai fait la traduction : mieux vaut savoir qui nous veut quoi et où veut -on nous mener .

Alors, pour ceux qui se demanderont , en lisant France -Soir ce qu'est MEMRI voici les infos que j'ai données à IM-Paris il y a deux jours .

*Voici la reprise de la nouvelle que nous avons entendue sur tous nos medias: "270 opposants à la guerre en Irak ont été rémunérés en barils de pétrole par Saddam Hussein " Pas vous, pas moi qui avons, comme les 3/4 de la planète, manifesté contre cette sale guerre impériale appelée de tout coeur par la bande des neo-cons américains - ils étaient bien les seuls ! . De nous MEMRI ne parle pas.

Mais de ceux qui comptent et que l'on connait -et parmis eux les Français "nouveaux ennemis" des neo-cons en question - il fallait bien salir leur engagement contre cette guerre : il ne pouvait qu'avoir des motivations vénales ! MEMRI s'est chargé de trouver les motivations en question et de les diffuser à toute la planète . Et nos medias ont bien évité de nous dire qui leur envoyait l'info.

Le réseau Voltaire ( http://www.reseauvoltaire.net) met les pieds dans le plat en nous offrant une enquête présentée de la façon suivante:

"INFORMATION MADE IN CIA :L'intox des barils irakiens
La presse occidentale a très largement repris les informations selon lesquelles 270 personnalités et sociétés opposées à la guerre contre l'Irak auraient été rémunérées par Saddam Hussein. Mais nos confrères ne se sont pas donnés la peine de vérifier leur véracité, ni même leur vraisemblance. Ils auraient pu découvrir que le journal irakien qui a publié cette accusation a été créé avec les fonds de George Soros, l'aide de la NED, un paravent de la CIA, les conseils de l'ancien patron de La Voix de l'Amérique et qu'il a bénéficié du soutien du gouverneur de l'Irak Paul Bremer lui-même. Elle a été diffusée mondialement par le MEMRI, une « agence de presse » créée par des officiers de Tsahal.

Le Réseau Voltaire retrace la filière d'intoxication".
L'accès aux résultats de cette enquête du Réseau Voltaire étant payant je n'y suis pas allé mais sur ce qu'est MEMRI (Middle East Media Research Institute) et ses buts déjà le 8 Aout 2002 Brian Whitaker, journaliste au Guardian nous les présentait après enquête.

"Voici la traduction de son article dont le titre était "Selective MEMRI"= "MEMRI selectif " ( http://search.guardian.co.uk)

*Lundi 12 AOUT 2002 :

Depuis quelque temps je reçois des petits cadeaux de la part d'un institut très généreux ayant son siège au USA. Les cadeaux prennent la forme d'une excellente traduction d'articles de journeaux arabes et l'institut me les envoie par mail tous les quelques jours et ceci sans aucun frais pour moi. Ces mails parviennent aussi à d'innombrables politiciens, universitaires, et journalistes . Les histoires qu'ils contiennent sont en général très interessantes.

Chaque fois que je reçois un de ces mails de L'Institut plusieurs de mes collègues au Guardian les reçoivent aussi et en général ils m'en transmettent des copies -parfois avec une note me suggerant de vérifier la nouvelle et en faire un article .

Quand la note me vient d'un collègue plus agé je me sens le devoir de faire l'article suggéré. Par exemple , la semaine dernière il y avait deux paragraphes d'un article traduit par l'Institut, annonçant qu'un ancien médecin irakien révélait que Saddam Hussein avait personnellement donné l'ordre de couper l'oreille des militaires déserteurs .

L'organisation qui avait fait cette traduction et la diffusait était le MEMRI basé à Washington mais qui venait d'ouvrir récemment des bureaux à Londres , Berlin et Jérusalem.

Son travail est subventionné par les imposables U.S puisqu'il s'agit d'une "organisation indépendante, non partisane et sans but lucratif" , et la loi américaine lui donne un statut de non imposable .

Selon son site web les buts de MEMRI serait de réduire le fossé linguistique entre l'Ouest-où peu de gens parlent l'Arabe - et le Moyen -Orient et ceci grace à des "traductions d'articles signifiants parus dans les medias arabes, Farsi,ou hébreux ".
.
Malgré ces dispositions très louables plusieurs choses me mettaient mal à l'aise chaque fois que j'étais sollicité de me pencher sur les histoires que MEMRI faisait circuler .

La première c'est que cette organisation était plutot mystérieuse . Son site ne donnait aucune personne à contacter et pas même l'adresse de ses bureaux .
La raison de ce secret me dit un ancien employé était "que MEMRI ne voulait pas qu'un kamikaze suicide franchisse un beau matin de Lundi le seuil de ses bureaux (Washington Time , 20 Juin").
Cette excessive précaution me frappa de la part d'un Institut qui ne désirait rien d'autre qu'abattre les barrières linguistiques entre l'Ouest et le Moyen-Orient .

La seconde chose, qui me mit mal à l'aise, venait de ce que toutes les histoires que MEMRI avait choisi de traduire répondaient à un même modèle : soit elles donnaient un reflet négatif des Arabes, soit elles encourageaient l'agenda politique israelien. Je n'étais pas le seul à éprouver ce malaise .

Ibrahim Hooper , membre du Conseil pour les Relations Americano Islamiques, a souligné dans le Washington Times que "MEMRI n'avait d'autres fins que de trouver les pires propos qui soient dans le monde musulman et de les diffuser aussi largement que possible " .

MEMRI pourrait arguer, bien sur ! qu'ils ne font celà que pour encourager la modération en donnant de flagrants exemples d'intolérance et d'extrémisme . Mais s'il en était ainsi on pourrait s'attendre à ce qu'il publie - par souci d'impartialité- les articles extrémistes des medias israeliens.
Bien que MEMRI se propose de fournir des traductions de propos en provenance des medias hébreux je ne me souviens pas en avoir jamais reçu.

D'autres preuves sur le site web de MEMRI font douter de son statut soit-disant non -partisan. Tout en proclamant son support pour la démocratie libérale, la société civile et le marché libre l'Institut insiste sans cesse sur "l'importance permanente du Sionisme pour le Peuple juif et pour l'Etat d'Israel".

Voilà ce que le web affirme mais les mots sur le sionisme ont été maintenant supprimés. La page d'origine peut cependant être retrouvée dans les archives de l'internet.
Les raisons de l'ambiance de secret qui entourent MEMRI deviennent claire si l'on va voir qui est derrière. Le co-fondateur et President de MEMRI et le propriétaire enregistré du site est un Israelien nommé Yigal Carmon.
Monsieur -ou plutot le Colonel Carmon-a passé 22 ans dans les services secrets de l'armée israelienne et par la suite a été conseiller au contre-terrorisme sous deux premiers ministres israeliens, Yitzshak Shamir et Yitzak Rabin.

La consultation de l'une des pages d'archives web désormais supprimée nous livre la liste du personnel de MEMRI. Parmi les six personnes nommées, trois -en incluant Carmon- sont décrites comme ayant travaillé dans les services secrets israeliens.
Parmis les trois autres, l'un a servi dans le Commandement Nord du Corps d'Artilleriede l'Armée Israelienne, l'un a une carrière universitaire, et le sixième est un ancien comédien intermittent.

La co-fondatrice de MEMRI avec le Colonel Carmon n'est autre que Meyrav Wurmser, qui dirige aussi le Centre pour la Politique du Moyen -Orient (Center for Middle East Policy) à L'Hudson Institute basé à Indianapolis, Centre qui se proclame comme "la première source américaine de recherches appliquées pour un changement politique durable".
L'omnipresent Richard Perle, Président du Conseil d'Administration de la Politique de Défense du Pentagone, vient d'entrer au Conseil d' Administration de l'Hudson Institute .
Madame Wurmser est l'auteur d'un travail universitaire intitulée"Israel peut-il survivre au Post-Sionisme"dans lequel elle argumente le fait que "l'aile gauche des intellectuels israeliens est plus qu'une menace passagère pour l'Etat d'Israel du fait qu'elle sape son ame et réduit sa volonté de se défendre ".
De plus madame Wurmser est diplomée, internationalement reconnue, elle inspire et informe les orateurs parlant du Moyen-Orient et "sa présence à un débat radiodiffusé ou telévisé en fait un évènement unique " si l'on en croit le Benador Associé loue souvent ses services.

Personne , pour autant que je sache, ne discute la précision des traductions de MEMRI, mais il y a d'autres raisons pour s'inquiéter de ses productions .
L'article qui circulait la semaine dernière sur Saddam Hussein faisant couper les oreilles des gens était un extrait d'un article plus long publié dans le journal pan-arabe Al Ayat et écrit par Adil Awadh qui proclamait en avoir eu connaissance le premier .
C'était une sorte de récit de la brutalité irakienne que les journaux allaient reproduire sans vérification, en ces moments de fièvre guerrière. Celà aurait pu être vraie mais se devait d'être traité avec un minimum de prudence .
Monsieur Awadh n'était pas ce que l'on appelle une figure indépendante . Il est , ou du moins il fut , un membre de la Coalition Nationale Irakienne, groupe d'opposition en exil soutenu par les USA. Selon un reportage du Washington Post de1998 sa proclamation sur les amputation faisait partie des conditions exigées pour qu'il obtienne asile politique aux USA.
A une époque ,il fut un des six Irakiens arêtés aux USA pour suspicion de terrorisme ou d'espionnage et dut démontrer que les américains se trompaient dans leurs accusations.

Au début de cette année MEMRI marqua des points en réussissant deux coups propagandistes significatifs contre l'Arabie Saoudite. La première fut la traduction de l'article d'un journal d'Arabie Saoudite écrit par un chroniqueur qui avait écrit que les juifs se servaient du sang d'enfants Chrétiens et Musulman pour les patisseries de la fête religieuse de Pourim .
Le chroniqueur , professeur d'université semblait se calquer sur un mythe antisémite datant du moyen-age. Ce que celà démontrait avant tout c'est l'ignorance de beaucoup d'Arabes -même hautement éduqués-sur ce qu'est Le Judaisme et Israel et leur propension à croire les histoires les plus ridicules .
Mais MEMRI proclama en outre que le Journal était un "journal gouvernemental de l'Arabie Saoudite" -en fait il appartenait à un propriétair privé-ce quiimpliquait que l'article était officiellement approuvé.
L'éditeur de Al Riyad affirma qu'il n'avait pas vu l'article avant sa publication du fait qu'il était à l'étranger . Il s'excusa sans hésiter et licencia son chroniqueur sur le champ mais le mal avait été fait .
L'autre succès de MEMRI survint un mois plus tard quand l'Ambassadeur de l'Arabie Saoudite à Londres écrivitun poème "Les Martyres " -sur un jeune homme Kamikaze suicide qui fut publié dans le journal Al Hayat.
MEMRI envoya des extraits traduits de ce poème décrit comme un éloge des kamikazes suicides Ce qu'est ce poème donne matière à interprétations . Il peut être aussi bien lu comme une condamnation de l'incapacité des gouvernements arabes , mais ce fut l'interprétation de MEMRI qui fut d'emblée diffusé sans interrogations par les mesdias occidentaux .

Ces incidents concernant l'Arabie Saoudite ne sont pas à prendre de façon isolés . Ils font partie de l'entreprise d'une campagne d'accusation du Royaume Arabe Unie et vise à persuader les USA à le traiter comme un ennemi plutot que comme un allié.
C'est une campagne qu' Israel et les NeoConservateurs Américains ont commencé au début de cette année, sur la base d'instructions bizarres initiés par le Pentagone- alors que Richard Perle venait d'y être investi depuis un mois.

Pour ceux qui lisent régulièrement les journaux arabes il est clair que les termes soulignés par MEMRI ont plus à voir avec l'agenda de cette campagne et ne représentent que peu le contenu général de la presse arabe .
Le danger c'est que de nombreux sénateurs, députés, les agents d'opinions ne lisant pas l'Arabe et recevant les e-mails de MEMRI finissent par penser que ces exemples extrêmistes ne sont pas seulement représentatifs mais de plus reflètent la politique des gouvernements arabes.
Le Colonel Carmon de MEMRI semble impatient de les ancrer dans cette croyance . A Washington, en Avril dernier, comme en témoigne son rapport sur les medias arabes à la Commission des Relations Internationales medias présentés comme un système d'endocrination à large échelle , sponsorisé par les gouvernements arabes .
"Les medias sous le controle des gouvernements arabes vehiculent la haine de l'Ouest et en particulier des USA. " dit-il. Avant le 11 Septembre on y trouvait des articles qui soutenaient ouvertement ou même en appelaient à des attaques terroristes contre les Etats Unis . ...."
"Les Etats Unis sont parfois comparés à l'Allemagne Nazi, Bush à Hitler , et Guantanamo à AUschwitz" dit-il
Pour ce qui concerne Al -Jazeera, la chaine satellite arabe,il ajouta que " la majorité de ses invités et de ses intervenants étaient typiquement anti-americain et antisémites".

Malheureusement c'est sur la base de ces hativess généralisations que la plus grande part de la politique américaine étrangère est aujourd'hui construite.

Pour autant que les relations de l'Ouest et du monde arabe sont concernés la langue est une barrière qui perpétue l'ignorance et peut précipiter les malentendus .
Ceci amène un petit groupe d'activistes israeliens à exploiter cette barrière à ses propres fins et à changer la perceptiondes Arabes dans le sens du pire .

Il n'est pas difficile de voir ce que les arabes pourraient faire pour contrer celà . Des groupes de Compagnies de medias arabes pourraient s'associer et publier eumême des traductions d'articles reflétant plus justement le contenu de leur journaux .
Celà ne serait pas au-delà de leur moyens . Mais comme toujours ne préfèreront ils pas ne rien faire et rouspèter contre les machinations des retraités des services secrets israelien.

Brian Whitaker : dans Guardian *


Écrit par : quaeps | 22/03/2006

ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh Les voix [modérées] de l'Islam
par Daniel Pipes
New York Post
23 septembre 2003



Mais les Musulmans anti-islamistes non seulement existent, mais ont également haussé le ton au cours des deux ans qui nous séparent du 11 septembre 2001. Ils forment un ensemble très varié, dont ni l'approche ni les intentions ne sont harmonisées. Certains sont pieux, d'autres pas, d'autres encore sont de libres penseurs ou des athéistes. Certains sont conservateurs, d'autres libéraux. Ils ne partagent que leur antipathie pour le wahhabisme, Khomeiny et les autres manifestations de l'Islam militant.

Ils ont commencé à produire des livres qui s'attaquent à la vision totalitaire des islamistes. Abdelwahab Meddeb, professeur à la Sorbonne, signa ainsi un ouvrage au titre évocateur, La maladie de l'Islam, dans lequel il compare l'Islam militant au nazisme. Dans Islam Under Siege, Akbar Ahmed, d'American University, exhorte les Musulmans à respecter les non-Musulmans.

Quelques anti-islamistes sont investis de responsabilités publiques. Ayaan Hirsi Ali, aux Pays-bas, qui a traité l'Islam de religion «rétrograde», siège au Parlement hollandais. Naser Khader, au Danemark, est également membre du Parlement et s'engage en tant que séculariste en faveur de l'intégration totale des Musulmans au sein de la société danoise.

La position précaire des anti-islamistes conduit à deux conclusions centrales:

Pour être perçus malgré le tapage des islamistes, ils ont besoin d'aide extérieure – marques d'estime des gouvernements, subventions des fondations, reconnaissance des médias et attention du monde universitaire.
Ces mêmes institutions doivent éviter ostensiblement les organes établis de l'Islam militant aujourd'hui dominant. Les modérés n'auront une chance d'être entendus que si les islamistes sont désavoués.
Il est indispensable de soutenir les anti-islamistes et d'affaiblir les islamistes pour favoriser la percée en Occident d'une forme modérée et moderniste de l'islam.

Écrit par : quaeps | 13/05/2006

nghnfh Aujourd’hui est un jour hautement symbolique. Cuba est membre fondateur du Conseil des droits de l’homme ; les Etats-Unis, non. Cuba a été élue par cent trente-cinq pays, plus des deux tiers de l’assemblée générale des Nations Unies ; les Etats-Unis n’ont même pas osé présenter leur candidature. Cuba avait des raisons de faire confiance au vote secret ; les Etats-Unis en avaient peur, pour les mêmes raisons.

L’élection de Cuba est la victoire des principes et de la vérité, la reconnaissance du courage de notre résistance. L’absence des Etats-Unis est la déroute du mensonge, la punition morale de l’arrogance impériale.

L’élection a supposé une évaluation exigeante. Chacun a reçu ce qu’il méritait : Cuba a été récompensée ; les Etats-Unis ont été châtiés. Chacun avait son histoire, et les pays qui votaient la connaissaient pertinemment.

Les pays africains se rappelaient que plus de deux mille combattants cubains ont versé leur sang généreux dans la lutte contre le régime ignominieux de l’apartheid, celui-là même que les Etats-Unis soutenaient et équipaient, y compris d’armes atomiques.

Cuba, au jour de l’élection, pouvait faire état de presque trente mille médecins en train de sauver des vies et de soulager la douleur dans soixante-dix pays ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, de cent cinquante mille soldats envahisseurs, envoyés pour tuer et mourir dans une guerre injuste et illicite.

Cuba, au jour de l’élection, pouvait faire état de plus de trois cent mille patients de vingt-six pays latino-américains et caribéens ayant retrouvé la vue grâce aux opérations réalisées gratuitement par des ophtalmologues cubains ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, de plus de cent mille civils assassinés et de deux mille cinq cents jeunes étasuniens morts dans une guerre ourdie pour voler le pétrole d’un pays et faire cadeau de juteux contrats aux petits amis du président de la seule superpuissance de notre planète.

Cuba, au jour de l’élection, pouvait faire état de plus de vingt-cinq mille jeunes de cent vingt pays du tiers monde faisant des études gratuites dans ses universités ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, d’un camp de concentration à Guantánamo où l’on torture les prisonniers et où les geôliers déclarent officiellement que le suicide de trois hommes « n’est pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre et de propagande ».

Cuba, au jour de l’élection, pouvait faire état d’avions transportant ses médecins et ses hôpitaux de campagne là où étaient survenues des catastrophes naturelles ou des épidémies ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, d’avions transportant en secret d’une prison à une autre des prisonniers drogués et menottés.

Cuba, au jour de l’élection, proclamait la primauté du droit sur la force, défendait la Charte des Nations Unies, réclamait un monde meilleur et se battait pour ; les Etats-Unis proclamaient, eux : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. »

Cuba, au jour de l’élection, proposait d’allouer le billion de dollars gaspillé tous les ans en armes à la lutte contre la mort qui frappe, pour des causes que l’on pourrait prévenir, onze millions d’enfants de moins de cinq ans et six cent mille femmes pauvres en couches ; les Etats-Unis proclamaient, eux, leur droit de bombarder et de raser « à titre préventif » ce qu’ils ont appelé d’un ton méprisant « n’importe quel trou perdu de la planète » au cas où l’on résisterait à leurs visées, y compris La Haye si le Tribunal pénal international prétendait juger un de leurs soldats.

Tandis que Cuba défendait les droits du peuple palestinien, les Etats-Unis étaient, eux, le principal soutien des crimes et des atrocités d’Israël.

Tandis que le gouvernement des Etats-Unis livrait des centaines de milliers de personnes, la plupart des Noirs et des pauvres, à la furie du cyclone Katrina, Cuba offrait, elle, d’envoyer sur-le-champ mille cent médecins qui auraient pu sauver des vies et soulager des souffrances.

Je pourrais égrener ainsi des raisons à l’infini. Je voudrais juste ajouter que c’est le gouvernement des Etats-Unis qui n’occupe pas son siège comme membre du Conseil, non le peuple étasunien. Celui-ci sera représenté par les autres, Cuba comprise. Notre délégation se constituera aussi en porte-parole des droits du peuple étasunien, en particulier de ses secteurs les plus discriminés et marginalisés.

Le fait est, toutefois, que les Etats-Unis n’ont pas été seuls dans leurs manigances et pressions grossières et désespérées pour empêcher l’élection de Cuba. Un petit groupe d’alliés les a accompagnés jusqu’au bout. Ceux de toujours. Pour la plupart, des bénéficiaires de l’ordre mondial injuste et fondé sur l’exclusion, d’anciennes métropoles coloniales qui n’ont toujours pas payé leur dette historique envers les pays qui furent leurs colonies.

Cuba connaît parfaitement, jusque dans ses moindres détails, l’accord secret négocié à Bruxelles aux termes duquel l’Union européenne s’est engagée à ne pas voter pour notre pays et à travailler étroitement de concert avec les États-Unis à bloquer notre candidature. Mais l’échec a été total. Il s’avère que Cuba a été élue sans son soutien, tandis que son allié incommode, dont elle a besoin comme gendarme qui garantisse ses privilèges et son opulence gaspilleuse, n’a même pas pu se présenter aux élections.

On entend s’élever maintenant dans les couloirs et les salles de cet édifice des appels réitérés à « commencer de nouveau », à « faire souffler un vent nouveau sur le Conseil », de la bouche même des responsables de la manipulation, de l’hypocrisie et de la sélectivité qui ont fait naufrager la Commission antérieure. Je tiens à souligner qu’il ne suffit pas de biffer le passé pour repartir du bon pied ou de lancer quelques fleurs de rhétorique édulcorée pour régler les problèmes. Nous avons besoin de faits, non de belles paroles.

Si les déclarations des porte-parole de l’Union européenne sont sincères et si nous assistons vraiment à un mea culpa, nous attendons toujours, néanmoins, une rectification de sa part. Non pour Cuba. Non parce qu’elle s’est acoquinée avec les Etats-Unis pour tenter d’empêcher notre élection. Non parce qu’elle n’a même pas été capable de se doter d’une politique fondée sur la morale et indépendante envers Cuba.

Si nous attendons une rectification de l’Union européenne, c’est parce qu’elle a empêché l’an dernier la Commission des droits de l’homme de se prononcer sur l’ouverture d’une enquête concernant les violations massives, flagrantes et systématiques des droits de l’homme commises dans la base navale de Guantánamo.

C’est parce qu’elle a gardé un silence complice devant les centaines de vols secrets réalisés par la CIA pour transporter des personnes séquestrées et l’établissement de prisons clandestines en Europe même, où l’on torture et humilie les prisonniers, et qu’elle a continué à ce jour d’empêcher hypocritement que l’on enquête sur ces faits et qu’on les éclaircisse.

Parce que l’Union européenne n’a pas eu le courage de punir exemplairement les misérables manifestations d’irrespect envers d’autres religions e d’autres coutumes.

Parce que l’Union européenne a été le complice des Etats-Unis dans la conversion de l’ancienne Commission en une sorte d’inquisition contre les pays du Sud, et que nous espérons que ce scénario ne se répétera pas.

Parce que l’Union européenne n’a même pas reconnu sa dette historique envers la centaine de pays, aujourd’hui nations indépendantes au bout d’années de lutte et de sacrifices, qui étaient ses colonies exploitées quand, voilà cinquante-sept ans, le reste de l’humanité adoptait la Déclaration universelle des droits de l’homme où il est affirmé paradoxalement : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits."




Excellences,

Cette session peut marquer le début d’une nouvelle étape dans la lutte pour créer un système véritable de promotion et de protection de tous les droits de l’homme étendus à tous les habitants de la planète, et non aux seuls riches et privilégiés. Mais il y faudra un changement radical, une vraie révolution des conceptions et des méthodes qui ont entravé l’ancienne Commission.

Cuba ne se fait pas d’illusions quant à la disposition réelle des pays développés, alliés des Etats-Unis, à faire ce pas capital et historique. Elle leur concédera toutefois le bénéfice du doute. Elle attendra et les observera.

Si le Conseil œuvre pour concrétiser les promesses proclamées aux quatre vents, alors, il pourra compter sur Cuba. Si le passé se répète et si le Conseil redevient un champ de bataille, soyez sûrs que Cuba reprendra sa place dans les tranchées d’idées du tiers monde.

Mais que l’on ne compte pas sur Cuba pour transformer le Conseil en tribunal exclusif contre les pays sous-développés et pour assurer l’impunité des pays du Nord. Ni pour utiliser contre des pays rebelles la clause permettant l’expulsion du Conseil, ni pour recourir encore et toujours, d’une manière politisée et sélective, à des résolutions pour punir des pays qui refusent de courber le front.

Que l’on ne compte pas non plus sur Cuba pour utiliser le nouveau mécanisme de révision périodique universelle en tant qu’instrument de nouvelles pressions et campagnes médiatiques.

Que l’on ne compte pas non plus sur Cuba pour défendre le mensonge et agir hypocritement.

Mais s’il s’agit de lutter pour la vérité et la transparence, de défendre le droit à l’indépendance, à l’autodétermination, à la justice sociale, à l’égalité, alors, oui, l’on pourra compter sur Cuba. Ainsi que de défendre le droit à l’alimentation, à l’éducation, à la santé, à la dignité, à une vie décente.

S’il s’agit de défendre la démocratie réelle, la participation véritable, la vraie jouissance de tous les droits de l’homme, l’on pourra compter sur Cuba.

Mais que l’on ne compte pas sur Cuba pour coopérer avec n’importe quel envoyé, représentant ou rapporteur dont le mandat aurait été imposé de force ou après chantage. En revanche, s’il s’agit de coopérer sur un pied d’égalité avec le Conseil et ses mécanismes non sélectifs, l’on pourra compter sur Cuba.

S’il s’agit de faire silence et de ne pas dénoncer le blocus économique cruel dont nous sommes victimes depuis plus que quarante ans, ou de ne pas réclamer le retour dans leur patrie de cinq jeunes Cubains, combattants antiterroristes purs et courageux, incarcérés injustement et illégalement aux Etats-Unis, que l’on ne compte pas sur la coopération de Cuba.

S’il s’agit de renoncer à un seul principe, que l’on ne compte pas sur Cuba. Mais s’il s’agit de défendre le noble idéal d’un monde meilleur pour tous, alors l’on pourra toujours compter sur Cuba.

Je tiens finalement, au nom du peuple cubain qui là-bas, dans notre patrie, rêve, bâtit et défend sa Révolution, à remercier tout spécialement nos frères du tiers monde d’avoir soutenu décisivement l’élection de Cuba au Conseil des droits de l’homme et à leur redire que les Cubains ne trahiront jamais la confiance qu’ils ont déposée en nous.

À l’adresse de ceux qui soutiennent la lutte de Cuba pour ses droits, qui est aussi la lutte pour les droits de tous les peuples du tiers monde et des forces progressistes et démocratiques du premier monde, voici notre message : Jusqu’à la victoire à jamais !

À l’adresse de ceux qui attaquent Cuba et de leurs complices, voilà notre message : La patrie ou la mort ! Nous vaincrons !




Écrit par : hhnfgh | 23/06/2006

hthrth Arthur Miller écrivit « Peu d’entre nous ont la faculté d’appréhender cette idée qu’une société peut devenir insensée. L’idée qu’elle peut perdre la tête et punir autant d’innocents est intolérable. Alors toutes les preuves doivent être occultées. »

La vérité énoncée par Miller devint brièvement réalité à la télévision le 9 juin lorsque des navires de guerre israéliens tirèrent sur des familles en train de pique-niquer sur une plage de Gaza, tuant sept personnes, dont trois enfants, et trois générations. Une telle action, soutenue par les Etats-Unis et Israël, relève de la solution finale appliquée au problème palestinien. Tandis que les Israéliens tirent des missiles sur des pique-niqueurs palestiniens et des maisons à Gaza et en Cisjordanie, les deux gouvernements les affament. Les victimes sont pour la plupart des enfants.

Cette politique fut approuvée le 23 mai par la Chambre des Représentants US, qui vota par 361 voix contre 37 la suppression des aides aux ONG qui fournissaient les moyens de survie aux territoires occupées. Israël retient l’argent des revenues et des impôts Palestiniens qui s’élèvent à 60 millions de dollars par mois. Une telle punition collective, qualifiée par la Convention de Genève de crime contre l’humanité, évoque l’étranglement des Nazis du ghetto de Varsovie et le siège économique instauré par les Etats-Unis contre l’Irak dans les années 90. Si les auteurs de ces actes ont perdu l’esprit, comme le suggère Miller, ils semblent conscients de leur barbarie et affichent leur cynisme. « L’idée est de mettre les Palestiniens au régime » plaisanta Dov Weisglass, conseiller auprès du Premier Ministre Israélien, Ehud Olmert.

Voilà le prix que les Palestiniens doivent payer pour leurs élections démocratiques, en janvier. La majorité a voté pour le « mauvais » parti, le Hamas, que les Etats-Unis et Israël, avec leur inimitable penchant pour l’ironie, qualifient de terroriste. Cela dit, le terrorisme n’est pas une excuse pour affamer les Palestiniens, dont le premier ministre, Ismael Haniyeh, a réitéré l’engagement du Hamas à reconnaître l’état juif, en échange uniquement du respect par Israël du droit international et des frontières de 1967. Israël a refusé parce que, avec leur mur d’apartheid en cours de construction, ses intentions sont claires : prendre le contrôle de plus en plus de territoire palestinien, en encerclant des villages entiers et éventuellement la ville de Jérusalem.

Israël craint le Hamas parce qu’il est improbable que le Hamas puisse devenir un outil pour soudoyer son propre peuple au nom d’Israël. En fait, le vote pour le Hamas était un vote pour la paix. Les Palestiniens en avaient assez des échecs et de la corruption de l’époque Arafat. Selon l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, dont le Centre Carter supervisa la victoire électorale du Hamas, « les sondages d’opinion montrent que 80 pour cent des Palestiniens veulent la paix avec Israël. »

Quelle ironie, si l’on considère que la montée du Hamas est due pour une bonne part au soutien secret d’Israël qui, avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, voulaient que les islamistes sapent l’influence les arabes laïques et leurs rêves « modérés » de paix. Le Hamas refusa de jouer ce jeu machiavélique et, malgré les assauts d’Israël, respecta le cessez-le-feu pendant 18 mois. L’attaque israélienne contre la plage de Gaza était clairement une tentative de saboter le cessez-le-feu. Une tactique bien minutée.

Désormais, une terreur d’état sous forme d’un siège médiéval s’appliquera contre les plus faibles. Pour les Palestiniens, une guerre contre leurs enfants n’a rien de nouveau. En 2004, une étude sur le terrain publiée par le British Medical Journal indiquait que, au cours des quatre années précédentes, « deux tiers des 621 enfants ... tués (par les israéliens) aux points de contrôle ... sur le chemin de l’école, chez eux, sont morts par des tirs d’armes légères, dirigés pour plus de la moitié vers la tête, le cou, ou la poitrine - la marque d’un tireur d’élite. » Un quart des enfants palestiniens de moins de cinq ans sont gravement ou chroniquement sous-alimentés. Le mur israélien « isolera 97 cliniques et 11 hôpitaux de la population ».

L’étude décrivit « un homme vivant dans un village encerclé près de Qalqilya qui s’est approché d’un portail en portant dans ses bras sa fille gravement malade et a supplié les soldats en faction de le laisser passer pour l’emmener à l’hôpital. Les soldats ont refusé. »

A Gaza, désormais scellé comme une prison en plein air et terrorisé par les passages des avions de combat israéliens, près de la moitié de la population est âgée de moins de 15 ans. Le Dr. Khalid Dahlan, un psychiatre qui dirige un projet communautaire de soins pour enfants, m’a dit , « le chiffre statistique que je trouve personnellement insoutenable est celui des 99,4 pour cent des enfants que nous avons examinés qui souffrent de traumatismes... 99,2 pour cent ont vu leurs maisons bombardées ; 97,5 pour cent ont été exposés aux gaz lacrymogènes ; 96,6 pour cent ont été témoins de tirs ; un tiers ont vu des membres de leurs familles ou des voisins être blessés ou tués. »

Ces enfants souffrent de cauchemars incessants et de « terreurs nocturnes » et de la dichotomie pour gérer leur propre situation. D’un côté, ils rêvent de devenir médecins ou infirmiers « pour pouvoir aider les autres » ; d’un autre côté, ils sont envhais par des visions apocalyptiques d’eux-mêmes et se voient comme la prochaine génération de kamikazes. C’est ce qu’ils ressentent à chaque attaque Israélienne. Pour certains garçons, leurs héros ne sont plus des joueurs de foot, mais un mélange de « martyrs » palestiniens et mêmes d’ennemis « parce que les soldats Israéliens sont les plus forts et ils ont des hélicoptères Apaches ».

Punir encore plus ces enfants dépasse peut-être l’entendement, mais ne maque pas d’une certaine logique. Depuis des années, les Palestiniens ont réussi à éviter le piège d’une guerre civile ouverte, et savent que c’est ce que Israël recherche. La destruction de leur gouvernement élu accompagnée d’une tentative de créer une administration parallèle autour du président Mahmoud Abbas, pourrait bien produire, telle que l’a formulé l’universitaire d’Oxford Karma Nabulsi, « une vision Hobbesienne d’une société anarchique ... dirigée par des milices désespérées, des gangs, des idéologues religieux et qui serait tombée dans un tribalisme ethnique et religieux, avec des collaborateurs co-optés. Regardez l’Irak aujourd’hui : c’est cela que (Ariel Sharon) a prévu pour nous. »

Le combat mené en Palestine est une guerre Américaine, menée à partir de la plus puissante base militaire américaine à l’étranger, à savoir Israël. En occident, nous sommes conditionnés pour ne pas penser au « conflit » israélo-palestinien en ces termes, tout comme nous sommes conditionnés à voir les Israéliens comme des victimes, et non comme des envahisseurs illégaux et brutaux. Cela ne veut pas dire qu’il faut sous-estimer la brutalité des actions de l’état d’Israël, mais sans les F-16 et les Apaches et les milliards de dollars des contribuables américains, cela fait longtemps qu’Israël aurait signé la paix avec les palestiniens. Depuis la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis ont fourni à Israël quelques 140 milliards de dollars, dont un grande partie en armes. Selon le Service de Recherches du Congrès, le même budget « d’aide » devait inclure 28 millions de dollars pour « aider les enfants (palestiniens) à surmonter le conflit en cours » et fournir « une aide d’urgence ». Cette aide a fait l’objet d’un veto.

La comparaison de Karma Nabulsi avec l’Irak est censée, car c’est la même « politique » qui est mise en oeuvre là-bas. La capture d’Abu Musab al-Zarqawi fut un merveilleux événement médiatique : ce que le philosophe Hannah Arendt appelait « la propagande sous forme d’action », avec peu d’effets sur la réalité. Les Américains et leurs alliés ont leur démon - et même un jeu vidéo pour faire exploser sa maison. La vérité est que Zarqawi est en grande partie leur propre création. Sa mort apparente joue un rôle important dans la propagande, pour détourner l’attention des occidentaux de l’objectif des américains de transformer l’Irak, comme la Palestine, en une société impuissante basée sur un tribalisme ethnique et religieux. Les escadrons de la mort, formés et entraînés par les vétérans des guerres « anti-insurrectionnelles » en Amérique centrale, jouent un rôle essentiel. Les Commandos Spéciaux de la Police, une création de la CIA dirigée par d’anciens hauts dirigeants des services de renseignement du Part Baas de Saddam Hussein, sont peut-être les plus brutaux. La mort de Zarqawi et les mythes entretenus sur son véritable importance détournent aussi l’attention des massacres régulièrement accomplies par l’armée US, comme celui à Haditha. Même le premier ministre fantoche Nouri al-Maliki s’est plaint que le comportements meurtriers des soldats US « sont quotidiens ». Comme je l‘ai appris au Vietnam, les Américains mènent leurs guerres coloniales sous la forme de meurtres en série, officiellement qualifiés de « victimes ».

C’est ce qu’on appelle une « pacification ». Le parallèle entre un Irak pacifié et une Palestine pacifiée est évidente. Comme en Palestine, la guerre en Irak est une guerre contre les civils, en majorité des enfants. Selon l’UNICEF, l’Irak avait parmi les meilleurs indicateurs de santé en ce qui concerne les enfants. A présent, un quart des enfants âgés de six mois à cinq ans souffrent de sous-alimentation aigue ou chronique, plus que pendant l’époque des sanctions. Sous l’occupation, la misère et la maladie augmentent tous les jours.

Au mois d’avril, à Bassorah, occupée par l’armée britannique, l’ONG européenne Saving Children from War révéla : « le taux de mortalité des jeunes enfants a augmenté de 30 pour cent par rapport à l’époque de Saddam Hussein. » Ils meurent parce que les hôpitaux n’ont pas de ventilateurs et l’eau, que les Britanniques sont censés avoir réparé, est plus polluée que jamais. Les enfants sont victimes des bombes à fragmentation lancées par les américains et les britanniques. Ils jouent dans des lieux pollués par l’uranium appauvri ; en guise de comparaison, il faut savoir que les soldats Britanniques ne s’y aventurent que recouverts de combinaisons anti-radiations, le visage couvert, avec des gants. Contrairement aux enfants qu’ils sont venus « libérer », les soldats britanniques sont soumis à ce que le Ministère de la Défense appelle « un test biologique complet »




Miller avait-il raison ? Est-ce que nous nous « occultons » tout cela, où entendons-nous ces voix lointaines ? Lors de mon dernier voyage en Palestine, j’ai vu, en quittant Gaza, le spectacle de drapeaux palestiniens flottant au vent à l’intérieur du mur. Ce sont les enfants. Personne ne leur dit de le faire. Ils fabriquent des mats à partir de bâtons qu’ils attachent ensemble, et puis un ou deux d’entre eux grimpent sur le mur et tiennent un drapeau. Il le font parce qu’ils croient qu’ainsi le monde saura.

John Pilger

Écrit par : thth | 25/06/2006

ki Le Monde diplomatique connaît une grave crise qui pourrait remettre en cause pour longtemps sa ligne éditoriale. Le rédacteur en chef du journal et son adjoint - tous deux en charge du dossier Proche-Orient - ont été remplacés en janvier ; le second actionnaire du journal subit une reprise en main ; un article de l’intellectuel d’origine palestinienne Edward Saïd a été coupé dans ses passages les plus critiques envers l’Onu, Israël et les USA ; des membres de la rédaction sont directement intervenus dans un prix littéraire jusque-là indépendant.

Cela s’ajoute aux millions d’euros prêtés par le mensuel au groupe le Monde, dont les caisses sont chroniquement vides, alors que la diffusion du Monde diplomatique est en baisse et que l’équilibre des comptes ne repose que sur les produits dérivés. En tant que responsables de l’association des Amis du Monde diplomatique, nous nous alarmons de cette situation.

Le prix des Amis du Monde diplomatique :

Procédons à une analyse de ce qui se passe au sein du mensuel, en commençant par ce qui pourrait être considéré comme le plus bénin. Créé en 2002 par l’association des lecteurs du journal, (les Amis du Monde diplomatique - association actionnaire du journal à 25 %), le prix des Amis du Monde diplomatique n’a pas été remis en décembre 2005. Le comité d’organisation a refusé de le décerner pour protester contre l’ingérence de certains journalistes du mensuel dans le choix des livres et une volonté de censure. Le prix était placé sous le parrainage des prix Nobel Dario Fo et Jose Saramago ainsi que du cinéaste Costa Gavras et de l’écrivain Jose Luis Sampedro qui avaient pour l’occasion cosigné un appel. S’inspirant du fonctionnement du prix du Livre Inter, il a été établi que le prix serait décerné par des lecteurs du Monde diplomatique.

A cette fin, le comité d’organisation procédait simultanément à une présélection des ouvrages concourant et à celle d’un jury. Les ouvrages étaient choisis parmi les publications de l’année entrant dans les catégories essais, documents, analyses (domaines politique, historique, économique). Partant d’une sélection comprenant trente à quarante textes, le comité arrivait, par lectures et débats successifs, à cinq livres. Simultanément, un appel à candidature était publié dans le Monde diplomatique.

Le jury était composé sur la base de la diversité et de l’indépendance d’esprit. Les jurés provenaient en majorité de France mais incluaient aussi des lecteurs résidant dans d’autre pays. A partir de 2003, dans le but de bien marquer la séparation entre les membres du comité d’organisation et ceux du jury, le choix des jurés a été confié au responsable du prix, Cyril Berneron - qui était alors la seule personne commune aux deux groupes.

Le jury, comprenant neuf lecteurs, recevait en septembre les cinq ouvrages sélectionnés et se réunissait durant une journée fin novembre pour débattre et primer le livre de son choix. Lors de cette journée, la plus grande liberté était laissée aux jurés, le responsable du prix se contentant de l’organisation du débat.

Le prix était remis depuis 2003 à l’Assemblée nationale, lieu choisi pour souligner que cette récompense avait pour finalité d’encourager le débat d’idées. En décembre 2004, la Sorbonne s’était, de plus, associée au prix en recevant le lauréat pour une conférence le soir de la remise de la récompense.

Depuis sa création, le prix avait été décerné à Michel Warschawski (Sur la frontière, éditions Stock), Howard Zinn, (Une histoire populaire des Ētats-Unis, éditions Agone) et Raoul-Marc Jennar (Europe, la trahison des élites, éditions Fayard).

Des pressions :

Lors de la préparation du prix 2005, le comité d’organisation a établi une présélection comprenant 29 ouvrages. Comme chaque année, les membres de ce comité se sont attelés à la lecture avant de se réunir pour affiner leur choix. Mais, cette année, de fortes pressions ont été exercées afin d’obtenir, discrètement puis devant la résistance, publiquement, le retrait d’un ouvrage de la liste.

Lors des années précédentes, des pressions discrètes avaient parfois été exercées (on pense en particulier au livre de Florence Aubenas et Miguel Benasayag, Résister c’est créer), mais le refus net du comité avait suffi à clore la question. Le livre qui, cette année, a mis à l’épreuve les valeurs de transparence et de liberté d’expression affichées par le Monde diplomatique est Le mur de Sharon d’Alain Ménargues, publié aux Presses de la Renaissance.

Devant la résistance des membres du comité d’organisation aux pressions discrètes, le directeur de la publication, Ignacio Ramonet, s’est senti obligé de prendre position devant le conseil d’administration de l’association du 18 juin 2005. Suite à sa prise de parole, le conseil a voté une motion censurant le livre :

« Compte tenu de positions inacceptables prises par Alain Ménargues dans son livre Le Mur de Sharon, le Conseil d’administration des Amis du Monde diplomatique décide de retirer cet ouvrage de la liste des choix possibles pour l’attribution de son prix annuel. »

Précisons que cet ouvrage n’a été ni poursuivi ni, a fortiori, condamné. De plus, le conseil demandait dans la même motion aux correspondants de l’association (qui possède plus de 60 groupes à travers le monde, organisant plus de 500 conférences par an) de ne pas recevoir l’auteur du livre incriminé. Il s’agissait de la première fois dans l’histoire de l’association (née en 1996) que le conseil intervenait dans le fonctionnement jusqu’ici totalement libre et indépendant des groupes locaux :

« Le Conseil demande aux correspondants locaux des Amis du Monde diplomatique de ne pas inviter l’auteur de l’ouvrage à des conférences-débats. Cela afin de ne pas nuire à l’image du journal et à sa ligne sur le conflit du Proche-Orient. »

Trois mois plus tard, lors du conseil d’administration du 21 septembre, le conseil a résolu de modifier les règles de fonctionnement du comité d’organisation afin d’éviter à l’avenir les manifestations d’indépendance :

• Il a décidé d’adjoindre au groupe un membre de la rédaction du Monde diplomatique dont la fonction serait de valider a priori le choix des ouvrages dans les listes successives. Anne-Cécile Robert, qui pourrait prochainement être nommée rédacteur en chef adjoint, a accepté ce rôle.

• Il a décidé d’adjoindre deux personnes au responsable du prix pour effectuer la sélection des jurés.

• Il a décidé de ne plus engager d’attaché de presse pour le prix des Amis du Monde diplomatique.

Suite à ces dispositions, le comité d’organisation du prix s’est réuni pour arrêter une position commune. Il a décidé à l’unanimité moins une voix (7 pour, 1 contre) de ne pas accepter cette censure, de ne pas remettre le prix en 2005 et de rendre publiques ces actions contraires aux valeurs affichées tant par le Monde diplomatique que par une association des Amis du Monde diplomatique qui s’affirme « au service du débat d’idées ».

Interrogé par Olivier Costemalle du journal Libération, le secrétaire général de l’association, Dominique Franceschetti, a répondu : « On ne peut pas accepter n’importe quel livre au nom du débat d’idées ».

L’association belge des Amis du Monde diplomatique, présidée par le sénateur Pierre Galand, a affirmé son soutien au comité d’organisation dans une lettre aux instances dirigeantes de l’association française et du journal.

Malaise

Cette affaire n’est pas un cas isolé. Une crise couve en effet depuis des mois pour le contrôle du mensuel - et on assiste actuellement à de profonds changements au sein du Monde diplomatique et de sa structure actionnariale. Au 1er janvier, l’équipe de direction a été fondamentalement modifiée. Le rédacteur en chef, Alain Gresh, et son adjoint, Dominique Vidal, ont été remplacés (respectivement par Maurice Lemoine et Serge Halimi). Ignacio Ramonet, le directeur de la publication serait, lui, sur le départ.

Au siège du mensuel, plusieurs interprétations sont fournies concernant ces changements. En public, on soutient qu’Alain Gresh aurait volontairement abandonné le poste ingrat de rédacteur en chef de ce journal influent afin de pouvoir pleinement s’occuper du site Internet de la publication. Mais en privé, certains rédacteurs expliquent, sous couvert d’anonymat, que les tensions au sein de la direction étaient devenues si grandes qu’il était impossible au rédacteur en chef et à son adjoint de travailler dans des conditions acceptables.

Changement de ligne éditoriale sur le Proche-Orient ?

À la question de savoir quelle était la cause des tensions, la première réponse fournie concerne les liens entre l’association Attac et le Monde diplomatique. D’après des confidences faites au Canard enchaîné et à Libération, les partants n’auraient pas accepté l’intervention d’Ignacio Ramonet dans la crise qui secoue actuellement la direction de l’association Attac.

D’après nos informations, le changement à la tête du Monde diplomatique est, en fait, dû à une cristallisation autour du traitement du Proche-Orient dans le journal. Des pressions ont poussé dans le sens d’un positionnement plus bienveillant envers la politique de l’Ētat d’Israël. Outre la possibilité, inévitable, de sollicitations internes provenant de l’actionnaire principal Le Monde, la rédaction a été l’objet de pressions externes. Le journal, et nommément Dominique Vidal, ainsi que son actionnaire Les Amis du Monde diplomatique, ont été en particulier visés par l’Arche, le mensuel du judaïsme français.

On assista alors à un fléchissement de la ligne éditoriale qui poussa le Monde diplomatique jusqu’à reprendre en juillet 2005 un article de l’intellectuel d’origine palestinienne Edward Saïd (décédé en 2003), publié deux ans auparavant en langue anglaise, en procédant à des coupes qui en dénaturaient fondamentalement le sens et faisaient disparaître ses critiques d’Israël, de l’Onu et des Ētats-Unis. Les nombreuses reprises de l’article et de ses coupes circulant sur Internet risquent de nuire longtemps à l’image du journal.

Grandes manœuvres au sein de la SA

Juridiquement, le Monde diplomatique a la forme d’une société anonyme dont le capital est partagé entre trois actionnaires :

• Le groupe le Monde possède 51 % des parts.

• L’association des Amis du Monde diplomatique (lecteurs du journal) possède 25 % des parts.

• L’association Gunter Holzmann (personnel du journal) possède 24 % des parts.

L’association des Amis du Monde diplomatique est à la fois actionnaire du journal et organisatrice de conférences-débats par le biais de ses groupes locaux présents en France, en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique. Depuis le printemps 2005, elle est l’objet de toutes les attentions :

• En juin, le renouvellement de son conseil d’administration a été l’objet d’intenses tractations entre la direction du journal et la direction de l’association.

• En juillet, le nouveau bureau de l’association a été imposé au conseil sur un coup de force.

• En septembre, le bureau a repris en main chaque activité de l’association et centralisé son fonctionnement.

• En décembre, il a décidé de la modification du fonctionnement des groupes locaux de l’association.

Outre la reprise en main du prix des Amis du Monde diplomatique, la structure décentralisée de l’association permettant l’organisation de conférences-débats se voit remaniée. L’objectif est de mieux contrôler l’activité des groupes locaux, et en particulier de les empêcher de faire venir des conférenciers non conformes aux orientations des instances dirigeantes du journal et de l’association. (Ce qui pourrait être légitime si cette dernière n’affichait pas sa volonté de développer le débat d’idées.)

Le bureau a ainsi décidé de modifier la diffusion des informations concernant les conférences. Le courrier papier envoyé mensuellement aux membres résidant dans un département actif devait être remplacé par un courriel. Mesure d’économie efficace ? Oui, mais qui pose problème quand le fichier des membres ne comprend que 10 % d’adresses électroniques...

Certaines conférences sont certes annoncées dans le mensuel mais pas toutes - faute de place - ou, parfois, afin de ne pas faire de publicité à un conférencier n’entrant pas dans la « ligne » du journal. Quant au site Internet de l’association, les pages avertissant de certains débats dont l’invité déplaisait au bureau en ont été supprimées avant la conférence (voire après, pratique surprenante de réécriture de l’histoire).

Face aux réactions négatives des représentants des groupes locaux, le bureau a finalement accepté de maintenir l’envoi papier aux adhérents et de n’utiliser le courrier électronique que pour ceux qui donneraient explicitement leur accord.

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser une association à vouloir se couper de 90 % de ses membres ? Au sein de la structure le malaise est grand face à cette question. Lors de l’assemblée générale 2005, un épisode avait déjà troublé certains membres et une administratrice nouvellement élue, Halima Zouhar, avait éprouvé le besoin de rendre public sur Internet une mise au point concernant des propos xénophobes dont elle témoignait avoir été la cible en présence de membres de la rédaction qui n’auraient pas réagi.

Remise en cause de la stabilité financière ?

Des liquidités de plusieurs millions d’euros sont en jeu ainsi que le contrôle d’un média influent. Tout cela advient, en effet, alors que le Monde diplomatique a connu une grave baisse de ses ventes (- 25 % de ventes en kiosque, - 12 % de ventes globales). Le journal annonce 65 000 exemplaires mensuels vendus en kiosque, 70 000 abonnés et 70 000 exemplaires en français vendus à l’étranger. Alors que sa diffusion a continué à baisser en 2005, le directeur général, Bernard Cassen, confiait à ses actionnaires début février 2006 que le journal était en soi déficitaire et n’équilibrait ses comptes que grâce aux produits dérivés (CD-rom, agenda, atlas, éditions étrangères...).

La direction du journal a donc décidé courant 2005 de diversifier ses revenus en donnant son label à des voyages organisés et à des formations. Ces deux initiatives ont été reçues de façon mitigée, des critiques ont, en particulier, été émises sur le choix de cibler la catégorie la plus aisée des lecteurs du journal, en décalage avec les positions altermondialistes du mensuel (le séjour d’une semaine au Caire « introduction à l’islam » variait de 1 970 à 3 050 €, la journée de formation était de 540 €).

D’autres critiques concernant les voyages posaient la question de la pertinence du choix des personnes invitées à prendre la parole et de l’utilité de se rendre en Egypte pour les écouter : aucune personnalité égyptienne n’était présente, la quasi-totalité des conférenciers venant de France.

Prêt de plusieurs millions d’euros

Plus sérieusement, au moment des changements actionnariaux au sein du groupe le Monde, chroniquement déficitaire, et de la possible entrée au capital de Lagardère, géant de l’industrie de défense et des médias, plusieurs questions se posent. D’une part, ces changements auront-ils des conséquences pour le mensuel ? Pour sa ligne éditoriale ? Pour sa pérennité ? D’autre part, le Monde diplomatique qui a prêté ces dernières années plusieurs millions d’euros au groupe le Monde doit-il et peut-il en demander la restitution ? Cela modifierait-t-il l’équilibre entre ses actionnaires ?

La reprise en main du deuxième actionnaire, les Amis du Monde diplomatique, créé pour assurer l’indépendance de la ligne éditoriale du mensuel, doit être placée dans cette perspective... Ce qui n’est pas sans inquiéter les signataires de ce texte.

Écrit par : niu | 28/06/2006

gbgfbf de Raoul Marc JENNAR, chercheur altermondialiste

Ma conception de la chose publique m’incline à penser que les projets sont plus importants que les personnes. Même si, ensuite, beaucoup dépend de celle ou de celui qui les porte. Une Rosa Luxembourg, un Jaurès, un Vandervelde ou, plus près de nous, un Olof Palme ou un Willy Brandt, à l’évidence, n’ont pas porté l’idéal socialiste de la même manière qu’un Blum, un Mitterrand ou un Spaak.

Même si je suis convaincu que la démocratie est gravement menacée par la personnalisation du débat politique et que la présidentialisation des démocraties parlementaires est une dérive à combattre, même si le star système né de la médiatisation du débat politique tue le débat d’idées, il vient un moment où une personne s’identifie à un projet. Inévitablement, soutenir ou combattre ce projet amène alors à s’exprimer sur celle ou celui qui l’exprime.

Comme je viens de dénoncer sa proximité de pensée avec le plus dangereux individu que la droite française ait produit depuis Vichy, Le Journal du Mardi a souhaité que je donne mon avis sur Ségolène Royal.

Dans une France où, pour la première fois depuis Vichy, des policiers entrent dans les écoles primaires pour arrêter des enfants d’immigrés et les déporter, où, pour la première fois depuis Vichy, la loi incite à la délation, où, pour la première fois depuis Vichy, le candidat adulé de la droite annonce le recrutement de miliciens, l’alternative proposée par le « socialisme de gouvernement » est aujourd’hui incarnée par quelqu’un qui propose le recours à l’armée pour résoudre les drames provoqués par un capitalisme qui n’est plus remis en cause. Ainsi donc, si la gauche de gauche est incapable de s’unir et de renouer avec la victoire du 29 mai 2005, au deuxième tour des élections présidentielles en 2007, le peuple français sera enfermé dans un choix impossible entre l’ordre brun de Sarkozy et « l’ordre juste » (expression qu’elle a empruntée à un texte du pape Benoît XVI) de Royal.

Issue de l’ENA, cette machine à formater les serviteurs de l’État minimum, Mme Royal n’a cessé de fréquenter, depuis 1988, les palais de la République. Pendant 6 ans au secrétariat général de l’Elysée, députée à l’Assemblée nationale, conseillère municipale de Niort, ministre de l’environnement, puis ministre déléguée à l’enseignement scolaire, puis ministre déléguée à la famille et à l’enfance, aujourd’hui elle cumule les mandats de députée et de présidente de la région Poitou-Charente. C’est déjà une vieille routière dans le personnel politique français. Et pourtant, les médias la présentent comme un facteur de renouvellement de la classe politique !

Les médias ! Ces nouveaux faiseurs de rois, qui appartiennent, non plus à des patrons de presse, mais tantôt à des banquiers, tantôt à des marchands de canons ou de béton, ont trouvé en elle le moyen d’éviter tout risque lors des prochaines élections présidentielles : avec Sarkozy ou Royal, le patronat peut être tranquille. A gauche comme à droite, ses intérêts seront protégés. Et l’ordre règnera.

Comme Anne Sinclair (Mme Strauss Khan), comme Christine Ockrent (Mme Kouchner), qui défendaient avec la même ardeur qu’elle le traité constitutionnel européen, Mme Royal appartient à cette grande bourgeoisie socialiste issue des années Mitterrand qui a tout renié du socialisme, sauf le vocabulaire. Et qui se prépare maintenant à franchir une nouvelle étape. A quoi sert Ségolène Royal ? A liquider le socialisme. Pour aller vers une sorte de bipartisme, sur le modèle américain, où il n’y aurait plus vraiment ni gauche, ni droite, parce que serait définitivement niée l’exploitation du plus grand nombre par une minorité.

Alors qu’en France comme dans beaucoup de pays de la très libérale Union européenne, les souffrances sociales dépassent aujourd’hui le seuil du supportable, alors que le néolibéralisme produit toujours plus de précarité et augmente les inégalités, à l’instar du philosophe Jean-Claude Michéa, je ne me résigne pas à « voir sans rire le drapeau de la révolte tomber des mains de Rosa Luxemburg dans celles d’une Ségolène Royal. »

Écrit par : gbgfbfg | 29/06/2006

à tous Il est interdit d’utiliser contre les civils la famine comme méthode de guerre (...). Il est interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile. » Les implications de l’article 54 du Protocole additionnel I de 1977 aux conventions de Genève (1) sont claires : le bombardement des centrales électriques à Gaza par l’armée israélienne, le blocus des populations civiles et les punitions collectives contre elles relèvent de crimes de guerre.

Un autre principe du droit international violé par l’offensive israélienne est précisé par le même Protocole additionnel : celui de proportionnalité. Le texte stipule que des attaques « sont interdites si on peut s’attendre à ce qu’elles causent incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles ou des dommages aux biens de caractère civil qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu (2) ». Qui peut penser un instant que l’objectif affirmé - sauver un soldat - vaille ces multiples destructions ?

Contrairement à ce qu’ont écrit plusieurs journaux français, dont Libération (3), Israël a négocié plusieurs fois des échanges de prisonniers : ainsi, en 1985, il a libéré 1 150 détenus palestiniens pour récupérer trois de ses soldats qui avaient été capturés par le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) ; et en 2004, dans le cadre d’un accord du même type avec le Hezbollah libanais, il a échangé 400 détenus palestiniens contre un colonel israélien et les corps de trois soldats tués. Des négociations ne sont-elles pas mieux à même d’obtenir la libération de Gilad Shalit que les opérations militaires, qui risquent d’aboutir à la mort de l’otage ?

Comme le remarque l’éditorial (4) du quotidien israélien Haaretz du 30 juin : « Bombarder des ponts que l’on peut contourner à pied ou en voiture ; prendre le contrôle d’un aéroport qui est en ruines depuis des années ; détruire une station électrique, plonger de grandes parties de Gaza dans le noir ; distribuer des tracts pour dire aux gens que l’on est concerné par leur sort ; survoler le palais présidentiel de Bachar El-Assad et arrêter des responsables élus du Hamas. Et le gouvernement veut nous convaincre que tout cela est fait seulement pour libérer le soldat Gilad Shalit. » Et le commentateur de poursuivre : « Olmert devrait savoir qu’arrêter des dirigeants ne fait que les renforcer, eux et leurs partisans. Mais cela n’est pas seulement un raisonnement biaisé : arrêter des gens pour s’en servir comme monnaie d’échange est l’acte d’un gang, pas d’un Etat. »

En fait, comme l’ont révélé les médias israéliens, cette offensive, y compris l’arrestation des principaux responsables du Hamas, députés élus et ministres en tête, avait été planifiée depuis longtemps. Pour quelles raisons ? Il s’agit d’en finir, non seulement avec le gouvernement palestinien issu du scrutin de janvier 2006, mais avec toute forme d’autorité palestinienne. C’est la logique du « plan de désengagement » décidé par M. Ariel Sharon et repris par M. Ehud Olmert : prétendre qu’il n’existe pas d’interlocuteur palestinien pour pouvoir tracer unilatéralement les frontières d’Israël. Cette stratégie ne date pas de la victoire du Hamas ; durant toute l’année 2005, alors que M. Mahmoud Abbas était à la tête de l’Autorité et gouvernait avec une majorité Fatah, le premier ministre Ariel Sharon a systématiquement refusé de négocier avec lui et a poursuivi, malgré la décision de la Cour international de justice, la construction du mur. Ce choix de l’unilatéralisme représente la mise en cause du dernier acquis des accords d’Oslo : la conviction (confirmée par le document de reconnaissance mutuelle (5) entre Israël et l’OLP, signé le 9 septembre 1993 par Itzhak Rabin et Yasser Arafat) que la solution du conflit israélo-palestinien repose sur une négociation bilatérale entre l’OLP et l’Etat d’Israël.

La victoire du Hamas aux élections de janvier 2006 (6) a permis au gouvernement israélien d’accentuer sa propagande sur le thème « il n’y a pas d’interlocuteur palestinien ». Les Etats-Unis et l’Union européenne (avec l’aval de la France (7)) ont posé trois conditions au nouveau gouvernement palestinien - reconnaître l’Etat d’Israël ; arrêter toutes les actions armées ; accepter le processus d’Oslo - et ont suspendu l’aide directe, contribuant de manière significative aux souffrances d’une population coupable d’avoir « mal voté ». La complaisance à l’égard d’un gouvernement israélien qui refuse de reconnaître le droit des Palestiniens à un Etat indépendant sur les territoires occupés en 1967, qui utilise le terrorisme contre les civils et qui renie tous les engagements des accords d’Oslo, est sans borne. On a même pu entendre Mme Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux affaires étrangères, saluer l’unilatéralisme du gouvernement israélien comme « une décision courageuse ».

Ce n’est sans doute pas un hasard si l’offensive actuelle a coïncidé avec la signature de la déclaration commune (8) de toutes les organisations palestiniennes (à l’exception du Djihad islamique), qui prévoit l’établissement d’un Etat palestinien indépendant sur tous les territoires occupés en 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale - et représente donc une reconnaissance de facto d’Israël. C’est aussi cette nouvelle perspective de paix qui s’ouvrait que le gouvernement israélien a voulu enrayer. Comme en 2002, quand le sommet arabe de Beyrouth avait entériné un plan qui prévoyait la reconnaissance de l’Etat d’Israël en échange de la création d’un Etat palestinien, et que le gouvernement de M. Sharon avait répondu, prenant prétexte d’un attentat-kamikaze, par une offensive généralisée contre les territoires occupés.

Pourtant, « Pluie d’été », nom romantique donné à l’offensive israélienne, confirme l’échec de la politique unilatérale : le retrait de l’armée israélienne de la bande de Gaza, sans négociations avec les Palestiniens, ne peut déboucher sur la paix ; appliquée à la Cisjordanie, où l’imbrication des colonies et de la population palestinienne est inextricable, toute évacuation unilatérale ne pourra déboucher que sur de nouvelles violences.

Écrit par : fantomas | 07/07/2006

hrth Pour Uri Avnery, dirigeant du mouvement anticolonialiste israélien Gush Shalom, 24 ans après Sabra et Chatila, c’est la même opération, avec les mêmes objectifs, que lance aujourd’hui au Liban l’armée israélienne. Ci-dessous sa tribune hebdomadaire.

Uri Avnery 15 juillet 2006

"L’objectif réel

L’OBJECTIF RÉEL est de changer le régime au Liban et d’y installer un gouvernement fantoche.

C’était l’objectif de l’invasion du Liban par Ariel Sharon en 1982. Ce fut un échec. Mais Sharon et ses disciples à la direction militaire et politique n’y ont en fait jamais renoncé.

Comme en 1982, l’opération actuelle a été planifiée et elle est menée en totale coordination avec les Etats-Unis.

Comme alors, il ne fait aucun doute qu’elle est coordonnée avec une partie de l’élite libanaise.

Voilà pour l’essentiel. Tout le reste n’est que bruit et propagande.

A LA VEILLE de l’invasion de 1982, le Secrétaire d’Etat, Alexander Haig, avait dit à Ariel Sharon que pour lancer l’invasion, il faudrait qu’il y ait une provocation claire qui la ferait accepter par l’opinion mondiale.

La provocation a bien eu lieu - exactement au moment voulu -quand le groupe terroriste d’Abou Nidal a essayé d’assassiner l’ambassadeur israélien à Londres. Elle n’avait aucun rapport avec le Liban, et encore moins avec l’OLP (l’ennemi d’Abou Nidal), mais elle a servi de prétexte au projet.

Cette fois-ci, la provocation nécessaire a été fournie par la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah. Tout le monde sait qu’ils ne pourront être libérés que dans le cadre d’un échange de prisonniers. Mais l’énorme campagne militaire qui était prête depuis des mois a été vendue à l’opinion publique israélienne et internationale comme une opération de secours.

(Assez curieusement, exactement la même chose s’était passée deux semaines auparavant dans la bande de Gaza. Le Hamas et ses partenaires avaient capturé un soldat, ce qui a servi d’excuse à une opération massive qui avait été préparée de longue date et dont le but est de détruire le gouvernement palestinien.)

LE BUT AFFICHÉ de l’opération libanaise est de repousser le Hezbollah loin de la frontière, de telle façon qu’il lui soit impossible de capturer d’autres soldats et de lancer des roquettes sur des villes israéliennes. L’invasion de la bande de Gaza a aussi officiellement pour but de mettre Ashkelon et Sderot hors de portée des Qassam.

Ces opérations ressemblent à celle de 1982 « Paix en Galilée ». On a alors dit à l’opinion publique et à la Knesset que le but de la guerre était de « repousser les katyushas à 40 kilomètres de la frontière ».

C’était un mensonge délibéré. Au cours des onze mois précédents, pas une seule fusée katyusha (ni un seul tir) n’avait été lancée par dessus la frontière. Dès le début, le but de l’opération était d’atteindre Beyrouth et d’y installer un Quisling local. Comme je l’ai raconté plus d’une fois, Sharon lui-même me l’a dit neuf mois avant la guerre, et je l’ai dûment publié à l’époque, avec son consentement (mais sans le citer).

Bien sûr, l’opération actuelle a aussi quelques objectifs secondaires, qui n’incluent pas la libération des prisonniers. Tout le monde comprend que celle-ci ne peut pas être obtenue par des moyens militaires. Mais il est probablement possible de détruire quelques uns des milliers de missiles que le Hezbollah a accumulés au cours des années. A cette fin, les chefs de l’armée sont prêts à exposer la vie des habitants des villes israéliennes qui sont à portée des roquettes. Ils croient que cela en vaut la peine comme s’il s’agissait de pions sur un échiquier.

Un autre objectif secondaire est de réhabiliter le « pouvoir dissuasif » de l’armée. Cette expression est un mot de code pour parler de la restauration de l’orgueil blessé de l’armée, qui a reçu un rude coup après les actions militaires audacieuses du Hamas au sud et du Hezbollah au nord.

OFFICIELLEMENT, le gouvernement israélien demande que le gouvernement du Liban désarme le Hezbollah et l’éloigne de la région frontalière.

Cette exigence est totalement irréalisable sous le régime libanais actuel, un tissu délicat de communautés ethnico-religieuses. Le moindre choc peut démolir toute la structure et jeter l’Etat dans une totale anarchie - surtout depuis que les Américains ont réussi à en chasser l’armée syrienne, seul élément qui a, pendant des années, apporté une sorte de stabilité.

L’idée d’installer un Quisling au Liban n’est pas nouvelle. En 1955, David Ben Gourion avait proposé de prendre un « officier chrétien » et de l’installer comme dictateur. Moshe Sharet avait montré que cette idée était basée sur une totale ignorance des affaires libanaises et l’avait torpillée. Mais, 27 ans plus tard, Ariel Sharon a essayé néanmoins de la réaliser. Bashir Gemayel a donc été installé comme Président, pour être assassiné peu après. Son frère, Amin, lui a succédé et a signé un accord de paix avec Israël, mais il a été chassé du pouvoir. (Le même frère soutient aujourd’hui publiquement l’opération israélienne.)

L’idée aujourd’hui est que si les forces aériennes israéliennes envoient assez de bombes sur la population libanaise - paralysant les ports et les aéroports, détruisant l’infrastructure, bombardant des quartiers résidentiels, coupant l’autoroute Beyrouth-Damas, etc. - les gens seront furieux contre le Hezbollah et feront pression sur le gouvernement libanais pour qu’il réponde aux exigences d’Israël. Etant donné que le gouvernement actuel ne peut même pas envisager cela, une dictature sera installée avec le soutien d’Israël.

C’est la logique militaire. J’ai quelques doutes. On peut supposer que la plupart des Libanais réagiront comme tout autre peuple sur terre : avec fureur et haine envers l’envahisseur. C’est ce qui s’est passé en 1982, quand les Chiites dans le sud du Liban, jusqu’alors dociles comme des agneaux, se sont soulevés contre les occupants israéliens et ont créé le Hezbollah qui est devenue la principale force du pays. Si maintenant l’élite libanaise est soupçonnée de collaboration avec Israël, elle sera balayée. (A ce propos, les Qassams et les katyushas ont-elles incité la population israélienne à exercer des pressions sur notre gouvernement pour qu’il abandonne ? Au contraire.)

La politique américaine est pleine de contradictions. Le Président Bush veut un « changement de régime » au Moyen-Orient, mais l’actuel régime libanais n’a été que récemment installé sous la pression américaine. Pendant ce temps, Bush n’a réussi qu’à briser l’Irak et à causer une guerre civile (comme prévu ici). Il peut obtenir la même chose au Liban, s’il n’arrête pas l’armée israélienne à temps. En outre, un coup dévastateur contre le Hezbollah peut soulever la fureur, non seulement en Iran, mais également parmi les Chiites d’Irak, sur le soutien desquels reposent tous les plans de Bush pour un régime pro-américain.

Alors quelle est la réponse ? Ce n’est pas un hasard si le Hezbollah a réalisé son opération d’enlèvement de soldats à un moment où les Palestiniens appellent au secours. La cause palestinienne est populaire dans tout le monde arabe. En montrant qu’il est un ami quand on a besoin de lui, alors que tous les autres Arabes font lamentablement défaut, le Hezbollah espère augmenter sa popularité. Si un accord israélo-palestinien était conclu aujourd’hui, le Hezbollah ne serait plus rien d’autre qu’un phénomène libanais local, sans rapport avec notre situation.

MOINS de trois mois après sa formation, le gouvernement Olmert-Peretz a réussi à plonger Israël dans une guerre sur deux fronts, dont les buts sont irréalistes et dont on ne peut prévoir les résultats.

Si Olmert espère être considéré comme Monsieur Macho-Macho, un Sharon puissance deux, il sera déçu. De même pour les tentatives désespérées de Peretz d’être pris au sérieux comme un Monsieur Sécurité influent. Tout le monde comprend que cette campagne - tant à Gaza qu’au Liban - a été planifiée par l’armée et dictée par l’armée. L’homme qui prend les décisions en Israël aujourd’hui est Dan Halutz. Ce n’est pas un hasard si le boulot au Liban est revenu à l’armée de l’Air.

Les gens ne sont pas enthousiastes sur la guerre. Ils y sont résignés, dans un fatalisme stoïque, parce qu’on leur dit qu’il n’y a pas d’alternative. Et en effet, qui peut dire le contraire ? Qui ne désire pas libérer les « soldats kidnappés » ? Qui ne veut pas éloigner les katyushas et réhabiliter la dissuasion ? Aucun homme politique n’ose critiquer l’opération (excepté les membres arabes de la Knesset, dont l’opinion juive ne fait pas cas). Dans les médias, les généraux règnent en maîtres, et pas seulement ceux en uniforme. Il n’y a presque aucun ancien général qui ne soit pas invité par les médias pour commenter, expliquer et justifier, tous parlant d’une seule voix.

(Par exemple : la chaîne de télévision la plus populaire d’Israël m’avait invité pour une interview sur la guerre, après avoir appris que j’avais participé à une manifestation anti-guerre. J’ai été très surpris. Mais pas pour longtemps : une heure avant l’émission, un organisateur du débat, confus, a appelé et dit qu’il y avait eu une terrible méprise - ils voulaient en fait inviter le professeur Shlomo Avineri, un ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères sur lequel on peut compter pour justifier, en langage diplomatique, tout acte du gouvernement, quel qu’il soit,.)

« Inter arma silent musae » - quand les armes parlent, les muses se taisent. Ou, plutôt : quand les canons tonnent, le cerveau cesse de fonctionner.

ET JUSTE une petite réflexion : quand l’Etat d’Israël a été fondé en pleine guerre, une affiche avait été collée sur les murs : « Tout le pays - un front ! Tout le peuple - une armée ! » Cinquante-huit ans ont passé, et le même slogan vaut toujours. Qu’est-ce que cela nous apprend sur des générations d’hommes d’Etat et de généraux ?

[Traduit de l’anglais « The Real Aim » : RM/SW]

Écrit par : tht | 17/07/2006

kjk,l C’est l’offensive israélienne contre Gaza qui a déclenché la nouvelle guerre au Liban. Depuis qu’Israël, en 2000, s’était retiré du Liban, les Hezbollah avaient soigneusement évité de s’affronter à l’armée israélienne en territoire d’Israël (se limitant à des affrontements dans la zone de Shebaa au Liban, que l’Etat hébreu continue à occuper). Le moment choisi par les guérilléros chiites pour la première attaque, et la rhétorique qui s’ensuit, indique que leur intention était de réduire la pression sur les palestiniens en ouvrant un nouveau front. Leur action peut donc être vue comme le premier acte militaire de solidarité avec les palestiniens dans le monde arabe. Quoiqu’on pense de ce qu’ont fait les Hezbollah, il est important de comprendre la nature de la guerre d’Israël contre les palestiniens à Gaza.

L’offensive des forces armées israéliennes dans la Bande de Gaza ne concerne pas le soldat prisonnier. L’armée préparait une attaque depuis des mois et faisait pression pour passer à l’action, avec l’objectif de détruire l’infrastructure du Hamas et de son gouvernement. C’est pour ça qu’elle a déclanché l’escalade du 8 juin, quand ils ont assassiné Abu Samhadana, membre du gouvernement du Hamas, et qu’elle a intensifié les bombardements sur les civils dans la Bande de Gaza. Dès le 12 juin déjà, le gouvernement avait autorisé une action plus ample, renvoyée cependant à cause des réactions internationales suscitées par l’assassinat de civils palestiniens dans les bombardements aériens du jour suivant. L’enlèvement du soldat a servi à « ôter la sécurité » : l’opération a commencé le 28 juin avec la destruction d’infrastructures à Gaza et la détention en masse de dirigeants du Hamas en Cisjordanie, une autre action qui avait été planifiée avec plusieurs semaines d’anticipation.

Dans le discours public israélien, Israël a mis fin à l’occupation de Gaza quand il a évacué ses colons de la Bande, et le comportement des palestiniens serait donc celui « d’ingrats ». Mais rien n’est plus loin de la réalité que cette description. Dans les faits, comme il était prévu par le Plan de Désengagement, Gaza est restée sous le contrôle militaire total d’Israël, depuis l’extérieur. Israël a empêché l’indépendance économique de la Bande, et n’a jamais appliqué une seule même des clauses des accords sur les passages aux frontières de novembre 2005. Il a simplement substitué l’occupation coûteuse de Gaza par une occupation plus économique, qui, de son point de vue, l’exempte de la responsabilité de l’occupant de garantir la survie du million et demi de résidents dans la Bande de Gaza, ainsi qu’il est prévu par la charte de la Convention de Genève. Israël n’a pas besoin de ce morceau de terre, l’un des plus densément peuplé au monde et dépourvu de ressources naturelles.

Le problème est qu’il ne peut pas laisser aller Gaza s’il veut garder la Cisjordanie. Un tiers des palestiniens sous occupation vit dans la Bande de Gaza. S’ils sont libres, ils deviendront le centre de la lutte de libération palestinienne, avec un libre accès au monde arabe et à l’occident. Pour contrôler la Cisjordanie, Israël a besoin du plein contrôle de Gaza. Et la nouvelle forme de soumission qu’il a imaginé est de transformer toute la Bande en un camp de détention isolé du monde. Des gens occupés et assiégés, sans rien à espérer, et aucun moyen alternatif de lutte politique, chercheront toujours à combattre leur oppresseur. Les palestiniens prisonniers à Gaza ont trouvé un moyen pour troubler la vie des israéliens dans les environs de la Bande en lançant des missiles artisanaux Qassam sur les villes israéliennes qui entourent la Bande. Ces missiles rudimentaires n’ont pas la précision nécessaire pour atteindre un objectif, et ont rarement fait des victimes israéliennes ; ils provoquent cependant des dégâts physiques et psychologiques, et dérangent la vie des quartiers israéliens sur lesquels ils s’abattent. Aux yeux de nombreux palestiniens, les Qassam sont une réponse à la guerre qu’Israël leur a déclarée. Comme l’a dit un étudiant de Gaza au New York Times, « Pourquoi devrions-nous être les seuls à vivre dans la peur ? Avec ces missiles, Israël aussi a peur. Nous devons vivre en paix ensemble, ou vivre ensemble dans la peur ». (Nyt, 9 juillet 2006).

L’armée la plus puissante du Moyen Orient n’a pas de réponses militaires à ces missiles faits à la maison. Une réponse possible est celle que le Hamas a toujours proposé et que son premier ministre Haniyeh a répété cette semaine : un cessez le feu général. Pendant les 17 mois qui se sont déroulés depuis qu’il a annoncé sa décision d’abandonner la lutte armée en faveur de la lutte politique, et déclaré un cessez-le-feu unilatéral (tadhiya, calme), Hamas n’a plus participé au lancement des Qassam, sauf sous grave provocation israélienne comme l’escalade de juin. Hamas par contre continue à lutter contre l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie. Du point de vue d’Israël, le résultat des élections palestiniennes est un désastre, parce que, pour la première fois, ils ont des dirigeants qui veulent représenter les intérêts palestiniens au lieu de se borner à collaborer avec les demandes israéliennes. Comme arrêter l’occupation est une chose qu’Israël ne veut pas considérer, l’option suivie par l’armée est de mettre en pièces les palestiniens avec une force dévastatrice. Ils doivent être affamés, bombardés, terrorisés par des engins assourdissants pendant des mois, jusqu’à ce qu’ils comprennent que se rebeller est futile et qu’accepter la prison à vie est leur unique espérance de vie. Leur système politique élu, leurs institutions et leur police doivent être détruits. Pour Israël, Gaza devrait être gouvernée par des gangs qui collaborent avec les geôliers de la prison.

L’armée israélienne a soif de la guerre. Elle ne se laissera pas arrêter par des préoccupations concernant les soldats enlevés. Depuis 2002, les militaires soutiennent qu’une opération du type « Bouclier défensif », comme à Jenin, est nécessaire aussi à Gaza. Il y a exactement un an, le 15 juillet (avant le Désengagement de Gaza), l’armée avait concentré ses forces sur la frontière de la Bande pour procéder à une offensive de ce type à Gaza. Mais les Etats-Unis y opposèrent leur veto. La secrétaire d’état Rice arriva en visite d’urgence décrite comme acrimonieuse et tempétueuse, et l’armée fut obligée de se retirer. Maintenant, son heure est enfin arrivée. Avec une islamophobie qui en est à son point culminant dans l’administration Bush, il semble que les Usa soient prêts à autoriser l’opération, à condition que ça ne provoque pas l’opinion internationale par des attaques trop médiatisées contre les civils (sur la position actuelle de l’administration Us, voir Odi Nir, « Us Seen Backing Israeli Moves to Topple Hamas », The Forward, 7 juillet 2006, www.forward.com/articles/8063 ). Une fois reçue l’autorisation pour son offensive, la seule préoccupation de l’armée est son image publique ; Fishman a rappelé mardi dernier que pour l’armée « ce qui risque de faire dérailler cet imposant effort militaire et diplomatique » ce sont les informations de crises humanitaires à Gaza. Il est nécessaire de nourrir les palestiniens pour qu’il soit possible de continuer imperturbablement à les tuer.

Tanya Reinhart

Écrit par : lkjno | 18/07/2006

giy L’attaque israélienne sur le Liban, qui comprend des bombardements, des frappes de missile et l’imposition d’un blocus aérien et naval, a amené le Moyen-Orient au bord d’une guerre tous azimuts. L’attaque sur le Liban, qui a l’appui entier de l’administration Bush, coïncide avec l’attaque israélienne toujours en cours contre la population palestinienne de Gaza, un million et demi de personnes qui connaissent maintenant leur quatrième semaine de siège, sans électricité et les réserves de vivres diminuant.

Le gouvernement Olmert en Israël a utilisé les deux enlèvements de soldats israéliens, le premier à Gaza le 25 juin et le second mercredi passé à sa frontière avec le Liban, comme prétextes pour une immense opération militaire qui avait clairement été préparée depuis longtemps. Il reste à voir si l’offensive d’Israël ira jusqu’à Beyrouth ou même jusqu’à Damas, mais elle vise clairement des objectifs stratégiques qui n’ont aucun lien avec les incidents qui l’ont supposément provoquée.

Personne ne peut sérieusement suggérer que le bombardement de villes et de villages libanais, l’imposition d’un blocus naval et la tentative d’assassinat de Sheik Nasrallah, le dirigeant du Hezbollah, sont des méthodes qui vont probablement entraîner la libération des soldats israéliens enlevés. Les deux soldats kidnappés par le Hezbollah ont plus de chance de mourir à la suite des attaques israéliennes, soit de la main de ceux qui les ont enlevés, soit d’un bombardement israélien.

Au même moment dans la bande de Gaza, l’assassinat aveugle de douzaines de Palestiniens sous les bombes, les mortiers et les missiles air-sol ne va contribuer en rien à la libération de Galid Shalit, le soldat enlevé par les militants islamistes lors de leur raid aux frontières de Gaza dans le sud de l’Israël.

L’Israël a une longue histoire d’utilisation d’événements de ce type comme un prétexte pour entreprendre des actions militaires qui ont un but stratégique beaucoup plus large que celui initialement avoué. En 1978, l’invasion de grande envergure du Liban a été lancée en utilisant le prétexte de l’assassinat de l’ambassadeur israélien en Angleterre par des militants palestiniens. Ce n’est que longtemps après qu’on a appris que l’invasion avait été planifiée de longue date et qu’il ne manquait plus pour la réaliser qu’un incident offrant une justification officielle.

Le même état de choses a lieu à Gaza et au Liban aujourd’hui. Le régime israélien ne se cache pas de son désir de vouloir écraser l’Autorité palestinienne dirigée par le Hamas. Le blocus économique imposé en janvier, après que le Hamas eut gagné les élections législatives palestiniennes, a été augmenté à un blocus militaire total de Gaza, là où se trouve le principal appui pour le Hamas.

Au Liban, le but de l’Israël est, à tout le moins, la destruction physique du Hezbollah, le mouvement islamique chiite qui domine le tiers sud du Liban. Une invasion de grande envergure du sud du Liban par l’infanterie israélienne est plus que probable. Le ministre israélien de la Défense Peretz a dit : « Si le gouvernement du Liban ne réussit pas à déployer ses forces, comme on peut s’attendre d’un gouvernement souverain, nous ne permettrons plus aux forces du Hezbollah de rester aux frontières de l’État israélien ». En d’autres mots, si l’armée libanaise ne supprime pas le Hezbollah, et personne ne s’attend à ce qu’elle le fasse, alors ce sera l’armée israélienne qui le fera.

Une intervention militaire américaine au Liban est aussi possible. Des articles parus dans les médias américains vendredi laissaient entendre que la planification d’une telle intervention était à un stade avancé : 2200 marines seraient déployés par une force transportée par hélicoptère qui atterrirait près de Beyrouth sous le prétexte de protéger les 25.000 citoyens américains qui ne peuvent quitter le Liban à cause du blocus israélien.

Des frappes aériennes séparées ou conjointes des États-Unis et d’Israël contre la Syrie et l’Iran et même une invasion territoriale de la Syrie demeurent dans le domaine du possible. L’administration Bush, des démocrates et des républicains au Congrès et des médias américains ont assurément blâmé la Syrie et l’Iran pour la crise, déclarant que ces régimes tiraient les ficelles du Hezbollah.

Les médias américains ont laissé entendre que l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah a été ordonné par Téhéran en représailles pour avoir amené la question du programme de recherche nucléaire de l’Iran devant le Conseil de sécurité de l’ONU plus tôt cette semaine. L’administration Bush a aussi blâmé la Syrie pour l’insurrection qui a lieu présentement dans la province de Anbar en Irak, parce que les ravitaillements et les recrues ont traversé la frontière syrienne.

L’invasion et l’occupation américaine de l’Irak ont résulté en un holocauste du peuple irakien : un massacre qui continue qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts, par des bandes sectaires, par la milice, par les voitures piégées et d’autres actes terroristes, ainsi que par les bombes, les mortiers, les missiles, les tirs aveugles et les meurtres commis par les occupants américains.

La semaine passée, il a été rapporté que 1595 corps ont été amenés à la morgue de Bagdad durant le mois de juin, le plus grand nombre en un mois à ce jour dans les troubles civils croissants. Le nombre de décès dans l’armée américaine dépasse les 2500. En comptant les morts de soldats américains en Irak et en Afghanistan, Bush sera bientôt responsable de la destruction de plus de vies américaines que les terroristes qui ont attaqué New York et Washington le 11 septembre 2001.

L’administration Bush ne se retirera pas de l’Irak et ne peut maintenir le statu quo, alors que le pays s’enfonce dans la guerre civile et que l’opposition populaire à la guerre croît au sein de la population américaine. Une section importante de l’élite dirigeante américaine, frustrée par le bourbier de l’Irak, croit que le seul espoir de succès militaire se trouve dans « l’expansion du problème » selon l’expression du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Elle croit que l’Iran utilise son influence grandissante sur les milices et les partis irakiens chiites pour miner le contrôle américain sur le régime marionnette de Bagdad et qu’une confrontation militaire avec Téhéran est inévitable.

Le Wall Street Journal, la voix semi-officielle de ces couches, a publié un éditorial vendredi passé intitulé « États de terreur » qui demandait ouvertement des actions militaires contre la Syrie et l’Iran. On pouvait lire qu’« Il n’y aura pas de solution au Liban et dans la bande de Gaza tant que les régimes de Syrie et de l’Iran ne croiront pas qu’ils doivent payer un prix... »

Critiquant la secrétaire d’État Condoleezza Rice pour son appel pro forma que « toutes les parties doivent agir avec retenue, » le Wall Street Journal déclara : « La Maison-Blanche a désigné la Syrie et l’Iran comme les coupables derrière les événements de cette semaine, mais des paroles et des actes plus convaincants sont nécessaires. »

L’ampleur croissante de la crise au Moyen-Orient est une conséquence prévisible de l’importante intervention militaire des États-Unis en Irak et en Afghanistan, et de la politique de plus en plus agressive et téméraire de l’impérialisme américain dans la région. Le fait que l’administration Bush ait donné carte blanche à Israël d’user de sa machine de guerre, financée et construite par les États-Unis, contre ses voisins et contre le peuple palestinien, persécuté et opprimé, fait partie de ce processus.

La politique des États-Unis et d’Israël est fondée sur un cycle de guerre sans fin. La totalité de la politique étrangère de l’administration Bush repose sur la croyance que la puissance militaire américaine et un armement sophistiqué peuvent résoudre tous les problèmes. De la même façon, le projet sioniste est basé sur un emploi sans retenue de la force contre les Palestiniens et d’autres cibles, comme le Hezbollah. Ces deux politiques se sont avérées désastreuses pour les gens de la région, y compris la population juive d’Israël.

En tant que pays satellite des États-Unis, Israël est depuis longtemps dépendant d’un vaste apport d’aide économique et militaire de Washington. Au cours de la dernière décennie, Israël a cherché à exploiter la suprématie internationale incontestée de États-Unis, à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, pour rejeter toute négociation avec les Palestiniens au sujet d’une entente territoriale et a au lieu de cela imposer ses ordres unilatéralement à l’Autorité palestinienne.

Voilà en quoi consistait le retrait de Gaza, l’an dernier, par le gouvernement Sharon, qui a démantelé une poignée de colonies non viables afin d’ériger une frontière internationale avec 1,5 million de Palestiniens de l’autre côté, assurant ainsi une majorité juive dans Israël et le reste des territoires occupés pour au moins une autre décennie.

Des préoccupations semblables mènent la politique du gouvernement Olmert qui consiste à construire des murs et à recoloniser sur la rive ouest. Bien que prévoyant abandonner quelques colonies sionistes, le gouvernement de Olmert est en train de tracer la nouvelle frontière unilatéralement afin de donner les meilleurs terres, dont la totalité de Jérusalem, aux Israéliens alors que les Palestiniens sont relégués vers ce qui reste du territoire occupé, soit à peine 60 pour cent de celui-ci.

Ces derniers jours, les médias américains ont été remplis de dénonciations du Hamas et du Hezbollah, présentés comme des organisations terroristes et des cibles appropriées d’une escalade massive de la force militaire. Mais en dernière analyse, la vraie cible des États-Unis et d’Israël n’est pas telle ou telle organisation, mais les masses opprimées de tout le Moyen-Orient. Leur objectif est de détruire la volonté de lutte des dizaines de millions de personnes qui n’ont jamais accepté la dépossession sioniste du peuple palestinien, et qui n’accepteront jamais la conquête américaine de l’Irak et l’établissement d’un régime marionnette néo-colonial à Bagdad.

Dans un sens fondamental, la politique des États-Unis et d’Israël paraît contre-productive et auto-destructrice. L’administration Bush a joué un rôle important dans la création de l’actuel gouvernement libanais, et le retrait forcé des troupes syriennes du Liban a été salué comme l’un de ses rares succès en politique étrangère dans le Moyen-Orient. Pourtant les attaques israéliennes menacent de miner et de discréditer le régime à Beyrouth, qui est obligé de se tenir coi et impotent, tandis que des citoyens libanais sont abattus, maintenant par dizaines, bientôt peut-être par centaines et par milliers.

De même, il pourrait sembler irrationnel qu’une administration qui a été incapable de subjuguer l’Irak (population 26 millions), attaquerait la Syrie (population 18 millions) et même l’Iran (population 75 millions). Mais de telles attaques sont le résultat logique de la perspective impérialiste qu’il est possible pour l’impérialisme américain d’imposer sa volonté sur le Moyen-Orient et prendre contrôle des vastes ressources pétrolières de la région, par la seule force des armes.

En réalité, l’invasion de l’Irak menée par l’administration Bush s’est avérée un désastre stratégique pour l’impérialisme américain. Elle a soulevé la population de toute la région, et littéralement des milliards de personnes de par le monde, dissipant toute illusion associant les États-Unis à la démocratie, la liberté ou l’opposition au colonialisme.

Cela fait maintenant 58 ans depuis l’établissement de l’État d’Israël, et 39 ans depuis la Guerre de six jours qui a étendu le contrôle sioniste de territoires palestiniens, y compris la Cisjordanie et Gaza. Ces six décennies ont été une chaîne ininterrompue de violence : guerre, répression, terrorisme, assassinats, expulsions de populations. Ce qui plane maintenant c’est la menace d’une autre guerre encore plus terrible.

La première prémisse de toute solution à la crise au Moyen-Orient est de faire sortir l’impérialisme américain de la région. Le World Socialist Web Site et le Parti de l’égalité socialiste demandent que toutes les troupes américaines soient immédiatement retirées d’Irak et du Golfe persique et que cesse le parrainage militaire et financier fourni par Washington à Israël dans la domination qu’exerce ce dernier sur le peuple palestinien.

Comité de rédaction du WSWS




Écrit par : ihoi | 18/07/2006

jnbjn À la demande du colonel Sima Vaknin-Gil, chef de la censure militaire israélienne, la presse occidentale a accepté de relayer une version tronquée des événements survenus ces derniers jours au Proche-Orient

Voici les faits : le Hezbollah exige depuis de longues années la libération de prisonniers détenus par Israël, tel que Samir el Kantar, emprisonné depuis 1978, Nassim Nisr et Yahia Skaff qui est incarcéré depuis 1982. Dans de nombreuses occasion, il a fait savoir qu’il ne manquerait pas de faire prisonnier à son tour des soldats israéliens -si ci-ceux-ci venaient à s’introduire au Liban-, et de les utiliser comme monnaire d’échange. De manière délibérée, Tsahal a envoyé un commando dans l’arrière-pays libanais à Aïta al Chaab. Il a été attaqué par le Hezbollah, faisant deux prisonniers. Israël a alors feint d’être agressé et a attaqué le Liban. Le Hezbollah, qui se préparait à faire face à une agression israélienne que chacun savait imminente depuis le retrait syrien, a tiré des missiles de moyenne portée sur Israël.

En droit international, Tshal a violé la souveraineté territoriale du Liban (mais il est coutumier du fait par voie maritie et aérienne). Tandis que le Hezbollah s’est fait justice lui-même en lieu et place d’un État libanais qui n’a jamais été complétement rétabli depuis la guerre civile et l’occupation israélienne.

Sur injonction de la censure militaire israélienne, les agences de presse et médias ayant des journalistes accrédités en Israël ont renoncé à informer leurs lecteurs du lieu où les soldats israéliens ont été faits prisoniers. Ils n’ont pas pour autant menti, mais se sont abstenus.
La plupart des journalistes emploient le terme « enlèvement » pour désigner la capture des soldats israéliens. Ils assurent vouloir ainsi souligner que le Hezbollah n’est pas une armée régulière. Cependant les officiels israéliens emploient aussi le mot « enlèvement », mais pour signifier le droit qu’ils s’arrogent de pénétrer sur le territoire libanais. En évitant soigneusement la clarification, les médias occidentaux valident un discours de propagande.

Emportés par cette logique, nos confrères ont également accepté de ne pas rendre compte des attaques du Hamas et du Hezbollah contre des cibles militaires israéliennes. Il s’ensuit que le public occidental n’est informé que des dommages collatéraux en Israël et des victimes civiles, alors qu’il suit les destructions stratégiques au Liban. Tout cela donne l’impression que « les Arabes » sont à la fois cruels (ils tuent des civils) et incapables (ils ne parviennent pas à toucher de cibles militaires), et que le sort de la guerre est connu d’avance.

Nous refusons pour notre part de nous aligner sur les porte-parole de Tsahal. En conséquence, la censure militaire israélienne a rejetté l’accréditation de notre envoyée spéciale au Proche-Orient, Silvia Cattori, et lui a interdit de se déplacer dans le pays et de rencontrer divers témoins des événements. Le Réseau Voltaire continuera cependant son travail grâce aux nombreux contacts dont il dispose sur place.


Écrit par : hbuyb | 18/07/2006

eee MADRID - Le gouvernement socialiste espagnol n'est pas "antisémite", a affirmé avec force jeudi le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, en réponse à des accusations de l'opposition de droite.

Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero avait critiqué mercredi l'utilisation par Israël d'une "force abusive" au Liban et s'était laissé prendre en photo avec un foulard palestinien (keffieh) autour du cou lors d'une réunion politique à Alicante (sud).

Un porte-parole du Parti Populaire (opposition - droite) avait accusé M. Zapatero de faire preuve "d'antisémiste, d'antisionisme et d'israëlophobie" en condamnant ainsi Israël et avait jugé "inopportun" le port de ce foulard par M. Zapatero.

C'est une "grave erreur" de porter de telles accusations et il est "intolérable" de dire que le gouvernement socialiste espagnol est "antisémite", a déclaré avec véhémence M. Moratinos lors d'un forum économique en réponse à une interpellation d'un membre de la communauté juive espagnole.

L'Espagne est "amie d'Israël" et "nous sommes clairement préoccupés" par la situation de ce pays, a-t-il précisé, ajoutant qu'il "n'avait aucune leçon d'antisémitisme à recevoir de personne".

Toutefois, il est normal de pouvoir critiquer des "actions" du gouvernement israélien que "la majorité du peuple espagnol considère comme erronées (bien erronées)", a-t-il souligné.

Il a par ailleurs jugé que le bref port du keffieh autour du cou par M. Zapatero ne "signifiait rien du tout" en ce qui concerne la politique espagnole au Proche-Orient.

"Est-ce qu'Israël se sent plus sûre maintenant pour avoir lancé cette opération militaire? Je dis que non. Malheureusement les actions unilatérales n'ont pas apporté plus sécurité à Israël", comme à Gaza ou au Liban ces dernières années, a estimé M. Moratinos.

Selon le ministre "la meilleure sécurité c'est quand il y a une négociation politique et diplomatique" comme ce fut le cas notamment avec l'Egypte.

Il faut mettre "un point final à la violence" actuelle au Proche-Orient, a par ailleurs déclaré M. Moratinos, qui a demandé au Conseil de sécurité de l'Onu de prendre rapidement une "décision claire" à ce sujet.

M. Zapatero avait estimé dès le 14 juillet qu'Israël "se trompait" en procédant à une riposte généralisée au Liban et avait réclamé "un gel immédiat des hostilités".

(©AFP / 20 juillet 2006 12h39)

Écrit par : ree | 20/07/2006

fef Honte à vous qui ne parlez que de football alors que les Libanais et les Palestiniens meurent sous les bombes israéliennes ! ». Au cours de ces derniers jours, j’ai reçu plusieurs messages comparables à celui-ci. C’est vrai que j’ai beaucoup écrit sur le football et d’autres sujets futiles tandis que les chars israéliens entraient dans Gaza avant que l’aviation de l’Etat hébreu ne dévaste le Liban.

Oui, je l’admets, il aurait fallu écrire sur les Palestiniens et les Libanais sans oublier les Irakiens ; il faudrait en fait toujours écrire sur ce thème, mais ce n’est pas aussi simple. Le sort des Palestiniens, celui aujourd’hui des Libanais, est une peine à vivre que l’écrit indigné n’arrive pas à atténuer. Appelez cela de la résignation, c’est simplement que, trop souvent, je pense que cela ne sert plus à rien. Faut-il écrire parce que simplement « ça va mieux en le disant » ? Les Algériens, les Arabes, les musulmans, partagent dans leur grande majorité le même sentiment de colère vis-à-vis de ce qui se passe au Proche-Orient. Voilà des années que je fais ce métier et voilà des années que nous n’arrêtons pas de coucher notre révolte sur le papier. Qu’avons-nous changé ? Rien. Nous ne faisons que nous lamenter et confronter, entre nous, des convictions que nous partageons totalement. Pourquoi ne pas écrire alors dans la presse occidentale puisqu’elle s’adresse aux opinions qu’il faut justement convaincre ? Pourquoi rester silencieux quand la propagande anti-arabe est présente dès le réveil sur les ondes des radios parisiennes et qu’elle s’étale dans toutes les publications par le biais de pseudos experts en géopolitique qui n’ont de cesse de justifier le terrorisme d’Etat d’Israël ? Ce n’est pas du silence mais de l’impuissance. C’est en fait un silence imposé, une censure qui ne dit pas son nom. Il existe certes des médias (Le Monde Diplomatique, Témoignage Chrétien,...) où l’on peut faire entendre sa voix mais ils sont bien peu nombreux.

Un monde où la raison du plus fort prime
Nous vivons dans un monde où la raison du plus fort prime et où la mauvaise foi règne. Pour arriver à toucher un public qui ne demande qu’à comprendre ce qui se passe au Proche-Orient, il faut surmonter les multiples pièges d’un racisme médiatique qui fait du sang arabe qui coule un événement mineur voire négligeable ou, à l’inverse, parfois même nécessaire au nom « de la démocratie et de la liberté ». Il est évident que ce serait chose utile que de prendre position dans l’un des grands quotidiens français pour contribuer à défendre un point de vue plus juste ou qui aille tout simplement à l’encontre de ce scandaleux « Israël ne fait que se défendre » dont on nous rabâche les oreilles en permanence. J’ai essayé de le faire, en vain. Quel que soit le texte, il est soit refusé soit amendé et vidé de sa substance car, vous comprenez, un Arabe qui donne son avis sur l’attaque israélienne au Liban, ou sur le sort indigne fait aux Palestiniens depuis plusieurs décennies, est forcément un antisémite ou un adepte de la théorie du complot ou les deux à la fois... Voilà le problème.

Nous sommes suspects au départ et notre propos est toujours accueilli avec méfiance. A l’inverse, si je rédige demain un texte insultant l’islam, mon papier aura toutes les chances d’être publié dans les pages opinions les plus prestigieuses de l’Hexagone. Mais expliquer que les Israéliens sont en tort parce qu’ils pratiquent la punition collective - laquelle est interdite par la Convention de Genève depuis 1949 - est loin d’être aisé. Cela n’entre pas « dans les choix rédactionnels » ou encore, comme on me l’a expliqué un jour, « c’est trop déséquilibré, pas assez objectif ». Il m’est donc très difficile de trouver un support - avec audience puisque c’est le but recherché - où il me serait possible de traiter madame Condoleeza Rice de... (non, restons courtois), parce qu’elle explique, sans ciller, qu’elle est certes concernée par le sort des civils libanais mais qu’elle estime que les opérations israéliennes ne peuvent s’arrêter tout de suite.

Racisme médiatique
Des soupçons, on en attire aussi quand on appelle un confrère d’une chaîne d’information pour lui demander des explications sur cette phrase prononcée durant un journal télévisé : « Israël est pris en tenaille entre le Hamas et le Hezbollah ». Avec un peu d’insistance on s’entend dire « règle de l’équilibre et de l’impartialité » comme si les forces en présence étaient de puissances égales. De même, quand on demande à un autre confrère de la presse écrite pourquoi il oublie de mentionner que l’armement israélien est américain quand il précise systématiquement que les roquettes du Hezbollah sont de fabrication iranienne, on n’obtient aucune réponse si ce n’est un soupir agacé. Et défendre les Palestiniens n’est pas sans risque dans un pays où Sarkozy, le ministre de l’Intérieur et candidat évident à la présidentielle, se présente sur TF1 comme « l’ami d’Israël » sans guère de compassion pour les civils libanais. Et que dire de toute cette classe politique, droite et gauche confondues, qui explique la bouche en cul-de-poule que cette guerre d’Israël « est juste »... Comme nombre d’autres événements géopolitiques, cela permet de clarifier les choses.

En France, être pour les Palestiniens, défendre le Liban, pleurer l’Irak, c’est se sentir vraiment à la marge d’une élite médiatico-politique dont on peut se demander jusqu’où va sa sincérité dans son soutien bruyant (intéressé ?) à Israël... « La France solidaire du Liban sans condamner Israël », titre le quotidien « de référence » du soir : totale schizophrénie, oui ! Et c’est dans ce même quotidien que l’on nous explique qu’Israël se sent faible et que c’est ce qui explique son offensive au Liban. Un grand moment de journalisme... Ce qui est aussi dur à accepter, c’est de voir que les Euro-Maghrébins, qui ont habituellement un accès plus facile à la parole publique, se taisent et se terrent. Il y a dans ce lot, les « beurgeois » célèbres qui craignent de ne plus passer à la télé, des ambitieux qui rêvent d’un ministère, des écrivains qui traquent le prix littéraire, des essayistes qui pensent à leurs droits d’auteur et des artistes et des sportifs qui vivent dans la hantise d’être renvoyés dans leurs cités. Mais il est vrai que n’est pas Mohammed Ali qui veut.

Écrit par : fef | 20/07/2006

cdsc Le 12 juillet dernier, la Cour de cassation a annulé le jugement de la Cour d’appel de Versailles, rendu en mai 2005, qui condamnait Edgar Morin pour « diffamation raciale » dans l’une de ses tribunes. Ce texte intitulé « Israël-Palestine : le cancer », publié avec Sami Naïr et Danièle Sallenave dans Le Monde du 4 juin 2002, avait valu à ses auteurs des poursuites engagées par les associations France-Israël et Avocats sans frontières (déjà à l’origine du procès – perdu – contre Daniel Mermet pour « antisémitisme » en 2002).

Deux passages étaient incriminés : « On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en "peuple dominateur et sûr de lui" et, à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier », écrivaient les auteurs, ajoutant : « Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs, qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. »

En mai 2004, le tribunal de Nanterre avait débouté les plaignants. Mais un an plus tard, la cour d’appel de Versailles avait infirmé ce premier jugement, et considéré que l’article était bel et bien diffamatoire, car il « imputait à l’ensemble des juifs d’Israël le fait précis d’humilier les Palestiniens ».

Dans son arrêt rendu la semaine dernière, la Cour de cassation estime au contraire que « les propos poursuivis, isolés au sein d’un article critiquant la politique menée par le gouvernement d’Israël à l’égard des Palestiniens, n’imputent aucun fait précis de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de la communauté juive dans son ensemble en raison de son appartenance à une nation ou à une religion, mais sont l’expression d’une opinion qui relève du seul débat d’idées ». Elle juge également que la cour d’appel de Versailles a violé la loi sur la presse du 29 juillet 1881, ainsi que l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme sur la liberté d’expression.

Écrit par : cdc | 20/07/2006

fdf Au Proche Orient, le dernier né du couple vieillissant Etats-Unis Europe, enfant gâté, laissé sans surveillance, est en passe d’entrainer père et mère vers une confrontation généralisée. Son dernier caprice consiste à mettre la région à feu et à sang pour réparer l’affront que lui ont fait deux de ses voisins : n’ont-ils pas osé, à lui qui en détient plus de neuf mille, faire.....trois prisonniers !

Le rappel du dernier épisode de cette dérive - celui de l’assaut donné à la bande de Gaza - permet de comprendre pourquoi de plus en plus de spectateurs de ce « mondial » là s’interrogent sur les méthodes d’une équipe qui, à l’abri de toute sanction, évolue en évidente situation de hors jeu !

Le dispositif de sécurité : Pour séparer les supporters des deux équipes, les officiels israéliens n’ont pas hésité à construire, sur plusieurs centaines de kilomètres, une barrière de sécurité de six mètres de haut ! Plus encore que son principe, c’est le tracé de cette barrière qui pose problème : elle permet en effet à l’équipe israélienne de s’approprier une partie substantielle des tribunes palestiniennes ! De surcroît, elle coupe en deux le camp des supporters palestiniens, interdisant à ceux de la Cisjordanie de venir soutenir ceux de Gaza et inversement !

Les sélectionneurs : les équipes des deux camps ont été sélectionnées par un vote de leur public respectif. Le choix du sélectionneur/public israélien n’a jamais été contesté, même lorsque, régulièrement, il désigne des joueurs portant une longue barbe. Les fédérations occidentales et les sponsors européens - après avoir encouragé bruyamment le renouvellement d’une équipe notoirement corrompue- ont décidé en revanche de boycotter les nouveaux élus palestiniens sous prétexte que le choix du public sélectionneur ne leur convenait pas !

La tactique des équipes : Les statistiques et les caméras l’attestent. La stratégie de l’équipe palestinienne, dont la capacité offensive est constamment surévaluée, est essentiellement défensive. C’est sur son terrain, voire à l’intérieur de sa surface de réparation - où l’herbe a d’ailleurs de plus en plus de difficulté à repousser- que se déroule l’essentiel de la rencontre. Tout en insistant sur sa vocation défensive, l’ « Equipe de Défense d’Israël » cherche au contraire depuis près de 40 ans à occuper le plus de terrain possible. Une fois ses joueurs entrés en force dans le camp de l’équipe adverse, elle n’hésite pas, en dépit des règles explicites de la Fédération Mondiale Unie, à les y implanter de façon permanente !

La météo du match : Par 40 degrés à l’ombre, l’avantage technologique de l’équipe israélienne est d’autant plus net qu’elle n’a pas hésité à faire couper l’électricité dans les vestiaires de l’équipe palestinienne !

L’approvisionnement des joueurs : Le ravitaillement des joueurs palestiniens est suspendu ! Par l’Egypte dont la frontière est bouclée, il est tout aussi impossible par mer ou par air : dès les phases préliminaires de la rencontre, l’équipe israélienne a fait détruire port et aéroport de son challenger. Et elle confisque aujourd’hui les taxes douanières des produits que l’équipe palestinienne est obligé de faire transiter par son territoire !

L’arbitrage : L’attitude des représentants de la Fédération Mondiale Unie et de la Fédération européenne, présents dans l’enceinte de la rencontre, ne cesse de surprendre : leurs regards dirigés vers un seul des deux côtés de la tribune officielle, ils tournent en fait purement et simplement le dos au terrain !

Les réservistes : Les candidats au soutien à l’équipe palestinienne, surnommés « djihadistes » sont l’objet d’une hostilité systématique des autorités de leur pays d’origine, de la Fédération Mondiale Unie et des fédérations régionales qui s’efforcent par tous moyens de leur interdire l’accès du terrain. Les partenaires internationaux de l’équipe israélienne disposent en revanche d’un statut beaucoup plus avantageux : ces « réservistes bi-nationaux de Tsahal » peuvent en effet affluer du monde entier sans rencontrer le moindre obstacle !

Les attaquants : Pour garantir le rythme et la terrifiante précision de ses tirs, l’équipe israélienne a les moyens de déplacer ses tireurs par voies aérienne et maritime aussi bien que terrestre. Pour conserver un minimum de mobilité, l’équipe palestinienne, dotée seulement d’une « artillerie » obsolète et artisanale, est réduite pour sa part à se déplacer ... en creusant des tunnels !

Le service de presse : Grâce à la puissance de ses sponsors autant qu’à ses trouvailles innovantes (comme celle de faire endosser à ses plus ardents supporteurs des maillots d’« experts » ! ) l’équipe israélienne sélectionne, aussi soigneusement que ses propres joueurs, les journalistes autorisés à rapporter leurs exploits et s’assure le monopole de retransmission de la rencontre !

Hormis quelques chaines régionales émettant dans une langue incompréhensible à la plus grande partie du public, l’équipe palestinienne ne dispose quant à elle que de relais médiatiques très marginaux. Ses supporters régionaux sont certes nombreux et très mobilisés. Ils sont toutefois très mal encadrés par des dirigeants de fédération souvent corrompus. Des cas de collusion avec les officiels israéliens sont même régulièrement dénoncés : ils seraient le résultat des pressions financières exercées par la puissante fédération américaine.

Les espoirs des supporters palestiniens :

La motivation des joueurs palestiniens, qui jouent « à domicile », demeure plus forte que celle de l’équipe israélienne, qui joue « à l’extérieur ». De surcroît, chez les supporters israéliens, une certaine lassitude devient perceptible : les « plongeons de dix mètres » à la mode de Ronaldo, la multiplication des recours aux « mains de Dieu » à la Maradonna, les commentaires tronqués du service de presse officiel, les interdictions qui frappent de plus en plus fréquemment les spectateurs étrangers désireux de rejoindre la tribune palestinienne bref, tous les raccourcis douteux qu’emprunte l’équipe israélienne font monter, jusque dans les tribunes officielles, des rumeurs réprobatrices.

Les membres du prestigieux « Club des supporters de la légalité internationale » ont-ils conscience du coût de leur navrant silence ? Incapables de rappeler l’une de leurs équipes au respect des règles élémentaires, réalisent-ils qu’ils sont en passe de priver leur vieille institution de toute crédibilité ? Et que c’est leur propre équipe qui va inévitablement payer, un jour, le prix de cette vilaine « loi de la jungle » qu’ils laissent appliquer impunément ?

François BURGAT

Écrit par : df | 20/07/2006

jhiu Lors de sa parution originale en anglais (juin 2003), Le Monde Diplomatique écrivait : « Voici un livre à ne pas manquer. L'histoire du conflit israélo-arabe a donné lieu à une multitude d'ouvrages. Mais Image and Reality of the Israel-Palestine Conflict tranche sur l'essentiel de cette production. Par sa radicalité : Norman G. Finkelstein prend, sans concession, le contre-pied de l'interprétation dominante de plusieurs moments-clefs (1948, 1967, 1973). Par son caractère pointu : l'auteur passe au crible d'une méthodologie rigoureuse les thèses de certains chercheurs. Par son goût pour la polémique : il n'hésite pas à qualifier de tronquée un citation déformée, d'imaginaire un fait ou un chiffre inventé, bref à traquer comme telle toute manipulation, toute falsification. »
Cet ouvrage capital sur la question israélo-palestinienne, tant dans sa dimension historique que politique, est aujourd'hui traduit en français. Conclu par une analyse minutieuse et imparable de l'impasse où ont conduit les accords d'Oslo, il reprendra, sous la forme d'une nouvelle traduction, l'actualisation que l'auteur propose dans son opuscule (Tuer l'espoir, Aden, 2003) et sera introduit par Dominique Vidal (journaliste au Monde Diplomatique).


Écrit par : huhu | 20/07/2006

gr REVUE DE PRESSE

Résumer l’histoire du conflit israélo-palestinien, en analysant la phase actuelle et en esquisser une issue positive, le tout en moins de soixante-dix pages : c’est un tour de force que réalise Norman G. Finkelstein. Autant dire qu’il serait absurde de lui reprocher l’absence de telle ou telle dimension ou le caractère schématique de certains raccourcis. Membre d’une famille de moins en moins nombreuse et de plus en plus ostracisée, celle des intellectuels américains critiques, l’auteur tape fort et bien. Remarquable est, en particulier, sa description de la stratégie et de la tactique du général Ariel Sharon. Mais on lira aussi avec intérêt son retour sur la période terroriste du mouvement sioniste, dans la Palestine britannique d’après-guerre. A ne pas manquer non plus : la parabole de l’Etat tutsi en Wallonie, maniée avec humour par Jean Bricmont dans sa préface.

Écrit par : rgr | 20/07/2006

f L’armée israélienne a commencé à déblayer une bande de terre d’un kilomètre de profondeur sur le flan libanais de la frontière en détruisant les maisons, les champs, toute chose, pendant que le ministre travailliste Amir Peretz déclare qu’Israël veut re-contrôler une « bande de sécurité » à l’intérieur du Liban. Pour ce faire, l’armée de Tel Aviv est déjà en train de procéder à la destruction des villages au-delà de la frontière, les réduisant en miettes avec son artillerie, ses hélicoptères et les bombes de ses F16.

Nouvelles dramatiques des victimes civiles des bombardements : les morts seraient des centaines, mais de nombreux corps sont encore sous les décombres, et plus d’un demi million de réfugiés (les chiffres sont ceux des Nations Unies). C’est une véritable guerre, contre la population chiite des zones montagneuses du sud du Liban, ces mêmes zones qu’Israël a occupé de 1978 à 2000 avant d’être obligé de se retirer, par la résistance chiite des Hezbollah. Un mouvement qui, depuis lors, poursuit sa lutte contre l’armée israélienne pour la libération des Fermes de Shebaa, enclave libanaise sur les pentes du Mont Hermon, mais aussi pour celle du Golan et des territoires occupés en Palestine.

L’intervention israélienne dans le sud Liban, justifié par la présence de la résistance chiite libanaise des Hezbollah, est en réalité antécédente non seulement à la naissance de cette organisation mais aussi à l’état même d’Israël. Le sud du Liban, et en particulier les collines de l’arrière pays de Tyr, le Djebel Amel, grâce à leur position stratégique et à leur richesse en eau (les fleuves Litani, Hasbani, Wazani et Awali) ont toujours été dans le collimateur des dirigeants israéliens : Théodor Hertzl a toujours souligné la nécessité de cette région pour le développement du nouvel état hébreu, et d’autres importants dirigeants du mouvement, comme David Ben Gourion, Yithak Ben Zvi, ou Chaim Weitzman pensaient que le mont Liban devait être la frontière nord d’Israël. C’est dans cet objectif que ce même Weizman écrivit en 1917 au premier ministre britannique Lloyd George, en lui demandant que la frontière nord de la Palestine comprenne la vallée du fleuve Litani ainsi que le flanc ouest et sud du mont Hermon.

Mais le choc qui allait porter à une hostilité permanente des populations du Djebel Amel à l’égard des exigences et des menaces israéliennes allait venir avec la guerre de 1948, quand la Haganah, dans un coup de force, occupa sept villages libanais de la zone, en massacrant 174 paysans désarmés à Salha et à Houla. Le cessez le feu de 1949 n’apporta absolument pas la paix que les habitants de ces collines et hauts plateaux cultivés en tabac auraient espérée : de 1949 à 1964, le Liban subit 140 agressions israéliennes et de 1968 à 1974, plus de 3000 attaques de l’armée de Tel Aviv. Sans compter qu’au cours de la guerre de 1967, Israël, violant la neutralité du Liban, occupa dans un nouveau coup de force la zone des fermes de Shebaa et certaines zones du flanc occidental et méridional du mont Hermon.

Après que le mouvement palestinien de libération eut été chassé de Jordanie, avec les massacres de Septembre noir, en 1970, et établi dans la république des cèdres, le sud Liban revint en première ligne, et paya un prix très élevé par les représailles israéliennes contre la présence de l’OLP. Au cours de la guerre civile libanaise (1975-1990), les dirigeants de Tel Aviv manoeuvrèrent pour installer à Beyrouth un gouvernement de droite chrétien maronite, leur allié, et pour annexer la zone du fleuve Litani. Une idée qui fut probablement à la base du projet de Shimon Perès, on était en 1976, de créer une milice fantoche de criminels communs et de tortionnaires politiques sous la conduite d’un renégat libanais d’envergure, Saad Haddad. C’était l’Armée du Liban Libre : elle avait la tâche de contrôler la « bande de sécurité » sur la frontière qui allait ensuite être élargie à 800 kilomètres carrés, deux ans après, le 15 mars 1978. Ce jour là éclata la première invasion en grand style du Liban par Israël, l’ « Opération Litani », qui provoqua la mort de 1186 civils, 285 000 réfugiés, 82 villages dévastés et six complètement rasés au sol.

L’invasion suivante, en 1982, « Opération paix en Galilée », avec plus de 20 000 morts, 32 000 blessés, 2206 invalides permanents, 500 000 réfugiés, la destruction des camps palestiniens, le siège de Beyrouth, les massacres des combattants palestiniens allaient entraîner le départ du Liban des combattants palestiniens : et, en même temps, la naissance d’un nouveau, plus incisif encore, mouvement de résistance contre l’occupation israélienne, les Hezbollah, qui allait contraindre la puissante armée israélienne à se retirer en mai 2000. Succès militaire, dont le secret réside surtout dans le fait que ses militants ne sont autres que les fils, petits-fils ou même les pères des paysans du Djebel Amel.

Écrit par : f | 22/07/2006

d Le Docteur Al-Saqqa, de l’hôpital Shifa de Gaza, s’exprime sans équivoque après avoir analysé les corps carbonisés de Palestiniens tués par un raid aérien israélien sur Gaza : « Nous avons la certitude qu’Israël utilise des armes chimiques et radioactives. Quand nous procédons à l’analyse aux rayons X des cadavres, nous ne trouvons aucune trace d’éclats de bombes ou d’obus ».

Israël attaque Gaza depuis des mois, affamant la population et a lâché plus de 6000 obus dans les zones habitées par des civils. Les Israéliens ont mis au point des machines sonores qui émettent des explosions stridentes qui crèvent les tympans. Des milliers d’exemplaires de ce qui est bien plus qu’un gadget sont utilisés à Gaza par les soldats israéliens pour faire éclater les vitres des fenêtres, causer des avortements des futures mères Palestiniennes en tuant les fœtus, et causer des traumatismes graves chez les enfants et bien évidemment les adultes. Cet appareil n’est ni plus ni moins qu’un objet de terreur, qui provoque une peur incontrôlée et de l’anxiété chez ceux qui sont soumis à ses ondes. C’est la dernière invention de Tsahal, l’armée israélienne, présentée par Ehud Olmert comme « l’armée la plus morale au monde » ! Une remarque dont on se demande si c’est de l’inconscience ou du cynisme.

L’envoyé spécial des Nations-Unies, John Dugard, s’est rendu à Gaza pour mener une enquête sur ce qu’il a appelé dans son rapport « l’emploi par l’armée israélienne d’une force disproportionnée contre des civils » (ce qui se poursuit également au Liban). Dugard rajoute qu’« il est clair qu’Israël est en violation des normes les plus fondamentales des lois humanitaires et des droits humains ». Avez vous lu des extraits de ce rapport dans la presse ? Probablement que non, tant la presse officielle est inféodée aux intérêts de ceux qui protègent Israël, pour des motifs qui restent à expliquer et à prouver.

Plus de 9000 prisonniers sont gardés dans les geôles israéliennes sans aucun motif, et 400 d’entre eux sont des femmes et des enfants. On retrouve ici les méthodes employées par les Américains, grands protecteurs inconditionnels d’Israël, à Gantanamo et ailleurs.

L’État d’Israël, sous l’influence sioniste, est devenu une machine à tuer avec la brutalité la plus inhumaine, et une rare sauvagerie, sans remords, et sans aucune retenue. Soixante ans d’atrocités perpétrées au nom du judaïsme en 1948, à Qibya, à Sabra et Chatila, à Jenin, et sur tout le territoire palestinien. Une société dont un officier peut impunément assassiner brutalement une fille de 13 ans, sous prétexte qu’elle était une menace pour un poste militaire, est une société sans conscience. Un meurtre parmi 700 autres meurtres d’enfants Palestiniens depuis le début de l’Intifada. Que dire d’un gouvernement qui emprisonne une jeune fille de 15 ans qui a repoussé un soldat israélien qui voulait lui faire une fouille au corps et qui, pour s’être enfuie, a été blessée de 3 balles et doit passer 18 mois en prison après sa sortie du coma ?

Beaucoup de journalistes et d’intellectuels Israéliens critiquent sévèrement ces actes de barbarie. Gideon Levy parle de société en « effondrement moral », Michel Warschawski parle de « brutalité démente », de « folie israélienne » et de « putréfaction d’une société prétendument civilisée », tout en rajoutant que « Israël se moque de la légalité et de la moralité ».

Le sionisme aura été un idéal qui a dégénéré en tuerie de tous ceux qui, spoliés, tentent de s’opposer avec leurs moyens rudimentaires contre une des armées les plus équipées du monde. Ironie du destin, c’est dans la région du monde la plus chaotique qu’Israël se trouve planté, bien décidé à s’affirmer comme le maître des lieux, ce qui justifie à ses yeux tous les actes, même les plus sauvages.

Peut-être que le reste du monde, dont l’Europe, aura un jour à regretter d’avoir laissé l’aventurisme débridé d’Israël s’exercer contre ses voisins. Le chaos, même s’il est présenté comme venant des pays arabes et non pas d’Israël, est propice à dégénérer dans une situation incontrôlable, avec peut-être un jour une crise nucléaire. Sans doute se trouvera-t-il alors plus d’hommes justes pour mettre en cause Israël qui, pour le moment et depuis plus d’un demi siècle, jouit d’une impunité sans bornes.

Ashoka

Écrit par : d | 22/07/2006

; « Si nous nous révélons incapables de parvenir à une cohabitation et à des accords honnêtes avec les arabes, alors nous n’aurons strictement rien appris pendant nos deux mille années de souffrances et mériterons tout ce qui nous arrivera. » (Albert Einstein, lettre à Weismann, le 25 novembre 1929)

Aux yeux de nombreux observateurs, la politique actuelle du gouvernement israélien peut sembler parfaitement irrationnelle. Pourquoi courir le risque d’embraser le Liban, alors même que celui-ci se détache petit à petit de la Syrie ? Pourquoi attaquer militairement le Hamas, à l’instant précis où ce mouvment s’apprêtait à céder aux pressions internationales et à reconnaître le « droit à l’existence » d’Israël ? En réalité, ces actes ne sont incompréhensibles que si l’on s’obstine à juger la politique d’Israël à l’aune de son discours officiel, celui qu’il tient sur la scène internationale, affirmant que « nous souhaitons seulement vivre en paix avec nos voisins ». Les choses deviennent beaucoup moins obscures lorsqu’on examine la politique de l’Etat israélien à la lumière de sa doctrine fondatrice : le sionisme.

Quand, vers 1885, des hommes comme Léo Pinsker, Ahad Haam et Theodor Herzl envisagèrent de créer un « foyer national juif » en Palestine, ils furent loin de faire l’unanimité autour d’eux. A vrai dire, la plupart des Juifs refusèrent ce projet. D’abord parce qu’il n’avait aucun sens : il était matériellement impossible d’envisager l’émigration de tous les Juifs du monde vers la Palestine (aujourd’hui encore, l’Etat d’Israël ne réunit qu’une infirme portion des Juifs de la planète, même s’il s’arroge le droit de parler en leur nom). D’autre part, la très grande majorité d’entre eux n’avaient aucune envie de quitter le pays où ils étaient nés ; malgré les persécutions et les discriminations, ils se considéraient très justement comme des citoyens de France, de Belgique, des USA, d’Allemagne, de Hongrie ou de Russie. Enfin, beaucoup de Juifs, surtout les intellectuels et les progressistes, s’opposaient radicalement au caractère délibérément raciste et colonialiste du projet sioniste. Ils ne se reconnaissaient pas dans les propos d’un Ahad Haam quand celui-ci décrètait que « le peuple d’Israël, en tant que peuple supérieur et continuateur moderne du Peuple élu doit aussi devenir un ordre réel » ; ils ne pouvaient suivre Theodor Herzl quand il disait vouloir « coloniser la Palestine », y créer un Etat Juif et, pour ce faire, « rendre des services à l’Etat impérialiste qui protégera son existence ». Même après la guerre et l’Holocauste, des personnalités juives de premier plan, tout en apportant parfois leur soutien matériel et moral aux Juifs qui s’installaient en Palestine, continuèrent de refuser radicalement l’idée d’y créer un Etat Juif. Einstein : « La conscience que j’ai de la nature essentielle du judaïsme se heurte à l’idée d’un État juif doté de frontières, d’une armée, et d’un projet de pouvoir temporel ».

Le racisme et le colonialisme israéliens ne tiennent pas à la nature d’une majorité gouvernementale ; ils sont le fondement même d’un Etat qui se définit non par référence à une Nation, mais à une religion et à une ethnie particulières ; un Etat qui affirme, sur base de légendes poussiéreuses, le droit de « son » peuple à l’appropriation exclusive d’une terre pourtant déjà habitée et exploitée par d’autres populations. Quelle terre ? Là encore, les textes fondateurs du sionisme éclairent la politique actuelle. Lorsqu’il s’adresse en 1897 au gouvernement français, dans l’espoir d’obtenir son appui pour la fondation d’Israël, Herzl écrit : « Le pays que nous nous proposons d’occuper inclura la Basse-Egypte, le sud de la Syrie et la partie méridionale du Liban. Cette position nous rendra maîtres du commerce de l’Inde, de l’Arabie et de l’Afrique de l’Est et du Sud. La France ne peut avoir d’autre désir que de voir la route des Indes et de la Chine occupée par un peuple prêt à la suivre jusqu’à la mort ». Après la Première Guerre Mondiale et les accords Sykes-Picot, les mêmes promesses seront adressées à l’Angleterre. Et depuis 1945 elles jouissent, comme on sait, de l’oreille très attentive du gouvernement américain. De la Basse Egypte au Sud-Liban... Il suffit d’un regard sur les cartes successives du Moyen-Orient, depuis la fondation d’Israël, pour observer avec quelle régularité systématique le plan de Theodor Herzl a été poursuivi. De la Galilée et de la bande côtière de Jaffa, les territoires proposés par le premier plan de partage de Bernadotte en 1948, Israël s’est progressivement étendu vers Jerusalem, la Mer Morte, le Neguev, le plateau du Golan au sud de la Syrie ; aujourd’hui elle phagocyte petit à petit la Cisjordanie et Gaza ; elle convoite même le Sud-Liban.

Israël est au Moyen Orient ce que l’Afrique du Sud de l’apartheid fut, jadis, à l’Afrique australe : une colonie euro-américaine, imposant aux populations autochtones une domination à caractère raciste, et dont l’existence serait impossible sans l’aide matérielle d’une puissance impérialiste « en échange de services rendus ». Souvenons nous d’ailleurs qu’Israël s’est vu condamner à plusieurs reprises par les Nations Unies en raison de sa collaboration militaire et nucléaire avec le régime sud-africain. Qui se ressemble s’assemble...

Quand un gouvernement juge que la vie d’un soldat est plus importante que celle de dizaines d’enfants et de civils, au seul prétexte que ce soldat est juif alors que les civils et les enfants sont musulmans, chrétiens ou sans religion, alors l’Etat que représente ce gouvernement est un Etat raciste. Quand des forces armées, dans les territoires qu’elles occupent illégitimement, interdisent aux civils de se déplacer, de puiser l’eau aux puits et aux sources, de labourer leurs champs, de visiter leur famille, de se rendre à l’école ou à leur travail, de circuler d’un village à l’autre, d’amener un enfant malade chez le médecin, tout cela pour l’unique motif que ces civils ne sont pas de confession juive ou de nationalité israélienne, alors cette armée est celle d’un Etat raciste et colonialiste.

Dire cela aujourd’hui, en Europe, oser contester les fondements du projet sioniste, c’est risquer de se voir attaquer comme antisémite, voire comme négationiste. Il est temps que cesse cette hypocrisie. La Shoah ne peut justifier les souffrances des Palestiniens et des Libanais. De quel droit les dirigeants israéliens, nés pour la plupart après 1945, parlent-ils au nom des victimes du nazisme ? De quel droit prétendent-ils s’approprier la mémoire exclusive d’un crime perpétré contre toute l’humanité ? Oser invoquer l’Holocauste pour justifier son propre racisme est une insulte, non un hommage au martyr juif.

On s’est offusqué d’entendre le président iranien dire qu’il fallait « rayer Israël de la carte ». C’est pourtant bien l’unique solution. Il faudra d’ailleurs, pareillement, rayer de la carte les prétendus « territoires palestiniens », ces nouveaux bantoustans. Gommons de la carte du Moyen orient la frontière honteuse entre Juifs et Arabes. La politique de « deux peuples, deux Etats », la politique du partage de la Palestine sur une base religieuse et ethnique, est une politique d’apartheid qui n’apportera jamais la paix. Revenons en à ce qui fut toujours, jusqu’à Oslo, le projet de l’OLP, mais aussi celui d’un grand nombre de juifs comme, derechef, le grand physicien et humaniste Albert Einstein : « Il serait, à mon avis, plus raisonnable d’arriver à un accord avec les Arabes sur la base d’une vie commune pacifique que de créer un État juif ».

Écrit par : ; | 22/07/2006

f Je suis -très- préoccupée pour tous ces juifs d’origine assez différente qui ont choisi d’être israéliens. Je partage l’alarme de ces jours ci (19 juillet 2006) sur le sort du pays qu’ils ont créé.

Comment, en effet, un état qui génère tant de haine autour de lui pourra-t-il jamais se sentir en sécurité ? Comment pourra-t-il jamais légitimer vraiment son existence, non pas dans les instances institutionnelles où il est plus que reconnu, mais dans la conscience des millions d’arabes qui vivent à côté de lui et qui, pour des raisons analogues à celles de la diaspora juive, se sentent eux aussi solidaires, entre eux, en assumant le problème du peuple que la constitution de l’état israélien a laissé sans patrie ni maison ?

Comment le gouvernement de Tel-Aviv pourra-t-il invoquer l’application -sacro-sainte- de la résolution 1559 de l’ONU, qui somme le Hezbollah de désarmer, alors que lui-même, depuis un demi-siècle, a ignoré toute autre résolution des Nations Unies, à commencer par la 242, fondamentale, qui lui intimait de se retirer à l’intérieur des frontières de 48 ?

Comment pourra-t-il rendre convaincante sa propre voix accompagnant celle de son tout aussi inconscient allié américain, dans sa revendication d’une intervention armée contre l’Iran, parce que celui-ci prétend posséder un potentiel nucléaire, alors qu’Israël même le possède en violation de toute norme internationale ?

Comment pourront-ils recueillir une adhésion à la dénonciation des horribles régimes de l’Iran, de Saddam Hussein, des Taliban, quand ils entretiennent d’excellentes relations avec des régimes tout aussi horriblement réactionnaires (à commencer par ceux du Golfe), et face au désastre où l’intervention « démocratisante » des américains a conduit ?

Comment pourra-t-il réclamer une solidarité contre la menace de Ahmadinejad, du Hamas et du Hezbollah, qui refusent de reconnaître officiellement l’état d’Israël, quand, chaque jour, lui même non seulement piège mais rend risible toute perspective de créer un état palestinien, qui de fait n’existe pas encore, ni ne pourra exister tant qu’on niera à ce bout de terre qui devrait en constituer l’embryon tout attribut de souveraineté, de contrôle de ses propres frontières, économies et ressources, étant exposé au kidnapping et à l’assassinat de ses représentants démocratiquement élus, et réduit à pire qu’un bantoustan dans l’Afrique de l’apartheid ?

Comment pourra-t-il obtenir une acceptation réelle de sa propre existence et faire oublier les souffrances et les privations inouïes que la création de l’état d’Israël a imposé à celui qui y habitait sans être juif, si ce n’est avec le courage de réfléchir à leur histoire respective et chercher un compromis avec humilité, sans nier avec arrogance les droits des autres, mais en les reconnaissant et en demandant cependant que les autres aussi reconnaissent les siens ?

Comment donc sera-t-il possible d’effacer de la mémoire de ses propres voisins les massacres quotidiens d’innocents, le fait d’avoir réduit la Bande de Gaza à un camp de concentration exposé aux incursions, sans eau, sans nourriture, ni travail ?

Comment pourra-t-il se sentir plus fort maintenant qu’il a gaspillé toute sympathie même au Liban.

On est effaré, en ces heures, plus encore que par l’indifférence totale envers les victimes, par la cécité et l’inconscience de ceux qui se prétendent amis d’Israël et qui, vivant pourtant ailleurs, devraient donc avoir l’avantage de la clairvoyance que donne la distance. Et qui choisissent au contraire de joindre leurs cris aux cris de la plus irrationnelle, furieuse et primitive réaction ; au lieu de rappeler ce gouvernement à la raison, de le faire réfléchir à l’erreur terrible d’avoir volontairement grillé le meilleur interlocuteur qu’il pouvait avoir, la laïque OLP, et de garder en prison, aujourd’hui encore, ses hommes les plus lucides ; en aidant aussi le peuple israélien à comprendre que la vraie sécurité du pays ne peut être conquise que par la voie politique, en créant des liens sociaux culturels et économiques avec ses voisins, en donnant de la sécurité et non de l’insécurité aux palestiniens.

C’est vrai : Israël est seul. Avoir de son côté le pays le plus puissant du monde, et avec lui ses vassaux -médias, gouvernements et entreprises- ne réduit pas son isolement. Ceux qui ont à cœur de sauver cet état devraient en finir avec cette solidarité mortifère, dangereuse et aveugle.

Écrit par : t | 26/07/2006

g Un stock d’armes de précision est parti des Etats-Unis il y a une semaine, directement pour Israël qui les avait demandées immédiatement après le début de ses bombardements sur le sud du Liban. Le New York Times l’a révélé hier en citant des sources (anonymes) de la Maison Blanche.

La décision de répondre à la requête israélienne, d’après ces sources, a été prise rapidement après une discussion assez brève entre les hommes de Bush. La discussion, paraît-il, a porté sur le fait que la remise de ces armes risquait de faire apparaître les Etats-Unis comme étant trop « rangés » aux côtés d’Israël ; et donc peu crédibles, par exemple, dans l’effort annoncé avant-hier (vendredi) par Condoleeza Rice de faire se rencontrer une série de pays pour donner à la région une « stabilité durable » au nom de laquelle on s’est même refusé de s’associer à la demande générale de cessez-le-feu.

Mais ces observations, dont on ne sait pas de qui elles émanent, ont été écartées face à deux arguments « puissants » : « garantir la sécurité d’Israël » et asséner un coup décisif à l’organisation des Hezbollah. Ces demandes et expéditions de la semaine dernière sont des bombes qui peuvent être guidées par satellites et lasers. Les sources du Times ont expliqué que ces armes font partie d’un contrat de millions de dollars signé l’an dernier, et qui comprend les terribles Gbu-28, engins de cinq mille libbre, particulièrement efficaces contre les bunkers souterrains.

Un plan de livraison précis n’est pas indiqué dans ce contrat, mais une de ses clauses prévoit qu’Israël peut obtenir les armes « selon nécessité ». En substance, donc, ceux qui dans la discussion se sont prononcés pour la « livraison rapide » ont pu assurer que la chose était parfaitement prévue par le contrat, mais certains fonctionnaires du Pentagone, eux aussi consultés par le Times, disent que cette demande de remise immédiate faite ici par Israël demeure cependant « insolite » et que la seule explication est que les militaires israéliens ont encore une longue liste de « cibles à atteindre » au Liban, et qu’ils entendent les atteindre.

Et ceci met directement en cause les chances de « succès » du plan de Rice qui part aujourd’hui (dimanche 23) en mission, dont le point central devrait être la conférence à Rome avec les représentants de certains pays arabes et européens. La thèse de Rice est en fait que les pays arabes amis des Etats-Unis seraient désormais « mûrs » pour assumer une position plus décisive à l’égard du Hezbollah, et s’impliquer ainsi dans une action commune. Or, la nouvelle de ces armes livrées en toute hâte à Israël pourrait bouleverser ce plan déjà plutôt simpliste.

Au contraire même, et toujours selon Times, le projet d’origine était que Rice ferait escale dans plusieurs capitales du Moyen Orient et en particulier au Caire, et que la décision postérieure de changer de programme et de se replier sur la conférence de Rome pourrait avoir été causée justement par cette soudaine livraison des nouvelles armes à Israël, dont il est probable que le Caire et d’autres capitales arabes avaient eu connaissance avant le Times.

La différence entre la conférence italienne et les visites particulières dans les capitales arabes, en fait, est que Rice ne discutera pas avec les sommets de ces pays, mais avec des envoyés qui ne décident pas ; circonstance qui pourrait allonger les temps nécessaires pour un cessez-le-feu. Mais comme Rice l’a elle-même expliqué avant-hier, les temps plus longs pour Condoleeza ne sont pas un danger mais un moyen d’arriver à une trêve « durable ».

Écrit par : g | 30/07/2006

h Dans un entretien avec l’hebdomadaire « Brasil de Fato », le philosophe hongrois István Mészáros [1]nous met en garde contre les perversités du capitalisme contemporain.

Le monde est prisonnier d’une spirale destructrice, la logique du capital, qui peut entraîner sa disparition. On détruit la nature, en pensant stimuler la production de marchandises nécessaires au bien-être humain. On justifie des attaques militaires, qui causent des massacres, comme si c’était la seule manière d’arrêter la violence. De telles anomalies ne révoltent pas la majorité de la population, car elles sont dissimulées de manière à troubler leur compréhension. De l’avis d’Istvan Mészáros, cela se nomme aliénation. « Une perte de contrôle sur les activités humaines, que nous pourrions et devrions contrôler ».







Dans « La théorie de l’aliénation chez Marx », vous affirmez que problématiser le concept d’aliénation est devenu une nécessité historique. Pourquoi ?

La survie de l’humanité est menacée, non seulement en raison de la puissance militaire de certains pays, mais aussi en raison de la destruction de la nature. Nous devons modifier radicalement notre mode de vie, sous peine de disparaître. Nous en sommes arrivés à ce point en raison de l’existence d’un pouvoir, par lequel nous sommes aliénés, qui contrôle le système social, au lieu de nous laisser diriger notre destin. De puissants intérêts économiques déterminent notre type de rapports avec la nature, nous menant ainsi à notre propre destruction. Lors de ECO-92 (sommet international tenu en 1992 à Rio de Janeiro), plusieurs promesses furent faites par les gouvernements, y compris celui des Etats-Unis, pour arrêter la destruction de l’environnement. Mais ces promesses restèrent sans effet, après le refus du président Georges Walker Bush de signer le protocole de Kyoto [2] , bien qu’il ait reconnu la responsabilité des Etats-Unis pour un quart des dommages causés à la nature. Cette destruction est irréversible !


Le capitalisme contemporain fonctionne selon une logique de production destructrice. La machine du système ne s’arrête pas, mais son fonctionnement est pervers, puisqu’il épuise la planète.

Les Etats-Unis jouent un rôle déterminant dans la direction du pouvoir aliéné qui régit le destin de la population mondiale. La majorité des autres pays ne vaut guère mieux, mais ils ne réussissent pas à concurrencer l’Empire. En même temps, la situation des Etats-Unis comme super-puissance est paradoxale, car ce pays connaît de grandes difficultés économiques, qui se traduisent par l’existence d’une dette catastrophique, qu’on ne sait comment payer. Ils en paient les intérêts avec l’argent tiré d’autres pays, grâce à des accords de commerce injustes ou des interventions militaires. Auparavant, le capitalisme se targuait d’être une destruction productive, mais sa manifestation impérialiste se nourrit d’une logique de production destructrice. L’aliénation, absolument dominante, est la base de cette logique perverse.




Pourquoi avez-vous décidé de baser votre analyse sur les « Manuscrits économiques et philosophiques », rédigés en 1844 par Karl Marx ?

Cette oeuvre représente le moment de maturation de la théorie du capital, que Marx présentera ultérieurement dans d’autres textes, comme « Le Capital ». Elle affirmait que le monde s’acheminait vers la capacité de son autodestruction.

Aujourd’hui, il existe un pouvoir militaire, qui peut nous détruire plus de mille fois. Il y a quelques décennies, lorsque les Etats-Unis et l’Union Soviétique se disputaient l’hégémonie mondiale, on parlait d’une théorie de la destruction mutuelle assurée. Le pouvoir nucléaire de ces deux puissances maintenait un certain équilibre planétaire. Aujourd’hui, une douzaine de pays au moins disposent d’armes nucléaires et la possibilité d’un affrontement avec des bombes atomiques ne peut être écartée. Les théoriciens du Pentagone - que je ne peux que considérer comme des fous - défendent l’usage d’armes de destruction massives contre les pays qui résistent à la domination totale des Etats-Unis. Ces théories débouchent sur des situations comme celle de l’Irak, où ont déjà péri plus de 100 000 personnes. L’insanité, comme base de réflexion du Pentagone, est devenue la logique dominante des relations internationales.




Comment définissez-vous l’aliénation ?

La perte de contrôle sur les activités humaines, que nous pourrions et devrions contrôler. Le système social est une construction humaine et devrait donc être contrôlé par les humains, mais il est loin de nous, hors de notre portée, il est aliéné et parfois usurpé.




Comment exercer ce contrôle ?

Il ne doit pas se faire sous l’hégémonie du pouvoir du capital. L’aliénation n’est pas quelque chose de magique, qui tombe du ciel, elle fait partie fondamentalement de ce que j’appelle le métabolisme social de l’humanité. L’aliénation est un type de contrôle du capital, qui ne se préoccupe pas du destin planétaire, mais de sa propre reproduction indéfinie. Il est ironique de constater que l’humanité a réussi à développer des instruments suffisants pour sa survie, pour que tous aient à manger, mais que ces instruments sont utilisés pour stimuler une réalité destructrice. La logique du capital consiste à stimuler l’aliénation, afin que la population accepte ce paradoxe. L’aliénation mène à la rationalisation de l’insanité, c’est-à-dire qu’elle crée l’illusion d’être l’ordre correct des choses. C’est de cette manière que se génère l’idéologie dominante. Au début de l’invasion de l’Irak, la justification était l’existence d’armes de destruction massive. Trois années plus tard, nous voyons les massacres, les ruines, la souffrance, mais aucune trace de cet armement. Cette absurdité a été rationalisée, en empêchant la révolte de ceux qui croyaient les justifications du gouvernement états-unien. Même ainsi, l’aliénation réside aussi dans le fait d’accréditer l’idée que les problèmes de l’humanité peuvent être résolus par la violence. Le changement de cette domination, qui met en danger la survie de la planète, dépend d’une action révolutionnaire qui surpasse la logique du capital. Deux éléments peuvent créer cette action révolutionnaire : la défense de la nature et la résistance au bellicisme.




Dans les « Manuscrits de 1844 », Marx parle de différentes formes d’aliénation, mais il met l’accent sur celle des humains par rapport à eux-mêmes et à leurs semblables. Comment penser à une action révolutionnaire, si nous sommes dispersés et atomisés ?

La logique du capital force les humains à une compétition destructive. En soi, la compétition n’est pas mauvaise. Elle peut permettre de dépasser nos limites et déboucher sur de nouvelles formes de coopération. Aujourd’hui, la compétition est antagonique : chacun craint toujours d’être détruit. Elle crée une vague de peur, qui sert de support à des gouvernements autoritaires. La base de notre vie sociale est la production et la reproduction des conditions de notre survie, elle demeure hors de notre contrôle. Ici, à nouveau, il y a aliénation. La notion d’économie, fondamentale pour notre vie, est déviée. Auparavant, elle signifiait épargner. Aujourd’hui, elle signifie consommer, au dernier niveau possible. Briser l’aliénation implique de se référer aux définitions historiques communes, en montrant la trajectoire de la connaissance de chaque concept et pratique.




L’Union soviétique, la Chine et la Yougoslavie - des pays qui se revendiquaient du communisme - ne se sont pas davantage préoccupés de la nature que les capitalistes...

Il n’y a jamais existé des pays réellement communistes. De fait, ces trois pays ont défié le capitalisme, mais ils ne se sont jamais déliés du pouvoir du capital. Ils ont trouvé d’autres façons de le faire exister. L’un des pays qui ont le plus dévasté l’environnement a été l’Union Soviétique, qui a pollué d’immenses territoires. La construction du socialisme ne peut être dissociée d’un souci écologique, base de notre survie. La question n’est pas de renverser le capitalisme ou les Etats capitalistes, qui peuvent être facilement renversés, mais de créer un nouveau pouvoir qui affronte la logique du capital. L’Union Soviétique prouve que les Etats capitalistes peuvent être renversés et ensuite restaurés. La racine du problème ne se trouve pas dans le capitalisme - un système récent dans l’histoire humaine - mais dans la logique du capital. Les pays que vous citez se disaient communistes, mais ils maintenaient la logique de production destructive. Ils pensaient qu’il fallait produire plus que les Etats-Unis, contrôler davantage de sphères d’influence. En réalité, ils ont suivi la même logique. Ils n’ont pas cherché le sens originel des concepts et des connaissances, comme la définition ancienne de l’économie ou les contradictions pointées par Marx. Ils ont réinterprété l’aliénation et l’ont maintenue comme logique dominante.




Le grand défi de l’humanité, c’est de développer une critique critique, au sens politique du terme, par rapport aux pratiques sociales, actuellement aliénées.

Il ne suffit pas de maintenir la critique dans sa tête ou dans un cercle restreint, il faut faire le lien avec la réalité. La critique doit être l’aliment pour organiser un mouvement de masse, afin de transformer la logique du capital. Cela exige que les personnes critiques assument la responsabilité d’un changement de cours. Mais comment cela est-il possible si la direction politique est assumée par un petit groupe et les autres sont exclus des décisions ? Comment attendre que des personnes assument la responsabilité des décisions, si elles ne l’ont jamais fait, ni ne savent comment le faire ?




La notion disant que certains savent et que les autres doivent être commandés est idéologique. L’aliénation maintient cette vision, qui crée des gens déstabilisés, faciles à manipuler.

On ne peut perdre de vue la nécessité de la confrontation. Les exclus doivent remettre en question la raison de leur exclusion. Alors, ils arriveront à la conclusion qu’il n’existe rien qui la justifie.




Comment s’effectue cette prise de conscience ?

Elle ne peut être effectuée simplement par un groupe d’intellectuels. La pensée critique doit parvenir à être développée à une échelle de masse. Le problème, c’est que depuis leur plus jeune âge, dans les écoles, on enseigne aux gens à obéir. Beaucoup de gens n’ont pas accès à l’éducation formelle. Des formes alternatives d’éducation populaire doivent être développées. Il est nécessaire de récupérer le sens de l’éducation : se connaître soi-même, apprendre par différents moyens, créatifs et alternatifs. La pensée critique doit être développée par le peuple, ainsi seulement celui-ci aura la force de se libérer. Il n’y a pas de formule magique, au-delà de la nécessité de stimuler la créativité que l’aliénation tente de détruire.




Marx disait qu’il faut chercher le point de contradiction du système, car c’est la clé pour l’émancipation. Vous dites qu’il faut démystifier les mécanismes de l’aliénation.

L’aliénation ne peut être vaincue que par l’éducation. Il existe un rapport dialectique, c’est clair. On n’en finit pas avec l’aliénation, simplement en promulguant une loi stipulant : L’aliénation est interdite. Cela crée d’avantage d’aliénation. L’éducation doit être orientée vers une humanité soutenable. Il s’agit d’une pédagogie avec une intention politique claire, celle de libérer le peuple, mais non dogmatique, car émanant du peuple lui-même. Il en résulte que cette éducation se trouve dans une phase d’émergence. Il est nécessaire d’assumer la responsabilité de cette perspective de transformation, pas très éloignée, d’un monde sur le point de disparaître. Le premier pas consiste à arrêter la compétition destructive et à stimuler une interaction positive entre les humains.




Écrit par : y | 04/08/2006

jhh Il est bien entendu, quand on est un bon Occidental bien sage, il faut activement soutenir l’existence d’Israël parce que les Arabes qui sont autour de ce petit pays si gentil sont de véritables barbares qui ne souhaitent qu’une chose c’est égorger tous ces juifs et les jeter à la mer. C’est une logique absolument imparable dont on ne peut pas déroger. Si l’état d’Israël n’existe pas, automatiquement les Juifs sont jetés à la mer. Cette logique qu’on pourrait appeler logique populaire puisqu’elle se base sur des évidences ou des apparences ne tient absolument pas compte de la logique plus profonde qui gouverne l’évolution des peuples et des états.

Il est bon ici de répéter pour la énième fois que l’État d’Israël est un danger ; est une plaie a l’intérieur du M-O aussi bien, du reste, que l’Arabie Saoudite puisqu’ils sont tous les deux des états essentiellement religieux complètement pétrifiés et soutenus par le colonialisme occidental. Bien sûr l’État d’Israël est plus dangereux que l’Arabie saoudite parce qu’il est soutenu par tous les Occidentaux alors que si l’Arabie Saoudite venait à s’écrouler il est évident que il n’y aurait pas beaucoup de gens qui verseraient des larmes sur son sort

Il ne viendrait à l’idée de personne de traiter Israël comme n’importe quel autre état en disant que c’est un régime raciste et que ce régime doit tout simplement changer, sans nécessairement que la population qu’il prétend défendre soit amenée à s’en aller. C’est l’hystérie qui entoure la prétendue défense des Juifs qui sert de prétexte à cet état pour ne pas changer de statut. Le changement de statut de l’état d’Israël est équivalent aux yeux de tous à sa disparition.

En réalité il suffirait que le statut judaïque de l’état soit effacé pour que la totalité du problème du MO soit modifié et que ce soit le début d’une ère nouvelle. Il est regrettable que les Arabes jusqu’à présent n’aient pas précisé et inlassablement martelé cette idée. Ils se sont contentés de réagir à la violence israélienne par une violence réciproque. Il s’en est suivi que la propagande occidentale coloniale et la propagande israélienne a pu largement profiter du malentendu en disant que la disparition de l’état d’Israel équivaudrait à la disparition des juifs qui y sont.

Il y a aussi l’argument selon lequel si le statut de l’état juif venait à disparaître ce sont les Juifs qui seraient submergés par la démographie arabe. Il y a là une conception typiquement coloniale où l’envahisseur se sachant minoritaire et ne pouvant pas se mêler à la populace qu’il envahit, réagit avec un mépris caractérisé face à cette populace comparable à des insectes ou à des animaux sauvages bref, à des hordes de gens maléfiques auxquels il ne faut absolument pas se mêler ni échanger au niveau économique, sexuel ou marital.

Cet argument démographique n’est absolument pas valable car quel que soit l’État que l’on construirait en Palestine il y aura forcément un déséquilibre démographique et les Juifs quelle que soit leur puissance militaire ne seront pas plus en mesure de se défendre s’ils ont un état que quand ils sont partout en Orient installés dans toutes les capitales arabes comme ils l’étaient autrefois.

Ce qu’il faut plutôt comprendre de cette situation c’est qu’Israël est le résultat de deux catastrophes politiques : d’une part la chute des grands empires, l’empire austro-hongrois et l’empire tsariste en Europe, qui a fait que les juifs de façon générale se sont trouvés sans la protection de ces empires et ont cherché des refuges un petit peu partout. Ils avaient d’autant plus raison d’avoir peur que le nazisme s’est présenté pas longtemps après qui incarnait la crainte des catholiques face à la disparition de ces mêmes empires qui les protégeaient.

D’autre part, deuxième catastrophe, on a vu le même phénomène en Orient. La destruction de l’empire ottoman au même moment a sans doute provoqué un certain désarroi. En effet l’empire ottoman protégeait les minorités et allait même jusqu’à donner un statut extrêmement privilégié à la communauté juive. L’incertitude qui a prévalu après la chute de l’empire ottoman a provoqué certainement une insécurité dans le monde arabe pour toutes les communautés y compris, bien sûr, la communauté juive.

Mais il ne faut pas exclure les autres communautés puisque l’Arabie saoudite est née à cette époque, aussi bien que les grands partis fascistes comme le parti phalangistes le parti PPS qui sont aussi nés à cette époque. Les grands partis fascistes communautaristes sont aussi nés à cette époque juste après la première guerre mondiale. Ces partis étaient donc au même titre que l’Arabie saoudite ou Israël le résultat de la chute de l’empire ottoman et de ce statut symbolique qu’il jouait et qui permettait à toutes les communautés de se sentir en sécurité.

Le problème qui est a régler au MO n’est pas celui d’Israël mais celui du statut des minorités non pas parce qu’elles sont persécutés mais parce que les régimes politiques qui prévalent aujourd’hui sont calqués sur l’occident laïc et sont donc tout à fait incapables de respecter les minorités. Il faut donc inventer des régimes qui respectent les minorités ; telle est la vraie solution du problème du MO.

Les régimes comme Israël, comme l’Arabie saoudite, comme les partis fascistes communautaristes, ne sont pas des solutions. Ce ne sont que des pis-aller. Israël est un pis-aller, n’est pas du tout une solution pour personne, surtout pas pour les juifs qui sont piéges la dedans et qui sont d’autant plus piégées qu’ils sont applaudis par l’Occident bien content de se débarrasser du problème qu’ils peuvent représenter

Le problème qu’ils représentent n’ayant pas trouvé de solution en Occident ; l’Occident ayant détruit les solutions que l’Orient avait trouvé en détruisant les grands empires centraux, nous nous retrouvons aujourd’hui avec une catastrophe quasi planétaire dans laquelle Israël joue le rôle de l’œil du cyclone. Il faut vraiment être lucide et sortir du guet-apens que représentent ces états communautaristes et inventer des solutions qui protègent et qui tiennent compte réellement du statut des communautés en Orient.

Mais aussi, ça ferait pas de mal à l’Occident de comprendre un petit peu mieux ce qu’il en est du système communautaire puisqu’il est en train lui aussi d’être emporté dans le tourbillon de cette problématique qu’il n’a pas comprise et que sa prétendue puissance rend encore moins capable que les autres de comprendre. Les problèmes communautaires ne sont pas solubles dans la force et la puissance et les partis politiques communautaristes ne sont pas plus aptes à comprendre le problème que les Occidentaux colonialistes. Il s’agit de sortir d’une problématique générale oppositionnelle sacralisante dans laquelle Israël est un objet sacré auquel il ne faut pas toucher et poser les problèmes dans un cadre plus global avec là, peut-être, des perspectives de solution.

Écrit par : jinjn | 01/09/2006

ngn In 1993, seventy-eight senators wrote President Bill Clinton insisting that the United States send even more military aid to Israel. The lawmakers justified their request by citing massive weapons procurement by Arabs states, neglecting to note that 80% of this military hardware was of U.S. origin. If they were really concerned about Israeli security, they would have voted to block these arms transfers. Yet this was clearly not their purpose. Even AIPAC did not actively oppose the sale of 72 highly sophisticated F-15E jet fighters to Saudi Arabia in 1992, since the Bush administration offered yet another boost in U.S. weapons transfers to Israel in return for Israeli acquiescence. In many respects, U.S. aid policy serves the interests of both Israel and autocratic pro-Western Arab regimes in that all share an interest in curbing radical nationalism and Islamism and preserving the regional status quo—if necessary, by military force. In addition, for the Israelis, Arab militarism serves as an excuse for continued repression in the occupied territories and resistance to demands for greater territorial compromise. For autocratic Arab leaders, Israeli military power serves as an excuse for their lack of internal democracy and unwillingness to implement badly-needed social and economic reforms. (It is noteworthy that until 1993, the United States refused to even talk with the Palestinians while sending billions of dollars worth of military equipment to autocratic Arab monarchies in the Persian Gulf, which took a much harder line toward Israel than did the PLO.) The resulting arms race has been a bonanza for U.S. munitions manufacturers, whose hopes for continued prosperity provide a major explanation for U.S. aid policy.

Though Mearsheimer and Walt observe that U.S. foreign aid to Israel comes out to “about $500 a year for every Israeli,” they ignore the fact that virtually all of the military assistance goes directly to American arms merchants and the economic aid is barely more than what Israel pays annually for interest on loans from U.S. banks for previous weapons purchases. In other words, ordinary Israelis never see that money. Furthermore, for every dollar of U.S. military aid, Israeli taxpayers are forced to pay two to three dollars to cover personnel, training, and spare parts.




The Functions of Blaming the Israel Lobby

Columbia University professor Joseph Massad—who regularly endures attacks by the Israel lobby for his defense of Palestinian rights—contends that the attraction of Mearsheimer and Walt's argument is that “it exonerates the United States government from all the responsibility and guilt that it deserves for its policies in the Arab world.” There is something quite convenient and discomfortingly familiar about the tendency to blame an allegedly powerful and wealthy group of Jews for the overall direction of an increasingly controversial U.S. policy. Indeed, like exaggerated claims of Jewish power at other times in history, such an explanation absolves the real powerbrokers and assigns blame to convenient scapegoats. This is not to say that Mearsheimer, Walt, or anyone else who expresses concern about the power of the Israel lobby is an anti-Semite, but the way in which this exaggerated view of Jewish power parallels historic anti-Semitism should give us all pause.

Those of us who have lobbied for a more balanced U.S. policy toward the Israeli-Palestinian conflict have often, but always off-the-record, been told by congressional aides—and sometimes by members of Congress themselves—that they are not to blame for right-wing voting records on Israeli-Palestinian issues because they are the victims of pressure from the Israel lobby. Such claims, however, are frequently disingenuous and self-serving.

For example, in 1991, during a meeting with a prominent staffer of Washington Democratic Senator Brock Adams, in which I raised concerns about the senator's hard-line anti-Palestinian voting record, the staffer insisted that the senator took such positions to appease wealthy Jewish campaign contributors. He advised that if I really wanted to change the senator's position, I should work for campaign finance reform. In early 1992, a major sex scandal forced Senator Adams to abandon his re-election bid and any hope of ever again being elected to public office. In his remaining year as a lame-duck senator, however, he continued to vote as strongly as ever in defense of Israeli government policies. In short, Jewish money had little to do with Adams ' anti-Palestinian extremism. His aide, like many of his counterparts on Capitol Hill, cynically utilized the age-old anti-Semitic stereotype of “blaming the Jews” rather than acknowledging the right-wing militarist predilections of his boss.

To this day, however, you still hear some peace and human rights activists quoting congressional aides and members of Congress as if these influential and (mostly) wealthy, white, Anglo-Saxon, Protestant lawmakers were actually helpless, innocent victims of a sinister cabal of rich and powerful Jews. Opposing inhumane Israeli policies is not anti-Semitic, but when those in positions of power utilize an exaggerated claim of Jewish clout in order to divert public attention from their own complicity with unpopular policies, they are indeed flirting with anti-Semitism.

Even more disturbing is the way that blaming the Israel lobby has been used in foreign capitals to get U.S. decision-makers off the hook for America's controversial policies regarding Israel and Palestine. Another prominent professor of international relations, A.F.K. Organski, observes, “The belief that the Jewish lobby … is very powerful has permitted top U.S. policymakers to use ‘Jewish influence' or ‘domestic politics' to explain the policies … that U.S. leaders see as working to U.S. advantage, policies they would pursue regardless of Jewish opinion on the matter.” Organski further notes that when Arab and European leaders have raised concerns about U.S. positions, “ U.S. officials need give only a helpless shrug, a regretful sigh, and explain how it is not the administration's fault, but that policymakers must operate within the constraints imposed by powerful domestic pressures molding congressional decisions.” My interviews with a half dozen Arab foreign ministers and deputy foreign ministers in recent years have confirmed that U.S. diplomats routinely blame the “Jewish lobby” as a means of diverting blame away from the U.S. government. This cynical excuse has contributed to the frightening rise in recent years of anti-Jewish attitudes in the Arab world.




Conclusion

The consequences of U.S. policy regarding the Israeli-Palestinian conflict could be tragic, not just for Palestinians and other Arabs, who are the immediate victims of the diplomatic support and largess of American aid to Israel, but ultimately for Israel as well. The fates of American client states have often not been positive. Though differing in many respects, Israel could end up like El Salvador or South Vietnam, whose leadership made common cause with U.S. global designs in ways that ultimately led to untold misery and massive destruction. Israeli leaders and their counterparts in many American Zionist organizations have been repeating the historic error of accepting short-term benefits for their people at the risk of compromising long-term security.

It has long been in Washington's interest to maintain a militarily powerful and belligerent Israel dependent on the United States. Real peace could undermine such a relationship. The United States has therefore pursued a policy that attempts to bring greater stability to the region while falling short of real peace. Washington wants a Middle East where Israel can serve a proxy role in projecting U.S. military and economic interests. This symbiosis requires suppressing challenges to American-Israeli hegemony within the region.

This also requires suppressing challenges to this policy within the United States and there is no question that the Israel lobby plays an important role in this regard. However, this is primarily an issue of the Israel lobby working at the behest of U.S. foreign policymakers, not U.S. foreign policymakers working at the behest of the Israel lobby.

Unfortunately, Washington's agenda provokes a reaction that all but precludes any kind of stable order that would enhance the long-term national security interests of the United States or Israel, much less peace or justice. U.S. policy has resulted in dividing Israelis from Arabs, although both are Semitic peoples who worship the same God, love the same land, and share a history of subjugation and oppression. The so-called peace process is not about peace but about imposing a Pax Americana. To blame the current morass in the Middle East on the Israel lobby only exacerbates animosities and plays into the hands of the divide-and-rule tactics of those in Congress and the administration whose primary objective is ultimately not to help Israel but to advance the American Empire

Écrit par : ngn | 01/09/2006

jyjt In the current fractious debate over the role of the Israel Lobby in the formulation and execution of US policies in the Middle East, the "either-or" framework -- giving primacy to either the Israel Lobby or to U.S. strategic interests -- isn't, in my opinion, very useful.

Apart from the Israel-Palestine conflict, fundamental U.S. policy in the Middle East hasn't been affected by the Lobby. For different reasons, both U.S. and Israeli elites have always believed that the Arabs need to be kept subordinate. However, once the U.S. solidified its alliance with Israel after June 1967, it began to look at Israelis, and Israelis projected themselves, as experts on the "Arab mind." Accordingly, the alliance with Israel has abetted the most truculent U.S. policies, Israelis believing that "Arabs only understand the language of force" and every few years this or that Arab country needs to be smashed up. The spectrum of U.S. policy differences might be narrow, but in terms of impact on the real lives of real people in the Arab world these differences are probably meaningful, the Israeli influence making things worse.

The claim that Israel has become a liability for U.S. "national" interests in the Middle East misses the bigger picture. Sometimes what's most obvious escapes the eye. Israel is the only stable and secure base for projecting U.S. power in this region. Every other country the U.S. relies on might, for all anyone knows, fall out of U.S. control tomorrow. The U.S. discovered this to its horror in 1979, after immense investment in the Shah. On the other hand, Israel was a creation of the West; it's in every respect, culturally, politically, economically in thrall to the West, notably the U.S. This is true not just at the level of a corrupt leadership, as elsewhere in the Middle East but, what's most important, at the popular level. Israel's pro-American orientation exists not just among Israeli elites but also among the whole population. Come what may in Israel, it's inconceivable that this fundamental orientation will change. Combined with its overwhelming military power, this makes Israel a unique and irreplaceable American asset in the Middle East.

In this regard, it's useful to recall the rationale behind British support for Zionism. Zionist leader Chaim Weizmann once asked a British official why the British continued to support Zionism despite Arab opposition. Didn't it make more sense for them to keep Palestine but drop support for Zionism? "Although such an attitude may afford a temporary relief and may quiet Arabs for a short time," the official replied, "it will certainly not settle the question as the Arabs don't want the British in Palestine, and after having their way with the Jews, they would attack the British position, as the Moslems are doing in Mesopotamia, Egypt and India." Another British official judged retrospectively that, however much Arab resentment it provoked, British support for Zionism was prudent policy, for it established in the midst of an "uncertain Arab world a... well-to-do educated, modern community, ultimately bound to be dependent on the British Empire." Were it even possible, the British had little interest in promoting real Jewish-Arab cooperation because it would inevitably lessen this dependence. Similarly, the U.S. doesn't want an Israel truly at peace with the Arabs, for such an Israel could loosen its bonds of dependence on the U.S., making it a less reliable proxy. This is one reason why the claim that Jewish elites are "pro"-Israel makes little sense. They are "pro" an Israel that is useful to the U.S. and, therefore, useful to them. What use would a Paul Wolfowitz have of an Israel living peacefully with its Arab neighbors and less willing to do the U.S.'s bidding?

The historical record strongly suggests that neither Jewish neo-conservatives in particular nor mainstream Jewish intellectuals generally have a primary allegiance to Israel, in fact, any allegiance to Israel. Mainstream Jewish intellectuals became "pro"-Israel after the June 1967 war when Israel became the U.S.'s strategic asset in the Middle East, i.e., when it was safe and reaped benefits. To credit them with ideological conviction is, in my opinion, very naive. They're no more committed to Zionism than the neo-conservatives among them were once committed to Trotskyism; their only ism is opportunism. As psychological types, these newly minted Lovers of Zion most resemble the Jewish police in the Warsaw ghetto. "Each day, to save his own skin, every Jewish policeman brought seven sacrificial lives to the extermination altar," a leader of the Resistance ruefully recalled. "There were policemen who offered their own aged parents, with the excuse that they would die soon anyhow." Jewish neo-conservatives watch over the U.S. "national" interest, which is the source of their power and privilege, and in the Middle East it happens that this "national" interest largely coincides with Israel's "national" interest. If ever these interests clashed, who can doubt that, to save their own skins, they'll do exactly what they're ordered to do, with gusto?

Unlike elsewhere in the Middle East, U.S. elite policy in the Israel-Palestine conflict would almost certainly not be the same without the Lobby. What does the U.S. gain from the Israeli settlements and occupation? In terms of alienating the Arab world, it's had something to lose. The Lobby probably can't muster sufficient power to jeopardize a fundamental American interest, but it can significantly raise the threshold before U.S. elites are prepared to act i.e., order Israel out of the Occupied Palestinian Territories, as the U.S. finally pressured the Indonesians out of Occupied East Timor. Whereas Israel doesn't have many options if the U.S. does finally give the order to pack up, the U.S. won't do so until and unless the Israeli occupation becomes a major liability for it: on account of the Lobby the point at which "until and unless" is reached significantly differs. Without the Lobby and in the face of widespread Arab resentment, the U.S. would perhaps have ordered Israel to end the occupation by now, sparing Palestinians much suffering.

In the current "either-or" debate on whether the Lobby affects U.S. Middle East policy at the elite level, it's been lost on many of the interlocutors that a crucial dimension of this debate should be the extent to which the Lobby stifles free and open public discussion on the subject. For in terms of trying to broaden public discussion here on the Israel-Palestine conflict the Lobby makes a huge and baneful difference. Especially since U.S. elites have no entrenched interest in the Israeli occupation, the mobilization of public opinion can have a real impact on policy-making, which is why the Lobby invests so much energy in suppressing discussion.



Écrit par : jhj | 01/09/2006

jju Laissons de côté ces Israéliens dont l'idéologie soutient la dépossession du peuple palestinien parce que "Dieu nous a choisis". Laissons de côté les juges qui absolvent toutes les tueries et les destructions effectuées par la police militaire. Laissons de côté les commandants militaires qui emprisonnent en connaissance de cause une nation entière dans des enclos surmontés de murs, de tours d'observation fortifiées, de mitrailleuses, de barbelés et de projecteurs aveuglants. Laissons de côté les ministres. Tous ceux-ci ne sont pas des collaborateurs : ce sont les architectes, les planificateurs, les concepteurs et les bourreaux.

Mais il y a les autres. Les historiens et les mathématiciens, les rédacteurs en chef, les stars des médias, les psychologues et les médecins de famille, les avocats qui ne soutiennent pas Gush Emunim[1] et Kadima, les professeurs et les éducateurs, les amoureux des chemins de randonnée et des chansons que l'on reprend en cœur, les [petits] génies de la haute-technologie. Où êtes-vous ? Et vous, les chercheurs sur le Nazisme, l'Holocauste et les goulags soviétiques, où êtes-vous ? Se pourrait-il que vous soyez tous favorables aux lois de discrimination systématique ? Des lois qui stipulent que les Arabes de Galilée ne seront même pas indemnisés pour les dommages causés par la [dernière] guerre au même niveau que leurs voisins juifs.

Se pourrait-il que vous soyez tous favorables à la Loi sur la Citoyenneté, raciste, qui interdit à un Arabe israélien de vivre avec sa famille dans sa propre maison ? Que vous vous rangiez du côté des expropriations supplémentaires de terres et de la démolition additionnelle de vergers, permettant une nouvelle implantation de colons et une autre route à usage exclusif des Juifs ? Que vous souteniez tous le pilonnage et les tirs de missiles qui tuent les jeunes et les vieux dans la Bande de Gaza ?

Se pourrait-il que vous soyez tous d'accord qu'un tiers de la Cisjordanie (la Vallée du Jourdain) devrait être interdit aux Palestiniens ? Que vous vous rangiez tous du côté de la politique israélienne qui empêche des dizaines de milliers de Palestiniens ayant obtenu une nationalité étrangère de retourner vers leurs familles dans les territoires occupés ?

Se pourrait-il que vos cerveaux aient été lavés à ce point par le prétexte de la sécurité, qui a pris l'habitude d'interdire aux étudiants de Gaza d'étudier l'ergothérapie[2] à Bethléem et la médecine à Abou Dis, et qui empêche les malades de Rafah de recevoir des traitements médicaux à Ramallah ? Trouverez-vous aussi qu'il est facile de se cacher derrière l'explication "nous ne le savions pas" : nous ne savions pas que la discrimination pratiquée dans la distribution d'eau - exclusivement contrôlée par Israël - laisse des milliers de foyers palestiniens sans eau durant les mois d'été très chauds ; nous n'avions aucune idée que lorsque les FDI bloquent l'entrée des villages, elles bloquent aussi leur accès aux sources et aux réservoirs d'eau.

Mais il est impossible que vous ne voyiez pas les barrières métalliques le long de la route 344 en Cisjordanie, qui bloquent son accès aux villages palestiniens par lesquels elle passe. Il n'est pas possible que vous souteniez l'interdiction d'accès de milliers de paysans à leurs terres et plantations, que vous souteniez la quarantaine placée sur Gaza qui empêche l'entrée de médicaments dans les hôpitaux, qui coupe l'électricité et interrompt l'approvisionnement en eau à 1,4 millions d'êtres humains, fermant pendant des mois leur seul point de passage vers le monde extérieur.

Se pourrait-il que vous ne sachiez pas ce qu'il se passe à 15 minutes de vos facultés et de vos bureaux ? Est-ce possible que vous souteniez ce système dans lequel les soldats hébreux, aux barrages situés en plein milieu de la Cisjordanie, laissent des dizaines de milliers de personnes attendre chaque jour pendant des heures sous le soleil brûlant, pendant que vous effectuez le tri : les habitants de Naplouse et de Tulkarem, de moins de 35 ans, ne sont pas autorisés à passer - Yallah [Allez !], On retourne à Jénine ! Les habitants du village de Salem ne sont même pas autorisés à y être, une femme malade qui a franchi la ligne doit recevoir une leçon et sera résolument détenue pendant des heures. Le site de Machsom Watch [3] est accessible à tous ; dedans on y trouve un nombre incalculable de témoignages de ce genre - et même bien pire ! - une routine quotidienne.

Mais il ne se peut pas que ceux qui sont scandalisés et outrés par chaque croix gammée peinte en France sur une tombe juive et par chaque gros-titre antisémite dans un journal local espagnol ne sachent pas comment accéder à cette information et ne soient pas scandalisés.

En tant que Juifs, nous bénéficions des privilèges qu'Israël nous accorde, ce qui fait de nous tous des collaborateurs. La question est : Qu'est-ce que chacun d'entre nous fait quotidiennement de façon directe et active pour minimiser la coopération avec un régime qui dépossède, qui assassine et qui n'en a jamais assez ? Signer des pétitions et lancer des tss-tss de réprobation ne servent à rien. Israël est une démocratie pour ses Juifs. Nos vies ne sont pas en danger, nous ne serons pas emprisonnés dans des camps de concentration, il ne sera pas porté atteinte à nos moyens d'existence et l'on ne nous empêchera pas de nous détendre à la campagne ou à l'étranger. Par conséquent, le poids de la collaboration et de la responsabilité directe est immensément lourd.

Écrit par : hh | 02/09/2006

h Gaza a été réoccupée. Le monde doit le savoir et les Israéliens aussi doivent le savoir. Gaza se trouve dans la pire des situations de son histoire. Depuis la capture de Gilad Shalit et plus encore depuis le déclenchement de la guerre au Liban, les Forces de Défense d'Israël [FDI] saccagent tout dans Gaza - il n'y a aucun autre mot pour le décrire - tuent, démolissent, bombardent et pilonnent, sans discrimination.

Personne ne pense à mettre en place une commission d'enquête, la question n'est même pas à l'ordre du jour. Personne ne demande pourquoi cela a lieu et qui l'a ordonné. Mais, sous le couvert des ténèbres la guerre au Liban, les FDI sont retournées à leurs vieilles pratiques à Gaza comme s'il n'y avait jamais eu aucun désengagement. Par conséquent, cela doit être dit sans détours : le désengagement est mort. À part les implantations qui sont toujours un tas de gravats, il ne reste rien du désengagement et de ses promesses. Combien tout ce blabla sublime et absurde au sujet de "la fin de l'occupation" et "de la partition de la terre" apparaît à présent méprisable ! Gaza est occupée et avec une plus grande brutalité qu'avant. Le fait que ce soit plus pratique pour l'occupant de la contrôler de l'extérieur n'a rien à voir avec les conditions de vie intolérables de l'occupé.

Ces derniers temps, dans de grandes parties de Gaza, il n'y plus aucune électricité. Israël a bombardé la seule station d'électricité de Gaza et plus de la moitié de la fourniture d'électricité sera coupée pendant encore au moins un an. Il n'y a pratiquement pas d'eau. Puisqu'il n'y a plus d'électricité, approvisionner les habitations en eau est pratiquement impossible. Gaza est plus sale et plus nauséabonde que jamais : À cause de l'embargo qu'Israël et le monde ont imposé sur l'autorité élue, aucuns salaires n'ont été payés et les nettoyeurs de rue ont été en grève pendant les dernières semaines. Des piles de détritus et des nuages de puanteur étranglent la bande côtière, la faisant ressembler à Calcutta.

Plus que jamais, Gaza est aussi comme une prison. Le passage d'Erez est vide, le passage de Karni n'a été ouvert que quelques jours ces derniers mois et la même chose est vraie pour le passage de Rafah. Quelques 15.000 personnes ont attendu pendant deux mois pour entrer en Egypte, certains attendent toujours, y compris un grand nombre de personnes malades et blessées. 5.000 autres personnes attendaient de l'autre côté pour retourner dans leurs foyers. Certains sont morts pendant l'attente. Il faut voir les scènes à Rafah pour comprendre à quel point cette tragédie humaine qui se déroule est profonde. Un passage qui n'était pas censé avoir une présence israélienne continue d'être un moyen pour Israël de faire pression sur 1,5 millions d'habitants. C'est une punition collective scandaleuse et choquante. Les Etats-Unis et l'Europe, qui font la police au passage de Rafah, sont aussi responsables de cette situation. Gaza est aussi plus pauvre et plus affamée qu'elle ne l'a jamais été. Il n'y a pratiquement aucune marchandise qui entre ou qui sort. Pêcher est interdit. Les dizaines de milliers de fonctionnaires de l'AP ne reçoivent plus aucun salaire et la possibilité de travailler en Israël est hors de question.

Et nous n'avons pas encore parlé de la mort, de la destruction et de l'horreur. Ces deux derniers mois, Israël a tué 224 Palestiniens, dont 62 enfants et 25 femmes. Israël a bombardé et assassiné, détruit et pilonné, et personne ne l'a arrêté. Aucune cellule de lanceurs de Qassam et aucun tunnel de contrebande ne peut justifier une tuerie à si grande échelle. Il n'y a pas un seul jour sans morts, la plupart des civils palestiniens innocents.

Où sont passés les jours où il y avait encore un débat en Israël sur les assassinats ? Aujourd'hui, Israël largue d'innombrables missiles, obus et bombes sur les maisons et tue des familles entières, en route vers un autre assassinat. Les hôpitaux croulent sous les plus de 900 personnes qui doivent subir des interventions. À l'hôpital de Shifa, le seul équipement de Gaza que l'on peut encore appeler un hôpital, j'ai vu des scènes déchirantes, la semaine dernière. Des enfants démembrés, sous respirateur, paralysés, infirmes pour le reste de leurs vies.

Des familles ont été tuées dans leur sommeil ou pendant qu'elles se déplaçaient à dos d'ânes ou qu'elles travaillaient dans les champs. Des enfants effrayés, traumatisés par ce qu'ils ont vu, recroquevillés chez eux avec une horreur dans leurs yeux qu'il est difficile de décrire avec des mots. Un journaliste espagnol qui a passé récemment du temps à Gaza, un vieux routier des zones de guerre et de désastres dans le monde entier, a dit qu'il n'avait jamais été exposé à des scènes aussi horribles que celles qu'il a vues et qu'il a décrites pendant ces deux derniers mois.

Il est difficile de déterminer qui a décidé tout cela. On peut douter que les ministres aient conscience de la réalité à Gaza. Ils en sont responsables, à commencer avec la mauvaise décision sur l'embargo, jusqu'aux bombardements des ponts de Gaza et de la centrale électrique et les assassinats de masse. Aujourd'hui, Israël est responsable une nouvelle fois de tout ce qui arrive à Gaza.

Les événements de Gaza exposent la grande fraude de Kadima : Il est arrivé au pouvoir en profitant du succès visible du désengagement, qui est maintenant de l'histoire ancienne. Et il a promis la convergence, une promesse que le Premier ministre a déjà annulée. Ceux qui pensent que Kadima est un parti centriste devraient désormais savoir qu'il n'est rien d'autre qu'un parti d'occupation de droite. La même chose est vraie pour le parti travailliste. Le ministre de la défense, Amir Peretz n'est pas moins responsable de ce qui se passe à Gaza que le Premier ministre et ses mains sont aussi pleines de sang que celles d'Olmert. Il ne peut plus jamais se présenter comme un "homme de paix". Les invasions terrestres toutes les semaines, à chaque fois à des endroits différents, les opérations d'assassinat et de destruction par voie maritime, aérienne et terrestre sont toutes affublées de noms qui tentent d'effacer la réalité, comme "Pluies d'Eté" ou "Jardin d'enfants verrouillé". Aucun prétexte au nom de la sécurité ne peut expliquer ce cycle de folie et aucun argument civique ne peut excuser le silence scandaleux de nous tous. Gilad Shalit ne sera pas libéré et les Qassams ne s'arrêteront pas. Au contraire, il y a une horreur qui se déroule à Gaza et, pendant que cela pourrait empêcher quelques attaques terroristes à court terme, cela va sûrement donner naissance à beaucoup plus de terrorisme meurtrier. Israël dira alors avec son autosatisfaction coutumière : "Mais nous leur avons rendu Gaza".

Écrit par : h | 05/09/2006

n By JONATHAN COOK

Nazareth.

More than a little uncomfortably, I find myself with a bone to pick with one of our finest champions of humanitarian values and opponents of war. During Israel¿s attack on Lebanon this summer, the distinguished British journalist Robert Fisk did sterling work -- as might have been expected -- debunking some of the main myths that littered the battlefield almost as dangerously as the tens of thousands of US-made cluster bombs that Israel dropped in the last days of the fighting.

He documented the violations of international law by Israel in Lebanon, offering a personal record of the nature and scale of war crimes as more than 1,000 Lebanese civilians died in Israel¿s aerial bombardment of the country, hundreds of thousands more were made refugees, and most of the country¿s infrastructure -- its roads, bridges, power stations, oil refineries and factories -- went up in flames. For this he deserves our thanks and praise.

But possibly in an attempt at even-handedness, Fisk has also muddied the picture in relation to the actions of Hizbullah and thereby contributed towards the very mythical narratives he seeks to undermine.

This was done -- in a predictable hiatus in each of his stories that over time developed into a writer¿s tic -- by repeatedly accusing the Shiite militia of both provoking the war with Israel and intending Lebanon¿s destruction. Uncharacteristically, Fisk failed to offer us the evidence on which these conclusions were based.

I take this failing -- maybe small compared to the far grosser distortions presented by other mainstream commentators -- seriously because of Fisk¿s past achievements in countering the distortions in almost all Western reporting on the Middle East and the ¿war on terror¿.

Hizbullah and its leader, Hassan Nasrallah, deserve the fairest hearing we can give them, especially as their voices are systematically excluded from a Western press that identifies with Israel.

I am in no position to challenge Fisk¿s expertise and familiarity with Lebanese society and politics. If the Independent¿s reporter tells us Hizbullah is no simple puppet of Tehran while noting that its weapons are supplied by Iran (and observing that Israel¿s are supplied by the US) I assume he is right. I also accept his reports that on occasion he saw Hizbullah fighters taking shelter behind buildings in south Lebanon¿s towns and villages, and his parallel observations that Israeli soldiers did the same as they struggled to invade the border areas.

The problem is in his constantly aired statement that ¿Hizbollah provoked this war by capturing two Israeli soldiers and killing three others on 12 July¿ (16 Aug 2006). Left as a simple statement of fact, it could be allowed to pass without comment. But Fisk repeatedly adds a series of further insinuations: that Hizbullah wanted Israel to attack, that it planned the war (not just that it planned for the war), that it knew precisely the scale of destruction Israel would unleash, that it was following Syria¿s orders, and that by implication Syria -- and possibly Hizbullah -- wanted Lebanon¿s destruction.

Here is small selection of these regular interjections in his stories:

¿No, let us not forget that the Hizbollah broke international law, crossed the Israeli border, killed three Israeli soldiers, captured two others and dragged them back through the border fence. It was an act of calculated ruthlessness that should never allow Hizbollah leader, Hassan Nasrallah, to grin so broadly at his press conference. It has brought unparalleled tragedy to countless innocents in Lebanon ¿ So Syria -- which Israel rightly believes to be behind Wednesday's Hizbollah attack -- is not going to be bombed. It is Lebanon which must be punished¿ ( July 15, 2006).

¿It now appears clear that the Hizbollah leadership -- Nasrallah used to be the organisation's military commander in southern Lebanon -- thought carefully through the effects of their border crossing, relying on the cruelty of Israel's response to quell any criticism of their action within Lebanon. They were right in their planning. The Israeli retaliation was even crueller than some Hizbollah leaders imagined, and the Lebanese quickly silenced all criticism of the guerrilla movement ¿ Then came [Hizbullah¿s] Haifa missiles and the attack on the [Israeli] gunboat. It is now clear that this successful military operation -- so contemptuous of their enemy were the Israelis that although their warship was equipped with cannon and a Vulcan machine gun, they didn't even provide the vessel with an anti-missile capability -- was also planned months ago¿ ( July 16, 2006).

¿Now to the Department of Home Truths. Mr Siniora [Lebanon¿s prime minister] did not mention the Hizbollah. He did not say he had been powerless to stop its reckless attack on Israel last week. He didn't want to criticise this powerful guerrilla army in his midst which had proved that Syria still controls events in this beautiful, damaged country¿ ( July 21, 2006).

¿Of course, the Hizbollah have brought catastrophe to their coreligionists¿ (July 26, 2006).

¿The Hizbollah has been waiting and training and dreaming of this new war for years, however ruthless we may regard the actions¿ (July 27, 2006).

¿So fierce has been Hizbollah's resistance -- and so determined its attacks on Israeli ground troops in Lebanon -- that many people here no longer recall that it was Hizbollah which provoked this latest war by crossing the border on 12 July, killing three Israeli soldiers and capturing two others ¿ And do the Israelis realise that they are legitimising Hizbollah, that a rag-tag army of guerrillas is winning its spurs against an Israeli army¿ (Aug 5, 2006).

¿The Hizbollah have, for years, prayed and longed and waited for the moment when they could attack the Israeli army on the ground ( Aug 14 2006).

¿It was Nasrallah's men who crossed the Israeli border on 12 July, captured two Israeli soldiers, killed three others and thus unleashed the entirely predictable savagery of the Israeli air force and army against the largely civilian population of Lebanon¿ (2 Sept 2006).

The implications of these comments are serious, and deserve to be set out clearly and transparently by a reporter who consistently makes them. And yet Fisk has not produced any evidence, let alone reasoned argument, to suggest that Syria, through Hizbullah, planned a war that would offer Israel the chance to destroy Lebanon. I am not saying Fisk is wrong, but I would like to know the basis for his grave claims.

What makes his comments all the more strange is that Fisk seems to be at least aware that, quite unrelated to the capture of the two Israeli soldiers, Israel had planned its assault on Lebanon for some time:

¿Israel itself, according to reports from Washington and New York, had long planned its current campaign against Lebanon -- provoked by Hizbollah's crossing of the Israeli frontier, its killing of three soldiers and seizure of two others on 12 July¿ (Aug 14 2006).

¿According to Seymour Hersh in The New Yorker, Israel's attack had also been carefully planned -- and given the ¿green light¿ by the Bush administration as part of its campaign to humble Iran. I think Hersh is right¿ ( Sept 2, 2006).

So who then is really to blame for ¿starting¿ this war?

After hearing an address by Nasrallah on Lebanese TV, Fisk is particularly incensed by Nasrallah¿s ¿hypocritical¿ comments that he would never have launched his operation to capture the Israeli soldiers had he predicted Israel¿s brutal reponse. Fisk¿s outrage seems overstated -- and stands in opposition to his observation (cited above) that Israel¿s attack ¿was even crueller than some Hizbollah leaders imagined¿.

The reason for Nasrallah¿s comments are not difficult to divine. After the destruction inflicted by Israel, doubtless he feels under pressure to distance himself from the catastrophe that has befallen his nation. Isn¿t that what politicians -- everywhere and at all times -- do?

But Fisk is equally enraged by Nasrallah¿s other, more serious (and partially inconsistent) claim about the war: that Hizbullah knew Israel and the US were looking for an excuse to attack Lebanon and believed it was better to catch them off guard so that Hizbullah could fight at a time of its own choosing.

Even though, as we saw above, Fisk appears to agree with this interpretation of events, he again lambasts the Hizbullah leader for hypocrisy: ¿I think both sides planned this, and a hint came in another part of Nasrallah's breathtakingly hypocritical address. ¿In any case,¿ he said, ¿Israel was going to launch a war at the start of this autumn and the degree of destruction then would have been even greater.¿ Well, thanks for telling me, Hassan¿ ( Sept 2).

Surely, after the apparent inconsistencies in Fisk¿s own commentaries over more than a month of reporting, his readers deserve a profounder summation of his views than this. How and why did two hostile sides -- Syria, and Israel and the US -- both plan a war, much at the same time, whose outcome was the certain destruction of Lebanon?

We can speculate about Israel¿s interests in doing this. It may have hoped to provoke a civil war in Lebanon, much as it is trying to do in Gaza, to weaken its neighbor. It may have believed that by terrifying the general Lebanese population from the south, it could permanently reoccupy the area. It may also have hoped that, if it were winning such a war, it could drag in Syria and Iran.

But why would Syria want Lebanon destroyed? A fit of pique at being expelled from Lebanon last year according to US designs for a Cedar Revolution? Is that Fisk¿s conclusion?

And how does Hizbullah fit into this picture? Is Fisk telling us that Hizbullah is the simple puppet of Syria -- much as pro-war commentators say Hizbullah is controlled by Iran? Did Hizbullah will the destruction of Lebanon too?

Most noticeable is that, in constantly castigating Hizbullah for ¿starting¿ the war, Fisk entirely ignores the background to the confrontation: that Israeli war planes and spy drones were almost daily violating Lebanese air space and sovereignty, as well, of course, as the issues of Lebanese prisoners in Israeli jails, Israel¿s refusal to hand over the maps of the minefields it laid during its two-decade occupation, and its continuing refusal to negotiate over the land corridor known as the Shebaa Farms.

These central issues -- taken together with the persuasive accounts that Israel and the Pentagon had been planning an attack on Lebanon for at least a year -- make Fisk¿s implied claims that Syria and Hizbullah started the war to provoke Israel into destroying Lebanon look misleading at best.

A separate factor may help to explain how Fisk¿s judgment may have been clouded. He often mentions in passing his close relations with the family of the late Lebanese prime minister Rafik Hariri, who was killed by a car bomb more than a year ago that was widely blamed on Syria. Hariri, a millionaire Sunni businessman, was responsible for much of the private investment in Lebanon that led to its reconstruction and which Israel has now destroyed.

Fisk, rightly, lays the main blame for the damage to Lebanon¿s national infrastructure -- and the deaths of more than 1,000 civilians -- at Israel¿s door. But he owes it to his readers to be much clearer about how and why he thinks Syria and Hizbullah conspired to offer Israel the chance to wreak such destruction. It¿s time for Fisk to tell us the whole story.

Écrit par : n | 08/09/2006

d L'OMS minimise le risque de transmission à l'homme
LE MONDE | 21.02.06 | 12h52 • Mis à jour le 21.02.06 | 15h07
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près avoir régulièrement alerté l'opinion sur les risques croissants d'émergence d'une pandémie grippale hautement meurtrière, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) juge aujourd'hui nécessaire d'apporter sur ce thème une série de précisions a priori rassurantes.

Dans un communiqué, publié lundi 20 février sur son site Internet, l'OMS explique que les mutations génétiques observées du virus A (H5N1) de la grippe aviaire seraient de nature à rendre cet agent pathogène plus dangereux pour les oiseaux sans pour autant augmenter pour l'instant la menace pour l'espèce humaine. L'OMS souligne que ces précisions sont une réponse aux interrogations formulées par différents médias quant aux possibles conséquences des mutations virales pour l'homme.



Écrit par : d | 15/09/2006

f En pleine polémique sur les effets et méfaits de la colonisation, il s'insurgeait avec d'autres contre toutes les instrumentalisations de l'histoire et les lois qui prétendent dire la vérité historique : «L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.»

Écrit par : f | 17/09/2006

k Le pape visite l’université où il a enseigné, retrouve des anciens collègues et donne une « leçon » dans le grand amphithéâtre. On note le ton très familier et très personnel : réminiscences et souvenirs, avant d’aborder le sujet dont il veut parler : le lien entre Raison et Foi.

L’amorce elle-même est très personnelle : « Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de… ». Manifestement, Benoît XVI parle de façon détendue… d’autant plus que ce texte, quand il apparaît sur le site Internet du Vatican est accompagné d’une mention bien étrange pour un texte « pontifical » : le Saint Père a l’intention de fournir une version ultérieure de ce texte complétée de notes. Le texte actuel peut donc être considéré comme provisoire.

Tout indique donc que l’on n’a pas ici un document dont l’auteur a pesé tous les mots.

Le vrai débat :

Ce qui a étonné beaucoup de musulmans, ce n’est pas le sujet principal de la conférence du pape : personne ne conteste, ni parmi les chrétiens, ni parmi les musulmans, le lien qu’il établit entre la rationalité et la foi.

Leur première source d’étonnement vient du fait que pour trouver un exemple à ne pas suivre, il est allé puiser chez les musulmans, comme s’il n’en existait pas dans la longue histoire des débats théologiques du Christianisme. L’impression – première et superficielle, j’en conviens – qu’on en retire est que la rationalité se trouve chez les chrétiens et non dans l’islam.

A juste titre, les musulmans nous citent l’exemple des Mu’tazilites ou des Philosophes qui, tout musulmans qu’ils étaient, en venaient à dire que la vérité recherchée par les philosophes est du même ordre que la vérité prêchée par les prophètes à travers des symboles. On pense à Avicenne ou à Averroès. Notons, en passant, que beaucoup de penseurs musulmans du 20ème siècle sont, en fait, des néo-mu’tazilites.

Une deuxième surprise vient du fait que le pape puise ses idées dans la littérature des controverses : Manuel Paléologue (1350-1425) ; Ibn Hazm (994-1064), si bien que les paroles qu’il cite sont, en elles-mêmes, provocantes. D’ailleurs le pape lui-même le souligne !

Deux points provoquent un véritable choc :

En citant ces textes, Benoît XVI ajoute des commentaires qui sont, à la fois, offensants et inexacts. En effet, le pape commente de son propre chef : « Assurément l’empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire : « Nulle contrainte en religion ! ». C’est l’une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n’avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement l’empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. »

Il s’agit là des propos du pape lui-même. L’ennui, c’est que ce verset coranique – de l’avis unanime de tous les commentateurs – tant chrétiens que musulmans – n’est pas de la période initiale, mais bien de la période médinoise quand Muhammad est en position d’autorité. L’implication que les musulmans ont bien saisie, c’est que le pape attribue à Muhammad lui-même le contenu des versets.

On ne saurait faire au pape le reproche de ne pas croire en l’inspiration du Coran ! mais on peut lui reprocher de fournir – involontairement sans doute – une explication historique inexacte.

Un autre point suscite la controverse : n’étant sans doute pas très versé dans l’histoire des courants théologiques de l’islam, Benoît XVI suit, sans la mettre en doute, l’opinion – discutable – de T. Khoury qui dit : « Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable » et qui cite, pour justifier cette idée, une phrase, tirée hors contexte, d’Ibn Hazm, un auteur espagnol qui voulait condamner toute spéculation théologique mais qui, justement, n’a pas fait école parmi les penseurs musulmans.

Les musulmans s’indignent que cette opinion marginale soit présentée comme représentative de l’ensemble de la doctrine islamique.

Ajoutons que présenter Dieu comme libre de nos petites logiques est un thème familier de la littérature biblique : « Mes pensées ne sont pas vos pensées – comme le ciel est au-dessus de la terre ainsi ma pensée au-dessus des vôtres – vos meilleures pensées sont comme du linge sale – les voies de Dieu sont insondables et incompréhensible ses voies, - ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu… etc… » Il n’est pas sûr que les penseurs musulmans voulaient dire autre chose que cela !

Concluons :

Bon nombre de leaders musulmans souhaitent un apaisement rapide de la crise ; mais il serait dangereux de refuser de reconnaître que le texte de Benoît XVI contient des inexactitudes et qu’il donne trop d’importance à une citation d’un auteur marginal.

Cet incident, cependant, a donné aux musulmans l’impression que le pape ne les aime pas et qu’il manque de cette sensibilité qui aurait pu lui faire deviner le retentissement de ses paroles dans le monde musulman. Il ne s’agit plus ici de doctrine mais d’empathie. L’Eglise se sent appelée à être un signe de l’amour de Dieu pour tous… cette histoire n’en est pas l’expression la plus limpide mais elle demande de nous tous un effort renouvelé, lucide, de confiance et d’amitié.

Écrit par : k | 20/09/2006

ddf Le président vénézuélien a sorti de derrière le pupitre un livre de Noam Chomsky, figure intellectuelle de l'«extrême gauche» américaine, bien connue pour ses prises de position radicales, contre George W. Bush notamment, mais aussi, il y a quelques années, en faveur des Khmers rouges du Cambodge. Se tournant vers les caméras de télévision, Hugo Chavez a montré la couverture de l'ouvrage dont le titre parlait de lui-même : «L'Amérique à la conquête de la domination globale». «Le peuple américain veut la paix, mais pas le président américain», a ajouté M. Chavez. Le président vénézuélien s'en est également pris aux Nations unies. «Un système sans valeur», a-t-il dit en préconisant, tout de même, de déplacer le siège de l'Organisation... au Venezuela.

Écrit par : dfd | 22/09/2006

j Monsieur Chavez,

J’observe depuis des années votre étrange comportement comme dictateur. Passe encore que vous arriviez au pouvoir par des élections après tout il faut bien y arriver d’une façon ou d’une autre, mais ce qui suit est injustifiable !

Primo, vous vous proposez de changer la Constitution et pour cela vous ne trouvez rien de mieux que de consulter le peuple. Qu’est-ce à dire ?... Pire encore, vous convoquez des élections pour élire les membres de l’Assemblée Constituante puis une autre consultation pour approuver la Constitution. Inexplicable du point de vue des principes de la dictature.

Deuxièmement, nouvelles élections en 2000 et ensuite d’autres élections successivement dans des secteurs moins importants. Mais pourquoi ? Oublieriez-vous par hasard que vous n’avez pas besoin de l’approbation du peuple ? Et maintenant vous menacez encore de nouvelles élections en 2006 ! Reprenez-vous, Monsieur Chavez ! Un peu de bon sens avant qu’il ne soit trop tard !

Troisièmement, on tente un coup d’état contre vous et lorsque le Tribunal Suprême relaxe les putschistes... vous acceptez le verdict ! Mais quelle sorte de dictateur totalitaire et bananier procède de cette façon ? Au nom du ciel, même les fameux pistoleros n’ouvrirent le feu contre aucune manifestation et il n’étaient pas non plus à votre solde. Les médias ont été obligés de faire un montage mais seulement pour vous tirer de l’embarras afin que personne ne puisse dire que vous n’êtes pas un dictateur. Cessez de vous appuyer sur les médias, Monsieur Chavez, et soyez un dictateur par vos propres mérites.

Quatrièmement, l’opposition sabote l’économie (parce que, dans votre insolite dictature, il y a une opposition) et la seule chose qui vous vient à l’esprit c’est de licencier (légalement !) quelles cadres de PDVSA. Là, il n’y a aucune excuse possible, Monsieur Chavez : vous avez eu deux mois pour réagir et tirer quelques coups de feu, emprisonner des gens, décréter quelques états d’exception, etc. Bref, comme n’importe quel dictateur qui se respecte !!

Cinquièmement, le référendum révocatoire. Non seulement vous introduisez cette possibilité dans la Constitution -ce qui est du jamais-vu pas seulement chez les dictateurs mais dans les gouvernements démocratiques- mais en plus, tranquillement, vous permettez qu’il soit mené à terme. Et n’essayez pas de nous raconter que vous pensiez arranger les résultats, parce que les observateurs internationaux ont affirmé que le scrutin était « propre ». Oui, oui, une élection propre, ne le niez pas !

Pour résumer, c’est bien que vous revêtiez de temps en temps l’uniforme et que vous chantiez à la télévision. Mais pour le reste, votre comportement comme dictateur laisse beaucoup à désirer. Et pourtant ce n’est pas faute d’avoir reçu des médias les rappels quotidiens de votre nature autoritaire.

C’est déjà largement suffisant que nos démocraties se comportent anti-démocratiquement ; si en plus les dictateurs ne se comportent pas comme tels !...

S’il vous plaît, un peu de cohérence.

Bien à vous

Écrit par : j | 22/09/2006

h


Le 12 septembre 2006, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a publié une lettre ouverte « en réponse à ses détracteurs » qui dénoncent son manque d’impartialité, le financement qu’elle reçoit des Etats-Unis, et son agenda politique extrêmement semblable à celui de la Maison-Blanche. L’objectif de ce courrier est de démontrer que RSF ne se prononce pas politiquement quand elle stigmatise certains pays. Encore une fois, les explications de RSF sont peu convaincantes, contradictoires et parsemées de contrevérités [1].

La tentative d’éclaircissement débute ironiquement par une prise de position politique très claire contre le gouvernement de La Havane, en parfaite lignée avec la position de Washington : « Cuba est une dictature », assène le communiqué qui accuse Fidel Castro « d’infliger à son peuple l’autocratie et la répression ». Pourtant, RSF se présente comme une association apolitique uniquement intéressée par la « défense de la liberté de la presse [2] ».

RSF va plus loin : « les Cubains élisent-ils leur président et leur parlement ? Non ». Cette affirmation péremptoire illustre la singulière ignorance de RSF au sujet du système politique de l’Île des Caraïbes. Au lieu de ressasser la rhétorique désuète de l’extrême droite cubaine héritière de l’époque de Batista, l’organisation parisienne ferait mieux de jeter un oil à la Constitution du pays. Elle en apprendrait davantage à propos du système électoral, et ne profèrerait pas de telles absurdités qui doivent faire sourire les nombreux journalistes et diplomates étrangers en poste à La Havane et qui ont déjà assisté à des élections. Mais elle fréquente de manière tellement assidue les nostalgiques de la Cuba prérévolutionnaire, qu’ils se trouvent dans les administrations à Washington ou au sein des organisations d’exilés de Miami, qu’elle en a assimilé le discours [3].

« Ont-ils le droit de critiquer ouvertement ceux qui les gouvernent ? Non plus », affirme RSF [4]. Là encore, l’accusation n’est pas crédible. Il suffit de regarder la presse française et internationale pour se rendre compte du contraire. Aucun groupe de dissidents au monde ne dispose d’un espace médiatique plus important que la dissidence cubaine. D’ailleurs, les invectives à l’encontre du gouvernement cubain ne manquent pas. Par exemple, l’opposant Oswaldo Payá accuse régulièrement les autorités des pires crimes possibles et imaginables : « A Cuba, il y a des disparus [.]. Il y a plus de vingt enfants assassinés », a-t-il ainsi affirmé à plusieurs reprises à la presse internationale. Pourtant, il n’a pas passé une seule minute en prison. [5]

De la même manière, la dissidence a organisé un congrès à La Havane le 20 et 21 mai 2005. Ce congrès a entièrement été financé par les Etats-Unis et l’extrême droite d’origine cubaine de Floride. Plusieurs journalistes et diplomates étrangers y ont assisté, dont James Cason, l’ancien chef de la Section d’intérêts nord-américains à La Havane. Le propre président Bush avait envoyé un message vidéo aux opposants dans lequel il affirmait que « la vague de la liberté est en train de s’étendre à travers le mode, et dans un jour prochain, elle atteindra les côtes cubaines ». Les assistants avaient chaleureusement applaudi le discours du locataire de la Maison-Blanche en scandant des « Viva Bush ! ». Dans n’importe quel pays du monde, ces individus auraient été arrêtés et mis en examen pour association avec une puissance étrangère. Pourtant, aucun d’entre eux n’a été inquiété par la justice cubaine [6].

RSF présente Oswaldo Payá comme un « socio-démocrate », et le cite en exemple. Elle omet de signaler que ce dernier a ouvertement soutenu le coup d’Etat contre le président vénézuelien Hugo Chávez, dans une lettre ouverte en avril 2002. Elle oublie également de rappeler qu’il est intimement lié aux diplomates étasuniens présents à Cuba, ainsi qu’aux groupuscules extrémistes de Floride [7].

RSF continue d’affirmer que « 23 journalistes » sont emprisonnés. Pour l’organisation parisienne, il suffit que n’importe quel Cubain, attiré par le juteux commerce de la dissidence, écrive trois lignes contre son gouvernement pour décrocher le titre de « journaliste indépendant ». Peu importe que sur les « 23 journalistes » un seul, Oscar Elias Biscet, soit diplômé d’une école de journalisme. Peu importe qu’aucun de ceux-ci n’aient exercé le métier de journaliste avant d’intégrer l’opposition. Peu importe que ces derniers aient été condamnés par la justice cubaine pour des délits de droit commun - ils avaient reçu des fonds d’une puissance étrangère, les Etats-Unis - n’ayant rien à voir avec leur statut de « journaliste [8] ».

D’ailleurs, les propres documents officiels des Etats-Unis, telles que la loi Torricelli de 1992, la loi Helms-Burton de 1996 et le rapport de la « Commission d’assistance à une Cuba libre » de mai 2004 stipule qu’un budget est alloué à la fabrication d’une opposition interne à Cuba. Le plan de 2004 prévoit une somme de 50 millions de dollars à cet effet. Quant aux dernières mesures contre Cuba prises par le président George W. Bush le 10 juillet 2006, elles prévoient même « d’entraîner et d’équiper des journalistes indépendants de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle à Cuba », et la somme faramineuse de 80 millions de dollars a été débloquée, entre autres, pour atteindre cet objectif. RSF peut-elle, en toute honnêteté, ignorer cette réalité [9] ?

RSF avoue enfin qu’elle est subventionnée par Washington par le biais du National Endowment for Democracy (NED), organisme créé par le gouvernement de Ronald Reagan afin de promouvoir l’agenda de la Maison-Blanche à travers le monde. Mais elle tente de minimiser l’importance de la somme reçue et ergote sur son utilisation, qui serait uniquement « dévolue [aux] actions sur le continent africain et non américain [10] ».

RSF confesse également qu’elle reçoit un financement du Center for a Free Cuba, une organisation d’extrême droite dont le but est de renverser le gouvernement cubain. Elle prétend même n’avoir jamais occulté ces subventions dont elle bénéficie depuis 2002. Cela est faux puisque ces dernières n’apparaissent pas dans les comptes de 2002 et 2003. RSF omet également de signaler que le directeur de cet organisme est un certain Franck Calzón. Il a été par le passé l’un des présidents de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA) qui, comme vient de le déclarer José Antonio Llama, l’un de ses anciens directeurs, est lourdement impliquée dans le terrorisme contre Cuba [11]. Pourquoi RSF cache-t-elle cette réalité à l’opinion publique ? Comment RSF peut-elle accepter de recevoir de l’argent d’un ancien membre d’une organisation terroriste ?

RSF récuse « l’accusation d’acharnement contre Cuba » et affirme qu’elle n’est en aucun cas « l’obligé idéologique de [son] bailleur ». Dans ce cas, pourquoi l’organisation s’est-elle réunie avec l’ambassadeur spécial de l’administration Clinton pour les affaires cubaines, Stuart Eizenstat, dès 1996 à Paris ? Pourquoi alors a-t-elle attaqué l’ambassade de Cuba en France le 24 avril 2003 ? Pourquoi a-t-elle organisé une soirée au Théâtre du Rond-Point de Paris, sous le slogan politique « Cuba sí, Castro no », en septembre 2003 ? Pourquoi cette organisation s’ est-elle réunie avec des représentants de l’extrême droite cubaine de Floride le 16 janvier 2004 pour y signer des accords et créer un comité dont Robert Ménard, secrétaire général de RSF, fait désormais partie [12] ?

De la même manière, pourquoi a-t-elle lancé des campagnes médiatiques en diffusant des messages publicitaires (dans la presse écrite, à la radio et à la télévision) destinées à dissuader les touristes de se rendre à Cuba, comme le stipule le plan de Bush de mai 2004 ? Pourquoi cache-t-elle le fait qu’elle soit la seule organisation citée en exemple dans ce même plan à la page 20 ? Pourquoi n’a-t-elle pas organisé de campagnes similaires pour d’autres pays telle que la Chine ? Pourquoi le seul lien permanent sur la page d’accueil de son site Internet trilingue concerne Cuba alors que, selon ses propres critères, la Chine est la plus grande prison du monde pour journalistes ? Pourquoi le seul pays contre lequel Robert Ménard a exigé des sanctions de l’Union européenne est Cuba ? Pourquoi le texte qui accompagne le « classement de la liberté de la presse » de 2003 est-il entièrement focalisé sur Cuba avec le titre « Cuba, avant-dernier, avant la Corée du Nord [13] » ?

Mais le traitement réservé à Cuba n’est que la pointe émergée de l’iceberg. En effet, l’agenda politique de RSF va bien plus loin que le simple cas de Cuba. Par exemple, RSF ne s’est souvenu que tardivement - cinq ans plus tard - du cas du journaliste de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera Sami Al-Haj, et uniquement après que plusieurs articles stigmatisant cet « oubli » aient été publiés. Désormais, l’organisation reconnaît que ce dernier a été arrêté « sous de fallacieux prétextes de collusions avec Al-Qaeda ». « Faute de savoir si Sami Al-Haj avait été arrêté en raison de sa qualité de journaliste et faute d’information le concernant, RSF a attendu avant de mener d’autres actions », affirme le communiqué [14].

Il a donc fallu une enquête de cinq ans à RSF pour découvrir que Sami Al-Haj avait été arrêté, séquestré et torturé uniquement en raison de sa qualité de journaliste. C’est sans doute la raison pour laquelle le journaliste soudanais a disparu des rapports 2004 et 2005 dans lesquels RSF liste tous les journalistes emprisonnés dans tous les recoins de la planète. Par contre, RSF n’a pas tardé un seul instant à avoir la certitude que le gouvernement cubain emprisonnait des « journalistes [15] ».

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que RSF fait preuve de complaisance envers les exactions commises contre les journalistes de Al Jazeera qui, encore une coïncidence sans doute, se trouve sur la liste noire des Etats-Unis en raison de ses reportages montrant les crimes des soldats étasuniens en Irak et en Afghanistan. En septembre 2003, Taysser Alouni avait été arrêté en Espagne suite à de simples soupçons de liens avec Al-Qaeda. Interrogé à ce sujet, Robert Ménard s’était borné à déclarer que les journalistes n’étaient pas au-dessus des lois et. rien de plus [16].

RSF reconnaît que son « silence » au sujet de Sami Al-Haj était « coupable » et que sa « prise de parole est un aveu de cette culpabilité ». Par ce mea culpa, RSF veut faire croire que le cas Al-Haj n’était qu’un malencontreux « oubli » qui, même s’il a duré cinq ans, n’a rien à voir avec le fait que ce dernier soit détenu par l’armée étasunienne [17].

Dans ce cas, pourquoi RSF reste silencieuse au sujet de Bilal Hussein, un journaliste et photographe irakien de l’agence de presse Associated Press (AP), emprisonné par les troupes d’occupation depuis le 12 avril 2006 en Irak, soit plus de cinq mois ? Bilal Hussein a été accusé de représenter une menace pour la sécurité et a été incarcéré, mais à ce jour aucune charge n’a été retenue contre lui, aucune preuve n’a été avancée et il n’a toujours pas été présenté devant un juge [18].

Les dirigeants de AP ont rejeté les accusations. Ils ont affirmé que leur photographe n’a jamais été en contact avec la résistance irakienne et ont exigé des preuves. « Nous voulons que la loi prévale. Il doit soit être mis en examen soit relâché. La détention illimitée n’est pas acceptable. Nous sommes arrivés à la conclusion que cela est inacceptable aux yeux de la loi irakienne, des Conventions de Genève ou de toute procédure militaire », a déclaré Tom Curley, président de AP. En réalité, Bilal Hussein a été arrêté en raison de ses photos prises à Ramadi et Falloujah, montrant les massacres commis par l’armée du président Bush, selon son avocat Badie Arief Izzat [19]. Pourquoi un tel mutisme de la part de RSF ?

Comment RSF peut-elle être crédible face à ce nouvel « oubli », qui concerne, une fois de plus, les exactions commises par l’armée étasunienne ? Comment peut-elle être crédible alors que dans le même temps, le 18 septembre 2006, elle s’empresse de dénoncer la détention d’un « journaliste de 21 ans » à Cuba, sans enquête préalable et sans savoir pourquoi les autorités ont procédé à son arrestation ? D’ailleurs, RSF avoue qu’elle n’a aucune idée des raisons qui ont conduit à la garde à vue de Ahmed Rodríguez Albacia. Pour RSF, il n’y a pas à discuter : il s’agit de Cuba donc on l’a sûrement arrêté en raison de sa qualité de « journaliste [20] ».

Mais ce n’est point suffisant pour RSF. Deux jours plus tard, le 20 septembre 2006, elle condamne « fermement la détention arbitraire d’Odelín Alfonso », sans avoir non plus la moindre idée des raisons qui ont conduit à son arrestation. Ici, il n’y pas besoin d’enquête préalable et il n’y a pas à douter : sa qualité de « journaliste » est le principal motif de sa détention, selon RSF. Peu importe le fait qu’Odelín Alfonso soit rémunéré par le site de l’extrême droite d’origine cubaine Cubanet, lui-même subventionné par les Etats-Unis par le biais de la USAID et de la NED. Même RSF est obligé d’admettre cette réalité et reconnaît qu’Odelín Alfonso est « le correspondant de Cubanet », sans évidement informer le public sur ce qu’est réellement ce site [21].

Comment RSF peut-elle espérer garder un semblant de crédibilité vue la manière dont elle a traité l’assassinat du journaliste espagnol José Couso et de son collègue ukrainien Taras Protsyuk par les soldats étasuniens à Bagdad [22] ? Comment peut-elle être crédible lorsqu’elle fait l’apologie de l’invasion de l’Irak en affirmant que « le renversement de la dictature de Saddam Hussein a mis un terme à trente années de propagande officielle et ouvert une ère de liberté nouvelle, pleine d’espoirs et d’incertitudes, pour les journalistes irakiens [23] » ? Que dire lorsqu’elle ajoute que « pour les médias irakiens, des dizaines d’années de privation totale de liberté de la presse ont pris fin avec le bombardement du ministère de l’Information, le 9 avril à Bagdad [24] » ? Qui peut encore croire à l’objectivité de RSF ? Qui peut encore penser que RSF défend « la liberté de la presse » et n’a aucun agenda politique ?

Haïti, sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide, a également été la cible de RSF. Lorsque ce dernier a été renversé par un coup d’Etat orchestré par la France et les Etats-Unis, RSF a chaleureusement applaudi des deux mains le coup de force en titrant bruyamment : « La liberté de presse retrouvée : un espoir à entretenir [25] ».

Parfois, l’organisation parisienne pousse la maladresse jusqu’à désigner ouvertement les pays qui sont sur sa liste noire : « RSF ’s’acharne’ sur d’autres régimes comme l’iranien, le chinois, le zimbabwéen ou le biélorusse », précise le communiqué. Autre coïncidence ? Ce sont exactement les mêmes gouvernements qui se trouvent dans la ligne de mire de Washington. Cette fois, RSF ne le nie même plus [26].

Le Venezuela du président Hugo Chávez, honni par l’administration Bush, a également été l’une des cibles privilégiées de RSF. Lors du coup d’Etat d’avril 2002, Robert Ménard s’était bien gardé de dénoncer le rôle principal joué par les médias privés opposés au président démocratiquement élu. Par la suite, RSF a multiplié les rapports tendancieux contre le gouvernement bolivarien présentant, par exemple, l’arrestation d’un journaliste, qui s’ était rendu coupable d’escroquerie et détournement de fonds publics, d’atteinte à la liberté de la presse [27].

Cette ultime accusation a été la goutte d’eau qui a fait débordé le vase et a suscité une réaction du gouvernement vénézuelien :

« La détention du journaliste Gustavo Azócar, accusé de délits communs d’escroquerie et de détournement de fonds publics commis en 2000 au détriment de la loterie de Táchira, a mis en émoi la meute transnationale payée par Bush pour diffamer le peuple et le gouvernement démocratique du Venezuela.

L’organisation ’Reporters sans frontières’, financée par les services d’intelligence étasuniens, à travers le National Endowment for Democracy (NED), a manifesté sa préoccupation pour ce cas de justice ordinaire. Avec le concours de l’opposition putschiste vénézuelienne, ses entreprises de communication et le présumé délinquant prétendent le transformer en une atteinte à la liberté d’expression [.].

Tout comme le gouvernement Bush, ses services secrets, ses organisations de façade et ses laquais créoles, ’Reporters sans frontières’ a commencé ses opérations pour le prochain sabotage médiatique contre la Révolution bolivarienne [28] ».

Pour ce cas précis, RSF a utilisé la même procédure qu’elle avait élaborée en 2003 avec les « journalistes cubains » qui consiste à faire passer pour des affaires relevant du pénal pour des violations de la liberté de la presse [29].

Par ailleurs, comment croire que RSF s’intéresse à la « défense de la liberté de la presse », alors qu’elle n’a jamais daigné s’occuper du cas de Mumia Abu-Jamal, le journaliste noir qui croupit dans les geôles étasuniennes depuis un quart de siècle pour avoir dénoncé dans ses reportages la violence policière à l’égard des minorités ? Pourquoi RSF n’accuse-t-elle pas les Etats-Unis d’entraver la liberté de la presse en interdisant aux journalistes cubains d’exercer leur profession sur leur territoire, alors que de nombreux médias étasuniens ont des antennes permanentes à La Havane ?

Enfin, le financement de RSF suscite de nombreuses interrogations. L’organisation prétend tirer 48% de son budget (2003) des ventes de calendriers et d’albums photos. Ainsi, 1 984 853 euros proviendraient uniquement de ces ventes. Le calendrier ou l’album photos coûtant 8 euros, RSF arriverait à écouler 248 106 exemplaires par an, soit près de 680 par jour, 365 jours par an. Comment croire une telle ineptie [30] ?

Tous ceux qui critiquent l’allégeance de RSF vis-à-vis les centres de pouvoirs, dénoncent sa connivence avec la politique de l’administration Bush et s’interrogent sur son financement ne sont que des « fidélistes », des « amis castristes » et des « récalcitrants » selon l’organisation parisienne. Comme si les critiques concernaient seulement le traitement réservé à Cuba et peu importe la démonstration accablante de collusion entre RSF et es intérêts de Washington [31].

RSF prétend n’avoir rien à cacher. Soit. Qu’elle ait alors le courage de jouer la transparence auprès du public et de publier cette réponse sur son site Internet, tout comme le Réseau Voltaire a eu l’élégance et l’honnêteté intellectuelle de lui permettre de s’exprimer sur le sien. Qu’elle ait également la vaillance de répondre point par point à tous ces faits. Mais, il ne faut guère se bercer d’illusions.

Écrit par : h | 26/09/2006

d Comme le souligne André Schiffrin, l'un des éditeurs américains de Chomsky, "Chavez fait mieux qu'Oprah Winfrey", l'animatrice de télévision dont l'émission littéraire est la plus influente des Etats-Unis. En France, le livre de M. Chomsky a été publié en septembre 2004 sous le titre Dominer le monde ou sauver la planète : l'Amérique en quête d'hégémonie mondiale, par Fayard, qui en a vendu 8 000 exemplaires. La version de poche, parue un an après chez 10/18, s'est écoulée à 6 500 exemplaires.

La France fait figure d'exception en Europe. C'est le seul pays où aucun livre du linguiste n'atteint les 100 000 exemplaires. Pèse en effet sur lui un soupçon de négationnisme, depuis qu'un de ses textes a servi, en 1980, de préface à un ouvrage de Robert Faurisson. Un texte utilisé sans son accord, précise André Schiffrin, qui estime qu'en aucun cas "on ne peut reprocher à Chomsky d'approuver le négationnisme de Faurisson".

Noam Chomsky a vu difficilement ses textes traduits en français, au début des années 1990, d'abord chez Aden, en Belgique, puis au Serpent à plumes, chez Fayard, Agones et aux Arènes. Depuis le 11-Septembre, il connaît néanmoins un succès croissant.

Écrit par : d | 01/10/2006

j Le 21 septembre, l’ancien ministre de la Recherche et de l’Education nationale Claude Allègre a publié sa chronique hebdomadaire dans l’Express. Le verbe commettre serait plus indiqué. Le géophysicien, prix Crafoord et médaille d’or du CNRS, s’y livre en effet à une série d’affirmations dont on hésite entre «mensongères» ou «ignorance grave» pour les qualifier. Pire: elles portent toutes sur un sujet – l’évolution du climat – dont on aurait pu penser qu’il ne se situe pas trop loin du domaine de compétence professionnelle de l’ex-ministre. C’est d’ailleurs à ce double titre qu’il peut faire mal, la confiance du lecteur abusée par l’autorité du savant et de l’homme politique.
Claude Allègre débute sa chronique en citant les «photos spectaculaires» de Yann Arthus-Bertrand du Kilimandjaro – sommet africain – dont la couverture de glace est en voie de disparition. Puis critique l’attribution de cette évolution au réchauffement climatique en cours, un «refrain», ironise t-il. Claude Allègre cite un article «dans la revue Nature», où «des chercheurs français ont montré que cette désertification (responsable de la disparition des glaces du Kilimandjaro) était largement due à des mouvements tectoniques responsables de la remontée progressive du continent africain, modifiant la circulation météo. L’effet de serre n’a aucun rôle majeur là-dedans». Il n’y a pas d’article sur ce sujet dans les dernières livraisons de Nature. Il y en a un, cependant, dans le numéro du 8 septembre de Science (1). Mais il est très peu probable que Claude Allègre l’ait lu. En effet, s’il porte sur le climat de l’Afrique, il s’agit de l’évolution de celui-ci entre il y a 8 et 2 millions d’années. Et pas une ligne sur ce qui s’est passé depuis en Afrique. Cet article a un rapport avec Lucy et l’origine de l’Humanité. Mais pas avec Homo Sapiens et l’accentuation de l’effet de serre qu’il provoque depuis un siècle et demi par l’usage massif du carbone fossile (charbon, pétrole et gaz). Allègre manipule le texte, trompe ses lecteurs.

Le géophysicien ne s’arrête pas là. Et cite un «important article d’une série d’éminents glaciologues [qui] montre que, en trente ans, le volume des glaces antarctiques n’a pas varié». Ce qui, poursuit-il, met en cause l’idée selon laquelle «si un réchauffement général à lieu, il sera beaucoup plus important près des pôles qu’à l’équateur». Or, cet article (2) ne porte pas sur le volume des glaces de l’Antarctique mais sur la mesure de la quantité de neige qui y est tombée depuis 1958. Les auteurs notent qu’«il n’y a pas de changement statistiquement significatif dans les chutes de neige depuis les années 1950, indiquant que les précipitations sur l’Antarctique ne peuvent pas atténuer la montée du niveau de l’océan mondial comme cela était espéré, malgré le réchauffement récent durant l’hiver de l’atmosphère au dessus (de l’Antarctique, ndlr)». Les climatologues n’ont en effet jamais envisagé que le réchauffement se traduise par une diminution du volume de la calotte antarctique mais par une augmentation, à l’horizon 2100, en raison de chutes de neiges plus importantes. Il y a pire. Dans le même numéro de Science, un autre article porte sur l’évolution récente de la calotte Groenlandaise (3). Il montre que celle-ci a perdu près de 239 kilomètres cubes de glace entre 2002 et 2005, une «accélération», estiment les glaciologues. De deux choses l’une: soit Claude Allègre n’a pas lu l’article dont il parle, ni, d’ailleurs, ne serait-ce que jeté un œil sur le sommaire de cette livraison de Science, soit il la connaît et – l’hypothèse de l’incompréhension n’étant guère recevable – il ment délibérément.

Claude Allègre prétend que «la cause de cette modification climatique (recente, ndlr) est inconnue. Est-ce l’homme? Est-ce la nature?». L’ancien ministre n’a sûrement pas le temps de lire les milliers de pages présentant les analyses et les mesures de ses collègues dont la synthèse, réalisée par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, affirme qu’il est impossible d’expliquer l’évolution climatique depuis cinquante ans sans tenir compte de l’augmentation de l’effet de serre provoquée par les émissions anthropiques. Cette conclusion est certes récente – elle apparaît pour la première fois dans le rapport paru en 2001 – mais solide et prudente, émise après une critique soigneuse des alternatives.

Peu soucieux d’éviter le paradoxe, il se lance dans une hypothèse hardie: «la dénonciation de la responsabilité de l’homme quant au réchauffement de la planète permet de ne rien faire» sous prétexte que «les effets des mesures préconisées ne se feront sentir que dans un demi-siècle». «En revanche, poursuit-il, la lutte contre les théorèmes extrêmes (vous avez bien lu, ndlr) peut être menée avec des résultats.» Là encore, l’ancien ministre passe les bornes de la mauvaise foi. Les climatologues ont clairement annoncé qu’il s’agissait effectivement de prendre nos responsabilité vis à vis des générations futures et non d’obtenir des résultats immédiats. Surtout, ils ont mis l’accent sur le risque accru d’événements météo extrêmes et d’une variabilité accrue du climat comme manifestation dangereuse de son évolution globale – une canicule type 2003 en Europe devrait ainsi faire figure d’été moyen à l’horizon 2070 – et comme l’une des raisons de tenter de l’atténuer.

Il peut sembler vain d’alerter les citoyens contre le propos de Claude Allègre. Mais, sur ce sujet du changement climatique, les scientifiques ont accepté, collectivement, d’endosser le rôle délicat d’experts auprès de la société et des gouvernements. Ils ont pris le risque de conclure leur diagnostic par une recommandation redoutable: nous devons user avec le plus d’économie possible du pétrole, du gaz et du charbon, alors même qu’ils constituent près de 80% de nos ressources énergétiques. La difficulté de la tâche suppose une grande confiance dans le diagnostic et la préconisation. Qu’un scientifique bardé de médaille par sa communauté utilise de tels procédés pour le mettre en cause mérite que ses collègues réagissent.

(1) Tectonic uplift and eastern africa aridification. Pierre Sepulchre et al. Science du 8 septembre.Insignificant change in Antarctic snowfall since the international geophysical year. Andrew J. Monaghan et al. Science du 11 aout 2006.
(2) Insignificant change in Antarctic snowfall since the international geophysical year. Andrew J. Monaghan et al. Science du 11 aout 2006.

(3) Satellite gravity measurements confirm accelerated melting of Greenland ice sheet. J.L. Chen et al. Science du 11 aout 2006.

Écrit par : j | 09/10/2006

nb Tout le monde est au courant du passage du renégat Dieudonné à la fête du Front national. Mais la presse est plus discrète en ce qui concerne la présence de la Ldj à ce même rassemblement. En effet Antony Attal '"président" de la LDJ était aussi de la fête. Pourtant ce triste personnate à été condamné à de la prison avec sursis et à plusieurs milliers d'euros d'amendes à la suite de l'agression contre des militants de l'Agen. Cette somme n'a toujours pas été versé du fait que selon la justice Attal serait "en Israél". Etonnant non ? ? ? ? Ce triste sbire passe de nouveau au tribual ce mardi Audience mercredi 15 novembre 2005 à 9 H au Tribunal de Grande Instance de Paris, 4 bd du Palais , métro Cité. Chambre 161

Anthony Attal, un milicien de la Ligue de défense juive, jugé à Paris le 15 novembre 2006.

La Ligue de Défense Juive a plusieurs actions violentes terroristes reconnues à son actif.

Elle a d'abord existé sous le nom de Liberté Démocratie et Judaïsme en octobre 2000 comme la branche française de la Jewish Defense League, elle-même créée en 1968 aux USA. La JDL a été fondée à New York par le rabin Kahane chef du mouvement d'extrême droit sioniste Kach qui recommande l'expulsion de l'intégralité de la population arabe du "Grand Israel" qu'il voit inscrit outre en Palestine Occupée, en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans le Sinaï.

En Israël, le parti Kach a eu des députés de 1984 à 1988, fut interdit d'élections en 1988 puis dissous en 1994. Il est répertorié comme organisation terroriste aux USA. En 2001, la JDL est classée comme organisation terroriste par le FBI, son président Irv Rubin fût mis en examen en particulier pour attentat contre une mosquée américaine et il s'est suicidé en prison avant son procès. Un autre membre de la JDL arrêté en même temps plaide coupable pour préparation d'attentats et est condamné à 20 ans de détention.

En France, quatre étudiants de l'AGEN ont été agressés au sein même du tribunal administratif par des étudiants affiliés à l'Union des Étudiants Juifs de France accompagnés de membres de la LDJ avec des barres de fer et des coups de poing américains. L'une des victimes a eu des fractures graves et compliquées au visage ayant nécessité 45 jours d'arrêt de travail.

Un seul des membres de la milice a été condamné à une peine de dix mois avec sursis et deux années de mise à l'épreuve, Anthony Attal.

On attribue à la LDJ l'agression avec blessure grave à l'arme blanche commise contre un commissaire de police le 7 avril 2002 lors d'une manifestation du CRIF. Ce même jour une bonne dizaine de journalistes ont été sauvagement frappés.

Le 7 octobre 2003, des éléments de la LDJ s'en sont pris à des manifestants devant le siège de la délégation palestineinne à Paris.

Le 13 novembre 2003 Mouloud Aounit président du Mrap a été agressé devant l'Institut du Val Mandé. La preuve de la responsabilité de la LDJ n'a pu être établie.

Le 28 septembre 2004, la librairie Au pays de cocagne a été attaquée et mise à sac alors que l'écrivain Alain Soral y donnait des dédicaces.

Ce sont vraissemblablement des adeptes de la philosophie raciste Kahaniste qui ont agressé l'humoriste Dieudonné à son arrivée en Martinique le 2 mars 2005. Enfin, le 20 janvier 2005, des membres de la LDJ ont agressé des militants qui faisaient signer un appel des travailleurs et syndicalistes palestiniens au cours d'une manifestation pour la défense des services publics à Paris.

L'une des militantes Catherine Guillaume a été légèrement blessée et sa plainte a finalement été prise en compte par le Parquet. Les photographies de l'agression ont permis d'identifier Anthony Attal.

Cet individu est impliqué par ailleurs dans des affaires d'escroquerie. Jusqu'à quand régnera l'impunité pour les petits soldats fascistes du Bétar-LDJ qui ont réussi à asperger d'acide une jeune fille de 13 ans venue assister à un spectacle de Dieudonné à Lyon ?

Sont-ils des intouchables en raison de leurs prestations délivrées au CRIF et à l'Association pour le bien-être du soldat israëlien comme nervis et services d'ordre ?

L'audience aura lieu le mercredi 15 novembre 2005 à 9 H au Tribunal de Grande Instance de Paris, 4 boulevard du Palais , métro Cité. Chambre 161 http://www.agen-nanterre.net/

Écrit par : nnb | 21/11/2006

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