12/02/2006

déjà posté, jamais commenté, trop clair sans doute...

. Pour en finir avec l'intimidation.

Commençons par une histoire impossible. Imaginons que l'Afrique, par miracle, soit devenue riche et puissante, et que l'Europe soit devenue pauvre, divisée et sans indépendance réelle. Imaginons aussi que, lassés des massacres à répétition dont ils sont l'objet, les Tutsis décident de fonder un foyer ailleurs. Certains de leurs chefs désignent la Wallonie comme étant ce nouveau foyer. D'autres Africains, pour résoudre ce que certains appellent le "problème Tutsi", approuvent ce projet. Ainsi un flot de Tutsis commencent à s'installer dans cette région avec armes et bagages, en proclamant que les habitants qui s'y trouvent n'ont qu'à aller ailleurs. Avec leurs richesses, leur détermination et leurs armes, les Tutsis arrivent rapidement à s'emparer des fermes, des forêts et des villes et d'en chasser la majorité des indigènes, soit par des moyens légaux soit par l'intimidation. Une bonne partie de la Wallonie devient le nouvel État Tutsi, lequel se vante d'être particulièrement bien gouverné et démocratique. Toute l'Afrique l'admire.

Pourtant, à la surprise des Africains, la plupart des Wallons s'opposent à cet arrangement. Désemparés, soutenus parfois par d'autres Européens qui sont néanmoins divisés et dont les dirigeants sont faibles et indécis, ils se livrent à plusieurs barouds d'honneurs qui ne font que permettre à l'État Tutsi de s'agrandir. Les Africains n'arrivent pas à comprendre pourquoi les Belges et les autres Européens sont incapables d'apprécier la supériorité du système introduit sur leur continent par les Tutsis. Alors que les Tutsis du monde entier sont invités à venir s'y installer, on explique aux habitants expulsés qu'il existe déjà des états francophones où ils peuvent aller. Tous ceux qui, en Europe ou ailleurs, dénoncent cette situation risquent d'être traités de racistes "anti-Tutsis". Lorsque, parqués dans certains lambeaux de l'ex-Wallonie, complètement entourés par l'armée Tutsi, un certain nombre d'autochtones se lancent dans des actions violentes et désespérées, les commentateurs rivalisent de théories sur les particularités de la culture des Wallons qui les poussent à un tel fanatisme.

On peut douter que notre principale préoccupation, si par impossible nous nous trouvions dans une telle situation, serait "de mettre fin à la violence" des habitants originaux de la Wallonie, de mettre sur le même pied les deux camps ou d'amener tous les Belges et plus généralement les Européens à garantir avant toute autre chose la sécurité de l'État Tutsi à l'intérieur de "frontières sûres et reconnues". Pourtant, la responsabilité de la Belgique dans les malheurs des Tutsis, à travers sa politique coloniale, est incomparablement plus grande que celle, inexistante, des Palestiniens dans les persécutions des Juifs en Europe.

Le but de cette fable n'est nullement de comparer ou de prétendre établir une équivalence entre deux histoires tragiques, celle des Juifs et des Tutsis, mais uniquement d'illustrer le fait que l'attitude des Arabes vis-à-vis d'Israël n'est pas nécessairement due à une culture ou à une religion violente et étrange, mais est celle que n'importe qui pourrait avoir, une fois mis dans une situation semblable à la leur1.. C'est surtout cette situation qui est étrange. Le reconnaître ne signifie pas qu'on puisse ou qu'on doive revenir sur ce qui a été fait dans le passé. Comme le souligne ailleurs Norman Finkelstein, avec le temps, le fait accompli, même initialement injuste, devient irréversible2.. Mais si l'on veut arriver à une paix véritable, non seulement entre Arabes et Israéliens, mais aussi entre l'Occident et le monde arabo-musuman, alors il faut commencer par comprendre pourquoi les autres voient le monde comme ils le voient, et par identifier honnêtement l'agresseur et l'agressé3..

Cette fable veut aussi illustrer le fait que, tant que l'on voit le conflit en termes de lutte contre le terrorisme, de conflits entre états, ou même de violation des droits de l'homme, on en omet un élément essentiel, à savoir que l'État d'Israël est une continuation du colonialisme européen. C'est cet aspect (souvent invisible en Europe) qui le rend odieux aux yeux de tant de personnes dans le monde arabo-musulman, et dans le reste du tiers-monde4.. N'importe quel enfant à Rabat sait que s'il a été possible de créer l'État d'Israël comme il l'a été et là où il l'a été, c'est parce que la population indigène qui a fait les frais de cette opération était constituée d'Arabes (comme lui) et non pas d'Européens organisés au sein d'états puissants et qui se considèrent comme supérieurs. Et, cela, c'est difficile à accepter.

On peut discuter pour savoir si le sionisme est un racisme, mais ce qui est certain, c'est que ce projet doit son triomphe à la fois à la volonté des puissances européennes (et, ensuite, des États-Unis) de contrôler une région ayant une grande importance stratégique et aux préjugés racistes partagés par presque tous les Européens de l'époque. Comme le fait remarquer l'écrivain palestinien Edward Said, « si l'on pense à Churchill, Weizman, Einstein, Freud, Reinhold Niebuhr, Eleanor Roosevelt, Truman, Chagall, les grands chefs d'orchestre Otto Klemperer et Arturo Toscanini, plus des dizaines et des dizaines d'autres en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en France et ailleurs en Europe, et que l'on essaie de produire une liste de gens soutenant les Palestiniens qui aurait pu contrebalancer cet immense déploiement d'influence et de prestige, on ne trouve presque rien »5.. Et la situation n'a pas radicalement changé depuis lors. Indépendamment de toute donnée démographique, si un livre affirmait, entre autres amabilités, que les Juifs, ou les Noirs, ou les Asiatiques « se multiplient comme des rats », il ne recevrait pas l'accueil qu'a reçu celui d'Oriana Fallaci, La rage et l'orgueil, et qui dit exactement cela des « fils d'Allah »6.. Le racisme anti-musulman est le seul qu'il soit encore possible d'afficher ouvertement sans craindre l'opprobre.

Pour illustrer l'injustice infligée par les Occidentaux au monde arabe et au reste du monde, on peut aussi procéder à des comparaisons basées sur des événements réels. Que se passerait-il si l'on appliquait à l'invasion américaine de l'Irak les principes qu'eux-mêmes ont invoqués lors de l'invasion du Koweit par l'Irak ? Il faudrait bombarder longuement les États-Unis, détruire leur potentiel industriel, leur imposer un embargo provoquant d'innombrables morts, jusqu'à ce qu'ils éliminent toute trace de leurs armes de destruction massives. Ou encore, imaginons que, par souci pour les Palestiniens, l'on convoque les dirigeants israéliens dans un palais en Arabie Saoudite, leur ordonnant d'accepter immédiatement le déploiement de troupes arabes en Israël même, et que, suite à leur refus prévisible, on les bombarde jusqu'à ce qu'ils abandonnent les territoires occupés. Il n'est pas certain qu'une telle démarche susciterait l'enthousiasme de tous ceux qui ont applaudi en 1999, lorsque les Occidentaux ont agi de façon analogue envers la Yougoslavie7..

Il faut aussi replacer le conflit dans un cadre plus large. L'expulsion des Palestiniens a été une catastrophe non seulement pour eux, mais aussi pour les pays avoisinants. Quel pays européen accepterait sur son sol des dizaines de milliers d'étrangers armés vivant dans des camps ? Quels effets de déstabilisation cette situation a-t-elle pu avoir sur des sociétés fragiles comme le Liban ou la Jordanie ? C'est très bien de dire que les pays arabes auraient dû les intégrer, mais que faisons-nous ici avec les réfugiés qui sont nos alliés politiques, comme les Kosovars albanais, les Kurdes irakiens ou les Afghans ? On tente de s'en débarasser dès que possible - il est entendu que les pays riches ont le droit de refuser « d'accueillir toute la misère du monde », mais que ce droit est impossible à appliquer dans bien des pays pauvres. Et que dire de l'action d'Israël dans le reste du monde ? De l'Afrique du Sud au Guatemala, nombreux sont les endroits où Israël a soutenu des régimes abominables de façon plus ouverte que les États-Unis ne pouvaient le faire. Notons que, en parallèle à cette politique israélienne, bon nombre de ceux qui défendent Israël ont tendance à soutenir les États-Unis face au tiers-monde, même en dehors du Moyen-Orient8.. Enfin, il y a la question de la course aux armements. Les principaux responsables en sont ceux qui sont en tête de cette course, car ils incitent ainsi les autres à éternellement tenter (à tort ou à raison) de ratrapper leur retard. C'était le cas des États-Unis face à l'URSS dans le passé et aujourd'hui face au reste du monde. Et localement, au Moyen-Orient, c'est le cas d'Israël face aux pays arabes. Cette dynamique, qui contribue à la militarisation de sociétés peu développées, sortant à peine de jougs coloniaux, comme l'Égypte, la Syrie ou l'Irak, y a sans doute renforcé l'emprise de dictatures sur les méfaits desquels les humanistes occidentaux versent ensuite des larmes de crocodiles.

Ce qui précède sont pratiquement des banalités ; néanmoins, les énoncer n'est pas facile. Lorsque des Juifs comme Norman Finkelstein osent critiquer la politique du mouvement sioniste, on essaie de les faire taire en les accusant d'une étrange maladie psychologique, la "haine de soi". Et, pour ce qui est des non-Juifs, un seul mot suffit : antisémitisme. Toutes ces « explications » données sans preuves, ne servent qu'à éviter d'aborder les arguments rationnels qu'on peut avancer en faveur de telle ou telle attitude politique. Même si Finkelstein se haïssait lui-même, cela ne prouverait nullement que ce qu'il écrit est erroné.

Il y a un argument fréquemment utilisé par les sionistes, lié d'ailleurs à l'accusation d'antisémitisme ou de haine de soi qui mérite néanmoins qu'on y prête attention. C'est celui de l'indignation sélective. Comment les Européens osent-ils critiquer Israël, alors que ce sont eux qui sont responsables du malheur des Juifs ? Quant aux Américains, il n'y a qu'à voir ce qu'ils font en Afghanistan, en Irak ou ont fait dans le temps au Viêt-Nam9.. Je ne pense pas, contrairement à beaucoup d'entre eux, que les Européens ou les Américains puissent simplement répondre qu'ils ne sont pas responsables du passé ou de ce que font par ailleurs leurs gouvernements. C'est sur un passé sanguinaire que nous avons édifié notre niveau de vie ainsi que des institutions stables ; nous ne pouvons pas simplement oublier ce que notre développement a coûté, et continue d'ailleurs à coûter, aux autres. De plus, nous sommes en premier lieu responsables de l'action de nos gouvernements, puisque ce sont ceux-là que nous pouvons en principe influencer le plus facilement. Par conséquent, la critique concernant l'indignation sélective est valide lorsqu'elle s'adresse à ceux qui se focalisent sur l'État d'Israël et sur lui seul, en oubliant le reste des interventions américaines et occidentales dans le monde, lesquelles font bien plus de dégats que ce que ne peut faire Israël. La réponse juste consiste à d'adopter une perspective anti-impérialiste globale à l'intérieur de laquelle la critique d'Israël a une place incontournable. C'est dans cette perspective que s'inscrit Finkelstein, même si, étant donné que l'État d'Israël prétend parler au nom de tous les Juifs et surtout au nom des survivants de l'holocauste et de leurs familles, il concentre son travail sur le conflit israélo-palestinien.

Ces dernières décennies, on a vu se multiplier des organismes, essentiellement basé dans les pays riches, observant et dénonçant les violations des droits de l'homme dans les pays pauvres, ces derniers étant d'ailleurs souvent des ex-victimes de la violence coloniale des premiers. Ce dont le monde aurait besoin aujourd'hui c'est, en parallèle avec ces associations, d'un observatoire de l'impérialisme, qui dénonce non seulement les guerres et leurs propagandes mais toutes les manœuvres, toutes les pressions économiques et autres grâce auxquelles prospère et se perpétue l'injustice du monde. Cet observatoire pourrait tenter de contrer la masse de désinformations et de réécritures de l'histoire qui caractérisent la perception occidentale des rapports entre nous et le reste du monde. Le présent ouvrage, en nous donnant une analyse réaliste du conflit israélo-palestinien, à la fois sur son l'histoire et sur le présent, est un pas dans cette direction.

II. Qui est Norman Finkelstein ?

L'industrie de l'holocauste est le seul livre que j'ai lu deux fois d'affilée, et d'une seule traite10.. D'une part, parce que j'étais surpris par son contenu ; en effet, lorsque les banques suisses ont été attaquées par des associations se réclamant des survivants de l'holocauste, je sympathisais spontanément avec ces dernières, et voilà qu'un fils de tels survivants (son père a été à Auschwitz, sa mère à Majdanek) montrait qu'en fait le procès intenté à ces banques était très discutable. Mais, surtout, le ton du livre, la hargne, l'indignation de l'auteur face à l'exploitation de la souffrance juive à la fois par des intérêts privés et par les apologistes de l'État d'Israël possède une force morale absolument fascinante. Bien entendu, la presse s'est acharnée sur cet ouvrage, Le Monde allant jusqu'à lui consacrer deux pages de commentaires négatifs (à part un court article favorable de Raul Hilberg, un des premiers historiens de l'holocauste), tout en évitant soigneusement d'aborder réellement les arguments de Finkelstein.

Lorsqu'il travaillait à sa thèse à l'université de Princeton, Finkelstein découvrit le caractère frauduleux d'un livre (From Time Immemorial, de Joan Peters) qui prétendait montrer que la Palestine était relativement peu peuplée lorsque les sionistes y sont arrivés et qui avait été applaudi par une bonne partie de l'intelligentsia11.. Il fit part de cette trouvaille à une vingtaine d'universitaires qui avaient exprimé de la sympathie pour la cause palestinienne. Un seul lui répondit : c'était Noam Chomsky. Il l'encouragea à approfondir ses recherches mais l'avertit aussi de ce qui allait se passer et que le reste de la vie de Finkelstein allait confirmer.

En cherchant à publier sa découverte, Finkelstein rencontra un rabbin se décrivant lui-même comme « sioniste libéral », qui se disait impressionné par son érudition, et qui demanda à Finkelstein s'il faisait partie de l'équipe de Chomsky. Lorsque Finkelstein exprima son admiration pour Chomsky, les contacts furent immédiatement rompus. Néanmoins, sans les encouragements de Chomsky, Finkelstein n'aurait sans doute pas persévéré. Mais trouver quelqu'un qui accepte de diriger la thèse d'un tel étudiant n'est pas facile. En effet, Finkelstein ne se contentait pas de dénoncer les erreurs de Joan Peters mais attaquait aussi la culture intellectuelle qui l'avait portée au pinacle. Les professeurs, l'un après l'autre, tous de gauche bien sûr, évitaient de porter ce fardeau. Il a ainsi appris une leçon importante de la vie universitaire : trop souvent, les gens de gauche n'y ont pas plus de principes que ceux de droite. Être de gauche à l'université revient, dans la plupart des cas, à exprimer de nobles sentiments sans lien avec une quelconque action politique et à se donner ainsi bonne conscience à peu de frais. L'impact de Chomsky sur Finkelstein (comme d'ailleurs sur l'auteur de cette préface) s'explique en grande partie par le contraste entre sa rigueur intellectuelle et morale et le mélange de prétention et de vacuité qui caractérise une bonne partie de la gauche intellectuelle.

Depuis la défense de sa thèse portant sur le sionisme, en 1988, et jusque récemment, Finkelstein a travaillé essentiellement comme professeur auxiliaire, c'est-à-dire payé à l'heure, sans contrat au-delà de l'année en cours, sans assurance médicale et souvent sans bureau. Un jour, ayant eu un accident, il se rendit à l'infirmerie de son université. Après avoir attendu son tour pour voir un médecin, on lui expliqua que les auxiliaires n'avaient droit à être vu que par des infirmières.

Notons qu'aux États-Unis, pas mal de cours sont donnés par de tels auxiliaires et l'on peut craindre que les autorités européennes ne découvrent un jour ou l'autre la nécessité de « réformes » généralisant chez nous ce système.

Jamais Finkelstein n'a donné de cours sur sa spécialité, le Moyen-Orient, et jamais il n'a reçu d'argent pour effectuer des recherches sur ce sujet. Néanmoins son livre sur l'industrie de l'holocauste a été traduit en quinze langues. Il enseigne aujourd'hui dans une université catholique, qui a au moins le courage de le garder, contrairement à la plupart des universités où il a travaillé précédemment et qui ont fini par l'exclure, malgré les nombreux éloges des étudiants sur la qualité de son enseignement. Pendant qu'il donnait son derniers cours (d'ailleurs filmé par les autorités) dans un de ces établissements frileux, la police à cheval attendait hors du bâtiment. Dans un autre, les étudiants, ayant plus d'humour que les autorités académiques, lui ont offert à cette occasion une peinture représentant un homme montant au ciel sur un escalier où était déployé un drapeau rouge. Lors de ses nombreuses mésaventures universitaires, il a pu constater l'absence de soutien de la part des professeurs et des étudiants les plus verbalement à gauche.

On pourrait transposer à Norman Finkelstein les propos suivants de l'écrivaine indienne Arundhati Roy : « Quand j'ai commencé à lire Chomsky, je me suis dit que son déploiement d'arguments, leur quantité, leur implacabilité, étaient un peu, comment dire, insensés. Un quart des arguments qu'il avait amassé auraient suffi à me convaincre. J'avais l'habitude de me demander pourquoi il devait travailler tant. Mais maintenant je comprends que l'amplitude et l'intensité du travail de Chomsky est un baromètre de l'amplitude, de l'étendue et de l'implacabilité de la machine de propagande à laquelle il fait face »12.. Beaucoup d'universitaires affirment qu'un autre monde (à venir) est possible. Peut-être ; mais un autre monde académique serait déjà réalisé si des gens comme Finkelstein ou Chomsky étaient pris comme modèles plutôt que d'être marginalisés, démonisés ou réduits à l'état de parias.

Les parents de Finkelstein n'ont jamais voulu profiter de ce qu'il appelle l'industrie de l'holocauste, bien qu'ils auraient pu le faire. En effet, cette « industrie », identifiant communisme et fascisme, était parfaitement fonctionnelle dans le discours de la guerre froide et heurtait la mémoire de ceux qui, comme eux, n'ont jamais oublié que c'était l'Union Soviétique qui avait vaincu le nazisme et libéré les survivants d'Auschwitz. Pendant la guerre du Viêt-Nam, sa mère ne supportait pas de regarder les actualités, car elle voyait dans les bombardements américains une continuation de ce dont elle avait elle-même souffert. Il est d'ailleurs curieux qu'on reproche souvent à Finkelstein de nier ou de minimiser l'holocauste, alors qu'en réalité il est obsédé par cette tragédie, comme l'était d'ailleurs sa mère. Mais la leçon que Finkelstein et ses parents ont tiré des souffrances juives est radicalement universaliste : s'opposer à toute injustice, et plus particulièrement à celles dont nous sommes les plus directement responsables, c'est-à-dire celles liées à l'impérialisme occidental, comme le Viêt-Nam ou la Palestine.

Finkelstein est d'ailleurs un des rares intellectuels à se poser réellement des questions éthiques. Un des rares ? Les librairies ne sont-elles pas remplies de livres « éthiques », condamnant le totalitarisme, dénonçant le fanatisme musulman (et parfois même américain) ou l'aveuglement passé des communistes ? Mais les questions que se pose Finkelstein sont différentes. Lorsqu'il enseigne à des enfants noirs et qu'il essaie d'établir des contacts avec la communauté noire américaine, il sait que, dans une société raciste, toute démarche de ce genre est inévitablement déséquilibrée : je peux montrer mes bons sentiments et ma générosité en allant vers l'autre, mais lui ne le peut pas. Il n'a pas de solidarité à m'offrir. Finkelstein se rend chaque année en Palestine, mais il sait qu'il peut sortir de cet enfer- les Palestiniens pas. Quel droit a-t-il alors de condamner les attentats-suicides ? Quelles que soient les réponses que l'on apporte à ce genre de questions, ce sont les seules qui méritent d'être posées. La réflexion de Finkelstein illustre bien l'idée que la morale est quelque chose que l'on s'impose à soi-même, pas quelque chose qu'on fait aux autres.

Évidemment, le ton de Finkelstein est dur et sans concession. Mais il faut savoir que des sionistes lui envoient des messages lui souhaitant de mourir du cancer, et vite, ou se réjouissant de la leucémie réelle dont souffre Edward Said13.. Un jour, en demandant un document à une secrétaire dans son université, il remarqua que son dossier contenait une épaisse liasse de coupures de presse le dénonçant. De plus, les invitations qu'il reçoit pour parler du Moyen-Orient sont parfois annulées pour ne pas « offenser les sensibilités juives », ce qui le rend particulièrement hostile au politiquement correct et à la censure, quelqu'en soient les cibles.

Norman Finkelstein est avec William Blum14., Noam Chomsky, Alexander Cockburn15., Barbara Ehrenreich16., Edward Herman17., Diana Johnstone18., Michael Parenti19., James Petras20. et bien d'autres, une de ces voix de l'autre Amérique qui ont été si longtemps et si efficacement étouffées en France. Aujourd'hui, alors que l'agressivité américaine se déploie partout avec insolence, on commence à se rendre compte, avec un certain retard, que ces gens qui depuis longtemps nous avertissent de la menace pesant sur l'ensemble du genre humain et causée par l'extraordinaire concentration de pouvoir économique, militaire et culturel entre les mains de la minuscule élite qui contrôle leur pays, n'ont peut-être pas tout à fait tort.

Jean Bricmont

N. Finkelstein: "Tuer l'espoir", une introduction au conflit israélo-palestinien, Aden, Bruxelles, 2003

* * *

Notes

1 Je veux aussi souligner qu'il n'est pas dans mon intention de discuter ici de la question relativement compliquée de la légitimité des migrations ou de l'accueil qu'il serait souhaitable d'accorder aux immigrés et aux réfugiés. Notons seulement que ceux-ci viennent ici désarmés et sans l'intention de créer un état sur notre sol, ce qui est tout différent de ce qu'a été le projet sioniste. De plus, il ne faut pas oublier que ce projet, qui devait entraîner inévitablement un conflit avec les Palestiniens, a pris forme bien avant le nazisme (dès la fin du 19ème siècle) et ne peut par conséquent pas être justifié par les atrocités commises par celui-ci.

2 Néanmoins, le problème posé par cet argument est qu'il risque d'être utilisé pour légitimer l'annexion de facto d'une partie des territoires occupés.

3 Il n'il y a d'ailleurs pas qu'Israël. Pensons à la trahison des Arabes par les Anglais et les Français après la fin de l'Empire turc, au renversement de Mossadegh en Iran, à Suez, à la guerre d'Algérie, à la création du Koweit, au soutien constant à la monarchie saoudienne, aux interventions au Liban, à l'embargo contre l'Irak et aux deux guerres du Golfe. Tout cela pour contrôler leurs ressources naturelles ou protéger nos avant-postes coloniaux.

4 Voir Maxime Rodinson, Peuple juif ou problème juif ?, Paris, Maspero, 1981, pour une discussion plus approfondie de la continuité entre colonialisme et Israël.

5 Edward W. Said, The end of the peace process. Oslo and after, New York, Vintage Books, 2001, p. 217.

6 Voir le chapitre 7, « Deux poids deux mesures », du courageux livre de Pascal Boniface, Est-il permis de critiquer Israël ?, Robert Laffont, Paris, 2003, pour plus de détails sur la réception du livre de Fallaci.

7 Les accords de Rambouillet, dont la non-signature par la Yougoslavie a servi de prétexte à la guerre du Kosovo, prévoyaient le déploiement sur tout le territoire yougoslave de troupes de l'Otan (annexe B, section 8 ).

8 Pour ne prendre qu'un exemple, dans La défaite de la pensée (Paris, Gallimard, 1987, p. 103), le philosophe Alain Finkielkraut s'oppose à l'idée, proposée par l'Unesco, d'un nouvel ordre mondial de l'information, qui permettrait le développement des agences et des médias du tiers- monde. Lorsqu'on voit comment les journalistes occidentaux ont couvert la crise irakienne, on peut penser que ce nouvel ordre serait bien nécessaire. Mais inévitablement, il offrirait aussi une autre perspective sur le conflit israélo-palestinien.

9 Une autre version de cet argument consiste à dire que ceux qui s'indignent de la situation en Palestine feraient mieux de se préoccuper du Tibet ou de la Tchétchénie. Mais ici la réponse est facile : contrairement à la situation en Palestine, personne ou presque ne défend chez nous la position russe ou chinoise. De plus, les gouvernements occidentaux ne soutiennent pas la Russie ou la Chine comme il le font avec Israël et il leur faut bien tenir compte des rapports de force.

10 Norman Finkelstein, L'industrie de l'holocauste. Réflexions sur l'exploitation de la souffrance juive. Paris, La Fabrique, 2001.

11 Entre autres par des historiens et intellectuels tels que Saul Bellow, Lucy Dawidowicz, Barbara Tuchman et Elie Wiesel. Voir Norman Finkelstein, Image and reality of the Israel-Palestine conflict, London, Verso, 1995, chapitre 2, pour une analyse détaillée du livre de Peters, du soutien qu'elle a reçu et des difficultés rencontrées par Finkelstein pour faire connaître et admettre la fraude.

12 Préface par Arundhati Roy à la nouvelle édition de Noam Chomsky, For Reasons of State, New York, The New Press, 2003.

13 Voir son site : http://www.normanfinkelstein.com/

14 Voir William Blum, L'État voyou, Paris, Parangon, 2001, et William Blum, Killing Hope. U.S. military and CIA interventions since World War II, Monroë (Maine), Common Courage Press, 1995, à paraître en français chez Parangon.

Voir aussi : http://members.aol.com/bblum6/American_holocaust.htm

15 Voir http://www.counterpunch.org/

16 Voir Barbara Ehrenreich, Nickel and dimed. Undercover in low wage USA, Londres, Granta books, 2002.

17 Voir Noam Chomsky, Edward Herman, La fabrique de l'opinion publique, la politique économique des médias américains, Paris, le Serpent à Plumes, 2003.

18 Voir Diana Johnstone, Fool's crusade. Yugoslavia, NATO and Western delusions, Londres, Pluto Press, 2002

19 Voir Michael Parenti [http://www.michaelparenti.org/], Le choc des idéologies, le fascisme rationnel et le renversement du communisme, Bruxelles, EPO, 2003.

20 Voir James Petras, Henry Veltmeyer, La face cachée de la mondialisation. L'impérialisme au XXIème siècle, Paris, Parangon, 2002.

18:01 Écrit par eric blair | Lien permanent | Commentaires (31) |  Facebook |

Commentaires

quaeps juste lu quelques lignes ; la fable omet l'attaque immédiate de l'état Tutsi par la France, la Hollande et le Luxembourg dès les premiers jours de son existence , aidés des wallons qui refusent le partage .
De toutes façons, je ne rentre pas dans un débat qui remet l'existence et la légitimité absolue de l'Etat Hébreu (pas dans les conditions actuelles bien sûr), surtout quand l'auteur du texte pousse l'hypocrisie jusqu'à dire qu'il ne remet pas cette existence en cause .
Il faudrait expliquer également à ton ami qu'un enfant de Rabat n'est pas forcément un arabe et qu'un Palestinien n'est pas son frère (en tous cas pas plus qu'un Portugais n'est le tien et qu'un Italien n'est le mien) . Cette volonté de vouloir unir tous les musulmans et tous les prétendus arabes en une fraternité quasi siamoise est une imposture et une malhonnêteté .

Écrit par : jean | 12/02/2006

jean 1 tu ne sais pas lire...suite...et sûrement pas fin...
"Pourtant, la responsabilité de la Belgique dans les malheurs des Tutsis, à travers sa politique coloniale, est incomparablement plus grande que celle, inexistante, des Palestiniens dans les persécutions des Juifs en Europe."
2 il ne remet rien en cause, il explique...je sais ça t'embête....
3 un enfant de rabah est aussi sûrement arabe qu'un enfant de russie est caucasien...si on doit, pour chaque pays, communautariser chacune de ses analyses...on est sûr qu'on va les rapprocher...les communautés...quelle cohérence...
les palestinien et les arabes sont frères, comme un black de New-York est le frère d'un black de Detroit, comme tout les catholiques devraient l'être (mes biens chers frères, mes biens chères soeur...reprennez avec moi tous en choeur...), on peut dénigrer le sentiment de solidarité, l'instrumentaliser, s'en moquer, tu peux danser sur ta tête, il y aura toujours des gens sur terre pour penser que les autres (tous les autres, ou ceux du même pays, de la même religion, de la même idéologie...) sont ses frères, je sais, pour toi, c'est chacun pour soi...et du moment qu'on puisse changer de télé quand on veut...

Écrit par : quaeps | 13/02/2006

quaeps 1. les hutus et les tutsis n'ont pas attendu les belges pour se conchier .
2. il remet cause sous couvert d'une mise en perspective , ça ne m'embête pas , ça me dégoute .
3. donc pour toi, un Marocain est forcément un Arabe (c'est déjà une connerie) qui est forcément solidaire d'un Palestinien et de tous les autres arabes (sauf bien sûr des Arabes Sahraouis) , c'est du grand n'importe quoi .
Le fait que des gens soient solidaires entre eux (sauf bien sûr pour cause de race ou de religion) est une bonne chose . Quand la race et la religion s'en mêlent vraiment ça pue .
L'image de l'enfant de Rabat partageant obligatoirement les mêmes sentiments que son frère Palestinien est une belle instrumentalisation (en plus d'être une image raciste) .

Écrit par : jean | 13/02/2006

jean 1 hors sujet....quand tu ne comprends pas une phrase, écrase-toi, ne change pas de sujet, ça se voit....
2 non, il met en perspective, ce qui donne un éclairage qui déplait à toi et tes amis (pourtant, il y a quelques années des historiens français, et pas les plus anti-sioniste, ont signé un manifeste qui dépeint l'existence d' israel comme un fait colonial...un des seul à avoir hurlé...c'était finkelkrault...qui se ressemble...)....
3 oui, un palestinien est un arabe, dans l'immense majorité des cas, je ne vois pas en quoi le dire pose problème...les africains sont noirs et les asiatiques ont les yeux bridés...il y des nuances,qui doivent être précisée dans certains cas, mais dans le contexte de ce texte, elles sont inutiles, sauf pour faire du vent...
tu débarques, il faut vraiment que tu te sortes la tête du cul, on est TOUJOURS plus solidaire des gens dont on se sent proche...tu viens d'où, tu n'as jamais rien appris sur la famille, la tribu, le clan, ....je ne peux pas tout faire....
TU OSES ME PARLER D'INSTRUMENTALISATION....TOI....

Écrit par : quaeps | 13/02/2006

quaeps 1. C'est faire très peu de cas de l’alliance conclue entre Hitler et Haj Amin (le grand Mufti de Jerusalem et leader Palestinien) .
De toutes façons le jeu des comparaisons est idiot, ça
2.

Écrit par : jean | 13/02/2006

quaeps Ne lis pas le suivant, je reprends tout ici (mes gros doigts m'ont encore trahi)
1. C'est faire très peu de cas de l’alliance conclue entre Hitler et Haj Amin (le grand Mufti de Jerusalem et leader Palestinien) .
Le jeu des comparaisons est par définition idiot et rien ne sert de rentrer dans cette argumentation de bacs à sable .
2. Arrête d'être hypocrite , ou le débat c'est : Israël dans ses frontières de 67 , ou c'est : Israël peut-il exister là où il se trouve .
3. Rabat c'est pas en Palestine, c'est au Maroc et au Maroc tout le monde n'est pas Arabe , béotien . De plus, explique-moi pourquoi un Marocain devrait-il trouver anormal l'occupation de la Palestine , alors que son propre pays colonise un pays revendiqué par une population ignorée ?

Écrit par : jean | 13/02/2006

jean 1 quel rapport avec les tutsis...et encore, vite on change de sujet...
alliance purement stratégique dans laquelle l'antisémitisme ne joue qu'un rôle secondaire, d'ailleurs, même en israel, PERSONNE ne songe à lui attribuer un rôle, MEME TRES MINEUR, dans la Shoah...n'importe quoi, vite une branche...

Écrit par : quaeps | 13/02/2006

jean, gros doigt... 1 suite
les comparaisons ne sont pas un jeu idiot, elles ont tout à fait leur place dans une argumentation...évidement, les plus pertinentes sont souvent celles qui te gènent le plus...comme d'hab...
2 il y a deux débats, et ils sont intimement liés, je sais que tu préfères ne connaître que la moitié de l'histoire, tu es comme ça, mais il existe, malheureusement pour toi, des gens honnêtes et scrupuleux qui préfèrent connaître la totalité d'un problème avant d'essayer de le résoudre...mais bon, ce n'est JAMAIS ton cas...
3 sans blague, c'est au Maroc, merde alors...et ils sont pas tous arabes...merde, mais ils sont musulmans alors (dans leur GRANDE majorité s'entend..)...ben, ça doit être ça alors...
TU DELIRES, le maroc et le sahara, CA N'A RIEN A VOIR avec le conflit palestinien...ou alors, on va refaire le monde, et tu vas voir qu'il y en 1000 des comme-ça...

Écrit par : quaeps | 13/02/2006

quaeps 1. disons simplement que celle-ci est idiote alors , par exemple aucun Tutsi (sauf complètement perdu géographiquement) n'a jamais considéré la Belgique comme la terre des ses aïeux (même pas le Pays Noir) .
Le grand Mufti d'Israël, c'est juste pour te dire que même avant 1948 les Palestiniens ne voulaient pas des juifs, et si il est vrai que le Grand Mousti n'a rien eu à voir dans la Shoah, on peut dire qu'elle ne le dérangeait pas (doux euphémisme) .
2. non il n'y a pas deux débats , il n'y en a qu'un . Connaître le passé n'est pas un débat , et quoi qu'il arrive si le retour d'Israël dans ses frontières de 67 est la seule solution acceptable (sauf accord mutuel des parties, style je t'échange la Rue de la Paix contre la Gare du Midi), discuter de ces mêmes frontières n'est pas acceptable (et tout aussi contraire au droit international auquel tu te réfères si souvent) .
3. et si tu laissais les gens décider d'eux-mêmes de l'opinion qu'ils veulent avoir , plutot que d'imposer la pensée unique arabe et la pensée unique musulmane et les faire parler tous d'une même voix .
Le Maroc et le Sahara , c'est pour te montrer qu'un arabe (puisqu'un enfant de Rabat est forcément arabe) n'est pas automatiquement solidaire d'un autre arabe .

Écrit par : jean | 13/02/2006

jean 1 TU NE SAIS PAS LIRE...et encore un exemple...un...
"Le but de cette fable n'est nullement de comparer ou de prétendre établir une équivalence entre deux histoires tragiques, celle des Juifs et des Tutsis, mais uniquement d'illustrer le fait que l'attitude des Arabes vis-à-vis d'Israël n'est pas nécessairement due à une culture ou à une religion violente et étrange, mais est celle que n'importe qui pourrait avoir, une fois mis dans une situation semblable à la leur...."...
2 "c'est juste pour te dire que même avant 1948 les Palestiniens ne voulaient pas des juifs"...sans blague, les Palestiniens ne voulaient pas des juifs depuis la déclaration Balfour en 1917...inculte que tu es....depuis quand un peuple est-il censé applaudir quand on lui signifie qu'il va devoir partager ses terres avec un autre peuple...tu débarques ou quoi...
2 il y a deux débats, et pour comprendre le conflit, il est IMPERATIF de les considérer tous les deux, ce qui n'exclu en rien un règlement du conflit selon les modalités du droit international...tu radottes, comme d'hab...
3 je n'ai JAMAIS prétendu qu'il y avait une "pensée unique arabe", ni même une solidarité indéfectible entre "les frères" musulmans, si tu connaissais un peu l'histoire du conflit (on peut rêver...), tu n'aurais pas besoin chercher des exemples au Maroc, le comportement de l'Egypte, de la Jordanie, de le Syrie et du Liban auraient largement suffit à décrédibiliser une hypothétique "solidarité envers les palestiniens"...ce qui n'empêche pas BEAUCOUP d'habitant du proche-orient ET D'AILLEURS de ressentir le deux poids deux mesures inhérent au conflit...

Écrit par : quaeps | 13/02/2006

quaeps 1. non, le but c'est de mettre en doute la légitimité d'Israël , je t'ai dit ce que j'en pensais au premier commentaire .
2.Il est impératif de ne rien considérer d'autre que les frontières de 1967 .
Tant qu'Israël n'y rentre pas , la violence est normale, c'est de la résistance (sauf si la cible est civile, ça c'est de l'assassinat) . Si Israël rentre dans ces frontières, il n'y a plus rien à dire , pas de débat à remettre sur la table .
3. Ce n'est pas moi qui parle de l'enfant marocain forcément arabe !!! Ce que tu dis est déjà plus proche de la vérité (en tous cas les termes employés sont assez vagues que pour ne pas être contredits) .

Écrit par : jean | 13/02/2006

jean 1 tu racontes N'IMPORTE QUOI...bricmont et finkelstein sont tous les deux partisans d'un retour aux frontières de 67, la légitimité d'israel est à considérer ABSOLUMENT pour bien comprendre le conflit, je t'ai déjà dit ce que tu pensais de la vérité historique...désolé, mais ce n'est pas mon cas...
2 tu radotes, comme d'hab...et tu reprends les arguments que j'ai mis un an à t'expliquer...tu es ridicule...
3 tu ergottes, qu'il soit arabe ou pas ne change rien...la solidarité est au-dessus de tout ça....ce que je dis EST la vérité, comme d'hab...

Écrit par : quaeps | 14/02/2006

quaeps 1. la légitimité d'Israël n'a pas à être mise sur le tapis , elle est indiscutable .
2. non, je mets des limites , ou alors tu es plus clair et tu dis ce que tu penses vraiment sur le droit à l'existence d'Israël .
3. pourquoi insister sur le fait qu'il soit arabe alors ? On ne peut pas être solidaire des Israëliens (même si on est Marocain) .
Quand tu dis des choses très très vagues , il est vrai qu'un couillon pourrait en avoir l'illusion .

Écrit par : jean | 14/02/2006

jean 1 INCULTE que tu es, elle est aussi discutable que l'était le régime de l'afrique du sud, du congo et de la pluspart des colonies...C'EST UNE COLONIE...le préciser n'est PAS UN PREAMBULE à sa négation, c'est un fait historique à considérer comme tous les autres dans le cadre du conflit...évidement, toi, quand ça gêne ton raisonement... "n'a pas à être mise sur le tapis "...
2 je l'ai dit 200 fois, mais c'est vrai que tu ne sais pas lire (cfr. tes premiers commentaires sur cet article...)...relis...
3 il n'insiste pas, tu délires...
tu n'es solidaire de personne, ça se saurait....
nouveau titre de ton blog:"Quand tu dis des choses très très vagues , il est vrai qu'un couillon pourrait en avoir l'illusion "

Écrit par : quaeps | 14/02/2006

quaeps 1. ça ne me gène pas .Du tout . Ca me dégoute (je te l'ai déjà dit) . C'est mettre un grand "mais" à sa légitimité et donc c'est , que tu le veuilles ou non , un point de départ à la négation de son existence .
2. Si je te résume "Israël doit exister mais..."
3. Non non, bien sür, il n'insiste pas sur le trait : "N'importe quel enfant à Rabat(...)était constituée d'Arabes (comme lui) .
Ca fait du bien venant de la part du champion du Monde de la solidarité en fauteuil .

Écrit par : jean | 15/02/2006

jean 1 donc, rapeller que l'algérie a été une colonie française pour comprendre son histoire...ça te dégoute...tu devrais faire voter une loi, Sarkozy te remercie déjà...et tu me parles de la liberté d'expression...je ME MARRE...
2 ne me résume pas, contente toi de lire...
3 non, il n'insite pas, en plus à rabat, il y a plus d'arabe que de berbère, et surtout, c'est un enculage de mouche...tout le monde sait que quand on parle du "monde arabe", le maroc en fait partie selon le débat...comme dirais Chomsky, on dit "arabes" pour dire "sans importance"...et comme Bricmont est son fan numéro un...

Écrit par : quaeps | 15/02/2006

jean la solidarité en parole et en pensée,est TOUJOURS ce qui précède les changements...mais évidement, toi les changements...

Écrit par : quaeps | 15/02/2006

quaeps 1. bel amalgame crapuleux, tu progresses tous les jours et je te décerne donc ___ ____ ____ ____ ____ ____ ____
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2. Oui, je lis Israël peut exister mais...
3. La notion même de "Monde Arabe" est une supercherie honteuse

Écrit par : jean | 15/02/2006

jean 1 quel amalgame...fais-moi pisser de rire...encore...
2 mais quoi? allez jean...encooooooooore....
3 oui, c'est d'ailleurs une invention occidentale, mais tu changes de sujet, comme d'hab...

Écrit par : quaeps | 15/02/2006

quaeps 1. trop tard tu as eu ton (____) (____) (____) (____) (____) (__
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2. je t'en prie mon petit
3. c'est TOI qui emploies "Monde Musulman" .

Écrit par : jean | 15/02/2006

jean 1 encore la trouille...petit...
2 encore la trouille...petit...
3 oui, j'emploie aussi "guerre contre le terrorisme"...entre guillemets, comme "monde arabe"...apprends à lire...

Écrit par : quaeps | 16/02/2006

quaeps 2. sa légitimité (donc son existence , il est impossible de dissocier totalement les 2) doit être (au moins) mise en équation .
3. toute cette pseudo-démonstration de souffrance de l'enfant arabe (bien sûr le terme enfant est utilisé par hasard et non pour donner un effet universellement mélo), qui se sent dévalué par l'existence d'Israël n'est rien d'autre qu'une supercherie !

Écrit par : jean | 16/02/2006

jean 2 pas en équation, dans son contexte global...y compris colonial...bel exemple de liberté d'expression, encore une fois....
3 "toute cette pseudo-démonstration de souffrance de l'enfant arabe (bien sûr le terme enfant est utilisé par hasard et non pour donner un effet universellement mélo), qui se sent dévalué par l'existence d'Israël n'est rien d'autre qu'une supercherie !"....les arabo-musulmans sont partout, ils sont tous de dangereux terroristes décidés à modeler le monde à leur image, et ils manipulent l'opinion("n'est rien d'autre qu'une supercherie!")pour arriver à leur fin...tu remplaces "arabo-musulmans" par "communistes" et ton idéologie tiens en deux phrases...les mêmes que tes maîtres...wouf...wouf...

Écrit par : quaeps | 16/02/2006

quaeps 2. ce qui revient exactement au même (colonie donc injuste donc...)
3. je ne t'ai jamais dit que les arabo-musulmans sont partout, d'ailleurs je n'ai rien ni contre les arabes ni contre les musulmans . Par contre ce que tu essayes c'est de faire croire que parce que j'exècre les islamistes (comme d'ailleurs les exècrent beaucoup de musulmans), je les confonds avec les musulmans , et donc d'associations douteuses en amalgames foireux avec les communistes . Or, je n'ai rien contre les communistes ni contre les musulmans à partir du moment où on ne me suggère pas de vivre sous l'un ou l'autre régime (ce qui ne veut pas dire que je rejette toutes leurs valeurs en bloc) .

Écrit par : jean | 16/02/2006

jean 2 oui, états-unis, cuba, australie, etc...colonies donc injuste donc...quel historien tu ferais...quelle cohérence, quelle culture...
3 c'est EXACTEMENT le discours de Sarkozy, finkelkrault et compagnie...crève les yeux d'un homme et reproche-lui d'être aveugle....

Écrit par : quaeps | 16/02/2006

quaeps 2. il y a pourtant une différence essentielle entre les pays que tu évoques et Israël...
3. ???

Écrit par : jean | 16/02/2006

jean 1 quelle différence...
3" Or, je n'ai rien contre les communistes ni contre les musulmans à partir du moment où on ne me suggère pas de vivre sous l'un ou l'autre régime (ce qui ne veut pas dire que je rejette toutes leurs valeurs en bloc) "...tu veux des citations de toi...ça va être long, mais si tu veux, on va rire...

Écrit par : quaeps | 16/02/2006

quaeps 1. cherche cultivé !
3.non , je n'ai pas envie de vivre dans un pays où l'on applique la charia (ne fut-ce qu'en partie, quoique la suppression de l'impôt sur le revenu), pourquoi toi bien ?

Écrit par : jean | 16/02/2006

jean 1 des différences, j'en vois plein, mais aucune qui justifie ton révisionnisme...alors, la trouille...
2 TU AS PEUR...PEUR QU'ON T'IMPOSE LA CHARIA...immagines-tu le niveau d'endochrinement qu'il faut pour arriver à croire des âneries pareilles...ah, oui, un peu comme pendant la guerre froide, quand les "rouges" allaient envahir le monde et mettre tout le monde au goulagh....tu ES FORMIDABLE...et bien entendu, comme les musulmans veulent imposer la charia...il faut bien se défendre, c'est de bonne guerre...

Écrit par : quaeps | 17/02/2006

quaeps 1. Et me voilà révisionniste maintenant , je te décerne donc :
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3. Encore une fois , tu détournes crapuleusement ce que je dis, je n'ai pas peur qu'on m'impose la charia , je te dis il y a quelques commentaires en réponse à un de tes odieux que je n'ai rien contre les communistes (les pauvres ils sont déjà assez arrangés comme ça) ni contre les musulmans , mais que je ne voudrais vivre ni dans un système ni dans l'autre . Ce qui pour toi est absolument choquant puisque partant de là , tu me compares à Sarkozy (donc tout qui ne veut être ni communiste ni musulman = Sarko, bravo Quaeps encore un exemple de ta façon de faire) . Et je te réponds que je ne voudrais pas vivre sous la charia , je ne t'ai pas dit que cet endroit était ici , je ne voudrais pas vivre en Arabie Saoudite p.e. ou je n'aurais pas voulu vivre en U.R.S.S. . Point barre .

Écrit par : jean | 17/02/2006

jean 1 oui, quelqu'un qui change l'histoire pour influencer le présent, pour moi, c'est du révisionnisme...pas toi...
3 MENTEUR, je prépare un article sur ton anti-communisme et ton anti-islamisme, ça va être long....

Écrit par : quaeps | 17/02/2006

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