20/01/2006

tu vois, tu gobes n'importe quoi...comme d'hab...

M. le Directeur de la publication Charlie Hebdo 44, rue de Turbigo 75003 Paris

DEMANDE DE DROIT DE RÉPONSE PAR LETTRE RECOMMANDÉE AR

Monsieur le Directeur de la publication,

L’association Attac, que je préside, ayant été gravement mise en cause dans un article de Philippe Val titré " La presse a besoin de flics " dans le numéro de Charlie Hebdo daté du 24 décembre 2003, je vous prie de bien vouloir publier le droit de réponse ci-après, conformément à l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse :

Dans son éditorial " La presse a besoin de flics " publié dans le numéro de Charlie Hebdo du 24 décembre 2003, Philippe Val se livre à une critique virulente de l’Observatoire français des médias (OFM) et d’Attac qui en est un des quelques cinquante membres fondateurs. Utilisant la première personne du pluriel de majesté pour se référer à " nos amis d’Attac " qui, selon lui, s’inspireraient de la démarche du ministre de l’intérieur, Philippe Val ne craint pas d’utiliser des méthodes d’intimidation et d’attaques ad hominem - réellement policières, elles - pour stigmatiser une association dont les activités n’avaient pourtant pas encore commencé à la date de la publication de son article. Une frappe préventive en quelque sorte...

Contrairement à ce que prétend Philippe Val, Attac n’est pas à l’origine du projet de création de l’Observatoire français des médias. Si Attac a décidé d’en être un des membres fondateurs, c’est parce que l’objet de l’OFM correspond à nos propres réflexions : " produire et communiquer de l’information, ainsi que mener des actions de tous ordres en vue de promouvoir et garantir le droit à l’information... ". Sans les surestimer, et une nouvelle fois contrairement à ce qu’affirme Philippe Val, nous ne méconnaissons pas les tensions qui peuvent parfois exister dans les grands organes de presse entre les rédactions et les représentants de leurs actionnaires.

Philippe Val se prévaut de sa qualité de membre fondateur d’Attac pour s’étonner de ne pas avoir été informé de la création de l’OFM. Il est effectivement grand temps qu’il se souvienne de l’existence de notre association : c’est en effet l’un des seuls membre fondateur à ne jamais avoir acquitté sa cotisation annuelle depuis la création d’Attac en 1998. Au point qu’il ne dispose même pas de numéro d’adhérent ! Bien que, dans toute association, le non-paiement de la cotisation constitue un motif automatique de suspension d’appartenance, nous avons conservé le nom de Philippe Val sur nos listes : nous n’avons pas, nous, une culture de l’exclusion...

Quant à l’information qu’il se plaint de ne pas avoir reçue, elle est pourtant publique : les relevés de décisions du Conseil d’administration et du Bureau d’Attac sont en permanence disponibles sur le site de l’association. Si Philippe Val l’avait consulté à l’adresse suivante : http://www.france.attac.org/a2203, il aurait pu apprendre que le Bureau du 16 septembre 2003, dans son point 8 de l’ordre du jour, avait pris la délibération suivante : " Sur proposition de Bernard Cassen, le Bureau décide de faire adhérer Attac, en tant que membre fondateur, à l’Observatoire français des médias et le mandate pour le représenter au sein de cet organisme ".

Dans la conclusion de son éditorial, Philippe Val somme l’OFM de dénoncer publiquement, voire d’exclure certains de ses membres, faute de quoi lui, Philippe Val, demandera que son nom ne figure plus sur la liste des fondateurs d’Attac. En d’autres termes, il exige que, au sein de l’OFM, notre association joue le rôle de procureur, voire, pour reprendre sa terminologie, de " flic ", si elle entend conserver le privilège de compter le rédacteur en chef de Charlie dans ses rangs. Imaginer un tel scénario déconsidère son auteur et fait injure à Attac.

À l’OFM, comme dans les autres structures et collectifs dont Attac fait partie, notre représentant ne se déterminera pas à partir de fatwas lancées de l’extérieur, mais en fonction du travail effectué, dont il rendra régulièrement compte aux instances élues de l’association. Nous regrettons que Philippe Val n’ait pas adopté la même démarche, celle, semble-t-il, de tout journaliste respectueux de ses lecteurs : juger, mais sur pièces ; critiquer, mais à partir de faits avérés et non de procès d’intention.

Je vous prie, Monsieur le Directeur de la publication, de croire à l’assurance de mes sentiments distingués.

Jacques Nikonoff Président d’Attac


PS : Lire ici même, notamment : « Philippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias », « Droit de réponse à Philippe Val, psychiatre, historien et patron de presse, par Serge Halimi », « Philippe Val recycle son éditorial purificateur sur France Inter » (Acrimed).
 

califourchon sur Montaigne et Spinoza, Philippe Val cultive le racisme social. Son engrais ? Le pédantisme.

Troubadour libertaire qui chantonnait L’Autogestion avec Patrick Font en 1977, Philippe Val pense à présent qu’« il ne peut y avoir de démocratie sans marché » (Charlie hebdo, 12.4.00). Le dictateur du NEM (Non-Événement du mercredi, alias Charlie hebdo) œuvre à « légitimer le titre aux yeux des gens qui constituent le milieu de l’information et avec qui j’entretiens des rapports cordiaux » (Toc, février 2005). Une réussite. Mais qui fut une gageure ; Philippe en a convenu : « Je suis très limité […]. Je ne suis pas un grand analyste politique, je ne suis pas un professionnel du journalisme.1 »

Charitable, Laurent Joffrin-Mouchard confia un jour à son ami Philippe le secret des plumassiers parisiens : citer à tout bout de champ des génies pour dissimuler son incurie. Et Mouchard, qui s’y connaît, glissa sous l’épaule la béquille qui soutient la pensée boiteuse de tous les pitres pantelants de la presse : un jeu de fiches de lecture résumant l’œuvre des grands esprits des trois derniers millénaires. Val a piaillé de joie et tout appris par cœur. Écrivains, artistes et penseurs illustres sont désormais mobilisés au service de la « pensée Val-Tse-toung » 2. Au meilleur de sa forme, le grand timonier peut citer dans un seul entretien Kundera, Machiavel, La Boétie, Parménide, Stanislavski, Platon, Hobbes et Hegel ! (Sport et Vie, septembre 1999). Les médecins légistes de PLPL ont autopsié 48 des 53 éditoriaux valiens publiés dans le NEM en 2002. Bilan : 120 évocations artistiques et littéraires, soit une moyenne de 2,5 par éditorial, avec des pointes à 10 (2.1.02), voire 11 (29.5.02). Val frissonne : « Tout le monde a droit à une phrase de Shakespeare, de Nietzsche, de Dante, de Borges, de Montaigne » (L’Œil électrique n° 9). Les lecteurs, eux, sont plus partagés : « L’équipe de Charlie hebdo organise à Rennes une rencontre avec les lecteurs. Par sa condescendance envers les membres de l’assistance (ses lecteurs, donc), Philippe Val, le rédacteur en chef, arrive en deux heures à perdre tout le crédit dont il jouissait encore » (L’Œil électrique n° 32, 2004).

Contre les « ploucs humains »

Se grimer en savantasse comporte pourtant beaucoup d’avantages. D’abord, le dictateur du NEM peut dégoiser les pires âneries sous l’autorité de Spinoza avec l’assurance que ce dernier n’enverra pas de droit de réponse. Conscient que nul ne sera pris de vertige en s’asseyant sur son œuvre, il peut aussi se présenter comme le défenseur des aigles de l’esprit à la hauteur desquels il tente de se hisser — du haut de son perchoir de perroquet : « Je suis pour que les lettrés reviennent sur le devant de la scène, c’est mon combat » (L’Œil électrique n° 9). Même les semaines où Philippe ne cite aucun nom de la Pléiade, la distinction reste au rendez-vous : il conte sa rencontre avec le pianiste Arturo Benedetto Michelangeli (10.7.02), évoque une pièce de théâtre, et finalement soupire : « Combien de fois ai-je vu se lever le jour en lisant Les Mille et Une Nuits ? » (NEM, 11.12.02).

Le monde selon Val se divise en deux : d’un côté, ceux qui lisent Montesquieu et les éditoriaux de Philippe Val citant Montesquieu ; de l’autre, la populace imbécile qui aime le foot et les corridas, qui boit de la bière et regarde TF1. Cette deuxième catégorie forme à ses yeux l’écume de l’humanité. Elle a des loisirs « vulgaires » qui offusquent ses prétentions au califat de l’Intelligence. « Même quand j’étais gamin, le sport m’ennuyait. Un match de foot me remplissait d’une espèce d’état migraineux, de déprime qui ne m’a pas quitté depuis »

 

Philippe Val, défenseur du social ? Trois fois oui-oui, mais à la condition expresse de n’avoir aucun contact avec un peuple qu’il décrit tantôt comme une bande de « pochtrons du bistrot, torse nu, bourrés comme des coings » (Sport et Vie, 9.99), tantôt comme un tas de « ploucs humains obtus, rendus courageux par la vinasse ou la bière locale qui leur gargouille dans le bide » (NEM, 14.6.00). Au fond, les dominés n’ont que ce qu’ils méritent. Le dictateur du NEM fustige leur « servitude volontaire » plutôt que l’exploitation capitaliste qui les asservit. « S’ils n’aimaient pas se faire niquer, a-t-il tranché, ils ne seraient peut-être pas si pauvres » (NEM, 23.1.02). L’humaniste a parlé.

Quiconque réplique en évoquant le problème de l’accès inégal à la culture déchaîne les foudres valiennes. Les prolos, « ils s’en foutent. Ils préfèrent le foot et le Loft et autre chose demain, d’aussi con, ou d’encore plus con… ». Leur cervelle serait « gavée au crottin médiatique », « habituée à réfléchir comme au foot », perpétuellement « à la ramasse » (NEM, 26.6.02, 17.4.02, 30.10.02). « Hélas, larmoie Val, ce ne sont pas les fines analyses des lettrés qui font l’opinion » (NEM, 24.10.01).

Le Précieux ridicule

Quand Philippe défend la « démocratie », il pense d’abord à son droit de « débattre » avec Franz-Olivier Giesbert (1.6.05) ou Arlette Chabot (16.5.05) et de vendre ses livres chez Ardisson (23.10.04)3. « Qu’avez-vous réussi de mieux dans la vie ? », lui demande L’Express-mag (24.1.05). Réponse : « Mon dernier livre et mon dernier disque, en vente partout. » Le reste lui donne la nausée : « C’est dur de faire de la politique. Il faut en serrer, des mains pas toujours appétissantes, en boire, des verres de piquette en faisant hummm excellent, en embrasser, des gamins tendus à bout de bras par des rougeauds imbéciles. » Il faut aussi « renoncer à ses goûts, à tout ce qui a bâti en soi-même de la finesse, de la nuance, de la subtilité, et caricaturer le gros consensus, en faire un drapeau imbécile auquel se rallieront les plus bornés, […] s’abaisser de façon à être entendu par la partie la plus obtuse de la population » (NEM, 17.4.02).

Inlassablement il repart au « combat » contre les gueux, dont les manières offusquent ses goûts raffinés. « Cette semaine, je feuilletterai un volume de La Pléiade » (NEM, 17.4.02). Prendre de l’altitude, enfin, loin de « ce bon gros sens d’en bas, auquel on doit à la fois l’éternel camembert à la louche et l’éternelle épuration ethnique » (NEM, 23.10.02). La persécution, les camps, le fascisme, Val peut en parler en connaissance de cause : « Quand j’étais petit, mes parents m’envoyaient en vacances dans un petit village, tellement petit qu’il n’y avait ni épicerie ni boulangerie. » Le devoir de mémoire est absolu : « Je n’ai jamais oublié, je n’oublierai jamais. […] Au pensionnat, il faut faire preuve d’une force d’esprit hors du commun [sic], accomplir des efforts terribles […]. C’est bien de torture qu’il s’agit, je l’ai éprouvé moi-même » (NEM, 17.4.02).

Mais, même dans la tourmente, un moment de grâce peut effacer ce passé épouvantable et lui rappeler Mozart 4 : Val est enfin reconnu des Grands. Ainsi, quelques jours après la victoire du « non », au cours d’un « débat » télévisé avec un Raymond Barre crépusculaire (France 3, 1.6.05), l’ancien Premier ministre s’est un peu redressé, et dans un râle (presque) final a laissé gargouiller cette ultime bénédiction : « Je voudrais dire un mot dans le sens de M. Val. »


1 L’Œil électrique n° 9, octobre 1999.
2 Lire PLPL n° 18, février 2004, p. 11.
3 Lire PLPL n° 22, décembre 2004, p. 12.
4 Vainqueur du « citathon » 2002 avec 5 citations dans les éditoriaux de Val. Viennent ensuite Nietzsche, Platon et Freud (4 citations chacun), Godard, Hugo, Fellini, Shakespeare (3 citations chacun), La Fontaine, Mallarmé, Descartes, Chateaubriand et Montaigne (2 citations).

  

 
 
Toutes ces années passées à débiter des citations de Montaigne et de Spinoza collectées par des stagiaires du NEM n’avaient valu à Philippe Val que l’admiration de Laurent Mouchard-Joffrin, c’est-à-dire moins que pas grand-chose. Mais, à force de travestir le Charlie hebdo anti-curés de jadis en feuille de propagande anti-Arabes, cela devait arriver : le 27 août 2005, à l’université d’été du MNR (le groupuscule fascisant de Bruno Mégret), le dirigeant d’extrême droite Roger Cuculière a justifié la politique de sa secte en s’appuyant sur une citation de… Philippe Val ! Dans un discours délicatement titré « Désislamiser la France », Cuculière vocifère que les musulmans « sentent bien la force de leur nombre, ont un sentiment très fort de leur appartenance à une même communauté et entendent nous imposer leurs valeurs ». Puis il ajoute : « En ce moment, des signes montrent que nous ne sommes pas seuls à prendre conscience de ce problème. […] J’ai eu la surprise de retrouver cette idée chez un éditorialiste qui est à l’opposé de ce que nous représentons, Philippe Val, de Charlie hebdo, dans un numéro d’octobre 2004. »
(Discours du disciple de Val sur www.m-n-r.net/discours151.htm)
Il y a dix ans, Philippe n’avait qu’une idée : interdire le Front national, dont Mégret était alors le numéro 2.
Désormais, Val inspire certains des chefs du MNR.
 
Sans oublier ces extraits d'une émission-débat sur arte, c'est dans cette émission (voire le compte rendu complet sur acrimed) que j'avais apperçu Chomsky pour la première fois à la télé française....
 
Philippe Val : C’est ce que vous disiez tout à l’heure. Il y a eu, d’abord, la haine de l’Amérique. Mais la haine de l’Amérique, elle se... la rhétorique de la haine de l’Amérique, [levant sentencieusement le doigt] qui n’a rien à voir avec la critique de la politique américaine
- Daniel Leconte : [Levant le bras en signe d’évidence] Évidemment !
- Philippe Val : la rhétorique de la haine de l’Amérique, c’est la rhétorique d’un, de, de... la haine contre un pays qui euh... s’est constitué sur une immigration... c’est un pays qui est cosmopolite ! Et ça rejoint directement, très vite, la haine du Juif qui symbolise cet homme sans terre, cet homme de diaspora, qui symbolise depuis le Moyen Age le cosmopolitisme.
 
Daniel Leconte : Justement, vous disiez sur le vieux fond d’antisémitisme qu’il y a évidemment dans les théories du complot, parce qu’il y a toujours...
- Philippe Val : Tout ramène aux juifs
- Daniel Leconte : L’anti-américanisme, et puis il y a l’antisémitisme.
- Philippe Val : même Lady Di, ça ramène aux juifs. Tout ramène aux juifs.

10:49 Écrit par eric blair | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

quaeps 1. Val je m'en fous , je n'aime vraiment pas Charlie .
2. c’est en effet l’un des seuls membre fondateur (je ne t'ai jamais rien dit d'autre) .
3.à ne jamais avoir acquitté sa cotisation annuelle (si même pour eux c'est une question de pognon où va-t-on ?) ;-)

Écrit par : jean | 20/01/2006

jean 1 pourtant, tu penses comme lui....
2 tu m'as pourtant affirmé qu'il avait été rayé de la liste parce qu'il n'avait pas payé sa cotisation...ce qui est faux...cfr.le texte
3 ce n'est pas un question de pognon justement, c'est une question de principe...neu-neu...de plus, on l'a laissé sur les listes MALGRE qu'il n'ait pas payé...neu-neu...
j'espère que, depuis, il ne lui ont plus fait cette fleur...à ce neu-neu...

Écrit par : quaeps | 20/01/2006

Les commentaires sont fermés.