16/01/2006

ceci n'est pas gustavo arcos....

Le cruel état de siège que les Etats-Unis impose à Cuba depuis 1959 se durcit de plus en plus. L’objectif de renverser le gouvernement de La Havane par n’importe quel moyen est désormais publiquement avoué et les souffrances occasionnées à la population ne revêtent qu’un caractère secondaire pour la Maison-Blanche. Le bouleversement du panorama politique latino-américain, avec la consolidation du prestige du président vénézuelien Hugo Chávez et la spectaculaire victoire de M. Evo Morales, nouveau président de la Bolivie, n’a fait que renforcer la volonté étasunienne de mettre un terme au « mauvais exemple » cubain, synonyme d’espoir pour les peuples latino-américains ravagés par des décennies de politique ultralibérale [1].


Le 19 décembre 2005, la secrétaire d’Etat étasunienne, Mme Condoleeza Rice, s’est réunie avec la Commission de soutien à une Cuba libre, afin d’accroître les sanctions économiques contre Cuba. Etablie en 2003 par le président George Bush, la Commission avait rendu un premier rapport en mai 2004 qui instaurait de nouvelles mesures coercitives contre l’Île, entre autres, l’interdiction aux Cubains résidant aux Etats-Unis de rendre visite à leurs parents plus de 14 jours tous les 3 ans [2]. Non satisfaite des terribles conséquences humaines engendrées par cet étranglement économique inédit, Mme Rice a prévu d’autres mesures agressives pour mai 2006 [3]

L’une des principales politiques de déstabilisation élaborées par Washington consiste à fomenter la subversion interne, en organisant et en finançant certains individus peu scrupuleux attirés par les émoluments offerts. L’actuel budget destiné à la fabrication d’une opposition interne s’élève à plus de 50 millions de dollars [4] . Le nouveau chef de la Section d’ intérêts nord-américains (SINA), M. Michael Parmly, qui a remplacé M. James Cason le 15 septembre 2005, s’est immédiatement attelé à la tâche en se réunissant avec les très médiatisés membres de la « dissidence » cubaine [5].

La nomination de M. Parmly n’est pas anodine et en dit long sur les objectifs de Washington. Auparavant, ce diplomate était en poste en Afghanistan pendant près de trois années et a acquis une certaine expérience des sociétés dévastées par la guerre [6]. « Je viens d’un certain nombre de sociétés post-conflictuelles engagées dans de longues périodes de difficultés », a-t-il souligné, sous-entendant que son expérience pouvait servir dans le cas de Cuba [7].


Le 15 décembre 2005, M. Parmly a convoqué les « dissidents » dans sa résidence personnelle à La Havane. Il s’est empressé de féliciter les invités pour leur labeur en faveur du « changement démocratique ». « L’Amérique n’imposera pas son propre style de gouvernement a dit le président Bush. Notre objectif est plutôt d’aider les autres à trouver leur propre voix, à atteindre leur propre liberté et à construire leur propre chemin », a-t-il affirmé de la manière la plus sérieuse du monde, ignorant le temps d’un discours l’impitoyable agression politique et économique menée contre la petite Île des Caraïbes. Sous les yeux attentifs des Dames en blanc, de M. Oswaldo Payá, M. Valdimiro Roca et Mme Marta Beatriz Roque, il a décrété que « le gouvernement cubain ne représente pas son peuple et n’a aucun intérêt à améliorer leurs [conditions de] vie ». Evidemment, Washington n’a pour principale préoccupation que le bien-être des Cubains comme le montre clairement la férocité de leurs mesures, car les sanctions économiques sont destinées à « rétablir la démocratie » et non pas affamer la population [8].

Mme Marta Beatriz Roque, présidente de l’Assemblée pour la promotion de la société civile, a dévoilé le fonctionnement du commerce de la « dissidence », lors d’une conversation téléphonique enregistrée à son insu. Faisant référence à certaines personnes qui avaient refusé de participer au « Congrès de la dissidence » qu’elle avait organisé en mai 2005 avec le soutien public des Etats-Unis, elle a déclaré que «  personne de Pinar el Río [province à l’Ouest de La Havane] n’ ira à Miami. Les Américains ont affirmé qu’ils ne donneront pas un seul visa  ». Ainsi, pour enrôler de nouveaux collaborateurs, la SINA, en plus d’une substantielle incitation financière, promet un visa pour ceux qui sauraient se montrer dociles et obéissants [9].

La conversation téléphonique enregistrée par les services de renseignements cubains a également montré le véritable visage de Mme Beatriz Roque. «  Si cela coûte au gouvernement cubain une invasion par les yankees, peu m’importe  », a-t-elle affirmé à son interlocuteur. Avec de tels propos, il est aisé de comprendre les raisons pour lesquelles Mme Beatriz Roque ne suscite pas l’engouement auprès de la population cubaine [10].

La presse internationale, qui n’ignore rien de cette réalité et des manigances orchestrées par les Etats-Unis, s’ aligne de façon très disciplinée sur le point de vue de Washington. Ainsi, elle fait mine de s’offusquer de la réaction hostile des habitants aux manifestations des groupes de « dissidents », savamment organisées par la SINA, et dénonce le rejet populaire dont sont sujets les « militants pacifiques de l’ opposition ». Elle omet évidemment de mentionner qu’ils font partie d’une stratégie destinée à déstabiliser le pays. Sans doute Mme Beatriz Roque s’attendait-elle à être accueillie avec des bouquets de fleurs après que ses déclarations aient été transmises à la télévision cubaine. Quant à M. Parmly, il a qualifié les Cubains qui soutiennent leur gouvernement d’être « une version moderne des chemises brunes nazies ou du Ku Klux Klan » [11].

La complicité de l’Union européenne avec la politique hostile des Etats-Unis a été confirmée avec l’octroi du prix Sakharov aux « Dames en blanc » [12] , et par les déclarations du nouveau représentant nord-américain à La Havane. En effet, M. Parmly a félicité les parlementaires européens qui « ont vraiment montré du courage et de la perspicacité en choisissant les Dames en blanc ». Il a également ajouté que les divergences avec l’ Europe à propos des sanctions économiques ne revêtaient qu’un caractère « tactique », étant donné que Washington et Bruxelles sont sur la même ligne quant à « la direction que doit prendre Cuba » [13].

Parfois, M. Parmly pousse la sincérité jusqu’à exprimer ses impressions réelles sur la population cubaine : « J’ effectue de longues marches et me rends dans les lieux fréquentés par les Cubains [.]. Je m’arrête auprès de kiosques à journaux, restaurants et me promène sur la plage où je parle aux pêcheurs, aux jeunes [.]. J’ai été extrêmement surpris par l’étendue de la créativité et de la spontanéité du peuple cubain. Si vous parlez aux gens, ils vous répondent. Je ne parle pas uniquement aux artistes, aux musiciens ou aux [militants] indépendants. La mentalité cubaine est très vivante » [14].

Il en arrive même à confesser qu’il a été surpris par le soutien du peuple envers son gouvernement : « Il y a un certain nombre de personnes qui croient au système. Pour vous donner un exemple, j’ai rencontré une personne qui a exprimé son scepticisme vis-à-vis des dissidents, car ils menacent les acquis de la Révolution. Elle m’a dit que tout ce qu’elle était et que tout ce qu’elle avait accompli est le produit de la Révolution [.]. J’ai été très intrigué par ces conversations » [15].

Le panorama de la société cubaine présenté par le propre représentant des Etats-Unis à La Havane est totalement différent de l’image d’un monde sclérosé promue, en vertu d’ impératifs idéologiques, par les transnationales de l’ information. Les réactions du chef de la SINA ne sont pas surprenantes car elles illustrent simplement l’étroitesse idéologique de la Maison-Blanche, incapable d’accepter l’ indépendance de Cuba. Mais il est vrai qu’il est politiquement pénible d’admettre que les Cubains soutiennent toujours leur gouvernement malgré tous les moyens utilisés pour le renverser, y compris le terrorisme.


A cet égard, le cas de M. Luis Posada Carriles, criminel convaincu responsable de nombreux attentats contre des civils, continue de gêner profondément l’administration Bush. Arrêté pour être entré illégalement sur le territoire étasunien, le gouvernement nord-américain refuse de l’extrader vers le Venezuela qui le réclame, et exclut de le juger pour son passé terroriste. La raison est simple car M. Posada Carriles, qui a longtemps travaillé pour la CIA, a clairement menacé de révéler des secrets d’Etat au cas où il serait mis en examen [16].

Cependant, la loi étasunienne interdit la détention indéfinie des étrangers en situation irrégulière, dont l’ extradition n’a pu se faire durant un délai de 90 jours. En résidence surveillée depuis le 17 mai 2005, M. Posada Carriles pourrait être remis en liberté à partir du 24 janvier 2006, date où son statut sera réexaminé par les services d’immigration [17]. M. José Pertierra, représentant légal du gouvernement vénézuelien dans cette affaire a exprimé sa stupeur :

«  Cela signifie, ni plus ni moins, que dans quelques semaines Posada Carriles - auteur de l’explosion d’un avion civil avec 73 personnes à bord, en 1976 - pourrait être libéré par le gouvernement fédéral [.]. Cependant, cette loi ne protège pas les terroristes [.]. Il n’est nul besoin d’enquêter longuement pour conclure que Luis Posada Carriles est un terroriste. Il suffit de lire son livre, Los Caminos del Guerrero, dans lequel il raconte avec fierté certaines des actions terroristes qu’il a organisées. Il suffit également d’examiner les câbles d’intelligence de la CIA que font état de ses déclarations, quelques jours avant l’ explosion de l’avion,[où il affirmait] qu’il allait faire exploser un avion de passagers cubains. Il suffit de lire l’interview qu’il a accordée au New York Times en 1998, dans laquelle il admet être l’auteur intellectuel des sabotages à la bombe que des mercenaires centraméricains ont organisés dans plusieurs hôtels et restaurants de La Havane en 1997 et qui ont causé la mort d’un touriste italien et fait plusieurs blessés. Il suffit de lire le rapport du Tribunal au Panama, qui l’a condamné pour la tentative d’attentat [à l’explosif] C-4 contre un amphithéâtre plein d’étudiants panaméens, durant une allocution du président cubain Fidel Castro en 2000 [.]. Il y a assez de lois aux Etats-Unis pour maintenir en détention ce terroriste. Ce qu’il manque, c’est la volonté politique du gouvernement fédéral pour faire prévaloir la justice. [Mais] dès le début, l’ administration Bush a voulu protéger et ne pas mettre en examen ce terroriste » [18].

L’affaire de M. Posada Carriles n’est qu’une preuve de plus du double standard que les Etats-Unis appliquent dans la « lutte contre le terrorisme ». Les médias internationaux ont également une grande responsabilité dans la culture de ce double discours sur la question du terrorisme. Les rares fois où la presse internationale a fait allusion de manière furtive à M. Posada Carriles, elle ne l’a jamais qualifié de « criminel » ou de « terroriste », mais « d’anticastriste », de « dissident » ou « d’ex-terroriste ». La possible libération du « pire terroriste du continent américain », ainsi a-t-il été auparavant qualifié par le FBI, a été totalement occultée à l’opinion mondiale.

Par contre, dans une manouvre de diversion, la presse du monde entier s’est épanchée, de manière incroyablement disproportionnée, sur un documentaire propagandiste présenté par le réalisateur allemand Wilfried Huisman qui prétend, une nouvelle fois, que le vrai responsable de la mort John F. Kennedy n’est autre que M. Fidel Castro [19] . La frénésie médiatique a atteint un tel degré que le propre vice-ministre des Affaires étrangères de la République allemande, M. Helmut Schaefer, a qualifié le travail de M... Huisman de fantaisiste : ce documentaire « est dénué de toute logique politique [et] complètement improbable », a-t-il déclaré, ajoutant qu’un « réaliste comme Castro ne courrait jamais le risque absurde de déclencher un conflit militaire avec les Etats-Unis » [20] .

La préoccupation de Washington s’explique par l’ influence et le prestige dégagés par Cuba à travers l’hémisphère américain, surtout auprès de certains dirigeants tels que MM. Hugo Chávez et Evo Morales. Cuba a été la première escale du nouveau président bolivien, lequel n’a pas caché son admiration pour le modèle économique et social de l’Île : « La lutte du peuple cubain, surtout celle du Che, n’a pas été vaine. Elle a laissé la semence et maintenant les fruits sont visibles, pas seulement en Bolivie, mais dans toute l’Amérique latine », a-t-il avancé lors de sa visite [21].

Des accords de coopération bilatérale en matière de d’éducation, de santé et de sport ont été signés par les présidents cubain et bolivien. Un des accords prévoit notamment d’alphabétiser l’ ensemble de la population bolivienne entre juillet 2006 et décembre 2008. Cet ambitieux projet a déjà été mis en place par les Cubains au Venezuela avec un impressionnant succès puisque l’ illettrisme a été totalement éradiqué, faisant de la patrie de M. Chávez le second territoire latino-américain exempt d’analphabétisme après Cuba [22] .

Quant à M. Chávez, en plus de d’axer sa politique social sur les déshérités de son pays, il a également décidé d’ aider les pauvres de la plus riche nations du monde suite à une demande d’un groupe de sénateurs étasuniens. Abandonnés depuis longtemps par leur propre gouvernement, le Venezuela s’est résolu de fournir du pétrole à bas prix aux citoyens étasuniens aux revenus modestes de New York et du Massachusetts, plongeant ainsi l’administration Bush dans un singulier malaise [23] .

La volonté de mettre en place un autre modèle économique basé non pas sur le profit, mais sur les besoins des populations, comme ce que fait dans une certaine mesure le gouvernement cubain, a généré un immense courant d’espoir sur le continent. Mais, la Maison-Blanche, déjà discréditée au sein de l’opinion internationale par son hégémonie belliqueuse, ne peut admettre ce nouvel affront.

Parfois, l’hostilité étasunienne envers Cuba prend une tournure irrationnelle. Par exemple, le Département du Trésor a interdit la participation de l’équipe cubaine de base-ball à la prochaine coupe du monde qui aura lieu aux Etats-Unis en mars 2006. Le prétexte avancé est que la compétition permettrait à Cuba d’obtenir des gains financiers et constituerait une violation des sanctions économiques. Face à cette décision extravagante, plus de 100 parlementaires étasuniens embarrassés ont conjuré leur gouvernement de revenir sur leur décision [24]. Quant à Cuba, elle s’est engagée à faire don de tous ses gains aux victimes de l’ouragan Katrina. Mais les autorités du Trésor sont restées inflexibles [25] .

L’obsession des Etats-Unis envers la Révolution cubaine reflète également un certain désespoir. Malgré une invasion militaire, une menace de conflit nucléaire, une féroce campagne de terrorisme et de sabotage, une guerre bactériologique, un implacable blocus économique régulièrement accentué, une intense agression politique, diplomatique et médiatique, Washington n’a toujours pas réussi à décourager les Cubains. Pis encore, la croissance économique pour l’année 2005 a atteint 11,8% [26] . Quant au niveau vertigineux de développement humain dont jouit Cuba, il plonge de plus en plus le Voisin du Nord dans un profond embarras. Il est à espérer que ce désespoir ne se transforme pas en folie et que le gouvernement étasunien ne tente pas quelque aventure militaire qui n’aurait pour résultat qu’un interminable conflit dont la première puissance ne sortira sûrement pas vainqueur.

Salim Lamrani


Le prix Nobel Günter Grass se joint à l’appel pour la libération des Cinq cubains emprisonnés aux USA.


Les Etats-Unis renforcent, leurs plans pour une Cuba sans Castro, par Guy Dinmore - Financial Times.


Pour l’ Europe, tout va bien en Amérique latine, sauf à ... Cuba !
La politisation du prix Sakharov, par Salim Lamrani.

Mesures recommandées à Bush par la Commisssion pour contribuer à une Cuba libre :
"Accélerer la fin du régime castriste à Cuba".

Edifiant ! : Déclaration du Secrétaire d’Etat adjoint US Robert Noriega à propos de Cuba.
A lire jusqu’au bout.


Les Mensonges de RSF - suite mais sûrement pas fin, par Viktor Dedaj.


Un demi-siècle de terrorisme états-unien contre Cuba, par Salim Lamrani.
www.voltairenet.org

18:47 Écrit par eric blair | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

Commentaires

putain t'en a mis du temps... Gustavo Arcos, le héros paria de Cuba


Il a le même âge que Fidel. Fruit de cette génération de révolutionnaires latino-américains qui voulaient redessiner tout un continent, Gustavo Arcos a fait partie du cercle des intellectuels qui autour de Castro et Guevara ont fait la révolution, fusil au poing. Jusqu’à ce qu’il se rende compte, très vite après la prise du pouvoir, des velléités dictatoriales du « Lider Maximo ». Le rêve allait rapidement virer au cauchemar pour cet idéaliste.

Le 26 avril 1957, Gustavo Arcos est aux côtés de Castro lors de l’assaut manqué à la caserne de la Moncada. Il doit d’ailleurs à cet événement une jambe paralysée. Comme lui encore, il se retrouve en prison et il est également amnistié 21 mois plus tard. Il suit également Castro dans son exil mexicain. C’est ensemble qu’ils fondent le Mouvement du 26 avril, pour chasser Batista et faire de Cuba une démocratie.
Malade, il ne prend pas part au voyage à bord du Granma et au débarquement sur l’île, mais son frère Luis y laissera la vie. Gustavo dirige le mouvement depuis le Mexique et assure la logistique de la guérilla.
Après la victoire de la Révolution, il rallie Cuba, mais que va faire Fidel de ce frère d’armes trop proche et trop différent, trop chrétien et trop ennemi de la violence, car c’est à contrecœur et après avoir réfléchi toute une nuit qu’Arcos s’était joint à l’expédition Moncada que Fidel avait décidée dans le plus grand secret ? Par la suite, les discussions entre eux seront fréquentes. Arcos désapprouve les liquidations expéditives de ceux qu’on soupçonne d’être des traîtres. Aussi Fidel décide de l’éloigner du « trône » et, en 1960, l’envoie... en Belgique en tant qu’ambassadeur. Il y noue des liens d’amitié étroits avec plusieurs socialistes de notre pays comme Roger Lallemand et Ernest Glinne qui ne l’oublieront jamais. Gustavo Arcos reste à son poste jusqu’en 1964. Il est préoccupé par l’évolution autoritaire du régime personnel de Castro et a le tort de le dire. En 1964, il est rappelé et, deux ans plus tard, il est jeté en prison pour « activité contre-révolutionnaire ». Condamné à dix ans, il en purgera cinq. Il est alors assigné à résidence sans pouvoir recevoir ni visites ni appels téléphoniques.
Castro lui propose un marché À l’époque, son ex-femme et ses deux fils vivent à Miami. En 1981, son fils tombe dans le coma après avoir été renversé par un chauffard. Gustavo, fou d’inquiétude, supplie Fidel de le laisser partir. Castro refuse. Il prend alors la mer clandestinement avec son frère Sebastian, mais ils sont interceptés par des garde-côtes cubains. Nouvelle arrestation, nouvelles condamnations. Sept ans pour Gustavo, six ans pour Sebastian. Fidel va voir son ex-camarade en prison et lui propose un marché : il se rallie et il est immédiatement libéré, sinon... Gustavo refuse. C’est alors que, geste rocambolesque, Fidel fait revenir à Cuba toute sa famille. La médecine socialiste, dit-il, sauvera celui que la médecine capitaliste a condamné. Gustavo a droit à une entrevue.
En prison, où les conditions de vie sont exécrables, il rencontre d’autres prisonniers politiques. Ensemble, ils fondent le Comité Cubain des Droits de l’Homme. En 1988, à la suite des pressions internationales répétées, il est libéré. Il devient alors Président du Comité, son frère en étant le vice-président. Au nom du Comité, et malgré l’avis contraire d’autres mouvements dissidents, il demande à Fidel d’ouvrir un dialogue avec tous les membres de la société civile cubaine. En réponse, les deux frères font l’objet de violents actes de répudiation, le régime allant jusqu’à organiser des manifestations devant leur domicile. En 1992, les deux frères sont encore une fois arrêtés. Gustavo, parce qu’il est trop connu, est libéré après deux jours, tandis que Sebastian reste en prison. Amnesty International l’adopte et confie son cas au groupe 43 de Bruxelles. Il mourra cinq ans plus tard d’un cancer, faute de soins adéquats.
Aujourd’hui, Gustavo Arcos continue son combat pour la liberté. Il vient de cosigner un appel des dissidents cubains à la continuation de la lutte, après les arrestations et les exécutions de mars et avril.
L’appel se termine par ces mots : « Il est nécessaire que nous, les dissidents, opposants, activistes des Droits humains et autres composantes de la société civile, nous nous unissions face à l’arbitraire et à la répression ».
Du temps de son combat contre Batista, Gustavo portait le pseudonyme d’Ulysse. Est-ce parce qu’il s’était bouché les oreilles pour ne pas entendre les chants des sirènes castristes, ou parce que, tel Ulysse en route pour Ithaque, toute une vie ne lui aura pas suffi pour rejoindre la démocratie dont il rêvait ?

Écrit par : jean | 17/01/2006

jean merci Jean, si je l'ai trouvé aussi facilement, c'est parce que tes seules sources sur Cuba sont Arrabal et Amnesty....dont est tiré ce texte...neu-neu...
" Il est nécessaire que nous, les dissidents, opposants, activistes des Droits humains et autres composantes de la société civile, nous nous unissions face à l’arbitraire et à la répression ». "....bref, rejoindre les terroristes de Miami soutenu par les ardents supporters des "Droits humains et autres composantes de la société civile" que sont les USA...neu-neu....

Écrit par : quaeps | 17/01/2006

quaeps donc en gros, quand Amnesty dénonce les USA elle fait bien son boulot et quand elle dénonce Castro elle le fait mal, belle doublepensée

Écrit par : jean | 17/01/2006

jean non, je n'ai jamais dit qu'Amnesty mentait pour Arcos(encore qu'il y aurait beaucoup à dire sur Amnesty, dont les fonds proviennent bien plus des Etats-Unis que de Cuba...neu-neu...j'ai déjà posté un article sur le sujet...relis), juste que cette belle âme, ce héros(serait-il un héros, si il ne s'était pas joint aux mafias de Miami...), travaille maintenant avec la première puissance terroriste mondiale pour "s'unir contre l'arbitraire et la répression"...et c'est à moi que tu parles de doublepensée...neu-neu...

Écrit par : quaeps | 17/01/2006

quaeps tout qui ne pense pas à 100% comme Castro = crapule vendue aux USA !
Belle novlangue

Écrit par : jean | 17/01/2006

jean non, mais tout ceux qui soutiennent les usa dans leur politique envers cuba sont coupable envers le peuple cubain...si un dissident cubain veut vraiment améliorer le sort des cubains, ce ne sera JAMAIS en aidant les usa à y installer un de leur régime "démocratique" style colombie, honduras, guatemalla, salvador...neu-neu...

Écrit par : quaeps | 17/01/2006

quaeps je ne t'ai jamais dit que ce que je voulais pour Cuba c'était un gouvernement style Salvador, Colombie . De ton côté , tu devrais pouvoir également envisager qu'iul n'est pas des plus faciles (euphémisme je précise ) de s'opposer politiquement à Castro depuis Cuba .
Penses-tu réellement que l'idéal d'un gars qui a participé à la Révolution Cubaine soit d'installer un nouveau Battista sur l'île ?

Écrit par : jean | 18/01/2006

jean ce n'est peut-être pas ce que tu veux, mais ce que veulent ceux qui te manipulent (et cuba en est un exemple édifiant....)...neu-neu...
il est BEAUCOUP plus facile de s'opposer à Castro depuis Cuba que de s'opposer aux gouvernements des "démocraties" latino-américaines soutennues par ceux qui t'encourage à dénoncer Castro...neu-neu...
oui, je pense qu'à moins d'être vraiment débile (c'est peut-être son cas), il doit savoir ce que les américains qui le sponsorisent compte faire de Cuba...neu-neu...

Écrit par : quaeps | 18/01/2006

quaeps donc pour toi , il n'y a pas d'alternatives pour les Sud-Américains ou une dictature à la Pinochet ou une à la Castro ? Alors, c'est même pas la peine d'en discuter .

Écrit par : jean | 19/01/2006

jean une dictature à la Pinochet ou à la Castro est déjà une alternative...neu-neu, les autres alternatives ne sont possibles que sous certaines conditions (Venezuela, Bolivie, etc...) qui n'existent malheureusement pas dans le cas de cuba, notament grâce à des gens comme toi et Arcos...
ce dont il faut impérativement discuter, c'est le deux poids, deux mesures, qui est pratiqué par la communauté internationale et les médias dominants envers Cuba...neu-neu....

Écrit par : quaeps | 19/01/2006

quaeps mais je suis tout à fait d'accord avec toi concernant le deux poids deux mesures (je te l'ai déjà dit) .

Écrit par : jean | 19/01/2006

jean à mourir de rire....mourir... tu es d'accord, mais tu charges Castro depuis un an, comme tu ne charges AUCUN autres chefs d'états...neu-neu...

Écrit par : quaeps | 19/01/2006

quaeps je t'ai déjà dit que je ne connaissais personne d'assez crapuleux que pour soutenir Pinochet ou un autre sbire, tandis que Castro j'en connais un et ça me désole (pas de le connaître) .

Écrit par : jean | 19/01/2006

jean tu mens, tu connais PLEIN de gens qui soutenait Pinochet, tes amis libéraux(c'est là qu'on a essayé les "chicago boys"...neu-neu...), ton ami le Pape, et SURTOUT tes amis "droit de l'hommiste" américains qui l'ont installé et soutenu pendant qu'il criait COMME TOI "à mort Castro"....neu-neu....

Écrit par : quaeps | 20/01/2006

quaeps là tu ne me cites que des gens que je ne connais pas (comme d'hab le sens d'une phrase simple t'as échappé) .

Écrit par : jean | 20/01/2006

jean oui, bien sûr, le légendaire "que je connais PERSONNELLEMENT", tu me l'as déjà fait (tes fuites se suivent et se ressemblent)....et je t'ai déjà répondu...

Écrit par : quaeps | 20/01/2006

quaeps laisse tomber , tu es à pleurer .

Écrit par : jean | 22/01/2006

jean et toi, à mourir de rire...

Écrit par : quaeps | 23/01/2006

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