27/12/2005

la "Pravda" française....ma Meuse quoi....

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Le Monde diplomatique, une expérience de presse

originale

Dominique Vidal

Aarhus, 27 février 2004

Le Monde diplomatique fêtera en mai 2004 son 50e anniversaire.

Il s’agit sans doute d’une des expériences de presse, à la fois

française et internationale, les plus originales et réussies.

Pourquoi!? C’est à cette question que j’essaierai de répondre

avant d’en discuter ensuite avec vous.

C’est en mai 1954 qu’Hubert Beuve-Mery, fondateur et directeur

du Monde, décide de créer Le Monde diplomatique. Sous-titré

«! organe des cercles diplomatiques et des grandes organisations

internationales!» et tiré à 5!000 exemplaires, ce journal de huit

pages entend offrir à tous ceux qui s’intéressent aux relations

internationales une vision approfondie de la politique dite

étrangère. Car le monde, à l’époque, évolue vite!: le système

des Nations unies commence à tourner à plein régime, les

décolonisations s’accélèrent - conférence de Genève sur

l’Indochine, début de la guerre d’Algérie, retrait des troupes

britanniques de la zone du canal de Suez – et la guerre froide

s’installe - rejet du traité sur la Communauté européenne de

défense, réarmement de l’Allemagne, etc.

Avec François Honti, son premier rédacteur en chef, Le Monde

diplomatique acquiert peu à peu une personnalité autonome.

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Dans le contexte de l’affrontement Est-Ouest, dont il refuse

l’engrenage, il suit de près, sur la lancée de la conférence de

Bandoeng (1955), la naissance du Mouvement des non-alignés

et s’intéresse particulièrement aux problèmes des peuples

d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

En janvier 1973, Claude Julien prend la tête d’un journal dont la

diffusion est d’ores et déjà passée de 5!000 à 50!000

exemplaires!: avec Micheline Paunet, il va porter la diffusion, en

moins de vingt ans, à 120!000. C’est que le mensuel, sans

renoncer à son orientation «!tiers-mondiste!», étend le champ

de son intervention. Problèmes économiques et monétaires

mondiaux, rapports de force stratégiques, conflit du Proche-

Orient, crise de civilisation, regards sur les cultures y sont

analysés en profondeur. Mais, surtout, loin du matraquage

médiatique, le mensuel affirme une ligne éditoriale farouchement

indépendante, qui conjugue esprit critique dans l’approche des

sujets et rigueur dans le traitement, ne redoutant pas d’être à

contre-courant et cultivant le «! devoir d’irrespect!». Seul ou

presque à l’époque, il dénonce le néo-libéralisme - de Margaret

Thatcher à Ronald Reagan - et brosse déjà le portrait de ce que

sera la société libérale.

La chute du mur de Berlin en novembre 1989 et la crise du Golfe

en 1990-1991 marquent, pour le journal, un important tournant.

L’analyse qu’il fait, à contre-courant, de la croisade américaine

lui gagne l’estime d’une nouvelle génération de lecteurs. Ignacio

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Ramonet a été élu directeur en janvier 1991. Tout en

poursuivant la dénonciation de la «!pensée unique!» néolibérale

et du «!journalisme de révérence!», le mensuel va explorer le

monde nouveau qui émerge de l’après-guerre froide, avec ses

terribles conflits dits «!ethniques!», de l’ex-Yougoslavie et le

Caucase au Rwanda, mais aussi – entre autres – la révolution des

technologies de l’information et de la communication, dont il

propose une approche riche et contradictoire. Viennent ensuite

les grandes grèves de novembre et décembre 1995, suivies trois

ans plus tard de la création, à partir d’un éditorial d’Ignacio

Ramonet, de l’association Attac. Avec une équipe plus étoffée,

le journal poursuit sa réflexion critique sur des voies alternatives

à la mondialisation libérale, affirme qu’ «!un autre monde est

possible!» et contribue aussi à la création du Forum social

mondial de Porto Alegre. Son engagement dans l’après 11

septembre 2001 et la seconde guerre du Golfe vont encore

accroître son influence.

C’est durant cette dernière période qu’est intervenu le grand

tournant de l’histoire du Diplo!: sa filialisation. A l’origine, Le

Monde diplomatique était un service du quotidien Le Monde

comme le service étranger, ou le service culture… En

développant sa personnalité propre, il a conquis de facto son

autonomie rédactionnelle, qui sera reconnue et précisée par la

convention conclue entre les directeurs des deux publications le

3 mai 1989. Mais l’équipe et la direction du Diplo n’en souhaitait

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pas moins institutionnaliser leur indépendance pour la garantir à

long terme.

C’est donc, avec la «!filialisation!», une vieille idée qui rebondit

en 1995. Pour trois raisons!:

- la nouvelle direction du Monde - et notamment Jean-Marie

Colombani - est alors engagée dans une restructuration de toute

l’entreprise, pour mieux concentrer ses efforts sur le quotidien.

Dans ce cadre, la filialisation des autres publications est

envisagée avec plus de sympathie!;

- la direction du Monde diplomatique peut s'appuyer sur de bons

résultats au niveau de la diffusion et donc des finances – à

l’époque, c’est la seule publication bénéficiaire du groupe Le

Monde!;

- l’accélérateur, c’est la décision de Gunter Holzmann, un vieil

antifasciste allemand, exilé en Amérique latine dès 1936 et

lecteur assidu Monde diplomatique depuis 1954, d’offrir à celuici

1 million de dollars à condition que cette somme serve à

obtenir son indépendance légale.

De fait, depuis 1996, notre mensuel est publié par la société

anonyme Le Monde diplomatique SA, dont Le Monde est

propriétaire à 51!%, les 49!% restants étant répartis entre

l’Association Gunter Holzmann, qui réunit les salariés du journal

et l’Association du Monde diplomatique - à l’époque quelque

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10!000 lecteurs ayant versé chacun au moins 110 F pour

contribuer à l’achat d’actions.

Juridiquement, en tout cas, notre indépendance est garantie!:

en droit français, en effet, il suffit de détenir 33!% des actions

d’une société anonyme pour bloquer toute modification de ses

statuts. Or nos statuts prévoient la nomination du directeur du

journal sur proposition de l’équipe, la pleine souveraineté de

celui-ci en matière de ligne éditoriale comme de recrutement des

journalistes et de gestion du journal et de l’entreprise, etc.

Symbole de cette indépendance et moyen de la conforter pour

l’avenir, Le Monde diplomatique a fait l’acquisition de ses

nouveaux locaux!: un petit immeuble entièrement rénové et

agrandi, situé dans le 13e arrondissement de Paris, où il s’est

installé en juillet 2002.

Si Le Monde diplomatique a réuni les moyens nécessaires pour

affirmer son indépendance, c’est – en dernière instance – parce

qu’en douze ans, son édition en français a plus que doublé ses

ventes, atteignant en 2003 (du fait aussi, signalons-le, de la

guerre d’Irak) une moyenne de plus de 240!000 exemplaires

vendus par mois – auxquels s’ajoute la diffusion d’un million

d’exemplaires tirés par ses éditions étrangères sur papier.

Comment expliquer ce succès assez rare dans le monde de la

presse pour être souligné!? A mon avis, il faut, pour le

comprendre, combiner plusieurs raisons de nature différente!:

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1) Expliquer le monde

En quinze à vingt ans, le suivi de l’international a connu un recul

général – quantitatif (moins de temps d’antenne et de colonnes)

et qualitatif (moins d’approfondissement). Non seulement

journaux, radios et télévisions traitent moins l’international, mais

ils le font de manière discontinue, sensationnelle et superficielle.

Finis, les reportages et enquêtes d’une page (ou plus) dans Le

Monde, le magazine «!Envoyé spécial!» des débuts sur France

2, les reportages sur la guerre des Six-Jours sur Europe 1, etc!?

Désormais, par exemple, le Kosovo – ignoré pendant 20 ans -

occupe soudain tout l’espace le temps d’une guerre, puis

disparaît dans l’oubli, et à aucun moment le fond de la crise n’a

été abordé sérieusement…

Dans ce désert, le Diplo fait contraste. Les lecteurs trouvent

chez nous ce qui fait défaut presque partout ailleurs!: une

approche en profondeur, régulière et vivante des réalités

internationales. Là encore, quantitatif et qualitatif se mêlent!:

nous sommes désormais les seuls à publier des dossiers longs -

une page du Diplo représente 12!000 signes (2!000 mots),

une double page 27!000 signes (4!500 mots), et un dossier

peut représenter 3, voire 4 pages. De quoi combiner un long

reportage ou enquête fouillée, une analyse historico-politique, un

éclairage sur une dimension particulière, une chronologie et une

bibliographie…

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Bref, pour quiconque s’intéresse à la politique internationale, la

lecture du Monde diplomatique est devenue presque obligatoire.

Pour les mêmes raisons, l’hebdomadaire Courrier international,

devenu récemment membre du groupe Le Monde, connaît aussi

un succès significatif!: il traduit des articles de journaux

étrangers, mais sans proposer, au-delà, une vision d’ensemble

des réalités internationales. Nombre des 150!000 lecteurs de

Courrier recherchent cette dernière dans le Diplo. D’autant que,

depuis quelques années, nous avons déployé de réels efforts

pour devenir plus accessibles!: nous faisons plus appel à

l’enquête et au reportage, qui insufflent de la vie dans l’analyse.

2) Une pensée critique

«!Pensée unique!»!: cette formule, inventée par Le Monde

diplomatique au milieu des années 1990, décrit bien le

phénomène caractéristique de la presse écrite et audiovisuelle

depuis cette époque!: au-delà des références de «!gauche!» ou

de «!droite!», la plupart des médias font comme s’il n’y avait,

en France et ailleurs, qu’une seule politique possible.

Vous connaissez certainement ces thèses!: la dissolution de

l’Union soviétique a marqué la «!fin de l’histoire!», l’heure est à

la «!mondialisation!» néo-libérale, qui exige de nos pays la levée

de tous les «!obstacles!» au «!libre-échange!» et des

«!réformes!» mettant fin aux pesanteurs sociales qui entravent

le «!profit!», seul moteur de la «!croissance!». a guerre froide

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alternative à ce que nous appelons «!pensée unique!». Sur ce

fond idéologique, Le Monde, Libération et Le Figaro, TF1 et

France 2, France Inter et Europe 1 ont fini par proposer à leurs

lecteurs, téléspectateurs et auditeurs une approche sinon

identique, en tout cas similaire de l’actualité, nationale bien sûr

mais aussi internationale!: tous, par exemple, ont approuvé la

guerre du Golfe en 1991, défendu celle du Kosovo en 1999,

mais combattu (à des degrés divers) celle d’Irak en 2003 –

parce que les autorités français y étaient hostiles…

Beaucoup de Français, et notamment des jeunes, réagissent à

cette overdose de «!politiquement correct!» et sont à la

recherche d’une «!pensée critique!» à opposer à cette

«!pensée unique!». Pour nombre d’entre eux, Le Monde

diplomatique est devenu – au-delà des seules questions

internationales – une référence importante. Cette «!rencontre!»

entre le Diplo et une partie de la jeune génération radicale

explique indiscutablement l’augmentation rapide de la diffusion!:

elle coïncide, depuis le grand mouvement de grèves de

novembre-décembre 1995, avec la naissance et le

développement, en France, du mouvement altermondialiste, et

notamment de l’association Attac créée en 1998 à l’appel du

Monde diplomatique.

3) L’impact de la diversification

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Mais le succès du Diplo tient aussi à ses propres efforts, et

notamment en matière de diversification. Jusqu’à la fin des

années 1980, nous ne publiions que Le Monde diplomatique.

Depuis 1988, nous avons progressivement créé une série de

publications, qui nous ont permis de gagner de nouveaux

lecteurs, pour elles-mêmes et pour le mensuel.

Manière de voir

Créé comme trimestriel en 1988, Manière de voir est devenu

bimestriel en 1997. Chaque numéro regroupe, autour d’un

thème, des articles parus dans Le Monde diplomatique, auquel

s’ajoutent des textes originaux ainsi qu’une bibliographie!; un

peintre ou un dessinateur est invité à l’illustrer avec des oeuvres

originales. En 2003, la vente moyenne a approché les 50!000

exemplaires.

Le cédérom

Depuis 1996, Le Monde diplomatique produit régulièrement un

cédérom (PC et Mac) comprenant l’intégralité du journal, et

remontant dans le temps!: l’édition disponible publiée en 2004

couvre les années 1973-2003. Un puissant logiciel permet d’y

trouver l’information désirée à l’aide de 15 clés de recherche

(date, auteur, pays, thème, etc.), y compris le texte intégral. Et

il offre la possibilité de copier, de coller, d’annoter, d’exporter ou

d’imprimer les textes d’origine. Elle comprend par ailleurs, en

langue originale, l’intégralités des articles parus dans quelques

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unes nos éditions étrangères en anglais, en allemand et en

italien. Les deux premières éditions du cédérom se sont vendues

autour de 10!000 exemplaires chacune.

Le site Internet

Le journal fut, en France, le premier parmi les titres importants à

être «!en ligne!»!: début 1995. Son site Internet donne

gratuitement accès à deux années complètes du Monde

diplomatique en texte intégral!: sont ainsi disponibles des

articles sur plus de 150 pays et près de 200 enjeux, enrichis de

dossiers régionaux et thématiques, de données statistiques et

de chronologies, de sélections de sites Internet, de suggestions

de lecture, , etc. Consulté chaque mois par quelque 500!000

visiteurs, le site offre également la possibilité de s'abonner –

toujours gratuitement - à une lettre d'information proposant

régulièrement, par courrier électronique, les sommaires de nos

publications ainsi que des notes d'actualité originales. Plus de

150!000 personnes en bénéficient.

L’Atlas

Publié pour la première fois en janvier 2003, L’Atlas du Monde

diplomatique approche la réalité mondiale sous les angles

économique, politique, environnemental, sociétal, militaire et

culturel en 200 pages illustrées de 300 cartes, tableaux et

graphiques. Il s’est vendu à 112!000 exemplaires. Une

prochaine édition est prévue à l’automne 2005. A l’étranger

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aussi, L’Atlas a connu un vif succès, notamment en Allemagne

(100!000 exemplaires), en Italie (70!000), en Espagne (25

000), et en Argentine (15!000) - il a été édité, en outre, en

Grèce et au Portugal, plus une version en arabe.

Les coéditions

Depuis l’année 2000, le journal co-édite avec différents éditeurs

des livres d’auteurs étrangers inédits en français!: L’Age des

extrêmes d’Eric Hobsbawm en 2000 (avec les éditions

Complexe, Bruxelles), Culture et impérialisme d’Edward W. Said

en 2001 (avec Fayard), Les Portes du soleil d’Elias Khoury en

2002 (avec Actes Sud) et Le Siècle soviétique de Moshe Lewin

en 2003 (avec Fayard). Les ventes varient de 5!000 à 50!000

exemplaires.

L’Agenda

L’édition 2004 de L’Agenda est la septième du nom. Présentée

avec une maquette entièrement renouvelée en deux formats,

elle propose cette fois à ses quelque 5!000 acheteurs des

extraits d’articles choisis dans les cinquante années d’existence

du Monde diplomatique.

Les éditions étrangères

Parallèlement à l’essor de son édition française, Le Monde

diplomatique a enregistré un important développement des

éditions en langues étrangères, publiées par des maisons

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d’édition ou des journaux indépendants. Fin 2003, elles étaient

au nombre de 44, dont 21 sur papier et 23 sur Internet!:

Allemagne. Supplément mensuel du quotidien die tageszeitung.

Argentine. Mensuel édité par Capital intelectual.

Bolivie. Supplément au bimensuel El Juguete rabioso

Brésil. L’édition sur Internet est partiellement reprise par le

Jornal do Brasil et par le Correio braziliense.

Chili. Mensuel publié par la société Aun creemos en los Suenos.

Colombie. Mensuel publié par Tebeo Comunicaciones.

Corée du Sud. Supplément à l’hebdomadaire Sol.

Emirats arabes unis. Supplément mensuel de Akhbar Al Arab,

distribué dans l’ensemble du Golfe.

Espagne. Mensuel édité par Ediciones Cybermonde.

Fédération yougoslave. Supplément mensuel (en serbe) du

quotidien Politika, diffusé dans l’ensemble de l’ex-Yougoslavie.

Grèce. Supplément hebdomadaire du quotidien Eleftherotypia.

Italie. Supplément mensuel du quotidien il manifesto.

Jordanie. Supplément mensuel de Al Ra’ay.

Luxembourg. Supplément mensuel (en allemand) du quotidien

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tageblatt.

Maroc. Supplément mensuel de l’hebdomadaire Al Sahifa-Le

Journal.

Monde anglophone. Supplément mensuel de The Guardian

Weekly, servi sur abonnement spécial.

Norvège. Supplément mensuel du quotidien Morgenbladet.

Portugal. Mensuel édité par Campo da Comunicaçaõ.

Suisse. Supplément mensuel (en allemand) de l’hebdomadaire

WochenZeitung.

Turquie. Supplément bimensuel édité par le quotidien Vatan.

Venezuela. Supplément du mensuel Question.

Au total, le tirage du Monde diplomatique (350!000 exemplaires

en français) et de ses vingt-et-une éditions étrangères sur papier

dépasse 1,5 million d’exemplaires. Le mensuel est également

présent sur la Toile en allemand (Allemagne et Suisse), anglais,

arabe, catalan, chinois, espagnol (Argentine, Bolivie, Chili,

Colombie et Espagne), esperanto, farsi, grec, italien, japonais,

norvégien, persan, portugais (Brésil), russe, serbe tchèque et

turc.

Toutes ces initiatives ont considérablement augmenté l’audience

du Monde diplomatique lui-même. Prenons trois exemples!:

- Manière de voir, avec sa démarche thématique et son appareil

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documentaire, est très adapté aux classes terminales et

préparatoires des lycées. De fait, la revue est présente dans de

nombreux Centres de documentation d’établissements

secondaires!: des dizaines de milliers de lycéens découvrent

ainsi Le Monde diplomatique qu’ils n’auraient, sinon, jamais

rencontré!;

- le même phénomène se produit avec notre cédérom. Une partie

des 20!000 exemplaires déjà diffusés se trouvent dans des

bibliothèques-médiathèques. Quiconque recherche des

informations sur tel ou tel pays, conflit ou dossier international a

de bonnes chances de se le voir proposer. Là encore, ce sont

des dizaines de milliers de jeunes qui rencontrent ainsi Le Monde

diplomatique!;

- mais l’impulsion la plus forte est sans nul doute venue

d’Internet. Présent depuis près de dix ans sur la toile, notre site

jouit d’une forte notoriété. En France, quiconque consulte

Google et y tape le nom de n’importe quel pays de la planète est

sûr de trouver le Diplo dès la première page de liens proposés

par le moteur de recherche. Et pour cause!: nous offrons deux

ans d’archives en lignes en accès libre, plus d’énormes dossiers

géographiques ou thématiques!! Une bonne partie des centaines

de milliers d’Internautes qui consultent notre site le trouvent

suffisamment intéressant pour acheter un jour un exemplaire du

journal, et certains s’y abonnent – l’an dernier, un message

envoyé aux abonnés de notre site a permis de recueillir… 4!000

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abonnements au mensuel.

Mais un dernier facteur joue un rôle non négligeable dans l’essor

du journal!:

4) L’originalité du travail rédactionnel

La rédaction permanente, qui est responsable du Monde

diplomatique et de toutes ses publications, est très restreinte!:

dirigée par Ignacio Ramonet, elle comprend Alice Barzilay,

Solange Brand, Martine Bulard, Bernard Cassen, Alain Gresh,

Serge Halimi, Maurice Lemoine, Philippe Rivière, Anne Cécile-

Robert et Dominique Vidal, soit 11 journalistes – direction

artistique comprise. S’y ajoutent 3 documentalistes et 4

secrétaires, plus un stagiaire par mois.

Cette très petite taille de l’équipe ne correspond pas seulement

à des impératifs économiques. Elle répond aussi à un souci

éditorial!: si nous étions 20 ou 30 journalistes permanentes,

nous aurions naturellement tendance à faire nous mêmes, tous

seuls, notre journal. Avec les phénomènes connus de routine et

de loi du moindre effort, bref d’usure rédactionnelle.

Or c’est l’inverse que nous nous fixons pour but!: trouver sur

chaque sujet les meilleurs experts, même s’ils ne savent pas

écrire un article journalistique. Nous sommes là pour ça!: pour

discuter avec eux de leur texte avant qu’ils ne l’écrivent, mais

aussi pour le retravailler, le compléter, voire le réécrire – et, bien

sûr, le leur soumettre avant publication.

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Ce faisant, nous avons presque une mission de service public!:

permettre à des chercheurs pointus, habitués à écrire pour les

quelques centaines d’abonnés d’une revue spécialisée, de

s’adresser à plusieurs centaines milliers lecteurs. Bref, nous

servons de pont entre les experts et le grand public.

Cette pratique est absolument décisive pour la richesse du

contenu du Monde diplomatique - et pour son autorité dans le

plus grand public. Il va de soi qu’un nombre non négligeable de

nos lecteurs ne partagent pas la ligne éditoriale du journal.

Pourquoi continuent-ils à nous lire!? Parce qu’indépendamment

de l’orientation politique, ils considèrent les informations et les

analyses que nous proposons comme fiables.

D’accord ou non avec nous, ils peuvent nous faire confiance.

Parce que nous faisons appel aux meilleurs spécialistes, et parce

que nous vérifions soigneusement ce que ceux-ci écrivent. En

moyenne, un article publié dans le Diplo a été relu 15 fois.

Nobody is perfect!: nous faisons aussi des erreurs, mais nous ne

les cachons pas!: nous les affichons. Le Monde diplomatique est

sans doute le dernier journal français à rectifier

systématiquement, en page 2, toutes les erreurs découvertes ou

signalées dans le journal. Cela aussi joue un grand rôle dans la

confiance que nous accordent nos lecteurs…

Merci de votre attention.

20:06 Écrit par eric blair | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

quaeps bon anniversaire

Écrit par : jean | 28/12/2005

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