04/12/2005

attention, encore de dangereux alarmistes....

WASHINGTON (AFP) - Un groupe de gros investisseurs américains, soucieux de leurs avoirs mais aussi de l'environnement, ont poussé les grands assureurs à prendre sérieusement en compte les risques croissants de pertes énormes dues aux catastrophes naturelles liées au changement climatique.

Dans une lettre adressée jeudi à trente sociétés d'assurances, dont AIG, Prudential, Allstate (NYSE: ALL - actualité) ou encore Metlife (NYSE: MET - actualité) ,  ces investisseurs - représentant plus de 800 milliards de dollars d'avoirs et associés aux responsables des finances de plusieurs Etats américains ont demandé une analyse des risques encourus.

"Le changement climatique n'est pas seulement un problème scientifique, mais également un problème pour les investisseurs avec un impact pour l'ensemble de l'économie", a souligné Mindy Lubber, présidente de Ceres, le groupe d'investisseurs à l'origine de l'initiative.

En 2004, les cyclones ont provoqué des pertes de 30 milliards de dollars pour les assureurs et pour 2005 la facture sera bien plus élevée, selon Ceres.

Le seul cyclone Katrina fin août a provoqué des pertes de 60 milliards de dollars en biens assurés. Il y a eu ensuite deux autres ouragans aux lourds coûts financiers, Rita fin septembre et Wilma fin octobre.

Ceres, créé en 1989 après la catastrophe écologique du pétrolier Exxon Valdez en Alaska, a calculé qu'en 30 ans les pertes lors de tempêtes, cyclones ou autres catastrophes ont été multipliées par 15 pour les assureurs, soit beaucoup plus que la hausse des primes d'assurances pendant la même période.

L'appel des investisseurs, dont des puissants fonds de pensions américains comme Calpers, donne jusqu'en août 2006 aux assureurs pour publier un rapport complet sur leurs évaluations des risques dus au changement climatique ainsi que les stratégies envisagées pour y faire face.

Même si aucune tempête récente ne peut être directement mise sur le compte du changement climatique, les scientifiques ont démontré, selon Ceres, que le réchauffement allait se traduire par davantage de cyclones, inondations, sécheresses, incendies ou autres événements météorologiques extrêmes.

"Le réchauffement climatique ne manquera pas de peser financièrement sur les assureurs aux Etats-Unis et dans le monde", a expliqué Ken Sylvester, adjoint au Commissaire aux comptes de New York et chargé des fonds de pensions qui ont investi plus de 90 milliards de dollars dans les groupes d'assurances.

Sur treize de ces groupes interrogés par le Commissaire aux comptes, aucun n'a pu présenter de document montrant qu'il prenait ces menaces au sérieux.

"Il est difficile de comprendre comment on peut ignorer ces risques", a souligné Richard Moore, responsable des finances de l'Etat de Caroline du Nord (sud-est). "Nous espérons que notre lettre va les pousser" à procéder rapidement à ce genre d'analyse.

Ceres souligne que l'impact potentiel se fait sentir dans pratiquement chaque segment du secteur assurances: la propriété immobilière (pertes accrues en raison des tempêtes et cyclones), la santé et l'assurance-vie (pandémies et pertes de vies dans les catastrophes naturelles), la responsabilité juridique des dirigeants de compagnies d'assurances dans des procès après le refus d'indemniser les dégâts causés par les catastrophes naturelles.

De plus, Ceres rappelle que, d'une part, les assureurs américains disposent d'experts incontestables en matière de dommages et que, d'autre part, ils figurent parmi les plus gros investisseurs du pays.

On pourrait même imaginer, selon Mme Lubber, que les assureurs incitent leurs sociétés clientes à opter pour des méthodes plus écologiques afin de réduire l'effet de serre, en échange de primes plus avantageuses.

Rubrique : Économie


12:22 Écrit par eric blair | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.